Publié le 13 Novembre 2013

Rédigé par philippe

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Publié le 11 Novembre 2013

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vin de Gaussan  _  Gâteaux basques - _ FROMAGES DE Donezan et brebis de Belloc + un petit champagne HENRIOT !  un petit Izarra quand même ? une petite liqueur de chez Brana ? ... (pour les experts ! ) 

 

... , et st Benoît dit "non merci  ! ça va comme ça ! soeur Scholastique semble fatiguée !!! "

bonne fête à tous les moines

et moniales.. ....

 

 

priez pour nous !  pour notre père abbé et pour tous  les moines de Wisques. 

 

1ères Vêpres.

 

 

Nous vous saluons, paisibles habitants

Des solitudes et du cloître,

Vainqueurs des cruelles armées

De l'enfer déchaîné.

 

Les joyaux, les monceaux d'or,

Les dignités les plus hautes,

Vos pieds les ont foulés, avec les joies impures

Que le monde peut offrir

 

Vous avez eu pour nourriture

Des herbes ou des légumes,

De l'eau pure pour breuvage,

La terre nue pour couchette.

 

Vous avez vécue parmi les serpents,

Et avec les dragons cruels;

Et les apparitions les plus funèbres des démons

N'ont pu vous faire trembler.

 

Bien loin des choses de ce monde

En sa ferveur votre âme s'envolait,

Et, s'unissant aux choeurs des bienheureux,

Demeurait fixée au ciel

 

 

+

 

Que toute l'assemblée des fidèles se réjouisse de la gloire accordée à notre auguste Père Benoît et à tous ceux qui ont marché sur ses traces; que les phalanges des moines surtout se livrent à la joie de célébrer sur terre la fête de ceux que les Saint sont heureux d'avoir pour compagnons dans le ciel.

 

 

vive les moines !

 

 

+

 

 

 


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Rédigé par philippe

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Publié le 11 Novembre 2013

http://www.lanouvellerepublique.fr/var/nrv2/storage/images/contenus/articles/2013/11/08/fontgombault-l-empreinte-des-moines-1679532/31331280-1-fre-FR/Fontgombault-l-empreinte-des-moines_image_article_large.jpg

 

le sourire monastique ... ! rebonjour mon père !!!  ... Le père-abbé Pateau, supérieur du monastère, et le père Trémolet de Villers, conseiller municipal. - si je pouvais vous avoir comme père spi, un de nos bons pères hôteliers  ! 

trop belle la photo .. ! un peu de soleil ! la gentillesse incarnée.. merci pour tout .ça c'est ma classe !


ça me change d'ici , quel contraste,  tiens ! ici c'est comme les dentiers pour chiens !!!! 

vous me manquez trop beaucoup. snif.. ! on est bien si seul .."Vous avez vécue parmi les serpents, Et avec les dragons cruels;

  " depuis deux  ans et demie, trois oh que  oui ! et c'était un 11 Novembre ! on a beaucoup souffert, mais qu'importe..


 

 

 

 

  et vivent les moines !


 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 11 Novembre 2013

Rédigé par philippe

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Publié le 8 Novembre 2013

 

 

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http://www.infobretagne.com/images/abbaye-kergonan-delatte.jpg

 

 

13 Novembre: tous les saints bénédictins.

 

 

 

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La science contemporaine nous dit: "Personne n'est venu raconter aux humains ce qui se passe au-delà des sombres régions de la mort."

 

La foi nous dit:" Celui qui vient du ciel surpasse tous les maîtres. Il nous a parlé et il a rendu témoignage de ce qu'il a vu et entendu dans un autre monde"  (Joan, cap III,31,32)

 

Vous le connaissez ce maître suprême dont la parole retentit aujourd'hui jusqu'aux extrémités de l'univers. Fils de Dieu et fils de l'homme, éternel habitant du ciel et pèlerin de trente-trois années sur cette terre, Jésus a prouvé la divinité de sa nature et de sa mission par d'incomparables merveilles. Sa révélation a coupé court aux sinistres aventures de la raison dévoyée, et corrigé les espérances trop grossières du peuple auquel était confié le dépôt sacré de la vérité.

 

Ecoutez-le: - il n'annonce pas à l'homme une nouvelle destinée, mais il le replace, avec une autorité souveraine, dans la direction de l'éternité qui l'attend. Il inaugure sa vie publique par cette célèbre parole qui va droit aux instincts de bonheur dont la nature humaine est tourmentée:

 

"Beati, Bienheureux! - Bienheureux les pauvres en esprit, parce que le royaume des cieux leur appartient! Bienheureux les doux, parce qu'ils possèderont la véritable terre de promission: le ciel! Bienheureux ceux qui pleurent en ce monde, parce qu'ils seront consolés dans un monde meilleur! Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'un jour ils seront rassasiés! Bienheureux les miséricordieux parce qu'ils obtiendront miséricorde! Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, parce qu'ils verront Dieu! Bienheureux les pacifiques parce qu'ils seront appelés là-haut les enfants de Dieu! Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux est à eux! Bienheureux vous qui êtes maudits et persécutés, réjouissez-vous et triomphez, parce que votre récompense est grande dans les cieux. "

 

Tout cela veut dire, Messieurs, ne tenez aucun compte de la vie présente, vous qui cherchez le bonheur; ni ses biens, ni ses joies ne peuvent vous satisfaire.

 

Le bonheur est dans les cieux où Dieu règne, et où il fait régner avec lui ceux qui ont traversé le monde terrestre sans y fixer leurs désirs.

 

Le royaume des cieux, voilà la vie!

 

la vraie vie pour laquelle il faut tout sacrifier; dût-on couper ses membres, car il vaut mieux y entrer mutilé que d'être précipité tout entier en enfer.

 

Y entrer c'est sauver son âme, et sauver son âme c'est tout; car si on venait à la perdre, la possession de l'univers ne servirait à rien.

 

Le fils de Dieu a les paroles de la vie; il est venu pour annoncer et promettre la vie; il est la voie qui conduit à la vie. Mais la porte de la vie est gardée, non plus par ces êtres fabuleux et ces juges corruptibles que l'imagination avait inventés, mais par Dieu lui-même, qui jugera les humains et fera le discernement de ceux qu'ils doit récompenser et de ceux qu'il doit punir..

 

La vie future, le royaume des cieux est un champ où se trouve caché un trésor, et pour l'acquisition duquel on vend tout ce que l'on possède; c'est un festin nuptial auquel tout le monde est convié; c'est une fête joyeuse dans laquelle le maître lui-même prodigue ses caresses et ses soins aux serviteurs vigilants; c'est une place forte qu'il faut emporter d'assaut par de courageux et violents efforts.

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Rédigé par R.P Monsabré OP

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Publié le 7 Novembre 2013

 

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Notre-Dame du Bien-Mourir, Mère de Jésus et notre Mère, c'est avec la simplicité des petits enfants que nous venons à vous pour vous confier nos derniers instants et notre mort.

 

Avec Jésus vous avez assisté saint Joseph, votre époux, lors de son trépas; au pied de la croix vous avez reçu le dernier soupir de notre Sauveur, votre divin Fils; désormais, nous en avons l'assurance, vous êtes auprès de chacun de vos enfants, avec la sollicitude de votre coeur maternel, pour lui faire franchir le seuil de la mort et l'introduire dans l'éternité.

 

 

Mais pour que nous puissions affronter dans la paix cette ultime épreuve, si rude à notre nature, soyez aussi pour nous Notre-Dame du Bien-Vivre.

Aidez-nous, nous vous en supplions, à demeurer fidèles, jour après jour, aux engagements de notre baptême, aux enseignements de la foi, à la pratique de la charité.

Pour y parvenir nous nous appuyons, avec la certitude de l'espérance qui ne déçoit pas, sur votre intercession toute puissante.

 

 

Notre-Dame du Bien-Mourir, recevez déjà notre action de grâce que nous vous redirons éternellement, et daignez continuer " à prier pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort ".

 

Amen.

 

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 7 Novembre 2013

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Les habitants de ce village de l’Indre s’insurgent contre une délibération et les arguments du conseil municipal qui refuse de marier les couples homosexuels.

 

Manon est « scandalisée ». Comme les trois cents habitants de Fontgombault, dans l'est de l'Indre, elle a reçu, dans sa boîte aux lettres, hier matin, le compte rendu de la dernière réunion du conseil municipal de son village, le 24 octobre. Arrivée, au paragraphe VIII, elle prend connaissance d'une délibération stipulant que « le maire (Jacques Tissier) et ses adjoints, ainsi que tous les conseillers » qui l'ont votée, soit sept sur dix (deux abstentions, un contre), « démissionneront […] dans le cas où ils seraient contraints de procéder » à un mariage de deux personnes de même sexe.

 

" Loi naturelle supérieure aux lois humaines "

 

Le conseil municipal de Fontgombault considère qu'il existe « une loi naturelle, supérieure aux lois humaines » et que deux personnes homosexuelles, « radicalement incapables de procréer un être humain », sont incapables « de l'éduquer à titre de parents ». « Je trouve ça ignoble », s'indigne Manon. Dans un courrier adressé à La Nouvelle République, un autre Fontgombaldien évoque « des propos qui dépassent l'entendement ». Il appelle les couples homosexuels à « venir habiter dans notre commune et se marier », pour provoquer la démission du maire, Jacques Tissier. Car « tout le monde en a ras le bol, hurle l'auteur de la lettre, Frédérique. Chacun est libre d'être pour ou contre le mariage homosexuel. C'est la formulation qui me choque. »


Jacques Tissier a refusé de commenter, se contentant de dire que « les gens qui ne sont pas d'accord avec moi peuvent venir me voir à la mairie ». En septembre 2012, en plein débat sur le mariage pour tous, le maire de Fontgombault avait provoqué un tollé après avoir déclaré : « Hors de question de marier les pédés ! » Jacques Tissier n'a jamais caché ses croyances religieuses. La délibération du 24 octobre mentionne « d'autres raisons de conscience et de religion ». En janvier 2010, au terme de sa cérémonie de vœux, il avait invité ses administrés à prier pour les victimes du séisme en Haïti, prononçant, devant une partie de l'assemblée médusée, un « Notre Père » et un « Je vous salue Marie ».

« Un conseil municipal doit être laïc », poursuit Frédérique. Pour répondre à ses multiples « dérapages », elle et d'autres habitants de Fontgombault souhaitent se rassembler au sein d'un collectif. « Dans cette commune, depuis tout le temps, la différence est mal venue. » Ils veulent que cela cesse.

 

 

 

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Comme dans toutes les villes de France, les habitants de Fontgombault reçoivent le compte rendu du conseil municipal. La délibération qu'ils y ont trouvée a provoqué leur colère : le conseil municipal refuse de marier les couples homosexuels au nom d'une "loi naturelle supérieure aux lois humaines".

 

Les trois cents habitants du village de l'est de l'Indre se mobilisent contre leur maire, Jacques Tissier, révèle La Nouvelle République. Ce dernier, accompagné de "ses adjoints, ainsi que tous les conseillers […] démissionneront […] dans le cas où ils seraient contraints de procéder" à un mariage de deux personnes de même sexe.

Appel aux homosexuels d'emménager à Fontgombault

 

En effet, le conseil municipal de Fontgombault considère que les couples homosexuels sont "radicalement incapables de procréer un être humain" et par voie de conséquence, "de l'éduquer à titre de parents". Des propos homophobes qui indignent les administrés qui appellent les couples homosexuels à "venir habiter dans notre commune et se marier".

 

Jacques Tissier a refusé de commenter. Mais ce maire avait déjà fait parler de lui en septembre 2012, en plein débat sur le mariage pour tous, en déclarant : "Hors de question de marier les pédés !" Ce catholique avait également, lors de ses vœux, invité ses administrés à prier pour les victimes du séisme en Haïti. Un dérapage mal accepté par certains de ses concitoyens qui rappellent qu'un "conseil municipal doit être laïc", comme la République.

 

 

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Une abbaye bien implantée dans la vie de Fontgombault

Soixante-dix moines résident à l'abbaye Notre-Dame, à Fontgombault, soit un tiers des électeurs de la commune. Deux moines bénédictins siègent d'ailleurs au Conseil municipal. Le Père Abbé Pateau, supèrieur du monastère, soutient la délibération et s'étonne même de la polémique, contestant que quiconque soit tenu de poser un acte qui puisse aller contre sa conscience. Il assure que si les moines sont influencés par leurs convictions, "ils n'ont pas voté en tant que chrétiens mais en tant qu'habitants de Fontgombault".

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 6 Novembre 2013

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14 novembre: tous les défunts de l'ordre bénédictin.

 

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........................................................................................................   à Peter, quand tu diras ta première  sainte messe, (la vraie..!!! lol )  tu penseras à ton ami moi je serai peut-être plus de ce monde...!

 

 

                                                                                         ...

 

Les poètes ont imaginé des espaces désolés où flottent les âmes secouées par la tempête, des fleuves et des torrents où elles se plongent, des flammes dévorantes et des sphères de feu qui les brûlent sans les consumer et leur enlève la rouille de leurs péchés.

 

Dante a chanté la sainte montagne, au pied de laquelle une foule triste et navrée attend la visite de l'ange qui la doit introduire dans le lieu des purifications; les cercles ascendants que gravissent les captifs de la justice divine, courbés et comme écrasés sous le poids de leurs dettes de péché, les tourments qu'ils endurent, selon la nature, le nombre et la gravité de leurs fautes inexpiées; leurs larmes résignées, le tremblement de la montagne sainte ébranlée par la violence de leurs désirs, le feu qu'ils traversent pour achever de se purifier, dernier cercle de douleur au-delà duquel on entend ce doux appel :" Venite benedicti."

 

Parmi les théologiens, les uns ont placé le purgatoire dans les entrailles de la terre, les autres dans les régions supérieures des airs. Ceux-ci veulent que l'âme se purifie dans le lieu même où elle a péché, ceux-là dans les abîmes de ténèbres et de feu, sorte d'annexe de l'enfer, où le supplice ne diffère de celui des réprouvés que par la résignation et la consolante confiance de ceux qui souffrent. Ici, l'on enseigne que l'attente du bonheur éternel ne peut pas dépasser un certain nombre d'années, là, qu'elle peut se prolonger jusqu'à la fin des temps; ici qu'il y a dans le purgatoire des peines moindres que les plus grandes peines de la terre; là, que les plus grandes peines de cette vie n'égalent pas la plus petite peine de l'autre monde.

 

Que faut-il croire?

 

Rien, que ce que l'Eglise nous enseigne; c'est sa doctrine qui doit fixer notre foi.

 

Or l'Eglise affirme "que l'homme pécheur doit subir une peine temporelle dans cette vie ou dans l'autre pour obtenir la pleine rémission de ses péchés et entrer dans le royaume des cieux; que le purgatoire existe, et que les âmes qui y sont détenues sont aidées par les suffrages des fidèles et surtout par le précieux sacrifice de l'autel.

 

Elle veut que cette doctrine soit crue, enseignée et prêchée partout; mais, en même temps, elle veut qu'on écarte des discours adressés au peuple chrétien les questions difficiles et subtiles; qu'on ne permette point de publier des choses incertaines ou peu vraisemblables; qu'on interdise comme scandaleux et ruineux pour la foi tout ce qui serait entaché de curiosité ou de superstition. "

 

 

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C'est avant d'entrer dans le royaume des cieux que l'âme souffre; elle n'est donc pas arrivée à son terme. La fin de son épreuve devrait être le commencement de son bonheur, et voilà qu'elle est captive. Tant de liberté qu'on lui suppose dans les espaces, tout ce qui n'est pas le ciel est pour elle un exil, une prison, un lieu étroit où ses vastes désirs sont mal à l'aise.

 

Nous entendons les saints se plaindre, ici-bas, du corps grossier qui emprisonne leur âme éprise de Dieu. - "Qui me donnera des ailes, disent-ils pour m'envoler comme la colombe vers le lieu de mon repos? Psalm. LIV Malheureux homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort. ? Rom. cap VII, 24

 

L'âme juste, délivrée du corps de mort, sent que ses liens ne sont pas encore brisés. L'élan d'amour qui l'entraîne à se perdre dans l'immensité divine est partout rompu et arrêté par les inflexibles limites du lieu qui l'emprisonne. Ne pouvant entrer en Dieu, elle est obligée de se replier sur elle-même et sent le vide du souverain bien qu'elle devrait posséder. Ce souverain bien est l'unique et nécessaire objet de ses amoureux désirs. Elle s'élance vers lui, mais ne peut l'atteindre; elle l'appelle, mais il ne répond pas encore! Elle a honte de voir qu'elle en est privée par sa faute, et de comprendre qu'elle aurait pu s'épargner par de faciles douleurs un si grand supplice. Elle mesure avec tristesse tous les degrés de gloire et de béatitude qu'elle aurait pu s'assurer, si elle eût été plus fidèle et plus fervente. Mais, enfin, quelle que soit sa part, elle voudrai l'avoir et Dieu la lui refuse.

 

"Spes quae differtur affligit animam : L'espoir que l'on fait languir afflige l'âme" dit le proverbe sacré.

 

Plus encore, l'amour que l'on contrarie. 

 

J'en appellle à vos propres coeurs, si souvent épris des fragiles beautés de ce monde. Avec quelle ardeur il les désirent, que de peines ils se donnent pour s'en assurer la possession, et quel déchirement s'ils en sont privés à l'heure où ils comptaient en jouir! .... ces plaies d'amour contrarié.

 

Nous devons croire que l'âme souffre d'autres peines que de la privation de Dieu; et quand il serait vrai que parmi ces peines il y en a de moins grandes que les plus grandes peines de ce monde, il resterait encore que le plus pur et le plus violent des amours, contrarié par l'absence de la suprême beauté, du très parfait objet auquel l'âme a droit et dont elle voudrait jouir, est pour elle le plus cruel de tous les supplices.

 

Quand le souvenir de ceux qui me furent chers emporte mon âme méditative jusqu'aux rivages de l'autre monde, je crois entendre tomber des voûtes célestes un cantique de joie et d'actions de grâces; mais, en même temps, j'entends monter de je ne sais quel mystérieux abîme des plaintes et des cris lamentables: "Peccavimus et abscondisti faciem tuam a nobis: Nous avons péché, Seigneur, et vous nous avez caché votre face adorable. - Vous nous brisez à cause de nos iniquités. - C'est assez, ne soyez plus irrité, ne vous souveniez plus de nos offenses. Regardez, nous sommes votre peuple: Ecce, respice, populus tuus omnes nos. - Où est donc, grand Dieu, l'abondance de votre compation et de vos miséricordes? Ubi est multitudo viscerum tuorum et misericordiarum tuarum? - O Père, ô rédempteur! retournez-vous vers vos serviteurs.

- Regardez, nous sommes votre peuple: Ecce, respice, populus tuus omnes nos.


 

Oui, Messieurs, c'est le peuple élu de Dieu qui souffre dans le purgatoire.

 

Il souffre, mais pourtant, sa douleur ne va pas jusqu'à la désolation. L'âme juste que Dieu châtie n'a pas été, comme l'âme réprouvée, précipitée par une malédiction dans le triste lieu où elle se purifie; elle y est allée de son plein gré, emportée par son amoureux acquiescement à la volonté divine. Sa profonde tristesse ne trouble pas sa paix, car il y a, au fond de sa douleur, l'immense joie de se savoir sauvée. Elle adore la justice qui retarde son bonheur, et bénit la miséricorde qui lui a épargné les peines éternelles. Elle veut d'une volonté sincère, que la gloire de Dieu triomphe par ses expiations, et elle se console de souffrir par la pensée que chaque instant qui s'écoule la rapproche de la fin de ses maux et du bonheur qui ne peut lui faire défaut, et aussi par sa confiance dans le doux et saint commerce de prières et de mérites que Dieu a établi entre l'Eglise militante, l'Eglise triomphante et l'Eglise souffrante.

 

- "O Dieu, s'écrie Bossuet, quel artifice de votre main puissante et de votre profonde sagesse de savoir faire trouver des douleurs extrêmes dans un fond où est votre paix et la certitude de vous posséder. Qui sera le sage qui entendra cette merveille? Moi je n'en ai qu'un léger soupçon. "

 

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Notre coeur suit dans les cieux le vol des âmes innocentes que Dieu rappelle à lui avant que la malice de ce monde ait pu les pervertir. Nous espérons que la miséricordieuse bonté de Dieu épargnera le pécheur que nous voyons s'éteindre lentement dans les sentiments d'un sincère repentir et d'une humble résignation.

 

Mais ceux que la mort surprend dans le péché, ceux qui ont à peine le temps de répandre une larme et de faire un signe en réponse au suprême appel que nous adressons à leur conscience, faut-il croire qu'ils sont éternellement perdus? Hélas! nous savons trop bien ce qu'ils doivent à la justice divine, et nous ne pouvons concevoir ce que fera pour eux la miséricorde, s'il n'y a au-delà de la tombe que l'effroyable tout ou rien.

 

C'est fini, puisque nous les avons aimés, ces malheureux, il ne nous reste plus qu'à déplorer leur sort et à noyer leur souvenir dans des larmes inconsolables. Mon Dieu, que la doctrine qui m'oblige à désespérer ainsi du salut de ceux que j'aime est donc barbare! Mais ce n'est pas la vôtre. Vous m'apprenez, par la bouche de votre sainte Eglise, que votre miséricorde peut nous épargner les peines éternelles sans faire tort à votre justice. Un mouvement secret du coeur que personne ne voit, mais que votre bonté attentive ne laisse pas échapper, une larme invisible qui sort, au dernier moment, de ce coeur repentant, c'est assez pour émouvoir votre infinie compassion.

 

Et puisque je sais que votre sainte justice peut se satisfaire pendant des années et des siècles, si c'est votre bon plaisir, j'ai moins peur de votre éternelle malédiction. Mon coeur qui aime ose espérer en votre sainte miséricorde, et croit entendre avec Dante l'ange d'en bas crier à l'ange d'en haut :" Oh! l'envoyé de Dieu, pourquoi me faire tort? Tu m'emportes de ce pécheur tout ce qu'il a d'éternel, et c'est pour une pauvre petite larme que tu me prives de ce qui m'appartenait: Per una lagrimetta !

 

Consolés par la doctrine de l'Eglise sur l'avenir éternel de ceux que nous aimons, nous le sommes bien plus, par l'assurance qu'elle nous donne que nous pouvons les servir encore et soulager leurs souffrances.

 

Ces chers morts, qui furent par l'affection la moitié de notre âme, ils nous ont quittés, mais nous ne sommes pas séparés d'eux autant que le craint notre amour .

 

Affligeons-nous, Dieu ne nous le défend pas, car la nature a des droits sacrés, et le spectacle de la mort éveille tant de souvenirs qu'il est impossible de leur imposer silence sans briser le vase fragile de notre coeur.

 

Ces yeux qui nous regardaient avec tendresse, ils sont éteints; ces lèvres d'où tombaient tant de paroles amies, elles se taisent; les chers vivants dont la compagnie nous était si douce, et qui tenaient si bien leur place au foyer, nous les cherchons en vain à l'endroit désert où ils étaient assis; ils n'y sont plus, ils n'y reviendront plus. Baisons les traces de leur passage, pleurons sur les fragiles objets qui nous rappellent leur présence, mais consolons-nous car les liens mystérieux qui attachaient nos coeurs à leurs coeurs ne sont pas brisés.

 

Une vaste communion de prières, de mérites, et d'assistance unit entre eux le ciel, la terre et les lieux sombres où souffrent les âmes des trépassés. Du haut du ciel, les saints, que nous invoquons, nous sourient, nous bénissent, nous protègnet; du fond des abîmes, nos parents et nos amis crient vers nous:"" Pitié ! Pitié ' vous qui nous aimez, car la main du Seigneur s'est apppesantie sur nous. Miserere, miseremini mei, saltem vos, amici mei, quia manus Domini tetigit me."

 

O tristesse! ceux que j'aime sont plongés dans une mer de douleurs; mais, ô joie! ô bonheur! je puis prier et souffrir pour eux. Leur âme captive de la justice de Dieu, est incapable d'aucun acte méritoire, je puis leur donner les miens.

 

Va, mon amour, va les trouver et dis-leur que tu es prêt à tous les actes de justice et de dévouement. C'est peut-être à cause de moi qu'ils souffent; je veux réparer tout ce qui, dans ma vie, a pu leur être funeste. Quand ils souffraient auprès de moi, je ne pouvais pas souffrir pour eux: me voir souffrir eût aggravé leurs souffrances, mais aujourd'hui, tous les maux que j'endure par amour pour eux tomberont comme une pluie bienfaisante sur le feu qui consume les restes de leur péché. Si je ne puis tout seul mettre fin à leur peine, j'appellerai le ciel à mon secours. Si le ciel ne suffit pas, j'ai pour dernière ressource le sang.

 

 

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Oui, Messieurs, le sang! - On le répandait jadis sur les tombeaux et l'on invitait les ombres plaintives à venir boire à ce fleuve tout fumant encore de la chaleur de la vie: grossière image du mystère de justice et d'amour auquel les vivants et les morts doivent leur salut.

 

Plus heureux que les anciens, nous avons à notre service le sang d'un Dieu chaque jour immolé sur nos autels, et nous, vivants, nous pouvons le faire descendre au-delà des tombeaux, jusqu'aux rivages de ce monde désolé où souffrent nos bien-aimés.

 

Venez, amis, venez, voici le sang de la croix et de la messe que nous vous envoyons.

Plongez-vous dans ce fleuve sacré, pénétrez-vous de ses mérites infinis; tout à l'heure il va jaillir jusqu'au ciel et emporter avec lui dans le sein de Dieu vos âmes purifiées. Consolation suprême ! Après vous avoir sauvés, nous pourrons espérer que vous nous rendrez, en assistance et en protection, le grand bienfait de votre délivrance.

 

N'est-il pas juste de dire que la foi embellit tout? Elle embellit toutes les saisons; elle embellit la mort, en nous montrant, dans les ténèbres dont elle enveloppe ses victimes, les impérissables liens d'amour et de grâce qui unissent les vivants à ceux qui ne sont plus.

 


 



 

du même auteur.

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Rédigé par R.P Monsabré OP

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Publié le 6 Novembre 2013

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Le bonheur!... voilà le mot magique, ou pour mieux dire, le but qui domine et régit tous les mouvemennts, tous les actes de la vie humaine, comme un principe domine et régit les conclusions que la raison lui arrache.

 

Trouvez-moi un homme qui prenne son parti de ne jamais être heureux; immédiatement je renoncerai à vous parler de vos destinées. Mais vous ne trouverez même pas un homme qui se contente d'un bonheur tel quel; un homme qui n'ait pas le désir d'arriver dans la félicité à ce point où l'on ne peut plus dire ni à la plénitude, ni à la durée: encore ! encore !

 

L'homme veut être satisfait en toutes les facultés et puissances de sa nature, et l'être chaque jour davantage: à l'entendre, il lui faut des amours éternelles, une gloire incorruptivle, des joies inaltérables. L'intensité du bonheur auquel il aspire doit être pénétrée d'éternité.

 

Ai-je besoin de vous dire qu'aucun des biens extérieurs et fragiles que nous rencontrons autour de nous ne peut répondre à de pareils désirs?

 

Il y a longtemps que la sagesse humaine a pris la mesure de leur vanité. Richesses, plaisirs, honneurs: autant de viandes creuses qui trompent la faim de l'homme sans l'assouvir.

 

La richesse! - C'est le partage du petit nombre. A la peine qu'on se donne pour l'amasser, succède le tourment de la conserver et de l'accroître; peine et tourment insuffisamment compensés par les quelques jouissances qu'elle procure. Et dans quelles mains va t-elle le plus souvent s'égarer! Elle pousse au faste et à l'insolence; mais elle n'empêche pas l'homme d'être sot, vil et méprisable. Le meilleur moyen d'y trouver quelque bonheur est de s'en débarrasser pour en faire jouir les autres.

 

Le plaisir! - C'est la félicité de la brute. En faisant tressaillir l'âme dans une chair troublée, il développe en nous l'animal aux dépens des plus nobles facultés de notre être. Et, s'il n'engendre pas la satiété, après la satiété le dégoût, il nous prépare de honteuses douleurs et hâte en nos organes l'incessant travail de la mort.

 

Les honneurs! La gloire! La renommée. - vaine fumée d'un encens que les mains avares de la fortune ne distribuent qu'à regret et que dissipe trop tôt le souffle de l'envie. Vaine récompense dont la perfection tient d'autant moins compte, qu'elle la mérite davantage, et qui étreint comme un carcan ceux qui l'ont volée.

 

Quel homme sage, dites-moi, pourrait se contenter de pareils biens? Ceux qu'ils semblent satisfaire ont renversé leur nature et sont tombés du faite de la vie intellectuelle, où le désir devient vaste comme la pensée, dans les bas-fonds où la sensation ne compte que des instants et se repait de jouissances fugitives.

 

Ou, plutôt, habiles à se décevoir, ils oublient que leur félicité de bas étage doit finir un jour, et lui prêtent, dans l'enivrement de l'heure présente, une menteuse éternité. Qu'ils se donnent la peine de réfléchir et qu'ils comparent l'ampleur de leurs désirs à l'étroitesse des biens dont ils jouissent, ils auront bientôt dit avec le poète:

 

Si mon coeur fatigué du rêve qui l'obsède,

A la réalité revient pour s'assouvir.

Au fond des vains plaisirs que j'appelle à mon aide

Je trouve un tel dégoût que je me sens mourir.

 

Alfred de Musset.

 

Notre pauvre coeur voudrait bien se fixer dans une de ces pures et fidèles affections qui doublent, en quelque sorte, notre être, et tiennent lieu de tous les biens. - Si je pouvais être aimé, dit-il comme je veux aimer!

 

Vain désir! Les largesses du coeur ne sont pas toujours payées d'un juste retour. Si la naïve confiance avec laquelle il se donne ne va pas se heurter à la trahison, trop souvent elle ne rencontre que l'ingratitude. Un tout petit oubli, un malentendu, un caprice suffisent pour rompre des noeuds que l'on croyait éternels.

 

- Avons-nous la bonne fortune d'unir nos amours à des amours fidèles? - Il faudra bien un jour se résigner à des séparations qui nous laisseront pour héritage que des regrets, des gémissements et des larmes. Nous verrons partir, en plein bonheur, ceux que nous aimons, ou bien nous serons arrachés sans pitié à leurs embrassements. Infortunés témoins de la désolation, nous ne leur laisserons plus à aimer que de lamentables restes qu'il faudra proscrire et enterrer loin des vivants. - Et l'amour serait le bonheur !

 

   Du moins, il est au sommet de notre nature une faculté qui peut être satisfaite. L'intelligence a faim de vérité. " C'est la viande des esprits, dit Malebranche; elle est si délicieuse et donne à l'âme tant d'ardeur, quand on en a goûté, que l'orsqu'on se lasse de la rechercher, on ne se lasse jamais de la désirer et de recommencer ses recherches, car c'est pour elle que nous sommes faits. "

 

Qui ne sent que, dans l'état présent, notre faible cerveau ne pourrait pas la contenir toute sans se rompre? Qui ne se convainc, à force d'apprendre que l'homme ne peut pas tout savoir? Le puissant génie de Newton, près des portes de la mort, confessait humblement sa faiblesse:"  Je ne sais, disait-il, ce que le monde pensera de mes travaux; mais, pour moi, il me semble que je n'ai été autre chose qu'un enfant jouant sur le bord de la mer, et trouvant tantôt un caillou plus poli, tantôt une coquille un peu plus brillante, tandis que le grand océan de la vérité s'étendait inexploré devant moi."

 

Eussions-nous mille fois plus d'esprit que Newton; nous fût-il donné de connaître toutes les lois de la nature, tous les évènements de l'histoire, toute la puissance des nombres, tous les atômes et toutes les forces dont se compose le monde visible, il y aurait encore de vérités mystérieuses que notre ambitieuse intelligence voudrait pénétrer. Quoiqu'elle fasse, elle n'est jamais au bout de ses désirs.

 

Quelle étrange chose, Messieurs, que l'homme soit si avide et qu'il soit si peu satisfait !

 

Il ressemble à ces gouffres immenses dans lesquels, une pierre qui tombe, un cri que l'on pousse, éveillent mille échos endormis et révèlent d'insondables profondeurs. Les biens de la vie présente, à mesure qu'il les engloutit, vont frapper les parois de cet abîme et lui font dire: encore, encore !

 

"Il y a là comme des besoins infinis, dit un vieux philosophe, c'est donc l'infini que les hommes désirent."

 

Je ne veux pas abuser de ces prémisses pour faire ici le ténébreux et exagérer, avec certains apologistes de notre immortalité, ce que Bossuet appelle quelque part " l'inexorable ennui de la vie".

 

Pratiquement, cet inexorable ennui ne me semble pas l'état général de notre organisation morale et le fond commun de la vie humaine. Tout le monde n'est pas prédisposé aux humeurs noires; tout le monde n'est pas tellement écrasé par l'infortune qu'on soit tenté de s'écrier avec Job: " Je m'ennuie de vivre: taedet animam meam vitae meae. Job. cap X,1

 

Tout le monde n'est pas tellement convaincu de l'inanité des biens de ce monde qu'on soit toujours prêt à dire comme le sage:" Vanité des vanités et tout est vanité: Vanitas vanitatum et omnia vanitas.

 

Mais, par exemple, ce qui est vrai, ce dont tout le monde convient, ce qui est passé proverbe: c'est qu'il n'y a pas de bonheur parfait ici-bas, bien que nous en ayons le naturel désir. Ce qui est certain: c'est que l'homme qui réfléchit et raisonne est obligé de reconnaître une disproportion entre les tendances de notre nature et les biens de toute sorte, actuellement mis à sa portée par la Providence.

 

Nous voulons savoir, aimer et jouir, et, de l'heure de notre naissance à l'heure de notre mort, nous ne le pouvons pas autant qu'il faudrait pour n'avoir plus aucun bonheur à désirer. Il y a en nous une capacité immense qui n'est pas remplie; nous sommes emportés par un mouvement qui n'aboutit pas. D'où il suit que notre nature, victime d'un mensonge, est un désordre dans l'ordre universel où tous les êtres sont satisfaits.

 

L'atôme reçoit tout son bien du centre autour duquel il gravite; la plante tout son bien de la terre qui la nourrit., de l'air qu'elle respire, de la rosée et des pluies qui l'abreuvent, du soleil qui l'éclaire et la réchauffe; l'animal tout son bien des sensations qui se succèdent dans son organisme, et auxquelles se bornent les exigences de son instinct.

 

L'homme seul est condamné à désirer toujours et à mourir déçu.

 

On est en droit de se demander si sa vie vaut bien la peine de vivre; à moins qu'on ne prolonge son existence au delà de la catastrophe qui semble la supprimer, et qu'on ne donne en réponse à ses aspirations l'immortalité, la vie future.

 

  Ame humaine, mon amie, ma fille, ne crains rien; je t'attends: je t'attends, pour prolonger ton existence, avec plus de soin et de respect que je ne prolonge l'existence des éléments qui circulent perpétuellement dans l'immense tourbillon de la matière; je t'attends, pour recevoir éternellement de toi les hommages intelligents qui seuls conviennent à mon infinie majesté; je t'attends pour te faire voir le vrai sans ombre, aimer le bien sans défaillance et goûter sans crainte de le perdre jamais; je t'attends, pour juger ta vie et tes oeuvres, et décider de ton éternité. Je t'attends; tu peux chanter avec le genre humain: Credo vitam venturi saeculi.


 

 

du même auteur.

 

 


 


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Rédigé par philippe

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Publié le 5 Novembre 2013

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La mort est une nécessité de nature.

 

Si nous n'en comprenons pas le mystère, il faut bien en reconnaître le fait.

 

Mais si la mort est une chose naturelle, pourquoi n'en prenons-nous pas tranquillement notre parti? Pourquoi nous fait-elle peur?

 

Mon âme, pourquoi es-tu triste et troublée à son approche, comme à l'approche d'un ennemi? Pourquoi le nécessaire et simple accomplissement d'une loi de la nature prend-il à tes yeux les proportions d'une catastrophe?

 

Ce serait à n'y rien comprendre, si la lumière surnaturelle qui éclaire ce fait lugubre ne nous y montrait une nécessité de justice.

 

Bien que notre corps fût composé d'éléments capables de se dissoudre et de se soustraire à l'acte vital de l'âme, nous n'êtions pas faits pour mourir.

 

Créateur infiniment libéral, Dieu n'épargna rien, lorsqu'il fit l'homme à son image et ressemblance; et ne pouvant le faire participer à son immense et indivisible éternité, il voulut au moins qu'il fut immortel.

 

La grâce, dont il le remplit, pénétrait son âme et lui communiquait, avec toutes les vertus, une puissance créatrice qui s'emparait des éléments corruptibles de la matière et corrigeait leur tendance native  la dispersion. Non seulement elle avait le pouvoir de retenir, l'une auprès de l'autre, toutes et chacune des parties du corps qui lui était uni, et de le configurer à sa propre incorruptibilité, maîtresse de la nature entière, elle n'y prenait que des éléments de vie qui tous concourraient à la perpétuelle jeunesse d'une chair indestructible.

 

Mais, près de cette glorieuse puissance, il y avait une menace: " Si tu pèches, avait dit le Seigneur, tu mourras de mort." 1 Genes. cap . II , 17

 

Et l'homme a péché; vous avez entendu de ma bouche le triste récit de sa chute.  Puisqu'il se séparait de Dieu, il était juste que Dieu se séparât de lui et l'abandonnât aux impuissances de sa nature.

 

Le déchirement qui se fait dans notre être n'est que la conséquence normale et la légitime vengeance du déchirement qui s'est fait entre nous et Dieu par la prévarication du père de notre race. La mort est entrée dans le monde par le péché: per peccatum mors; elle en est le cruel salaire: stipendia peccati mors.

 

Pendant que le philosophe et le savant interrogent la nature, sans pouvoir lui faire dire son dernier mot, le chrétien est déjà fixé sur la cause prochaine et immédiate du sinistre dans lequel sombre la vie humaine. Il confesse avec nos saints docteurs, "que la mort n'est point une loi de la nature telle que Dieu l'a faite à l'origine du monde, mais le juste châtiment du péché; que c'est pour venger le péché que Dieu a dit au premier homme en qui nous tous êtions: Tu es terre et tu retourneras en terre: en un mot que le péché est la racine de la mort. "

 

Hélas! l'oracle divin - Morte morieris - s'est trop bien accompli. Non seulement la mort a frappé le premier des prévaricateurs, mais chaque jour elle s'en prend à ses tristes enfants; remplissant avec une désespérante fidélité, son impitoyable mission.

 

C'est à peine s'il vient de terminer le récit de la génèse du monde que l'historien sacré nous montre les générations humaines se poussant et se renversant l'une l'autre: la première foulée aux pieds par la seconde, la seconde par la troisième, et toutes chantant ce lamentable refrain: Et mortuus est. C'est la première ballade de la mort; elle est pleine d'une sombre éloquence.

 

Ce ne sont point des visites intermittentes que nous fait l'ennemie de notre vie; elle est en nous.

" A partir du jour où il a été condamné, dit saint Augustin, l'homme a commencé à mourir."

 

En concurrence avec le travail de la vie, un autre s'accomplit, sourd et mystérieux, sur  tous les points de notre nature: c'est le travail de la mort. Il ne se cache que pour marcher plus sûrement et plus vite; rien ne l'arrête, et c'est quand tout parait prospère qu'il est en pleine activité; si bien que le sage a cru pouvoir dire:" vivre c'est mourir continuellement"; et un savant physiologiste: " la vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort."

 

" Nous ne tombons pas tout à coup dans les bras de la mort, dit un représentant de la sagesse antique; mais, pas à pas, nous allons vers elle, ou plutôt nous marchons avec elle. Chaque jour s'en va un morceau de notre vie, et cet aujourd'hui dans lequel nous vivons, nous le partageons avec la mort."

 

Partout elle rencontre des complices de son implacable travail et des auxiliaires empressés de la servir. L'homme innocent tenait la nature en respect et lui envoyait, du haut de sa royale majesté, comme un reflet de sa perfection. Mais la déchéance de son maître a rendu la nature insolente. " Comme si elle était envieuse du bien qu'elle nous a fait, dit Bossuet, elle nous déclare souvent qu'elle ne peut pas nous laisser longtemps ce peu de matière qu'elle nous prête, qui ne doit pas demeurer dans les mêmes mains, et qui doit être éternellement dans le commerce; elle en a besoin pour d'autres formes, elle le redemande pour d'autres ouvrages. "

 

Amoindrie et misérable par notre faute, trahie dans ses espérances , elle se venge par ses trahisons. Chacun des éléments qu'elle fournit à notre vie cache un subtil venin qui l'abrège. Les gaz, les fluides, l'air, la lumière, la nourriture même, autant de choses qui usent nos organes et font en nous la mort, tout en accomplissant le décret de la Providence qui veut que nous vivions ici-bas comme en passant.

 

Et cette lutte intestine se poursuit jusqu'au moment où, se sentant vaincue, l'âme angoissée tente un dernier effort pour retenir le corps qu'une main ennemie lui enlève. Mais elle a beau faite, l'agonie, combat suprême de la nature et dernière protestation de l'amour d'union qui tient enchainés l'un à l'autre l'esprit et la matière, l'agonie ne fait que rendre plus éclatant le triomphe de la mort.

 

Tout est fini.

 

Substances amies séparez-vous; par ici notre âme, par là notre corps; la justice le veut ainsi!

 

L'homme pécheur avait dit à Dieu, principe de sa vie surnaturelle: - séparons-nous. - Ne fallait-il pas que le tragique évènement qui le finit en ce monde portât l'empreinte de sa faute?  Et voyez comme cette empreinte est vigoureuse et profonde! Le pécheur ne se retire de Dieu que pour s'attacher par une injuste préférence aux créatures. Il faut qu'on les lui arrache avec la vie.

 

Beauté, richesses, honneurs, plaisirs, amours: tout devient la proie de la mort.

 

Le pécheur ne se retire de Dieu que pour s'établir dans une sacrilège indépendance.

 

Pour le punir, Dieu se reprend et se cantonne en quelque sorte dans son souverain arbitraire. Non content d'abréger les jours de sa créature déchue, il entoure sa fin de mystère et se réserve l'heure de ses suprêmes décisions.

 

L'homme immortel était maître du temps; après sa chute, le temps le possède et le trahit; à chaque instant il peut être surpris.

 

Et voilà ce que c'est que la mort fille du péché: une universelle et complète séparation en même temps que la plus horrible des surprises......

 

R.P. Monsabré OP.

 


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