Publié le 10 Juillet 2020

 

un accident de voiture s'est produit en Pennsylvanie,  le 8 Juillet dernier, impliquant plusieurs véhicules. Sous la pluie battante, ce prêtre,  father John Killackey, est sorti de sa voiture pour porter secours.

Cette année marque sa première année de sacerdoce. 

Il a pu administrer les derniers sacrements au chauffeur du camion, avant que l'homme ne meure. 

Quand je regarde cette photo, je vois un super héros.


Puissent-ils toujours vivre et servir avec amour, courage et droiture, et rester forts face à l'ennemi.

Que Dieu bénisse nos bons et saints prêtres.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Juillet 2020

 

 

 

 

"Les choses mystérieuses", disait René Chateaubriand, "sont ce qu'il y a de plus beau, de plus grand et de plus doux dans l'existence. Pour prouver sa pensée, l'auteur du Génie du christianisme a montré combien il est reconnaissant pour la vie des enfants qui, ignorant tout, sont capables d'être surpris par la moindre fleur dans le jardin de leur maison, tandis que les adultes - qui savent tout - se lamentent sur leur propre vieillesse et ne reviennent à l'émerveillement que lorsqu'ils commencent les mystères de la mort".

Heureusement, les âmes religieuses ont la grâce d'une "enfance spirituelle" qui les maintient ouvertes au mystère. Contrairement aux incrédules, elles n'exigent pas d'explications "minutieuses" et "scientifiques" pour tout et n'importe quoi, mais elles sont satisfaites lorsque la raison humaine trouve sa propre limite. Car, en fait, il y a quelque chose qui dépasse la sagesse des hommes, et c'est ce qui rend notre vie plus intéressante et plus digne d'être vécue.

Il y a quelque chose qui dépasse la sagesse des hommes, et c'est ce qui rend notre vie plus intéressante et plus digne d'être vécue.

 

Prenons un exemple. Le 14 novembre dernier, la Commission médicale du Vatican, composée de professionnels hautement spécialisés, a reconnu le miracle présumé attribué à l'intercession du jeune italien Carlo Acutis. Selon la commission, il n'existe aucune explication médicale à la guérison du garçon Matheus Viana, qui souffrait d'une grave maladie néonatale. À l'âge de deux ans, on lui avait diagnostiqué un pancréas annulaire, et à cause de cela, il devait subir une opération. La maladie lui faisait vomir fréquemment, ce qui affaiblissait son organisme et, en fait, l'opération serait une procédure trop risquée. La famille a donc décidé de recourir à l'intercession de Carlo Acutis.

Le 12 octobre 2010, Matheus et sa famille se sont rendus à la messe de Notre-Dame d'Aparecida, dans la paroisse de San Sebastian, Campo Grande (MS), où ils vivent. Au cours de la célébration, le curé de la paroisse, le père Marcelo Tenorio, a béni tout le monde avec la relique de Carlo Acutis, et Matheus a demandé la grâce de ne plus vomir. Certain qu'il était déjà guéri, le garçon est rentré chez lui et a demandé à ses grands-parents un dîner avec steak et frites. Et le remède s'est réellement produit, comme le confirment les rapports médicaux, commandés plus tard par la famille. Aujourd'hui, Matheus est en bonne santé et est un fervent adepte de Carlo Acutis.

La page officielle de l'apostolat brésilien de Carlo Acutis rapporte également d'autres miracles. Pour une âme vraiment catholique, ces prodiges sont, comme nous l'avons rappelé au début de cet article, beaux, grandioses et doux, c'est-à-dire qu'ils sont un motif d'action de grâce à la divine Providence, qui était prête à agir contre le cours naturel de la nature pour révéler mystérieusement sa miséricorde et sa souveraineté. Ayant épuisé les possibilités d'explication des secondes causes, le catholique n'hésite pas à prêter sa foi aux arguments extérieurs de Celui qui est la première cause de tout être.

Sans doute un catholique ne doit-il pas être naïf au point de sortir en croyant à un fait apparemment extraordinaire, et c'est pourquoi, depuis le Moyen-Âge, l'Église a recours à des spécialistes médicaux pour certifier l'existence ou non d'un miracle. Si la foi demande la raison, rien ne saurait être plus prudent que de soumettre les effets aux causes. Mais à partir du moment où la raison se tient devant le mystère, c'est la raison qui doit demander la foi pour croire aux paroles indubitables de notre Seigneur : "Celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes encore, parce que je vais au Père" (Jean 14:12).

L'Église doit donc proclamer la vitalité du Corps du Christ, montrer sa puissance et célébrer joyeusement le mystère d'un Dieu qui s'est fait homme pour habituer l'homme à être de Dieu. Parce qu'en fin de compte, si ce Dieu a pris la peine de faire de tels miracles, le moins que nous puissions faire, a dit Carlo Acutis, c'est de les répandre pour que d'autres, voyant ces mêmes signes, puissent aussi croire et trouver la vie éternelle.

Si Dieu a pris la peine de faire des miracles, le moins que nous puissions faire est de les diffuser pour que les autres y croient.

 

La théologie moderniste, en revanche, ne croit pas aux miracles et ne se soumet pas au mystère. Fière de sa méthode "scientifique", elle déclare fièrement : "On ne peut pas utiliser la lumière électrique et les appareils radio, en cas de maladie, utiliser les moyens médicaux et cliniques modernes et, simultanément, croire au monde des esprits et aux miracles du Nouveau Testament" . Pour les théologiens de cette souche, l'Eglise devrait abandonner les herméneutiques "mythologiques" et "magiques" des premiers chrétiens pour assumer à leur place une vision historico-critique. Ainsi, ils nient la multiplication du pain, ils nient la guérison des aveugles et des lépreux, ils nient la transformation de l'eau en vin et, comme il fallait s'y attendre, ils nient même la Résurrection.

Nous ne pouvons pas ne pas voir comment cette mentalité incrédule a privé les catholiques de la beauté des mystères divins, rendant tout laid, médiocre et amer - surtout la liturgie, qui devient un moment de pantomime et de bizarrerie arbitraire. Chesterton avait raison quand il disait que le fou est celui qui a tout perdu sauf la raison. La théologie moderne a produit des fruits fous car, se jugeant très rationnelle, elle a voulu enterrer le mystère et toute forme d'action surnaturelle dans la vie des hommes. Elle a jeté l'"enfance spirituelle" qui croit aux miracles - croit, par exemple, à la présence mystérieuse du Christ dans l'Eucharistie - à l'amertume des caresses communes et des célébrations auto-référentielles qui, au fond, ne disent rien sans rien.

C'est pourquoi personne ne devrait être surpris lorsque des recherches révèlent que la plupart des catholiques américains ne croient plus à la transsubstantiation de l'Eucharistie. Une telle chose n'est qu'une conséquence logique de la façon dont nous avons enseigné et vécu le christianisme. Une théologie moins mystérieuse, parce que soi-disant plus critique, ne peut que mener à cela. C'est pourquoi les catholiques se précipitent peu à peu vers les sectes et autres cultes où ils croient trouver au moins un reste de mystère, de miracle, de prophétie, d'un Dieu capable d'intervenir dans l'histoire et d'exécuter sa volonté souveraine.

La théologie moderne a produit des fruits fous car, se jugeant très rationnelle, elle a voulu enterrer le mystère.

 

Une théologie qui ne croit pas aux miracles et ne célèbre pas la profondeur des mystères chrétiens n'est qu'une vieille théologie qui a perdu de vue le Seigneur lui-même. Les paroles du prophète Jérémie s'y prêtent bien : "Il m'a abandonné, moi, la source d'eau vive, pour creuser des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l'eau" (2,13).

C'est pour préserver l'Eglise de cette apostasie, de cet horrible mystère d'iniquité, que Saint Pie X a forcé de nombreux théologiens à reconnaître et à admettre "comme signes très sûrs de l'origine divine de la religion chrétienne les arguments extérieurs à la Révélation, c'est-à-dire les actes divins, et en premier lieu les miracles et les prophéties. Ce faisant, il n'a fait que répéter la même réprimande du Christ aux pharisiens qui, sachant interpréter les aspects du ciel et de la terre, ont néanmoins refusé de croire aux signes du temps présent (cf. Lc 12, 56).

Toujours au seuil de ce troisième millénaire, les hommes continuent à avoir soif de réponses aux mystères les plus profonds de leur existence ; ils continuent à désirer une puissance transcendante capable de guérir leurs douleurs et leurs angoisses ; ils continuent, enfin, à s'émerveiller devant les beautés inexplicables, l'impossible et l'extraordinaire.

Fuyons une théologie rationaliste, qui ne peut que produire plus de crise dans les cœurs. Ayons le courage, nous les catholiques de ce siècle, de rendre aux hommes les mystérieuses vérités du christianisme, qui doivent rendre l'existence plus belle, plus grande et plus douce.

 

padre Marcelo Tenorio

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Juillet 2020

 

   Les couvents sont les montagnes saintes d'où s'épanchent les grâces qui, dans le monde chrétien, alimentent, soutiennent et fécondent tous les dévouements. 

   Nous les estimons, nous les admirons ces dévouements; nous applaudissons à leurs oeuvres; mais ce serait être aveugle que de n'en voir pas la source dans l'office public des Orantes que l'Eglise a annexés à son sacerdoce. 

   Ouvrons les yeux de la foi, nous verrons que tout se tient dans l'Eglise, et que la grâce y est canalisée et distribuée avec une admirable économie.

   Honneur à " ces héros et héroïnes d'abnégation qui, loin de fuir les misères humaines, y plongent avec ardeur, ne reculant devant aucun dégoût, devant aucune fatigue pour les soulager! " 

   Honneur à " ces sisyphes de l'amour dont rien ne rebute la vaillance , tous tourmentés du désir de plaire à Dieu, en aimant le prochain, du besoin de spiritualiser leur vie en la consacrant au meilleur d'autrui". 

   Honneur à ces opiniâtres et patients éducateurs de l'ignorance populaire, qui consument leur vie dans un labeur obscur dont ils ne retirent d'autre profit que d'avoir peiné pour l'amour de Dieu! 

   Honneur à ces apôtres qui, après avoir exploré les mystérieuses profondeurs de la science sacrée, pour y chercher la lumière qu'ils veulent répandre sur le monde, font retentir en toute terre habitable le bruit de la parole évangélique, et font parler dans le martyre, la voix la plus éloquente de leur sang ! 

   Honneur à tous les chevaliers d'amour !

   Mais entendons-le bien, ces chevaliers d'amour, malgré l'ardeur de leur zèle et l'héroïsme de leurs vertus, seraient bientôt à bout de forces et s'épuiseraient peut-être en efforts stériles, s'ils n'étaient invisiblement soutenus par une grâce mystérieuse qui descend des hauteurs sacrées où les anges de la prière font un continuel appel à la bonté divine. 

   Détournons nos yeux de la terre et levons-les vers les régions mystiques qu'habitent les ordres priants, nous les verrons ces anges qu'on croit immobilisés dans le rêve, toujours soucieux de la plus grande gloire de Dieu, et du plus grand bien de l'humanité. D'un continuel mouvement, ils vont de Dieu aux ministres de sa miséricorde, de Dieu à tous ceux qui souffrent des misères humaines. Ils intercèdent , ils supplient, ils conjurent, ils s'immolent, et ils  obtiennent les grâces de lumière , d'amour, de force, de salut, dont les uns ont besoin pour exercer fructueusement leur ministère, les autres, pour être guéris de leurs maux, et surtout de la grande misère du péché. 

 

   Montagne sacrée d'où descend la grâce, la demeure des Orantes est encore le sanctuaire d'où monte vers le ciel le perpétuel miserere qui arrête en chemin la colère divine. 

   Il y a dans la vie des peuples des heures funestes tellement pleines de prévarications, de révoltes, de blasphèmes, d'attentats contre les choses saintes, que Dieu, pour venger sa gloire outragée, appelle à lui les fléaux. Loin d'être à l'abri de ses coups par le bénéfice de leur élection, les nations chrétiennes, plus coupables, parce qu'elles sont plus ingrates, doivent s'attendre à de plus fréquents et terribles châtiments. La justice divine, fatiguée d'attendre leur repentir et leur amendement, descend vers elles,  pendant que monte vers le ciel l'armée de leur crime. 

   Qui donc aura l'audace de se jeter entre ces deux forces ennemies pour prévenir leur redoutable choc? Les anges eux-mêmes n'oseraient pas; car lassés d'être les ministres des bontés de Dieu, ils sont devenus complices de ses fureurs sacrées.

   Mais voici venir, couverts de bures blanches et sombres, ceux dont la vie priante se consume aux pieds des autels . Ils oseront parler à ce Dieu tout armé pour la vengeance et lui dire :

- " Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple ! Laissez dans votre sein s'endormir la colère, souvenez-vous de la multitude de vos miséricordes , et ajoutez à tous les témoignages de votre amour ce dernier témoignage d'une vengeance toute prête et à jamais oubliée."

 - " Qui êtes-vous ? dit le Seigneur. Ne m'importunez pas. Ecartez-vous, et laisser passer ma justice".

- Seigneur, Seigneur, vous ne reconnaissez donc plus vos enfants! Que demandez-vous, ô Dieu jaloux? Pendant qu'on blasphème votre nom, pendant qu'on vous oublie , pendant que la prière expire dans la bouche du pécheur, pendant que votre gloire languit au milieu des enfants des hommes, nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous rendons grâce en tout temps et à toute heure. Que vous faut-il encore? Voulez-vous notre vie? Prenez-la. Mais, en la prenant, vous ne ferez qu'arrêter la perpétuelle immolation qui s'accomplit en votre honneur dans l'austère solitude de nos cloîtres. "

 - J'ai entendu la voix de mes enfants, dit le Seigneur? On prie donc encore sur la terre? Je m'en vais! ma gloire est sauvée". 

   Et Dieu se retire. Et ainsi s'explique que la terre abreuvée de tant de forfaitures trouve encore des heures de repos et de sommeil, que des sociétés où triomphent le blasphème et l'apostasie puissent vivre pendant de longues années à l'abri des catastrophes et des épouvantements; qu'il  y ait tant de pécheurs debout quand ils auraient dû s'endormir depuis longtemps dans un honteux trépas. Ainsi s'expliquent ces retards de justice que les opprimés reprochent quelquefois à la Providence, et qui ne sont dûs qu'à la mystérieuse compensation que Dieu rencontre dans la perpétuelle prière des familles religieuses.  Sans cette compensation, notre vie sociale serait continuellement tourmentée par les visites vengeresses de la justice divine. C'est bien assez que, de temps à autre, Dieu étouffe dans l'ouragan de sa couleur la voix de ses thérapeutes et donne au crime d'épouvantables leçons. 

   De l'avis de ceux qui ont appris à mesurer l'élévation des états, et la portée des actes, les ordres priants sont une des plus grandes gloires , une des plus grandes utilités sociales. 

  Vengeons-les donc par nos respects, du mépris des mondains, et lorsque nous passerons devant la porte de leur maison bénie, disons-leur, comme les habitants de Béthulie à la pieuse Judith :" 

 Ora pro nobis quoniam sancta es :

priez pour nous, parce que vous êtes sainte". 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Juillet 2020

 

   Ainsi donc, l'homme est pauvre, et dans sa vie physique, et dans sa vie intellectuelle, et dans sa vie morale, et dans sa vie chrétienne. Le vieil Homère a bien dit :" Tous les hommes ont besoin de la divinité". Et mieux encore, le Fils de Dieu lui-même :" Sine me nihil potestis facere. Sans moi, vous ne pouvez rien faire" . Partout donc, nécessité de diriger vers Dieu l'instinct qui nous porte à demander quand nous avons pris conscience de notre misère. 

    Ajoutons à cela qu'il y a dans la vie, ou plutôt dans les vies de l'homme, des moments solennels , des phases douloureuses et terribles, où se réveille plus impérieux que jamais l'instinct de la prière. C'est quand l'avenir s'ouvre devant notre adolescence, quand il s'agit de fixer notre vie dans un état qui réponde à la fois, à nos désirs, à nos aptitudes, et aux adorables desseins de la Providence; c'est quand notre corps tombe entre les mains impitoyables de la souffrance; quand notre âme déshéritée de toutes les affections, trahie par ceux-là auxquels elle s'était abandonnée avec une naïve confiance, devient tout à coup comme un abîme de tristesse, de chagrins, d'angoisses, de découragement, de désespoir; c'est quand, infidèles à la vérité, à la vertu, à la grâce , nous ne trainons plus ici-bas qu'une existence déshonorée par le péché; c'est alors, si nous n'avons pas étouffé en nous tout sens religieux, que nous sentons le besoin d'invoquer la lumière, l'assistance, la consolation, la miséricorde, le pardon, non pas autour de nous, mais à la source infinie de tous les biens .

   ....   Nous sommes amis de cet antique proverbe: Aide-toi le ciel t'aidera. Cependant il y a dans la vie humaine des circonstances où notre courage mourant ne sait plus se soutenir, où nous ne pouvons plus nous aider que par la prière. Pourquoi disons-nous: des circonstances? Toute la vie humaine en est là. Notre grandeur par rapport à Dieu n'est que la grandeur de l'intelligence et de la misère. Est-ce donc l'avilir que de la prosterner aux pieds du sublime monarque, qui peut, d'un signe nous élever jusqu'à lui? Demander son secours n'est-ce pas agir dans l'intérêt de notre propre gloire? 

   Un de nos vieux auteurs s'écriait :" Oh ! la vile créature que l'homme, et abjecte! " mais aussitôt il ajoutait :" s'il ne se sent soulevé par quelque chose de céleste " . Or, ce quelque chose de céleste qui soulève l'homme , c'est la prière. 

   Elle semble nous humilier, en réalité elle nous rapproche de Dieu pour faire de nous les coopérateurs de son gouvernement.

Comprenons bien cela, tout homme qui demande, comme tout homme qui adore et rend grâces, devient le coopérateur de Dieu. Lui qui déjà nous accorde tant de choses sans que nous les demandions , pouvait en toute occasion ne prendre conseil que de sa libéralité et faire jaillir autour de lui la lumière, la force, la vérité, la vertu , la grâce, la vie. Mais alors l'humanité eût été purement passive, passive comme les astres qui suivent, revêtus de leurs manteaux éclatants, les lignes invariables de leurs orbites; passive comme la nature qui étale en son temps ses séduisantes parures; telle n'était pas la volonté de Dieu. Il entrait dans ses desseins de grandir l'homme en le faisant participer, par des actes libres, à ses propres actes, en faisant de ses désirs et de ses prières la plus sainte loi de son gouvernement. 

   De deux peuples dont l'un , toujours courbé sous la main d'un despote égoïste, n'a pas le droit de pousser une plainte, d'exprimer un désir, d'émettre un vouloir, dont l'autre, au contraire, gouverné par un monarque généreux, prend part à la conduite des affaires publiques par des pétitions sérieusement examinées et justement prises en considération: celui-ci est évidement le plus grand et le plus noble. 

   Nous sommes ce peuple. Le roi de l'univers nous a armés du droit de pétition, et quand un jour il nous révélera les mystères de sa Providence, et nous montrera les effets dans les causes, nous pourrons lui dire avec une sainte fierté : 

   O Seigneur, ô Père ! j'étais là. J'étais là quand vous répandiez la vie, j'étais là quand vous éclairiez les âmes simples, j'étais là quand vous souteniez les faibles dans les bons combats de la vertu, j'étais là quand vous veniez au secours du pauvre, j'étais là quand vous protégiez les opprimés, j'étais là quand vous consoliez les grandes douleurs, j'étais là quand vous guérissiez les infirmes, j'étais là quand vous apaisiez les tempêtes, j'étais là quand vous releviez les peuples humiliés, j'étais là, car j'ai prié et votre main libérale s'est abaissée sur le monde pour le combler de bienfaits. 

   Combien alors nous paraitront petits et misérables ceux qui ont craint de s'abaisser en priant, ceux qui , trop épris de leur grandeur personnelle, n'ont pas compris que la prière est de tous les actes de la vie, le plus grand et le plus digne de l'homme. 

   Un courtisan se plaignait d'avoir perdu les faveurs de son maître. Depuis longtemps la libéralité royale ne fréquentait plus le chemin de sa demeure. Un de ses amis qui l'entendait lui dit :" Que ne demandez-vous ? le roi n'attend qu'une prière. Ce courtisan c'est nous. Nous nous plaignons aussi de notre abandon, mais le roi immortel et invisible des siècles, Dieu, nous attend . Dieu attend notre prière, Dieu nous dit :" Petite et accipietis. " 

rp Monsabré op+ 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 8 Juillet 2020

 

 

 Nous disons que la prière est un devoir; mais nous allons plus loin, nous disons que la prière est un besoin. 

   Dût-il faire injure à sa raison qui le presse de quitter le monde visible pour s'élever vers le monde invisible, dût-il oublier sa grande nature dans le commerce profane des créatures, et négliger le commerce sacré de la divinité, l'homme sentirait en lui-même l'aiguillon de la nécessité, et lèverait encore ses yeux, ses mains, son esprit et son coeur vers le ciel. 

   Admirable disposition de la Providence qui place le besoin à côté du devoir, qui fait du devoir un besoin, afin que le besoin garantisse l'accomplissement du devoir. 

   Dieu veut que nous recourions à sa paternelle libéralité. Il ne nous refusera rien, mais à la condition que nous lui demanderons tout; et lorsque nous nous étonnerons d'avoir le coeur et les mains vides, il nous faudra entendre ces douces et graves paroles : Jusqu'ici vous n'avez rien demandé : Usque modo non petistis quidquam; demandez et vous recevrez: Petite et accipietis. 

    Demander pour recevoir, voilà la loi.

   Dieu nous l'impose parce qu'il se doit à lui-même de traiter ses créatures proportionnellement à leurs facultés. Il n'attend pas que les êtres inférieurs qui ne peuvent ni connaître, ni exprimer leurs besoins , lui adresse une prière; il les prévient, se penche vers eux, et leur dit à chaque instant : Je suis votre père. Il n'est pas entendu, il n'est pas compris; mais son infatigable bienveillance interprète chaque mouvement, chaque mouvement est pour lui comme un désir auquel il répond par un bienfait. A l'astre glorieux qui roule sur les cordes silencieuses de son écliptique, à l'atome obscur qui gravite dans l'ombre, à l'arbre qui fait chanter son feuillage sonore, à la toute petite fleur qui tend sa corolle au soleil, au géant qui remplit le désert de ses cris, au ciron qui va se noyer dans une goutte de rosée, il envoie incessamment sa féconde bénédiction. Il est vraiment père, et le vrai père n'oublie pas un fils idiot qui ne peut ni le connaître , ni lui demander son assistance. Mais au sommet de la nature, nous voici. D'un côté, besogneux comme le reste du monde; d'un autre côté , riches de lumières pour voir ce qui nous manque, connaître la source de tout bien et comprendre notre dépendance. 

   N'est-il pas juste que tout cela soit exprimé par un acte d'humble soumission, dont le propre est d'établir une religieuse correspondance entre nos besoins et la libéralité divine? Cet acte, c'est la prière de demande. Dieu le réclame par cette loi inscrite dans la charte de son gouvernement :" Demandez et vous recevrez: Petite et accipietis". Et en même temps qu'il le réclame, il en garantit l'accomplissement par un mouvement profond, spontané, universel, irrésistible, le mouvement de l'instinct; car tout être intelligent qui peut voir, comprendre, sentir son indigence, a l'instinct de la demande, de la supplication, de la prière. Appelons-en à notre expérience.

   Que fait l'enfant trop faible encore pour étendre la main, et attirer à soi les premiers biens dont son instinct lui révèle la nécessité? Il demande, il prie, les yeux levés vers sa mère, et, s'il ne peut la séduire par ses caresses et ses baisers, il la fléchit par l'importunité de ses cris et de ses larmes. Que fait le pauvre, lorsque le besoin , plus fort que la honte, le jette dans la rue qu'il traversait naguère avec la sainte fierté du travailleur? Il tend la main, il supplie, il conjure, et si l'amour de Dieu qu'il invoque n'a pas assez d'énergie pour attirer vers lui nos coeurs égoïstes, il demande au nom des calamités que sa colère nous prépare, et cherche à arracher l'aumône de nos mains lâches et tremblantes. Que faisons-nous, nous-mêmes. Pauvres à l'égard de ceux de nos semblables qui peuvent donner et répandre sur notre vie quelque chose de leur gloire et de leurs faveurs, nous prions , nous demandons. Nous demandons l'amour des coeurs, l'appui des robustes, des secours, des encouragements , des consolations; nous demandons des choses bonnes et honnêtes, nous demandons , hélas ! des choses honteuses et viles; nous demandons noblement, nous demandons jusqu'à l'oubli de toute pudeur et de tout sentiment généreux.

   Prenons donc conscience de nous-mêmes, et nous reconnaîtrons combien sont multipliés nos besoins et profonde misère, surtout si nous les comparons à la plénitude divine; par conséquent, combien il est nécessaire que nous dirigions vers Dieu le mouvement instinctif qui nous porte à demander.    

 

   Qu'est-ce que l'homme ?

   - Un être vivant de la vie du corps et de la vie de l'esprit. - Eh bien , dans son corps, comme dans son esprit; dans ce  qu'il a de plus vil, comme dans ce qu'il a de plus noble, l'homme est un pauvre, un grand pauvre. Son corps si merveilleusement organisé ne peut subsister par lui-même; il est obligé d'emprunter autour de lui ce qui le protège contre les forces ennemies de son bien-être et de son intégrité.

   Il est vrai  que la nature se prête assez docilement encore à ses exigences; mais il est vrai aussi qu'au-dessus des lois de la nature , règne une force souveraine qui, par de mystérieux ralentissements de son concours, ou par de justes permissions, peut nous rappeler sa présence et trahir ainsi nos désirs et nos espérances. Il est vrai qu'un travail intelligent et opiniâtre peut féconder les terres stériles, et tirer des entrailles de la matière les trésors qu'elle recèle; mais il est vrai aussi que le travail n'a de puissance, de fermeté et de constance qu'autant que l'organisme fonctionne régulièrement et que la santé répond à la bonne volonté. Et la santé, richesse des travailleurs, est à la merci des plus vulgaires accidents. 

   Il est vrai que les favoris de la fortune peuvent se croire affranchis des besoins qui tourmentent la masse des plus petites gens; mais il est vrai aussi qu'aucune puissance de ce monde ne peut les mettre pour toujours à l'abri des surprises et des coups de l'adversité, et que, s'ils étaient sages, ils chercheraient plus haut que ce monde, une garantie et une protection contre les éventualités d'avenir qui les menacent de plus près, peut-être , qu'ils ne pensent. 

   Il est donc vrai que nous ne devons jamais oublier, jamais cesser d'invoquer cette puissance supérieure qui dispose de toutes les lois de la nature, de toutes les fonctions de notre organisme, de tous les évènements de l'avenir; jamais cesser de recourir à Dieu; car cette puissance c'est Dieu.

   

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Juillet 2020

 

   Saint Thomas a dit de la prière " qu'elle est le propre de la créature raisonnable. "

   Il nous semble bien que le monde subit jusque dans ses plus hautes profondeurs la religieuse impression de la majesté de Dieu, et se tient sous sa main dans la respectueuse attitude de la prière. Le Prophète royal adresse à l'univers de solennelles provocations :" Que toute la terre vous adore, ô Seigneur , et chante vos louanges: Omnis terra adoret te et psallat tibi".  On dirait qu'il est impatient de voir tout ce qui est, tout ce qui se meut, tout ce qui vit, tout ce qui respire, tressaillir sous le feu des regards divins, et d'entendre sortir des entrailles de la nature, un hymne grandiose et sublime comme l'oeuvre de Dieu. 

   De son côté, l'Eglise invite la lumière et les ténèbres, les vents et les tempêtes, les frimas et les neiges, les pluies et la rosée, les fleuves et les mers, les montagnes et les vallées, les arbres de la plaine et des collines , les bêtes sauvages et les animaux des champs, toutes les créatures , à bénir le Seigneur. 

   Mais en réalité , aucune créature ne chante, ne bénit, n'adore, ne rend grâces, ne prie que par la bouche sacerdotale de l'homme, dont c'est la condition et le devoir d'exercer, au nom du monde, l'auguste office d'une représentation universelle et de rendre à Dieu la gloire qui lui est due. 

   En effet, ni par leur obéissance passive à la loi qui les régit, ni par la rectitude de leurs mouvements, ni par l'harmonie de leurs rapports, ni par l'accord de leurs voix, les créatures inintelligentes ne peuvent glorifier Dieu comme il veut être glorifié; car elles n'ont ni la conscience de leurs actes, ni la connaissance de leurs destinées, ni la faculté d'agir librement. Ce qu'elles font, Dieu l'accomplit en elles avec une inflexible rigueur, lui seul a conscience de ce qu'il opère, et connaissance du terme suprême de ses opérations. Or, rien de tout cela ne suffit à la gloire extérieure de Dieu; car la gloire, dit saint Thomas, suppose une connaissance claire d'où procède la louange. Une connaissance claire de l'être glorifié, la conscience de l'acte qui glorifie, et, pour que cet acte soit revêtu de la splendeur du mérite, une force originale et personnelle qui soit libre de la produire. Voilà la gloire telle que la comprend instinctivement l'humanité. Instinctivement tout homme qui veut être glorieux désire les hommages d'un être intelligent et libre. Et si les Alexandre, les Scipion, les César, tous les grands capitaines du monde, n'avaient eu pour spectateurs et acteurs de leurs triomphes que les chevaux, les armes , et les étendards des vaincus, les arbres des routes et les monuments des capitales, la terre entière et même tous les astres du firmament, s'ils n'avaient entendu les peuples célébrer leur vaillance et chanter leurs hauts faits, ils seraient mort de dépit sur leurs trophées. 

   Or, ce que sent instinctivement l'homme revêtu de la majesté sanglante du vainqueur, Dieu le doit vouloir, lui qui est revêtu de la majesté sans tache du créateur et du bienfaiteur. Et parce que l'homme est capable de le connaître, non pas sans obscurité, mais assez clairement pour être convaincu de sa grandeur et de sa libéralité infinies, puisque l'homme possède en propre le domaine de ses actes, c'est à l'homme que Dieu s'adresse et demande, pour sa gloire, une prière d'adoration et d'action de grâces. Aussi les anciens, dans leur langage naïf et concis , avaient-ils excellemment appelé l'homme un animal religieux. 

   L'homme est obligé à la prière pour son compte personnel, en raison de sa nature; il est obligé encore pour le monde entier, en raison de sa dignité. Ne pouvant glorifier Dieu par un acte intelligent et libre, les créatures ont besoin d'être représentées dans l'accomplissement de ce grand devoir; l'homme est leur prêtre. Sa nature est une récapitulation de toutes les perfections de l'univers, un centre vivant où les bienfaits de Dieu se donnent rendez-vous, un petit monde. Dans ce petit monde, le grand monde subit l'impression réfléchie de la majesté divine, reconnaît la libéralité de son auteur et les attentions de la Providence, s'élève vers Dieu , adore et rend grâces. L'homme , en un mot, fait prier l'univers. Ce beau mot d'univers, dont nous nous servons pour désigner l'ensemble des êtres, leurs relations et leur harmonieuse tendance vers le centre divin, ne peut être justifié qu'autant que l'homme 

 En donnant un langage à toute créature

Prête pour adorer sa voix à la nature.

(Lamartine)

   Comme l'artiste dont les mains rapides s'abattent, marchent, volent , se croisent sur le clavier à l'aide duquel il exprime ses conceptions savantes, la poésie de ses rêves, la fièvre de ses sentiments, l'homme s'empare de l'orgue immense de la création. Sous l'action mécanique des lois, cet instrument sublime ne fait entendre que des sons monotones qui expirent aux portes des demeures éternelles ; sous l'action de l'âme humaine, son chant s'anime et devient une harmonie de pensée et d'amour qui pénètre les cieux et mêle aux cantiques des anges ses religieux hosannah. 

   Après avoir invité la nature à louer Dieu, le Psalmiste avait raison d'ajouter :" Dirigatur , Domine, oratio mea sicut incensum in conspectu tuo". Que ma prière, ô Seigneur, s'élève vers vous comme un flot d'encens. ps. CXL

   Semblables à des urnes gigantesques, la terre et les astres se balanceraient en vain dans les espaces; Dieu détournerait son regard comme d'un spectacle indigne de sa très sainte majesté, s'il ne voyait sortir de ces encensoirs, toujours en mouvement, le parfum de nos adorations et de nos actions de grâces. 

   L'homme étant le prêtre de la création, nous devons conclure que sa prière, lors même qu'elle se borne à adorer Dieu et à le remercier de ses bienfaits, joue un rôle important dans le gouvernement divin. Elle se produit en vertu d'une loi éternelle et immuable à l'accomplissement de laquelle l'existence de la nature entière est, en quelque sorte, suspendue. 

   Rien ne subsiste dans le monde, rien ne se meut, rien ne vit, rien ne progresse, rien ne tend à la perfection qu'en vertu de l'action providentielle de Dieu; mais l'action providentielle de Dieu ne persévère qu'en vertu du mouvement religieux par lequel la créature retourne à son principe, et lui offre à cueillir, dans son oeuvre même le seul bien qui soit digne de lui: le bien de sa gloire. Supprimons ce bien, la créature n'a plus de fin, et Dieu peut lui dire ce qu'il disait jadis à son peuple :" Tu m'abandonnes, je vais t'abandonner aussi. " Populus iste derelinquit me... et derelinuquam eum . (Deut, cap XXXI,16,17)

   Il est vrai qu'une seule créature raisonnable peut, par ses hommages, retenir la Providence enchaînée à son gouvernement, tant son âme est supérieure au reste du monde. Mais il est vrai aussi que si, par impossible, toutes les âmes à la fois cessaient de prier, Dieu laisserait tomber de ses mains royales les rênes de l'univers, et, en un clin d'oeil , tout être s'évanouirait. 

   Songeons à cela: lorsque, spectateurs immobiles des merveilles du monde, nous arrêtons par une résistance impie les admirables élans de notre âme vers Dieu, nous ne sommes plus à notre place, nous devenons inutiles, que dis-je ? nous devenons nuisibles, car nous conspirons contre nous-mêmes et contre la nature entière. Au contraire, lorsque notre âme , par l'adoration et l'action de grâces monte vers le Père des Cieux, nous devenons , en le glorifiant, les coopérateurs glorieux de son gouvernement. 

   Pénétrés de ces considérations, rentrant en nous-mêmes, élevons notre âme vers Dieu et disons-lui :"

 - O mon Dieu ! mon Maître ! mon Père! mon bienfaiteur ! Beauté infinie ! Bonté sans rivage ! Ne vous ai-je pas trop longtemps méconnu et oublié ? Vous étiez près de moi, vous m'appeliez et je passais des jours entiers sans rien vous dire. Ce n'était pas malice de ma part, mais négligence et préoccupation des choses, qui, pourtant n'ont de prix que parce que vous me les avez données.

   Trop longtemps je fus coupable et ingrat; pardonnez-moi, ô mon Dieu! Désormais, je ne passerai pas un seul jour de ma vie sans vous dire: O unique beauté digne de nos hommages, je vous adore ! O bonté libérale et magnifique, je vous remercie de tous vos bienfaits ! Gloire à vous, Seigneur, dans le ciel et sur la terre ! Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons; nous vous rendons grâces pour votre plus grande gloire . Adoramus te, gratias agimus tibi, propter magniam gloriam tuam.

RP Monsabré. op 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Juillet 2020

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Publié le 7 Juillet 2020

 

 

Dimanche après-midi, 5 juillet, dans la basilique de San Vicente Ferrer à Valence, six frères dominicains des provinces d'Hispanie et de San Vicente Ferrer ont pris leur engagement final dans l'Ordre des Prêcheurs. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Juillet 2020

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Publié le 7 Juillet 2020

dans l'exercice de ses fonctions. 

le parisien 

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