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Publié le 3 Décembre 2020

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 30 Novembre 2020

 

 

« Ô Seigneur, vous ne m'avez pas laissé partir hors de Vous. S'il m'est parfois arrivé de vous oublier, vous mon Dieu, vous m'avez toujours supporté et secouru. Quand mon corps et mon âme ne pouvaient plus tenir, j'ai crié vers vous du fond de l'abîme. Tout de suite, vous êtes accouru et vous m'avez tendu la main, m'arrachant au marais de ma misère et me rendant la joie de votre salut.

 

 Voilà, Seigneur, ce que j'ai été, voilà ce que je suis. Eh bien, je reviens tout à vous aujourd'hui ! 

 

Mes misères qui s'étalent, vous les voyez comme je les vois ; et j'en ai encore bien plus qui m'échappent, par aveuglement ou par oubli, mais elles sont évidentes pour Vous.

 Quant à mes biens, si j'en ai gardé quelques-uns, aucun cependant n'est entier. L'ennemi m'en a ravi le plus grand nombre, et ce qu'il n'a pu me dérober, il l'a souillé ; et moi, il m'a encore plus avili.

Voyez quelle figure je fais devant Vous, Seigneur ! 

Vis-à-vis de votre face, elle s'appelle misère, ô souveraine miséricorde ! 

Je ne vous cache rien de ces coins et recoins les plus secrets de ma vie, vous le savez, ô divine Vérité. 

Et je vous en prie, que tout en moi soit lumière devant Vous. Car je ne redoute personne tant que moi-même. J'ai si peur, à mon insu ou même consciemment, de me leurrer. 

Mais c'est Vous que je crois, Seigneur, c'est Vous que j'espère. Donnez-Vous à moi, car je ne cherche rien d'autre.

 Prenez pitié de moi, Seigneur, levez-Vous, venez au-devant de moi et voyez !

Je veux rester ferme dans votre foi, et je veux grandir dans l'espérance. Ainsi soit-il. »

 

Guillaume de Saint-Thierry (1070-1148)

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Rédigé par Philippe

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Publié le 16 Novembre 2020

 

priez pour nous. 

 

"Au fond, nous sommes faits pour le ciel. Pour toujours. Pour l'éternité."

 

 

Un prêtre peut-il être converti par un garçon malade? Don Marco D'Agostino dit que oui, il en a fait l'expérience. L'histoire extraordinaire de Gianluca Firetti, vingt ans qui a fait de la maladie un chemin de joie

"Ce livre fera du bien." Sur ces mots, le 13 janvier, quinze jours avant de mourir d'un sarcome osseux, Gianluca Firetti, vingt ans, un garçon de Sospiro (Crémone), a signé le contrat avec Edizioni San Paolo pour le texte Split in two. L'alphabet de Gianluca, son «testament» qui, sur moi, a eu un effet immédiat: s'effondre en mille morceaux et «s'est retourné comme une chaussette».

Le rencontrer ne m'a fait que du bien. Les deux expériences, la sienne en tant que jeune femme souffrant sans désespoir et la mienne en tant que croyant essayant de comprendre, sont devenues une. La vie de Gian devant Dieu, la mienne devant moi. C'est propre car épuré, le mien fatiguant car il est lourd. Face à la foi de Gian, je me suis senti microscopique à plusieurs reprises. Il était jeune et sage, malade avec un cœur sain qui savait aimer tout le monde, déséquilibré sur les autres pour répéter, à chacun, pour chaque petite attention: «Merci»; et, pour tout inconvénient qu'il pensait causer, même aux brancardiers qui l'emmenaient à l'ambulance qui le conduirait à l'hospice: «Désolé pour le problème que je vous cause, mais il y a beaucoup de marches pour sortir de chez moi.

Gian était désarmant. Tout comme l'évangile. J'allais chez lui tous les jours, l'après-midi, le soir, quand il ne pouvait plus sortir: et pourtant il était toujours si joyeusement transfiguré. Dans la douleur, sachant que quelqu'un venait le voir en fin d'après-midi, il s'est installé dans son fauteuil roulant, endurant toute douleur. Le rencontrer, l'écouter, prier avec lui, c'était comme feuilleter un «Évangile ouvert». Il a été ému. Ses paroles et ses mains, quand elles me touchaient, son étreinte - si légère de peur de le blesser - vous communiquaient une âme palpitante, bien au-delà de ces os «brisés» qui le faisaient souffrir. "Alors c'est vrai, Don." «Quoi, Gian? «Que vous veniez ici pour vous convertir». Ces mots il lui dit en souriant, mais il savait que depuis le bureau de son lit, à la maison ou à l'hospice, il enseignait simplement en étant là,

Avant lui, vous vous sentiez complètement nu, mais sans honte car il ne pointait pas du doigt, il ne se plaignait pas de ceux qui n'allaient pas le voir, il n'enviait pas ceux qui étaient mieux que lui. Gian a demandé une conversion entrante et sortante. Entrant parce que sa présence a fortement provoqué. Quand il m'a demandé de lui apporter la communion un dimanche de l'Avent, le samedi avant que j'aille me confesser. Comment aurais-je pu rencontrer le Seigneur deux fois - celui que je portais et celui qui m'attendait en hospice - avec une vie superficielle comme la mienne? Comment aurais-je pu accueillir la Parole et les paroles de Gian, qui étaient très similaires, lui tenir la main, accueillir son baiser, dans un récipient cassé et fissuré comme moi?

Même en sortant, Gian se transformait. Souffrant, immobile, morphine 24 sur 24, quelques jours après la mort il a su souhaiter, rassemblant toutes ses forces: «Happy Sunday». Il se réjouit des visites de ses amis et dit à chacun: "Je vous en prie, ne perdez pas votre vie, soyez bien, étudiez parce que je changerais et étudierais 500 pages plutôt que de souffrir".

Il savait faire réfléchir et avait le pouvoir, un peu comme Dieu, de faire vibrer les accords de la vie: non seulement émotionnellement, mais au plus profond du cœur. Sa vie, tout entière, est devenue une offrande, un «sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu». Non pas parce que Dieu a voulu sa souffrance, mais parce que, comme il le disait le dimanche dernier: "Dieu a placé une belle croix sur mes épaules ... Non, c'est la maladie qui pèse, Dieu n'a rien à voir avec elle".

Au lieu de cela, Dieu était impliqué, et comment. Dieu est entré et sorti de chaque pore de sa peau, il a respiré fort avec lui, il a enduré la douleur des os, des métastases qui, sans pitié, ont conquis chaque centimètre carré de son corps. Plus la tumeur l'attaquait, plus Gian s'illuminait, plus il devenait mince et plus son cœur battait, plus il manquait de force physique et plus il tirait qui traînait les autres. Réfléchir avec Gian, c'était comme s'abandonner à la vision que Dieu a des choses, avoir confiance que l'essentiel, alors qu'on perd tout dans sa vie, même à vingt ans, n'est pas ce à quoi on est attaché, mais précisément ce dont on est. se détache.

Gian est, paradoxalement, devenu, dans son lit, avec la morphine et son cancer, une source d'énergie et de lumière. Pour tous, famille, amis, prêtres, bénévoles, personnel hospitalier, monde du sport, familles, jeunes et adultes, personnes âgées et malades. Sa maison est un petit port maritime. Quand la sonnette a sonné: «Allez, dit-il depuis le canapé, le bar est toujours ouvert!

Il a partagé. C'était le secret de sa sainteté. Il a attiré tout le monde en lui. Dieu, tout d'abord. Il s'est ouvert, il s'est senti emporté par la prière et l'amitié de beaucoup, même ceux qui ne savaient pas, mais se sentaient si proches, en lui. Il a réussi, de tout le monde - moi d'abord - à extraire le meilleur parce qu'il est devenu le meilleur, sentant le centre et le but de la vie: «Après tout», écrit-il dans l'introduction du livre, «comme je l'ai dit hier soir à mon frère Federico, nous sommes faits pour le paradis. Pour toujours. Pour l'éternité. Dans ce livre, vous me trouverez, sur chaque page. Et je te trouverai. Je sens qu'en Dieu nous sommes déjà amis ».

L'histoire de Gian, sa foi, la prise de conscience de la mort et comment y faire face se sont déversées sur moi et sur tant d'autres comme une pluie qui lave et rafraîchit. Quelque chose qui vous provoque à l'intérieur. Vous brise en deux. 

Accepter son témoignage de vie et de foi - comme le disent les trois réimpressions du livre en moins d'un mois - signifie croire que les saints sont toujours là. Si nous acceptons le témoignage, nous «risquons» presque d'en devenir un.

Lorsque, fin 2012, l'hôpital l'a informé de la condamnation de sa tumeur, il a dû décider de devenir un vrai homme. Pas d'un seul coup. Jour après jour. Mais sans jamais y retourner. C'est précisément parce qu'il a grandi en tant qu'homme que la foi a trouvé un terrain fertile sur lequel germer. J'ai eu la grâce - je ne saurais pas comment l'appeler autrement - de goûter et de comprendre comment un jeune garçon qui se laisse modeler, rencontrer et atteindre par Dieu et ses frères, peut vraiment grandir en profondeur.

Gian a grandi et fait grandir. Il avait la foi et il l'a ramenée aux autres. C'était un homme de communion et il voulait que les gens s'aiment. Et il l'a dit, il l'a écrit sur WhatsApp, il l'a manifesté. Gian, humainement parlant, est une histoire de douleur. Évangéliquement, une histoire de grâce et de beauté. A vingt ans, il a prouvé qu'on peut être habité par Dieu et par les hommes »

(Don Marco D'Agostino dans: La Croce Quotidiano).

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Novembre 2020

 

« Pensez a ces lieux où les hommes attendent avec angoisse un prêtre, où, depuis des années, ressentant son absence, ils ne cessent de souhaiter sa présence. Il arrive parfois qu’ils se réunissent dans un sanctuaire abandonné et qu’ils mettent sur l’autel l’étole encore conservée et récitent toutes les prières de la liturgie eucharistique ; et voici qu’au moment qui correspondrait à la transsubstantiation, descend parmi eux un profond silence, parfois peut-être interrompu par un sanglot... tant ils désirent ardemment entendre les paroles que seules les lèvres d’un prêtre peuvent prononcer efficacement ! Ils désirent si vivement la communion eucharistique, à laquelle ils ne peuvent participer que par l’intermédiaire du ministère sacerdotal, et ils attendent de même avec tant d’anxiété de pouvoir entendre les paroles divines du pardon : Ego te absolvo a peccatis tuis ! ils ressentent si profondément l’absence d’un prêtre au milieu d’eux !... De tels lieux ne manquent pas dans le monde. Si donc quelqu’un parmi vous doute du sens de son sacerdoce, s’il pense que celui-ci est " socialement "infructueux ou inutile, qu’il réfléchisse sur tout cela ! »
 
saint Jean Paul II
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 9 Novembre 2020

 

 

   " O Dame, s'écriait Dante, tu es si grande et si puissante, que souhaiter une grâce et ne pas s'adresser à toi, c'est vouloir que le désir vole sans ailes." 

   Sur les ailes du désir, sur le coeur de Marie, la prière monte; Jésus la reçoit. Celle qui a été sa mère peut bien être la nôtre; ce n'est pas plus difficile; c'est la même chose; ici et là on attend le même fruit: la déification de nos âmes comme en Jésus la déification de la chair. Elle fit l'incarnation par son fiat: elle peut faire que le Verbe s'incarne en nous , et que l'Esprit nous pénètre ainsi qu'elle-même et que son fardeau divin. Elle nous doit cette maternité, il faut bien que sa gloire nous la paie. Le droit d'aînesse que possède Jésus signifie que dans l'éternité cet aîné a  été constitué à cause des plus jeunes. Vous ne seriez pas la Mère de Dieu, ô vous, s'il n'y avait les hommes et si vous ne deviez par Jésus être mère des hommes. Votre honneur est fondé sur nous, votre rôle est à nous, c'est l'effet de notre misère et c'en est le trésor.

   Souffrez donc, mère gracieuse et forte contre le mal, toute puissante par exonération pour le bien, souffrez que nous vous disions , comme dans votre Salve Regina, ce chef-d'oeuvre sublime et doux :

   " Allons, notre avocate! eia ergo advocata nostra! Tourne vers nous tes yeux de miséricorde, illos tuos misericordes oculos ad nos converte." Nous nous adressons à ta grandeur, qui est infiniment humble; à ta beauté, qui est infiniment modeste; à ta richesse qui est infiniment bienfaisante; à ta noblesse , qui est infiniment accueillante; à ta hauteur, qui est infiniment condescendante; à ton bonheur, qui est le salut des souffrants de la vallée de larmes.

   Quelle douceur ne devons-nous pas supposer dans la mère du plus doux des enfants des hommes ; quelle bonté, dans la mère du Bon Pasteur! A la grâce nous demandons qu'elle nous gratifie par intercession; à ton éloignement, nous qui sommes exilés, nous demandons qu'il soit proche par le coeur. 

   Allons ! Eia ! toi qui a tant reçu, donne ! Sauve-nous maintenant; sauve-nous, oh ! sauve-nous maintenant; sauve-nous, oh ! sauve-nous à l'heure de notre mort, à cette heure décisive, centrale, l'heure entre les deux mondes, l'heure du double cadran temporel et éternel, l'heure que marquent concurremment le soleil qui brûle et s'éteint et le soleil inextinguible. Sauve-nous quand nous partirons, Mère, et pour cela sauve-nous sur la route. Vita, dulcedo et spes nostra, toi notre vie, notre douceur, et notre espérance, notre vie et notre espérance par Jésus-Christ, notre douceur par toi-même, par vocation spéciale, comme une mère, sauve-nous! 

  Notre vie catholique avec toi, c'est la sécurité, la joie, la paix, la certitude céleste et terrestre. Tu exauceras tes soupirants, tu consoleras tes gémissants, tu relèveras tes défaillants, tu pardonneras jusque à tes ingrats, tu guideras de ta douce main la main tremblante, résistante, faible et rebelle qui fait tomber dans l'urne du temps, à ses risques et pour tout à fait, l'inexorable bulletin de vote, le oui ou le non éternel.

rp Sertillanges. OP + 

   

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Novembre 2020

 

 

      Les circonstances dans lesquelles se déroule la vie ont sans doute une importance fort grande; mais la circonstance par excellence, c'est la vie elle-même. Or, notre vie suit une courbe d'évolution qui nous amène à l'éternité par ces phases du temps qui s'appellent l'enfance, la jeunesse, l'âge mur, la vieillesse. Suivant l'état de développement du germe premier d'où est partie la coulée vitale, l'existence de chacun prend des caractères dont la succession a toujours rendu saisissante et mélancolique l'étude des divers âges de la vie.

   Pour nous, la vieillesse seule peut être ici en question; car bien des fois nous avons évoqué les étapes montantes, et la maturité, c'est ce que nous décrivons quand nous envisageons simplement le cas humain. Mais pour cet âge où la vie semble se retirer , abandonnant peu à peu sa richesse, il y a lieu de formuler une règle qui nous permette d'apprécier et de régir nos derniers états. 

  La vieillesse, que chacun veut atteindre et dont tout le monde se plaint, parait bien être une déchéance et un évanouissement de tout ce qui fait l'intérêt de vivre. Le corps se tasse et se détériore, les facultés faiblissent en même temps que la chair, les sens s'émoussent, la mémoire cède, les souvenirs rétrogradent, l'esprit perd son mordant et sa promptitude, la vie se rétrécit, l'ardeur tombe, nos possessions vitales s'amoindrissent et l'on dirait qu'elles ne nous intéressent plus, la société des hommes se réduit pour nous à quelques intimités qui peu à peu s'éclaircissent, et la fréquentation des choses ne nous offre plus, au lieu des larges utilisations de jadis , que l'attrait fréquemment accru, il est vrai, d'un spectacle. Autour de nous coule toujours l'intarissable flot de la vie universelle; mais la cruche est fêlée et nous ne puisons plus notre part. 

   Pour le matérialisme et l'incrédulité, en effet, la vieillesse est affreuse. Il faut toute l'épaisseur de nos illusions pour nous cacher ce  qu'elle signifie, disons ce qu'elle montre, à peine et tristement déguisé. Cadavérisation lente, mort à petit feu, décès infligé sous mille formes macabres, solitude de tombe qui peu à peu s'étend par les départs et les défections, respects annonciateurs, égards qui sans le vouloir et plus ou moins pieusement vous ensevelissent: c'est le bilan. On vous souhaite vivre longtemps encore; on vous dit " toujours jeune " afin de marquer depuis combien de temps vous l'êtes plus. On vous signifie par une sorte d'étonnement quotidien que votre présence ici est comme un miracle, certains aimeraient dire: une inconvenance. Ceux qui luttent contre la décrépitude avec trop de zèle l'accentuent, et ils en accentuent surtout l'impression, qui peut devenir d'un comique lugubre. 

   Que de pauvres femmes maquillées et emplumées ont l'air de corbillards à panache! Quel service quelqu'un leur rendrait en leur disant, si elles pouvaient l'entendre : Pauvres femmes, sachez donc mourir! 

   Vue de ce côté, la vieillesse ne se défend pas; la vieillesse sent le cadavre; c'est la Faucheuse qui écarte son suaire et nous laisse voir, comme dans les Danses des Morts du XVème siècle, une lamentable chair qui s'effrite. 

   Mais une autre vision se présente au chrétien. 

   La vieillesse, envisagée à la lumière de foi, n'est plus un recul de ce qu'appelle et retient désespérément notre soif de vivre; c'est au contraire un accroissement et une confirmation d'espérance; c'est le voisinage de ce qui n'était que figuré par l'ardente vie; c'est la terre qui apparaît après une navigation lointaine; c'est le voile d'illusion qui se déchire, dégageant au regard les réalités suprêmes.

La vieillesse c'est l'approche de Dieu. 

   Dans la décadence des membres, on ne doit voir alors, au lieu d'une chute pièce à pièce sans compensation, que la livraison progressive et confiante d'un être consacré, attendu et qui trouvera, dans le sein de la Mère universelle , une nouvelle naissance. 

Le vieillard qui revient vers la source première

Entre aux jours éternels et sort des jours changeants. 

   Les jours changeants ont nécessairement leur fin: c'est la vieillesse, avec la perspective de la mort; mais les jours éternels nous rassurent. Si les saisons de la nature ne se reprenaient pas, l'hiver, en dépit de sa beauté, n'apporterait à la terre que regrets; sa parure, au lieu du lange discret, ne serait plus que le drap funéraire. Mais le printemps est toujours aux portes; l'orient ne s'endort pas; c'est pourquoi, comme témoins d'une vie qui toujours et toujours se renouvelle, toutes les saisons sont belles; nulle n'est déshéritée, moins que toutes, à certains égards, la dernière. Ainsi l'hiver des hommes acheminé vers le printemps éternel, en prend la couleur; la cime de neige au couchant s'empourpre, comme elle se dore quand, sur le matin bleu, elle allume sa lampe et éteint les étoiles. 

   La plus belle des saisons est celle qui porte le plus d'espérance, et l'espérance d'immortalité est le lot spécial de cet hiver: la vieillesse.

La descente vers la fosse, à force d'être une vérité partielle, est une illusion; nous montons, et le vieillard, dût-il précipiter sa chute par sa faute, est à un sommet; il touche au plein ciel; s'il n'en a pas le sentiment , c'est qu'il est infidèle à son âme. 

   Au fond, notre âme , bien qu'entravée dans son fonctionnement par les infirmités de la vieillesse, continue ses acquisitions aussi longtemps que son bon vouloir se maintient et que son idéal supérieur l'actionne; elle peut sans cesse grandir; son oeuvre n'est jamais achevée; il n'y a pour elle ni expérience décisive ni borne qu'on ne dépasse point; unie à l'Esprit qui renouvelle incessamment toutes choses, esprit elle-même, elle peut recevoir l'impression de Dieu en une succession d'états qui ne prête à aucune déperdition ni à aucune déchéance :" l'homme de vétusté se corrompt, dit saint Paul, l'homme du dehors; mais l'homme intérieur de jour en jour se renouvelle." ( II Co. IV,16) 

   Jamais donc il n'y aura nulle raison de perdre espoir et de s'abandonner à un sentiment de défaite. La jeunesse n'est pas jeune pour autre chose que cette sécurité. 

   On est jeune en raison d'un espace devant soi, d'un lendemain qu'on sent gros de promesses: puisque telle est la vie jusqu'au bout et que l'espoir suprême est au contact des suprêmes années, la jeunesse est pour nous perpétuelle et sans cesse croissante.

Le vieillard est l'enfant du ciel. 

 

   Toute la question est que le païen qui sommeille en chacun de nous n'aille pas gagner le chrétien, en cette extrémité où la vie catholique doit rassembler toutes ces énergies pour conclure. Si l'on ne craint pas de voir tomber les fleurs de la jeunesse, les feuilles même de l'automne chenu, c'est qu'on attend les fruits et les graines. Les oeuvres du vivant le suivent; elle l'accompagnent comme le panier du vendangeur, de cep en cep. Pour que, arrivé à la lisière de la vigne, on gagne le cellier avec allégresse , il faut que la récolte soit tout du long copieuse et de prix. N'allons donc pas abandonner à la stérilité ce qu'on appelle d'un mot à double entente et qui parfois est si mal compris , " les années de grâce". 

   Les vieux moines, les vieux saints sont les témoins dans la chrétienté, de cette verdeur tenace et de ce progrès sans déclin du spirituel dans une chair qui s'étiole. Les Anciens avaient leurs Nestors; le vieil Horace et don Diègue nous ravissent; Booz et Siméon nous annoncent le jour chrétien; mais avec Jean l'Evangéliste et la Vierge s'inaugure la lignée des vieillesses sanctifiées qui seront l'ornement de l'Eglise et le joyau d l'histoire.

   Jésus n'a pas vieilli; mais à regarder ceux que son Esprit pénètre, on peut juger de ce qu'eût été son grand âge à lui et de quelle façon la vie qu'il instituait doit finir. 

   Les vieux saints ont toujours paru d'une verdeur charmante; comme autrefois les poètes, juvéniles indépendamment de leur âge, aimaient à se dire les nourrissons des muses, ils sont, eux, les nourrissons de Dieu. A mesure que leur corps baisse et tend vers la terre, ils épurent et dégagent leur âme. L'oiseau, quand il s'avance vers le bout de la branche et la sent fléchir, s'en détache et déploie ses ailes.  La lumière de leurs yeux devient plus calme; elle répand la sérénité, et l'on voit s'épanouir la clarté qui se concentrait jadis avec tant d'ardeur. La simplification de leur vie extérieure profite à la vie du dedans , qui a su s'établir et brûler de sa flamme propre. Une candeur délicieuse et fine plaide pour une jeunesse d'âme que l'enfance même ne pouvait montrer; car l'enfance a trop de désirs, trop de passion se mêle à ses élans. Toute folle requête étant ici abolie et toute passion éteinte, le vieux saint est pleinement candide, il est exquisement jeune et son âme en croissance prend une conscience plus clair de son cas divin, comme autrefois, par la croissance du corps, il avait pris conscience de son cas humain. 

   D'autre part, saintement détaché, il est tout prêt à la bienveillance souriante; il juge avec sérénité; il excuse facilement; il croit sans peine au mérite sans se duper d'apparences; il est expérimenté non comme le viveur qui ne croit plus à rien, mais comme celui qui sait la fragilité, les aspirations, la générosité et la misère des êtres. A l'égard des générations qui montent, il nourrit des complaisances paternelles ; il médite, en les regardant , sur ce qu'il fît et qu'il ne peut plus faire; il se résout à agir désormais par les jeunes plus que par soi; il leur cède la victoire et il en goûte la joie par procuration. 

   Il n'est donc pas boudeur,  rétracté, maussade, ni encombrant ; il se retire discrètement des groupes juvéniles, prend sa place à l'écart, mais à distance courtoise, prêt à parler, prêt à se taire, prêt à sourire et prêt à s'attrister sans éclat. Il n'est à charge ni à soi, ni aux autres; car en dépit de ses amoindrissements, sa raison de vivre éclate. Il n'est pas de ceux qu'on rêve d'expulser. Laissant la place aux jeunes, il la leur rend plus confortable et plus belle; il appuie leurs espoirs et leurs créations neuves aux solides établissements qu'il maintient, plein de sagesse, s'il n'est plus apte à bâtir ni à ouvrir de nouveaux chemins. Aussi est-il récompensé par la vénération et par l'amour; seuls quelques mauvais coeurs le déçoivent. Toutes les vies de patriarches nous montrent autour d'eux un groupe de pieux disciples. Les plus belles et les plus heureuses périodes de l'histoire sont celles où la vieillesse est tenue en honneur et elle-même s'honore; les plus chrétiennes générations et les milieux les plus religieux sont ceux où cette réciprocité est plus active. Cela se comprend; car la vieillesse représente des réalités qui, vénérées et respectées dans la vie du vieillard lui-même, relèvent les moeurs et réchauffent les pensées religieuses. 

   Le vieillard, c'est le sénateur antique, nom illustre, et le presbytre des âges évangéliques, nom de gravité et de douceur . Il figure la paternité, comme les fleuves envahis d'enfants des sculptures romaines; il est l'image de l'autorité, à condition d'en sentir la couronne de vertus. Il préside dans les assemblées; on se lève devant lui comme devant son maître. 

  " Lève-toi devant une tête blanche, dit la Bible, honore le vieillard, crains ton Dieu, je suis Jéhovah." (Lévitique XIX,32)

RP Sertillanges  OP +

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 7 Novembre 2020

 

" Mon être à chaque souffle exhale un peu de moi,

Chaque parole emporte un lambeau de ma vie."

Lamartine. 

 

   Quand je dis: j'ai tant d'années, cela veut donc dire que la mort les a, que moi je ne les ai plus.  Ces années m'ont filé entre les doigts, et j'ai passé ce même nombre de fois sur l'anniversaire anticipé de ma mort, comme sur une pierre tombale. " Ma vie se compose de la perte de mes années", dit saint Grégoire de Naziance, et il suffit que je vive pour mériter de mourir. 

   Le temps est une étrange étoffe: la trame s'accroît à chaque instant; mais l'accroissement en avant provoque un effritement en arrière; l'étoffe s'use en se tissant; elle n'a jamais été qu'un lé transitoire, un lé qui n'en est même pas un, vu que le présent est sans largeur, entre ce qui fut et ce qui n'est pas encore;

   Autour de nous, tout subit cette même loi. Nous ne sommes pas des privilégiés; la mort est équitable. La nature, que les anciens ont appelée de ce mot expressif: natura, la chose qui va naître, peut aussi bien s'appeler celle qui va mourir. La vie des choses est mourante comme la vie des hommes; le fleuve s'écoule en même temps que la barque fuit. La goutte qui tombe du toit silencieusement, le glacier qui croule en avalanche, l'astre qui monte et puis descend, la vague qui se gonfle et retombe, un forgeron qui frappe en cadence, une voiture qui passe et disparait au tournant, le cycle de la journée, de la semaine, des lunaisons, des saisons, l'éphéméride qui s'effeuille et les calendriers qui se succèdent, l'horloge qui bat, tout nous dit: Nous fuyons, nous fuyons, et avec nous - ou plutôt nous avec elles - fuient toutes choses. Nous sommes là, stupéfaits, sur une planète qui branle, en face d'objets qui se déplacent et se transforment incessamment, devant les eaux qui courent, dorment , s'évaporent, retombent, devant tout ce qui recommence après avoir fini, et sous le ciel bleu, sous les nuées qui y frétillent, nous nous sentons sous l'aile de la mort. 

   Cette immense création, dont la durée est si disproportionnée à la nôtre que volontiers nous la croirions vouée à l'éternité, elle aussi est une mortelle. La terre sera portée en terre; l'atmosphère s'épuisera, les eaux seront bues jusqu'à la dernière goutte; les mouvement s'égaliseront; il  y aura un arrêt de l'action, il y aura un enterrement  du monde, un silence, un repos, une retombée définitive de ce qui monte et descend, une chute de la lampe d'or et un brisement de la chaîne du puits, ainsi que dit l'Ecclésiaste. Requiescat in pace, cela se dit de chaque vivant, cela se dira aussi de la planète. Ce monde est un cercueil qui n'est pas tout à fait fermé. 

  Et pourtant, nous sommes immortels. Aux profondeurs des choses, il y a aussi de l'immutabilité. Tout l'empire de la mort est étendu en surface, comme cet empire des vents qui n'agite que sur la mer qu'un rideau liquide. 

   Tout n'est que mort, disais-je; mais tout est mort afin que tout soit vie.

   La fin des fins n'appartient pas à la destruction. La vie meurt et renaît, elle s'élance et retombe; mais ce qui est à la fin, c'est une naissance, et qui ne doit pas mourir. Si à chaque réveil nous courons vers la nuit, de nuit en nuit et de jour en jour nous allons voir le jour, et au total , notre existence n'est pas la course à la mort, mais la course à la vie durable. 

" Haec est victoria quae vincit mundum: fides nostra: la voici, la victoire qui triomphe du monde, dit l'Apôtre, c'est notre foi." ( I Jean V,4) 

   Le monde, de son fait seul, n'a pas de quoi engendrer la vie; nos corps, fragments du monde, n'ont que des soubresauts impuissants; notre âme, si elle quitte Dieu, se perd elle-même et ne peut sauver son conjoint de la ruine universelle; mais notre foi, qui nous lie au Christ-Dieu nous rattache à la vie et nous fait participer de sa puissance. 

   Jésus est mort pour nous racheter de la mort. Il sanctifie et glorifie le trépas en sa personne; ensuite, il nous en fait le don, et c'est un trésor. La réalité universelle ne modifie de ce fait aucune apparence; mais le signe de ses valeurs est changé; tout prend un sens nouveau, et sur l'écriteau de la croix, où tout parait plaider pour la tombe, vient s'inscrire un appel de vie. 

   Qu'importe que nous perdions jour par jour tous nos jours, et avec eux les espoirs qui nous lancèrent pleins de feu dans la courte aventure terrestre! En Jésus-Christ on échappe à la déception; notre mort permanente et notre mort finale, le quotidie morior et son brusque aboutissement sont un gain l'un et l'autre, parce que le Christ est vie " Mihi vivere Christus est mori lucrum" (Philipp. 1,21)

   Quand nous perdons de notre être, il dépend de nous de pouvoir dire avec assurance: il s'accroît; parle-t-on du de son déclin, il approche de sa plénitude; quand l'action nous échappe, ses résultats sont là; quand nous n'arrivons pas, nous arrivons quand même; en mourant , nous vivons; car marchant droit vers Dieu, comme l'oiseau de toile qui court à toute vitesse sur l'aérodrome, nous sentons le ciel qui nous glisse sous les ailes et nous prend. 

   Toute la terre n'est qu'un point dans le vaste univers de l'âme; toute la terre n'est qu'un point au milieu de mon coeur. Que m'importe sa caducité! Je la mesure, je m'y appuie un instant, je l'utilise, mais ne lui appartiens pas. Ma chair est une matière que la nature me prête et sans cesse me retire; elle descend comme un courant d'eau; mais mon âme s'en dégage et monte , comme le feu des anciens qui cherchait les astres. 

   Le temps court et ne s'arrête jamais; mais au-dessous de lui, il y a de l'éternité; car au-dessous de la matière changeante, il y a de l'immutabilité, il y a Dieu. Or Dieu, quand on le saisit, est comme le fond où l'ancre du vaisseau se fixe et défie la houle. On s'éloigne de la mort, en plongeant, par son âme, plus profond.

   Que la foi nous attache à Dieu, que l'espérance nous confirme et consolide en nous les promesses de Dieu, que l'amour fasse du coeur de Dieu et du nôtre un seul coeur: une destinée pareille à la sienne nous est due aussi, et par suite - quelle folle que paraisse une telle conclusion - une pareille mesure d'être. Le vermiceau s'égale au suprême Vivant .

Participants de la nature divine, ainsi que dit saint Pierre (II Petr.1,4) nous devenons participants de sa durée. Nous aussi, nous serons des éternels; nous le serons dès maintenant par le fond et l'essentiel de l'être. La mort, à la surface, affectera seulement ce qui de nous est si peu et que du reste un jour, on saura retirer à son emprise. 

   ... Mourant sans cesse, il faut être sans cesse en état de mourir et sans cesse accepter de mourir. Notre mort est de la part de Dieu une volonté de justice et une volonté d'amour; de notre part, elle doit être une volonté soumise et une volonté filiale. Il faut que ce soit non une fatalité, mais un acte. L'acceptation que nous ferons de ce départ toujours imminent, de ce repas rapide de la vie qui ressemble à la Pâque juive, où l'on mange sans s'asseoir, les reins ceints, le bâton à la main, sous une lampe qui s'éteint elle-même: le soleil , moins vite , hélas que la flamme de nos regards , que l'ardeur de notre sang, c'est une vertu qui n'est pas loin de les contenir toutes; c'est à la fois une purification, un détachement, une lumière sur toute chose, un sentiment de justice, un courage, un amour. 

   Consentir par amour pour Dieu et pour nos frères à ce que tout nous quitte, à ce que nous ne puissions en jouir qu'en passant, n'est-ce pas un sacrifice pareil à celui du Sauveur? C'est comme sa mort à lui, un abandon d'amour, un baptême de désir et de sang, une communion, un martyre . Celui qui trouve en soi de quoi s'y adapter pleinement y peut voir le témoignage d'une charité parfaite; il a le droit de dire pour la mesure de vie comme pour la vie même 

:" Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi.

   L'instant final serait alors tout préparé; ce serait l'un des moments, un moment pour ainsi dire quelconque de cette mort permanente acceptée dont toute l'éternité vient guérir les affres. Nous serions en état de le vivre , ce dernier instant, au lieu de nous le voir arracher. Tant d'êtres n'y sont pas, ne s'en aperçoivent pas, meurent sans le savoir et ne peuvent donc se donner le mérite et la sécurité du suprême passage! Il faut le savoir et le régler, nous, par anticipation. " Par un transport de grâce " , ainsi que dit Pascal, il faut considérer " cet accident " comme tout simple, quoique infiniment grave, comme banal et comme décisif - banal parce qu'il a lieu tout le temps d'une certaine façon, parce qu'il est l'arrivée d'un constant voyage: décisif, parce que, au-delà, il n'y a plus qu'immobilité, heureuse ou terrible.

   Jour de la mort qui englobes tous les jours; jour qui comptes pour chaque jour et qui chaque jour comptes double: pour le temps et pour l'éternité, pour la durée changeante et pour la durée immobile, pour les deux mondes: le visible et au delà l'invisible; jour qui chevauches ainsi sur d'immenses domaines; jour qui enjambes; jour qui sépares et qui relies; jour frontière, sois-moi propice et ne me juge pas d'un jugement sévère. Ton tribunal est toujours en instance dernière; ton autel est toujours dressé pour le sacrifice final; ton espace si réduit et si vaste est le vestibule d'une immensité accueillante ou fatale. Instant secret, instant du mystère, instant qui viendras comme un voleur, a dit le Maître, toi qui termines et qui commences tout, sois pour moi le rendez-vous que Dieu disposa avec amour aux confins des mondes. Que je te prépare sans cesse, que je t'accueille doucement, que je te vive pleinement, que je t'offre méritoirement, que grâce à toi se réalise pour ma destinée ce que prophétise le psaume :" Vous lui avez accordé, Seigneur, le désir de son coeur et vous n'avez pas trompé la demande de ses lèvres.. Il a sollicité la vie et vous lui avez accordé des jours sans fin, durant les siècles des siècles . " Ps. XX, 35)

 

rp Sertillanges OP 

 

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Publié le 3 Novembre 2020

 

dom Léon Roy

dom. François Henry

dom. J.Michel Barais

dom. Yves Chauveau

dom Antoine Forgeot

frère Clément Pitard 

dom Francois de Feydeau

dom Alban de Breuverie 

 

* moines que j'ai particulièrement connus et aimés . 

 

 

tous nos moines défunts

priez pour nous. 

 

requiescant in pace.

+

 

 

A summo caelo egressio ejus et occursus ejus usque ad summum ejus.

   D'un extrémité du ciel il sort, et sa course le mène à l'autre extrémité: (Ps. 18,7) 

   La création tout entière n'est qu'un épisode dans l'éternelle Vie de Dieu. C'est au sein du Père que toutes choses ont pris leur source: c'est de là que le Fils de Dieu est né " Premier né avant toute créature".

   C'est vers Dieu que retournent toutes choses,  et c'est au sein du Père comme au lieu de l'éternel repos, que le Fils de Dieu conduit toutes les âmes trempées de son Sang, nourries de lui, marquées de sa ressemblance. 

  Alors , d'après nos conceptions, commencera une nouvelle et dernière vie du Seigneur qui clôturera toutes les autres. 

   L'Eternité recommencera, dans ce calme infini qui a précédé la création, avec cette différence toutefois qu'au sein de Dieu, buvant aux mêmes sources de l'éternelle félicité, le Fils de Dieu aura donné place à sa Mère, place à ses Saints, place à nous-mêmes..

   Ainsi l'heure viendra où moi qui écris ces lignes, moi qui lis ces lignes en tremblant, je serai pour l'éternité avec Notre Seigneur Jésus-Christ, dans le Sanctuaire incréé et vivant de notre Père céleste.  

   Ne regardons pas, non ne regardons pas! Notre coeur cesserait de battre, et notre vie s'éteindrait penchée sur l'abîme.... 

dom Delatte. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Octobre 2020

 

 

   

 

Merci, mon Père. 

Priez pour nous .   

 

   Dom Antoine Forgeot est né le 15 Octobre 1933 à Bayonne. Après une année en droit à l'Institut catholique de Paris, il entra en clôture le 8 Octobre 1953. Il acheva son noviciat en 1959 et fit profession solennelle en 1960. Il fut ordonné prêtre en 1964 et obtint une licence en théologie en 1966. Zélateur des novices de choeur  par dom Roy en 1966, maître des novices en 1971 puis prieur en Juillet 1976. 

   .. Le 12 Octobre 1952,* il séjourna pour la première fois à Fontgombault. .. Le jeune homme revint pour une retraite en Août 1953. A l'approche de son vingtième anniversaire, il était sûr de sa vocation. Le 6 Octobre de la même année, il posait définitivement sa valise à l'abbaye. ...

   ... Comment le moine accepte-t-il la vieillesse? Quand je lui posai cette question, il me répondit sans hésiter. Sa voix était basse, un peu éraillée : " Quand on ne meurt pas jeune, il faut se résigner à devenir un vieillard! Nous ne devons pas regarder la vieillesse comme une dernière étape triste ou avilissante. Elle appartient au plan de Dieu. Le moine , et tout homme, peuvent vieillir heureux. Un vieil homme sait qu'il ne cesse de se rapprocher de ce seuil. Nous ne savons pas ce qu'il y a derrière les deux battants. Mais nous savons qu'ils ouvrent vers Dieu. Les moines n'ont qu'une seule chose à faire: il faut nous préparer le mieux possible pour être dans les meilleures dispositions. Je m'efforce d'être prêt. " 

 ... " Nous ne devons pas imaginer le jugement comme un tribunal. C'est l'âme qui se juge elle-même. Au seuil de l'éternité, l'âme voit la merveille de Dieu et elle comprend si elle est prête ou non pour Le rejoindre.. Elle part d'elle-même vers le purgatoire ou, malheureusement , vers l'enfer. En ces moments la protection de la Sainte Vierge est très importante."

   ... Dans la règle, saint Benoît enseigne à ses moines qu'ils doivent " avoir chaque jour la mort sous les yeux". La pensée de la vie éternelle, n'est pas réservée aux moines qui approchent de la fin. ..

   L'éternité commence dans la vie de foi.

Que sera la vie éternelle? Lorsque je lui adressai cette question, les paroles de dom Forgeot se firent poétiques :

" La vision de Dieu. Un bonheur parfait. Des cieux nouveaux. Les saints nous attendent."

 

 

Extrait : Le grand bonheur. Nicolas Diat

* Philippe,

né le 11 0ctobre 1952. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 21 Octobre 2020

 

 

          Le parfum de la rose. Il ne demeure pas dans les basses régions de l'atmosphère, mais ses ondes pressées s'élèvent vers le ciel;  et ainsi il symbolise le parfait hommage qui du coeur de Marie monte à chaque instant vers Dieu. 

       Comme en tous les parfums nous distinguons facilement celui de la rose, ainsi entre toutes les adorations, et les louanges de la création, Dieu distingue celles de Marie. Comme le parfum de la rose, en se mêlant aux autres parfums, les tempère et les relève, ainsi la prière de Marie, en se mêlant à nos prières, corrige leurs imperfections et leur donne du prix devant Dieu. 

              Le parfum de la rose. Elle nous l'abandonne tout entier sans en rien retenir, et cette généreuse effusion symbolise les inépuisables largesses dont nous sommes chaque jour l'objet de la part de notre Mère des cieux.

        Le parfum de la rose. Il possède je ne sais quelle force pénétrante qui captive les sens et les enivre: symbole de l'action mystérieuse des vertus de Marie sur ceux qui en respirent la délicieuse odeur. Non seulement cette Vierge sainte a été enrichie de toutes les vertus infuses, mais les habitudes sacrées qui sont le fruit de nos libres efforts, les vertus acquises, elle en a pratiqué les actes dans un degré éminent et héroïque; et ainsi elle s'est entourée d'une atmosphère bienfaisante qui attire les âmes à sa suite. " Les vierges sont conduites au roi sur ses traces embaumées: Adducentur Regi virgines post eam.

 

                 Et nous, ô rose mystique! retenus par je ne sais quel charme, nous courons après l'odeur de vos parfums: In odorem unguentorum tuorum currimus. 

                       Les jeunes âmes surtout s'enivrent en respirant près de vous, et vous aiment d'un amour si tendre, qu'elles oublient tout pour demeurer à vos côtés et vous offrir l'hommage d'une vie immolée: " Adolescentulae dilexerunt te nimis" . 

 

                      Pour toutes ses grâces, ses splendeurs, ses charmes, ses attraits, la rose est-elle orgueilleuse?

Se tient-elle sur des arbres superbes loin de nos regards et de nos mains? Non, mes frères, elle naît humblement sur un modeste arbuste, et elle y demeure jusqu'à ce que nous allions la cueillir pour lui donner dans nos fêtes une place honorable. 

        ... Marie est donc véritablement la rose mystique. .. Elle attend dans l'ombre, dont elle s'est volontairement enveloppée, que Dieu lui-même vienne la cueillir , et lui donne une place d'honneur à la fête éternelle.  

                           

 

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Rédigé par Philippe

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