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Publié le 29 Février 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Février 2020

 

 

 

 

1ère station

Jésus est condamné à mort. 

 

   Cette première  station représente le prétoire et la maison de Pilate, où le Sauveur , qu'on maltraitait déjà comme un criminel, sans autre motif que ses innombrables bienfaits, est exposé, les chairs en lambeaux et recouvert d'un haillon de pourpre, aux regards de la multitude. C'est cette populace ignorante, aveugle et passionnée, qui va décider de son sort.

   De grâce, fermez les oreilles, mes frères, pour ne pas entendre la plus infernale sentence qui ait jamais souillé un tribunal; car il n'en est pas un seul parmi ces misérables qui ne crie : Tolle, tolle, crucifige eum. Et qui plus est, transportés par une rage inconcevable, ils osent provoquer la justice divine à faire retomber sur eux le châtiment de cet affreux déicide: Sanguis ejus super nos, et super filios nostros.

   Ah! quelle peine je ressens en pensant à ce qui est figuré par cette foule insensée. Toutes les fois, mon frère, que votre passion a réclamé une sentence de mort contre Jésus, avec quelle ardeur n'avez-vous pas crié aussi: " Tolle, tolle , crucifige eum ? 

N'éprouvez-vous aucun regret d'avoir prononcé l'arrêt de mort contre Jésus? Or , voici un excellent moyen de réparer vos fautes. Suivez cette voie douloureuse avec un coeur contrit , déplorez le passé, proposez-vous de vous amender, et priez Jésus, au nom de cette sentence de mort qu'il a acceptée pour votre amour, de vous délivrer de la mort éternelle que vous avez méritée par vos  péchés. 

 

 

2ème station

Jésus embrasse sa croix. 

   Jésus avait fait quelques pas, lorsque, sur la place même du prétoire, on charge sur ses épaules meurtries et déchirées , une lourde croix, grossièrement travaillée, dont le poids énorme fait courber son corps adorable. 

   Ame compatissante, vous regardez la croix matérielle qui accable le Sauveur; mais ne voyez-vous pas la croix d'une autre nature qui lui pèse sur le coeur ? Ah! si vous saviez tout ce que Jésus-Christ souffre en vous voyant si délicate, si adonnée à la satisfaction des sens, si ennemie de la souffrance et de la croix, au point de vous ranger du nombre de ceux que condamnait saint Paul: Inimicos Ccucis Christi!...

    Prenez donc la résolution de suivre une autre voie, car il est impossible que votre conscience ne vous reproche pas en ce moment de ne point suivre le chemin qui mène au paradis. Non, non, le chemin du ciel n'est point semé de plaisirs, mais bien de croix et de souffrances! Décidez-vous  donc à embrasser une vie pénitente afin d'accompagner Jésus pendant sa vie et de le posséder ensuite après la mort. 

 

3ème station

Jésus tombe pour la première fois. 

   A la vue de Jésus accablé par son lourd fardeau, tombant à demi-mort et roulant sur le pavé, de manière que le sang jaillit de ses narines, de ses yeux, de sa tête percée par la couronne d'épines, à cette vue, dis-je, aura-t-on encore le courage de nourrir des pensées d'orgueil et de vanité? 

   Oh! que ma vie est différente de celle de mon Sauveur! Il n'ambitionne que les mépris et les souffrances, et moi, je ne recherche que les honneurs et les plaisirs. 

  En réparation pour tous les prêtres qui ont quitté le sacerdoce - dont on sait qu'hélas, le caractère sacerdotal demeure même mariés... -

et ceux qui ont sali l'image sacerdotale auprès des jeunes enfants.

miserere nostri Domine, miserere nostri. 

 

IV ème station

Jésus rencontre sa Mère. 

   Voyez Jésus qui se plaint de votre cruauté. à tourmenter le coeur de sa Mère; voyez Marie: avec quelle douleur elle vous exprime ce qu'elle souffre, en vous voyant si impitoyable à l'égard de son bien-aimé Fils . Et vous, quels sont donc vos sentiments? Quoi ! vos yeux ne se changent pas en deux fontaines de larmes? 

   Jetez-vous aux pieds de Jésus et de Marie et prenez la résolution de changer totalement de vie au moyen d'une bonne et sainte confession. Ne tardez pas, c'est peut-être le dernier avis que Dieu vous donne. 

V ème station 

Simon aide Jésus à porter sa croix. 

 

 Réveillez-vous donc, réveillez-vous et embrassez de bon coeur la croix de Jésus-Christ , en lui demandant la force de la porter avec persévérance jusqu'à la mort, oui, jusqu'à la mort. 

 

VI ème station

Véronique essuie la face de Jésus . 

 

Ah! au lieu d'essuyer la face de Jésus, vous avez achevé de la défigurer. S'il en est ainsi, apprenez de cette sainte femme à soulager Jésus en purifiant votre coeur de toutes les souillures du péché, afin qu'il soit disposé à recevoir la divine empreinte, et qu'au jour du jugement dernier nous soyons tous reconnus pour ses serviteurs. 

 

VII ème station

Jésus tombe pour la deuxième fois. 

Ah! entrons dans cette divine école de patience que Jésus nous ouvre dans son coeur. Et là apprenons à calmer ces accès de bile, à réprimer ces emportements, ces cris dont on fait retentir l'air à la moindre contrariété. 

Prenons la résolution d'user en toute rencontre de cette mansuétude qui convient à un chrétien et de nous graver dans le coeur cette précieuse leçon que Jésus nous donne : " Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur. " 

 

VIII ème station 

Jésus console les filles de Jérusalem. 

" Pleurez sur vous-mêmes, dit-il aux femmes de Jérusalem, et sur vos enfants. " Voilà les larmes dont Jésus a soif; il désire que vous pleuriez amèrement vos péchés.  Que de larmes ne répand-on pas pour la perte d'un petit intérêt temporel? et quand il s'agit de la perte des biens éternels, nous avons le coeur de pierre. 

 Ah! demandons à Jésus avec toute la ferveur possible cette salutaire pénitence pour laver nos âmes de toutes les tâches du péché. 

 

 

IX ème station

Jésus tombe pour la troisième fois 

Voyez à quelle extrémité il est réduit, comme tout son corps est brisé, exténué, sans forces, ce qui est cause qu'il tombe pour la troisième fois sur le flanc de la montagne. Contemplez-le, la face dans la poussière, ranimant un reste de vie qu'il conserve par miracle pour vous demander d'une voix lamentable aide et secours. Et quel secours pouvons-nous vous donner , aimable Jésus? 

  Savez-vous lequel? Un secours de soupirs et de larmes. Oh! puissent nos coeurs une bonne fois se briser de douleur! Tous tant que nous sommes, protestons en vrais pénitents que dorénavant notre nourriture ordinaire sera de pleurer la Passion de Jésus-Christ. 

 

X ème station 

Jésus est dépouillé de ses vêtements. 

Si jusqu'ici quelqu'un d'entre vous fut sourd à la voix de Jésus qui, dans tant de stations, a tâché de vous parler au coeur, ah! écoutez avec quelle tendresse il vous invite en cet endroit, cet aimable Sauveur à contempler ses plaies. Me voici, mon fils, dit-il, vois comment par amour pour toi je me suis laissé arracher jusqu'à la peau du dos. Ne vois-tu pas que je ne suis plus qu'une plaie de la tête aux pieds, en proie à un spasme douloureux, sans autre rafraîchissement que de la myrrhe, du fiel et du vinaigre? 

Sache donc que ce que je souhaite le plus, que la seule chose que j'attende, c'est un peu de retour de ta part. Oh! combien tu m'obligerais par une larme, un soupir, une émotion tendre du coeur ! Ah! mon Dieu , mon Dieu ! puissions-nous fondre en larmes de compassion! 

 

 

XI ème station

Jésus est crucifié 

Vous aimez votre chair pour un instant, car le plaisir passe en un instant, et vous la condamnez à des supplices éternels qui ne finiront jamais, jamais, jamais. Esprit-Saint, je vous en conjure, ouvrez les yeux à tel ou telle afin qu'à la vue de Jésus crucifié ils reconnaissent leur folie, et se déterminent à embrasser la pratique de la pénitence.  

 

XII ème station

Jésus est élevé en croix.

Voilà enfin, exposé à la face du monde entier, un Dieu crucifié après avoir traîné sous une croix . Ah! prosternés à genoux, prenons tous copie d'un si beau modèle exposé à nos regards...! 

Quelle est la plus grande peine qui afflige cet aimable Sauveur, suspendu en l'air sur trois clous, et tout ruisselant de sang? quelle-est-elle? Ecoutez- le de sa bouche divine : Sitio , " j'ai soif " . Jésus ne se plaint d'aucun autre mal que de sa soif. Mais quelle est cette soif qui le tourmente tellement ? quelle est-elle? le savez-vous? Ah! c'est la soif de vos larmes, de votre amour; c'est le grand , mais très grand désir qu'a Jésus de vos soupirs. Sitio , " j'ai soif " . Et vous , ingrat, laisserez-vous Jésus mourir de soif, plutôt que de le rafraichir par une tendre compassion? 

 

 

XIII ème station

Jésus entre les bras de sa mère.

 

Ah ! Mère infortunée, quel glaive de douleur vous perce le coeur, en contemplant sur votre sein ces membres déchirés, ensanglantés, du plus aimé des fils ! Oui, sa douleur fut grande dit le séraphique saint Bonaventure; Marie sentit tellement son coeur percé par les épines et les clous, déchiré par les coups, qu'elle fut comme transformée en épines, en clous et en plaies : 

O très sainte Mère, Mère de grâce, ne nous refusez pas une grâce si précieuse; faites que plongés continuellement dans vos peines, nous pleurions sans cesse nos péchés qui en furent la cause. 

XIV ème station

Jésus est mis dans le sépulcre. 

Formez dans votre coeur un sépulcre au Sauveur, et ne quittez pas ce lieu sans emporter avec vous les augustes reliques de votre Dieu. Oh! alors , certes, Marie sera contente , et Jésus le sera pareillement. Mais comment oseriez-vous déposer le corps très pur de Jésus dans un coeur si corrompu? Ah! lavez-le avec les larmes de la pénitence, en répétant avec le saint roi David :" Seigneur , créez en moi un coeur pur." Cor mundum crea in me, Deus. Dieu vous soit en aide. 

rp. Salvator d'Ormea 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 26 Février 2020

 

Mercredi des Cendres

 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 26 février 2020)

 

 

Convertimini ad me

Revenez à moi

Jl 2,12

 

Chers Frères et Sœurs,

Mes très chers Fils,

 

Voici que viennent à nous, à nouveau, les jours de pénitence de la sainte Quarantaine, jours tout à la fois redoutés et désirés.

Redoutés, car ils nous rappellent au devoir de la conversion, à ce retournement qui, s’il ne concerne peut-être pas l’orientation ultime de notre vie, demande pourtant un réel effort sur tel ou tel point qu’il nous revient de discerner et de reconnaître. Il n’est jamais facile de renoncer aux habitudes qui ont vieilli avec nous. Quelle preuve d’amour que de le faire ! Quel mérite !

Ces jours sont désirés, car ils s’achèveront dans la lumière du Ressuscité. La rencontre de la nuit pascale est comme l’aimant qui réoriente la boussole de notre vie au long de ce Carême.

Rencontrer et accueillir le Seigneur ne s’improvise pas. Souvenez-vous de l’évangile de Marthe et de Marie. Le Seigneur est entré dans la maison de ses amis. Marie est aux pieds de Jésus. Marthe s’affaire aux préparatifs du repas et s’impatiente devant l’inaction de sa sœur. Jésus, tout en reconnaissant qu’elle s’agite pour beaucoup de choses (il ne lui demande pas d’ailleurs de renoncer à sa cuisine), lui rappelle délicatement qu’un seul choix est bon, vraiment bon. Cette bonne part, Marie l’a choisie. Cette bonne part, c’est accueillir Jésus dans son cœur.

La réponse de Jésus nous désigne le chemin d’un Carême authentique. Il ne s’agit pas pour nous d’embrasser les observances des Chartreux. Il s’agit, tout en demeurant fidèle au devoir d’état, à la banalité de nos journées, de ré-accueillir ou de mieux accueillir Jésus dans notre propre vie.

Le Carême n’est donc pas un temps d’entraînement aux exploits ascétiques qui peuvent combler les exigences ardentes d’une jeunesse plus orgueilleuse que sainte. En ce saint temps, l’Église invite ses enfants à mener une vie réellement et simplement chrétienne dans une pratique concrète, renouvelée et persévérante de l’amour de Dieu et du prochain.

Le terme de la vie, c’est la rencontre avec le Christ. Si saint Benoît invite ses moines à avoir sans cesse la mort présente devant les yeux, c’est que l’ivresse d’une vie, qui n’a pourtant rien à voir avec celle des gens du monde, peut faire oublier cette étape que nous aurons tous à franchir.

Replacé dans le contexte de la totalité de la vie, le temps du Carême apparaît comme un rappel que notre route comportera un terme qui demande une préparation. 

Le mystère pascal, centre de l’année liturgique, n’est pas la simple commémoraison annuelle d’un événement vieux de deux mille ans. Le rappel de la mort et de la résurrection du Christ invite à une rencontre : celle de notre vie avec le Christ.

En résumé, le Carême est au jour de Pâques ce que notre vie est au jour de notre mort, c’est-à-dire de notre rencontre avec le Christ. Saint Benoît, au début du chapitre de sa Règle consacré à l’observance du Carême, écrit :

La vie d’un moine devrait être, en tout temps, aussi observante que durant le Carême. Mais, comme il en est peu qui possèdent cette perfection, nous exhortons tous les frères à vivre en toute pureté pendant le Carême, et à effacer, en ces jours sacrés, toutes les négligences des autres temps.

Alors, que faire en ce Carême, ou, plus justement, comment demeurer avec le Christ en ce Carême ?

Le mystère de Dieu est inépuisable. Celui qui renoncerait à chercher Dieu, à connaître plus profondément le Christ, ne pourrait prétendre demeurer avec le Christ.

En ce temps, n’ignorons pas la grande richesse des textes liturgiques. L’Église les a disposés afin de préparer les catéchumènes au baptême. Sur le chemin de Dieu, nous demeurerons toujours des novices. Pourquoi ne pas prendre un temps suffisant de méditation de ces textes ?

Connaître le Christ ne suffit pas, il faut aussi vivre avec le Christ, et que notre vie s’enracine en la sienne. Deux lieux s’offrent à nous : notre propre vie d’abord, toujours à évangéliser ; et ensuite, la ou les communautés au milieu desquelles nous vivons : la famille ou la communauté religieuse en premier lieu, mais aussi l’école, l’université, le lieu de travail ou encore les lieux de loisirs.

Évangéliser les lieux ne suffit pas, il faut aussi évangéliser dans la durée, évangéliser les temps.

Au seuil de ce Carême apparaît la nécessité d’un humble et réaliste examen de conscience, sans peur, sans compromission.

Le risque du découragement n’est pas à exclure. Si l’examen de conscience s’avère nécessaire, peut-être qu’un « examen de confiance » portant sur la ferveur, sur la profondeur de notre foi, serait tout aussi urgent. Comment comprendre qu’il y ait si peu de chrétiens qui rayonnent leur foi en évangélisant ?

Pour parer à un éventuel découragement, les textes de ce premier jour du Carême abondent en références à la miséricorde de Dieu. Elle est l’attribut divin qui nous encourage à demander, avec l’Église, le secours du Seigneur, quand nous sommes dans l’adversité et que le péché nous tient dans ses filets.

Rappelons-nous que si le poids du jour est lourd, si notre passé nous accuse, Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Cette volonté de Dieu transfigure le passé. Elle fonde une espérance pour le futur. Surtout, elle désigne le présent comme le lieu pour une réponse concrète à la volonté divine. Cette réponse, c’est la conversion.

Comme signe de notre volonté de répondre à l’appel du Seigneur, nous avons reçu sur le front le signe de la Croix, marqué avec de la cendre.

Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements , et revenez au Seigneur votre Dieu.
 ( Jl 2,12-13)

Si les textes de ce matin mentionnent la miséricorde de Dieu, ils nous invitent aussi à la pratique de la vertu d’humilité. L’humilité de la Vierge de Nazareth a conquis le cœur du Seigneur.

Enfin, le Seigneur nous assure de la protection des saints anges. Prions-les tout particulièrement en ce saint temps.

Par l’aumône, le jeûne et la prière, ouvrons nos cœurs à l’attente et à la lumière du Christ ressuscité dans une foi, une espérance et une charité renouvelées.

Saint et joyeux Carême. Amen

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Rédigé par Philippe

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Publié le 22 Février 2020

 

Hier, vendredi, le  Pape François a reçu en audience le cardinal Angelo Becciu Maire de la congrégation de la cause des saints et a autorisé le discasterio à promulguer le décret sur le miracle attribué au vénérable Carlo Acutis.

 

Il s'agit de la guérison miraculeuse d'une anomalie congénitale chez un enfant.

La guérison miraculeuse s'est produite le 12 octobre 2010 à Campo Grande, dans l'État brésilien du Mato Grosso del Sur.

Attendons avec joie la date de la Béatification.


 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 21 Février 2020

affiche : petit placide. 

   " Vous avez laissé votre humanité au Christ par les promesses de votre baptême et de votre vie religieuse: alors tout va tout seul, tout est lumineux mais aussi tout est magnifiquement attirant. 

   Il ne faut plus parler de choses qui nous plaisent ou qui nous coûtent. Il ne faut plus parler de choses qui nous paraissent grandes et d'autres qui nous paraissent petites. 

   " La sainte indifférence " même cela on l'a dépassé, ça n'a plus aucun sens. Tout est en nous moyen pour le Christ de vivre par nous, de s'épanouir par nous, de se réaliser par nous et en nous. - c'est toute la doctrine du Christ mystique - de se dilater en nous et par nous. Alors quoi, quelque chose par quoi le Christ est davantage en nous et par conséquent est davantage tout simplement, pourrait-il nous être indifférent? Tout devient " don joyeux " en notre vie. 

   Oui, se dire que par la moindre de nos actions, le Christ, grâce à nous et par nous, et non seulement en nous, " est " davantage - je veux dire existe un peu plus - il s'agit du Christ mystique qui est aussi le Christ réel et personnel, et quelque chose en plus ! Comme l'âme ne sait plus dire non, comme l'âme ne sait plus classer les choses en pénibles ou agréables, en grandes ou petites, puisque toutes les choses dont est faite notre vie, c'est avec cela que le Christ se fabrique en nous, se sculpte en nous.

   Il ne s'agit que de laisser faire en nous et par nous ce que le Christ veut faire. Et souvent le Christ, quand il s'échappait en barque de l'autre côté du lac de Génésareth, pour trouver le silence, en débarquant sur l'autre rive, il avait en face de lui les foules qui l'avaient précédé. Alors il se laisser aux foules et au bruit. 

   Le Christ ne se prend pas, ne se conquiert pas : on le laisse venir, on s' "expose " à lui, on se laisse à lui. Nous ne le prenons pas, il nous prend. Nous n'allons pas à lui, il vient à nous. 

   Ce n'est pas nous qui faisons le vide en nous. C'est lui qui , en nous envahissant et nous remplissant de lui, ne laisse plus en nous aucune place pour autre chose que lui.

   En un éclair de temps, il met en nous, Lui ce à quoi de longues années de nos propres efforts n'avaient pu nous hausser. 

   Alors la méthode très simple, regarder vers lui, toujours regarder vers lui. Savoir que, par chacune de nos pensées, par chacune de nos paroles, par chacune de nos actions, quelle qu'elle soit, non pas le Christ vient en nous mais le Christ sort de nous, s'épanouit en nous où il était déjà comme un germe, comme un élan, comme une poussée pour faire éclater la carapace qu'est en nous le propre nous-même.

   Vous voyez mon enfant, oh non , cette méthode n'est pas une méthode passive... une méthode active au suprême degré.

   Se dire que chaque parole que l'on prononce, c'est le Christ qui la prononce en nous. Alors qu'elle sera digne de lui, qu'elle sera de lui! 

   Se dire que chaque action que l'on entreprend, c'est le Christ qui l'entreprend en nous. Alors, que cette action voudra être digne de lui pour mériter d'être de lui!

  Le Christ et nous, nous ne sommes plus deux à agir en nous. Il est le seul qui pense, qui parle et qui agit en nous.

  Alors, quelle indifférence à ce dont est faite notre vie: hautes pensées ou pensées très simples, paroles sublimes ou paroles de chaque jour, actions héroïques ou actions insignifiantes en apparence: tout cela est du Christ. Alors tout cela met un peu plus le Christ en nous . 

   Il n'y a qu'une seule chose dont soit faite notre vie... ce par quoi le Christ vit en nous, affirme sa vie en nous et en l'affirmant, l'épanouit.

  C'est donc la nuit avec le Bon Dieu. C'est quand il se cache qu'on le trouve le mieux, le plus vraiment. L'écueil de tant de vies spirituelles est que l'on aille à lui pour ce que l'on trouve en lui et non pas pour lui-même: les dons de Dieu nous arrêtent d'aller jusqu'à lui, font écran entre lui et nous. 

   Que c'est dur mais que c'est bon d'aller à lui dans l'austérité des sacrifices consentis à froid... à tâtons dans les ténèbres, (dans une région que l'on n'a pas choisie), de le sentir près de nous alors qu'il se tait, alors qu'il " a coupé le courant " entre lui et nous. C'est alors vraiment qu'il est à nous , lui, rien que lui , et non pas ce qui , nous venant de lui, n'est tout de même pas lui, est indiciblement moins que lui, est une véritable absence de lui. 

   Le Christ n'a pas souffert l'agonie de Gethsémani pour rien: abandonné de Dieu, abandonné des hommes, c'est pas cette route qu'il a trouvé son Vendredi Saint. Mais c'est par son Vendredi Saint qu'il a trouvé Pâques et l'Ascension. 

   Par ce vide des hommes par ce vide de Dieu, à travers lequel lourdement chemine votre âme, ... acceptez les sécheresses de la prière, acceptez vos impuissances de prier, accepter vos froideurs devant Dieu: à tout dites " oui " , en tout sentez la main du Maître qui vous tire de plus en plus vers lui, en vous arrachant à ce qui n'est pas lui .

Sachez que de souffrir terriblement de ne pas l'aimer c'est la manière la plus sûre et la plus totale de l'aimer. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 20 Février 2020

 

   " Ce n'est pas quelqu'un vers qui vous vous mettez en route et vers qui vous allez: c'est quelqu'un que vous "savez" en vous, dont vous "réalisez" qu'il est plus que vous-même.

  Et alors toute votre vie, à chaque instant, ne consiste pas à autre chose qu'à libérer ce Christ qui était déjà en vous... le libérer en vous dépouillant de vous-même... Non, en vous laissant dépouiller par le Christ de vous-même. Vous arrivez à ne plus vous distinguer du Christ, à ne plus vous sentir vivre vous-même en vous,  mais en vous à sentir seulement vivre le Christ et à vouloir que seul le Christ vive en vous et à ne trouver que cela de bon et de doux.

  Votre activité, vous ne l'appelez plus votre activité mais l'activité du Christ en vous, votre prière, non plus votre prière mais la prière du Christ en vous, vos fatigues, vos luttes, vos joies... non plus vos fatigues, vos luttes , vos joies.. mais les fatigues, les luttes , les joies du Christ. 

   Oh ! que c'est bon de se laisser au Christ pour qu'en nous le Christ soit joyeux. Un instant de votre âme a été ravie de se sentir celle en qui le Christ était heureux, de se laisser à lui pour qu'en elle il fût le Christ heureux. 

   Mais maintenant voilà que votre âme a dépassé cette vue. Ou plutôt le Maître vous a conduit plus loin. Alors si c'est bon de se laisser au Christ pour qu'en nous il soit le Christ joyeux, comme c'est bon de se laisser à lui pour qu'en nous il soit le Christ fatigué, le Christ qui lutte, le Christ pour tout dire souffrant. C'est sur le bord de cet abîme que le Maître vient de conduire votre âme. Et votre âme n'a pas peur - Oh ! qu'elle aurait eu peur il y a encore quelque temps - elle n'a pas peur mais elle a quelque peu le vertige. Elle ne comprend pas encore jusqu'au bout. 

   "Antithèse de la couronne d'épines et de la couronne de gloire" ? Non, mon cher enfant . " La vie qui sort de la mort" ? Non, mon cher enfant. 

   Ici toute la doctrine de saint Jean et de saint Paul. La passion du Christ, c'est une exaltation, c'est un triomphe. La mort c'est la vie. Il n'y a pas que la couronne d'épines qui est la couronne de gloire. Il n'y a pas la vie et la mort: il n'y a que la mort qui est la vie. 

   Oh, le Christ qui se donne à nous au plus profond de nous-mêmes sans que nous sachions qu'Il se donne à nous, sans que nous sentions qu'Il se donne à nous, au moment même où nous croyons qu'Il est loin de nous. Il nous fait mériter de L'avoir en nous, en nous laissant croire qu'Il est loin de nous. 

   Trouver tellement bon d'avoir le Christ en soi, sans le sentir en soi. 

   Fouiller de toutes manières son pauvre coeur et sa pauvre âme pour y trouver quelque chose qui trahirait sensiblement la présence du Christ en soi et n'y rien trouver. Et cependant être sûr - d'une certitude au-dessus de toutes les certitudes - que, par le fait qu'on est dans la volonté du Christ, on est dans le Christ et le Christ est en nous. 

   Nuit obscure, certitude brûlante à force d'être froide et de nous laisser froids si je puis dire. Etre traités par le Christ , non plus comme des enfants qui ont besoin des gâteries du Christ, mais comme des hommes à qui c'est égal de n'avoir pas les gâteries du Christ, s'ils ont la réalité du Christ. 

   Notre âme à la recherche du Christ est la grande nomade. On ne trouve pas le Christ dans les douceurs de l'oasis. Dans l'oasis on se repose un instant d'être allé sans cesse devant soi à la recherche du Christ. 

   Mais après cet instant de repos, il faut repartir bientôt vers de nouveaux horizons, toujours plus loin, toujours plus haut, pour une nouvelle découverte du Christ. 

   Car le Christ on n'a jamais fini de le découvrir. C'est par étapes successives, coupées de pauvres et insipides repos, insipides mais nécessaires à notre faiblesse, c'est par étapes successives, sur les grands chemins arides et seuls du désert, que le Christ se fait découvrir sans cesse davantage par l'âme.

   Chercher le Bon Dieu là où il s'est mis pour chacun de nous et non pas où l'on aimerait le trouver, où l'on choisirait de le trouver. Que ce soit lui qui choisisse ! 

   Alors rien que de dire " oui " au bon Dieu et de se dire " non" à soi-même, comme c'est bon et comme c'est vraiment l'aimer. 

  Recevoir tout de sa main, tout ce avec quoi nous nous faisons notre âme, avec quoi nous la pétrissons pour la faire à la ressemblance de notre Christ. Que tout dans notre vie, grands évènements, comme circonstances insignifiantes, ce qui nous meurtrit comme ce qui nous épanouit, que tout, comme par des coups de marteau successifs qui font sauter en morceaux ce qui, en nous, subsiste de nous-mêmes, dégage et sculpte en nous le Christ que seul nous devons être. 

 

 

 Voilà notre âme repartie avec petit frère,  n'est-ce pas , pour une nouvelle étape dans le désert...

 Au bout de la nouvelle étape il y aura une autre oasis plus verdoyante et plus fraîche avec le Christ un peu plus connu et un peu plus possédé. 

 

 

     

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Publié le 19 Février 2020

 

   Avec quelle rage les enfants d'Edom, c'est-à-dire les hommes charnels, soumis au diable et à ses anges, adorateurs de la pierre et du bois, esclaves des adorateurs de la pierre et du bois, esclaves des convoitises de la chair, s'écriaient : Détruisez les chrétiens, exterminez les chrétiens; qu'il n'en reste pas un seul ! renversez jusqu'à leur fondement. N'est-ce pas là ce qu'ils disaient? Et tandis qu'ils parlaient ainsi, les persécuteurs étaient réprouvés, et les martyrs couronnés. " Souvenez-vous des enfants d'Edom, renversez-là, renversez-là jusque dans son fondement. " Les enfants d'Edom disent: Renversez-là, renversez-là, et le Seigneur leur dit : Servez-la. Quelle parole l'emportera sinon celle de Dieu qui dit : l'aîné servira le plus jeune ? " (st Augustin ) 

   " Détruisez, détruisez-la jusque dans ses fondements. " N''est-ce pas là encore le cri de guerre et le but que la révolution poursuit de nos jours? Le triomphe qu'elle proclame être réservé à notre siècle, la mission qu'elle s'adjuge et dont elle se glorifie par la bouche de ses coryphées, n'est-ce pas l'anéantissement du christianisme public, le renversement de l'orthodoxie sociale? Détruire les derniers restes de l'antique édifice de l'Europe chrétienne, et , afin que la démolition soit définitive, abattre la clef de voûte, autour de laquelle les derniers débris encore subsistants pourraient, tôt ou tard, se rapprocher ou se rejoindre: voilà l'oeuvre à laquelle les mille voix de l'impiété convient ouvertement notre génération; voilà le travail de désorganisation auquel il est manifeste que nous assistons.

Et parce que le monde n'avait jamais porté un établissement aussi vaste que l'établissement chrétien, jamais il n'aura vu de si gigantesques ruines . ( Mgr Pie ) 

   Indignation du Prophète et d'une âme convertie qui , regardant son abjection et sa misère, tourne sur Babylone, cause unique de ses infortunes, des regards de douleur , de colère et de mépris. 

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Publié le 12 Février 2020

 

   Je n'ose vous dire: Mon Dieu, car en péchant je vous ai perdu; en suivant votre ennemi, je me suis éloigné de vous; en aimant le mal, je me suis éloigné du bien. Que ceux qui sont purs, qui sont bons, qui sont vraiment vos enfants et vos héritiers vous appellent mon Dieu; pour moi, couvert de souillures, pour moi qui ai abandonné mon père, qui me suis vendu à son ennemi, qui me suis égaré dans des régions lointaines où j'ai dissipé tout mon héritage , en donnant au monde, à mes passions, tout ce que Dieu voulait avoir, je n'ose vous appeler mon Dieu, je n'ose vous appeler mon Père: je ne puis que vous dire : O Dieu , ayez pitié de moi, traitez-moi comme un de vos mercenaires, parce que je ne suis pas digne d'être appelé votre fils. 

  Celui qui invoque une grande miséricorde confesse une grande misère. Que ceux-là vous demandent seulement un peu de votre miséricorde, qui ont péché sans le savoir; mais pour moi, ayez pitié de moi selon votre grande miséricorde. Traitez, avec toute la puissance de vos remèdes, la gravité de mes blessures. Mes blessures sont graves , mais je me réfugie auprès du Tout-Puissant.

Je désespérerais de la guérison d'une maladie semblable, si je ne rencontrais un semblable mèdecin. (st Augustin) 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 6 Février 2020

 

"Hâtons nous d'aimer comme il convient. !"

dom Delatte. 

 

   Dans notre exil nous rencontrons des compagnons qui ont déjà vu la sainte cité et qui nous y invitent à courir. " Je me suis réjoui en ceux qui m'ont dit :" Nous irons dans la maison du Seigneur. " 

   Mes frères, que votre charité reporte sa pensée sur ce qui se passe lorsque l'on parle d'une fête de martyr, et de quelque lieu saint où la foule, à certain jour, afflue pour la célébration d'une solennité; comme ces masses populaires s'excitent mutuellement! comme elles s'exhortent à l'envi par ces paroles : Allons-y! allons-y ! 

   Mais où? en quel endroit? disent les uns; et les autres de répondre: En tel lieu, en tel lieu saint, à Fontgombault, té pardi ! 

On se parle, on s'échauffe, et de l'ardeur particulière de chacun se forme une même flamme; et cette flamme unique, produite par les discours d'hommes qui se sont mutuellement embrasés, les entraîne vers ce lieu saint, et cette pensée les sanctifie.

   Si donc un saint amour fait courir les hommes vers quelque endroit de ce monde, quel doit être l'amour qui entraîne vers le ciel des âmes que remplit un même sentiment, et qui se disent :" Nous irons dans la maison du Seigneur" ! 

   Courons donc, courons, puisque nous parviendrons en un lieu qui ne connait pas la fatigue. Courons à la maison du Seigneur. Que notre âme se réjouisse en ceux qui nous disent de telles paroles. En effet, ceux qui nous parlent ainsi ont vu avant nous cette patrie, et ils crient de loin à ceux qui viennent après eux :" Nous irons dans la maison du Seigneur," marchez, courez.

   Et que répond chacun de nous ? " Je me suis réjoui en ceux qui m'ont dit : " Nous irons dans la maison du Seigneur. " Je me suis réjoui dans les Prophètes, je me suis réjoui dans les Apôtres,  

car tous ils nous ont dit :" Nous irons dans la maison du Seigneur. "

St Augustin. 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 3 Février 2020

 

"Que tout est bon, mon enfant, que tout est doux, que tout est pur, que tous les desseins du Seigneur sont aimables, et comme il est, Lui, aimable par dessus tout! Les hommes ne savent pas ce qu'ils font: ils font le mal sans le savoir. 

Mais ce qu'ils font nous sanctifie, et ils ne sont pas coupables. 

Et notre prière unie à notre souffrance les sauvera et les attachera à Dieu. 

Et ils bénéficieront de nous avoir fait souffrir et pleurer quelquefois.

Et le Seigneur sera béni et glorifié de tout. Avec cela, tout est égal " . 

 

dom Delatte

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Rédigé par Philippe

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