LA BEAUTÉ SAUVERA LE MONDE,
Publié le 28 Janvier 2026
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LA BEAUTÉ SAUVERA LE MONDE, ET LE SALUT EST DANS L'ACCEPTATION DE DIEU
Lettre d’adieu
Par Mgr Héctor Aguer, Archevêque émérite de La Plata (05.01.2026)
L'expression qui figure dans le titre provient de Fiodor Dostoïevski, lequel, dans son roman « L'Idiot », la met dans la bouche du prince Mishkin, non pas comme une création de ce personnage – héros de l'œuvre –, mais comme une référence à une théorie : la beauté sauvera le monde.
Plus qu'une invention de Dostoïevski, cette théorie manifeste une dimension de la réalité. Elle remonte à Platon : être, vérité, bonté, beauté. Le beau – to kalón, pulchrum – ne se limite pas à l'ordre esthétique ; il ne se réduit pas à la beauté physique, mais s'élève à l'ordre spirituel, et signifie : noble, excellent, quelque chose comme la splendeur qui couronne la réalité.
Jésus-Christ est « kalón », par sa beauté personnelle qui attirait les regards et l'acceptation de sa Parole. Les Évangiles racontent sa transfiguration : apparition humaine de la beauté de Dieu, unie personnellement à Lui. La beauté se cache dans les circonstances de sa Passion, pour ressurgir dans les traits du « Kyrios » (Seigneur) ressuscité. Son corps glorieux conserve les stigmates sacrés, que Thomas, l'apôtre incrédule, est invité à toucher. Le Seigneur, qui est la Beauté, est le Sauveur. Sa beauté se communique dans la grâce diffusée par les sacrements.
La présence eucharistique est la beauté que l'on perçoit dans la foi : il faut croire pour voir. La foi est une vision mystérieuse, sacramentelle, qui attend de devenir une vision face à face. La beauté du Ressuscité se recueille dans l'Ascension : la beauté est divino-humaine.
La diffusion du christianisme, qui est une offre de salut, rend présente la beauté du Ressuscité, qui se manifestera pleinement à son retour. Les apparitions du Seigneur aux croyants montrent la beauté divine et humaine du Verbe incarné ; tous les témoins s'accordent à dire qu'il s'agit d'une beauté éblouissante, lumineuse.
Que sera donc la vision béatifique, expression de la réalité divine ! « Esse, verum, bonum, pulchrum » (être, vrai, bien, beau), la beauté a sa place ; c'est ainsi que la perçoivent les bienheureux. La beauté du « Kyrios » est l'image de la beauté du Dieu trinitaire, car Il est Lui-même l'un des Trois. La beauté de Dieu s'est incarnée pour sauver le monde.
L'énigme de l'histoire réside dans le fait que les hommes préfèrent la laideur, refusant d'être sauvés par la beauté. Nous ignorons comment se résoudra l'énigme de l'histoire, même si nous savons que le Christ est tout en tous ; c'est-à-dire que l'Église est le dépositaire de la beauté qui sauve.
L'homme est fait pour la beauté, c'est pourquoi il est ému par la beauté de la réalité ou de l'art. Le salut consiste à accepter que Dieu est la Beauté.
Mgr Héctor Aguer
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