Publié le 9 Novembre 2020

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Publié le 9 Novembre 2020

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Publié le 9 Novembre 2020

 

Alexander Buzlov,

jeune et talentueux violoncelliste russe est mort brutalement ce dimanche d’une thrombose à l’âge de 37 ans. Formé à Moscou par les plus grands violoncellistes russes, notamment Marina Tarasova et Boris Talalay, il avait entamé une carrière de soliste il y a une quinzaine d’années.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Novembre 2020

 

 

      Les circonstances dans lesquelles se déroule la vie ont sans doute une importance fort grande; mais la circonstance par excellence, c'est la vie elle-même. Or, notre vie suit une courbe d'évolution qui nous amène à l'éternité par ces phases du temps qui s'appellent l'enfance, la jeunesse, l'âge mur, la vieillesse. Suivant l'état de développement du germe premier d'où est partie la coulée vitale, l'existence de chacun prend des caractères dont la succession a toujours rendu saisissante et mélancolique l'étude des divers âges de la vie.

   Pour nous, la vieillesse seule peut être ici en question; car bien des fois nous avons évoqué les étapes montantes, et la maturité, c'est ce que nous décrivons quand nous envisageons simplement le cas humain. Mais pour cet âge où la vie semble se retirer , abandonnant peu à peu sa richesse, il y a lieu de formuler une règle qui nous permette d'apprécier et de régir nos derniers états. 

  La vieillesse, que chacun veut atteindre et dont tout le monde se plaint, parait bien être une déchéance et un évanouissement de tout ce qui fait l'intérêt de vivre. Le corps se tasse et se détériore, les facultés faiblissent en même temps que la chair, les sens s'émoussent, la mémoire cède, les souvenirs rétrogradent, l'esprit perd son mordant et sa promptitude, la vie se rétrécit, l'ardeur tombe, nos possessions vitales s'amoindrissent et l'on dirait qu'elles ne nous intéressent plus, la société des hommes se réduit pour nous à quelques intimités qui peu à peu s'éclaircissent, et la fréquentation des choses ne nous offre plus, au lieu des larges utilisations de jadis , que l'attrait fréquemment accru, il est vrai, d'un spectacle. Autour de nous coule toujours l'intarissable flot de la vie universelle; mais la cruche est fêlée et nous ne puisons plus notre part. 

   Pour le matérialisme et l'incrédulité, en effet, la vieillesse est affreuse. Il faut toute l'épaisseur de nos illusions pour nous cacher ce  qu'elle signifie, disons ce qu'elle montre, à peine et tristement déguisé. Cadavérisation lente, mort à petit feu, décès infligé sous mille formes macabres, solitude de tombe qui peu à peu s'étend par les départs et les défections, respects annonciateurs, égards qui sans le vouloir et plus ou moins pieusement vous ensevelissent: c'est le bilan. On vous souhaite vivre longtemps encore; on vous dit " toujours jeune " afin de marquer depuis combien de temps vous l'êtes plus. On vous signifie par une sorte d'étonnement quotidien que votre présence ici est comme un miracle, certains aimeraient dire: une inconvenance. Ceux qui luttent contre la décrépitude avec trop de zèle l'accentuent, et ils en accentuent surtout l'impression, qui peut devenir d'un comique lugubre. 

   Que de pauvres femmes maquillées et emplumées ont l'air de corbillards à panache! Quel service quelqu'un leur rendrait en leur disant, si elles pouvaient l'entendre : Pauvres femmes, sachez donc mourir! 

   Vue de ce côté, la vieillesse ne se défend pas; la vieillesse sent le cadavre; c'est la Faucheuse qui écarte son suaire et nous laisse voir, comme dans les Danses des Morts du XVème siècle, une lamentable chair qui s'effrite. 

   Mais une autre vision se présente au chrétien. 

   La vieillesse, envisagée à la lumière de foi, n'est plus un recul de ce qu'appelle et retient désespérément notre soif de vivre; c'est au contraire un accroissement et une confirmation d'espérance; c'est le voisinage de ce qui n'était que figuré par l'ardente vie; c'est la terre qui apparaît après une navigation lointaine; c'est le voile d'illusion qui se déchire, dégageant au regard les réalités suprêmes.

La vieillesse c'est l'approche de Dieu. 

   Dans la décadence des membres, on ne doit voir alors, au lieu d'une chute pièce à pièce sans compensation, que la livraison progressive et confiante d'un être consacré, attendu et qui trouvera, dans le sein de la Mère universelle , une nouvelle naissance. 

Le vieillard qui revient vers la source première

Entre aux jours éternels et sort des jours changeants. 

   Les jours changeants ont nécessairement leur fin: c'est la vieillesse, avec la perspective de la mort; mais les jours éternels nous rassurent. Si les saisons de la nature ne se reprenaient pas, l'hiver, en dépit de sa beauté, n'apporterait à la terre que regrets; sa parure, au lieu du lange discret, ne serait plus que le drap funéraire. Mais le printemps est toujours aux portes; l'orient ne s'endort pas; c'est pourquoi, comme témoins d'une vie qui toujours et toujours se renouvelle, toutes les saisons sont belles; nulle n'est déshéritée, moins que toutes, à certains égards, la dernière. Ainsi l'hiver des hommes acheminé vers le printemps éternel, en prend la couleur; la cime de neige au couchant s'empourpre, comme elle se dore quand, sur le matin bleu, elle allume sa lampe et éteint les étoiles. 

   La plus belle des saisons est celle qui porte le plus d'espérance, et l'espérance d'immortalité est le lot spécial de cet hiver: la vieillesse.

La descente vers la fosse, à force d'être une vérité partielle, est une illusion; nous montons, et le vieillard, dût-il précipiter sa chute par sa faute, est à un sommet; il touche au plein ciel; s'il n'en a pas le sentiment , c'est qu'il est infidèle à son âme. 

   Au fond, notre âme , bien qu'entravée dans son fonctionnement par les infirmités de la vieillesse, continue ses acquisitions aussi longtemps que son bon vouloir se maintient et que son idéal supérieur l'actionne; elle peut sans cesse grandir; son oeuvre n'est jamais achevée; il n'y a pour elle ni expérience décisive ni borne qu'on ne dépasse point; unie à l'Esprit qui renouvelle incessamment toutes choses, esprit elle-même, elle peut recevoir l'impression de Dieu en une succession d'états qui ne prête à aucune déperdition ni à aucune déchéance :" l'homme de vétusté se corrompt, dit saint Paul, l'homme du dehors; mais l'homme intérieur de jour en jour se renouvelle." ( II Co. IV,16) 

   Jamais donc il n'y aura nulle raison de perdre espoir et de s'abandonner à un sentiment de défaite. La jeunesse n'est pas jeune pour autre chose que cette sécurité. 

   On est jeune en raison d'un espace devant soi, d'un lendemain qu'on sent gros de promesses: puisque telle est la vie jusqu'au bout et que l'espoir suprême est au contact des suprêmes années, la jeunesse est pour nous perpétuelle et sans cesse croissante.

Le vieillard est l'enfant du ciel. 

 

   Toute la question est que le païen qui sommeille en chacun de nous n'aille pas gagner le chrétien, en cette extrémité où la vie catholique doit rassembler toutes ces énergies pour conclure. Si l'on ne craint pas de voir tomber les fleurs de la jeunesse, les feuilles même de l'automne chenu, c'est qu'on attend les fruits et les graines. Les oeuvres du vivant le suivent; elle l'accompagnent comme le panier du vendangeur, de cep en cep. Pour que, arrivé à la lisière de la vigne, on gagne le cellier avec allégresse , il faut que la récolte soit tout du long copieuse et de prix. N'allons donc pas abandonner à la stérilité ce qu'on appelle d'un mot à double entente et qui parfois est si mal compris , " les années de grâce". 

   Les vieux moines, les vieux saints sont les témoins dans la chrétienté, de cette verdeur tenace et de ce progrès sans déclin du spirituel dans une chair qui s'étiole. Les Anciens avaient leurs Nestors; le vieil Horace et don Diègue nous ravissent; Booz et Siméon nous annoncent le jour chrétien; mais avec Jean l'Evangéliste et la Vierge s'inaugure la lignée des vieillesses sanctifiées qui seront l'ornement de l'Eglise et le joyau d l'histoire.

   Jésus n'a pas vieilli; mais à regarder ceux que son Esprit pénètre, on peut juger de ce qu'eût été son grand âge à lui et de quelle façon la vie qu'il instituait doit finir. 

   Les vieux saints ont toujours paru d'une verdeur charmante; comme autrefois les poètes, juvéniles indépendamment de leur âge, aimaient à se dire les nourrissons des muses, ils sont, eux, les nourrissons de Dieu. A mesure que leur corps baisse et tend vers la terre, ils épurent et dégagent leur âme. L'oiseau, quand il s'avance vers le bout de la branche et la sent fléchir, s'en détache et déploie ses ailes.  La lumière de leurs yeux devient plus calme; elle répand la sérénité, et l'on voit s'épanouir la clarté qui se concentrait jadis avec tant d'ardeur. La simplification de leur vie extérieure profite à la vie du dedans , qui a su s'établir et brûler de sa flamme propre. Une candeur délicieuse et fine plaide pour une jeunesse d'âme que l'enfance même ne pouvait montrer; car l'enfance a trop de désirs, trop de passion se mêle à ses élans. Toute folle requête étant ici abolie et toute passion éteinte, le vieux saint est pleinement candide, il est exquisement jeune et son âme en croissance prend une conscience plus clair de son cas divin, comme autrefois, par la croissance du corps, il avait pris conscience de son cas humain. 

   D'autre part, saintement détaché, il est tout prêt à la bienveillance souriante; il juge avec sérénité; il excuse facilement; il croit sans peine au mérite sans se duper d'apparences; il est expérimenté non comme le viveur qui ne croit plus à rien, mais comme celui qui sait la fragilité, les aspirations, la générosité et la misère des êtres. A l'égard des générations qui montent, il nourrit des complaisances paternelles ; il médite, en les regardant , sur ce qu'il fît et qu'il ne peut plus faire; il se résout à agir désormais par les jeunes plus que par soi; il leur cède la victoire et il en goûte la joie par procuration. 

   Il n'est donc pas boudeur,  rétracté, maussade, ni encombrant ; il se retire discrètement des groupes juvéniles, prend sa place à l'écart, mais à distance courtoise, prêt à parler, prêt à se taire, prêt à sourire et prêt à s'attrister sans éclat. Il n'est à charge ni à soi, ni aux autres; car en dépit de ses amoindrissements, sa raison de vivre éclate. Il n'est pas de ceux qu'on rêve d'expulser. Laissant la place aux jeunes, il la leur rend plus confortable et plus belle; il appuie leurs espoirs et leurs créations neuves aux solides établissements qu'il maintient, plein de sagesse, s'il n'est plus apte à bâtir ni à ouvrir de nouveaux chemins. Aussi est-il récompensé par la vénération et par l'amour; seuls quelques mauvais coeurs le déçoivent. Toutes les vies de patriarches nous montrent autour d'eux un groupe de pieux disciples. Les plus belles et les plus heureuses périodes de l'histoire sont celles où la vieillesse est tenue en honneur et elle-même s'honore; les plus chrétiennes générations et les milieux les plus religieux sont ceux où cette réciprocité est plus active. Cela se comprend; car la vieillesse représente des réalités qui, vénérées et respectées dans la vie du vieillard lui-même, relèvent les moeurs et réchauffent les pensées religieuses. 

   Le vieillard, c'est le sénateur antique, nom illustre, et le presbytre des âges évangéliques, nom de gravité et de douceur . Il figure la paternité, comme les fleuves envahis d'enfants des sculptures romaines; il est l'image de l'autorité, à condition d'en sentir la couronne de vertus. Il préside dans les assemblées; on se lève devant lui comme devant son maître. 

  " Lève-toi devant une tête blanche, dit la Bible, honore le vieillard, crains ton Dieu, je suis Jéhovah." (Lévitique XIX,32)

RP Sertillanges  OP +

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Novembre 2020

 

pour mon petit novice et sa famille,

père abbé et moines de Clear Creek 

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Novembre 2020

 

" Mon être à chaque souffle exhale un peu de moi,

Chaque parole emporte un lambeau de ma vie."

Lamartine. 

 

   Quand je dis: j'ai tant d'années, cela veut donc dire que la mort les a, que moi je ne les ai plus.  Ces années m'ont filé entre les doigts, et j'ai passé ce même nombre de fois sur l'anniversaire anticipé de ma mort, comme sur une pierre tombale. " Ma vie se compose de la perte de mes années", dit saint Grégoire de Naziance, et il suffit que je vive pour mériter de mourir. 

   Le temps est une étrange étoffe: la trame s'accroît à chaque instant; mais l'accroissement en avant provoque un effritement en arrière; l'étoffe s'use en se tissant; elle n'a jamais été qu'un lé transitoire, un lé qui n'en est même pas un, vu que le présent est sans largeur, entre ce qui fut et ce qui n'est pas encore;

   Autour de nous, tout subit cette même loi. Nous ne sommes pas des privilégiés; la mort est équitable. La nature, que les anciens ont appelée de ce mot expressif: natura, la chose qui va naître, peut aussi bien s'appeler celle qui va mourir. La vie des choses est mourante comme la vie des hommes; le fleuve s'écoule en même temps que la barque fuit. La goutte qui tombe du toit silencieusement, le glacier qui croule en avalanche, l'astre qui monte et puis descend, la vague qui se gonfle et retombe, un forgeron qui frappe en cadence, une voiture qui passe et disparait au tournant, le cycle de la journée, de la semaine, des lunaisons, des saisons, l'éphéméride qui s'effeuille et les calendriers qui se succèdent, l'horloge qui bat, tout nous dit: Nous fuyons, nous fuyons, et avec nous - ou plutôt nous avec elles - fuient toutes choses. Nous sommes là, stupéfaits, sur une planète qui branle, en face d'objets qui se déplacent et se transforment incessamment, devant les eaux qui courent, dorment , s'évaporent, retombent, devant tout ce qui recommence après avoir fini, et sous le ciel bleu, sous les nuées qui y frétillent, nous nous sentons sous l'aile de la mort. 

   Cette immense création, dont la durée est si disproportionnée à la nôtre que volontiers nous la croirions vouée à l'éternité, elle aussi est une mortelle. La terre sera portée en terre; l'atmosphère s'épuisera, les eaux seront bues jusqu'à la dernière goutte; les mouvement s'égaliseront; il  y aura un arrêt de l'action, il y aura un enterrement  du monde, un silence, un repos, une retombée définitive de ce qui monte et descend, une chute de la lampe d'or et un brisement de la chaîne du puits, ainsi que dit l'Ecclésiaste. Requiescat in pace, cela se dit de chaque vivant, cela se dira aussi de la planète. Ce monde est un cercueil qui n'est pas tout à fait fermé. 

  Et pourtant, nous sommes immortels. Aux profondeurs des choses, il y a aussi de l'immutabilité. Tout l'empire de la mort est étendu en surface, comme cet empire des vents qui n'agite que sur la mer qu'un rideau liquide. 

   Tout n'est que mort, disais-je; mais tout est mort afin que tout soit vie.

   La fin des fins n'appartient pas à la destruction. La vie meurt et renaît, elle s'élance et retombe; mais ce qui est à la fin, c'est une naissance, et qui ne doit pas mourir. Si à chaque réveil nous courons vers la nuit, de nuit en nuit et de jour en jour nous allons voir le jour, et au total , notre existence n'est pas la course à la mort, mais la course à la vie durable. 

" Haec est victoria quae vincit mundum: fides nostra: la voici, la victoire qui triomphe du monde, dit l'Apôtre, c'est notre foi." ( I Jean V,4) 

   Le monde, de son fait seul, n'a pas de quoi engendrer la vie; nos corps, fragments du monde, n'ont que des soubresauts impuissants; notre âme, si elle quitte Dieu, se perd elle-même et ne peut sauver son conjoint de la ruine universelle; mais notre foi, qui nous lie au Christ-Dieu nous rattache à la vie et nous fait participer de sa puissance. 

   Jésus est mort pour nous racheter de la mort. Il sanctifie et glorifie le trépas en sa personne; ensuite, il nous en fait le don, et c'est un trésor. La réalité universelle ne modifie de ce fait aucune apparence; mais le signe de ses valeurs est changé; tout prend un sens nouveau, et sur l'écriteau de la croix, où tout parait plaider pour la tombe, vient s'inscrire un appel de vie. 

   Qu'importe que nous perdions jour par jour tous nos jours, et avec eux les espoirs qui nous lancèrent pleins de feu dans la courte aventure terrestre! En Jésus-Christ on échappe à la déception; notre mort permanente et notre mort finale, le quotidie morior et son brusque aboutissement sont un gain l'un et l'autre, parce que le Christ est vie " Mihi vivere Christus est mori lucrum" (Philipp. 1,21)

   Quand nous perdons de notre être, il dépend de nous de pouvoir dire avec assurance: il s'accroît; parle-t-on du de son déclin, il approche de sa plénitude; quand l'action nous échappe, ses résultats sont là; quand nous n'arrivons pas, nous arrivons quand même; en mourant , nous vivons; car marchant droit vers Dieu, comme l'oiseau de toile qui court à toute vitesse sur l'aérodrome, nous sentons le ciel qui nous glisse sous les ailes et nous prend. 

   Toute la terre n'est qu'un point dans le vaste univers de l'âme; toute la terre n'est qu'un point au milieu de mon coeur. Que m'importe sa caducité! Je la mesure, je m'y appuie un instant, je l'utilise, mais ne lui appartiens pas. Ma chair est une matière que la nature me prête et sans cesse me retire; elle descend comme un courant d'eau; mais mon âme s'en dégage et monte , comme le feu des anciens qui cherchait les astres. 

   Le temps court et ne s'arrête jamais; mais au-dessous de lui, il y a de l'éternité; car au-dessous de la matière changeante, il y a de l'immutabilité, il y a Dieu. Or Dieu, quand on le saisit, est comme le fond où l'ancre du vaisseau se fixe et défie la houle. On s'éloigne de la mort, en plongeant, par son âme, plus profond.

   Que la foi nous attache à Dieu, que l'espérance nous confirme et consolide en nous les promesses de Dieu, que l'amour fasse du coeur de Dieu et du nôtre un seul coeur: une destinée pareille à la sienne nous est due aussi, et par suite - quelle folle que paraisse une telle conclusion - une pareille mesure d'être. Le vermiceau s'égale au suprême Vivant .

Participants de la nature divine, ainsi que dit saint Pierre (II Petr.1,4) nous devenons participants de sa durée. Nous aussi, nous serons des éternels; nous le serons dès maintenant par le fond et l'essentiel de l'être. La mort, à la surface, affectera seulement ce qui de nous est si peu et que du reste un jour, on saura retirer à son emprise. 

   ... Mourant sans cesse, il faut être sans cesse en état de mourir et sans cesse accepter de mourir. Notre mort est de la part de Dieu une volonté de justice et une volonté d'amour; de notre part, elle doit être une volonté soumise et une volonté filiale. Il faut que ce soit non une fatalité, mais un acte. L'acceptation que nous ferons de ce départ toujours imminent, de ce repas rapide de la vie qui ressemble à la Pâque juive, où l'on mange sans s'asseoir, les reins ceints, le bâton à la main, sous une lampe qui s'éteint elle-même: le soleil , moins vite , hélas que la flamme de nos regards , que l'ardeur de notre sang, c'est une vertu qui n'est pas loin de les contenir toutes; c'est à la fois une purification, un détachement, une lumière sur toute chose, un sentiment de justice, un courage, un amour. 

   Consentir par amour pour Dieu et pour nos frères à ce que tout nous quitte, à ce que nous ne puissions en jouir qu'en passant, n'est-ce pas un sacrifice pareil à celui du Sauveur? C'est comme sa mort à lui, un abandon d'amour, un baptême de désir et de sang, une communion, un martyre . Celui qui trouve en soi de quoi s'y adapter pleinement y peut voir le témoignage d'une charité parfaite; il a le droit de dire pour la mesure de vie comme pour la vie même 

:" Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi.

   L'instant final serait alors tout préparé; ce serait l'un des moments, un moment pour ainsi dire quelconque de cette mort permanente acceptée dont toute l'éternité vient guérir les affres. Nous serions en état de le vivre , ce dernier instant, au lieu de nous le voir arracher. Tant d'êtres n'y sont pas, ne s'en aperçoivent pas, meurent sans le savoir et ne peuvent donc se donner le mérite et la sécurité du suprême passage! Il faut le savoir et le régler, nous, par anticipation. " Par un transport de grâce " , ainsi que dit Pascal, il faut considérer " cet accident " comme tout simple, quoique infiniment grave, comme banal et comme décisif - banal parce qu'il a lieu tout le temps d'une certaine façon, parce qu'il est l'arrivée d'un constant voyage: décisif, parce que, au-delà, il n'y a plus qu'immobilité, heureuse ou terrible.

   Jour de la mort qui englobes tous les jours; jour qui comptes pour chaque jour et qui chaque jour comptes double: pour le temps et pour l'éternité, pour la durée changeante et pour la durée immobile, pour les deux mondes: le visible et au delà l'invisible; jour qui chevauches ainsi sur d'immenses domaines; jour qui enjambes; jour qui sépares et qui relies; jour frontière, sois-moi propice et ne me juge pas d'un jugement sévère. Ton tribunal est toujours en instance dernière; ton autel est toujours dressé pour le sacrifice final; ton espace si réduit et si vaste est le vestibule d'une immensité accueillante ou fatale. Instant secret, instant du mystère, instant qui viendras comme un voleur, a dit le Maître, toi qui termines et qui commences tout, sois pour moi le rendez-vous que Dieu disposa avec amour aux confins des mondes. Que je te prépare sans cesse, que je t'accueille doucement, que je te vive pleinement, que je t'offre méritoirement, que grâce à toi se réalise pour ma destinée ce que prophétise le psaume :" Vous lui avez accordé, Seigneur, le désir de son coeur et vous n'avez pas trompé la demande de ses lèvres.. Il a sollicité la vie et vous lui avez accordé des jours sans fin, durant les siècles des siècles . " Ps. XX, 35)

 

rp Sertillanges OP 

 

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Publié le 7 Novembre 2020

 

 

my friend .. on s'aime bien tous les deux .. ! 

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Publié le 7 Novembre 2020

 

 

 

pour Philippe 

bon appétit ! 

 

Une recette simple pour la cuisine monastique. En l'occurrence, une soupe comme premier plat d'un délicieux menu. La soupe du novice n'est pas simplement une autre soupe, mais c'est une de ces préparations qui, avec sa chaleur, réconfortent non seulement le corps mais aussi l'âme.

Avec des ingrédients simples et austères, mais en prenant soin de chaque détail, les moines et les nonnes cuisinent ces soupes depuis longtemps, y mettant tout leur art, leur paix et leur tranquillité.

Dans son livre La cocina del monasterio, le journaliste spécialisé en gastronomie Antxon Urrusolo raconte qu'il y a bien longtemps ces soupes étaient offertes gratuitement par les frères et moines des couvents et monastères à quiconque frappait à leur porte. Elles étaient connues sous le nom de « soupe boba », parce que c’était une solution peu coûteuse et imaginative, parce qu’elles utilisaient ce que chacun a chez soi, comme du vieux pain, du riz, de l'ail, des oignons ou des restes de la veille.

 

Ingrédients 

2 oeufs 

½ oignon 

2 gousses d'ail 

1 morceau de pain rassis 

De l'huile d'olive 

1 feuille de laurier 

De l'eau 

du sel

 

préparation 

Dans une casserole avec de l'huile chaude, dorer l'oignon et l'ail émincé. 

Ajoutez l'eau, 

la feuille de laurier et le sel. 

Porter à ébullition. 

A ébullition, ajoutez le pain émietté et les œufs préalablement battus. 

Faire bouillir pendant trois minutes. 

Laisse reposer 

Servir.

 

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Publié le 7 Novembre 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 6 Novembre 2020

 

 

 

 

 

 

De profundis clamavi ad te, Domine, Domine, exaudi vocem meam.

Fiant aures tuæ intendentes in vocem deprecationis meæ.

Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit ?

Quia apud te propitiatio est, et propter legem tuam sustinui te, Domine.

Sustinuit anima mea in verbo ejus, speravit anima mea in Domino.

A custodia matutina usque ad noctem, speret Israël in Domino.

Quia apud Dominum misericordia, et copiosa apud eum redemptio.

Et ipse redimet Israël ex omnibus iniquitatibus ejus.

Requiem aeternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis.

 

 Amen.

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