Publié le 11 Mars 2020

 

saint Joseph et progrès. 

      Le mot progrès signifie étymologiquement marche en avant; c'est un mouvement ascensionnel vers ce qui est mieux, plus parfait, plus grand, plus élevé; c'est une montée, et, en même temps, une dilatation , un accroissement, un agrandissement.

   N'y a-t-il pas lieu de vous étonner que j'assemble ces deux mots: Joseph et progrès? 

   Que le fils du vieux patriarche Jacob fût un homme de progrès, nul ne le conteste. Pâtre encore à seize ans, puis esclave et prisonnier, bientôt il prend son essor qui l'emporte jusque sur les marches du trône de la riche et savante Egypte. Parti de rien, il ne cesse de s'élever, il devient le chef d'une grande nation, le sauveur de tout un peuple. 

   Oui, celui-là grandit, celui-là eut des accroissements merveilleux. Mais l'ouvrier de Nazareth? Est-ce qu'il n'est pas la contradiction du même progrès? Satisfait de sa modeste condition, il n'a pas cherché à en sortir, ni songé à l'améliorer; sa vie est restée humble, et pauvre sa maison; sa fin est mystérieuse comme ses commencements. Assurément, de la gloire de ses ancêtres il aurait pu recevoir quelque splendeur; mais cette splendeur n'eût été encore qu'un déclin; et, d'ailleurs, Dieu a si bien pris soin d'en affaiblir graduellement l'éclat, que le dernier descendant de la famille royale de David, tombé dans la pauvreté, est réduit, pour vivre, à travailler de ses mains, en sorte que l'illustration antique ne fait qu'accentuer l'obscurité présente.

   Le premier Joseph n'a cessé de monter et de grandir; le second , semble-t-il n'a fait que descendre et diminuer . Cependant, c'est à celui-ci surtout que s'appliquent les paroles de Jacob :" Filius accrescens Joseph, mon fils Joseph grandit, mon fils Joseph va toujours croissant." Joseph, fils de Jacob, n'était qu'une figure; Joseph de Nazareth est la lumineuse réalité. 

   Un philosophe dont le génie chrétien eut des intuitions prophétiques , a fait, en quelques lignes, la comparaison entre les deux Joseph, et , en deux mots, indiqué la supériorité du second sur le premier : " Tous deux furent les hommes du mystère et le rêve  leur dit ses secrets : Tous deux furent instruits en rêve, tous deux devinèrent les choses cachées. Penchés sur l'abîme, leurs yeux voyaient à travers les ténèbres. Voyageurs nocturnes, ils découvraient leur route à travers les mystères de l'ombre. Le premier Joseph vit le soleil et la lune prosternés devant lui. Le second Joseph commanda à Marie et à Jésus; Marie et Jésus obéissaient.

  Aucun homme eut-il jamais semblable dignité et connut-il de telles ascensions? Qu'importe que  le diadème de ses ancêtres ne couronne pas sa tête! qu'importe que ses mains se durcissent à manier les rudes instruments de son labeur, et qu'il mange un pain gagné à la sueur de son front! Dieu a discerné ce pauvre ouvrier, il le sort de la boue, il l'élève au-dessus des rois, il lui confie des fonctions si augustes que le langage humain se sent impuissant à en exprimer toute la surnaturelle et incommensurable grandeur. Il est l'époux de Marie, et Marie lui obéit ; il est le gardien de Jésus, et Jésus lui obéit. Il est le représentant, le fondé de pouvoirs du Père céleste, qui lui délègue son titre avec une telle plénitude que le Verbe incarné est appelé le fils de Joseph, non seulement par le peuple, mais par la Vierge elle-même; il est comme l'ombre qui plane sur Marie pour voiler les mystérieuses et ineffables opérations du Saint-Esprit, dont il devient ainsi le coopérateur ! Filius accrescens Joseph, filius accrescens. 

   Est-il besoin d'ajouter qu'à ces progrès en dignités correspondaient des progrès en vertus? " C'est une règle générale, dit saint Bernardin de Sienne, que quand Dieu , dans sa bonté, appelle une des ses créatures raisonnables à quelque service de choix ou quelque dignité éminente, il donne à cet être privilégié toutes les grâces qui lui sont nécessaires pour remplir sa mission. 

   Or les fonctions de Joseph étaient uniques: uniques par conséquent, furent non seulement les grâces qu'il reçut, mais les vertus qu'il du pratiquer avec une perfection toujours grandissante pour être à la hauteur de sa mission d'époux de Marie et de père nourricier de Jésus .

    Si l'âme qui a reçu la blessure de la divine charité s'élève ainsi, portée par de mystérieuses ailes, vers les sommets de la perfection, quel doit être l'élan du vol de l'âme de Joseph non pas seulement blessée, mais embrasée, consumée, dévorée par l'amour de Jésus! 

   Oui, dévorée par l'amour de Jésus! Si, en effet, une rapide conversation, le long d'un chemin , avec le divin Maître, suffit pour rendre brûlant le coeur des deux disciples d'Emmaüs hésitants et découragés, comment , au contact habituel et familier du coeur de Jésus , le coeur de Joseph eut-il pu ne pas être un foyer dont la flamme devenait chaque jour plus ardente et plus active? Filius accrescens Joseph: à mesure qu'il grandissait en dignités, Joseph grandissait en grâces..

abbé Artaud. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Mars 2020

 

"Pongamos los medios prudentes que nos van indicando las autoridades sanitarias para prevenir y atajar esta epidemia, pero con una visión sensata y cristiana de las cosas (...) No cedamos ante la epidemia de miedo"

L'ensemble de la communauté internationale est impliquée dans la lutte contre cette maladie contagieuse et dans sa prévention judicieuse. Nos autorités sanitaires nous donnent également des informations et quelques indications, que nous devons observer et intégrer afin de prévenir de plus grands maux et leur expansion. Nous nous y sommes engagés et nous devons la soutenir.

Mais j'ai trouvé la réflexion faite par un bon frère évêque du diocèse français d'Ars-Belley, Mgr Pascal Roland, intéressante et réfléchie. C'est l'une des choses les plus sensées que j'ai pu lire ces derniers jours.

Souvenez-vous que dans des situations beaucoup plus graves comme les grandes pestes, lorsque les moyens de soins de santé n'étaient pas ceux d'aujourd'hui, dans les populations chrétiennes, des prières collectives étaient faites en priant Dieu, et elles étaient organisées pour aider les malades, assister les mourants et enterrer les morts. Les disciples du Christ ne se sont pas détournés de Dieu ni cachés de leurs semblables, mais bien au contraire. La panique collective à laquelle nous assistons aujourd'hui ne révèle-t-elle pas notre rapport déformé à la mort ? Ne manifeste-t-elle pas l'anxiété causée par la perte de Dieu ? Nous voulons censurer le fait que nous sommes mortels et, en nous fermant à la dimension spirituelle de notre être, nous perdons du terrain. Avec des techniques de plus en plus sophistiquées et efficaces, nous essayons de tout maîtriser, en oubliant que nous ne sommes pas les maîtres de la vie.

 

"Attaquons-nous à l'épidémie de coronavirus, mais ne cédons pas à l'épidémie de peur.
"Hormis les précautions élémentaires que chacun prend spontanément pour ne pas contaminer les autres lorsqu'il est malade, il n'y a rien à ajouter".
"La panique collective à laquelle nous assistons aujourd'hui ne révèle-t-elle pas notre rapport déformé à la mort ? Ne manifeste-t-elle pas l'anxiété causée par la perte de Dieu ?"

Utilisons les moyens prudents que les autorités sanitaires nous indiquent pour prévenir et combattre cette épidémie, mais avec une vision sensée et chrétienne des choses, sans tomber dans l'obsession excessive. Attaquons-nous à l'épidémie du coronavirus, mais ne cédons pas à l'épidémie de la peur. L'archevêque d'Oviedo, Jesús Sanz, est à ce jour le seul évêque espagnol qui a expressément évité de donner des instructions aux pasteurs et aux fidèles pour éviter le coronavirus.

Il l'explique dans sa lettre hebdomadaire, intitulée "Coronavirus et peur, deux épidémies ensemble", dans laquelle il donne l'exemple du controversé évêque d'Ars-Belley, Pascal Roland, qui "n'a pas l'intention de donner des instructions spécifiques à ses diocèses", avec une série de questions pour le moins curieuses.

"Les chrétiens cesseront-ils de se réunir pour prier ? renonceront-ils à essayer d'aider leurs semblables ?"

En dehors des précautions élémentaires que chacun prend spontanément pour ne pas contaminer les autres lorsqu'il est malade, il n'y a rien à ajouter", 

"nous vivons dans un monde globalisé et les communications rendent tout plus facile à apporter et à prendre, à savoir les choses en temps réel et à être conscient de ce qui se passe aux antipodes", ce qui inclut "une série de pandémies qui nous rappellent les fléaux qui ont dévasté l'humanité au cours des siècles passés".

"Nous avons dû réagir au sida, à Ebola, et maintenant nous sommes confrontés à cette nouvelle épidémie de coronavirus", déclare M. Sanz, qui appelle à "observer et intégrer" les indications des autorités sanitaires "pour éviter de plus grands maux". Mais pas tant ceux des autorités religieuses.

Il propose ainsi, comme dans "les grands fléaux", que les chrétiens fassent "des prières collectives en priant Dieu", s'organisent "pour aider les malades, assister les mourants et enterrer les morts". "Les disciples du Christ ne se sont pas détournés de Dieu ni cachés de leurs semblables, mais bien au contraire. La panique collective à laquelle nous assistons aujourd'hui ne révèle-t-elle pas notre rapport déformé à la mort ? Ne manifeste-t-elle pas l'anxiété causée par la perte de Dieu", demande Sanz-Roland, ajoutant que "nous voulons censurer le fait que nous sommes mortels et, en nous fermant à la dimension spirituelle de notre être, nous perdons du terrain".

"Pourquoi se focaliser soudainement sur le seul coronavirus ? Pourquoi ignorer que chaque année en France, la banale grippe saisonnière touche entre 2 et 6 millions de personnes et provoque environ 8000 décès ? 

Nous semblons également oublier de notre mémoire collective que l'alcool est responsable de 41 000 décès par an, et qu'environ 73 000 sont causés par le tabac", 

 

Il se termine par une réflexion purement chrétienne : il nous rappelle que le chrétien ne s'appartient pas, sa vie doit être offerte, car il suit Jésus, qui enseigne : "Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile la sauvera" (Mc 8,35). Certes, il ne s'expose pas indûment, mais il n'essaie pas non plus de se préserver. En suivant son Maître et Seigneur crucifié, le chrétien apprend à se donner généreusement au service de ses frères et sœurs plus fragiles, en vue de la vie éternelle.

J'ai été aidé par la réflexion de cet évêque français. Utilisons les moyens prudents que les autorités sanitaires nous indiquent pour prévenir et attaquer cette épidémie, mais avec une vision sensée et chrétienne des choses, sans devenir excessivement obsédés. Attaquons-nous à l'épidémie du coronavirus, mais ne cédons pas à l'épidémie de la peur. Comme dirait le pape François : ne vous laissez pas voler l'espoir !

+ Jesús Sanz Montes, ofm
Arzobispo de Oviedo

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Mars 2020

 

 dans ce monde de déglingués faut bien ça ! 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Mars 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Mars 2020

 

   Dieu a revêtue Marie de ses douleurs, comme pour en faire une révélation complète du grand mystère de la souffrance. Il a fait briller en elle cette doctrine féconde, que la souffrance, lorsqu'il s'agit des choses divines, est la véritable conséquence de l'amour. 

   Marie n'avait commis aucun péché pour lequel elle dût souffrir; elle n'avait pas de châtiment à subir pour la chute d'Eve; elle n'était pas comprise dans la loi du péché.

   Dans l'ordre des desseins du Ciel, Marie était prévue avant le décret qui permit le péché. Elle n'avait pas non plus de monde à racheter. Tout son sang, cette source si douce du précieux sang, n'aurait pu laver un seul péché véniel, ni sauver l'âme d'un seul enfant nouveau-né, exempt de péché actuel à expier. 

   Elle était simplement plongée dans une mer d'amour ineffable; c'est pourquoi le déluge de la douleur passa sur son âme et y pénétra justement, de même que les fleuves aux flots turbulents vont naturellement se jeter dans la mer. Ses souffrances ferment pour jamais la bouche à la plainte. C'est avec une douce violence et une force de persuasion irrésistible qu'elles imposent silence à tous les enfants affligés du Père céleste. 

   Les saints ne peuvent douter plus longtemps que la souffrance ne soit la grande ressemblance avec le Christ. 

   Au sein de notre extrême bassesse, nous, dont la patience est un tissu tellement mince qu'il était déjà presque usé lorsqu'il était neuf, nous apprenons non seulement à nous taire, mais à souffrir avec douceur; nous pensons même avec joie qu'un temps viendra où nous aimerons ces souffrances qui sont comme une monnaie d'or avec laquelle Dieu paye notre amour. 

rp Faber. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Mars 2020

Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Mars 2020

 

   La beauté de Jésus est inépuisable. Comme la vue de Dieu dans le ciel, elle est toujours variée, et pourtant toujours la même; elle est toujours chère comme une joie ancienne et familière, et pourtant toujours un objet  de surprise et de rafraichissement pour l'esprit, comme si elle était , en réalité, toujours nouvelle.

   Jésus est beau toujours, beau partout, lorsqu'il est défiguré par les tourments de la Passion, aussi bien que dans les splendeurs de la résurrection, parmi les horreurs de la flagellation aussi bien qu'au milieu des charmes indescriptibles de Bethléem. 

   Mais, par dessus tout, Notre-Seigneur est beau dans sa mère. Si nous aimons Jésus , nous devons aimer Marie. Il faut que nous connaissions la Mère pour connaître le Fils si nous le séparions de sa Mère, si nous laissions celle-ci de côté comme un simple instrument que Dieu a choisi de la même manière qu'il eût pu choisir une chose inanimée , dont on ne regarde ni la sainteté ni la convenance morale.

   Or, c'est notre tâche de chaque jour d'aimer Jésus de plus en plus. Enfermons nous dans le jardin des douleurs de Marie. ... 

   La première chose qui nous frappe dans les douleurs de la sainte Vierge, c'est leur immensité, non dans son sens littéral, mais dans le sens que nous donnons ordinairement à ce mot, en l'appliquant à des choses créées. C'est aux douleurs de Marie que l'Eglise applique ces paroles de Jérémie :" Vous qui passez, voyez et considérez s'il est une douleur semblable à ma douleur. Qui comparerai-je avec toi, ô fille de Jérusalem? A qui t'égalerai-je pour te consoler, ô fille de Sion? car ta douleur est grande comme une mer. Qui est-ce qui te guérira? " 

   On représente l'amour de Marie comme un feu que des eaux abondantes ne pourraient éteindre, et c'est de la même manière que les saints et les docteurs de l'Eglise ont parlé de la grandeur de ses douleurs.

   Saint Anselme dit :" Quelle qu'ait été la cruauté exercée sur les corps des martyrs, elle était légère, ou plutôt elle n'était rien comparée à la cruauté de la passion de Marie. " Saint Bernardin de Sienne dit que la douleur de la Sainte Vierge a été si grande que, si elle était divisée et partagée entre toutes les créatures capables de souffrir, celles-ci périraient à l'instant. Un ange révéla à sainte Brigitte que si Notre-Seigneur n'avait pas soutenu miraculeusement sa Mère, elle n'aurait pu conserver la vie pendant son martyre. 

   ... Mais ce qui montre surtout l'immensité des douleurs de Marie, c'est qu'elles surpassèrent tous les martyres. 

   Nous aussi nous avons notre place dans ces douleurs. Marie doit souffrir pour l'amour de nous, aussi bien que pour l'amour de son Fils. Ne doit-elle pas être, en effet, la Mère de consolation, le refuge des affligés?

   Il faut donc qu'elle descende dans les profondeurs de toutes les douleurs que peut ressentir le coeur humain. Autant qu'une simple créature peut le faire, il faut qu'elle les mesure toutes et qu'elle les éprouve toutes, sans excepter même la douleur qui vient du péché, auquel nous sommes sujets et dont elle est exempte. Il faut qu'elle connaisse le poids de nos fardeaux et le genre de misère que chacun traîne à sa suite. 

   Ce doit être pour elle une science que de mesurer avec certitude les consolations qu'exigent nos faibles coeurs au milieu de leurs différentes épreuves, et de reconnaître ce qui soulage et calme nos souffrances dans les mille circonstances diverses et dissemblables où nous les éprouvons. 

   Notre-Seigneur ne nous a pas rachetés de nos péchés par une apparition brillante dans les cieux, par une vision passagère de la croix aperçue des verts sommets du Thabor dans la splendeur éloignée du firmament, ni par une absolution prononcée une fois pour toutes sur les hauteurs du Carmel, en vue de la mer et de notre occident lointain. Ce n'était pas sa volonté que la Rédemption fût aussi facile que la Création, facile pour lui, du moins, car pour nous elle l'est d'une manière merveilleuse. 

   Il accomplit notre salut durant de longues années, avec des souffrances infinies, dans des abîmes d'ignominie, par l'effusion de son sang et par les inexprimables amertumes de son âme. Il gagna notre salut, il le mérita, il lutta pour l'obtenir et il ne réussit que par les prodiges de sa Passion. Il n'était pas nécessaire que tout cela arrivât, sans doute: une parole, une larme, un regard aurait pu l'accomplir; il eût même suffi d'un acte de la volonté de Dieu, avec ou sans incarnation. Mais ce n'était pas son bon plaisir qu'il en fût ainsi. Dans sa sagesse infinie, il ne voulut pas s'appuyer seulement sur sa puissance infinie, et il choisit une autre voie. 

   Il en est de même de Marie. Elle n'est pas créée tout d'un coup Mère des affligés, comme par des lettres de noblesse. Elle ne devient pas la consolatrice de ceux qui souffrent, par un simple décret émanant de la volonté divine. Il en pu en être ainsi, mais il en est autrement. Sa qualité de Mère des hommes est comme une longue et pénible conséquence de sa divine maternité. Pour l'acquérir et la mériter, elle a travaillé, elle a souffert, elle a supporté les plus énormes fardeaux de douleurs et elle l'a enfin obtenue sur le Calvaire. 

   Ce n'est pas qu'à proprement parler, elle put mériter cette qualité comme Jésus mérita le salut du monde, puisque cette qualité n'est qu'une partie du salut mérité par le Sauveur. Mais elle la mérita autant que le pouvait une créature, et c'est lorsqu'elle s'approchait du but, que Dieu vint par sa grâce au devant d'elle. 

   Combien donc n'était-il pas nécessaire pour nous que Dieu permit à Marie de souffrir! Que serait l'océan des douleurs humaines sans cette espèce de clarté lunaire qu'y répand Marie? ... Combien de pleurs n'a t-elle pas déjà essuyés de nos yeux? Que de larmes amères ne nous a-t-elle pas fait trouver douces? 

   Et puis, la vieillesse arrive, le cercle de ceux que nous aimons se rétrécit chaque année, la maladie, la mort nous attendent. Combien n'avons-nous donc pas encore à demander aux trésors de consolations que renferme le  coeur immaculé de Marie? 

   Ce fut avec l'entière satisfaction de ce Coeur, et pour notre bonheur, que Dieu lui permit de souffrir, afin qu'elle en devint plus réellement la Mère des affligés, car en s'appesantissant sur elle, ses douleurs allègent à chaque instant les nôtres.

   Que la mesure des souffrances que nous pouvons endurer est petite, et combien grand fut le poids des douleurs qu'elle put supporter, et comme elle les supporta royalement! 

   Notre-Seigneur a été notre réconciliation et notre exemple.  Il a racheté le monde uniquement par son précieux sang. Ses mérites seuls nous ont sauvés. Ses prérogatives, comme Rédempteur, ne sont partagées par personne. Il fallait que sa Mère fût rachetée, aussi bien que le reste des hommes, quoiqu'elle dût l'être d'une manière différente et plus sublime, préventive et non réparatrice, par l'incomparable grâce de l'Immaculée Conception, et non par la régénération après un état de chute. Cependant, c'était la volonté de Notre-Seigneur que sa Mère, sa coopération, son consentement, ses grâces, ses souffrances fussent tellement mêlés avec l'oeuvre de la Rédemption, que nous ne pussions les en séparer.

Il voulut que la Compassion de Marie fût liée à sa propre Passion. 

   

rp Faber. 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 9 Mars 2020

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Publié le 9 Mars 2020

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Publié le 9 Mars 2020

 

 

un beau dimanche de laetare !!!! y a des gens normaux quand même .

Merci beaucoup, ça faisait des années , que je n'avais pas eu un tel dimanche ... 

à St Eugène ils ont eu aussi la communion .. comme quoi, on n'est pas obligé d'être bête .

pour tous ceux qui ne peuvent recevoir la sainte communion. 

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Rédigé par Philippe

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