spiritualite

Publié le 18 Mars 2008



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"En rencontrant le Christ, nous entrons en contact, et même en communion, avec la vie elle-même et nous avons déjà traversé le seuil de la mort, car nous sommes en contact, au-delà de la vie biologique, avec la vraie vie."



"qu'est-ce que la vie? qu'est-ce que la mort? comment vivre? comment mourir?

Saint Jean, pour mieux nous faire comprendre ce mystère de la vie et la réponse de Jésus, utilise pour cette unique réalité de la vie deux mots différents, pour indiquer les diverses dimensions de cette réalité qu'est la "vie": le mot bíos et le mot zoé. Bíos, comme on le comprend facilement, signifie ce grand univers biologique, cette biosphère qui va de chaque cellule primitive jusqu'aux organismes plus organisés, plus développés; ce grand arbre de la vie, dans lequel toutes les possibilités de cette réalité bíos se sont développées. L'homme appartient à cet arbre de la vie; il fait partie de cet univers de la vie qui commence par un miracle: dans la matière inerte se développe un centre vivant ; la réalité que nous appelons organisme.

Mais l'homme, bien qu'étant une partie de ce grand univers biologique, le transcende parce qu'il est également une partie de cette réalité que Jean appelle zoé. C'est un nouveau niveau de la vie, où l'être s'ouvre à la connaissance. L'homme est bien sûr toujours l'homme avec toute sa dignité, même s'il est dans le coma, même s'il est au stade de l'embryon, mais s'il ne vit que biologiquement, toutes les potentialités de son être ne sont pas réalisées et développées.
L'homme est appelé à s'ouvrir à de nouvelles dimensions. Il est un être qui connaît. Bien sûr, les animaux eux aussi connaissent, mais uniquement les choses qui sont intéressantes pour leur vie biologique. La connaissance de l'homme va au-delà; il veut tout connaître, toute la réalité, la réalité dans sa totalité; il veut savoir ce qu'est son être et ce qu'est le monde. Il a soif d'une connaissance de l'infini, il veut arriver à la source de la vie, il veut boire à cette source, trouver la vie elle-même.

Et nous avons ainsi abordé une deuxième dimension: l'homme n'est pas seulement un être qui connaît; il vit également dans une relation d'amitié, d'amour.
Outre la dimension de la connaissance de la vérité et de l'être, il existe, indissociable de celle-ci, la dimension de la relation, de l'amour. Et là, l'homme se rapproche davantage de la source de la vie, dont il veut boire pour avoir la vie en abondance, pour avoir la vie elle-même.
Nous pourrions dire que toute la science est une unique grande lutte pour la vie; la médecine est surtout cela. En fin de compte, la médecine est une recherche pour s'opposer à la mort, elle est la recherche de l'immortalité. Mais pouvons-nous trouver le médicament qui nous assure l'immortalité? Telle est précisément la question de l'Evangile d'aujourd'hui.
Essayons d'imaginer que la médecine réussisse à trouver la recette contre la mort, la recette de l'immortalité. Dans ce cas aussi, il s'agirait toujours d'un médicament qui se placerait dans le cadre de la biosphère, un médicament certainement utile aussi pour notre vie spirituelle et humaine, mais en soi un médicament limité à cette biosphère. Il est facile de s'imaginer ce qui se produirait si la vie biologique de l'homme était sans fin, était immortelle: nous nous retrouverions dans un monde vieilli, un monde rempli de vieux, un monde qui ne laisserait plus place aux jeunes, au renouvellement de la vie. Nous comprenons ainsi que cela ne peut pas être le type d'immortalité à laquelle nous aspirons; il ne s'agit pas de cette possibilité-là de boire à la source de la vie à laquelle nous aspirons tous.

Précisément arrivés à ce point, nous comprenons, d'une part, ne pas pouvoir espérer en un prolongement infini de la vie biologique et toutefois, de l'autre, nous désirons boire à la source même de la vie pour jouir d'une vie sans fin; précisément à ce point le Seigneur intervient et nous parle dans l'Evangile en disant: "Je suis la Résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; quiconque vit et croit en moi, ne mourra pas pour l'éternité". "Je suis la Résurrection": boire à la source de la vie signifie entrer en communion avec cet amour infini qui est la source de la vie.

En rencontrant le Christ, nous entrons en contact, et même en communion, avec la vie elle-même et nous avons déjà traversé le seuil de la mort, car nous sommes en contact, au-delà de la vie biologique, avec la vraie vie.

Les Pères de l'Eglise ont appelé l'Eucharistie médicament de l'immortalité.

Et il en est ainsi, car dans l'Eucharistie nous entrons en contact, et même en communion, avec le corps ressuscité du Christ, nous entrons dans l'espace de la vie déjà ressuscitée, de la vie éternelle. Nous entrons en communion avec ce corps qui est animé par la vie immortelle et nous sommes ainsi, dès à présent et pour toujours, dans l'espace de la vie elle-même.

Et ainsi, cet Evangile est également une interprétation profonde de ce qu'est l'Eucharistie et il nous invite à vivre réellement de l'Eucharistie pour pouvoir être ainsi transformés dans la communion de l'amour. Telle est la vraie vie. Dans l'Evangile de Jean, le Seigneur dit: "Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance".
La vie en abondance n'est pas, comme certains le pensent, tout consommer, tout avoir, pouvoir faire tout ce que l'on veut. Dans ce cas nous vivrions pour les choses mortes, nous vivrions pour la mort. La vie en abondance signifie être en communion avec la vraie vie, avec l'amour infini. C'est ainsi que nous entrons réellement dans l'abondance de la vie et que nous devenons les porteurs de la vie également pour les autres.

Les prisonniers de guerre qui restèrent en Russie pendant dix ans ou plus, exposés au froid et à la faim, après être revenus dirent: "J'ai réussi à survivre car je savais que l'on m'attendait. Je savais qu'il y avait des personnes qui m'attendaient, qu'on avait besoin de moi et que j'étais attendu". Cet amour qui les attendait a été le médicament efficace de la vie contre tous les maux. En réalité, nous sommes tous attendus.

Le Seigneur nous attend et il ne nous attend pas seulement; il est présent et il nous tend la main. Acceptons la main du Seigneur et prions-le de nous accorder de vivre réellement, de vivre l'abondance de la vie et de pouvoir ainsi transmettre également à nos contemporains la vraie vie, la vie en abondance, Amen.

Benoit XVI.

eucharistie misericorde

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Publié le 14 Mars 2008

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" O mon Christ aimé, crucifié par amour."

El. de la Trinité

"aujourd'hui si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos coeurs."









Départ pour Fontgombault proche.

La fête de st Patrick a été devancée ici à cause de la semaine sainte.  Bonne fête aux Irlandais. La fête de St Benoît? mystère...tout est décalé.
bonne fête de st Joseph en union avec les moines de Kergonan... pour le repos de l'âme  de dom Joseph Bouleau. La Messe  de st Joseph à son intention vient d'être célébrée à minuit au collège avant le départ de monsieur l'aumônier pour les USA, et aux intentions du collège, suivie des litanies de st Joseph.

Très sainte semainte à tous.
Philippe.



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Publié le 12 Mars 2008


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Seigneur, portez secours à votre créature
Vous qui donnez au moindre oiseau sa nourriture.

J'ai faim : rien ici-bas n'assouvit mon désir,
C'est vous-même, ô mon Dieu, que je voudrais saisir.

Ici je me retrouve en tous les biens que j'aime :
Or ce que je voudrais, c'est sortir de moi-même.

C'est m'évader de mon néant, c'est m'enrichir
Et ce n'est qu'en vous seul que je puis m'affranchir.

Car vous êtes ma Fin, ma Cause et mon Principe,
Lumière devant qui toute ombre se dissipe !

Visitez-moi, Seigneur, mon cœur vous appartient ;
Voyez : de sa misère, humble, il vous entretient.

L'orgueilleux qui s'abuse attire la colère,
Mais celui qui s'abaisse a toujours su vous plaire.

Venez, mon Dieu, je suis si pauvre et j'ai si faim !
Je vous attends depuis longtemps, venez enfin.

C'est une telle joie en Celui qui vous garde
Que son œil éblouit les êtres qu'il regarde.

On vit dans l'harmonie, on vit dans la clarté,
On est ivre de tout, on est comme porté

Et cette jouissance au lieu de nous abstraire
Nous inspire un amour ardent pour notre frère.

Et touchés de le voir errer, nous qui savons,
Nous allons lui donner le Dieu que nous avons

Et nous le guérissons de toutes ses blessures
Sans l'irriter, avec des mains que Dieu rend sûres.

Seigneur, Seigneur, j'irai vers vous demain matin ;
Haletant, je prendrai place à votre festin.

Je mangerai le pain, je mangerai la manne
O vous le Dieu fécond d'où toute vie émane !

Et je boirai le vin et je boirai le sang,
O vigne d'Israël, Calice tout puissant !

Seigneur, sauvez ma chair et descendez en elle
Pour qu'elle coopère à la vie éternelle !

Robert Vallery-Radot (1885-1970)

L'eau du Puits, Paris, éd. de la Revue des poètes, 1909


...

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Publié le 12 Mars 2008

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« La sainte Eucharistie est le mystère de la foi, nous n’avons pas d’autre disposition à y apporter que la foi. Ah ! que je voudrais pouvoir vous faire comprendre toute ma pensée ! Vous verriez alors que nous n’avons pas besoin de grâces extraordinaires, mais des seuls sacrements pour nous sanctifier. »

« Qu’est-ce que Notre Seigneur a voulu en instituant le sacrement de
l’Eucharistie ? Être proche de nous ? oui, puisqu’il vient en nous. Mais cette proximité, il la veut sous la forme qu’il a établie.
Le Seigneur dans la sainte Communion vient en nous, pour nous nourrir et non pour se faire voir et se faire toucher.
Toute hostie consacrée doit finir dans une poitrine humaine. Le but du Seigneur est de vivre en nous, et non de se montrer comme il était durant sa vie mortelle.
La fin du sacrifice, c’est la communion.

" Dieu nous y tend la main; il s'y fait lui-même notre voie, notre vie, notre force, le lait des faibles et le pain des forts."


mère Cécile Bruyère.
 

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Publié le 12 Mars 2008

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"En ces jours-là, le Seigneur parla à Moïse..."


lévitique 19,1,25

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Publié le 12 Mars 2008

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"Mes brebis écoutent ma voix;  je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle; elles ne périront jamais et personne ne les arrachera de mes mains."


st Jean 10,22-38

mercredi de la Passion (forme ext.)

Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent (10.27).

Elles suivent, parce qu'elles se sentent et se savent connues d'une connaissance d'amour. Cet amour les pénètre. A son tour leur connaissance en est imprégnée, et devient génératrice d'une fidélité qui se veut sans défaillance...

Le Christ nous l'a dit : cette "fidélité rencontrera bien des obstacles, connaîtra bien des épreuves ; le monde nous haïra (15-18,19), il nous persécutera (15.20). Et non seulement dans le monde nous aurons à souffrir (16.33), mais intérieurement aussi notre foi connaîtra des heures douloureuses, des obscurcissements, elle risquera de se laisser séduire et détourner par de mauvais bergers..

Satan se déchaînera contre nous, essayant d'envahir de ses ténèbres la lumière qui est en nous, de nous tromper par ses illusions, lui le père du mensonge (8.44) ; mais le Christ est là qui veille sur les siens et leur répète : « gardez courage, j'ai vaincu le monde 16.38 » par ma croix ; j'ai non seulement « jugé le monde », maïs « jeté bas le prince de ce monde (12.31,32) ».

Après le Maître, l'apôtre à son tour, dans sa première Épître, insiste sur toutes les difficultés qui viendront assaillir notre foi. Pour la conserver il nous faudra rompre avec le péché en demeurant dans la vérité (1 Jn 2.4), pratiquer les commandements, spécialement celui de l'amour de nos frères, (1 Jn 2. 10), nous garder du monde et de tout ce qui est dans le monde  (1 Jn 2.15) combattre victorieusement le Mauvais (1 Jn 2.14) . Alors nous serons fidèles, nous serons de Dieu (1 Jn 4, 6), nous serons « nés de Dieu (1 Jn 4, 7)».

Benoit XVI



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Publié le 11 Mars 2008





undefinedune expérience de sainteté;" Tu ne laisses rien, tu gagnes tout."

.....

Avant mon départ pour le Pérou, surgirent de nombreux doutes et craintes. En effet, bien que, dès l'âge de quatorze ans, j'eusse laissé mon village natal, Michoacan au Mexique, pour aller à la ville de Mexico y faire mes premiers pas au Séminaire de l'Evêché de Tlalnepantia, ce qui signifiait déjà un très grand détachement que je n'étais pas certain de pouvoir supporter l'éloignement de mes proches et de mon pays.

Peur de quoi? Peur du manque de confort, de me confronter à une autre réalité et d'autres coutumes. C'était, entre-autres, ce qui me retenait de dire un oui au Seigneur qui m'invitait à Le suivre sans condition....

Les paroles du Père Vincent:" Tu n'as pas de raison d'avoir peur, car si le Seigneur a besoin de toi pour la mission, il te donnera les moyens nécessaires pour surmonter ce que tu crois être un empêchement de t'y rendre.. Mais, fais très attention: prie beaucoup, car le démon commencera à tout faire pour te décourager". Aussi fis-je cas de mon sage conseil et j'intensifiai mes prières. Tous les jours, je me demandais si je réaliserais cette folie qui serait sans doute "un feu de paille". Ma surprise fut que la crainte, au lieu de diminuer allait en augmentant, alors que surgissaient des conflits.

Il en coûta beaucoup à ma mère d'accepter ma décision, quand je lui confiais mon intention d'être missionnaire au Pérou. Elle ne comprenait pas: pourquoi ce changement si radical, s'il ne restait à son fils qu'un an pour terminer sa philosophie au Séminaire de Mexico? Elle alla jusqu'à me demander d'abandonner pour un temps tout ce qui avait trait à ma vocation, pour que, comme elle le disait, "je puisse bien discerner". Je crois que ma réaction n'était pas due au fait qu'elle doute de ma vocation au sacerdoce, mais au fait qu'elle ne voulait pas que son fils aille si loin. La voir tant souffrir et me répéter continuellement:" Tu penserais vraiment abandonner ta mère?" me causait une extrême douleur. Celles-là et d'autres difficultés allaient croissant.

Malgré tout cela, je lui dis;" Je m'en vais. En fin de compte, si je ne m'y plais pas, je reviens et on en parle plus." J'en parlai à mes supérieurs de Séminaire, leur exposant ma décision, et c'est avec beaucoup d'insistance que je leur demandai de me laisser la porte ouverte, car je pensais être de retour chez moi en moins d'un mois.

Il arriva ce que j'avais prévu, c'est-à-dire que les premiers mois, je voulus rentrer chez moi, bien que je ne parlais à personne de ce dont je souffrais intérieurement, à commencer par les repas, le climat, les jours de jeûne, le silence.. de plus la maison dans laquelle nous nous trouvions, ne m'inspirait pas spirituellement, et cela était dû au bruit de la ville, au chahut des enfants, etc... Enfin, nombreuses étaient les choses que je n'arrivais pas à assimiler.

Par exemple, je souffrais du fait de ne pas avoir d'argent de poche, ce qui est un signe de détachement des biens terrestres et de pauvreté, et de ne pas pouvoir acheter ce qui me faisait plaisir. Une autre souffrance était celle due au fait de ne pas pouvoir téléphoner à l'heure où j'en avais envie et d'appeler ma famille (car le courrier aérien mettait beaucoup de temps). C'était ce que devais vaincre pour que Dieu modèle ma vocation missionnaire.

Je savais un peu à quoi je m'engageais, et malgré tout j'avais osé venir!  Ma seule pensée était: "Bon, il faut que je supporte, je l'ai voulu.. Maintenant, il n'y a pas d'autre solution!

Et entre tant de "supporter et supporter", je commençais à me rendre compte que cela n'était pas et ne devait pas être une question de "supporter" mais bien de répondre en me donnant, de refuser de faire ma propre volonté  et de me donner totalement aux pauvres, aux enfants. En un mot, je devais me crucifier avec le Christ; ne pas faire le capricieux, ma volonté, mais celle de Celui qui m'appelait à un plus grand labeur.

Alors, je compris le pourquoi de tant de croix accrochées aux murs de nos Maisons: c'était ici ma place, pour ouvrir les bras avec amour.

Je pus assimiler par pure grâce de Dieu, tout ce qui m'en coûtait: la vocation est un chemin exigeant, mais ce chemin devient léger si l'on garde toujours Dieu présent en nos vies.

Le travail que je fais est difficile, fatigant et très délicat, car ce n'est pas facile d'être saint et d'amener les autres à le devenir. Je pense que l'abnégation est le premier pas qu'il nous faille faire pour se donner entièrement à Dieu, et ensuite, avec Lui,  se donner aux pauvres, aux nécessiteux, aux orphelins. Ainsi le fait de laisser ma famille et tant d'autres choses, s'est converti en une offrande d'amour. Plus encore: tu ne laisses rien et tu gagnes tout.

Beaucoup se demanderont pourquoi je m'en vais si loin, alors qu'il y a tant de pauvres et tant de besoin dans mon cher Mexique. La réponse n'est pas facile, car la vocation est toujours un mystère, un mystère dans lequel Dieu est le seul à avoir la réponse. Je peux seulement dire que c'est dans les choses ordinaires et simples que Dieu montre la route que chacun doit suivre....


Tout se passe comme avec les amoureux: ils se plaisent tant, s'aiment tant et son si amoureux l'un de l'autre que l'éloignement leur importe peu et qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour rester ensemble. Ainsi, moi aussi, je suis un amoureux de ma vocation, et pour cela, peu importe où je doive aller pour assouvir la soif de ceux que le Seigneur a mis sur ma route, les plus pauvres: et d'assouvir la mienne, car moi aussi j'ai soif de Dieu.

Car quand il s'agit d'un véritable amour, il importe peu de perdre jusqu'à sa propre vie.

Quelqu'un pourrait me rétorquer:" Atterris, aie les pieds sur terre: comment peux-tu aider ton pays, si ton travail ne s'y déroule pas." - Tenez pour certain que mon aide est plus efficace que si j'y étais, car quand on obéit à Dieu et que l'on suit son appel, c'est Lui qui y remédie et qui fait croître ce que moi pauvre pécheur, je ne pourrais faire en y étant....

Je voudrais terminer avec les paroles d'un martyre missionnaire en Afrique. Sa vie m'a toujours impressionné, en raison de son don jusqu'à la fin. Bien qu'avec craintes, difficultés et tentations du malin - parfois il avait envie de repartir chez lui, pour être avec ses parents et les siens - bien qu'ayant eu l'opportunité de rentrer chez lui sans aucun problèmes, par obéissance et docilité au Seigneur il décida de rester de de donner sa vie pour les pauvres, les nécessiteux, les aimés du Seigneur.
Je voudrais faire mienne ces paroles:

"Il y a quelque chose de plus fort qui me retient ici et me fait ainsi décider de ma vie. Ce n'est pas du masochisme, mais une force qui m'entraîne derrière Jésus sur le chemin de la croix vers un amour infiniment grand et un horizon sans fin."

fr. Raphaël  Santillan Rodriguez m.s.p

dernier numéro revue des missionnaires serviteurs
des pauvres du Tiers Monde
Abbaye Notre Dame
36 220 Fontgombault .
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Publié le 11 Mars 2008


"Expecta dominum, viriliter age"

Espère en Dieu! Courage, aie le coeur ferme! 
Sois un homme!

"Le courage est la première des qualités humaines car elle garantit toutes les autres."

Aristote

mardi de la Passion. (forme ext)


Lions.jpegDanger: ne pas trop s'approcher!


"Seigneur, tu t'es souvenu de moi, et tu n'abandonnes pas
ceux qui t'aiment."


  "Il n'existe pour l'âme en ces heures-là qu'une ressource, c'est de s'abandonner quand même à Dieu:" Même s'il m'exterminait, j'espèrerais en lui". (Jn 13,15).

      Savoir baiser la main qui nous frappe, ne rien relâcher de la fidélité ordinaire, ajouter plutôt et, même les yeux plein de larmes, même alors que tout proteste en nous, dire notre tendresse à Celui qui semble se détourner de nous, c'est courage et c'est bénédiction assurée.

      Dieu n'est pas cruel, il fait notre éducation. Il nous veut à lui et pour cela, dans le dessein de nous faire sortir de nous-mêmes, il ruine tout attrait pour un bien créé quel qu'il soit, il sème l'amertume sur tout ce que nous serions tentés d'aimer hors de lui, il nous rend inhabitable toute autre région que la sienne.

   Ceux qui persévèrent seront bénis."

  "Accepter tout de la main de Dieu, c'est aimer Dieu de toute son âme et demeurer dans sa dilection:' Tout ce que vous voulez, tout ce que vous voudrez, mon Dieu..."
  "Toutes choses coucourrent au bien de ceux qui sont appelés selon son éternel dessein". (Rm 8,28)

dom Paul Delatte.




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Publié le 11 Mars 2008

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"Si tu remerciais Dieu pour toutes les joies qu'il te donne, il ne te resterait plus de temps pour te plaindre."
    

Maître Eckhart.

C'est le la de toute vie chrétienne intelligente, de toute vie humaine.. Sans cette clé, notre vie ne peut devenir que plaintes et que gémissements, que révoltes et qu' ingratitudes néfaste à toute notre relation avec Dieu et avec les autres. On prend, on se sert, on ne pense à rien qu'à ses petites satisfactions personnelles égoïstes. "540 égal 0 .... comme tout le reste.. (message subliminal perso, pour initié..)

Etienne: savoir dire merci.

"Il semble, à en juger par la rareté de la reconnaissance, qu'il est bien difficile aux hommes de dire " merci ". Et pourtant cela changerait tellement les relations humaines, si l'on comprenait mieux le devoir de remercier et ses vertus.
 Dans l'Evangile, le Seigneur Jésus attirait déjà notre attention sur cette lacune grave. Souvenons-nous de la scène des dix lépreux guéris.  Ils s'en sont allés heureux, satisfaits. Mais un seul songe à revenir sur ses pas pour dire " merci " au Maître. "

 Et c'est ce qui se passe dans notre vie quotidienne. Remarquons assez à quel point nous considérons comme allant de soi, les services rendus. Et pourtant, combien y a-t-il de charité chrétienne, de chaleur humaine dans un MERCI. Il y a tant de choses d'ailleurs qu'on ne paie pas avec de l'argent, mais qu'on paie d'un simple sourire, d'une attention, d'un " merci ". Il faut que l'on arrive à pouvoir exprimer ses sentiments à l'aide d'autre chose que de la monnaie ou même des pourboires ; il y a des sentiments humains qui s'expriment par le geste gratuit que rien ne remplacera. Pour être pragmatique, donnons quelques exemples :

 Le bonheur d'un foyer dépendra pour une large part de ce devoir mutuel de la reconnaissance. Heureux le foyer où les enfants auront appris à dire merci à celui ou celle qui se dévoue pour eux et qui à longueur de journée poursuit et recherche leur bien. Le merci du mari à sa femme vaut tout l'argent du monde: il indique que le mari est attentif à ce qui est fait pour lui.  Le merci de la femme à son mari, c'est plus qu'il n'en faut pour lui donner le courage de recommencer chaque jour un travail monotone et lassant.    Le merci du chef à celui qui travaille sous ses ordres, quels miracles de dévouement n'accomplit-il pas ! N'arrive-t-il pas que lorsqu'on attire l'attention d'un patron ou d'un maître sur le dévouement de son employé ou de son serviteur qu'on reçoive comme réponse :  " Mais ils sont payés pour cela ! " On n'a rien compris à la question sociale tant que l'on croit que le conflit entre patrons et ouvriers est d'abord une question d'argent. C'est d'abord et avant tout une question de relations humaines.

 Il faut de temps en temps faire halte, prendre un peu de recul et dire les mots qui doivent être dits. Le mot “merci” en est de ceux-là.


Etienne Alla, Chorale Les Chérubins



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Publié le 10 Mars 2008



"Ce n'est pas la justice qui est sans miséricorde, c'est l'amour."

"L'amour pardonne tout, sauf une seule chose, qui est de ne pas être aimé."



 
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"Un homme ne serait pas capable de punir éternellement d'abord parce qu'il ne comprend pas l'éternité, et ensuite parce que toutes ses vertus sont courtes comme sa vie et étroites comme son coeur. Vous invoquez la bonté: savez-vous bien ce que c'est? Savez-vous que c'est la bonté qui met le sceau à la réprobation des pécheurs? Je vous étonne sans doute, mais écoutez-moi et connaissez enfin combien sont futiles les espérances et les raisonnements de l'homme contre les jugements de Dieu.

   Vous liez dans votre esprit l'idée de bonté à l'idée d'un pardon toujours possible et toujours accordé, quelle que soit la persévérance du méchant dans le mal; vous en faites ainsi un adversaire irréconciliable de la justice, et vous brisez en Dieu l'unité nécessaire de ses perfections. Je ne m'arrête pas à vous dire que c'est là une pensée sacrilège, qui détruit dans l'intelligence la notion métaphysique et morale de Dieu; mon dessein est d'aller plus loin au fond des choses et de vous faire voir, en définissant la bonté, comment elle s'accorde avec la justice pour assurer l'éternelle réprobation des pécheurs, une fois qu'ils ont perdu avec le temps de l'épreuve le temps de la réconciliation.

   Qu'est-ce donc que la bonté? La bonté, c'est l'amour gratuit. Celui-là est bon qui aime sans cause, qui aime le premier, qui aime avec ardeur, qui aime jusqu'à mourir: et tel est l'amour de Dieu.

   Dieu ne nous devait rien, puisque nous n'êtions pas;  il ne découvrait en nous aucune raison de nous aimer, puisque nous n'avons rien avant qu'il nous eût donné quelque chose; son amour pour nous, comme pour toute créature, était donc un amour gratuit, un acte d'infinie bonté. Or, écoutez bien, je vous prie: l'amour, tout bon qu'il est, j'oserais dire, tout aveuglément bon qu'il est, a partout un besoin qui est dans son essence et dont il ne peut s'affranchir: ce besoin de l'amour, c'est d'être aimé. L'amour pardonne tout, sauf une chose, qui est de ne pas être aimé. Je voudrais qu'il en fût autrement, si c'est votre désir; mais je me croirais tombé en démence de ne pas pardonner à l'amour ce besoin qu'il a d'être aimé. Et s'il ne l'est pas, que fera-t-il? Ce qu'il fera! Je vais vous le dire, en vous dérobant à vous-même, au fond de mon coeur, le secret de l'amour. Ou je me trompe, ou vous avez aimé, ne fût-ce qu'une fois. Je ne distingue pas en ce moment les affections légitimes de celles qui ne le sont pas; je les prends toutes, pourvu qu'elles soient sincères; dans les entrailles de leur réalité. Vous avez donc aimé, et je suppose qu'aujourd'hui même votre âme est sous l'empire de cette généreuse et terrible passion. Elle a choisi, elle s'est donnée, elle se dévoue tout entière; mais, ô douleur! on repousse ce don que vous avez fait de vous. Quelle sera votre ressource? Votre ressource sera de ne point vous lasser, d'espérer contre l'espérance de croire à l'efficacité d'un sentiment aussi fort que le vôtre.

   Ployez le genou, s'il est besoin; abaissez votre orgueil, que rien ne vous coûte pour persuader l'ingratitude et pour réduire l'insensibilité. Mais enfin, si vous ne réussissez pas que ferez-vous? Je vous donnerai un conseil que je tiens d'un grand moraliste: La Bruyère a dit: Lorsqu'on a beaucoup fait et beaucoup fait en vain pour être aimé, il y a encore une ressource, c'est de ne plus rien faire du tout.

   On a repoussé votre empressement, essayez l'abandon. Je n'entends pas un abandon d'épreuve, où la tendresse se ménage le retour. Après cela, ce dernier effort de votre âme étant demeuré impuissant, voici un jour ce qui se passera en vous: vous direz: Allons, sois homme, n'abuse pas plus longtemps de cette faculté d'aimer qui t'a été donnée d'en haut, retourne à la maison, prends ton âme et va-t-en/ Telle est l'histoire du coeur humain dans l'amour, et telle est aussi celle de Dieu; car, au ciel et sur la terre, l'amour n'a qu'un nom, qu'une essence, qu'une loi, qu'un effet.

   Dieu vous a prévenu d'affection de toute éternité. Vous n'êtes rien pour lui, rien pour l'univers, rien pour vous-même: il vous a choisi avant que vous fussiez. Ce corps dont vous profanez la grâce, c'est lui qui vous l'a donné comme un vase antique sorti tout pur de la main du statuaire. Au-dedans de ce chef-d'oeuvre sorti de ses amoureuses mains, il a mis une lumière vivante qui se lui à elle-même, et dont les rayons ont une affinité avec sa propre lumière afin que l'une et l'autre se recherchassent pour s'unir un jour dans l'extase d'une même flamme et d'une même éternité. Mais vous, fils ingrat d'une piété si gratuite, vous avez fui l'amour qui ne vous demandait que l'amour. Vous avez ramené sur vous l'adoration que vous lui deviez; vous avez fermé les yeux pour ne pas le voir, vos oreilles pour ne pas l'entendre, vos lèvres pour ne pas lui répondre.

   Dieu s'en est affligé: il a craint d'avoir trop peu fait pour vous, et descendant des ombres qu'il avait laissées sur lui, il est venu placer devant vous sa personne, sa voix, ses actes, sa vie, et, de peur que ce ne fût pas encore assez, il est mort sous vos yeux crucifié de vos mains. Cela fait, pour tout, il s'en est armé contre chacun: il poursuit l'humanité âme par âme, jour par jour, et ce n'est que vaincu et méprisé jusqu'à la dernière heure, qu'enfin il reprend son amour et s'en va pour jamais. Car l'amour, c'est sa loi, ne repasse point aux mêmes rivages, et une fois qu'il les a quittés, il n'y reparaît plus.

   Le Dante a mis sur la porte de son enfer cette funeste inscription/

   Par moi, l'on va dans l'éternelle douleur;
   Par moi, l'on va dans la cité de la plainte;
   Par moi, l'on va dans la nation perdue
   Vous qui entrez, laissez toute espérance.

  C'est l'éternelle justice qui m'a fait, et le premier amour.

  Si ce n'était que la justice qui eût creusé l'abîme, il y aurait un remède, mais c'est l'amour aussi, c'est le premier amour qui l'a fait: voilà ce qui ôte toute espérance. Quand on est condamné par la justice, on peut recourir à l'amour; mais quand on est condamné par l'amour, à qui recourra-t-on? Tel est le sort des damnés.

   L'amour qui a donné son sang pour eux, cet amour-là même c'est celui qui les maudit. Eh quoi! Un Dieu sera venu ici-bas pour vous, il aura pris votre nature, parlé votre langue, touché votre main, guéri vos blessures, ressuscité vos morts: que dis-je? Un Dieu se sera livré pour vous aux liens et aux injures de la trahison, il se sera laissé mettre nu sur une croix, et après cela, vous pensez qu'il vous sera permis de blasphémer et de rire, et d'aller sans crainte aux noces de toutes vos voluptés! Oh ! non, détrompez-vous, l'amour n'est pas un jeu; on n'est pas impunément aimé par un Dieu, on n'est pas impunément aimé jusqu'au gibet.

   Ce n'est pas la justice qui est sans miséricorde, c'est l'amour. L'amour, nous l'avons trop éprouvé, c'est la vie ou la mort, et s'il s'agit de l'amour d'un Dieu, c'est l'éternelle vie ou l'éternelle mort.

Carême 1851. Lacordaire.

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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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