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Publié le 6 Juillet 2020

 

   Quand notre divin Sauveur Jésus-Christ rappela à ses disciples, et en leur personne à tout le genre humain, l'universelle et perpétuelle obligation de la prière, il ne se mit pas en peine de justifier son commandement; il parla en maître. " Il faut prier, dit-il, et toujours prier: " Oportet semper orare.  Cette parole descendue d'une bouche divine doit nous suffire, et nous pouvons être sûrs qu'en lui obéissant nous accomplirons toute justice. 

   Il faut ! Mais pourquoi fut-il - Il n'est pas difficile de répondre à ce pourquoi. Si le divin Maître ne s'est pas expliqué, s'il s'est contenté d'une brève et impérieuse formule, c'est qu'en parlant, il entendait la réponse de notre vie. " Il faut prier " , disait-il, et instinctivement notre nature lui répondait :" Car il faut vivre"; la prière est la loi suprême de toute vie humaine, combien plus de toute vie chrétienne. 

   En effet, toute vie participée (et il n'y a que la vie de Dieu qui ne reçoive rien d'une autre vie), toute vie participée doit, sous peine de tarir, communiquer avec sa source, et en recevoir de continuels épanchements. L'homme n'ayant, sous tous rapports, qu'une vie participée, doit donc communiquer avec Dieu, comme le cours d'eau avec sa source, comme la plante avec la terre où elle a germé; l'homme doit, en quelque sorte s'appliquer à Dieu, comme l'enfant au sein de sa mère, et puiser, dans les entrailles si riches et si fécondes de son Père Céleste, les flots de vie qui s'ajoutent sans cesse aux flots de sa vie, et se renouvellent à mesure qu'ils s'épuisent. Or, le moyen , pour l'homme , de communiquer avec Dieu, de s'appliquer à Dieu, c'est la prière. 

   Voilà la loi. Nous ne l'ignorons pas, mais nous l'oublions trop facilement. Combien de malheureux dont Dieu pourrait dire :" Me dereliquerunt fontem aquae vivae: (Jerem. cap. II,13)

   Si nous n'oublions pas tout à fait, nous ne savons pas nous unir à Dieu comme il faut par la prière pour aspirer énergiquement les flots de vie dont notre âme a besoin, et qu'elle est capable de contenir. Nous vivons, la plupart du temps, d'une vie misérable et rampante que Dieu nous conserve par pitié, tandis qu'au fond de l'âme, nos vertus languissantes attestent que nous ne voulons pas ou que nous ne savons pas prier. ....

   Qu'est-ce dont que la prière ? 

   Les maîtres de la vie morale et chrétienne, ainsi que l'Ecole, en ont donné une double définition. Les uns ont dit :" La prière est l'élévation de l'âme vers Dieu: oratio est ascensus mentis ad Deum", - les autres :" La prière est la demande des choses qui conviennent : Oratio est petitio decentium" . 

   Ces deux définitions, loin de se contredire, se complètent l'une l'autre. On peut , en les soudant , en former la définition qu'on lit dans les catéchismes où les enfants étudient les vérités et les devoirs de la religion :" La prière est l'élévation de notre esprit et de notre coeur vers Dieu, pour lui rendre nos devoirs, lui exposer nos besoins, et lui demander son secours " .

   Ces paroles sont simples; méditons-les. Sous le voile de la simplicité, elles cachent de sublimes et saintes profondeurs...

rp Monsabré. 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 26 Juin 2020

 

 

 

   Etant baptisés, vous avez en vous une première grâce inaliénable, gratiam quae est in te. Il est de foi que, par le Baptême, vous avez été retirés de l'état de péché où naissent les fils d'Adam; établis dans le bienfait de la Rédemption, pénétrés de la beauté et de la valeur des mérites du Christ , prédisposés par des influences secrètes à accepter les vérité de l'Evangile, à en accepter aussi, pour coûteuses qu'elles dussent être, toutes les applications. Que vous y songiez ou non, que vous le vouliez ou non, cela est. Quod est, disent les scholastiques, non sans quelque apparence de pléonasme et de tautologie, nous pouvons le redire après eux: Ce qui est, est . Votre vie physique n'est pas plus réelle, depuis l'enfantement de vos mères, que votre vie surnaturelle depuis la régénération baptismale. 

   Etant prêtres, vous avez en vous une seconde grâce, distincte de la première, qui se surajoute à la première et du degré élémentaire de l'ordre chrétien vous fait monter au plus haut sommet. Avant l'ordination, vous bénéficiiez des fruits généraux de l'Incarnation et de la Rédemption; depuis vous êtes entrés dans les puissances mêmes du Christ, pour en faire bénéficier vos frères. Vous servez d'instrument visible et d'agent à la plupart de ses opérations sur la conscience humaine. Suivant le mot bien connu, vous êtes devenus " d'autres Christ" .

  D'autres Christ ! Notre-Seigneur Jésus-Christ est prêtre. Il l'est essentiellement, nécessairement, depuis son premier souffle  jusqu'à la Croix et à jamais. Il l'est tellement, qu'à vrai dire, il n'est rien d'autre. Il l'est, et ne peut pas ne pas l'être, la rencontre et la fusion, en lui, de la nature humaine avec la nature et la personne divine, en vue de la Rédemption, constituant le caractère spécifique du sacerdoce proprement dit. Incessamment dans sa vie théandrique , Jésus offre à Dieu l'humanité repentante et purifiée, et donne Dieu, sa grâce et son pardon à l'humanité. Cela, c'est exercer la religion la plus parfaite. Cela, c'est être prêtre. Jésus ne devient pas prêtre à un moment ou à l'autre de son enfance, de son adolescence, de sa jeunesse, par un degré quelconque de dignité et d'excellence surajouté à ses qualités primitives, par une addition supplémentaire de puissance et de mission. Dès le premier instant de son existence, précisément à cause de l'absolue sujétion en lui de l'humanité à Dieu et de la pénétration souveraine de l'humanité par Dieu, il réalise toutes les conditions, il a toute la plénitude du sacerdoce. 

   Nous sommes prêtres, nous aussi, non plus de plein droit, d'essence et de nature, mais par une association gratuite au sacerdoce du Christ. Il n'y a pas deux sacerdoces, celui de Jésus et le nôtre. Il n'y en a qu'un, le sien, dont , par le sacrement de l'Ordre, nous sommes participants. Si je disais que notre nature humaine n'est en nous que l'écoulement de la nature divine, je serais passible d'hérésie, je serai panthéiste. Si je dis que notre sacerdoce est en nous l'écoulement du sacerdoce du Christ, j'exprime la plus indéniable vérité. Ce que Jésus a fait, nous le faisons. Lui avec nous, Lui en nous, Lui par nous, continue de donner Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. 

    Nous nous succédons à travers le temps et l'espace; il le faut bien, la caducité de nos vies nous condamne à paraître et à disparaître. Mais Lui demeure et nous prêtons à la pérennité de son sacerdoce le moyen de s'exercer à jamais. 

   D'autres Christ!  Notre sacerdoce, notre prêtrise, cette communion authentique à l'être et aux puissance de Notre-Seigneur souverain prêtre, n'est point une qualité d'emprunt jetée comme un manteau d'honneur sur notre vie. C'est un caractère nouveau, profond, intime, irréductible. C'est, en nous, une réalité et une entité de plus. C'est une addition d'être mêlé à notre être propre, un surcroît ontologique , d'où résultent pour nous des facultés et des droits, des énergies et des fécondités d'un ordre à part. Ce que nous ne pouvions pas comme simples chrétiens, nous le pouvons comme prêtres, comme représentants du Christ, comme autre Christ. C'est ainsi , par exemple, qu'en son nom, en répétant les mêmes paroles que Lui, nous créons l'Eucharistie, nous octroyons le pardon des péchés. 

   Comparez, votre dignité de prêtres aux dignités les plus vantées dans le monde. Certes, je suis loin de mésestimer les distinctions honorifiques attachées aux diverses situations sociales. Celui-ci est chef d'Etat; celui-là est ministre; cet autre, magistrat; cet autre, juge .... 

   Aucune de ces qualifications, aucun de ces prestiges, n'atteint l'intime de l'être, pour le relever et le transfigurer. Il y a superposition, point compénétration. Sous les plus brillants dehors du personnage, il reste ... un homme, purement et simplement un homme. Et, quand viendra la mort, tout s'écroulera devant le cercueil . Non sumet omnia quum interierit dives. 

   Pour nous, il en va autrement. La qualité sacerdotale, une fois conférée par le sacrement, une fois acquise, envahit tout notre être, y adhère, en est désormais inséparable. Sacerdos in aeternum. 

   D'autres Christ ! Oui, nous le sommes. Pour répéter ce que nous disions tout à l'heure, que vous le vouliez ou non, qu'habituellement ou non vous y pensiez, que votre foi, demeurée vive, vous émeuve quand elle vous affirme cette réalité, ou qu'elle vous laisse indifférents, parce qu'elle s'est voilée et commence peut-être de s'obscurcir, le sacrement de l'Ordre , gratiam quae est in te, a fait de vous, a fait de vous tous, prêtres de tous les pays et de tous les temps, d'autres Christ. 

abbé Planus. 

   

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Rédigé par Philippe

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Publié le 24 Juin 2020

 

 

   J'admire, ô mon bon Ange, les pouvoirs qui vous ont été donnés dans le monde de la nature et dans celui de la grâce. 

   Vous dominez les éléments et vous pouvez au nom de Dieu, les transformer et produire à nos yeux les plus grands prodiges, répandre dans les airs les influences salutaires ou les fléaux meurtriers , selon que le demandent sa bonté ou sa justice. 

   Vous pouvez  enchaîner la rage des méchants Esprits, modérer leurs persécutions, les empêcher de bouleverser la nature et de nuire aux hommes autant qu'ils le voudraient. 

    Vous pouvez inspirer aux pécheurs des sentiments de repentir, aux justes le courage de la vertu, aux âmes parfaites la vitalité de l'espérance et les ardeurs de la charité. 

    Vous pouvez recueillir sur la terre toutes les saintes oeuvres qui s'y accomplissent, les porter au ciel, les offrir à l'adorable Trinité. 

   Mais les pouvoirs du prêtre ne sont-ils pas plus admirables encore et plus étonnants?

   Vous disposez les âmes à la grâce en agissant sur leur intelligence, sur leur coeur, sur leur imagination, sur toutes leurs facultés, et même sur les sens du corps; mais vous ne la leur conférez point. 

   Les grands pouvoirs du prêtre consistent précisément à conférer la grâce en conférant les signes qui la contiennent , les sacrements.

   Vous ne pouvez , comme lui, enlever d'une âme la tache originelle qui la souille, la revêtir d'innocence, la transformer en enfant de Dieu et de l'Eglise.

  Vous ne pouvez rendre l'enfant de Dieu parfait chrétien, en faisant descendre en lui le Saint-Esprit avec ses sept dons. 

  Vous ne pouvez procurer aux âmes le divin aliment de l'Eucharistie, en le produisant au saint autel par la consécration du corps et du sang de Jésus-Christ. 

   Vous ne pouvez rendre pur ce qui est impur, absoudre une âme de ses fautes, briser les chaînes de sa captivité, fermer l'enfer sous ses pieds, ouvrir le ciel au-dessus de sa tête, faire d'un criminel un élu.

   Vous ne pouvez, par votre présence et votre bénédiction, rendre légitimes et valides les liens des époux et préparer les familles saintes par les saintes unions. 

   Vous ne pouvez procurer la propagation du divin sacerdoce , en consacrant les prêtres de Jésus-Christ, en leur conférant de sublimes pouvoirs, en les envoyant prêcher l'Evangile à toutes les nations. 

   Vous ne pouvez enfin, par les saintes onctions et par le saint viatique, purifier les moribonds de leurs dernières souillures, les fortifier pour le dernier combat et les mettre en état de faire avec confiance leur passage du temps à l'éternité. 

   En un mot, vous n'êtes point ministre des sacrements qui confèrent la grâce. Vous y préparez les âmes par vos inspirations, vous y assistez le prêtre, mais vos fonctions n'y sont jamais que secondaires et accessoires. 

   Ces considérations, ô mon bon Ange, me font admirer la miséricorde de Dieu sur moi et me touchent profondément; mais , en même temps, elles me couvrent de confusion et me font trembler. 

   Qui suis-je pour paraître ainsi au milieu des Anges et remplir des fonctions divines qu'ils se jugeraient eux-mêmes indignes de remplir? 

   Quand je vais procéder à l'acte incomparable de l'administration d'un sacrement, quelle sainteté devrait résider en mes yeux, en mes oreilles, en ma langue, en mes mains, en toute mon âme et en tout mon corps ! 

   Oh! je le comprends mieux que jamais, dans le ministre des divins sacrements il ne doit y avoir rien de bas, rien de vulgaire, rien surtout de souillé. Le Dieu de sainteté ne peut être représenté dans une action sainte que par un ministre saint. Un ministre conférant sa grâce aux autres sans l'avoir en lui-même, quel monstrueux spectacle! Je sais que Dieu le permettrait cependant pour ne pas priver les âmes des grâces qui leur sont nécessaires. Tel est l'excès de sa bonté envers les âmes; mais quelle ne doit pas être son indignation envers le ministre coupable!

    Les dispositions dans lesquelles je dois être, vous me les avez fait connaître, ô mon bon Ange; ce sont celles dans lesquelles vous seriez vous-même si vous aviez reçu les pouvoirs que j'ai reçus et si vous les exerciez à ma place. Assurément, vous ne pourriez être plus pur que vous ne l'êtes, mais il me semble que tout en vous prendrait un caractère divin et que vous tressailleriez  d'admiration. 

   Je recours à vous, ô mon bon Ange et je vous supplie de m'obtenir ces dispositions.  Je les désire dans toute la sincérité de mon âme. Montrez-moi dans sa sublime réalité ce qui s'accomplit dans l'administration d'un sacrement. Que jamais je ne perde de vue, ni la sainteté du mystère lui-même , ni la nuée de témoins célestes qui m'entourent au moment où il s'accomplit. 

   Mes pouvoirs sont un trésor sacré et divin qui m'a été confié, non pour rester improductif en mes mains, mais pour que je le fasse valoir au centuple au profit des âmes. 

   Ranimez donc mon zèle, ô mon bon Ange, et que l'administration d'un sacrement soit toujours à mes yeux, une grande et heureuse action. Faites aussi que je l'administre toujours avec discrétion et sagesse et que je sache discerner les âmes vraiment dignes de le recevoir. 

mgr. Chardon. 

   

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Publié le 22 Juin 2020

 

 

Le cardinal est revenu pour retrouver le ton habituel de ses interventions , il a souhaité ardemment que la nouvelle loi sur l'éducation qui est traitée au Congrès des députés ne soit pas approuvée. «Je souhaite que la loi sur l'éducation qui doit être approuvée ne soit pas approuvée . Les enfants ne doivent pas être éduqués en imposant des modèles de connaissances ou d'éthique. Je ne fais pas de politique, je ne peux pas me taire. Les nouvelles lois  mènent à une dictature
 
En ce moment, nous sommes confrontés au grand défi que nous avons et c'est l'avenir de l'homme dans cette éducation, qui doit être au service de l'homme dans une nouvelle société où les parents sont les premiers éducateurs. Dans la nouvelle loi, qui éduque est l'État et qui est responsable de l'éducation des enfants, ce sont les parents. Le reste d'entre nous, comme l'État, collaborons avec les parents à l'éducation de leurs enfants. Ne nous taisons pas, n'ayons pas peur. Dieu par-dessus tout, que la Vierge et saint Vicente Ferrier,  nous aident ».
 

«Ce sont des moments difficiles et il est temps de témoigner . Il n'est pas nécessaire d'avoir peur de quoi que ce soit. Nous sans crainte, sans crainte de quoi que ce soit, pour la défense de l'homme, de la famille, de la liberté religieuse, des droits humains fondamentaux, des pauvres, des maltraités comme cela se passe au Venezuela. »

« Faites-nous savoir que dans les moments difficiles, Dieu est toujours avec nous . Qui peut nous séparer de l'amour de Dieu? En Jésus-Christ, tous les dons de Dieu, son amour et sa grâce ont débordé. Courage, n'ayez pas peur, soyez courageux. Il y a des méchants. Ne vous taisez pas et ne cachez pas la lumière de l'Évangile, de l'amour de Dieu, de son pardon et de sa miséricorde, Jésus-Christ nous a rachetés, il nous a sauvés. Avec nos paroles et nos œuvres, nous rendons témoignage de Dieu », 

 Tout ce que je suis est la grâce de Dieu, les miennes sont des erreurs, des fautes, des omissions et des péchés. Je ne finirais jamais de lister les merveilles de Dieu en moi. Au cours de ma vie, j'ai pénétré quelle est ma devise épiscopale. Que ta volonté soit faite. Je ne veux rien de plus que d'en savoir de plus en plus sur le Christ crucifié. Vivez et annoncez le Christ. Ce que je demande pour tout le diocèse « 
 
n'ayez pas peur, ouvrez grand les portes au Christ, ouvrez les portes des familles. N'ayons pas peur de recevoir le  Christ, lui seul a les paroles de la vie éternelle. 
 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 20 Juin 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 16 Juin 2020

 

 

 

   Dieu doit être le seul objet de l'amour; tel est le cri de la nature entière . " 

   " Toutes les créatures, Seigneur, me disent de t'aimer, chacune d'elles a un langage pour publier ta grandeur et ta bonté. La beauté des cieux, la clarté du soleil et de la lune , les feux des étoiles et des planètes, le cours des fleuves, la verdure des champs, l'éclat et la diversité des fleurs, tout ce qu'ont produit tes mains divines, ô Dieu de mon coeur, Epoux de mon âme, tout cela me crie de t'aimer. Tout ce que je vois me convie à ton amour, et me reprend quand je ne t'aime pas. 

   Je ne puis ouvrir les yeux sans apercevoir des témoins de ta sagesse, ni les oreilles sans entendre les témoins de ta bonté; tout ce que tu as fait , Seigneur , m' apprend qui tu es.

   Toute la création révèle ton amour; l'Ecriture , en parlant d'elle, dit que l'esprit de Dieu flottait sur les eaux: l'amour divin flotte au-dessus de toutes choses, les gouvernant par sa douce loi. Tout part de cette source vive. Il donne la beauté à tout ce qui existe, et si la vue de notre âme n'était pas obscurcie par les nuages des passions et de l'amour-propre, la première chose qui la frapperait dans la création serait l'amour du créateur. 

   Si la terre me porte et me nourrit, l'amour est le bon jardinier qui le lui a commandé en la créant. Si l'air me rafraîchit et me permet de respirer, c'est l'amour  qui le lui a ordonné. Si l'eau nous est utile, nous fournit ses poissons, court impétueusement vers la mer d'où elle est sortie, c'est pour obéir au commandement de l'amour. Si le feu donne sa chaleur, le ciel sa lumière et ses influences pour produire dans la terre des substances diverses, tout cela est à mon usage, à l'usage de l'unique ami que l'amour s'est ménagé sur la terre. 

   Que sont, ô mon Dieu, les éléments, les oiseaux, les animaux, les cieux et les planètes , sinon des charbons ardents avec lesquels tu mets le feu à nos coeurs? Que sont le soleil, la lune, les cieux et la terre , sinon des joyaux que la main répand pour nous faire connaître ton amour?

   Chaque matin, ô mon âme, tu trouves à ton réveil l'univers entier qui t'attend pour te servir, et pour qu'en revanche tu paies en son nom la dette de libre amour que seule tu dois à ton créateur et au sien. Toutes les choses t'excitent à l'aimer, toutes te demandent de remplir leur obligation. La voix universelle de la création t'y invite, et proclame sa majesté, sa beauté et sa grandeur. Les cieux, Seigneur , racontent ta gloire, le firmament annonce les oeuvres de tes mains, et les hommes sont inexcusables de ne pas l'ouïr. Le ciel silencieux manifeste ta gloire et nous apprend quel sera le séjour de tes élus, puisque tu découvres déjà tant de merveilles à des yeux mortels. 

   Quelle richesse est la tienne, toi qui te sers de lumières si riches! Quel art a pu produire un travail si exquis, une clarté si vive, des influences si diverses, des mouvements si variés sans aucune erreur? 

   Job a raison de demander: Qui racontera l'ordre des cieux et dira leurs mouvements ?

   O mon coeur alourdi, comme le désir de contempler tant de grandeur te soulève jusqu'aux demeures célestes! Combien grande est la maison du Seigneur, combien vaste le lieu où il réside ! 

   Je verrai les cieux, oeuvre de ses mains, et la lune et les étoiles qu'il a créées. Oui, tout ce que je vois, ô Dieu, me commande de t'aimer.

Et  j'en puise en moi-même un nouveau motif, quand je me tourne vers ce petit monde, qui est l'homme, et que je plonge mes regards dans mon âme.

   J'entends le psalmiste qui dit :" En moi je connais ta science admirable . De la connaissance de moi-même je passe à la connaissance de la profonde sagesse. C'est pourquoi ton prophète Isaïe dit aux pécheurs :" Tournez-vous vers votre coeur, méchants. En vous-même, vous verrez qui est votre Dieu. " 

   Oui , il est contre nature de ne pas l'aimer, ce Dieu créateur et providentiel. La brute est reconnaissante d'un bienfait: l'homme seul refuse  à son Maître l'obéissance et l'amour; seule, la créature raisonnable se récolte contre son Dieu. Elle est née pour commander aux bêtes, et les bêtes lui enseignent son devoir d'amour et de gratitude! Que dis-je? La nature même inanimée le lui apprend. Si un peintre avait tracé sur la toile une figure d'une grande beauté, qu'il eût pu lui donner la vue et le sentiment pour se voir et connaître son auteur, combien cette figure ne l'aimerait-elle pas? Que ferait-elle sinon de chérir, de bénir, de glorifier et d'honorer celui qui l'aurait faite si belle, si admirable et si admirée? Ne serait -elle pas jour et nuit occupée à lui rendre grâces? 

   Et toi, mon âme, qui n'es pas seulement l'oeuvre d'un peintre merveilleux, mais sa propre image, tu ne le bénirais pas, tu ne l'aimerais pas sans cesse !

   Il est ton ami, le plus sûr, ton libérateur, ton rempart, ton refuge, ta fin dernière et comme le pain qui doit te rassasier, hartura, il est la beauté incorruptible, éternelle, beauté qui ne passe pas comme la fleur éphémère de la beauté terrestre. Il est la bonté, il est le souverain bien : si le bien est l'objet de la volonté, pourquoi mon coeur ne t'aimerait-il pas de toutes ses forces, ô mon Dieu ?

fray Diego de Estella. 

 

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Publié le 15 Juin 2020

 

" Innocent agneau, baigné dans ton sang avec lequel tu rachètes les péchés du monde, suspendu à cet arbre robuste, les bras ouverts et désireux de m'embrasser; puisque tu laisses humblement se flétrir les couleurs et la beauté de ce divin visage, déjà tout près de la mort, avant que l'âme souveraine et pure s'envole, pour me sauver, tourne vers moi tes doux yeux et me regarde.

" Puisque l'immense amour, par un suprême effort, rompt les voiles de cette grandeur, attaché avec une douleur intense à ce tronc, tu penches vers ta mère la tête couronnée d'épines; et puisque de ton coeur royal s'exhale ta voix pour implorer de la toute puissance de ton père le pardon des fautes et des forfaits, qu'il te souvienne, Seigneur de mes péchés. 

" Ici où tes mains, ouvertes par les clous, montrent tes libéralités et tes largesses; ici , où tu offres mon rachat; ici où tu rachètes les captifs, répandant de toute part ta miséricorde, ton coeur ne restant satisfait dans sa générosité tant que ton corps n'est pas épuisé de sang; ici , ô Rédempteur, je veux comparaître en jugement, moi le premier.

" Ici, je veux que tu contemples un pécheur enseveli dans la noire prison de ses erreurs; car je ne crains pas que ne t'irrites en te croyant offensé, puisque tu plaides pour les pécheurs; car les plus grandes fautes sont celles qui font paraître davantage la noblesse de ton coeur sacré; car la réparation de ces fautes, en te coûtant plus de sang, réjouit davantage ta clémence.

" Bien que le fardeau de ma faute m'accable et fasse courber mon faible cou (qui secoue, hélas! ton joug léger, et s'assujettit à un joug nouveau); que je foule péniblement le sol de mes pas pesants , j'espère encore te rejoindre; car , puisque pour mon bien tes pieds sont cloués sur ce tronc robuste, je suis assuré que tu ne pourras pas me fuir. 

" Je suis certain, mon Dieu, que mon bon désir trouvera un port en ta clémence. J'ai confiance en ce coeur que je vois maintenant à jour par les fenêtres de ce corps ouvert; coeur mis à nu de telle sorte qu'un voleur, les mains liées, seul avec toi, en deux mots seulement te l'a dérobé; et si nous attendons encore, un aveugle bientôt s'en emparera.  

" Je suis arrivé en temps propice, au moment où tu fais la répartition de tes biens par un nouveau testament. Si tu as légué ce que tu possèdes, moi aussi je me présente à tes yeux. Et quand , au même instant, tu lègues à la mère un fils, au disciple une mère, au père l'esprit, et au larron la gloire, comment serais-je assez malheureux pour rester seul dépourvu au milieu de tant de legs? 

" Vois , je suis un fils que tu peux justement déshériter à cause de sa désobéissance; mais ta clémence a dit qu'il trouverait le pardon, s'il revenait se présenter à toi. Je veux ici m'attacher au pied de ce lit où tu expires. Que , si docile à ma prière, tu entends la voix lamentable qui t'invoque, j'espère une grande fortune, car étant fils je reste héritier. 

" Je prends à témoins tous ceux qui te regardent, que tu inclines la tête en signe d'accord à ma demande , ainsi que je l'attendis toujours de ta libéralité. O admirable grandeur ! charité vraie ! c'est une chose  certaine que tant que le testateur n'est pas mort, le testament n'a point toute sa force; mais tu es si généreux, que tu meurs pour que tout soit accompli.

" O mon chant ! il faut arrêter ici. Les larmes suppléeront à ce qui reste à dire, comme il convient en une si fâcheuse circonstance; car les chants ne sont point de saison quand la terre , le soleil et le ciel se lamentent. 

fray Luis de Léon .

 

Si mon amour était un feu de vérité,

Il monterait tout droit à la divine sphère;

Mais c'est une comète, hélas! qui court légère,

Brille, et bientôt retombe en son obscurité.

 

Par combien de désirs vers toi je suis porté,

Quand tout tremblant je vois ma profonde misère!

Si mon amour en toi rarement persévère,

Quel asile ici-bas sera ma sûreté?

 

Je m'en vais te cherchant, et quand je te rencontre,

Quand pour me recevoir ton coeur s'ouvre et se montre,

Doux Agneau je m'enfuis et n'y sais pas rester.

 

Pourtant, dis-moi, Seigneur, si l'âme sainte et libre

Sans un centre ne peut trouver son équilibre,

Si je suis hors de toi, comment puis-je exister? 

 

Lope de Vega.

 

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Publié le 15 Juin 2020

" Quand je contemple le ciel orné d'innombrables lumières, et qu'en bas je regarde la terre enveloppée d'ombre, ensevelie dans le sommeil et l'oubli,

" L'amour et la peine excitent en mon âme un ardent désir, mes yeux se changent en deux sources de larmes, et enfin, d'une voix plaintive, je m'écrie :

" Séjour de grandeur, temple de lumière et de beauté! Quelle infortune retient mon âme, faite pour s'élever jusqu'à vous, dans cette prison ténébreuse d'ici-bas? 

" Quelle mortelle folie éloigne ainsi de la vérité la raison, oublieuse de vos biens divins, égarée à la poursuite d'un vain fantôme , d'un bien trompeur ?

" L'homme demeure livré au sommeil, sans s'inquiéter de son sort, et d'un pas silencieux le ciel tourne toujours et va lui dérobant les heures de sa vie.

" Ah! réveillez-vous mortels, songez au mal qui vous perd; des âmes immortelles, nées pour un bien si grand, pourraient-elles ne vivre que d'ombres et d'illusions ?

" Ah! levez les yeux vers cette éternelle et céleste sphère, et vous tromperez les caprices de cette vie si décevante avec ses craintes et ses espérances. 

" Qu'est-ce de plus qu'un atome, ce sol inférieur et grossier, comparé à ce vaste ciel où vit d'une existence plus pleine ce qui est, ce qui sera, ce qui a été?

" Qui peut voir le grand concert de ces clartés éternelles, leurs mouvements assurés, leurs pas inégaux quoique soumis à un ordre régulier;

" La lune faisant mouvoir sa roue argentée, à sa suite la lumière, séjour du savoir, puis la gracieuse étoile de l'amour, étincelante et belle;

" Mars suivant un autre chemin, Mars irrité, sanglant; le bienfaisant Jupiter, de mille biens environné, éclairant le ciel de ses rayons aimés; 

" Au sommet, Saturne , père des siècles d'or et derrière lui l'immensité du choeur lumineux répandant ses clartés et ses trésors:

" Qui peut voir ce spectacle , et priser encore la bassesse de ce monde, et ne point gémir, soupirer, pour rompre la chaîne qui retient l'âme loin de ces biens ?

" Là, règnent le contentement, là règne la paix; là assis sur un siège élevé et magnifique, se tient l'amour sacré, entouré de gloire et de délices.

" Là l'immense beauté se montre tout entière, la lumière radieuse et pure resplendit sans jamais s'éteindre, le printemps fleurit éternel. 

" O champs de vérité ! ô prairies vraiment fraîches et agréables! Mines fécondes, délicieuses retraites, secrètes vallées remplies de mille biens!

" Puisque la terre me paraît si laide quand je vois les cieux et tout ce qu'enferme le voile étoilé, je n'ai plus souci désormais de l'amour de la terre. 

" Vers toi, cour divine, vers toi, demeure de Dieu , cité sainte, mon âme exilée, éloignée de toi, soupire en cheminant sa journée.

" Airs apaisés, libres des voix et des bruits, emportez dans vos ondes vers le ciel mes gémissements sortis du coeur.

" Qu'il s'élèvent jusqu'à la présence de l'unique élu entre des milliers, déplorant son absence: sur une terre d'oubli, malade d'amour , reste mon coeur. 

" Et mon âme affligée, dans sa dure captivité et un mal si violent, tiendra toute sa vie pour un bienheureux sort de vivre en espérance de te voir là-haut. 

fray Louis de León

 

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Publié le 9 Juin 2020

   " Vous êtes donc ma victime, ô Sauveur, mais si je ne faisais que vous voir sur votre autel et sur votre croix, je ne saurais pas assez que c'est à moi, que c'est pour moi que vous vous  offrez. 

   Mais aujourd'hui que je vous mange, je sais, je sens, pour ainsi parler, que c'est pour moi que vous vous êtes offert. Je suis participant de votre autel, de votre croix, du sang qui y purifie le ciel et la terre, de la victoire que vous y avez remportée sur votre ennemi, sur le démon, sur le monde. 

   Si vous vous êtes offert pour moi, donc vous m'aimiez: car pour qui donne-t-on sa vie , si ce n'est pour ses amis? Je vous mange en union avec votre sacrifice, par conséquent avec votre amour: je jouis de votre amour tout entier, de toute son immensité: je le ressens tel qu'il est, j'en suis pénétré. 

   Vous venez vous-même me mettre ce feu dans les entrailles, afin que je vous aime d'un amour semblable au vôtre. Ah! je vois maintenant et je connais que vous avez pris pour moi cette chair humaine; que vous en avez porté les infirmités pour moi; que c'est pour moi que vous l'avez offerte, qu'elle est à moi. Je n'ai qu'à la prendre, à la manger, - à la posséder, à m'unir à elle. " (Bossuet)

    C'est la communion qui spécialise, si je puis ainsi parler, le don de Jésus: c'est dans la communion que nous sentons la vérité de la parole de saint Paul: Dilexit me et tradidit semetipsum pro me : Jésus m'aime, moi , personnellement, c'est pour moi qu'il s'est livré, j'en ai pour garant le don total qu'il me fait de lui-même. C'est là, dans ce don intime, personnel, qu'il ramasse, pour ainsi dire, tous ses dons, tous ses mérites, toutes ses oeuvres, toutes ses perfections pour me les communiquer. 

   Don ineffable, don gratuit, don total, don perpétuel, don universel, voilà ce qu'est la sainte communion ! 

   

 Don ineffable, puisque c'est le don de Dieu, puisque je possède , par la sainte communion , Celui qui est la joie des Anges et des élus, leur béatitude, puisque le ciel ne me donnera pas plus que je ne possède quand Jésus est dans ma poitrine.

   Don tout gratuit, car quels titres pourrais-je bien me reconnaître à cette libéralité sans pareille?     Qu'ai-je de moi-même qu'ai-je en propre d'autre que le péché, c'est-à-dire la révolte, la désobéissance, l'abus des dons de Dieu ? Qu'y a-t-il en moi qui puisse attirer Dieu, l'incliner à me faire du bien? Il n'y a rien en moi: pour trouver le mot de ce mystère, c'est en Dieu, c'est en Jésus lui-même qu'il me faut chercher: c'est sa bonté, son amour qui m'expliquent la communion: moi je ne fais que recevoir, c'est Dieu qui donne et qu'il s'oublie en donnant.

   don total: Jésus ne se réserve rien ; il me donne son corps , son sang, son coeur, son âme, sa divinité, tout ce qu'il a et tout ce qu'il est, ses prières, ses adorations , ses sacrifices, ses vertus; il s'unit à moi, aussi intimement que l'aliment s'unit à celui qui le prend; 

   Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et je demeure en lui, manet, demeure; ainsi ce n'est pas une union transitoire, passagère, c'est une union stable , permanente. Et quels bien me procure cette union ! Le premier de tout, le plus important, le bienfait capital; elle préserve en moi cette vie divine d'où dépend ma béatitude éternelle. 

   Le pain eucharistique n'est pas comme la manne qui n'en était que la figure; ceux qui mangèrent la manne sont morts; mais " celui mange ce pain vivra éternellement, quiconque en mange ne meurt pas  , ut si quis ex ipso manducaverit, non moriatur. 

   Et c'est ma nature tout entière qui recueille le bienfait de cette présence et de ce don; dans le contact avec cette chair sacrée, cette chair divine, mon corps lui-même reçoit l'empreinte de l'immortalité, et s'il doit passer par le tombeau, le corps et le sang de Jésus lui donnent le droit à la résurrection glorieuse : et ego ressuscitabo eum in novissimo die. (Joan VI 50,55)

 

   don perpétuel : Le pain de vie est toujours à ma portée; ma nourriture ne me fera jamais défaut, c'est moi, hélas! qui peut-être ne viens pas la prendre, mais jamais je ne pourrai faire ce reproche à Jésus qu'il n'était pas là quand je suis venu le chercher. Le tabernacle a toujours sa provision d'hosties et où que j'aille, en quelque contrée que me conduise la main paternelle de Dieu, j'y trouverai Jésus sacrement.

car " du lieu où le soleil se lève à celui où il se couche, mon nom, dit le Seigneur , est grand parmi les hommes, parce qu'en tout lieu, mes yeux rencontrent la divine victime qui m'est offerte " , et cette divine victime , c'est le chrétien qui la  consomme par la communion. 

   Et pourtant, que de sacrifices, que d'oubli de soi-même ne suppose pas, ne nécessite pas cette présence perpétuelle de l'Hostie; quelle puissance aussi pour triompher de la haine de Satan et du monde qui voudraient supprimer le sacerdoce et détruire tous les autels. 

   Jésus accepte tous les sacrifices, accomplit tous les miracles, il sera toujours là, il l'a promis : Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas.

    Don universel, nous sommes tous appelés, tous ceux qui ont la vie - mais les morts ne se nourrissent pas -  O Jésus! que de fois, au cours des siècles, vous serez descendu dans les coeurs des hommes pour les diviniser ! 

   C'est donc bien là, dans la communion, qu'est votre don suprême , ô Jésus! Qu'il nous est précieux, puisqu'il nous apporte la vie éternelle! Qu'il nous fait grands, puisqu'il nous constitue sa réalité, vos convives, vos tabernacles, vos ostensoirs!

 O Jésus ! la vraie vie est en haut et non dans les bas-fonds; c'est cette vie là que vous nous avez apportée, que vous nourrissez de votre propre substance divine, c'est cette vie du ciel que je veux et que je choisis.

  Grâces vous soient rendues pour ce don ineffable, ce don gratuit, ce don total, perpétuel et universel, de vous-même. Grâces vous soient rendues pour la sainte communion : Gratias Deo inerrabili dono ejus.

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité, #livres

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Publié le 8 Juin 2020

 

 

 

   

 

   Me voici aux pieds de Jésus, devant le tabernacle; je suis venu là parce que je me suis souvenu qu'il a dit: Venez à moi vous tous qui succombez sous le fardeau et je vous referai ; et ego reficiam vos , (Matth, XI, 28) c'est-à-dire je vous transformerai , je vous consolerai au point de vous rendre chère la souffrance qui vous abat.

   Mon âme est en rumeur, en révolte; il faut que mon oraison devant le tabernacle où Jésus s'emprisonne, devant le crucifix qui me rappelle toutes ses souffrances, m'apporte comme un effluve de cette divine mansuétude, de cette patience, de cette charité sans mesure d'un Dieu qui a prié pour ses bourreaux. 
   Mais j'ai beau réfléchir, lier mes idées l'une à l'autre, je ne sens rien que le grondement de révolte qui me soulève toujours contre la dureté apparente du décret providentiel qui me crucifie; mon âme reste fermée. Ah ! c'est que je suis seul; c'est ma pensée que je rumine. Dieu n'est pas là ou ne fait pas sentir sa présence. Je laisse là toutes les réflexions, et du fond le plus intime de mon âme, c'est comme un cri de détresse presque désespéré qui monte vers Dieu pour implorer sa pitié. Et c'est aussi, en réponse , comme une commotion subite, comme un décor qui change brusquement, comme un souffle délicieux qui balaie tous les nuages de mon âme; du doute, de la sécheresse, des murmures, de la souffrance, du désespoir même il ne reste plus rien; je comprends tout, je crois tout, j'aime , je pardonne, rien ne me coûte plus; le ciel a visité la terre aride et séchée de mon âme; elle est transformée: Unctio docet vos de omnibus.

   Oh! pauvres et misérables créatures que nous sommes; quand donc comprendrons-nous que là est notre toute-puissance, dans le cri profond de notre détresse qui retentit au coeur de notre Père et lui arrache presque de force, malgré notre indignité, la consolation qui est le remède victorieux à tous nos maux. 

   La source inépuisable de la consolation pour toutes les souffrances et toutes les douleurs morales, c'est le Coeur adorable de Jésus , présent au milieu de nous sous les voiles de l'hostie. C'est le Coeur de notre Dieu, mais c'est aussi le coeur de notre frère, du chef de l'humanité souffrante et voyageuse ici-bas. 

   Nous n'avons pas en Jésus un pontife qui ne sache et ne puisse pas compatir à nos infirmités et à nos afflictions, car il a voulu tout connaître, hormis le péché: tentatum per omnia absque peccato. 

   Le coeur de Jésus, c'est le coeur de l'homme de douleur par excellence, le coeur du grand méconnu qui, venu dans le monde pour y semer les bienfaits, n'a recueilli que l'ingratitude et a été crucifié par ceux-là mêmes qu'il venait sauver. 

   Et c'est le coeur qui nous aime le plus, infiniment plus que la plus tendre des mères; c'est le Coeur du Maître qui peut tout, à qui rien n'est impossible, qui commande à l'océan et aux tempêtes;  c'est le Coeur fidèle par excellence, qu'aucune de nos ingratitudes ne rebute, qui ne nous repoussera jamais. 

    Et il est là non pas dans un seul tabernacle, mais partout, accessible à tous, à toute heure; et non content de nous donner audience, il s'offre à venir en nous pour endormir nos douleurs et nous donner la paix. Venite ad me omnes et invenietis requiem animabus vestris. (Matth XI,29)

   Coeur adorable de Jésus, comment celui qui a fait, ne fût-ce qu'une fois, l'expérience de votre bonté, de votre tendresse, peut-il encore connaître les heures troubles où la souffrance nécessaire, au lieu d'être accueillie comme votre mandataire, soulève les murmures et la révolte? Pourquoi donc ne recourons-nous pas de suite à vous? Ah ! c'est que nous n'aimons pas assez et que la confiance est à la mesure de l'amour. Mais du moins, ô Coeur infiniment miséricordieux, je veux vous rendre grâces pour toutes les consolations que vous m'avez apportées si souvent par votre divine présence; je veux  vous redire ce chant d'amour de Saint Bernard : Oh! qu'il est bon, qu'il est doux d'habiter dans ce Coeur. 

   C'est en ce Coeur de mon Seigneur Jésus que je veux jeter toutes mes pensées. O Jésus, beauté sans tâche, lavez-moi de mes iniquités, purifiez-moi de mes péchés, afin qu'ainsi purifié par vous, je puisse m'approcher de vous, pureté infinie et mériter d'habiter en votre Coeur tous les jours de ma vie. C'est là , en ce Coeur, que je puis accepter toutes les souffrances et trouver douces toutes les amertumes. 

   C'est elle encore, votre Eucharistie, qui me donnera d'abord la résignation dans les épreuves de la vie, la confiance inébranlable en votre providence bonne et miséricordieuse, et qui, peut-être , si je suis fidèle, m'élèvera peu à peu jusqu'à cet amour de la souffrance qui est ici-bas le ciel commencé. Car que peut redouter l'âme qui vous aime uniquement, ô Jésus, qui ne veut que vous, et qui sait et comprend qu'elle vous possède d'autant plus que tout le reste l'abandonne, qui voit clairement que c'est devant la Croix qu'on vous rencontre? 

   Si l'Eucharistie est ainsi la source de toutes les grâces, comme la solution de tous les problèmes moraux, c'est parce qu'elle est surtout votre Coeur. Oui , c'est votre Coeur, ô Jésus, votre Coeur d'infinie miséricorde qui anime l'Hostie qui me nourrit chaque matin, c'est votre Coeur divin , tabernacle du Très-Haut, abîme de toutes les vertus, fournaise ardente de charité, maison de Dieu et porte du ciel, que pourrais-je bien demander à la terre? 

       Vous êtes la porte du Ciel, ô Coeur infiniment aimant. Qui vous aime, qui se confie à vous, ne connaîtra pas le mal sans remède, le mal irrévocable, le malheur éternel. Puissent tous les chrétiens revenir à cette source de vie, à cette fontaine de consolation et de délices, puissent-ils apprendre de vous, par l'expérience quotidienne de l'Eucharistie que votre joug est doux et votre fardeau léger.

   Puissent tous les chrétiens venir chaque jour réchauffer leur coeur au contact du vôtre, apprendre à vous mieux connaître pour vous mieux aimer, car vous nos avez faits pour vous, ô Jésus, et nos coeurs ne peuvent trouver le repos qu'en vous, que dans l'union à votre Sacré-Coeur. 

Amen. 

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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