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Publié le 20 Janvier 2021

 

"  De la bouche des enfants et des nourrissons le Seigneur a fait sortir une louange parfaite. " 

 

   ... le divin Maître fait l'éloge des enfants et nous les donne en exemple. L'enfant, le tout petit, l'humble nourrisson, le fruit des entrailles maternelles, qui vit avec sa mère, de sa mère, en sa mère, est le modèle que nous devons suivre pour vivre avec Dieu et en Dieu. 

   Le petit enfant n'est d'abord que le fruit des entrailles maternelles, où il se forme peu à peu, vivant de la vie qui lui est perpétuellement communiquée par sa mère. 

   Une fois né, il reste longtemps encore un tout petit qui ne peut rien sans elle, qu'elle doit porter dans ses bras et nourrir de son lait. Le psaume cité par Notre-Seigneur parle de la louange parfaite que célèbre le petit nourrisson. En effet tous les compliments que l'on peut formuler à l'adresse d'une maman ne valent pas l'éloge silencieux mais éclatant, que fait d'elle ce bel enfant, fruit de sa fécondité, épanouissement de sa vie. 

   Les mois passent. L'enfant commence à marcher, il va et vient dans la maison, mais sans sortir du rayonnement maternel où il gazouille et s'amuse en sécurité. A la moindre alerte, il court dans les bras de sa mère. Il lui fait part de toutes ses joies, comme de toutes ses peines. 

   Au bout de quelques années, il sort, il va en classe, mais il revient chez sa mère pour les repas, pour le sommeil , pour les vacances au moins. Là est le lieu de son repos,  du vrai réconfort physique et moral. Là seulement l'adolescent est chez lui. 

   Mais à la fin, devenu un homme et se suffisant désormais, il quitte sa mère pour fonder un autre foyer. Il reviendra seulement de temps à autre, un moment, soit par besoin, pour demander des subsides à certains jours difficiles, soit par piété filiale, pour présenter ses devoirs aux jours de fête. 

   L'enfant de Dieu a , lui aussi, toujours des devoirs vis-à-vis du Père céleste. Mais, de plus, il en a toujours et sans cesse besoin. Il vit en sa perpétuelle dépendance. Jamais il ne se suffit. L'enfant devenu homme peut se passer de sa mère. Elle meurt et il continue de vivre. Mais nul homme, qu'il y pense ou non, ne peut se passer de Dieu pour subsister.

  Notre vie est à Dieu un perpétuel emprunt. Nous sommes en lui, nous vivons en lui toujours, comme un enfant dans le sein maternel. On se perfectionne à mesure que l'on vit davantage en Dieu et de Dieu, source première de tout notre être, surtout de notre être surnaturel qui est une véritable participation à sa vie intime.

   Et alors, pour atteindre progressivement notre idéal, nous devons procéder suivant l'ordre inverse de celui qui vient d'être décrit.

  Tandis que le tout petit en se développant devient un homme, l'homme maintenant doit travailler à devenir un enfant. Il le faut, quoi qu'en pensât Nicodème que cette affirmation de Jésus scandalisait. 

   Nous serons d'abord comme le fils établi dans le voisinage, qui vient de temps en temps embrasser sa vieille mère, s'informer de ses nouvelles, lui raconter les projets qu'il a formés, demander conseil à son expérience. C'est avec la messe du dimanche, la prière matinale que tout bon chrétien adresse au Père qui est aux cieux. 

   Puis peu à peu, faisant des progrès, on ressemblera à l'adolescent qui demeure encore chez sa mère, qui y revient plusieurs fois le jour, lui parle avec plus de simplicité, parfois très familièrement. Ces paroles de son fils, qui ne sont à certains moments que de petites phrases quelconques, sonnent plus agréablement aux oreilles de la mère que les formules polies et les compliments bien tournés des visiteurs qu'elle reçoit à  jour fixe dans son salon. Telles sont les prières, les divers exercices de piété que les personnes ferventes sèment au cours de leurs journées: oraison, messe, office divin, chapelet, visite au Saint-Sacrement, oraisons jaculatoires. 

   Ensuite on deviendra pareil à l'enfant qui ne quitte jamais ou presque jamais la présence maternelle. On vivra presque toujours avec Dieu. A la moindre joie, à la moindre peine on se tournera vers lui. On lui dira sans apprêt des mots affectueux. C'est l'oraison des âmes intérieures. Comme les bégaiements du petit enfant étouffent pour une mère les bruits de la rue, cette oraison si riche en même temps que si pauvre, " l'oraison de simplicité " , couvre et fait oublier au coeur de Dieu tous les blasphèmes du monde. 

   Dieu peut nous admettre en plus d'intimité encore. Le nourrisson qui vit en silence du lait de sa mère a paru à sainte Thérèse, à saint François de Sales le symbole " très juste " de l'oraison de quiétude, première phase des oraisons mystiques , et la vie de l'enfant dans les entrailles maternelles représente au mieux l'union parfaite des saints dont la vie est cachée en Dieu, qui n'ont d'autre vie que la sienne. 

RP Joret op + 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 16 Janvier 2021

 

   Dieu ne saurait se contenter de la seconde place, et le chrétien moyen se trouve déjà fort libéral quand il la lui a procurée. Pour Dieu, il n'y a jamais de place à l'hôtellerie commune, on le sait, mais il aurait tort de se plaindre si on ne lui interdit pas l'étable, inhabitée des hommes. Dans notre vie, c'est déjà beau quand l'Enfant-Dieu a une crèche. 

   Dans la cité, pour son ordre , Dieu demande la première place. Nous ne serons sauvés de la décomposition que si nous ne la lui refusons pas et nous sommes encore très loin du compte avec cette éventualité. Et cependant c'est un minimum pour lui. Les âmes données à Dieu, les âmes attentives à la volonté de Dieu, celles qui veulent bien ce que Dieu veut, les âmes contemplatives, les âmes qui connaissent Dieu, savent que pour elles Dieu est plus exigeant: ce n'est pas la première place qu'il réclame en elles, c'est toute la place. 

   Telles sont les rigueurs de l'amour, mais elles ne valent que pour le privé , pour la sanctification de la personne.

   Car il serait naïf de croire que la cité veut être sainte. Mais au moins désirons qu'elle soit bénie et que pour cela elle accorde à Dieu la première place qui revient à sa Nature royale. L'Enfant-Dieu demande à être placé en tête de la vie humaine, comme il est question de lui en tête du Livre , dans le Béréchit, ainsi que le confie saint Paul en se référant au Psaume XXXIX. La cité ne sera harmonieuse que si elle met le Premier et le Dernier, l'Alpha et l'Oméga, au commencement et à la fin de son développement. Tant qu'elle voudra se passer du premier et du dernier mot de la vie, son discours restera incohérent. 

    Mais je ne pense pas, au degré de barbarie où nous aboutissons, que l'on ait des chances de rendre tout de suite la cité harmonieuse. Il semble bien qu'avant même d'installer Dieu dans la cité à sa place royale il soit demandé, aux âmes qui demeurent dans la proximité du Seigneur, d'accepter sa volonté plus à fond; de vouloir mieux connaître la vérité pour laquelle il faut combattre, de se livrer davantage à la vera lux qu'est le soleil de minuit, à la lumière cachée, mais la seule vraie.  Et, quand il y aura beaucoup de ces âmes plus faites et refaites à la lumière de Noël, plus "recommencées" à l'Enfant-Jésus, plus enfants de Dieu, plus pénétrées des grâces de leur baptême, ces âmes-là n'auront qu'à se tenir dans la cité, vigilantes, charitables, intelligentes, droites, exemplaires. La cité aura besoin de se conformer à leurs vertus et alors elle aura peut-être envie de rendre la première place à Dieu, parce qu'elle en aura assez de mourir.  Ayant trop abusé de la mauvaise volonté, peut-on savoir si ne lui viendra pas un jour la tentation d'essayer de l'autre, celle qui est dans la ligne de Dieu et doit procurer aux hommes la paix sur la terre? 

    Les âmes de bonne volonté ont trouvé leur Prince et leur Principe à Noël dans l'Enfant Jésus, qui est appelé Prince de la Paix.

   De quelle paix? De celle que ne peut pas donner le monde mais qui serait faite pour lui, s'il voulait bien .

op + 

   

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Janvier 2021

 

" Jésus grandissait en sagesse et en taille ", raconte saint Luc en terminant le récit de l'enfance du Christ. Pour ce qui est du progrès physique, l'évangéliste lui-même l'a suivi dans ses phases successives avant de l'affirmer dans cette proposition finale. 

   Les bergers trouvent d'abord un nouveau-né enveloppé de langes. Plus tard à Nazareth c'est un petit enfant qui grandit et se fortifie. Quand il a douze ans, on l'appelle l'enfant Jésus. Enfin au temps de l'adolescence, on le nomme simplement Jésus: Jésus grandissait en sagesse et en taille. Saint Luc établit par deux fois une corrélation entre le développement intellectuel du Christ et sa croissance physique. Il est difficile de penser que le second étant réel, le premier ne fut qu'une simple apparence. Oui, " le petit enfant se remplissait vraiment de sagesse... Jésus grandissait en sagesse."

   N'oublions pas que le Fils de Dieu a fait une incarnation bien véritable. Il y eut au temps primitif de l'Eglise des hérétiques appelés docètes pour qui le corps de Jésus n'était qu'apparent. Puis vinrent d'autres hérétiques les appolinaristes. Pour ceux-ci Jésus n'avait du moins pas d'âme humaine; le Verbe en tenait lieu. Ne trouverait-on point encore parmi nous des docètes qui s'ignorent, et surtout des appolinaristes inconscients? 

   Combien, sans y prendre garde, mutilent, suppriment la sainte humanité de Jésus! Un corps comme le nôtre sauf les tendances vicieuses du péché, voilà pourtant ce que nous devons reconnaître en Notre-Seigneur. Et son âme a progressé dans la sagesse en même temps que son corps s'est fortifié. La preuve en est que nous l'entendons souvent poser des questions et demander des renseignements. D'autres fois nous le voyons saisi d'admiration et tout surpris, comme un homme qui vient de faire une découverte inattendue. A lui comme à nous-mêmes l'expérience a donné des leçons: c'est l'auteur de l'Epître aux Hébreux qui l'affirme. (Hebr.V , 8)

   La nature d'abord a produit sur son esprit une impression profonde et dans les détails de la vie des plantes ou des animaux il a trouvé la solution des plus graves problèmes. Le lis des champs mieux vêtu qu'un roi , le froment qui tombe de la main du semeur en différents terrains, l'ivraie qui se trouve mêlée au bon grain du père de famille, la croissante très lente du blé qui germe dans la terre et lève doucement, la vigne qu'il faut émonder pour qu'elle produise du fruit, la poule qui rassemble ses poussins sous son aile, combien d'autres traits finement observés ont fourni matière aux réflexion de Jésus et composé ses magnifiques paraboles. 

    Il a réfléchi pareillement au contact des faits quotidiens de la vie. Tout enfant, il a aidé sa mère à mettre, au milieu de la farine délayée, un peu de pâte gardée de la veille, qui suffisait pour faire tout lever. Il l'a vue raccommoder les habits avec des morceaux appropriés: elle se gardait bien de mettre une pièce neuve à un vêtement vieux. Il a appris d'elle les lois du marché : deux passereaux pour un as, cinq pour deux as. Plus tard il a considéré avec attention les travaux des maçons, des laboureurs, des bergers, des pêcheurs. Il a vu comment on administrait les grandes propriétés, comment on payait l'impôt. Il a observé mille autres détails de la vie sociale dont il a tiré parti et qu'il citera en exemple.

   Mais que tout cela est donc insuffisant pour expliquer la sagesse incomparable qui éclatera un jour chez ce jeune homme! Lui dont tout le monde sait qu'il n'a fréquenté aucune école, lui que l'on a vu s'absorber jusqu'à trente ans dans d'humbles travaux manuels, il se manifestera soudain comme supérieur à tous les docteurs d'Israël. Ceux-ci auront beau se liguer contre lui et lui poser les questions les plus captieuses, sur tous les points il trouvera sans effort la solution parfaite et il l'énoncera en quelques phrases claires, qu'il suffira d'entendre une fois pour être à jamais convaincu. 

   Aucune remarque: on a la preuve à maintes reprises qu'il découvre les pensées les plus secrètes de ceux qu'il approche. Il connaît aussi les évènements qui se passent au loin . Il a vu Nathanaël sous le figuier, il n'ignore rien de l'histoire de la Samaritaine rencontrée au puits de Jacob, il sait que son ami Lazare est mort. Il prévoit de même avec certitude les évènements futurs que rien ne détermine: il discerne dès le commencement que Judas le livrera, il peut détailler longtemps à l'avance toutes les phases de sa Passion, il annonce à saint Pierre son triple reniement, au moment même où l'apôtre proteste le plus fort de son amour inébranlable. ...

   Oui, l'Evangile en témoigne, en plus d'une science acquise peu à peu, l'âme de Jésus jouissait de connaissances qu'elle reçut toutes faites et parfaites du premier coup. 

   ... Tout en voyant la Sainte Trinité, Jésus a donc vu lui apparaître, comme à l'arrière-plan , tous les êtres qui ont été, qui sont ou qui seront. Il a su tout ce qui fut ou sera fait, dit ou pensé, par qui que ce soit en n'importe quel temps. 

   Cette pensée de Jésus, si vaste, si riche, si pénétrante, elle fut dès le premier instant fixée sur chacun de nous. Notre-Seigneur fit connaître un jour à une sainte religieuse la joie qu'il avait eue de s'incarner pour elle.  (Mère Anne-Marie Clément op - Saudreau - ) 

   En lisant une telle déclaration, qui ne porte pas envie à cette âme privilégiée? Mais nous savons maintenant que nous avons joui de la même faveur et il n'est pas besoin d'une révélation pour nous en donner la certitude. 

   Mais nous préférons sans doute nous représenter Jésus alors qu'il menait pleinement sa vie humaine et fixait sur nous une pensée toute chargée d'expérience.

   Le voici, jeune homme vigoureux et plein de grâce, qui, sa journée faite chez quelque client de la campagne, s'en revient paisiblement, ses outils sur l'épaule. Il fait un détour et gravit le sommet qui domine son village. De là on jouit d'un spectacle magnifique. La vue s'étend sur les vallées, les montagnes de la Palestine, sur les flots de la Méditerranée là-bas à l'ouest. Jésus regarde longuement. Par-delà cette grande nappe bleue, c'est la France, notre pays. Et par delà les siècles c'est nous actuellement vivants.  Dans la nuit qui tombe et favorise le recueillement des sens , Jésus prie plus à l'aise, bien que sa pensée ne quitte jamais Dieu. Il me semble aussi que du haut de cette montagne Jésus a mieux pensé à moi, bien que jamais il ne m'ait oublié. 

   Quelques années s'écoulent. Jésus a quitté Nazareth pour s'en aller à la recherche des âmes. Il compare celles-ci à de pauvres brebis abandonnées. Les mauvais bergers n'en ont point souci. " Je suis le bon pasteur, dit Jésus; je connais mes brebis , et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais mon Père. " Quatre fois dans cette courte phrase le mot " connaître " est répété. Les relations intimes qui s'établissent entre Jésus et les siens sont pareilles à cette connaissance toute affectueuse qui règne dans la vie divine entre le Père et le Fils. 

   ...  Le bon Pasteur connaît déjà ses brebis, et elles viendront à lui, tour à tour, dans la suite des temps. " J'ai d'autres brebis, dit Jésus, j'ai d'autres brebis  qui ne sont pas dans cette bergerie; il faut aussi que je les amène, et elles entendront ma voix."  Quand, les yeux levés au ciel, Jésus priait son Père pour ses disciples, il ajoutait :" Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont ici, mais pour ceux qui doivent croire en moi par leur parole." 

  Qu'il m'est doux de songer que le divin Pasteur a pensé dès ce temps-là à moi, la dernière de ses brebis ! O bonheur !

   Il savait déjà le nom dont il m'appellerait et dans ses longues nuits de prière il m'a nommé à son Père ! 

   Lorsqu'il prêchait en Palestine, le Maître parlait aussi pour moi. Les disciples assis sur la berge du lac ne formaient que le premier rang de son auditoire. Derrière eux, au regard de Jésus, se pressaient toutes les âmes à venir. Et parmi elles il discernait la mienne. Pour que sa parole m'atteignît, il a voulu que les évangélistes la recueillissent par écrit. On m'a remis cette " sainte écriture " . Je la conserve précieusement, telle une lettre d'un être cher et disparu que je relis autant de fois que je veux. Combien de paroles en l'Evangile ont été dites encore plus pour les disciples futurs que pour ceux qui les entendirent les premiers! 

   " Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as, donne- le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens et suis-moi".

   Le jeune homme riche que les yeux de Jésus fixaient avec amour en prononçant ces paroles ne répondit pas au conseil de Jésus. Il s'en alla, triste, parce qu'il avait de grands biens. Mais longtemps après, sur la rive du Nil, un autre jeune homme , nommé Antoine, entre dans une église au moment où on lit ce passage de l'Evangile. Antoine comprend que Jésus a parlé pour lui. Sans tarder il fait présent de tous ses biens, une centaine d'hectares de terre fertile, à la communauté de son village natal. Il vend en outre tous ses meubles et distribue l'argent aux pauvres. Puis il s'enfonce dans le désert afin de s'y livrer à l'ascétisme. Bientôt il doit organiser des monastères pour les disciples nombreux qui viennent le trouver dans le dessein de suivre avec lui le conseil du Christ.

   En vérité la pensée de Jésus était fixée sur tous ces religieux, et ceux-ci prenaient dans son coeur la place du jeune homme infidèle à la vocation divine. 

   ....

   L'on peut lire pareillement, dans les Actes de la martyre sainte Cécile, les lignes que voici :" Cécile avait entendu la voix qui nous dit dans l'Evangile :" Venez à moi, vous tous qui travaillez et qui êtes accablés, et je vous soulagerai. " Aussi portait-elle toujours sur sa poitrine les saints Evangiles qu'elle lisait et relisait nuit et jour au cours d'une prière ininterrompue. "

   Imitons toutes ces âmes. Ouvrons souvent le livre sacré. N'oublions pas que Jésus pensait à nous et parlait pour nous. Du coup l'Evangile nous apparaîtra comme ces lignes que nous écrit une main chère et qui diffèrent tellement de toute autre écriture. Elles ont la physionomie de la personne aimée. Avec l'Evangile, c'est Jésus même qui vient à nous! Si nous y songions, comme ces pages seraient vives et pressantes! Comme elles auraient de l'influence sur nos pensées, nos affections, toute notre vie ! Elles nous transformeraient ! C'est parce que les saints avaient compris cela, que François de Sales a pu dire d'eux : " Il n'y a non plus de différence entre l'Evangile écrit et la vie des saints qu'entre une musique notée et une musique chantée." 

RP Joret op+ 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 8 Janvier 2021

 

   

 

   Quelque profonde que soit la vie de foi, d'espérance et de charité, même lorsqu'on bénéficie des secours si merveilleusement proportionnés aux besoins , que connaissent les enfants de Dieu, même si l'on reçoit ces " visitations " du Verbe accordées à ceux qui poursuivent assidûment le souvenir de Jésus, il est impossible de ne pas être déconcerté par sa conduite.

" Le jeu de l'amour des départs et des retours, " comme dit sainte Catherine de Sienne, en une sorte de marivaudage inspiré du Cantique, ne fait qu'accroître un désir dont l'objet se dérobe bien plus qu'il ne se donne. 

   La main de la bonne Providence semble se montrer en tant de rencontres dans la vie, mais n'en paraît que plus cruelle de laisser le champ libre aux plus horribles puissances du mal, dans les grandes épreuves des vies personnelles, dans les catastrophes publiques. Ne subviendra-t-il donc pas à notre misère ! Ne voit-il pas que bientôt nous ne pourrons plus tenir, que nous allons être écrasés! Ne voit-il pas le triomphe du mal, et que partout sa cause semble désespérée! Ah! ces pensées , lorsqu'elles ne sont pas corrompues par le doute, sont permises dans l'angoisse.

Le Saint-Esprit lui-même fait crier à David : " Réveillez-vous donc! Pourquoi dormez-vous, Seigneur? " 

   Voici l'Epiphanie. C'est la fête qui, justement célèbre la manifestation du Dieu incarné. Si nous contemplons de toute notre âme la façon dont le Christ notre Dieu s'est manifesté, quand il a pris notre chair afin qu'on pût le voit, l'entendre, le toucher, je pense que nous nous étonnerons moins de la manière étrangement invisible dont il intervient dans les choses humaines , maintenant qu'il n'y est plus visiblement mêlé. 

   Ne nous y trompons point, la plus fameuse des manifestations du Christ que l'Eglise revit le jour de l'Epiphanie, l'adoration des mages, ne fut pas du tout , à la voir du dehors, un évènement éclatant. Nous nous représentons volontiers une brillante cavalcade à la Benozzo Gozzoli, ou une caravane étonnante par ses dromadaires et ses splendides étoffes, telle que Véronèse et Rubens nous en réjouissent.

Le 6 Janvier, c'est le " jour des Rois! " . 

   Mais quand on tâche de voir dans la réalité historique comment les choses se passèrent, on ne rencontre plus que trois astrologues, venus sans doute d'un peu au-delà de la mer Morte. C'était une croyance répandue dans les milieux judaïsants qu'une étoile annoncerait la venue du Messie. L'étoile des mages fut probablement une comète. Il y a grand émoi à Jérusalem? Oui, comme il y en a facilement dans une ville orientale , où tout retombe assez vite. Ils apportent des présents mystérieux, l'or , l'encens et la myrrhe, pour honorer un prince de grande race, mais ce qu'ils trouvent, au lieu du roi puissant qu'ils s'attendaient à voir établir sa domination sur le monde, c'est un faible enfant, encore couché peut-être dans la mangeoire de son étable natale et que leur présente la femme d'un ouvrier de village. Il y avait de quoi les désillusionner. 

   Comme nous nous trompons, lorsque nous nous imaginons qu'il nous aurait été plus facile de croire, si nous avions vu Notre-Seigneur! Il est à craindre qu'il nous eût été une occasion de scandale. Pour voir le Sauveur en Jésus, il fallait la foi candide d'un coeur que les choses de ce monde n'engluent pas et qui s'ouvre à celles du ciel.

   Là est la merveille de l'histoire évangélique, elle est toujours un triomphe de la foi. On ne sait pas si les mages comprirent tout de suite ou furent d'abord désappointés, comme nous le sommes chaque fois que cet enfant se manifeste à nous à sa manière: dans nos peines, ou simplement la banalité de nos vies. Ce qui est sûr, puisque saint Matthieu nous le dit, c'est qu'ils tombèrent en adoration , qu'ils offrirent leurs présents, qu'ils débordèrent de joie. 

   Pour peu maintenant que nous restions avec eux dans la lumière de la crèche et méditions sur le mystère de cette conduite de Dieu, il me semble que nous pouvons y pénétrer. 

   Ce mystère se développe en deux temps. Viendra le temps de la manifestation éclatante. Chacun de nous verra le Christ notre Dieu se dresser pour le juger; nous le verrons, terrible et miséricordieux, triomphant dans notre condamnation ou notre pardon, aussitôt après notre mort. L'humanité entière le verra dans sa gloire, quand il reviendra comme un éclair inattendu, pour le jugement final. Mais, cela, c'est le terme! 

   Jusque-là , lorsque notre Dieu vient soit en sa personne incarnée , comme il fit il y a vingt siècles, soit dans les évènements, qui sont tous providentiels, et par sa grâce, ce ne peut-être que de la façon la plus subreptice. 

   Pourquoi cela? Parce qu'il ne change pas encore la face du monde. Il se soumet à ses lois. Tant que le royaume des cieux demeure caché au plus secret des coeurs dans la foi, l'espérance et l'amour divin, son souverain, qui n'est pas de ce monde , se cache nécessairement aux yeux de quiconque juge selon les apparences de ce monde. Pour autant que nous jugeons selon le monde, comment pourrions-nous déceler la présence de celui qui n'est pas de ce monde? Il se rend sensible aux coeurs purs. Bienheureux les coeurs purs! il n'y a qu'eux pour reconnaître Dieu. 

   C'est un mystère de foi, d'espérance et d'amour.

  De foi, car le temps n'est pas encore venu de la vision , où nous connaîtrons Dieu comme lui-même se connaît. Maintenant, quand il se manifeste, comment pouvons-nous désirer qu'il se montre tel qu'il est pour nous, sinon comme infiniment énigmatique? Une belle réussite humaine, ne serait pas Dieu! 

   Mystère d'espérance, car Dieu ne vient pas nous attacher davantage aux biens de la terre, quels qu'ils soient, si hauts qu'ils soient. Il vient éveiller ce merveilleux désir des biens éternels qui dort au fond de toutes les âmes, dont toutes les âmes prennent obscurément conscience, pour peu qu'elles s'ouvrent . 

   Cependant, nous nous disons: il doit y avoir moyen de pénétrer plus avant. Car  enfin, nous acceptions cette hypothèse que Dieu ne change pas la face du monde, et alors nous comprenons que, se soumettant au régime actuel des choses, il faut bien qu'il s'y cache. Mais ne peut-on pas entendre pourquoi il ne la change pas? Là est vraiment la question. Je crois , en effet, que nous pouvons l'entendre, et c'est un secret de l'amour divin. 

   Dieu nous aime tant! Il nous aime assez pour nous traiter tels que nous sommes. Nous sommes des êtres libres! Il ne nous contraint donc pas. Il ne s'impose pas à nous du dehors. Son apparition fulgurante s'imposera, mais c'est qu'il n'y aura plus alors qu'à recueillir les fruits de notre choix. Ils ne sont pas murs. Maintenant, c'est le temps qu'ils mûrissent; c'est le temps du choix, et Dieu n'en trouble pas les données. 

   Il nous aime tant qu'il nous respecte. Il ne s'adresse à aucun de nos intérêts. Il vise en nous ce qu'il y a de plus noble, notre générosité foncière. Il nous sait capable d'un véritable don de nous-mêmes. Il vient les mains vides et sollicite nos présents. 

   Il nous aime tant que ce qu'il vient nous demander , c'est notre amour. Ce n'est pas une soumission d'esclave, ce n'est pas un marché, par lequel il paierait notre service en nous accordant les avantages de la terre. Même ce que l'on appelle - et à bon droit - la "récompense " du ciel ne sera pas autre chose que l'épanouissement, la satisfaction de notre amour pour lui, lequel, comme tout véritable amour, est gratuit. Aussi Notre- Seigneur, venant ici-bas amorcer cet amour, ne nous séduit-il par aucun des prestiges qui achètent les faveurs humaines, argent, honneurs, puissance, réussite quelle qu'elle soit, il ne parle qu'à nos coeurs, en ce qu'ils ont de plus tendre, de plus délicat - prenons garde: de plus facilement compromis par les duretés du monde et les nôtres. Il vient à nous comme un petit enfant. 

   Reconnaîtrons-nous enfin Notre-Seigneur, comme les mages, sous les plus pauvres apparences? 

   Depuis les abaissements de la crèche, il est caché. On peut dire qu'il sera plus caché encore, lorsque sa vie sera publique: on le contredira jusqu'à ce qu'élevé entre ciel et terre , aux yeux de tous, il connaisse l'occultation suprême, dans l'apparent oubli où le laissera Dieu. Et c'est alors , dans l'échec humainement le plus honteux et le plus ridicule, qu'il triomphera, qu'il accomplira la rédemption. Tout le monde verra la croix, verra les clous, verra couler le sang; on entendra le cri désastreux :" Pourquoi m'avez-vous abandonné?" mais la résurrection aura lieu en secret, au petit matin, de quelle manière furtive!

    Elle sera sur terre l'irruption de la gloire, il ne faut pas qu'elle embrase tout, sinon par l'amour. L'amour divin, ténèbre absolue pour le monde, est seul clair à la conscience pure, dans cet ordre où tout le reste est mystérieux. Tout, y compris notre engagement personnel. 

   Les mages ne se doutent pas de la portée de leur mission; ils n'ont pas besoin de savoir qu'ils sont les premiers ambassadeurs des nations auprès du Christ-Roi. On en sait toujours assez pour témoigner ou refuser l'amour. Mais ce qu'on fait exactement, jusqu'où vont les actes, ce qu'ils représentent, quel personnage chacun de nous joue dans le drame, quel NOM sera inscrit sur le petit caillou blanc que l'on sera stupéfait de lire en arrivant au ciel, on n'en sait rien. " Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font." Ils en savent assez pour être pleinement coupables, et avoir besoin de pardon, et cependant, il est vrai d dire qu'ils ne savent pas CE QU'ILS FONT, l'infini retentissement de leur crime. La loi se vérifie en bien comme en mal , et le partage est fait selon que le coeur se donne ou se ferme.

   Quand la vie est lourde, quand nous n'y comprenons plus rien, quand ce monde hagard et forcené nous angoisse, reconnaissons l'épreuve de l'amour. Dans le déchaînement de la haine, l'amour divin se cache pour  tremper vigoureusement le nôtre. Les âmes de peu de foi qui se plaignent: nous ne méritions pas cela; s'il était Dieu permettrait-il des choses pareilles ! - attestent qu'elles ne comprennent pas le premier mot du christianisme et qu'elles méprisent leur propre dignité, cette dignité qui est dans le pouvoir de donner de l'amour.

Plus est paradoxale la façon dont notre Dieu se manifeste, plus il nous croit capables d'aimer; il nous demande alors un amour fou. 

 

 

 

La leçon de l'Epiphanie. 

 

   Le progrès de la manifestation divine en ce monde pécheur est nécessairement un progrès de la croix.

  Car le christianisme n'est pas seulement un retournement, il est un engagement du converti dans le monde, à l'envers. Il l'engage dans une lutte avec ce "monde", qui n'est que concupiscence des yeux, concupiscence de la chair et orgueil de la vie, ce monde qui est tel en chacun de nous.

   Il ne s'agit pas de contempler les merveilles de Dieu , d'admirer sa doctrine, d'être ravis par sa parole - " Personne ne parle comme cet homme! " sa manifestation n'est pas un spectacle. Voir Dieu ne fera notre béatitude qu'au ciel. 

   Ici-bas, voir Dieu , c'est partir en lutte contre le mal. Il s'agit de faire la vérité.

   Le voir petit enfant dans sa crèche, c'est mépriser comme lui les biens périssables, sacrifier au royaume des cieux tout ce qu'il nous demande de sacrifier, et nous ne pouvons pas lui apporter l'or de notre amour, l'encens de nos prières, sans y joindre la myrrhe de nos peines courageusement offertes. Le voir comme le Fils de Dieu en qui le Père céleste nous adopte, ce n'est vrai que si nous surmontons les tentations en enfants de Dieu. Le voir comme le Tout-Puissant qui vient avec sa miséricorde subvenir à nos besoins, c'est être entraînés à notre tour dans le jeu de sa miséricorde , cela nous oblige à continuer envers ceux qu'il met sur notre route son oeuvre rédemptrice, et cela surtout est crucifiant. 

   Ne nous étonnons donc pas qu'il ménage notre faiblesse. C'est la merveille de miséricorde des sacrements qu'ils accomplissent en nous d'une façon tellement voilée le salut, qui serait aussi effroyable en chacun de nous que dans le Christ, s'il fallait que notre coopération consciente lui fût proportionnée. Mais Dieu ne nous sauve pas sans nous. 

   Son amour créateur nous veut auteurs de nos vies, son bon plaisir magnifique attise notre liberté, autant que sa causalité nous meut. Il faut donc qu'il se manifeste à nous, et ce n'est pas en tempête, c'est dans la brise imperceptible qui le faisait entrevoir à Moïse " par derrière " , après son passage. C'en est encore trop pour notre faiblesse, et désormais la tempête est en nous. 

   Il nous apporte la croix. La croix nous l'apporte. Une perspective nouvelle s'ouvre, où nous ne nous engagerons pas aujourd'hui. Les peines qui sont entrées en ce monde par le péché font dire au monde pécheur que Dieu se cache, mais l'enfant de Dieu sait que plus filialement il les accepte, plus Dieu s'y manifeste à lui d'une façon dont on peut aussi bien dire qu'elle est de plus en plus obscure ou de plus en plus claire. 

   Par la pauvreté en esprit , nous accédons aux richesses du royaume, par l'exercice crucifiant de sa miséricorde, nous recevons nous-mêmes miséricorde, par les persécutions, c'est encore le royaume que nous conquérons, et de croix en croix , notre âme avance dans les profondeurs de Dieu, jusqu'à la grande manifestation qui sera au plein jour de l'éternité .

 

RP Raymond  Regamey op+ 

   

   

 

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Publié le 6 Janvier 2021

 

 

 

 

+ ÉPIPHANIE

 Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU 

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault 

(Fontgombault, le 6 janvier 2021)

 

 « Vidimus stellam ejus. »

 

 « Nous avons vu son étoile. » (Mt 2,2)

 

 Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

Il y a presque deux semaines, la crèche nous accueillait pour fêter la naissance de notre Rédempteur. L’Église nous convie aujourd’hui pour son Épiphanie, sa manifestation au monde. De fait, la naissance de l’Emmanuel, « Dieu avec nous », a été très discrète, cachée aux yeux des foules : une étable retirée, Marie et Joseph, seuls, puis quelques bergers convoqués par les Anges. Ce fut tout. Les bergers, des hommes silencieux, avaient probablement gardé le secret divin. Désormais, le temps est venu de la proclamation de cet événement. À qui sera-t-il révélé , et comment ? 

 

Dieu est surprenant. Dans la nuit de Noël, des Anges avaient porté l’annonce de la divine naissance aux pasteurs. N’est-ce pas leur rôle de messagers divins ? Mais aujourd’hui, quel n’est pas notre étonnement de voir arriver dans nos crèches le déploiement de couleurs et d’animaux qui accompagne les mystérieux rois ! Les noëls populaires ont multiplié les couplets à leur sujet. L’arrivée de ces dignitaires à Jérusalem n’aura pas manqué de susciter un certain désordre dans la ville. Bien vite, la nouvelle est parvenue aux puissants, d’autant que les Mages souhaitaient les rencontrer. Ces hommes venus d’Orient révèlent à Hérode, aux princes des prêtres et aux scribes, l’existence de l’étoile et la naissance de l’Enfant-Roi. En retour, ils reçoivent des savants l’indication du lieu où trouver celui que la prophétie appelle « le Chef qui gouvernera Israël. » Que les destinées humaines sont différentes ! À ce nom de Bethléem en effet, les Mages reprennent la route. Ils poursuivent le long chemin débuté sous le signe humble et discret de l’étoile ; et voici justement qu’apparaissant de nouveau devant eux, elle s’arrête au-dessus du lieu où repose le nouveau-né. La joie dans le cœur, ils poussent la porte de l’étable. Les puissants de Jérusalem, eux, ne consentiront pas à parcourir la dizaine de kilomètres vers Bethléem. Sur le chemin de Dieu, ils étaient immobiles et ils le demeureront. Bien plus, ils feront parcourir à d’autres ce chemin, non pour adorer l’Enfant, mais pour le tuer. L’annonce de la naissance du Messie, bien loin de consoler leur attente, ne suscite en eux que la haine et la crainte. Mais l’Enfant échappe de leurs mains, et la prophétie d’Isaïe se réalise : sa naissance n’est pas demeurée secrète, car voici que la gloire du Seigneur se lève, et que sa clarté illumine les nations : les peuples marchent à sa lumière, et les rois à l’éclat de son aurore (cf. Is 60,1-3). 

 

À notre tour, nous sommes convoqués à la crèche. Quel chemin prendrons-nous ? Celui d’Hérode ? Celui des Mages ? Chemin de ténèbres ou chemin de lumière ? 

 

Les Mages ont été attentifs aux signes des temps, à ces circonstances qui entourent nos vies et qui demeurent, même quand elles semblent contraires, le don de la Providence, toujours accompagné de la grâce nécessaire pour faire face au présent selon la volonté de Dieu. Dieu vient à nous dans les événements. Rien n’échappe à sa Providence.

Les Mages, dociles aux signes divins, acceptent donc de se mettre en route, de renoncer à leurs projets, à leurs habitudes. Ils font le choix radical de Dieu. Ils se convertissent et le font vraiment. Une lointaine velléité, une vague volonté ne convient pas. Il faut des actes et des actes concrets, répétés. Ils partent et non pas les mains vides : c’est un Roi qu’ils viennent visiter, et dont ils ont vu l’étoile. L’évangile rapporte qu’avant de quitter leurs contrées lointaines, ils ont pris avec eux de l’or, de l’encens et de la myrrhe. L’antienne de Benedictus au lendemain de l’Épiphanie précise : « l’or, car il est le grand Roi ; l’encens, puisqu’il est le vrai Dieu ; la myrrhe destinée à sa sépulture. » 

 

Les voici arrivés à la crèche. Autant saint Matthieu a détaillé l’étape à Jérusalem auprès d’Hérode, autant il décrit sobrement l’arrivée à l’étable. Ils entrent. Ils trouvent l’Enfant et sa Mère. Ils se prosternent, adorent, offrent leurs présents et s’en retournent par un autre chemin. Quel contraste entre la rencontre tourmentée d’Hérode avec l’Enfant de la crèche et celle des Mages : pour eux, pas de rendez-vous, pas d’attente, pas de douane à l’entrée. La seule douane sur le chemin de la rencontre avec Jésus est celle que nous placerions, comme Hérode, à la porte de notre propre cœur. L’oreille du Seigneur demeure ouverte à qui s’adresse à lui. Les Mages ont simplement vu une mère et son enfant. Malgré ce peu, ils se prosternent et adorent. La banalité de ce qu’ils voient n’est pas un obstacle à leur entrée dans le mystère de cette naissance qui leur a demandé un si long voyage. Ils ne sont pas déçus. Bien plus, ils se laissent imprégner par l’enseignement de cette présence. Dieu est inépuisable. Nul ne sort inchangé de la rencontre avec Lui. Les Mages offrent à l’Enfant de la crèche l’or, l’encens et la myrrhe, ce qu’ils ont de plus beau et de plus significatif. 

 

Et nous, quel cas faisons-nous de l’invitation à rencontrer le Christ en chaque instant ? Qu’allons-nous offrir à l’Enfant qui vient à nous ? Il est Roi, d’une royauté qui n’est pas semblable à celle des grands de ce monde : il règne sur les cœurs. Offrons-lui donc l’or de nos cœurs. Il est Dieu : il a donc droit à l’encens de notre prière. La myrrhe enfin évoque sa tragique destinée, sa mort, pour nous gage du salut. L’Enfant de la crèche attend donc notre amour, notre prière, notre misère.

 

 Le mystère de Noël invite à ne pas séparer le don à Dieu de notre cœur, l’offrande de notre prière, et le don de notre misère. Jésus attend tout de nous comme il le disait un jour à saint Jérôme : « Tu ne m’as pas tout donné ; tu ne m’as donné ta misère. » Nul ne l’aime vraiment s’il ne répond pas à cette dernière attente.

S’il nous faut quitter la crèche, demeurons avec Dieu. Poursuivons notre vie par un autre chemin, libérés du poids de la misère abandonnée aux pieds de l’Enfant ; nous souvenant aussi que la porte de la crèche demeure ouverte, si quelque misère à nouveau venait assombrir notre horizon.

Une étoile luit sur chacune de nos vies, l’étoile, signe d’Espérance, témoin de l’amour inépuisable de Dieu qui, dans la crèche de Bethléem, a voulu recevoir le nom de Jésus : Dieu Sauveur. 

 

Amen.

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Publié le 6 Janvier 2021

 

 

 

 

 

"Nous sommes venus pour adorer."

 

Telle est la motivation que les trois rois donnent pour leur long voyage depuis l'Orient. Nous sommes venus pour adorer.

Avec cette seule phrase, ces trois braves hommes ont involontairement donné le ton à toute l'histoire de l'Église catholique et en particulier à cette partie de l'Église appelée les ordres monastiques. En effet, s'il y a un aspect fondamental de la vraie religion, s'il y a une idée globale qui prime sur toutes les autres dans la vie monastique et religieuse, c'est bien l'accomplissement consciencieux du premier commandement. Je suis le Seigneur ton Dieu, tu n'auras pas de dieux étrangers devant moi. Les mages entreprennent un long et périlleux voyage. Ils n'épargnent aucun effort. Ils ne craignent aucun obstacle. Ils se sont même mis en avant face à une éventuelle persécution d'un roi méchant, pervers, méchant et vengeur. Ils sont venus pour adorer. Rien ne les arrêtera. Ils n'accepteront pas de demi-mesures, pas de paroles en l'air. Ils sont venus pour adorer et adorer qu'ils le feront.

 

Leur adoration prend deux formes distinctes.

 

Il y a d'abord leur acte de prosternation.

Ils ne s'agenouillent pas simplement devant le Dieu nouveau-né; ils se prosternent, couchés face au sol, dans un acte qui, mieux que tout autre, manifeste la soumission totale de soi à Dieu, l'oblation totale de tout son esprit et de toutes ses énergies au Seigneur.

C'est un acte de latrie, c'est-à-dire d'adoration qui est dû à Dieu seul.

C'est étonnant de voir comment ces hommes, originaires d'un pays païen, ont pu reconnaître Dieu sous le couvert d'un enfant sans défense, et nos contemporains sont incapables de le reconnaître dans la grandeur de 2000 ans d'histoire glorieuse de l'Église, de la vie des saints. et d'innombrables miracles.

Comme nous l'a dit ce matin saint Grégoire le Grand à propos des Juifs qui refusent de croire: les pierres mêmes ont professé leur foi au Seigneur Jésus quand il est ressuscité des morts, mais leur cœur est plus dur que la pierre! Que dire de nos contemporains qui se heurtent la tête contre le Rocher, protestant qu'ils n'ont pas besoin de Dieu, mais comme leurs ancêtres de tous âges, créant leurs propres idoles à leur goût.

 

Cela fera bientôt un an que notre monde est plongé dans le désordre d'une nouvelle forme d'idolâtrie, que l'on pourrait appeler le culte de la bonne santé.

Il a mis en place un rituel assez impressionnant et élaboré avec des actes de respect d'autrui avec des espaces spécifiques pour se lever et s'asseoir, des purifications rituelles et des voiles mystérieux qui cachent l'éclat du visage humain.

Cette nouvelle liturgie est omniprésente et étend ses tentacules sur la terre, faisant toujours de nouveaux convertis. Nous ne pouvons que penser qu'une telle folie est le juste châtiment pour le rejet du Christ-Roi, même dans l'Église. Depuis des décennies maintenant, Notre-Seigneur a été réduit à un autre dieu dans le panthéon moderne. Et comme cela s'est produit si souvent dans l'Ancien Testament, se détourner du seul vrai Dieu implique de courir après plusieurs dieux qui ne sont pas des dieux et qui ne font que rendre la vie misérable et inhumaine.

 

Dans ce contexte, la vie des moines est d’autant plus importante.

En effet, toute la vie du moine, qu'est-ce que c'est si ce n'est pas de l'adoration?

Du matin au soir et même pendant la nuit, le moine vient continuellement devant le Seigneur pour adorer, pour témoigner de la grandeur du seul vrai Dieu. Il vient pour adorer, déposer aux pieds du Maître ses pensées, ses paroles et ses actes, chacun de ses instants et désirs. Tota die benedicent ei, a prophétisé le grand Psaume de l'Epiphanie, Psaume 71:

Toute la journée, ils béniront le Nom du Seigneur.

Et quels sont les vœux monastiques sinon les choses mêmes symbolisées par les trois dons des mages?

L'or précieux signifie l'amour de Dieu par-dessus tout.

Le moine, par son vœu de pauvreté, déclare à Dieu qu'il suffit, qu'il ne faut plus rien. Le moine déclare au monde que rien ne vaut s'il n'est pas référé à Dieu et qu'en fin de compte une vie qui n'est pas vécue pour Dieu est la plus misérable pauvreté.

La myrrhe qui est amère mais qui préserve ce qu'elle touche, signifie la pureté de chasteté que le moine offre à Dieu, professant que son amour seul suffit et disant au monde qu'aucune attraction ne peut exercer son influence sur un cœur qui a été captivé par le créateur.

Cela pousse cette âme à renoncer à beaucoup de choses et à embrasser de nombreuses difficultés et sacrifices afin de devenir forte et de se préserver pure comme un sacrifice vivant offert en adoration à Dieu.

L'encens qui monte au ciel avec son odeur parfumée et représente la prière qui monte devant le trône de Dieu, symbolise le vœu d'obéissance par lequel le moine laisse son esprit et sera captivé par l'homme de Dieu, lui remettant tous ses plans et des projets, protestant que rien ne pourrait lui être plus cher que l'accomplissement du plan de Dieu, qui est toujours meilleur, plus épanouissant et gratifiant que le nôtre. De cette manière, chaque religieux continue sur terre ce beau rôle des trois rois.

 

En cette fête, et en ce moment historique, prions pour que le travail qui a été commencé ici se poursuive pendant des siècles à venir, que de nombreux autres jeunes hommes, et peut-être un jour aussi des jeunes femmes, puissent voir l'étoile, et comprendre ce que cela signifie.

En effet, l'étoile peut être comprise comme le signe d'une vocation.

Quand les mages l'ont vu, leur cœur était rempli de joie et de désir; puis, pour obtenir l'objet de leur désir, ils ont dû faire de grands efforts et traverser de nombreux périls, et finalement ils ont été récompensés en présence de l'Enfant Dieu.

Et oh, quels torrents de joie céleste le bébé divin doit-il avoir déversé dans le cœur de ces saints hommes!

De la même manière, dans l'esprit et le cœur de nombreux jeunes hommes et femmes, une étoile se lève, qui les conduit, malgré les obstacles, vers le but qu'ils prévoyaient depuis le lointain pays de leur vie dans le monde. Certains d'entre eux rencontrent de la résistance; ils ne sont pas compris. Mais comment pourraient-ils être compris par le monde lorsqu'ils sont appelés au Ciel? Comment pourraient-ils être compris par Babylone, la ville de la confusion, lorsqu'ils sont appelés à Jérusalem, la vision de la paix?

 

Que cette étoile se lève aujourd'hui et que beaucoup la voient, de sorte qu'à partir du lever du soleil son coucher, de sorte qu'à partir d'ici, dans ces régions les plus éloignées du monde, l'extrême-orient où commence le jour, ici dans le domaine de Jérusalem, à aux extrémités de notre monde, il peut toujours y avoir des hommes et des femmes qui chantent les louanges de Dieu, qui proclament au monde entier par toute leur vie, par ce qu'ils sont ce qu'ils font: montrez-nous le roi qui vient de naître dans nos cœurs , pour rien d'autre et personne d'autre ne peut nous satisfaire.

Nous voulons Dieu et nous sommes venus adorer.

 

notre dame priory. 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 5 Janvier 2021

 

 

   

 

 

   Notre- Dame demande du vin matériel, le Christ lui fait demander un breuvage spirituel, son propre sang, et il ne lui refuse ce qu'elle ne demande pas que pour lui promettre de l'associer étroitement à l'oeuvre de notre salut.

   Car c'est sur la croix, assisté par son épouse, et sa compagne, adjutorium simile sibi, que le nouvel Adam répandra pour le salut du monde ce vin précieux, qui , étant son propre sang, est aussi celui de la Vierge Marie, comme Bossuet le déclare avec son éloquence coutumière :" Sa chair est votre chair, ô Marie, son sang est votre sang; et il me semble que ce sang précieux prenait plaisir à ruisseler pour nous à gros bouillons sur la croix, sentant bien que vous êtiez la source d'où il découlait. " 

   En effet, il fallait attendre l'heure du Calvaire pour que le Christ réalisât vraiment en toute magnificence la demande de Cana.

   Et voilà comment, sous l'apparence d'un refus, le Sauveur promettait à sa divine Mère de lui donner tout ce qu'il voulait qu'elle demandât pour le salut des hommes. Manière divinement habile, infiniment délicate et aimable, de rattacher sa propre Passion à la demande compatissante de la Vierge Marie, de faire dépendre d'elle l'effusion de son sang, et de lui reconnaître une sorte de juridiction sur tous les écoulements d'un breuvage dont elle-même était la source très pure. 

   Tandis que l'intelligence de la Samaritaine, pauvre femme ignorante et pécheresse, ne devait s'ouvrir qu'avec beaucoup d lenteur et de peine à la lumière divine, la sainte Vierge Marie, mère de la Sagesse incarnée, comprit du premier coup la réponse de son Fils et en découvrit tout le mystère. Ce n'était pas un refus, mais la promesse qu'il se réaliserait entre eux sur le Calvaire une admirable alliance, une communauté plus étroite encore, et plus intime, et plus profonde, que celle qui existe entre un époux et son épouse. Notre-Dame comprit tout de suite le sens que le Sauveur avait donné à sa propre demande. Grâce à l'Esprit de Sagesse dont elle avait la plénitude, elle conclut , sans hésitation, que le miracle sollicité par elle n'était pas écarté, mais qu'il allait recevoir dans l'intention du Christ une signification profonde. 

   Le vin de Cana sera accordé moins pour lui-même et pour satisfaire un besoin matériel, que pour devenir le gage et le symbole d'une liqueur bien autrement enivrante, le sang de Jésus. Et ainsi le bienfait opéré sur la requête de la Vierge ne sera pas un prodige quelconque, mais il sera, au sens propre du mot, un signe, parce que, en manifestant la vertu divine du Christ , il représentera par avance l'oeuvre salutaire de la Croix.

   Notre-Dame comprit si bien la pensée de son Fils, qu'au lieu de retirer sa demande, elle enjoignit aux serviteurs de prendre leurs dispositions en vue du miracle qui allait s'accomplir, et leur dit avec une tranquille assurance, comme si elle savait ce qui allait arriver:

 " Faites tout ce qu'il vous dira." 

 

   Les noces de Cana furent pour la Vierge Marie l'occasion de se manifester à nous comme l'Epouse du Verbe fait chair. Car la Vierge Marie est unie au Christ , non pas seulement en qualité de Mère, mais de plus, et très véritablement, au titre d'Epouse. Epouse du Christ, Notre-Dame l'était déjà sans doute, en raison de l'union hypostatique, puisqu'en elle la nature humaine s'unissait au Verbe de Dieu, mais elle devait l'être encore, et plus proprement, du fait de sa participation au sacrifice de la Croix et de l'assistance qu'elle prêta directement au Sauveur dans l'acte même de notre rédemption. 

   Aux noces de Cana, dans une circonstance dont tous les détails étaient divinement appropriés à ce mystère, le Christ Jésus annonça l'union qui, l'heure venue, devait se consommer entre lui et la Vierge Marie pour le salut du monde. 

   C'est pourquoi, tandis que l'épisode de l'adoration des Mages nous fait saluer dans la Mère de Jésus la Mère du Roi des rois, le miracle de Cana nous révèle, de plus que Notre-Dame est l'Epouse de ce Seigneur des seigneurs, dont elle partage à tout jamais, au ciel et sur la terre, la royauté, la puissance et la gloire :

Adstitit Regina a dextris tuis. 

 

dom Flicoteaux osb+

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Rédigé par Philippe

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Publié le 31 Décembre 2020

 

 

   Il y a tant de fraîcheur et de vérité dans le récit de l'adoration des mages que nous devons savoir gré à la Liturgie de mettre chaque année sous nos yeux cette page d'Evangile. 

   Une telle évocation, avec les éléments de pensée et de conduite qu'elle renferme, avec la participation au saint sacrifice qui lui donne son plein sens, dispose les chrétiens à recevoir la grâce propre actuelle de l'Epiphanie. Car les mystères du Christ, objet de nos solennités annuelles, sont une réalité toujours vivante qui n'a rien perdu de son efficacité originelle. Le bienfait insigne qui fut conféré aux mages nous est donc offert. " Le mystère qui s'est accompli en ce jour, dit saint Léon, ne doit pas y être confiné; grâce à la munificence de Dieu et à la force d'expansion de sa grâce, notre temps possède la réalité de la grâce dont les mages eurent les prémices". 

   Qu'avons-nous de commun avec ces princes exotiques? Comment leur étoile peut-elle éclairer notre route?

  Les mages étudiaient les astres pour y découvrir l'avenir; qui de nous ne voudrait percer les épaisses ténèbres qui enveloppent le futur immédiat ou lointain? Mais pareille curiosité s'accompagnait dans l'âme des mages d'un grand espoir en l'avènement du roi des Juifs. Notre inquiétude ne sera salutaire que si elle accroît notre soif du règne de Jésus, d'un règne tel que Dieu le veut, non tel que nous l'imaginons ou le souhaitons peut-être.

   La grande épreuve des mages, celle qui révéla la profondeur et la tenacité de leur foi, ne fut pas la disparition de l'étoile ou l'ironie moqueuse d'Hérode; ce fut de trouver, au lieu du roi qu'ils cherchaient , un bébé couché sur de la paille et dans une crèche, un enfant de pauvres gens obligés de prendre logis dans une grotte. Malgré toutes ces apparences, ils ne s'y trompent point; leur foi les initie aux procédés divins; elle leur fait accepter l'économie rédemptrice avec la part inévitable de souffrance qu'elle comporte, puisque la force et les autres moyens adorés des hommes n'y ont point de place. 

   Les présents qu'ils posent devant l'Enfant mystérieux montrent que les mages ont saisi d'emblée tous les aspects essentiels de sa personnalité. L'or honore la royauté du Christ, l'encens proclame sa divinité, la myrrhe son humanité passible. 

   Oserons-nous maintenant comparer notre foi à celle des mages, si pure, si ferme, si généreuse?  Nous qui connaissons pourtant la suite de l'histoire du Christ, son immolation personnelle prix du salut apporté à la terre, nous nous étonnons peut-être , sans trop l'avouer, de l'humilité et de la faiblesse des moyens divins.

   Il nous semble parfois que Dieu pourrait faire plus ou s'y prendre autrement pour assurer son triomphe ici-bas, pour établir le règne du Christ. Sa propre gloire et le bien de l'humanité n'y trouveraient-ils pas également leur compte? Pourquoi Dieu ne recrute-t-il pas son armée, pourquoi n'organise-t-il pas sa propagande, alors que l'une et l'autre s'avèrent indispensables à la conquête du monde? Pourquoi ne collabore-t-il pas davantage avec le "monde officiel" dont l'appui, après tout, n'est pas négligeable?

   Pourquoi  toujours  prière et de pénitence, alors que la cruelle pandémie  bouleverse le monde? 

   D'aussi pauvres moyens sont-ils vraiment à la mesure d'une tâche si urgente, si colossale? 

   Cette question, si elle nous vient à l'esprit sous une forme ou l'autre, montre à quel point nous avons besoin de "comprendre avec une intelligence purifiée " la leçon de l'Epiphanie.

   Car si nous lions inconsciemment nos espoirs chrétiens aux moyens temporels, si nous doutons de l'efficacité des moyens spirituels adoptés par le Christ, ce ne peut-être que pour avoir négligé l'application loyale et entière de ces mêmes moyens à notre propre cas.  Nous appelons de nos voeux l'instauration d'un ordre nouveau, nous souhaitons une révolution qui rendrait à Dieu le rang social qui Lui revient. Mais dans notre impatience de modifier le cours des réalités politiques et temporelles, nous oublions qu'il faut d'abord promouvoir le règne de Dieu en nous, au secret de notre coeur trop souvent complice des passions qui dressent les hommes les uns contre les autres. L'ordre nouveau dont nous rêvons, c'est là qu'il importe de le faire naître par " l'amélioration spirituelle de la vie de chacun, mise en plus parfait accord avec la loi du Christ. ( S.S. Pie XII) 

   Voilà l'appui nécessaire de notre espoir en une cité plus humaine et plus chrétienne; la preuve de sincérité que doit fournir toute âme de bonne volonté en prenant conscience de ce que Dieu attend d'elle. 

   Les mages, et après eux tous les saints, ont accepté l'invitation; ils n'ont pas eu à se plaindre des lenteurs divines; ils ont admiré, au contraire, le rendement de l'économie surnaturelle. 

   A nous de refaire cette merveilleuse expérience en imitant la foi des mages pour " trouver l'Enfant avec Marie sa Mère. " 

rp Joseph Marie Parent op+ 

   

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Publié le 29 Décembre 2020

 

 

 

 

 

 

 

aux intentions de petit frère de Clear Creek .  c'était comme ça pour lui... ! (sans photos, snif. )

 

site internet 

 

 

 Plus d'un auteur a souligné les affinités entre la crèche, la croix, le tabernacle. Ce trio résume ce qui nous est le plus cher dans notre foi catholique. Dans chacun d'eux, nous contemplons un certain nombre de vertus que notre bienheureux Sauveur a dépeintes pour nous. Limitons-nous aujourd'hui à trois d'entre elles. La pauvreté. La pauvreté de la crèche nous confond; cela nous laisse perplexe; Nous ne comprenons pas. Pauvre, oui. Mais sans ressources? Ignoré des hommes, oui, mais des conditions de vie sous-humaines? Lorsque nous passons à la croix, nos craintes à la crèche se confirment. Mourir privé d'amis, de vêtements, de réputation, le pire des criminels. Est-il possible d'aller plus loin? Dans le tabernacle, le Seigneur a trouvé un moyen de vivre une pauvreté encore plus grande. Il n'est plus libre d'aucun de ses mouvements. Il est totalement sous les ordres du prêtre qui l'invoque et le fait bouger. Silence. Dans la crèche, le Verbe éternel se tait. Celui dont le commandement a créé toutes choses et les maintient en existence n'a pas un mot. Nous ne pouvons que nous agenouiller et adorer en silence la Parole silencieuse. Sur la croix, la Parole parlera, mais avec peu de mots, des mots qui pardonnent, confient, donnent l'espoir.

Mais dans l'Eucharistie, encore une fois, le silence de l'éternité entre dans notre monde. Là, dans le tabernacle, quel que soit le bruit qui se passe autour de lui, il reste dans le silence le plus profond et nous attire à lui. L'amour. Qui n'est pas ému par un nouveau-né? Dieu vient à nous sans défense, nous invitant à l'embrasser et à recevoir son amour.

Au Calvaire, ses bras tendus en disent long sur l'étendue de son amour pour nous. Dans le tabernacle, sa présence continuelle est un aiguillon, un appel à se laisser aimer et à aimer en retour.

Alors que nous célébrons l’anniversaire du Sauveur, demandons-lui de partager avec nous ces trois vertus, de nous apprendre à imiter sa pauvreté, son silence et surtout son amour.

 

 

 

 

brother Bede osb + 

 

Dans un geste insondable pour de nombreux jeunes hommes, dans quelques semaines, frère Bede confiera sa vie à Dieu - devenant le premier de son monastère rural de Tasmanie à devenir un moine à part entière. Frère Bede, 28 ans, a été l'un des premiers à rejoindre le Prieuré Notre-Dame lorsque la communauté monastique bénédictine a été établie sur une ancienne propriété agricole à Colebrook, à 53 kilomètres au nord de Hobart, il y a près de quatre ans. Il a maintenant terminé ce qui s'apparente à un apprentissage et l'année prochaine fera sa profession solennelle - promettant de passer le reste de sa vie en tant que moine au service de Dieu. "J'ai toujours ressenti un appel à une sorte de vie consacrée à Dieu et j'ai toujours compris qu'une partie de cela signifie ne pas avoir de famille, donc cela n'a pas été quelque chose qui, au moins jusqu'à présent, a été une pierre d'achoppement", at-il m'a dit. Il sait que beaucoup ne peuvent voir que ce qu'il a abandonné - en particulier quand il est encore si jeune.

Mais il appelle cela un appel surnaturel, ajoutant qu'il pensait à l'origine qu'il serait prêtre dans la communauté jusqu'à ce qu'il soit en Europe dans le cadre de son étude des langues à l'université. «Je suis entré dans ce monastère et je pense que c'était très tôt le matin… et il y avait juste cet ordre parfait et la paix de ces moines chantant et c'était un peu un moment d'ampoule - c'était 'ah, c'est ce que j'ai recherché », dit-il. «C'est un appel surnaturel - cela va au-delà de vivre une vie que le monde considère comme normale - donc sortir et voir des amis et aller au cinéma. «Ce sont toutes de bonnes choses, mais la vie ne concerne pas ces choses - c'est quelque chose de plus que cela. «Il s'agit en fin de compte de l'au-delà, notre salut éternel et notre vie monastique est un chemin plus sûr vers le salut, mais même en vivant cette vie, vous vivez une vie d'union avec Dieu même maintenant, une sorte d'avant-goût du ciel. «Je suppose qu'un homme vient au monastère parce qu'il se soucie plus d'être avec Dieu que d'aller au cinéma ou de passer du temps à faire ce qu'il veut.

"Je pense que nous perdons beaucoup de temps et que nous n'avons que trop de temps - la vie est courte." Qu'est-ce qui pousse un jeune homme à tourner le dos à la vie ordinaire et à devenir moine? Il est allé dans un lycée public en Australie du Sud, puis à l'université - aucun de ses amis n'était particulièrement religieux. Mais sa vie à la maison l'était. "Parents catholiques; grandi dans une maison où la foi était très importante. Nous allions à la messe tous les dimanches en famille et parfois en semaine, surtout quand j'étais plus petite avec ma mère, nous priions fréquemment le chapelet en famille", il m'a dit. «Notre maison était… eh bien, vous entreriez et vous sauriez que vous étiez dans une maison catholique avec beaucoup de saintes images partout», rit Frère Bede. Ses parents le soutiennent, voire sont fiers de sa décision, mais il admet que tout le monde dans son cercle de famille et d'amis ne comprend pas parfaitement.

Le chef du Prieuré, le Père Pius, a déclaré qu'il était confronté à une réaction similaire de personnes ne comprenant pas pourquoi un jeune homme deviendrait moine. "D'une certaine manière, vous devez presque être appelé pour le comprendre pleinement", a-t-il déclaré. Les moines vivent séparés de la communauté. Leur journée commence à 4 heures du matin (et plus tôt un dimanche) avec le temps entre les huit sessions de prière quotidiennes consacrées au travail.

«Cela peut probablement être assez confrontant à quelqu'un qui n'a pas eu beaucoup de structure avant de venir au monastère, mais vous vous y mettez facilement. Ce n'est pas comme si dès le premier jour de votre arrivée vous respectiez parfaitement le calendrier… même après quatre ans vous ne respectez pas toujours parfaitement le calendrier », dit-il en riant. Nous nous levons tôt mais nous nous couchons aussi tôt - vous vous levez à 4h du matin mais vous vous couchez à 20h30. «Cela prend du temps pour entrer dans la routine, je vais certainement vous l'accorder. «Ce n'est pas comme si vous étiez assis dans un bureau tout l'après-midi où vous êtes sorti pour votre déjeuner et de 13h à 17h, vous êtes juste devant l'ordinateur. Nous allons constamment en prière et en quelque sorte de recharge spirituelle pour le travail que nous devons faire. Les jours s'écoulent en quelque sorte. " Il y a des choses qui lui manquent dans le monde extérieur.

"Vous ne manquez pas la télévision, vous ne manquez pas la radio, ou moi pas, ou vous manquez d'aller au cinéma - c'est plus avoir cette tasse de thé avec votre maman!" Dit frère Bede. "Ce n'est pas solitaire mais c'est certainement un rythme de vie très différent."

Le Prieuré Notre-Dame n'est qu'une des communautés religieuses qui se sont installées en Tasmanie ces dernières années. L'archevêque catholique de Tasmanie Julian Porteous a déclaré que loin d'être un retour à un mode de vie religieuse plus démodé, les communautés étaient une voie à suivre. «Je pense que dans le monde actuel, nous avons besoin de ces îles, de ces petites oasis de prière, de ces petits groupes de personnes profondément engagées à vivre la vie chrétienne, pour être des exemples, des inspirations», a-t-il dit. Le Prieuré abrite actuellement six moines, mais des logements sont en construction pour d'autres et il est prévu de construire un monastère plus grand et de style européen.

 

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Publié le 21 Décembre 2020

 

 

 

 

" Venez éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort. " 

 

 

Par le Père Santiago Martín, F. M. 

Consulteur du Conseil pontifical pour la famille

Fondateur des Franciscains de Marie

(Traduit de l'Espagnol)

 

 

Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance. Il nous a créés libres ; mais il nous aussi créés responsables. 

 

Nous sommes des animaux raisonnables, du genre ou de l’espèce « sapiens », mais nous avons une âme. 

 

Selon saint Augustin, les qualités de l’âme, la mémoire, l’intelligence et la volonté, aident à contrôler toute la personne. Elles permettent d’éviter que toutes les choses bonnes qui sont en l’homme s’auto-détruisent, et que l’homme soit dominé par ses passions. Lorsque ceci ne se réalise pas, c'est-à-dire lorsque l’on commet un péché, non seulement on fait du mal à Dieu et au prochain, mais également à soi-même. Cette liberté, qui est la faculté de choisir entre le bien et le mal, est réduite à mesure que l’on pèche. A la tentation suivante, nous sommes moins libres que lorsque nous avons décidé, antérieurement, de faire le mal et d’éviter le bien. La liberté se transforme au point de devenir une caricature d’elle-même. Elle se corrompt et devient libertinage. Il suffit de constater ce qui se passe dans les addictions, de l’alcool à la pornographie, où l’on est de moins en moins libre pour dire « non ». L’homme, créé, je le répète, à l’image et à la ressemblance de Dieu, avec ce don merveilleux de la liberté, perd progressivement des degrés de liberté et n’est plus maître de soi-même. C’est un animal, qui reste rationnel, qui a toujours une âme, mais qui est de plus en plus un animal assujetti à ses instincts, dominé par ses passions.

 

En Espagne, la loi sur l’euthanasie a été approuvée. C’est terrible. De surcroît, cette loi a été approuvée au nom de la liberté. C’est le même argument qui a été avancé qu’en faveur de l’avortement. « Peu importe ce que dit la science ; peu importe qu’il y ait d’autres alternatives ». Non, au nom de la liberté, ce qui importe, c’est de pouvoir tuer. Les avortistes disent : « mon corps est à moi, et j’en fais ce que je veux ». Mais ce qu’il y a en toi, c’est un nouvel être humain, distinct de toi ! Et tu ne peux pas faire de lui ce que tu veux, c’est un hôte que tu reçois dans ta maison, tu ne peux pas le tuer ! C’est comme si le directeur d’un hôtel disait : « J’ai le droit de tuer tous ceux qui sont reçus dans mon hôtel puisqu’il est à moi ». Au nom de la liberté, on prétend tuer des innocents, et au nom de la liberté on prétend que chacun peut demander sa propre mort (le suicide assisté) ou la donner à autrui. Au nom de la liberté. Mais cela, ce n’est pas la liberté. C’est du libertinage : la corruption de la liberté.

 

Mais si cela est terrible ; si cette culture de mort avance de manière si destructrice et auto-destructrice, si cela est terrible, il est plus terrible encore que cela soit dû en partie à des catholiques. 

Je ne fais pas référence à des païens baptisés, non, mais à des catholiques pratiquants. 

Tous ces partis politiques qui, en Espagne, ont approuvé cette loi d’euthanasie ont bénéficié de votes de catholiques qui vont à la messe (...). Ce sont des catholiques qui vont à la messe, qui communient, qui disent qu’ils ont la foi, et vont ensuite voter pour des partis politiques qui promeuvent la culture de mort. Nous autres, catholiques, sommes très peu nombreux. Nous n’avons plus la capacité d’éviter le vote de lois iniques, c’est vrai. C’est un malheur, mais c’est une réalité. Cependant, le minimum que nous puissions faire, c’est d’offrir une image cohérente. Depuis l’origine, il est clair dans notre religion que nous ne tuons pas nos enfants dans le ventre de leur mère, cela est écrit depuis le début et pratiqué. Et il est clair que nos anciens et nos malades sont soignés avec amour, y compris au prix de grands sacrifices, et non pas supprimés, sous prétexte de liberté (...). 

 

Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de l’incohérence. Je le répète : les catholiques pratiquants qui ont voté pour ces partis politiques sont responsables de la loi d’euthanasie. Ils sont responsables de la loi sur l’avortement. Ils sont coupables, et ils sont responsables. Par leur vote, ils ont rendu possible cette loi, et il faut le dire de la manière la plus claire. 

 

Bien plus, je vais jusqu’à dire ceci : s’il vous plaît, allez-vous en ! Allez-vous en de l’Église, allez-vous en maintenant, ou convertissez-vous. (...) Je ne me réfère pas, une fois encore, aux païens baptisés, à ceux qui ne sont pas catholiques, aux athées, aux laïcistes (...), eux mettent en œuvre ce à quoi ils croient, et ce qu’ils disent, (...) mais à ceux qui se disent catholiques, qui vont à la messe et qui même communient et collaborent ensuite par leur vote pour que les vieillards et les malades soient tués au lieu d’être soignés (...) et qui justifient par leur vote la mort d’innocents. 

 

S’il vous plaît, allez-vous en, nous sommes peu nombreux, allez-vous en, fondez votre propre Église. L’Église Assassine, par exemple, ou l’Église Athée, l’Église Abortiste, ce que vous voulez, mais pas l’Église catholique. 

 

En plus, nombre d’entre-eux n’ont que le pape François à la bouche, ils sont tous les jours avec le pape François, mais quand le pape François dit quelque chose qui ne les intéresse pas, ils l’oublient. Or le pape François est on ne peut plus clairement, sans l’ombre d’un doute, défenseur de la vie. (...) On ne peut pas continuer ainsi. (...) 

 

C’est une tragédie (...). Ces catholiques sont en train de détruire non seulement la vie d’innocents, ils détruisent l’être humain, ils détruisent la liberté (...). Le sang des innocents crie devant Dieu et tombent sur ceux qui ont voté pour des partis qui ont rendu possible cette extraordinaire et gravissime erreur ».

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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