Publié le 9 Juillet 2013

 

998166_151356998390622_65029339_n.jpg

 

 

Partie de l’Hôtel de Ville d’où les « Veilleurs assis » se sont dispersés vers 1 heure du matin – après avoir été invités, pour ceux qui le souhaitaient, à se rendre individuellement à l’Elysée afin d’y rejoindre les « Veilleurs debout » – j’arrive rue du Faubourg Saint-Honoré avec trois autres Veilleurs.

 

Nous nous plaçons sur le trottoir et lisons en silence, repensant avec bonheur à ces trois heures de veillée, devant l’Hôtel de Ville, en présence d’un millier de Veilleurs. Tout d’un coup, une cinquantaine de gendarmes et de CRS solidement cuirassés arrivent, tandis que d’autres Veilleurs nous rejoignent calmement : nous sommes dix, puis trente, puis cinquante, debout, immobiles et en silence, à plusieurs mètres d’intervalle les uns des autres. Les CRS et les gendarmes ne cessent d’affluer, la disproportion de leurs dispositifs, comme toujours, est flagrante. Soudain, une directive fuse dans le silence de la nuit : « Allez les gars, on les pousse ! » L’objectif de ces hommes : créer un attroupement et provoquer une situation illégale. Nous n’avons pourtant reçu aucune sommation.

 

Nous restons debout, en silence, mais les policiers commencent à charger. Certains Veilleurs se laissent faire, docilement ; d’autres choisissent de s’asseoir, mais tous se mettent à chanter L’Espérance. Soudain, une jeune fille crie de douleur : un policier la pousse tout en lui pinçant très violemment la colonne vertébrale. Les forces de l’ordre précipitent sur nous les Veilleurs qui n’ont pas eu le temps de s’asseoir. Je suis piétinée et me recroqueville en me couvrant le visage. Je finis par lever la tête et demande avec détresse au premier CRS que j’aperçois de venir me porter secours, car je suis écrasée dans la bousculade : il m’extrait de la cohue, tout en me faisant une clé de bras, alors que je ne demandais qu’à être retirée de cette poussée aveugle. Je contiens ma douleur et subis cette violence gratuite en silence. Seulement, une fois debout, je suis poussée par un autre policier qui m’administre au passage une grande claque dans le dos, me faisant voler sur plus d’un mètre. Un collègue, en l’apercevant, intervient et lui demande alors de se calmer : il y a donc encore, en France, des hommes pour s’émouvoir à la vue d’un colosse cuirassé en train de frapper une jeune fille d’1m67 pour 48 kilos. Je contemple interdite les scènes semblables qui se multiplient autour de moi : des CRS administrent clés de bras et claques dans le dos, pincent les oreilles de certains, bien que nous n’opposions pas d’autre résistance que de nous tenir les uns aux autres. Certains CRS sont manifestement hors de contrôle. L’un d’eux jette brutalement une mère de famille à terre, au milieu d’autres Veilleurs debout : deux collègues l’attrapent alors par son gilet, et le retirent du lieu sans dire un mot. Les personnes encore assises sont traînées sur plusieurs mètres avant d’être lâchées brutalement, à quelques dizaines de centimètres du sol. Un CRS ne relâche l’un de ces jeunes qu’après s’être assuré d’avoir arraché tous les boutons de sa chemise. Un autre jeune, rouge et suffocant, est quant à lui tiré par le cou. Les personnes qui obtempèrent et ne demandent qu’à avancer sont projetées la face la première, qui contre les vitrines, qui contre les voitures. Celles qui ont le malheur d’être poussées sur la chaussée sont alors poussées en sens inverse par d’autres CRS, sous prétexte qu’elles n’ont pas le droit de s’y trouver.

 

C’en est trop, les larmes me viennent aux yeux devant pareil spectacle. Malgré la colère et l’indignation qui m’étranglent la voix, je supplie les policiers qui restent à l’écart, manifestement écœurés de ce qu’ils observent, d’intervenir pour calmer leurs collègues et mettre fin à ces dérapages. Ils baissent la tête, et soupirent, tout comme leurs voisins. Je demande à voir le commissaire, que je commence à bien connaître puisqu’il est présent à chacune de nos veillées, et avec lequel il me semblait jusqu’à présent avoir construit une vraie relation de confiance : on me refuse ce droit, et malgré mes appels désespérés, le commissaire, scotché à son talkie, semble ne pas me voir. Une jeune fille est alors violemment projetée au sol, à mes pieds, et se cogne la tête sur l’angle du trottoir. Je me précipite avec d’autres Veilleurs pour la secourir, d’autant que les CRS continuent à pousser les gens alors même que plusieurs personnes sont au sol : la jeune fille reste à moitié inconsciente, puis se recroqueville et se frotte lentement le crâne, sous l’effet de la douleur. On demande un médecin, mais la bousculade reprend de plus belle. Une jeune fille indique aux CRS qu’elle ne se sent pas bien. Malgré cette précision, elle est transportée manu militari par 2 ou 3 CRS et posée au numéro 70 de la rue du Faubourg Saint-Honoré. Deux personnes, blessées, devront aussitôt être ramenées chez elles afin d’être soignées. Un jeune homme est extrait à l’extérieur du cordon de CRS par un policier visiblement hors de lui, qui continue à le pousser violemment sur plusieurs mètres en le prenant au cou, alors même que le jeune se trouve hors de la zone dont on veut nous éloigner : « Mais arrêtez là ! C’est bon, je suis sorti ! ». Je cours avec d’autres Veilleurs vers le jeune indigné pour le supplier de rester calme, malgré cette violence gratuite qu’il vient de subir.

 

Autour de moi, les clameurs et les supplications des Veilleurs se multiplient : « Doucement, mais doucement ! », « Aïe ! Aïe, vous me faites mal, Monsieur ! », « Arrêtez ! Arrêtez, ça suffit ! », « Du calme ! On se calme ! », « Médecin ! Un médecin, s’il vous plaît ! », « Quelle honte… Mais quelle honte, vraiment… ». Je vole d’un Veilleur à l’autre pour les engager à rester silencieux, et vais ensuite trouver un autre policier : « Ce que vous faîtes est parfaitement illégal, vous en êtes conscient ? ». Réponse sidérante, que l’agent m’adresse en me regardant dans le blanc des yeux, à quelques centimètres de mon visage, le sourire aux lèvres : « Oui Madame, c’est illégal, ce que nous faisons. ». Je n’arrive pas à croire ce que je viens d’entendre. Un jeune homme, son portable à la main, filme la scène et demande au fonctionnaire de redire les propos qu’il vient de tenir, mais celui-ci se reprend et rétorque alors, énergiquement : « Non, ce n’est pas illégal ! ». Un Veilleur distribue alors des papiers sur lesquels sont énumérés les articles du code que les forces de l’ordre sont en ce moment-même en train de violer impunément.

 

J’ai peine à croire qu’une semaine auparavant, nous étions reçus au Conseil de l’Europe afin de témoigner des violences policières en France. Cette audition avait permis, le lendemain, l’adoption d’une résolution par le Parlement du Conseil de l’Europe, condamnant la France, au même titre que la Turquie, pour son « usage disproportionné des forces de l’ordre face aux manifestations ». J’étais convaincue que ce rappel à l’ordre inciterait le gouvernement à plus de prudence et de modération dans son attitude face aux Veilleurs et, ingénument, j’espérais que cette visite à Strasbourg inaugurerait une période d’apaisement. Mais les cinquante-deux interpellations, la semaine dernière, ajoutées à ces nouveaux dérapages témoignent du refus obstiné du gouvernement d’entendre notre mouvement et de garantir les libertés fondamentales de tous les Français, quelles que soient leurs opinions. Des étrangers sont témoins des violences que nous subissons : quelques touristes japonais, alertés par les clameurs qu’ils ont pu entendre de loin, arrivent sur les lieux, effarés de ce qu’ils voient. Sortant leurs portables et leurs caméras, ils demandent aux forces de l’ordre de quoi il retourne : celles-ci, quoiqu’embarrassées, tentent de faire bonne figure. Pendant ce temps, les gardiens de la paix continuent leur travail : nous avons été poussés de quelques mètres sur le trottoir, et sommes désormais non plus devant le portail de l’Elysée, mais face à l’ambassade de Colombie. Les fenêtres de l’Ambassade s’illuminent. Soudain, l’une d’elles s’entrouvre, et une main dépose alors une bougie sur le rebord. La bousculade a cessé. Nous nous asseyons, en silence, pour reprendre notre veillée, en fredonnant le Chant des Partisans. Progressivement, les CRS sont remplacés par des gendarmes, et l’atmosphère se détend aussitôt. Un Veilleur tente d’avoir un échange avec un gendarme, mais ce dernier, mal à l’aise, affirme qu’il n’y a pas eu de charge. Le Veilleur lui propose alors de lui montrer des photos, ce que le gendarme refuse aussi net. Certains de ses collègues demandent à des veilleurs debout d’arrêter de filmer et de prendre des photos.

 

Nous lisons, comme à notre habitude, des textes et des poèmes, de Péguy à Camus, de Gramsci à Tillinac, que certains Veilleurs récitent par cœur. Je me lève malgré l’émotion qui m’étreint encore, et m’adresse aux forces de l’ordre qui nous encerclent : je leur dis ma tristesse et ma honte, ce soir, d’avoir vu des fonctionnaires de cette République française que j’aime tant et au service de laquelle je me suis moi aussi engagée, qui ont déserté leur mission en agissant sciemment en dépit de tout droit et de toute justice. Leur réaction est saisissante : certains ont les larmes aux yeux, d’autres se mordent les lèvres, la plupart baissent la tête. Un père de famille, qui raconte avoir entraîné pendant trente ans des hommes à des situations de violence extrême, nous engage à rester bienveillants à l’égard de ceux qui nous ont maltraités, malgré la situation révoltante que nous venons de traverser. Ces discours, nos chants et les poèmes que nous lisons apaisent rapidement nos esprits. Toutefois, nous avons à cœur de marquer la responsabilité individuelle de ces policiers qui nous entourent : conscients de l’obligation qu’ils ont d’exécuter les ordres qu’ils reçoivent, nous les engageons toutefois à avoir le courage de s’unir pour faire remonter à leurs supérieurs, à l’instar du syndicat Alliance Police Nationale, des formulaires dénonçant les ordres absurdes qu’ils reçoivent et les situations illégales auxquelles ils sont acculés, puis Alix lit un extrait du Mystère de la charité de Jeanne d’Arc de Charles Péguy : « Complice, complice, c’est pire que coupable ! ».

 

Qu’il me soit permis, puisqu’il faut conclure, de m’adresser aux personnes qui réduisent les forces de l’ordre à ces opérations absurdes : à travers ces injustices que vous leur faites commettre, vous manifestez semaine après semaine votre refus de chercher à nous comprendre, alors même que vous auriez tout à y gagner. Mais sachez-le : les Veilleurs n’ont pas peur. Non pas par bravade insensée, par provocation factieuse ou par témérité juvénile. Non. Nous n’avons pas peur, parce que nous sommes mus par la force d’une conscience qu’aucune menace ne saurait briser. Nous n’avons pas peur parce que nous puisons notre courage dans l’amour de notre Cité et de l’Homme. Nous n’avons pas peur, parce que nous aurons toujours à cœur d’opposer à votre violence notre invincible bienveillance et notre confiance sereine en l’avenir de notre pays. Nous resterons déterminés, parce que nous refusons que l’homme devienne une espèce indéterminée. Nous resterons pacifiques, parce que nous sommes des amoureux de la paix sociale. Nous resterons patients, parce qu’on ne « triomphe[..] pas de la patience du pauvre ». Nous resterons bienveillants, parce que nous demeurerons garants du bien commun, contre les sirènes de l’individualisme, du communautarisme et de ces intérêts particuliers et partisans que vous avez voulu honorer. Nous ne serons jamais résignés, parce que l’on ne se résigne pas à l’injustice. Nous ne serons jamais indifférents, parce que seul le respect des différences garantit le respect de la dignité humaine, notamment à travers la reconnaissance de la différenciation et de la complémentarité sexuelles.

 

Alors, à défaut de pouvoir nous entretenir avec vous à travers un dialogue digne et apaisé, face à ces hommes bâillonnés par un devoir de réserve qui leur pèse de plus en plus, nous continuerons à converser avec ces grands penseurs qui nous parlent, mais aussi et surtout avec ces innombrables Français qui, interpelés et silencieux, nous témoignent leur sympathie et leur soutien. Car ce sont eux que nous voulons toucher par la flamme de notre jeunesse et de notre espérance, faisant naître de la société civile ces espaces de dialogue public dont ils ont été privés.

 

« Ils étaient quelques-uns qui vivaient dans la nuit En rêvant du ciel caressant [..] Ils n’étaient que quelques-uns Ils furent foule soudain… » (Paul Eluard)

 

 

link

Voir les commentaires

Rédigé par philippe

Repost0

Publié le 5 Juillet 2013

http://4.bp.blogspot.com/_dhm5T7rnwKk/TH0lX1r93kI/AAAAAAAAD68/SAvDCDkULag/s1600/Nuestra+Se%C3%B1ora+de+%C3%81frica,+Patrona+de+Ceuta,+Espa%C3%B1a+1.jpg

 

Très Sainte Vierge Marie avec une entière confiance en votre coeur de Mère, je vous prie instament de prier votre Fils notre Dieu de mener à bonne fin l'oeuvre qu'il a commencé en moi et de commander à sa gâce de venir à mon aide, pour ce que ma nature a de moins possible,  car sans Vous ni Lui, je ne puis ni ne veux rien faire.

 

 

 


 

Voir les commentaires

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 4 Juillet 2013

Rédigé par philippe

Publié dans #divers

Repost0

Publié le 4 Juillet 2013

http://cdn.mos.bikeradar.com/images/news/2013/07/03/1372866965081-xxesncqs4rdc-670-75.jpg

 

http://media.kansascity.com/smedia/2013/07/03/13/37/euYwy.St.81.jpeg

 

http://blogs.r.ftdata.co.uk/photo-diary/files/2013/07/TourdeFrance.jpg

 

http://thechronicleherald.ca/sites/default/files/imagecache/ch_article_main_image/articles/B97201666Z.120130704002526000GPP3A4FQ.11.jpg

 

http://www.durangoherald.com/storyimage/DU/20130703/SPORTS01/130709875/AR/0/AR-130709875.jpg&ExactW=218

 

http://ww3.hdnux.com/photos/22/45/75/4874086/3/628x471.jpg

 

http://monastere-la-consolation.org/wordpress/wp-content/uploads/2008/08/titre-laconsolation31-300x171.jpg

Voir les commentaires

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 4 Juillet 2013

Rédigé par philippe

Publié dans #videos

Repost0

Publié le 3 Juillet 2013

Rédigé par philippe

Publié dans #divers

Repost0

Publié le 3 Juillet 2013

http://img.over-blog.com/630x565/1/10/86/49/le-petit-placide/2011/petit-placide-2/placide/14108_1349361526973_1019375888_1039926_7950687_n-copie-1.jpg

 

st Benoît priez pour nous.

 

 

 

 

 

Compte-Rendu de la table ronde « après manif »

 

Rendez-vous des « après manifs », donc de la raison après l’action. Les trois intervenants, Béatrice Bourges – porte-parole du Printemps Français, Gabrielle Cluzel – éditorialiste au journal Boulevard Voltaire, et Renaud Camus – écrivain et président du parti de l’In-nocence, se retrouvent sur la scène bien connue du back up dans le XVème arrondissement pour discuter des suites de ce mouvement citoyen et raisonnable d’une très grande partie du peuple français, cette « France bien élevée ». Lors de cette intervention, nous avons pu apercevoir que la France commençait à porter les fruits de la démagogie d’une partie de la classe politique. Face à cela une nouvelle forme de résistance c’est mise en place, n’étant pas à proprement parlé composée d’un groupement monolithique. Et bien au contraire, cela au grand désespoir du gouvernement en place, selon Béatrice Bourges. De nombreux satellites gravitent autour de La Manif Pour Tous, permettant de ne pas cristalliser le débat parmi les défenseurs de la famille.

 

Plusieurs thématiques sont abordées au cours de cette table ronde : la mobilisation citoyenne, la désobéissance civile, le mariage gay, l’idéologie du gender, les convictions politiques, les partis politiques et leur possible implosion, l’anthropologie, la philosophie, l’individualisme, la religion, le rôle mitigé de l’Eglise de France, l’Islam, les valeurs françaises, Frigide Barjot, les clashs au sein de LMPT – La Manif Pour Tous – les prisonniers politiques, le poids des mots, la désobéissance civile et la violence – violence or not violence, that’s the question …

 

LE POURQUOI DU COMMENT DE LA MOBILISATION CONTINUE ET MASSIVE

 

La discussion entre les 3 personnalités – animée par Robert Menard, portait essentiellement sur les suites de la mobilisation et la manière dont chacun a pu vivre les manifestations et le « changement de peuple » qui s’opère aujourd’hui.

 

« La question du mariage gay a conduit peu à peu la France bien élevée à faire son coming out. Elle a pris conscience du poids qu’elle peut avoir. […] Elle a raté son premier but [ndlr : le retrait de la loi Taubira] mais a atteint son objectif pour les revendications futures. » Gabrielle CLUZEL

 

« Cette mobilisation se positionne largement au-dessus des individus. C’est le peuple de France qui a osé se lever. Nous n’avons pas besoin pour l’instant d’une personne providentielle car le risque est de se rendormir et de laisser cette personne tout porter sur ses épaules.

 

Chacun est providentiel, c’est en se sentant providentiel que l’on devient des acteurs de la résistance. Nicolas n’est ni un saint ni un martyr mais le premier d’une très longue série. »


Béatrice BOURGES

 

« Avec cette mobilisation, nous avons assisté à un changement : un changement de peuple. Il y a un peuple dans ce pays et ce peuple est en train de changer, d’être remplacé par plusieurs autres. » Renaud CAMUS

 

Tout d’abord, le pourquoi du comment. Qu’est-ce qui a réveillé cette France si bien élevée, qui se sent encore si coupable d’être bien élevée, est-ce uniquement la loi sur le mariage pour tous ou quelque chose de plus grand ?

 

Selon Gabrielle CLUZEL, au départ c’était pour défendre la famille et cela devient éminemment plus politique, comme une prise de conscience du système « Deux poids deux mesures de la justice française ». Pour Béatrice BOURGES, ce qui se joue aujourd’hui se joue depuis déjà quelques années, la loi n’est que la goutte d’eau qui a fait débordé le vase. La métaphore utilisée par le porte-parole du Printemps Français est la graine qui germe en terre. La graine a été semée et aujourd’hui elle fleurit. « On a compris qu’on a le droit de parler et on sait résister d’une autre façon qui dérange le système actuel. Nous avons de moins en moins peur de notre diversité. LMPT est un très bon exemple : c’était un groupe monolithique et aujourd’hui c’est une multitude de satellites, une synergie d’énergie et d’intelligence. »

 

Pour Renaud CAMUS, dont l’opinion est légèrement différente, il y a un aspect qui n’a pas été assez développé durant ces mobilisations : la gravité de cette loi du point de vue de sa nature anthropologique et surtout de la négation de l’anthropologie. Il parle d’une catastrophe : « l’instauration de la civilisation du prénom », c’est-à-dire la disparition du nom, de l’identité, de la généalogie. Il dit avoir une conception lazaréenne de notre civilisation et condamne la position de l’Eglise de France qui appelle à manifester contre le mariage pour tous et ne fait rien pour porter l’identité nationale de la France « Fille Aînée de l’Eglise ». Il souligne cette contradiction importante aujourd’hui : cette indifférence face à l’avenir de la France, ce refus du nationalisme face à ce rejet du mariage gay, de cette idéologie du genre prônée par notre gouvernement donc cette négation de l’homme. La doctrine sociale de l’Eglise d’un côté et la bien-pensance laïcarde d’une partie du clergé français de l’autre.

 

Quant à l’avenir de ces mouvements nombreux, chacun appelle à s’engager politiquement, Béatrice BOURGES appuyant sur une possible implosion des partis politiques. 

 

Cette dernière, sans être manichéenne, fait la différence – au sein même des partis – entre deux types de personnes : d’une part les hommes qui se suffisent à eux-mêmes, qui se croient tout puissants, qui nient la présence du créateur « de Dieu », qui obéissent au « j’ai envie de donc j’ai droit à » qui conduit au gender et les hommes qui se rejoignent autour des valeurs de notre civilisation, autour des fondements de notre pays, des hommes acceptant d’être dépendants d’un créateur. Elle ira jusqu’à dire « Aujourd’hui être bien-pensant revient à être fasciste … Etre traité de fascistes aujourd’hui dans notre pays est un honneur ! »

 

Parmi les intervenants, une division s’est faite. Quel est le réel problème, le changement de peuple ou bien le changement civilisationnel qu’engendrerait le mariage gay et tout ce qui s’y rattache ? La dessus, Gabrielle Cluzel a affirmé qu’il n’y avait pas de question secondaire et qu’il fallait se battre sur tous les fronts. En désaccord avec Renaud Camus privilégiant l’identité du peuple français, et la mollesse des catholiques face à cette question.

 

LMPT ET MOUVEMENTS EMERGEANTS : QUELS LIENS ET QUEL DEVENIR ?

 

Nous avons souvent entendu parler d’un avant et d’un après 24 Mars. Quel est l’avant ? Quel est l’après ? Est- ce que la coupure se situe au niveau des « violences » [ndlr : quelques débordements et beaucoup de répression] ou bien est-ce qu’elle se situe au niveau des scissions au sein de la MPT et dans l’émergence de petits groupes ? Robert Ménard a choisi de poser la question frontalement à Béatrice BOURGES : en revenant sur le « crêpage de chignon » entre la porte-parole du PF et l’ex porte-parole de LMPT, la question est de savoir s’il est question dans ces implosions de la sensibilité différente des deux femmes. Un petit rappel des faits s’impose : le 24 Mars, après l’interdiction de manifester notre désaccord sur les Champs Elysées et les nombreuses bavures policières, Béatrice Bourges alors porte-parole de LMPT décide d’accompagner bon nombre de manifestants pour un début de « Camping pour tous » sur les Champs. Frigide Barjot, également porte-parole à l’époque, n’a pas trouvé mieux que de dénoncer cette décision qui suivait un mouvement et une force volontaire et spontanée et de dénoncer ces fameux « nervis d’extrême droite » et ces manifestants désobéissants. A la suite de cette condamnation, madame Bourges a été évincée du collectif. Ici a commencé une certaine implosion au sein de l’équipe visible de LMPT. Ainsi, nous nous demandons tous comment elles ont pu en arriver là.

 

« Le problème n’est pas de s’aimer ou pas. Il n’est pas question ici de liens affectifs mais d’un vrai problème de fond : le CUC [ndlr : Contrat d’Union Civile]. J’ai travaillé 10 ans sur ce sujet, je me suis levée contre le CUC il y a 8 ans car c’était la voie quasi obligée vers le mariage et l’adoption. Je ne voulais pas céder sur ce sur quoi je me suis levée. Il n’est pas question de l’affect quand on fait la guerre. C’est largement au-dessus des individus, c’est le peuple de France qui a osé se lever. Je pense que F.Barjot a cru qu’elle était une personne providentielle, mais nous n’avons pas pour l’instant besoin d’une personne providentielle.

 

Chacun est une personne providentielle et devient alors un acteur de la résistance »

 

Une première question résolue. L’après 24 Mars a vu émerger bon nombre de mouvements spontanés – la plupart entraînés par de jeunes gens, en réponse à la répression policière, au début de cette dictature socialiste dont nous faisons les frais aujourd’hui : du Printemps Français en passant par les salopards, les veilleurs, le Camping pour Tous, les mères veilleuses, Ni à Vendre – Ni à Louer, les mères veilleuses, les Antigones, Les Irréductibles Gaulois et j’en passe jusqu’aux Hommen, la France bien élevée se levait de toutes les manières, chacun adhérant à l’un ou l’autre groupe suivant sa sensibilité propre. Ces mouvements inquiètent le gouvernement car ils sont mouvants, indéfinis, infinis et qu’ils sont portés par un sentiment d’appartenance à la Nation, par des valeurs patriotiques et généralement catholiques qui transcendent les individus eux-mêmes. Que vont-ils devenir ? Ceci n’a pas été abordé lors de cette table ronde, et heureusement ! Il s’en serait fallu de peu pour que l’on crie à la récupération de la jeunesse, de la fougue et de la vaillance de ces jeunes citoyens qui prennent enfin conscience qu’ils ont un rôle à jouer dans leur Patrie. Cependant, je vous promets d’étudier la question en un temps plus calme.

 

Nous pouvons également observer que LMPT s’est remise de l’abandon de sa première égérie – bien vite remplacée par ces fières Mariannes – et de ses deux acolytes, qui ont bien vite abandonné la lutte en réclamant le CUC et en cherchant à politiser le débat initial. Alain de Benoit a dit « Si cette affaire est une affaire de civilisation aussi grave, est-ce qu’il n’est pas étonnant que l’égérie s’appelle Frigide Barjot ? ». Il existait une contradiction qui n’est plus aujourd’hui. Gabrielle Cluzel a souligné très justement que ce n’était pas tant une différence de personnes mais plutôt « une différence de stratégie » et qu’il y avait un risque d’être contaminée par une forme de « lèpre » : « la lèpre médiatique ». S’il existe aujourd’hui, à l’heure où vous lisez cet article, une dimension politique qui s’est ajoutée au discours, elle n’a pas lieu d’être parmi les porte-paroles de ce mouvement qui est, rappelons-le APOLITIQUE … Nous sommes ravis cependant d’avoir vu apparaître Ludovine de la Rochère qui est représentative de tous ces français.

 

GOUVERNEMENT SOCIALISTE OU L’IDEOLOGIE DU GENRE ET LA DICTATURE

 

Plusieurs fois dans les débats comme dans les slogans sont revenus les termes « Police Politique », « Prisonniers politiques », « Hollande dictateur », « Dictature socialiste », « Hollande écoute ton peuple », « CRS SS », « gazages », « Résistance » … Ces mots sont-ils trop forts ? Trop importants par rapport à la situation ? Décrédibilisent-ils le fond du débat ? Ou bien, assiste-t-on à une montée en puissance d’un ras-le-bol du peuple et à une réelle répression de la part des pouvoirs publics et de nos institutions ?

 

Renaud Camus remet les choses dans leur contexte : avant le 24 Mars, ces morts auraient été trop forts. Cependant, après cette date gravée dans nos mémoires, des évènements, des faits nous ont prouvé qu’il existe une réelle « disproportion, par exemple entre la manif et les casseurs de l’espèce sensible ». Nous assistons aujourd’hui à un « incroyable divorce, à une différence de traitement qui provient d’un calcul. Ce sont les éléments de ce qui semble être une dictature. Cela amuse par ailleurs beaucoup les russes, qui rendent à la France la monnaie de sa pièce et soulignent l’incroyable violence policière – comme si le gouvernement se rend compte que nous sommes à la veille d’un ébranlement. » Inquiétude que R.Camus espère fondée. « J’ai l’espoir d’une transformation, d’une marche en avant. C’est l’indice de quelque chose d’autre. ». Avant nous étions dans le politiquement et le moralement admissible. Il faut aujourd’hui « manifester pour l’identité nationale ». Preuve de cette volonté, l’ovation de 5 minutes qui a suivi ces paroles. Si Camus se croyait esseulé dans ce combat, il a eu la preuve que les français retournent à un patriotisme qui rappelle fort celui qui a poussé nos parents, grands-parents et arrières grands-parents (selon votre âge) à entrer en résistance il y a moins d’un siècle.

 

Le cœur du débat lors de la conférence, s’est tenu autour de l’aspect civilisationnel principalement. En effet nous avons vu que l’avènement du « Nom », c’est-à-dire de la civilisation de l’honneur semblait balayée. Que l’homme se rattachant à son passé, à ce qui fait son identité, avait tendance à disparaitre au profit de la civilisation du prénom. L’individu n’existant, ou plutôt « ne voulant »plus exister que par lui-même, sans attaches, et sans héritage. La France semble bien indifférente à ce qui fit d’elle la fille ainée de l’Eglise, précise Renaud Camus, comme si elle avait honte d’elle-même. L’identité Nationale est un des débats au cœur même de la conception de patrie. Un individu ne peut représenter à lui tout seul ce débat capital. Cependant l’emprisonnement de Nicolas Bernard Busse, fait de lui, le symbole d’une génération que le gouvernement souhaiterait tenir en laisse. Nous sommes tous à notre façon des petits Nicolas, nous pourrions tous être à sa place. Nous participons régulièrement à des manifestations, et certains ont été plus chanceux que d’autres. Une chose est sûre, la réaction des chiens de garde du gouvernement est disproportionnée, et cela ne pourra demeurer ainsi bien longtemps. Les traitements eux sont conçus et calculés de manière à décourager ceux qui voudraient s’engager.

 

Pour Béatrice Bourges, nous nous trouvons dans une « dictature en germe ». La preuve en est par les fameux Prisonniers Politiques et par la figure Nicolas, 1er manifestant à avoir été incarcéré pour avoir défendu ses idées politiques. Liberté … Egalité … Fraternité … Les trois piliers de la République Française ont été ébranlés ces derniers mois et sont à l’aube de s’effondrer définitivement. Mais nous, patriotes, fiers de notre Nation, retrouvons avec cette levée de la France bien-pensante ces trois piliers au sein de notre combat. Cap ou pas cap de relever le test (ou défi) lancé par B.Bourges ? « Un groupe arrive devant l’Elysée avec des drapeaux bleu / blanc / rouge et peu après un groupe arrive avec des femmes voilées et un drapeau de l’Algérie » qui tombe dans le panier à salade ? Vous connaissez malheureusement tous la réponse …

 

L’avis de tous, conférenciers, auditeurs, manifestants est que ces mots ne sont en aucun cas exagérés et qu’il existe réellement une forme de dictat de la pensée qui se traduit par une démonstration physique factuelle.

 

Nous pouvons dire que le gouvernement actuel impose sa vision des choses, son idéologie négationniste et destructrice au mépris du peuple, de l’anthropologie et du bon sens. Preuve en est les différents projets de loi atteignant l’institution du mariage, de la famille, de l’école, et des valeurs morales et religieuses. La France n’est plus aujourd’hui le pays des Droits de l’Homme et du Citoyen. Elle n’est également plus le pays de la liberté. N’ayons pas peur ! Levons nous ! Défendons l’Homme, la Famille, notre Patrie et notre Histoire !

 

MILITANTISME, ENGAGEMENT POLITIQUE ET DESOBEISSANCE CIVILE : ON NE LACHE RIEN !

 

Il faut absolument souligner le fait que le Mariage des personnes de même sexe est une opération minutieusement préparée, et que non seulement le gouvernement Hollande, mais également les gouvernements précédents y ont pleinement participé.

 

On cherche à faire mourir une civilisation, on s’attaque à travers la théorie du genre à l’essence même de la nature de l’homme, ce qui fait son identité. Le débat a été détourné, on a fait une séparation au niveau de l’orientation sexuelle Hétéro/Homo, au lieu de la faire sur celle Homme/Femme cédant ainsi du terrain à l’adversaire. Et en amenant un débat faussé, la théorie du genre est malheureusement associée au mariage gay.

 

Printemps français, et après ? L’espérance de Béatrice Bourges se fonde sur une explosion des partis politiques en place. Permettant un redécoupage, entre ceux attachés aux valeurs de civilisations et ceux attachés à une forme de société ou l’homme serait au centre, et érigerait ses propres lois. Si on n’est pas dans la bien pensance on est taxé de Fascistes. Soyons fiers d’être facho alors, si cela signifie aimer son pays, sa patrie et être fier de son héritage. L’homme ne se suffit pas à lui-même, il n’existe qu’à travers des valeurs de transmissions. Sinon pas d’existence s’inscrivant dans une continuité ! Il n’y a pas que la relation à l’autre.

 

« La peur doit maintenant changer de camp, elle a d’ailleurs changé de camp… » Béatrice Bourges.

 

Un appel à la désobéissance civile – pacifique – a été lancé, l’implosion de tous les partis politiques a été programmée … Cependant, chers lecteurs, il ne faut pas oublier une chose : ceux qui ne lâchent rien depuis des mois sont – en majeure partie – des JEUNES. Notre analyse de la situation est que les jeunes prennent conscience de leurs droits et surtout de leurs devoirs, qu’ils commencent à vouloir prendre part à la vie de la cité et veulent peser dans le débat. Il est important pour cela que les jeunes se forment, qu’ils se tiennent informés sans cesse de tout ce qui se passe dans notre pays – pas seulement au point de vue des actions contre le mariage pour tous, GPA, PMA et prisonniers politiques. Économiquement, socialement, politiquement … unissons-nous, laissons nos intérêts personnels de côté pour enfin monter au créneau et rappeler aux générations qui nous précèdent que les décisions prises aujourd’hui pèseront sur nous !

 

Le sentiment des quelques jeunes présents – l’ambiance était plutôt gériatrique – est que nous avons un rôle à jouer et qu’il ne faut pas laisser la place aux personnes « adultes » et âgées. C’est à notre tour de veiller sur la France. Chers parents, grands-parents, laissez-nous remplir notre rôle. Aidez-nous à nous former intellectuellement et soutenez-nous en nous permettant de faire de bonnes études mais surtout n’oubliez pas que l’avenir de la France c’est NOUS LES JEUNES !

 

 

link libre arbitre.


 

Alexis Taylor & Anne-Gaëlle Campredon

Voir les commentaires

Rédigé par Alexis Taylor & Anne-Gaëlle Campredon

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 3 Juillet 2013

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 3 Juillet 2013

http://www.clearcreeksisters.org/images/201305_Inauguration/x201305_Inauguration-29.jpg.pagespeed.ic.g5WXyHI-QV.jpg

 

http://clearcreekmonks.org/gallery-images/clear-creek-sisters-inauguration/clear-creek-sisters-inauguration-5-13-2013-100.jpg

 

 

http://www.clearcreeksisters.org/images/xabout.png.pagespeed.ic.9lHn-1y0iB.png

 

 

 

 

http://www.clearcreeksisters.org/images/201305_Inauguration/x201305_Inauguration-29.jpg.pagespeed.ic.g5WXyHI-QV.jpg

Voir les commentaires

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 2 Juillet 2013

 

 

 

http://img.over-blog.com/630x565/1/10/86/49/le-petit-placide/2011/petit-placide-2/placide/14108_1349361526973_1019375888_1039926_7950687_n-copie-1.jpg

 

st Benoît priez pour nous

 

 

993054_632989610064259_1465012793_n.jpg

 

 

LES VEILLEURS

Voir les commentaires

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0