Publié le 17 Février 2021

 

 

"La très sainte Vierge nous apparaît ce jour comme ayant vis-à-vis de la croix l'attitude qu'il faut avoir, et que nous prenons d'ailleurs difficilement. Cette attitude est exprimée par deux mots de l’Evangile de saint Jean : stabat juxtaElle était tout près de la croix, et elle se tenait debout. Il faut d'abord se mettre tout près de la croix ; il ne faut pas faire comme les autres apôtres qui étaient debout, mais loin…

Il y a deux stabant qui nous sont exprimés dans l'Evangile. Il y a celui de l’Evangile de saint Jean, qui est l'Evangile intime : stabant juxta. Il y avait tout près, tout près de la croix, Marie, Mère de Jésus, Marie Cléophas, Marie-Madeleine et le disciple bien-aimé, c'est-à-dire les saints. Les autres évangélistes, qui sont peut-être un peu plus périphériques que saint Jean, qui voient plutôt ce qui est plus facile à voir humainement, ce qui est plus près de nos sens mais moins près de l'absolu, les autres évangélistes nous disent : stabant a longe. Il y en avait donc qui se tenaient debout, mais loin. C'étaient les autres apôtres ; et c’était leur malheur de se tenir loin…

Il faut les deux : il faut se tenir tout près de la croix, et il faut être debout. Debout, parce que c'est l'attitude du courage et parce qu'on est ainsi plus près de Notre-Seigneur. Si vous étiez près de la croix sans être debout, affaissés, par exemple, déprimés, vous seriez près de la croix elle-même, près du pied de la croix ; mais vous seriez beaucoup plus loin de Notre-Seigneur qui ne touche pas terre, plus loin de son cœur divin. Comme il s’agit surtout d'être près de Notre-Seigneur et même comme nous ne voulons être près de la croix que pour être près de Lui, alors nécessairement il faut être debout.

C'est très difficile d’unir ces deux choses. Ce n'est pas très difficile d'être debout loin de la croix, comme les autres apôtres. Rester debout quand on considère de loin ces choses, quand on ne s’approche pas trop, cela peut aller. De même, il y en a qui sont près de la croix, soit qu'ils la cherchent, soit que Dieu leur fasse une sainte violence. Seulement ils sont pour ainsi dire trop près de la croix pour se tenir debout ; ils ne peuvent pas supporter ce voisinage et surtout ce contact terrible. Le juxta nuit au stabat. Ils sont là, trop près de la terre et dans la mesure où ils sont déprimés, où tout s’abaisse en eux, ils ne sont pas assez près de Notre-Seigneur. C’est pourquoi de grands théologiens s'insurgent si énergiquement contre les peintres qui, représentent la très sainte Vierge pâmée au pied de la Croix ou ayant besoin d'être soutenue par l'un ou l’autre. Ils disent : non, c’est impossible. Parce que la très sainte Vierge aurait été ainsi un peu moins près de Notre-Seigneur ; elle aurait perdu ne fut-ce que quelques centimètres de cette proximité. Et elle ne l'aurait jamais accepté ! C'est d'ailleurs contre la parole de l'Ecriture qui nous dit que la mère de Jésus se tenait debout : stabat . 

Dans le stabat, cette prose admirable, où toutes les choses sont si merveilleusement exprimées, remarquez qu'on demande précisément à se tenir debout, au pied de la croix. Et on indique le moyen, le seul pour le chrétien. Le seul, c'est d'être avec la Sainte Vierge :  Juxta crucem tecum stare. 


Me tenir là, debout près de la croix avec vous, ô Marie !


Trois mots : stabat juxta  s (ce sont les mots de saint Jean) et tecum  (c'est le mot glissé entre les deux autres par la sainte liturgie). Jamais vous ne saurez unir ces deux choses : être tout près de la croix et être debout, si ce n’est avec Marie et en Marie. Certains hérétiques ont voulu rester tout près de la croix sans la très sainte Vierge, et ils n'y sont pas restés longtemps, je vous prie de le croire !… On ne le peut que par elle et en elle. Personne ne le peut autrement. La croix est trop terrible. (…)

(…) Rappelons-nous ces deux mots d'aujourd'hui :stabat Mater.  Ces deux mots sont unis de la façon la plus intime. Elle était debout parce qu’elle était mère, mère de ce Jésus qui mourait et notre mère à nous. Elle était debout pour être le trait d'union entre ces deux maternités. Sa tête et son cœur étaient si haut, précisément, pour être tout près de son Fils ; et ses pieds touchaient notre terre pour être tout près de nous qui sommes aussi ses enfants.


Alors contemplant tout cela vous comprendrez pourquoi les deux stabat de Jésus et de Marie, pourquoi ces deux stabat qui n'en font qu'un appellent le ecce mater tua : voilà ta mère…
(…) elle est debout parce qu'elle est mère, et cette mère-là est nécessairement debout. Alors Jésus peut dire : « Voilà ta mère » et Marie peut dire : « J'attirerai tout à moi comme mère… ». (…)"

rp Thomas  Dehau op+ 
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 17 Février 2021

 

 

in memoriam

dom Etienne Henry 

Osb

25 Novembre 2020 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 17 Février 2021

 

" Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris "  

​​​​​​

 

Salut Philippe, 

Merci pour votre soutien.

Salutations,

maman de Antonio .  

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 16 Février 2021

 

 

" O mon Christ aimé, crucifié par amour . " 

ste Elisabeth de la Trinité. 

 

   Notre Seigneur est à nos yeux le prince des martyrs, le modèle des héros chrétiens, le prototype de la vertu de force. Nous pensons même qu'il a donné à cette vertu un tour nouveau, une perfection jusque là inouïe, un sens tout à fait inédit. C'est lui qui l'a rendu chrétienne. Depuis lui, et par l'effet d'une grâce qui découle de lui en nous, nous avons d'autres façons et d'autres raisons que les païens , d'être forts. C'est spécialement devant la mort que le chrétien fait ses preuves. C'est aussi là que Jésus Christ a fait les siennes. 

   Sa mort a été, toute sa vie présente à son esprit. Elle est restée vraiment la grande affaire de sa vie. On peut dire que c'est dans la prévision de sa mort qu'il a donné toute sa mesure et déployé ainsi toute sa force , une véritable vertu de force. C'est par là qu'il se dresse de tout son haut et qu'il s'affirme dans la plus entière possession de soi et de tout. Vous vous souvenez des propos surprenants qu'il tient à ce sujet et que rapporte saint Jean : Si le grain ne meurt, il demeure seul; mais , s'il meurt, il porte beaucoup de fruit... Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, je tirerai à moi tous les gens... Il disait cela , explique saint Jean, pour indiquer de quelle mort il allait mourir. 

   C'est dans la mort qu'il a mis le sceau à son Incarnation: on ne peut douter de la sincérité de celle-ci quand on sait que Jésus est mort comme il a fait. C'est dans la mort qu'il a mis le prix de notre Rédemption et qu'il en a puissamment fondé l'ouvrage: les rachetés du Christ le sont au prix de son sang, l'Eglise du Christ est née dans le sang de ce martyr. C'est dans la mort que Jésus a fourni le plus grand témoignage de son attachement à nous: Personne, dit-il, n'a plus de vrai amour que celui qui offre sa vie pour ses amis. C'est là qu'il cherche et qu'il trouve le plus sûr moyen d'étendre son règne sur nous et d'assurer notre incorporation à lui. Les premiers chrétiens ont tout de suite compris l'importance capitale de cette mort, et c'est pourquoi ils y ont trouvé un si grand culte. Il n'y a qu'à voir la place qu'en occupe le récit dans les quatre évangiles. 

   Il faut bien remarquer le caractère pleinement délibéré et parfaitement résolu de cette mort. Rien n'y est fatal. Tout y est cherché. Jésus meurt dans la force de l'âge aussi bien que dans la force de son âme. S'il est victime, c'est qu'il le veut bien. Par une vue qui lui parait toute simple , il se considère comme un bon pasteur qui offre sa vie pour les brebis de son troupeau: il tient là-dessus des propos , qui sont bouleversants , de gentillesse et de don de soi. Cependant il souligne hautement la vigueur de l'acte et la valeur du don : Ma vie, dit-il,, personne ne me l'enlève, c'est de moi-même que je l'offre, j'ai le pouvoir de l'offrir et j'ai aussi celui de la reprendre, tel est l'ordre et le mandat que j'ai reçu de mon Père. Tout parait se liguer contre lui, mais c'est lui qui veut bien se livrer. Rien ni personne n'aurait pouvoir sur lui si lui-même ne s'y prêtait. Il meurt de mort violente. Il est odieusement condamné, honteusement exécuté. Il ne s'en plaint pas. Plus ils sont enragés à le perdre, plus il est ardent à les sauver. Où sont la haineuse illusion de l'écraser, il se fait fort de vaincre. 

   Une objection peut se lever ici dans nos esprits. Jésus sait où il va, il sait qu'il en sortira, il sait qu'il s'en tirera: de cela nous ne pouvons douter. Si donc ni la mort en soi, ni sa mort à lui n'ont pour lui aucun mystère, nous sommes enclins à penser qu'elles ne doivent point tant lui causer d'épouvante: cependant c'est un fait qu'il en a .  Nous touchons sur ce point les profondeurs de Jésus-Christ. Ces profondeurs, il ne nous appartient pas de les mesurer sur nous, c'est à nous d'essayer de nous étendre jusqu'à elles. Il faut tenir tous les fils, et prendre les faits comme ils sont. Jésus n'en a aucune simagrée devant nous ni devant Dieu. Il n'a pas fait semblant de mourir. Il n'a pas simulé la peur de mourir. Sa mort a été bien réelle, et des plus atroces. Elle lui a fait peur plus qu'à nous. Il faut prendre cela au sérieux, au tragique même. Et , comme nous sommes pourtant bien sûrs qu'il avait tout sous son regard, l'avenir ainsi que le présent, l'éternité ainsi que le temps, nous sommes amenés à conclure que ce qui l'épouvante dans la mort, ce n'est pas l'inconnu qu'elle recèle, c'est au contraire l'immensité qu'il y voit. Pour le moment, il nous dit qu'il est dans le bain et que sa mort est un calice bien amer à boire: sur ce nous devons le croire, et nous voyons qu'il dit vrai et qu'il est terriblement angoissé jusqu'à ce que ce soit accompli.

   Il n'y a donc pas à définir la vertu de force autrement pour lui que pour nous. Elle est cette fermeté d'âme qui fait qu'il ne va pas broncher devant la mort. Le point cardinal de la force morale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, il faut oser le dire, a été son équilibre et son parfait aplomb par rapport à la mort. 

   Il a été fort parce qu'il a eu le courage et l'intrépidité d'affronter les périls et les peines qui le menaient là. Il a été fort parce qu'il a su dominer les frayeurs et les craintes que ressentait son âme, sa grande âme humaine. Il a été fort parce qu'il a su dompter ses colères généreuses et modérer ses plus légitimes et ses plus saintes irritations, pour aller mourir comme il fallait qu'il mourût. Il a été fort parce qu'il a su demeurer dans tout cela noblement et simplement soi-même, l'élu de Dieu , le sauveur et l'ami des hommes.  Enfin et surtout il a porté la vertu de force au plus haut degré de perfection parce qu'il su imprimer à sa mort, pourtant hideuse à tant d'égards, la sainteté et la solennité des grandes causes dont il s'inspirait et pour lesquelles il se sacrifiait: il revêt dans la mort toute la majesté du père ou de la mère  même , qui se sacrifie pour ses enfants, du prince qui meurt pour son peuple, du prêtre qui meurt pour son Dieu. Je meurs, dit-il pour que vous viviez.  

   Nous pouvons donc penser qu'il meurt de sa plus belle mort et que la force dont il a fait preuve a l'éminente qualité du martyre.

   Lorsque Jésus commence sa vie publique, il sait qu'elle sera de courte durée. Il lui faut en très peu de temps mener à bien de grandes choses. Dès lors, on dirait que la brièveté des jours et l'exiguïté des éléments dont il dispose ne font qu'augmenter la magnanimité des vues qu'il a , la portée des enseignements qu'il donne et des institutions qu'il fonde . Il dit et il fait avec une sorte de naturel et de simplicité qui ajoute à sa grandeur. La mort qui le guette l'oblige, non pas certes à faire vite, mais à voir grand et à faire grand. Il est splendide comme un créateur, qui se joue du temps et du néant. Il  va fonder et lancer sa société religieuse, bâtir son Eglise comme il dit, en un rien de temps. Il fait ses plus grandes révélations avec des mots de son pays, il élève sa construction avec des hommes et des choses de chez nous, du pain, du vin, des paysans, des marins; mais fortement il pose sur tout et sur tous sa propre grandeur, et de ses mains l'oeuvre sort magnifiée, consolidée, avec tous les promesses du temps et de l'éternité. Il fait preuve, en toute cette entreprise, d'une grandeur d'âme qui est incomparable. Il se sent d'autant plus fort qu'il sait que sa mort même, bien loin de tout compromettre, apportera une suprême consécration à tout ce qu'il est et à tout ce qu'il fait. Aussi est-ce sur cette avenue de grandeur qu'il invite à le suivre et qu'il entraîne ses vrais disciples. 

   Pour être dignes de lui, pour pouvoir faire route avec lui,  nous devons voir grand comme lui et nous devons être prêts à nous sacrifier pour les grandes causes qu'il sert, auxquelles il a si magnifiquement voué sa vie. 

   Cette mort même qu'il voit venir, cette croix qui le hante, il les pare de magnificence, il les auréole de sa grande âme. Il les associe à ses plus hautes révélations et aux plus beaux moments de sa vie. Il les fait pressentir aux maîtres en Israêl dans ses soirées de Jérusalem. Il les annonce gravement à Pierre et aux apôtres après qu'ils l'ont proclamé le Christ Fils de Dieu vivant. Il s'en entretient dans la gloire de la transfiguration avec les deux grands hommes de l'ancienne révélation, Moïse en qui se résume toute la Loi et Elie en qui se récapitulent tous les prophètes. 

   Il salue sa Passion comme ce qui est écrit et prédit de lui, c'est-à-dire comme la pensée du Père et comme la volonté du Père. C'est sa mort enfin qu'il va investir d'une véritable pérennité par l'invention prodigieuse de sa sainte Cène: toujours il rassemblera ses fidèles autour d'elle , et c'est par elle qu'il ouvre à lui comme à eux la bienheureuse éternité. Elle explique l'intrépide grandeur de sa vie. 

   De cette acceptation de la mort, de cette consécration par la mort, il tire véritablement toute sa gloire. Il l'appelle son heure, il l'appelle sa gloire. Il y met son point d'honneur. Il se fait fort par là de tout sauver. Sachant que son Père lui a tout mis dans les mains et que c'est de Dieu qu'il est sorti et que c'est vers Dieu qu'il s'en va, il sait aussi que son heure viendra et que c'est pour lui le grand moyen, royal et sacerdotal toujours, de remonter vers son Père et d'y emmener tous ceux que son Père lui a donnés.    

    rp Bernard op + 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 16 Février 2021

 

 

 

 

 

pour ceux que j'aime,  .... super beau ! un peu de vitamines Chr  pour la semaine.. !

trop sympas mes petits zorganistes ! 

Good lent Pierre . prayers for you.

rien de tel pour le moral.

Thank you very much. 
Ph 

 

Notre Père Saint Benoît nous encourage également à cet esprit joyeux du Carême. Il rappelle au moine que, bien que sa vie «doive répondre à tout moment à l'observance du Carême, cependant, puisqu'il y en a peu qui ont une telle force, c'est pourquoi nous vous invitons à garder votre vie dans toute sa pureté pendant ces jours de Carême. et effacez, tous ensemble, en ces jours saints, toute la négligence des temps anciens »(RB 49, 1-3).

Comme nous pouvons le voir, il appelle cette fois des «jours saints», dans lesquels il nous encourage à nous consacrer à la prière, à la lecture, à la compassion du cœur et à l'abstinence, ajoutant avec la permission de l'abbé quelques petites choses dans ce que nous faisons habituellement et offre, également au travail.

Saint Benoît, comme Notre Seigneur Jésus-Christ, souhaite au moine un esprit joyeux dans les pratiques de Carême, que cela se fasse "avec la joie de l'Esprit Saint", de telle manière que "avec une joie pleine de désir spirituel il attend la Sainte Pâques »(RB 49, 6-7).

Nous sommes donc devant quelques «jours saints» qui nous aident à nous préparer à la célébration du grand événement du mystère chrétien: la Pâque du Seigneur, la glorieuse Résurrection de Jésus-Christ, notre Rédempteur.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 16 Février 2021

 

 

ora pro nobis 

 dédicace à mes zorganistes bien aimés. pas tous à la fois non mais sans blagues... ! 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 16 Février 2021

 

    La prière est le plus haut exercice de vaillance qui soit. Il exige un élan sans cesse renouvelé de tout l'être. Un ancien règlement français de cavalerie a cet axiome admirable :" Jette ton coeur par-dessus l'obstacle et ton cheval ira le chercher ! " L'obstacle est ici l'univers entier. Il faut jeter son coeur le plus loin possible, par delà les sommets du ciel.

   La prière, c'est l'ombre de la mort sur notre âme. " Quand je traverserais l'ombre de la mort, je ne redouterais rien, parce que Tu es avec moi. "

   Dieu n'est avec nous que si nous avons d'abord consenti à traverser cette ombre horrible de la mort. On se met en présence de Dieu comme on meurt. Mourir, c'est abandonner son âme. Prier, c'est aussi détacher son âme de tout et de soi-même , pour l'abandonner aux mains de Celui dont saint Paul a écrit qu'il est horrible de tomber aux mains du Dieu vivant.

   Oui , c'est bien le moment de déployer toute sa vaillance et comme me le disait un petit Français de six ans :" Je ne recule jamais. - Alors , c'est que tu n'as jamais peur ? - Oh si, j'ai peur, mais quand j'ai peur, j'avance!"

   La prière est vraiment l'ombre de la mort: elle en a la forme et toutes les exigences. Le langage chrétien dit d'ailleurs de quelqu'un qui vient de mourir: il a paru devant Dieu. C'est bien une expression équivalente à celle : mettons-nous en présence de Dieu. C'est pourquoi encore les anciens Juifs avaient bien vu que nul ne peut voir Dieu sans mourir.

   Le détachement de la mort est préfiguré dans celui qu'impose la prière. Il faut abandonner les biens extérieurs, les amis, les êtres les plus chers; et puis le corps lui-même s'obscurcit, se refroidit, on abandonne son corps; l'âme elle - même est livrée à l'inconnu, elle est précipitée de tout son haut dans l'abîme vertigineux de l'au-delà: nous appelons cela mourir.

  Je crois que c'est aussi prier et que, dans la prière, il faut se résoudre à faire tous ces abandons volontairement, en détournant notre affection de tous ces objets, comme en mourant on le fait par force. Si les saints d'ailleurs meurent si facilement, c'est qu'en priant de tout leur coeur et depuis longtemps, ils ont pris pour ainsi dire l'habitude de mourir. 

 

RP Bruckberger op +

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Rédigé par Philippe

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Publié le 16 Février 2021

 

 

 

 

 

cyclone de neige à Moscou, good lück ! 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 15 Février 2021

 

 

 

 

 

 ça sent le printemps ! 

merci à Paul, la première fois que j'interviens sur des vidéos en direct.. trop gentil. 

et  surtout Antonio,  rien de tel pour le moral. 

On a du monde en ce moment sur le petit Placide.. hu hu hu ! 

(en Australie, nos moines bénédictins ont l'air d'avoir deux jeunes futurs  novices qui viennent de rentrer.. sans doute le  2 ou 11 février ! ça donne la pèche tout ça. !  deo gratias ... ) 

Merci pour l'invitation à aller à l'abbaye quelques jours, une première .. 

pour les beaux jours, los veremos ! 

ph 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 15 Février 2021

 

 

 

Natalia Sanmartín:

 

«El lugar natural para enseñar el valor de la fe es la familia, y la persona con mayores talentos para hacerlo es una madre" 

 

Un chant de Noël pour Le Barroux (Planète, 2020), se situe  dans le délice tranquille d'une vie loin du bruit, insérée dans une nature qui sent le nouvellement créé, et dans un contexte humain attentif. au chuchotement divin.

C'est un enfant qui parle avec une foi claire, ouvert à l'émerveillement, à la magie et au miracle.

Réponse: Oui, c'est un enfant à qui on a appris dès son plus jeune âge à regarder le monde tel que l'Église le regarde, avec un regard surnaturel, ce que Charles Péguy disait de contempler les choses comme si elles venaient de se faire , comme s'ils venaient de finir de sortir des mains de Dieu.

Question: Si nous ne sommes pas comme des enfants, nous n'entrerons pas dans le Royaume des Cieux.

Réponse: J'ai choisi un garçon comme personnage central pour cette raison. Non pas parce que c'était une histoire pour enfants, mais pour refléter ce mandat évangélique. On parle très souvent d'émerveillement, mais je pense qu'en matière de foi, les enfants ne sont pas étonnés. Lorsqu'ils sont très jeunes, ils croient presque naturellement et sont capables de donner différents types d'assentiment aux choses sans avoir à trop les expliquer. Un enfant chrétien ne confond pas les anges avec les fées ou les elfes, il différencie clairement le surnaturel du fabuleux. Les enfants ne sont pas surpris quand on leur dit qu'ils ont un ange gardien. Newman croyait que ce naturel était la preuve que, jusqu'à très récemment, ils étaient «dans un état supérieur».

La messe traditionnelle est devenue ces dernières années un moyen de rentrer chez eux pour de nombreuses personnes, surtout lorsque le culte est dénaturé, banal et trivial.

Natalia Sanmartin

P.: Cette foi est transmise à l'enfant par la mère.

Oui, il le fait petit à petit, tissant les vérités de la foi avec la vie quotidienne, lui apprenant doucement à concentrer son regard. S'il s'agit d'enseigner une morale à être responsable, à être de bons citoyens et à mener ce que l'on entend habituellement comme une vie décente, ce travail peut certainement être fait par une école sérieuse ou un bon camp d'été. Mais si nous comprenons la foi comme quelque chose de réel, comme une vertu surnaturelle qui vient de Dieu, et que nous savons pourquoi et pourquoi elle nous est accordée, alors nous parlons d'une chose très sérieuse, la seule chose qui soit vraiment sérieuse. Lewis dit dans l'un de ses essais qu'une vie décente n'est qu'un simple changement, c'est un simple bibelot par rapport au but pour lequel nous avons été créés.

P.: C'est une histoire qui recrée toute la vision d'un enfant, en particulier cette fascination pour l'araignée, pour la nature, mais c'est aussi une histoire chorale, familiale.

R.: Il est difficile de raconter l'histoire d'un enfant qui le sépare de sa famille, et même si c'était facile, une partie de ce que je voulais montrer dans l'histoire était un Noël chrétien et une famille chrétienne, la beauté d'un foyer dans lequel Dieu n'est pas quelque chose d'important, sinon le plus important. Mais, en plus de cela, j'ai aussi essayé d'exprimer quelque chose que Newman explique dans ses excuses et qui me semble qu'aujourd'hui on ne nous enseigne pas avec suffisamment de clarté: l'idée qu'en fin de compte, ce qui est vraiment important, c'est ce qui se passe entre nous et Dieu, entre soi-même et Dieu, c'est le vrai centre de la réalité dans toute vie. Et c'est de cela que parle l'histoire, du désir constant de l'âme qui cherche constamment celui qui l'a créée.

Un enfant chrétien ne confond pas les anges avec les fées ou les elfes, il différencie clairement le surnaturel du fabuleux

Natalia Sanmartin

P.: La famille, l'église locale.

A.: La vérité est que je ne connais pas trop le terme, il me semble que je suis un peu plus médiéval ... Mais, si par là vous entendez que la maison et la famille sont la première étape de la transmission des vérités de la foi et de l'exemple de la vie chrétienne, je suis d'accord. Il en a été ainsi depuis le début et le fait que cette courroie d'entraînement ait été interrompue ou affaiblie explique probablement certains des problèmes que nous avons aujourd'hui.

P.: La foi de cet enfant est une foi formée en lisant la vie des saints et patriarches de l'Ancien Testament, en admirant avec enthousiasme le tabernacle, qui est une «maison d'or» ( domus aurea ) .

R.: Et en voyant un reflet de Dieu dans tout ce qui l'entoure, en ayant une vision sacramentelle du monde, en percevant le mystère qui est dans chaque ligne de l'Écriture, dans chaque prière, dans les rites de l'Église et dans quoi elle nous enseigne qui est Dieu et qui nous sommes. Il me semble important d'apprendre à mieux raconter les choses aux enfants, sans réduire, abaisser ou banaliser les vérités de la foi. Nous parlons beaucoup et avec beaucoup d'enthousiasme de l'amour de Dieu, et il est nécessaire de le faire, mais nous parlons très peu de révérence, d'adoration absolue, de l'idée que Dieu n'est pas un égal, n'est pas un partenaire ou un collègue, que l'attitude juste devant lui, si nous sommes capables de nous rendre pleinement compte de sa présence, est de se prosterner sur le sol, terrifiée, tremblante et pourtant émerveillée.

Si nous comprenons la foi comme quelque chose de réel, comme une vertu surnaturelle qui vient de Dieu, et que nous savons pourquoi et pourquoi elle nous est accordée, alors nous parlons d'une chose très sérieuse, la seule chose qui soit vraiment sérieuse.

Natalia Sanmartin

Q.: La référence à la domus aurea - ou aussi au turris eburnea - rappelle un livre que vous avez introduit en Espagne: La restauration de la culture chrétienne , de John Senior.

R .: En fait, ils nous rappellent la Vierge Marie, ce sont les litanies laurétiennes, celles du chapelet. Mais peut-être qu'ils attirent plus l'attention en latin, parce que beaucoup de gens les prient dans la langue vernaculaire, et parce que le latin est une langue très douce et très musicale.

Q .: Mais dans quelle mesure ce penchant pour la messe latine, pour la vie à la retraite, pour les petites communautés, pour la tradition au sens large et pour les abbayes est-il dû à John Senior? Surtout, les abbayes bénédictines.

R.: Il me semble que j'ai lu John Senior au bon moment, mais l'ordre des facteurs n'est pas exactement comme ça. Je pense que j'ai pu l'apprécier car quelques années auparavant je suis retourné à la pratique religieuse et découvert la liturgie traditionnelle. Quand j'ai lu La restauration de la culture chrétienne , j'étais au milieu de l'éveil de Miss Prim., et c'était comme trouver ordonnées, réfléchies et systématisées certaines des intuitions qui m'ont amené à écrire l'histoire. Senior a soutenu que la culture chrétienne est la messe et tout ce qui a été généré autour d'elle au cours des siècles pour l'enrichir et la protéger. C'est la messe traditionnelle, avec sa liturgie millénaire, qui a sanctifié les grands saints de l'Église, a été acculée et presque interdite dans les années 60 avec la réforme liturgique, défendue seule par ceux qui ont résisté à cette réforme et finalement réhabilitée, en la mettant en en quelque sorte, par Benoît XVI, que beaucoup de gens ne pourront jamais assez remercier pour cette intervention. Cette messe est devenue ces dernières années un moyen de rentrer chez soi ou de découvrir la foi pour de nombreuses personnes, surtout lorsque le culte est dénaturé,

Aujourd'hui, on ne nous enseigne pas assez clairement qu'en fin de compte, ce qui est vraiment important, c'est ce qui se passe entre nous et Dieu, entre soi et Dieu.

Natalia Sanmartin

Q.: Cette histoire est dédiée à l'abbaye du Barroux, en Provence .

R .: Oui, je l'ai écrit pour eux parce que l'abbesse du monastère Notre-Dame de l'Annonciation au Barroux, dans le sud de la France, me l'a demandé un Noël. Je l'ai écrit pour les deux abbayes, à lire le jour de la Nativité.

Q.: Dans vos livres, vous pouvez voir beaucoup d'influence du français - et de l'anglais -: combien de collations avec des gâteaux au beurre!

R.: Mais je ne suis pas vraiment gourmande, j'adore les croissants au petit-déjeuner. Oui, il y a encore plus d'influence anglaise que française; J'aime beaucoup la littérature anglaise et je m'intéresse encore plus au catholicisme anglais. Mais tout cela a aussi une fonction dans le livre. Les gâteaux sont l'enveloppe du message, comme la langue, si britannique et si pleine d'adverbes, et le sucré qui remplit l'histoire. L'idée était de faire passer un message sous un fil de fer barbelé pour atteindre ceux de l'autre côté. Je pensais que certains la liraient comme une histoire gentille et gentille, et ça l'a fait, mais que d'autres verraient ce qu'il y avait sous le sucre et que, pour un troisième groupe, celui des catholiques traditionnels, ce serait un encouragement ou un réconfort. . Mais je ne pensais pas pouvoir accéder à autant d'endroits différents.

Les médiévaux connaissaient le bon ordre de réalité, ils connaissaient l'échelle des biens, ils savaient que Dieu est au centre et que tout le reste est contingent

Natalia Sanmartin

Q.: Vos personnages aiment chasser les lézards autant qu'ils font de la confiture ou discutent sur les papyri Oxyrhynus.

R.: En fait, ceux qui chassent les lézards ne perdent pas de temps à parler de papyrus, mais il est vrai que tout le monde mange de la confiture, tout le temps. J'explique toujours que le livre est une histoire, ce n'est pas un roman réaliste, bien qu'il parle de choses réelles, donc l'idée n'était pas de décrire un village commun, car San Ireneo est une colonie distributiste formée par des sceptiques de la modernité, car ils s'expliquer. Si un tel endroit existait, il ne serait pas, ou ne devrait pas être, très courant.

P.: Vous allez me permettre une mauvaise chose, Natalia, mais dans vos villes, comme celle où Prudencia Prim s'est installée, il n'y a pas de fermiers, ou vous vous voyez à peine. Vous ne remarquez pas la dureté quotidienne de la vie rurale, la bouse des vaches, l'inquiétude des pluies ...

R.: Non, c'est vrai qu'on ne peut pas les voir, mais ce n'est pas mal, c'est plutôt une question de peu d'observation [rires]. San Ireneo n'est pas un village, c'est une ville déjà avec une certaine entité, entourée de fermes qui l'approvisionnent, mais avec ses propres commerces, son école, son journal, son abbaye. J'ai eu la chance de grandir dans une ville et j'ai peur qu'il n'y ait pas non plus de fumier éparpillé dans les rues ... Il est vrai que vous n'aviez pas à aller loin pour trouver une vache dans le champ, mais ils l'étaient pas vu dans la rue.

Si Innisfree avait une abbaye bénédictine, son charme serait presque imbattable, mais ce n'est pas le cas

Natalia Sanmartin

Q.: Savez-vous qu'il y a une discussion sur le type de personnes préférées parmi ceux qui aspirent à ce monde de beauté, de foi et de simplicité? Il est déchiré entre Innisfree - avec sa taverne et ses bières, ses récoltes et ce curé qui pêche le saumon - et Saint Irénée d'Arnois - avec ses thés, ses cognacs, ses muffins aux myrtilles et ses rassemblements littéraires.

R: Je dois admettre que si Innisfree avait une abbaye bénédictine, son charme serait presque imbattable, mais ce n'est pas le cas. Et heureusement, je n'ai pas à choisir. Mais, si vous deviez choisir Innisfree, il y a un poème de Yeats sur l'île qui raconte une maison avec neuf rangées de haricots et une ruche avec du miel dans un endroit où les ailes de la linette remplissent le coucher du soleil. Il me semble que je le laisserais être rempli de pissenlits et que je n'aurais pas besoin de saumon.

P.: Avec tant de succulentes recettes que vos histoires apparaissent, cela donne envie de manger. La faim du sacrement?

R .: A San Ireneo, il n'y a pas de faim, c'est évident, mais surtout il n'y en a pas à cause de l'absence de la Sainte-Cène, et je pense qu'ils ont beaucoup de chance à cela. Ils ont une abbaye qui célèbre l'ancienne liturgie, dans laquelle le corps du Christ est traité avec révérence, touché uniquement par des mains consacrées et reçu dans la bouche, comme l'Église a l'habitude de le faire jusqu'à hier, comme ils l'ont fait connaître aux grands saints et tous les chrétiens depuis des siècles, qui n'ont peut-être pas lu beaucoup de théologie, mais qui étaient très clairs sur la différence entre un prêtre et un laïc. À San Ireneo, ils ont beaucoup plus que ce que l'Église offre actuellement à une bonne partie de ses fidèles, à ceux qui savent comment et dans quelles conditions la communion a été introduite dans la main et à tous ceux qui, en conscience, comme c'est mon cas , ils ne peuvent pas l'accepter.

 

une chance qui n'est pas donnée à tout le monde d'avoir eu une  telle éducation,

.. té

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Rédigé par Philippe

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