Publié le 14 Mars 2016

 

 

Les samedi 19 et dimanche 20 mars l’Action chrétienne des étudiants russes- Mouvement de jeunesse orthodoxe (Acer-Mjo) organise en la paroisse Saint-Séraphin de Sarov – située 91, rue Lecourbe, Paris 15ème deux journées consacrées à sainte Marie de Paris

Le jeudi 31 mars à 11h15 (jour anniversaire de sa mort à Ravensbrück le 31 mars 1945 et 125e anniversaire de sa naissance) aura lieu la cérémonie officielle de l’inauguration de la rue « Mère Marie Skobtsov » . Cette rue créée récemment est située au niveau du 84 rue de Lourmel Paris 15ème, presqu’en face du 77 rue de Lourmel où résidait Mère Marie

 

 

orthodoxie.

 

nous envoyons le parisien en reportage, et aussi ..  pour nous trouver  une petite russe... !

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 13 Mars 2016

 

 

 

 

pour le parisien, elles étaient plus appétissantes aujourd'hui ! 

c'est de la confiture d'Itxassou , ils disent pas . mais bon . trop chauvins les russes. ils appellent ça варенье Москва ! mon oeil !

 

dire que j'ai rêvé de Nikita ... alalala

 

 

 

nous avons une pensée pour tous nos amis .

Saint carême 2016

 

 

 

nos amis fêtent saint Benoît

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 13 Mars 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 13 Mars 2016

 

 

 

Hódie, si vocem Dómini audiéritis, * Nolíte obduráre corda vestra.Aujourd’hui si vous entendez la voix du Seigneur, * N’endurcissez pas vos cœurs.

règle de st Benoît

 

La sainte Église débute aujourd’hui, à l’Office de la nuit, par ces graves paroles du Roi-Prophète. Autrefois les fidèles se faisaient un devoir d’assister au service nocturne, au moins les jours de Dimanches et de Fêtes ; ils tenaient à ne rien perdre des profonds enseignements que donne la sainte Liturgie. Mais, depuis bien des siècles, la maison de Dieu n’a plus été fréquentée avec cette assiduité qui faisait la joie de nos pères ; et peu à peu le clergé a cessé de célébrer publiquement des offices qui n’étaient plus suivis. Hors des Chapitres et des Monastères, on n’entend plus retentir l’ensemble si harmonieux de la louange divine ; et les merveilles de la Liturgie ne sont plus connues du peuple chrétien que d’une manière incomplète. C’est pour nous une raison de présenter à l’attention de nos lecteurs certains traits des divins Offices, qui autrement seraient pour eux comme s’ils n’existaient pas. Aujourd’hui, quoi de plus propre à les émouvoir que ce solennel avertissement que l’Église emprunte à David pour nous l’adresser, et qu’elle répétera chaque matin, jusqu’au jour de la Cène du Seigneur ? Pécheurs, nous dit-elle, en ce jour où commence à se faire entendre la voix plaintive du Rédempteur, ne soyez pas assez ennemis de vous-mêmes pour laisser vos cœurs dans l’endurcissement. Le Fils de Dieu s’apprête à vous donner la dernière et la plus vive marque de cet amour qui l’a porté à descendre du ciel ; sa mort est proche : on prépare le bois pour l’immolation du nouvel Isaac ; rentrez donc en vous-mêmes, et ne permettez pas que votre cœur, ému peut-être un instant, retourne à sa dureté ordinaire. Il y aurait à cela le plus grand des périls. Ces touchants anniversaires ont la vertu de renouveler les âmes dont la fidélité coopère à la grâce qui leur est offerte ; mais ils accroissent l’insensibilité chez ceux qui les voient passer, sans convertir leurs âmes. « Si donc aujourd’hui vous entendez la voix du Seigneur, n’endurcissez pas vos cœurs. »

 

Durant les semaines qui ont précédé, nous avons vu monter chaque jour la malice des ennemis du Sauveur. Sa présence, sa vue même les irrite, et l’on sent que cette haine concentrée n’attend que le moment d’éclater. La bonté, la douceur de Jésus continuent d’attirer à lui les âmes simples et droites ; en même temps que l’humilité de sa vie et l’inflexible pureté de sa doctrine repoussent de plus en plus le Juif superbe qui rêve un Messie conquérant, et le pharisien qui ne craint pas d’altérer la loi de Dieu, pour en faire l’instrument de ses passions. Cependant Jésus continue le cours de ses miracles ; ses discours sont empreints d’une énergie nouvelle ; ses prophéties menacent la ville et ce temple fameux dont il ne doit pas rester pierre sur pierre. Les docteurs de la loi devraient du moins réfléchir, examiner ces œuvres merveilleuses qui rendent un si éclatant témoignage au fils de David, et relire tant d’oracles divins accomplis en lui jusqu’à cette heure avec la plus complète fidélité. Hélas ! Ces prophétiques oracles, ils s’apprêtent à les accomplir eux-mêmes jusqu’au dernier iota. David et Isaïe n’ont pas prédit un trait des humiliations et des douleurs du Messie que ces hommes aveugles ne s’empresseront de réaliser.

En eux s’accomplit donc cette terrible parole : « Celui qui aura blasphémé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle futur . » La synagogue court à la malédiction. Obstinée dans son erreur, elle ne veut rien écouter, rien voir ; elle a faussé à plaisir son jugement : elle a éteint en elle la lumière de l’Esprit-Saint ; et on la verra descendre tous les degrés de l’aberration jusqu’à l’abîme. Lamentable spectacle que l’on retrouve encore trop souvent de nos jours, chez ces pécheurs qui, à force de résister à la lumière de Dieu, finissent par trouver un affreux repos dans les ténèbres ! Et ne soyons pas étonnés de rencontrer en d’autres hommes les traits que nous observons dans les coupables auteurs de l’effroyable drame qui va s’accomplir à Jérusalem. L’histoire de la Passion du Fils de Dieu nous fournira plus d’une leçon sur les tristes secrets du cœur humain et de ses passions. Il n’en saurait être autrement : car ce qui se passe à Jérusalem se renouvelle dans le cœur de l’homme pécheur. Ce cœur est un Calvaire sur lequel, selon l’expression de l’Apôtre, Jésus-Christ est trop souvent crucifié. Même ingratitude, même aveuglement, même fureur ; avec cette différence que le pécheur, quand il est éclairé des lumières de la foi, connaît celui qu’il crucifie, tandis que les Juifs, comme le dit encore saint Paul, ne connaissaient pas comme nous ce Roi de gloire que nous attachons à la croix. En suivant les récits évangéliques qui vont, jour par jour, être mis sous nos yeux, que notre indignation contre les Juifs se tourne donc aussi contre nous-mêmes et contre nos péchés. Pleurons sur les douleurs de notre victime, nous dont les fautes ont rendu nécessaire un tel sacrifice.

En ce moment, tout nous convie au deuil. Sur l’autel, la croix elle-même a disparu sous un voile sombre ; les images des Saints sont couvertes de linceuls ; l’Église est dans l’attente du plus grand des malheurs. Ce n’est plus de la pénitence de l’Homme-Dieu qu’elle nous entretient ; elle tremble à la pensée des périls dont il est environné. Nous allons lire tout à l’heure dans l’Évangile que le Fils de Dieu a été sur le point d’être lapidé comme un blasphémateur ; mais son heure n’était pas venue encore. Il a dû fuir et se cacher. C’est pour exprimer à nos yeux cette humiliation inouïe du Fils de Dieu que l’Église a voilé la croix. Un Dieu qui se cache pour éviter la colère des hommes ! Quel affreux renversement ! Est-ce faiblesse, ou crainte de la mort ? La pensée en serait un blasphème ; bientôt nous le verrons aller au-devant de ses ennemis. En ce moment, il se soustrait à la rage des Juifs, parce que tout ce qui a été prédit de lui ne s’est pas encore accompli. D’ailleurs ce n’est pas sous les coups de pierres qu’il doit expirer ; c’est sur l’arbre de malédiction, qui deviendra dès lors l’arbre de vie. Humilions-nous, en voyant le Créateur du ciel et de la terre réduit à se dérober aux regards des hommes, pour échapper à leur fureur. Pensons à cette lamentable journée du premier crime, où Adam et Ève, coupables, se cachaient aussi, parce qu’ils se sentaient nus. Jésus est venu pour leur rendre l’assurance par le pardon : et voici qu’il se cache lui-même ; non parce qu’il est nu, lui qui est pour ses saints le vêtement de sainteté et d’immortalité ; mais parce qu’il s’est rendu faible, afin de nous rendre notre force. Nos premiers parents cherchaient à se soustraire aux regards de Dieu ; Jésus se cache aux yeux des hommes ; mais il n’en sera pas toujours ainsi. Le jour viendra où les pécheurs, devant qui il semble fuir aujourd’hui, imploreront les rochers et les montagnes, les suppliant de tomber sur eux et de les dérober à sa vue ; mais leur vœu sera stérile, et « ils verront le Fils de l’homme assis sur les nuées du ciel, dans une puissante et souveraine majesté»

Ce dimanche est appelé Dimanche de la Passion, parce que l’Église commence aujourd’hui à s’occuper spécialement des souffrances du Rédempteur. On le nomme aussi Dimanche Judica, du premier mot de l’Introït de la messe ; enfin Dimanche de la Néoménie, c’est-à-dire de la nouvelle lune pascale, parce qu’il tombe toujours après la nouvelle lune qui sert à fixer la fête de Pâques.

Dans l’Église grecque, ce Dimanche n’a pas d’autre nom que celui de cinquième Dimanche des saints jeûnes.

dom guéranger.

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 13 Mars 2016

 

Nous recevons la souffrance comme une peine, une marque du péché originel que nous aspirons à tenir loin de nous-mêmes et des autres. Et c'est légitime, et c'est louable (ce sont les "oeuvres de miséricorde")

Néanmoins, toute souffrance ne peut être totalement évacuée de notre vie d'homme, quels que soient nos efforts et ceux du prochain.

Et c'est alors qu'il faut recevoir ce rayon de lumière qui vient de la croix et regarder la souffrance, lorsqu'elle s'impose à nous, avec le regard même du Christ.

" Ne te rebelle pas, n'incrimine pas mon Père qui n'est pour rien dans la souffrance qui te frappe: Je t'ai aimé jusque-là et bien au-delà, gratuitement, librement; m'accompagneras-tu sur ce chemin?"

 

Jésus, mystérieusement, n'est pas venu éliminer toute souffrance mais il est venu l'illumiiner. Il n'a pas souhaité faire un retour au paradis orignel, car Dieu entend respecter le choix de l'homme, jusque dans ses douloureuses conséquences. Le Christ a voulu, en revanche, descendre tout au fond du mal, pour y porter sa Lumière.

Comme un plongeur qui irait enfouir une charge explosive tout au fond du domaine de l'ennemi, le Christ a placé la charge de son amour au coeur de la souffrance humaine.

 

abbé Jean-Baptiste Moreau fssp.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 13 Mars 2016

 

O mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour
Et la blessure est encore vibrante,
O mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour.

Voici mon sang que je n'ai pas versé,
Voici ma chair indigne de souffrance,
Voici mon sang que je n'ai pas versé.

Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain
Pour palpiter aux ronces du Calvaire,
Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain.

Voici mes yeux, luminaires d'erreurs
Pour être éteints aux pleurs de la prière,
Voici mes yeux, luminaires d'erreurs.

Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon,
Quel est le puits de mon ingratitude,
Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon.

Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur,
Toutes mes peurs, toutes mes ignorances,
Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur.

Vous connaissez tout cela, tout cela
Et que je suis plus pauvre que personne,
Vous connaissez tout cela, tout cela.

Mais ce que j'ai, mon Dieu, je vous le donne.


Paul Verlaine

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 12 Mars 2016

Rédigé par Philippe

Publié dans #divers

Repost0

Publié le 12 Mars 2016

 

En cette année exceptionnelle pour nos communautés , nous offrons cette neuvaine 

pour notre père Abbé,  les moines de Fontgombault

et de Wisques.

 

ps; je ne sais pas si la fête est reportée, vu qu'elle tombe en pleine semaine sainte. Saint Joseph a plus de chance !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 12 Mars 2016

 

 

 

Je reviendrai aujourd'hui, à l'occasion de notre rencontre du mercredi, sur la figure extraordinaire du Pape Grégoire le Grand, pour tirer quelques lumières supplémentaires de la richesse de son enseignement. Malgré les multiples engagements liés à sa fonction d'évêque de Rome, il nous a laissé de nombreuses œuvres, auxquelles l'Eglise a puisé à pleines mains au cours des siècles suivants. Outre ses nombreuses lettres - le Registre que j'ai mentionné dans la dernière catéchèse contient plus de 800 lettres - il nous a surtout laissé des écrits à caractère exégétique, parmi lesquels se distinguent le Commentaire moral à Job - célèbre sous son titre latin de Moralia in Iob -, les Homélies sur Ezéchiel et les Homélies sur les Evangiles. Il y a aussi une importante œuvre de caractère hagiographique, les Dialogues, écrite par Grégoire pour l'édification de la reine lombarde Théodelinde. L'œuvre principale et la plus célèbre est sans aucun doute la Règle pastorale, que le Pape rédigea au début de son pontificat dans le but précis de présenter un programme.

En passant rapidement ces œuvres en revue, nous devons tout d'abord noter que, dans ses écrits, Grégoire ne se montre jamais préoccupé de tracer une doctrine qui soit "la sienne", qui soit originale. Il entend plutôt se faire l'écho de l'enseignement traditionnel de l'Eglise, il veut simplement être la bouche du Christ et de son Eglise, sur le chemin qu'il faut parcourir pour arriver à Dieu. Ses commentaires exégétiques sont exemplaires à ce propos. Il fut un lecteur passionné de la Bible, dont il s'approcha avec des intentions qui n'étaient pas simplement spéculatives:  il pensait que le chrétien ne devait pas tellement tirer des connaissances théoriques de l'Ecriture Sainte, mais plutôt la nourriture quotidienne pour son âme, sa vie d'homme dans ce monde. Dans ses Homélies sur Ezéchiel, par exemple, il insiste fortement sur cette fonction du texte sacré:  approcher l'Ecriture uniquement pour satisfaire son propre désir de connaissance signifie céder à la tentation de l'orgueil et s'exposer ainsi au risque de glisser dans l'hérésie. L'humilité intellectuelle est la première règle pour celui qui cherche à pénétrer les réalités surnaturelles en partant du livre sacré. L'humilité n'exclut pas du tout, bien sûr, l'étude sérieuse; mais si l'on veut que celle-ci soit spirituellement bénéfique, en permettant d'entrer réellement dans la profondeur du texte, l'humilité demeure indispensable. Ce n'est qu'avec cette attitude intérieure que l'on écoute réellement et que l'on perçoit enfin la voix de Dieu. D'autre part, lorsqu'il s'agit de la Parole de Dieu, comprendre n'est rien, si la compréhension ne conduit pas à l'action. Dans ces Homélies sur Ezéchiel on trouve également cette belle expression selon laquelle "le prédicateur doit tremper sa plume dans le sang de son cœur; il pourra ainsi arriver également jusqu'à l'oreille de son prochain". En lisant ses homélies on voit que Grégoire a réellement écrit avec le sang de son cœur et c'est la raison pour laquelle il nous parle encore aujourd'hui.

Grégoire développe également ce discours dans le Commentaire moral à Job. Suivant la tradition patristique, il examine le texte sacré dans les trois dimensions de son sens:  la dimension littérale, la dimension allégorique et la dimension morale, qui sont des dimensions du sens unique de l'Ecriture Sainte. Grégoire attribue toutefois une nette priorité au sens moral. Dans cette perspective, il propose sa pensée à travers plusieurs binômes significatifs - savoir-faire, parler-vivre, connaître-agir - dans lesquels il évoque deux aspects de la vie humaine qui devraient être complémentaires, mais qui finissent souvent par être antithétiques. L'idéal moral, commente-t-il, consiste toujours à réaliser une intégration harmonieuse entre la parole et l'action, la pensée et l'engagement, la prière et le dévouement aux devoirs de son propre état:  telle est la route pour réaliser cette synthèse grâce à laquelle le divin descend dans l'homme et l'homme s'élève jusqu'à l'identification avec Dieu. Le grand Pape trace ainsi pour le croyant authentique un projet complet de vie; c'est pourquoi le Commentaire moral à Job constituera au cours du Moyen-âge une sorte de Summa de la morale chrétienne.

D'une grande importance et d'une grande beauté sont également les Homélies sur les Evangiles. La première d'entre elles fut tenue dans la basilique Saint-Pierre au cours du temps de l'Avent de 590 et donc quelques mois après son élection au pontificat; la dernière fut prononcée dans la basilique Saint-Laurent, lors du deuxième dimanche de Pentecôte de 593. Le Pape prêchait au peuple dans les églises où l'on célébrait les "stations" - des cérémonies de prière particulières pendant les temps forts de l'année liturgique - ou les fêtes des martyrs titulaires. Le principe inspirateur, qui lie les diverses interventions ensemble, peut être synthétisé dans le terme "praedicator":  non seulement le ministre de Dieu, mais également chaque chrétien, a la tâche de devenir le "prédicateur" de ce dont il a fait l'expérience en lui-même, à l'exemple du Christ qui s'est fait homme pour apporter à tous l'annonce du salut. L'horizon de cet engagement est l'horizon eschatologique:  l'attente de l'accomplissement en Christ de toutes les choses est une pensée constante du grand Pontife et finit par devenir un motif  inspirateur  de  chacune  de  ses pensées et de ses activités. C'est de là que naissent ses rappels incessants à la vigilance et à l'engagement dans les bonnes œuvres.

Le texte peut-être le plus organique de Grégoire le Grand est la Règle pastorale, écrite au cours des premières années de pontificat. Dans celle-ci, Grégoire se propose de tracer la figure de l'évêque idéal, maître et guide de son troupeau. Dans ce but, il illustre la gravité de la charge de pasteur de l'Eglise et les devoirs qu'elle comporte:  c'est pourquoi, ceux qui n'ont pas été appelés à cette tâche ne doivent pas la rechercher avec superficialité, et ceux qui en revanche l'ont assumée sans la réflexion nécessaire doivent sentir naître dans leur âme une juste inquiétude. Reprenant un thème privilégié, il affirme que l'évêque est tout d'abord le "prédicateur" par excellence; comme tel il doit être, en premier lieu, un exemple pour les autres, de manière à ce que son comportement puisse constituer un point de référence pour tous. Une action pastorale efficace demande ensuite qu'il connaisse ses destinataires et qu'il adapte ses interventions à la situation de chacun:  Grégoire s'arrête pour illustrer les différentes catégories de fidèles avec des annotations judicieuses et précises, qui peuvent justifier l'évaluation de ceux qui ont également vu dans cette œuvre un traité de psychologie. On comprend à partir de cela qu'il connaissait réellement son troupeau et parlait de tout avec les personnes de son temps et de sa ville.

Ce grand Pape insiste cependant sur le devoir que le pasteur a de reconnaître chaque jour sa propre pauvreté, de manière à ce que l'orgueil ne rende pas vain, devant les yeux du Juge suprême, le bien accompli. C'est pourquoi le chapitre final de la Règle est consacré à l'humilité:  "Lorsqu'on se complaît d'avoir atteint de nombreuses vertus, il est bon de réfléchir sur ses propres manquements et de s'humilier:  au lieu de considérer le bien accompli, il faut considérer celui qu'on a négligé d'accomplir". Toutes ces précieuses indications démontrent la très haute conception que saint Grégoire se fait du soin des âmes, qu'il définit "ars artium", l'art des arts. La Règle connut un grand succès, au point que, chose plutôt rare, elle fut rapidement traduite en grec et en anglo-saxon.

Son autre œuvre, les Dialogues, est également significative. Dans celle-ci, s'adressant à son ami et diacre Pierre, qui était convaincu que les mœurs étaient désormais tellement corrompues que la naissance de saints n'était plus possible comme par les époques passées, Grégoire démontre le contraire:  la sainteté est toujours possible, même dans les temps difficiles. Il le prouve en racontant la vie de personnes contemporaines ou disparues depuis peu, que l'on pouvait tout à fait qualifier de saintes, même si elles n'avaient pas été canonisées. Le récit est accompagné par des réflexions théologiques et mystiques qui font du livre un texte hagiographique particulier, capable de fasciner des générations entières de lecteurs. La matière est tirée des traditions vivantes du peuple et a pour but d'édifier et de former, en attirant l'attention de celui qui lit sur une série de questions telles que le sens du miracle, l'interprétation de l'Ecriture, l'immortalité de l'âme, l'existence de l'enfer, la représentation de l'au-delà, des thèmes qui avaient besoin d'éclaircissements opportuns. Le livre II est entièrement consacré à la figure de Benoît de Nursie et est l'unique témoignage antique sur la vie du saint moine, dont la beauté spirituelle paraît dans ce texte avec une grande évidence.

Dans le dessein théologique que Grégoire développe dans ses œuvres, passé, présent et avenir sont relativisés. Ce qui compte le plus pour lui est le cours tout entier de l'histoire salvifique, qui continue  à  se  dérouler  parmi  les  obscures méandres du temps. Dans cette perspective, il est significatif qu'il insère l'annonce de la conversion des Angles au beau milieu du Commentaire moral  à Job:  à ses yeux, l'événement constituait une avancée du royaume de Dieu dont parle l'Ecriture; il pouvait donc à juste titre être mentionné dans le commentaire d'un livre sacré. Selon lui, les guides des communautés chrétiennes doivent sans cesse s'engager à relire les événements à la lumière de la parole de Dieu:  c'est dans ce sens que le grand Pape ressent le devoir d'orienter les pasteurs et les fidèles sur l'itinéraire spirituel d'une lectio divina éclairée et concrète, inscrite dans le contexte de sa propre vie.

Avant de conclure, il est juste de prononcer un mot sur les relations que le Pape  Grégoire  cultiva  avec  les  patriarches d'Antioche, d'Alexandrie et de Constantinople elle-même. Il se soucia toujours d'en reconnaître et d'en respecter les droits, en se gardant de toute interférence qui en limitât l'autonomie légitime. Si toutefois saint Grégoire, dans le contexte de sa situation historique, s'opposa au titre d'"oecuménique"  que  voulait  le  Patriarche  de Constantinople, il ne le fit pas pour limiter ou nier cette autorité légitime, mais parce qu'il était préoccupé par l'unité fraternelle de l'Eglise universelle. Il le fit surtout en raison de sa profonde conviction que l'humilité devrait être la vertu fondamentale de tout évêque, et plus encore d'un Patriarche. Grégoire était resté un simple moine dans son cœur, et c'est pourquoi il était absolument contraire aux grands titres. Il voulait être - telle est son expression - servus servorum Dei. Ce terme forgé par lui n'était pas dans sa bouche une formule pieuse, mais la manifestation véritable de son mode de vivre et d'agir. Il était intimement frappé par l'humilité de Dieu, qui en Christ s'est fait notre serviteur, qui a lavé et lave nos pieds sales. Par conséquent, il était convaincu que notamment un évêque devrait imiter cette humilité de Dieu et suivre ainsi le Christ. Son désir fut véritablement de vivre en moine, dans un entretien constant avec la Parole de Dieu, mais par amour de Dieu il sut se faire le serviteur de tous à une époque pleine de troubles et de souffrances, se faire "serviteur des serviteurs". C'est précisément parce qu'il le fut qu'il est grand et qu'il nous montre également la mesure de la vraie grandeur.

 

Benoît xvI

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 11 Mars 2016

Les étendards du Roi s’avancent,
et la Lumière de la Croix resplendit,
à laquelle pend dans sa chair
le Créateur de la chair.

 

Achevé par la funeste pointe
d’une lance il laisse
couler l’eau et la sang
afin de nous laver de notre crime.

 

Voici qu’est accompli ce que chantait
David dans les psaumes de sa foi,
disant : parmi les nations
Dieu a régné par le bois.

 

Choisi comme potence,
honoré de la pourpre du Roi,
cet arbre porte les membres sacrés
comme une décoration resplendissante.

 

Bienheureux arbre dont les branches
supportent pendu le salut de ce siècle :
en échange de ce corps
l’Enfer a été dépouillé.

 

Salut ô Croix, unique espérance
dans la gloire de ton triomphe !
Offre la grâce aux hommes pieux,
et détruis les crimes des méchants.

 

C’est Toi, Trinité source de notre salut,
que loue tout esprit :
par le mystère de la Croix
tu nous sauves et tu nous guéris.

Amen.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0