Publié le 29 Janvier 2018

Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Janvier 2018

   La période du Carême est une des plus riches, liturgiquement, de toute l'année: on peut même dire qu'elle est, sous certains rapports, la plus riche et la plus complète.  Elle semble se caractériser par le fait qu'elle contient surtout des leçons de vie morale et de perfection.

   Pendant le Carême, il y a bien d'admirables et d'importants enseignements destinés à nourrir la foi: ils s'imposent, du reste, comme la source d'où découlent les exhortations pressantes exprimées, durant tout ce temps , dans les diverses formes du culte, et comme leur raison justificative.

   Au cours de cette sainte période, l'Eglise ne perd donc jamais de vue et ne cesse de rappeler à ses enfants le dogme primordial de la Rédemption et ceux qui s'y rattachent nécessairement : le péché originel, la tentation, l'épreuve, les sacrements etc... Mais la réalité de ce mystère impliquant pour nous des conséquences d'ordre moral immédiates, universelles et impérieuses, il fallait que celles-ci, dans la trame des textes et des cérémonies , eussent un relief plus accentué et apparussent sous de plus vives couleurs.

   Une note générale domine la liturgie du Carême. On la retrouve pour ainsi dire à chaque pas, et elle frappe vivement les esprits les moins attentifs aux choses religieuses: c'est la tristesse, manifestée notamment dans la couleur des ornements, la suppression des chants d'allégresse, les pratiques pénitentielles et même jusque dans la plupart des tonalités mélodiques du chant. L'Eglise veut qu'une tristesse salutaire et vivifiante règne , tout ce temps, dans nos âmes.

   Elle est motivée d'abord par le souvenir des souffrances et de la mort du Sauveur. Devoir de nécessaire participation à tout ce que le divin Maître a fait et enduré pour nous; ce devoir s'impose à nous en dehors de toute exhortation ou de tout précepte positif. Il ne faudrait jamais perdre de vue que tous les actes de la vie de Notre-Seigneur, surtout ses souffrances et sa mort, ont un rapport tellement immédiat avec notre vie personnelle, qu'en vérité ils deviennent nôtres.  Ils n'ont été accomplis que par amour pour nous et pour notre salut. La dignité de notre conscience, la valeur de toute notre vie morale et l'orientation de notre destinée en dépendent absolument . Ils rentrent, à ce titre, dans le cadre même de notre existence quotidienne. Ils nous intéressent infiniment plus encore que les évènements, si graves soient-ils, où nous jouons un rôle direct et qui nous touchent personnellement. 

   C'est une erreur funeste et trop répandue, de les considérer comme s'ils exerçaient en dehors du rayon de notre activité propre et comme si nous avions le droit d'en rejeter l'influence bienfaisante. Actiones sunt suppositorum, disent les philosophes, sans doute, les personnalités, celle du Sauveur et la nôtre, sont différentes, et quant à la dignité, un abîme infini, celui qu'il y a entre Dieu et toute créature, les sépare. Mais en raison des liens qui nous unissent à Jésus et qui font de nous ses membres, ses actes nous appartiennent aussi bien, quoique sous une forme différente, et cependant d'une façon plus intime que ceux qui émanent de nos vouloirs individuels ou qui s'imposent à nous du dehors.

   Ce serait trop peu de dire que Jésus n'est pas un étranger pour chacun de nous. Jésus nous touche de plus près que nulle autre créature au monde . Il est pour nous plus qu'un père, qu'une mère, qu'un ami, qu'un compagnon, qu'un époux; il est à la fois tout cela, et, en même temps , il est nous-mêmes, puisque dans l'ordre de la vie surnaturelle , - la seule qui compte, la seule vraie -, nous sommes une partie de lui-même. Nous ne pouvons nous étendre là-dessus, mais si l'on se rappelle la comparaison de la tête et des membres, tirée de saint Paul, et celle du cep et des sarments de la vigne employée par le Maître lui-même, on saisira mieux la portée de cette doctrine .

   Or, nous souffrons des souffrances des êtres qui nous sont particulièrement chers. Nous nous faisons un devoir de nous associer à leurs peines et de les partager. Et quant à nos propres douleurs, chacun sait jusqu'à quel point elles affectent notre sensibilité. Mais, hélas ! lorsqu'il s'agit de Jésus, le récit de ses douleurs, trop souvent , nous laisse aussi froids, aussi indifférents que celui des malheurs de Didon ou de la mort de Socrate. 

   Notre vie s'écoule sans contact intime avec la sienne. Comment expliquer une telle aberration? En raison des liens intimes, dont nous venons de parler, qui nous unissent au Sauveur, et indépendamment même de nos intérêts spirituels, qui y sont directement engagés, est-ce que ses souffrances et sa mort, endurées pour notre rachat et pour notre salut, ne devraient pas, si nous avions dans l'âme un peu de vraie charité, nous émouvoir infiniment plus encore que celles de nos amis et que nos épreuves personnelles. La véritable marque d'un amour sincère, c'est de partager, non pas les joies, mais les peines de ceux qui sont l'objet de notre tendresse.  Tel est, du reste le sens général de la liturgie: par un rappel constant des mystères de Notre-Seigneur à nos facultés sensibles et, par celles-ci à l'âme, elle nous facilite cette communion de nos pensées et de nos sentiments à toute sa vie de joies, de douleurs et de gloire, mais surtout à sa vie douloureuse. C'est à cette dernière que la liturgie du Carême nous associe particulièrement .

   La tristesse de cette période doit être causée , en second lieu, par le souvenir de nos péchés, et manifestée par la pénitence qui en est le fruit naturel. Si nous ressentons vraiment l'amertume de l'offense faite à Dieu, nous devrons nécessairement l'expier par la pénitence: pénitence intérieure qui est la contrition, et pénitence extérieure qui consiste dans la mortification corporelle.

    L'Eglise nous impose l'une et l'autre pendant le Carême: Jejunemus et ploremus ante Dominum, quia multum misericors est dimittere peccata :" Jeûnons et pleurons devant le Seigneur: car sa miséricorde est disposée à nous pardonner nos péchés. " Jeûnons, voilà pour les pratiques extérieures de mortification. Pleurons: les larmes sont le signe le plus expressif de la douleur intérieure de l'âme. La liturgie de ce temps insiste spécialement sur la pénitence corporelle parce que c'est celle que, pour des prétextes divers, on serait le plus tenté d'omettre ou d'atténuer outre mesure.

   Mais il y a une chose que l'on oublie trop et dont la méconnaissance rebute beaucoup de fidèles de ce devoir: l'Eglise cependant ne manque pas de nous la rappeler: c'est que notre pénitence doit être joyeuse et notre tristesse mêlée d'allégresse.

   Qu'on remarque bien le dernier mot de l' Epître de saint Paul " regardés comme attristés, nous sommes toujours joyeux ". 

Les tristesses de ce monde sont nécessairement déprimantes. Rien d'humain , en définitive ne peut en adoucir directement l'amertume. A côté de quelques joies, supposées même légitimes , qu'on recueille sur la terre, elles gardent entière leur nocivité naturelle . En dehors de Dieu, à proprement parler, elles ne trouvent pas des consolations, mais seulement des distractions, qui ne procurent qu'un oubli momentané de la douleur. C'est qu'elles se réduisent à une doctrine de mort: par elles - mêmes elles sont négatives et destructives. Leurs oeuvre propre est une diminution progressive de l'être humain.

   La tristesse chrétienne a bien le même nom, mais elle signifie une réalité très différente. Acceptée et pratiquée conformément aux enseignements de l'Evangile, elle est toujours transfigurée par la joie . Beati! Bienheureux ceux qui pleurent !

   Seul, le Christ pouvait formuler devant les hommes ce paradoxe apparent. Seul il pouvait montrer et donner le vrai bonheur dans la souffrance, parce que seul il apportait au monde une doctrine de vie, d'espérance et d'amour. Et en fait, on constate que plus une âme s'élève dans la sainteté, et plus elle ressent de joyeuse résignation dans les épreuves de toutes sortes. La pratique de la perfection dilate toujours le coeur au milieu des plus grandes tristesses. La joie, une joie toute divine, fait donc partie intégrante d'une vie vraiment fondée sur la Croix.

rp Cazes op +

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Janvier 2018

 

 

 

 

 

 

"Maintenant que je n'ai plus que 3 dimanches à ce poste (le 11 février 2018 est mon dernier dimanche là-bas), je viens de réaliser que je n'ai jamais posté à ce sujet. Depuis le 17 septembre 2017, je travaille en tant qu'organiste de la messe extraordinaire en forme latine qui a lieu tous les dimanches à l'église St. Victor Catholic Church (8634 Holloway Dr., West Hollywood, CA 90069) tous les dimanches à 19h00. J'ai aimé improviser* la plus grande partie de la musique d'orgue pour ces messes, en plus d'accompagner les chants grégoriens, et d'être entouré d'un chœur charmant qui chante de magnifiques arrangements polyphoniques Renaissance de la messe. Cette communauté me manquera vraiment quand ils déménageront à San Fernando pour commencer dans leur nouvelle église. (Pour ceux qui ne sont pas familiers, l'improvisation signifie que je crée et joue spontanément de la musique sur des thèmes donnés, comme le font les musiciens de Jazz, mais plutôt dans un style classique sur l'orgue à tuyaux."

my prayers for you ! on va prier pour lui .. on le confie à nos prêtres de France  et à nos moines !

Waouh! - Merci beaucoup d'avoir traduit mon post et pour vos prières . Ethan .

 

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Publié le 28 Janvier 2018

Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Janvier 2018

 

 

Matteo Pomposelli, le pianiste Matteo Pomposelli est né à Rome en 2005 et a étudié le piano dès l'âge de 7 ans. Depuis novembre 2014, il est élève d'Andrea Frezzolini. Malgré son très jeune âge, il a déjà remporté de nombreux Concours de piano nationaux et internationaux, dont: - 2ème "Leonardo da Vinci National Award - SilVer 2015" (23/25 janvier 2015) Premier Prix Absolu - XXII Concours de piano "Giulio Rospigliosi" (25/29 mars 2015) Premier Prix Absolu - XXX Concours de piano "J. S.". Bach" Ville de Sestri Levante (30 avril/3 mai 2015) Premier prix Absolu - Concours international de musique pour la jeunesse" Dinu Lipatti "Roma 2015 (4/8 mai 2015) Premier prix Absolu - Concours international de piano X Mozart (9/10 mai 2015) Premier prix - V Concours pour jeunes pianistes" CM Musica Classica "(30/31 mai 2015) Premier prix Absolu - V Concours international de piano" Piano Tal. Il a participé au Sony Classical Talent Scout (Madesimo, 12 juillet 2015), où il a reçu le prix spécial "Radio Classica" comme meilleure jeune promesse; son interprétation de "Variations on a Paganini Theme" d'Isaak Berkovich a été diffusée sur Radio Classica le 29 juillet 2015, lors de l'émission "Top Ten", dirigée par le pianiste et critique musical Luca Ciammarughi. Il a participé au Concours International de Musique "Grand Prix Ibla" (Ragusa/Ibla, 6/16 juillet 2015), en obtenant le Prix du Musicien d'exception, le Prix du Meilleur Jeune Talent et la Mention Spéciale Berkovich. Le 16 décembre 2015, il se produit à l'Institut Pontifical de Musique Sacrée de Rome. Le samedi 9 avril 2016 a eu lieu un concert à Messine. En octobre 2016, il est invité à donner un concert solo pour le Monferrato Classic Festival, un festival de concerts dédié aux talents qui se sont distingués sur la scène nationale et internationale. Il sera le plus jeune joueur de concert à avoir participé à cet événement prestigieux. Du 8 au 12 mai 2016, il a été invité à New York par la "Ibla Foundation". Il donnera 3 concerts au Italian Institute of Culture de l'Université de New York et le 11 mai 2016 fera ses débuts au légendaire Carnegie Hall.

Il est pas facebook et les réseaux sociaux, et n'écoute que de la musique classique.. !

 

very nice !

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Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Janvier 2018

Simile est regnum caelorum

 

  Voici ce que dit l'Evangile d'aujourd'hui: Le royaume des Cieux est semblable à un homme, à un maître de maison qui sortit afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il sortit de bonne heure, à la première heure, à la troisième , à la sixième, et il les engagea pour un denier par jour. Comme le soir tombait, il trouva encore des gens oisifs et il leur dit  :  Pourquoi vous tenez-vous ici oisifs toute la journée ? Vous aussi, allez à ma vigne et ce qui est juste, je vous le donnerai .

   Ce maître de maison , c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ; sa maison, c'est le ciel et la terre, le purgatoire et l'enfer. Il vit que toute la nature s'était désorientée, que sa tout aimable vigne était improductive et que la nature humaine faite pour posséder cette vigne précieuse s'était égarée et laissait en jachère la tout aimable vigne. Le Seigneur voulut ramener de nouveau l'homme à la vigne pour laquelle il l'avait créé et il sortit de bon matin.

   En un sens, notre tout aimable Seigneur est sorti de bonne heure, parce que de toute éternité il sort en naissant du coeur de son Père, tout en y demeurant. En un autre sens, , notre aimable Seigneur Jésus-Christ est sorti de bonne heure en revêtant la nature humaine pour nous prendre à gages et nous ramener au travail de sa vigne; et il a engagé des gens à la première heure, à la troisième, à la sixième et à la neuvième . Le soir le maître de maison étant sorti de nouveau, trouva encore des hommes , et ces hommes étaient oisifs. Il les interpella avec sévérité et leur demanda pourquoi ils étaient demeurés là sans rien faire toute la journée, et ils répondirent : Parce que personne n'est venu nous embaucher .

   Ces gens sont ceux qui sont demeurés dans leur pureté et leur innocence naturelles, et c'est pour eux un grand bonheur . Dieu a vu qu'ils n'avaient pas encore été engagés au service du monde ou des créatures ou que, si d'aventure ils avaient été pris à gages par eux, ils étaient maintenant libres, affranchis et sans engagement.

   Mais ces gens sont oisifs, c'est-à-dire sans amour et sans grâce, car l'homme n'a pas l'amour de Dieu et qui vit encore selon la nature aurait beau faire, si c'était possible, toutes les bonnes oeuvres que le monde a jamais faites, il n'en serait pas moins complètement oisif, occupé à une oeuvre vaine qui ne servirait absolument de rien . La sortie matinale signifie l'envoi de la grâce, car l'aurore est la fin de la nuit; l'obscurité s'en va et le jour de la grâce se lève.

   Le Maître de maison dit :" Pourquoi restez-vous à ne rien faire ? Allez à ma vigne, et ce qui est juste, je vous le donnerai.

   Ces hommes s'en vont travailler de diverses façons . Voici d'abord les commençants. Ils vont à la vigne par un travail extérieur, par des pratiques sensibles, d'après leurs propres desseins, et ils piétinent sur place, tout en faisant de grandes oeuvres, telles que jeûnes et veilles; et ils prient beaucoup, mais sans donner attention au fond de leur âme. Ils s'arrêtent aux satisfactions de la sensibilité, aux faveurs ou défaveurs (de leur entourage); de là vient qu'ils jugent à tort et à travers et qu'il y a en eux de nombreux défauts: orgueil, irritabilité, amertume, volonté propre, humeur revêche et maintes autres inclinations de même genre.

   D'autres ont dédaigné les satisfactions sensibles; ils ont surmonté de gros défauts et se sont appliqués à des pratiques d'un degré plus élevé. Ils s'adonnent à des exercices spirituels et y trouvent un tel plaisir et de telles délices qu'ils n'atteignent pas la vérité la plus intime .

   Mais voici une troisième classe d'ouvriers: ce sont ces aimables hommes qui s'élèvent au-dessus de toutes choses et s'en vont à la vigne noblement et comme il convient. Ces hommes , en effet, n'ont de pensée et d'amour que pour Dieu même et pour lui seul; ils ne considèrent ni plaisir, ni profit, ni aucune autre chose, rient de ce qui peut  nous venir de Dieu; mais ils se plongent intérieurement en Dieu , sans plus, et ils ne cherchent plus que sa gloire et son honneur; ils ne désirent qu'une chose, c'est que son éternelle et bien-aimée volonté s'accomplisse en eux et en toute créature. C'est ainsi qu'ils accomplissent tout et ne s'attachent à rien,  - ils acceptent n'importe quelle souffrance et n'importe quel renoncement - recevant de Dieu et lui apportant en absolue simplicité tout ce qu'ils en ont reçu, ne s'attachant en rien à eux-mêmes . Ils se comportent absolument comme une eau qui s'écoule et puis retourne à sa source, comme la mer qui se répand et puis revient toujours à son point de départ.  C'est bien l'image de ces hommes. Tous leurs dons, ils les rapportent au fond d'où proviennent ces dons et ainsi y retournent eux-mêmes. Car s'ils rapportent tout ce qui leur a été donné et ne sont retenus par rien, ni par le plaisir, ni par le profit, ni par ceci, ni comme cela , c'est nécessairement en Dieu qu'intérieurement ils se reposeront.

   Ah, mes enfants, ceux qui rapportent ainsi complètement à Dieu ses dons corporels et spirituels, voilà les seuls capables et dignes de recevoir, en tout temps, plus de grâces encore. Ces gens seraient dignes de se nourrir de perles d'or, de tout ce que le monde possède de meilleur. Mais c'est qu'il y a maint homme noble et pauvre qui n'a rien de cela. Qu'il s'en remette à la force toute-puissante de Dieu et se confie en elle: elle lui viendra en aide.

   Mes enfants, mes enfants, mes enfants, il en est de ces hommes comme du bois de la vigne. Extérieurement il est noir, sec et de bien peu de valeur. A qui ne le connaîtrait pas, il semblerait n'être bon qu'à être jeté au feu et brûlé. Mais au-dedans , au coeur de ce cep, sont cachés les veines pleines de vie et la noble force qui produit le fruit le plus précieux et le plus doux que bois et arbre aient jamais porté.

   Ainsi en est-il de ces gens, les plus aimables de tous qui sont abîmés en Dieu. A l'extérieur, en apparence, ils sont comme des gens qui dépérissent, ils ressemblent au bois noir et sec, car ils sont humbles et petits au dehors. Ce ne sont pas des gens à grandes phrases, à grandes oeuvres et à grandes pratiques; ils sont en apparence et, à ce qu'ils pensent, ne brillent en rien. Mais celui qui connaîtrait la veine pleine de vie qui est dans ce fond où ils renoncent à ce qu'ils sont par leur nature propre, où Dieu est leur partage et leur soutien, ah! - aux armes ! - quelles délices leur procurerait cette connaissance !

 

Tauler .

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Janvier 2018

   Mais le vigneron s'en ira bientôt tailler dans sa vigne les pousses folles. S'il ne le faisait pas et s'il les laissait sur le bon bois, sa vigne ne donnerait rien qu'un vin aigre et mauvais. Ainsi doit faire l'homme noble: il doit s'émonder lui-même de tout ce qui est désordre, déraciner à fond toutes ses manières d'être et ses inclinations, qu'il s'agisse de joie ou de souffrance, c'est-à-dire tailler les mauvais défauts, et cela ne brise ni la tête, ni le bras, ni la jambe . Mais retiens le couteau jusqu'à ce que tu aies vu ce que tu dois couper. Si le vigneron ne connaissait pas l'art de la taille, il couperait tout aussi bien le noble bois qui doit bientôt donner du raison, que le mauvais bois, et il ruinerait le vignoble. Ainsi font certaines gens. Ils ne connaissent pas le métier; ils laissent les vices, les mauvaises inclinations dans le fond de la nature, taillant et rognant la pauvre nature elle-même. La nature en elle-même est bonne et noble: que veux-tu y couper? Au temps de la venue des fruits, c'est-à-dire de la vie divine, tu n'aurais plus qu'une nature ruinée.

   Ensuite on lie les pieds de la vigne, on les échalasse, on courbe les sarments de haut en bas, on les lie à des pieux solides pour les soutenir . Par là , on peut entendre la douce et sainte vie, le saint modèle et la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui doit être en tout le soutien de l'homme de bien; l'homme doit être courbé; ce qu'il y a en lui de plus haut doit être abaissé et il doit s'abîmer dans une véritable et humble soumission dans le fond, dans le Christ, en vérité, non point par simagrée, mais du fond de son âme, car toutes nos facultés , intérieures et extérieures, celles de la sensibilité et de la concupiscence, aussi bien que nos facultés rationnelles, doivent être liées, chacune à leur place, de telle sorte que ni les sens, ni la volonté, ni aucune faculté ne s'épanouissent, mais qu'elles restent liées et attachées, dans une véritable soumission à la volonté de Dieu, comme Dieu l'a voulu, de toute éternité, dans son éternelle volonté.

   Ensuite on retourne la terre autour des pieds de vigne et on sarcle les mauvaises herbes. L'homme doit ainsi se sarcler, profondément attentif à ce qu'il pourrait y avoir encore à arracher de son fond, pour que le divin Soleil puisse s'en approcher plus immédiatement et y briller.

   Si tu laisses alors la vertu d'en haut faire là son oeuvre, le soleil aspire l'humidité du sol dans la force vitale cachée dans le bois , et les grappes poussent magnifiques.

   Ah! mes enfants, celui qui préparerait ainsi sa vigne, de telle sorte que le Soleil divin pût y agir, y envoyer ses rayons - quels fruits magnifiques et précieux Dieu en ferait sortir ! Puis le soleil, par sa chaleur, agit sur les grappes et les fait aimablement s'épanouir en fleurs . Et ces fleurs ont un parfum si noble et si bienfaisant, qu'il éloigne tout ce qui est venimeux: ni crapaud , ni serpent ne peuvent le supporter.

   Ah! mes enfants, mes enfants, quand le Soleil divin caresse immédiatement ce fond, et aussi, ô bonheur, tous ces fruits qui en sont sortis, intérieurement ou extérieurement, oh, ceux-ci tendent vers Dieu si absolument et s'épanouissent si délicieusement;

   la fleur qu'ils produisent , c'est la recherche de Dieu seul: en vérité ils donnent un parfum si admirablement délicieux, qu'il chasse tout poison de l'antique serpent.

   Oui, en vérité, tous les démons de l'enfer et tous les hommes de ce monde ligués ensemble ne pourraient pas nuire à l'homme qui aime Dieu en toute pureté. Plus ils chercheraient à lui nuire, et plus ils le feraient monter dans les profondeurs des cieux, si toutefois il est vraiment au désir de Dieu.

   Et si, avec cette fleur de pur désir de Dieu, il était entraîné au plus profond de l'enfer, il trouverait là, dans l'enfer, le royaume des cieux, Dieu et la béatitude.

   C'est pourquoi celui qui aurait cette fleur n'aurait rien à craindre d'aucune façon. Et quels que soient les attraits qui s'offrent à lui, du moment qu'il n'y cherche que Dieu uniquement, rien ne peut le troubler ni l'égarer .

Tauler.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Janvier 2018

  

    Ensuite le soleil devient plus éclatant, il darde ses rayons brûlants sur les fruits et les rend de plus en plus transparents; la douceur s'y fixe toujours davantage, les peaux qui les enveloppent deviennent très minces. Ainsi en va t-il dans le domaine spirituel; les obstacles intermédiaires deviennent finalement si ténus, qu'on reçoit sans cesse les touches divines de tout près. Aussi souvent et aussitôt qu'on se tourne vers Lui, on trouve toujours à l'intérieur le divin Soleil brillant avec beaucoup plus d'éclat que tous les soleils qui ont jamais lui au firmament; et ainsi tout dans l'homme est déifié à tel point qu'il ne ressent , ne goûte et ne connaît rien aussi vraiment que Dieu, d'une connaissance foncière, et cette connaissance surpasse de beaucoup la science et le mode de connaissance rationnelle.

   Enfin on arrache les feuilles et l'on en dépouille les sarments, afin que le soleil puisse se répandre sur les fruits, sans rencontrer aucun obstacle. Il en est de même chez ces hommes; tout intermédiaire tombe et ils reçoivent tout d'une façon immédiate. Voici que tombent prières, représentations des saints, pratiques de dévotion, exercices. Mais que l'homme se garde pourtant de rejeter ces pratiques, avant qu'elles ne tombent d'elles-mêmes.  

   A ce degré alors le fruit devient si indiciblement doux, qu'aucune raison ne peut le comprendre, et les choses vont si loin que l'esprit s'abîme au point de perdre toute pensée distincte.  Il ne fait plus qu'un avec la douceur divine, si bien que son être est tout pénétré de l'Être divin et qu'il s'y perd comme une goutte d'eau dans un grand fût de vin. L'esprit est tellement plongé en Dieu, dans l'unité divine, qu'il y perd tout ce qui le distinguait . Tout ce qui l'a amené à ce degré, telles que son humilité, ses intentions, sa personnalité même, tout cela perd alors son nom, et il n'y a plus qu'une simple, paisible et mystérieuse unité sans distinction.

   Ah! mes enfants, ici les bonnes intentions, l'humilité, ne sont plus qu'une simplicité, un mystère si essentiellement paisible dont on peut à peine prendre conscience. Ah ! ne demeurer là qu'une heure, un seul  instant, ce serait mille fois plus utile et plus agréable à Dieu, que de demeurer quarante ans dans les pratiques de son choix .

   Que cela nous soit donné à tous et qu'à cela Dieu nous aide !

   Ainsi soit-il .

   J. Tauler

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Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Janvier 2018

Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Janvier 2018

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