Publié le 25 Novembre 2012

 

 

 

 

 

O Jésus, détachez-nous toujours plus de ce monde dont la figure passe avec ses vains travaux, ses gloires contrefaites et ses faux plaisirs.

 

Ainsi que vous nous l’aviez annoncé, comme aux jours de Noé, comme à Sodome, les hommes continuent de manger et de boire, de s’absorber dans le trafic et la jouissance ; sans plus songer à la proximité de votre avènement que leurs devanciers ne se préoccupèrent du feu du ciel et du déluge, jusqu’à l’instant qui les perdit tous .

 

Laissons-les se réjouir et s’envoyer des présents, comme le dit votre Apocalypse, à la pensée que c’en est fait du Christ et de son Église.

 

Tandis qu’ils oppriment en mille manières votre cité sainte, et lui imposent des épreuves qu’elle n’avait point connues, ils ne se doutent pas que ce sont les noces de l’éternité qu’ils avancent ; il ne manquait plus à l’Épouse que les joyaux de ces épreuves nouvelles, et la pourpre éclatante dont l’orneront ses derniers martyrs.

 

Pour nous, prêtant l’oreille aux échos de la patrie, nous entendons déjà sortir du trône la voix qui crie, au bruit des tonnerres qu’entendit le prophète de Pathmos : « Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous tous qui le craignez, petits et grands. Alléluia ! car il règne nôtre Seigneur tout-puissant.

 

Réjouissons-nous et tressaillons, rendons-lui gloire ; car le temps des noces de l’Agneau est arrivé, et son Épouse s’est préparée ! » Encore un peu de temps, afin que se complète le nombre de nos frères ; et, avec l’Esprit et l’Épouse, nous vous dirons dans l’ardeur de nos âmes trop longtemps altérées : « Venez, ô Jésus  ! Venez nous consommer dans l’amour par l’union éternelle, à la gloire du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans les siècles sans fin ! »

 

dom Guéranger.

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Rédigé par philippe

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Publié le 25 Novembre 2012

 

 

 

 

La paix, selon une célèbre définition de saint Augustin, est la tranquillité de l'ordre: tranquillitas ordinis.

 

Et l'ordre demande que, partout où il y a pluralité, inégalité, diversité, chaque chose soit à sa place.

 

Ainsi donc, pour assurer la paix, il faut établir l'ordre, et pour établir l'ordre il faut mettre chacun à son rang. Dans l'individu, la paix requiert que le corps soit soumis à l'âme, les appétits inférieurs à la raison, et la raison à Dieu; dans l'univers tout entier, la paix demande que toutes les sociétés, la famille, la patrie, les nations, soient soumises au Christ roi comme le Christ est soumis au Père.

 

Proclamer Jésus roi universel et dilater son règne, c'est donc préparer et garantir la paix, en même temps que le triomphe de l'Eglise.

 

"Non, s'écrie Bossuet, non, Jésus-Christ ne règne pas si son Eglise n'est autorisée: les monarques pieux l'ont bien reconnu: et leur propre autorité, je l'ose dire, ne leur a pas été plus chère que l'autorité de l'Eglise."

 

Pie IX avait grandement raison de dire dans sa première encyclique:" Nous ne pouvons pas travailler plus efficacement pour la paix qu'en restaurant le règne du Christ."

 

"Quand la religion n'est plus la médiatrice des rois et des peuples, le monde est alternativement victime des excès des uns et des autres. Le pouvoir, libre de tout frein moral, s'érige en tyrannie, jusqu'à ce que la tyrannie devenue intolérable amène le triomphe de la rebellion. Puis de la rebellion sort quelque nouvelle dictature, plus odieuse encore que ses devancières."

 

Cardinal Pie.

 

 

Le moyen donc de conjurer l'immense péril des temps nouveaux, c'est de proclamer et d'établir le règne de Jésus-Christ, ainsi que celui de son Eglise, société spirituelle parfaite, avec ses dogmes immuables, sa morale intangible, ses droits imprescriptibles.

 

Père Hugon OP

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Publié le 24 Novembre 2012

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Il y a dans l'histoire de l'humanité, mes frères, certaines rencontres inoubliables, rencontres qui restent gravées dans la mémoire des hommes : ainsi ce face-à-face entre Pilate et notre Seigneur Jésus Christ. D' un côté il y a Pilate, le gouverneur romain, dans son palais; de l' autre il y a Jésus, le charpentier de Nazareth qui enthousiasme les foules mais déplaît aux dignitaires de l' époque. Jésus a été arrêté; Ses disciples se sont enfuis à toute vitesse : Il est maintenant face à Pilate qui Le questionne : "Es-Tu le roi des juifs?" : Pilate s' y connaît en roi, lui qui est le représentant officiel de l' empereur et de son pouvoir!

 

Qu' a-t-Il de semblable avec un roi cet homme -vêtu simplement, aux mains calleuses parce qu' elles ont travaillé le bois-, cet homme qu' on lui présente ligoté et déjà condamné à mort? Pourtant Pilate insiste encore : "Alors, Tu es roi?". Non, décidément, le gouverneur ne peut comprendre une "royauté" si dérisoire, une "royauté" qui n' est pas de ce monde! Et c' est vrai, mes frères, que le Christ Roi de l' univers que l' Eglise célèbre, adore et prie en ce jour, sur tous les continents, c' est vrai que ce Roi-là est surprenant et déroutant!


Ressemblait-Il à un Roi quand Il est né à Bethléem?

Ressemblait-Il à un Roi quand Il ajustait les poutres dans Son atelier de Nazareth?

Ressemblait-Il à un Roi quand Il Se laissait approcher par les enfants, les lépreux, les estropiés et tous les va-nu-pieds de toutes sortes? : Jésus -s' exclamait le Bienheureux Charles de Foucauld (+ 1 er décembre 1916) : "que Tu es Bon! Quel Baume Tu as mis jusqu' à la fin des siècles au coeur des pauvres, des petits, des dédaignés du monde, en leur montrant dès Ta Naissance qu' ils sont Tes privilégiés, Tes favoris, les premiers appelés... les toujours appelés autour de Toi qui as voulu être l' Un des leurs et être dès Ton berceau et toute Ta vie entouré par eux".

(Méditations sur les Saints Evangiles. Nazareth 1897-1898. In "Oeuvres spirituelles".

Seuil 1958 page 174).


Ressemblait-Il à un Roi, le jour des Rameaux, quand Il entra à Jérusalem sur un petit âne?

Ressemblait-Il à un Roi quand Il se mit aux genoux de Ses Apôtres afin de leur laver les pieds?


Ressemblait-Il à un Roi quand on Le vit prendre la route du Calvaire en portant cette lourde poutre de bois sur laquelle, bientôt, seraient figés Ses Mains et Ses Pieds sous le tintement des marteaux de Ses bourreaux? Oui, Il est tombé comme un autre : pour Lui aussi les pierres étaient dures et les madriers lourds! Oui, "Il a souffert avec Son âme d' homme, l' amertume des oeuvres humainement brisées, l' accablement des grandes défaites, les rires des gens, les branlements de tête, le ridicule sur Ses dernières heures".

(Joseph Malègue. Augustin ou le Maître est là-Spes 1933 Tome II page 473-474).


Ressemblait-Il à un Roi, ce 7 avril de l' An 30, crucifié entre deux criminels sur le Golgotha?

Pourtant, mes frères, c' est Lui dont nous disons qu' Il est le Roi de l' univers; Lui qui est né, Lui qui est venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité.


"Dieu, au moyen de Jésus Christ, nous a ouvert la fenêtre de la Vérité qui, face à nos seules forces, reste souvent étroite et seulement en partie transparente. Il nous indique dans l' Ecriture Sainte et dans la Foi de l' Eglise la Vérité essentielle sur l' homme, qui imprime la juste direction à notre action...


Seul Dieu est Bon au sens plénier. Il est le Bien, le Bon par excellence, la Bonté en personne... c' est seulement si notre vie se déroule dans le dialogue avec Lui, seulement si Son Être, Ses caractéristiques pénètrent en nous et nous façonnent que nous pouvons devenir des serviteurs vraiment bons".

(Pape Benoit XVI. Homélie du samedi 12 septembre 2009).


"Il n' y a pas d' âge pour tomber amoureux" titrait un journal (La Croix du 13 novembre 2012 page 26) qui relatait le témoignage d' une jeune femme de 30 ans, Delphine :


"Aujourd' hui, j' ai l' impression d' avoir trouvé le véritable amour, plus serein, plus calme, basé sur une confiance très forte l' un dans l' autre; on peut passer des heures l' un à côté de l' autre sans se parler : la présence suffit. Je reste persuadée que l' amour qui dure est celui qui prend son temps pour naître".


N' en va-t-il pas ainsi de notre relation avec le Seigneur?

N' est-Il pas de fait le véritable et grand Amour de notre vie?

Prenons-nous le temps pour "naître" continuellement à cet Amour de Dieu?

N' avons-nous pas à vivre avec Lui une confiance très forte en sachant qu' Il ne peut ni Se tromper et encore moins nous tromper et nous égarer?


Ne fait-il pas bon se retrouver en Sa Présence, "l' un à côté de l' autre" dans le silence de notre coeur ou près de la lampe du Tabernacle de nos églises qui nous dit qu' Il est là jour et nuit, qu' Il est là au coeur de nos cités, en permanence?


En instituant cette fête, le Pape Pie XI écrivait le 11 décembre 1925 (Quas primas) :


"Si les hommes venaient à reconnaître l' autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des Bienfaits incroyables... se répandraient infailliblement sur la société toute entière... Qui dira le Bonheur de l' humanité si tous, individus, familles, Etats se laissaient gouverner par le Christ... La fête du Christ-Roi nous donne le vif espoir de hâter le retour si désirable de l' humanité à son très affectueux Sauveur... Du jour où l' ensemble des fidèles comprendront qu' il leur faut combattre, vaillamment et sans relâche, sous les étendards du Christ-Roi, le feu de l' apostolat enflammera les coeurs, tous travailleront à réconcilier avec leur Seigneur les âmes qui L' ignorent ou qui L' ont abandonné, tous s' efforceront de maintenir inviolés Ses Droits".

(Pape Pie XI. Encyclique "Quas primas" du 11 décembre 1925).

 


Frères et soeurs, en ce jour nous voici tous invités à nous mettre au "service de l' Unique Roi de l' univers" : notre gloire et notre bonheur -nous fera dire la prière après la Communion- c' est de Lui obéir, de nous mettre à Sa disposition, sous "Ses ordres", sous "Sa houlette"!


"Face à ceux qui réduisent la religion à une somme de négations ou qui se contentent d' un catholicisme en demi teinte -disait Saint Josémaria Escriva de Balaguer-; face à ceux qui veulent tourner le Seigneur contre le mur, ou Le reléguer dans un coin de leur âme..., par nos paroles et par nos actes nous devons affirmer que nous aspirons à faire du Christ un Roi authentique de tous les coeurs... même du coeur de ces gens-là".


(Saint Josémaria Escriva de Balaguer. Sillon n° 608).


En vérité -selon les mots du grand Lacordaire (+ 21 novembre 1861)-


Jésus est ce Roi "dont l' Amour garde la tombe, dont le sépulcre n' est pas seulement glorieux mais dont le sépulcre est aimé"; Jésus est ce Roi "dont la cendre... n' est pas refroidie; qui chaque jour renaît dans la pensée d' une multitude innombrable d' hommes"; Jésus est ce Roi "dont une portion considérable de l' humanité reprend les Pas sans se lasser jamais"; Jésus est ce Roi "dont chaque mot qu' Il a dit vibre encore et produit plus que l' Amour, produit des vertus fructifiant dans l' Amour".


(Lacordaire. 39 ème conférence de Notre Dame de Paris. In "Oeuvres"-Poussièlgues 1893.

Tome IV pages 73-75).


En vérité, Jésus est ce Roi Unique entre tous à qui, maintenant, avec toute Son Eglise Sainte répandue sur toute la surface de la terre, en fléchissant les genoux, nous disons :


Christ Roi de l' univers,

o Bon Jésus,

sois le Roi de ma vie :

je viens faire Ta Volonté,

je viens me mettre à Ton service :

Parle!

Commande!

Règne!

Règne sur mon intelligence!

Règne sur ma volonté!

Règne sur mon coeur!

Règne sur mon corps!

O Bon Jésus,

sois le Roi et le Centre de ma vie :

je suis à Toi pour toujours et

je ne veux jamais être séparé de Toi,

ni sur cette terre ni demain dans le Ciel!

O Bon Jésus,

enflamme mon coeur d' un grand Amour pour Toi et

souviens-Toi de moi quand Tu viendras dans Ton Royaume!

Béni sois-Tu Christ Roi de l' univers!

Amen.

 

paroisses Bidart Guétary. 

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Rédigé par mr l'abbé Jean-Bernard Hayet

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Publié le 24 Novembre 2012

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Publié le 24 Novembre 2012

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Publié le 20 Novembre 2012

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Il se peut bien que ce Seigneur aux desseins de mystère se cache quelquefois, et que la source de joie soit ainsi dérobée à nos yeux sensibles, mais sachant qu'il est là pourtant, la joie essentielle nous demeure. Cette joie n'est pas ressentie: mais ressentir n'est pas tout; il faut parfois se contenter de savoir, préférer la confiance à l'expérience actuelle et rendre aux certitudes de la foi cet hommage de ne pas substituer de futiles impressions.

 

Il n'y a qu'une chose qui puisse nous arracher la joie, c'est cela même que nous poursuivons si souvent comme sa cause: le mal.

 

Le mal qui nous sépare de Dieu, qui s'oppose au règne de Dieu et par suite, puisque notre salut en vient, à notre propre règne sur nous-mêmes, à notre épanouissement supérieur, à notre vraie vie, haute et durable: tel est l'ennemi de la joie.

 

Et comme, spontanément, nous nous livrons au mal et aux passions pécheresses; comme nous ne pouvons écarter le mal qu'en nous quittant nous-mêmes dans ce qui nous est, maintenant, naturel autant que le souffle et autant que le désir, le secret de la joie parfaite, c'est le renoncement, c'est l'oubli de soi pour Dieu, c'est l'acceptation, au lieu de nos propres volontés injustes ou ignorantes, de la volonté qui nous guide et de l'amour mystérieux qui oriente nos destins.

 

La joie, Jésus en donne la description paradoxale, mais fidèle quand il dit, en même temps que l'immense espoir qu'il apporte aux âmes, la condition qu'il y met, ou pour mieux dire qui s'y attache d'elle-même:" Celui qui veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et me suive."

 

Eh quoi! serait-ce donc vrai? La croix serait-elle l'instrument du bonheur? Une procession de crucifiés en serait-elle l'image?

 

Oui, la croix bien chargée, bien portée à la suite du Maître, la croix, c'est-à-dire le renoncement , l'acceptation, la souffrance éventuelle adoptée, le devoir assumé, l'oubli de soi pour autrui et pour Dieu, l'abandon à la conduite et à l'amour de Dieu, c'est la joie.

 

 

 

La croix change tout en joie, parce qu'elle change tout en service de Dieu, en confiance appuyée sur Dieu, en amour qui s'écoule en Dieu, qui attire à nous Dieu; parce qu'elle est le conducteur des grâces, et qu'elle contient les secrets, les pouvoirs et les privilèges de la Toute-Puissance.

 

Qui donc l'admet, elle, la croix, qui l'adore et qui s'y soumet sous les formes que Dieu décide, celui-là a la joie de Dieu; celui-là est à l'abri des troubles et des agitations pessimistes; il ne sera pas délivré des épreuves, ni exempt de douleur; mais il ignorera la tristesse de fond, celle qui est soeur cadette et associée de la désespérance.

 

En veillant aux vertus, en nous quittant nous-mêmes pas à pas pour avancer vers Celui qui nous accueille et se fait notre vie, en éliminant le mal quand nous ne pouvons le détruire tout à fait et en le reniant avec une énergie victorieuse des faiblesses qui nous y enchaînent, nous méritons la joie essentielle et accroissons en nous ses trésors.

 

Qu'il me sera donc facile, mon Dieu, d'être en joie!

Il suffit de vous aimer; il suffit de cette chose en elle-même si simple, si obligée de toute façon et si délectable.  Vous aimer, et par amour rester dans vos commandements, c'est là tout.

 

A cette seule condition, tout est à mon service, parce tout est au vôtre et que l'amour communique ses biens. Ma joie ne dépend d'aucun hasard, d'aucun évènement du dehors ou du dedans, sauf ceci que je vous sois fidèle, car en vous elle se tient, vous seul en êtes la source, et cette source, c'est l'amour qui la fait couler.

 

Que je vous aime donc, mon Dieu, et que la joie brille en moi, que beaucoup d'autres vous aiment et que la joie embrase tous ces anciens ou nouveaux serviteurs.

 

Flamme au milieu de nos cendres, lumière dans notre nuit, sublimité paisible et féconde au cours de nos agitations et de nos tourments, faites de la joie chrétienne la consolation de cette heure grave, de ce lendemain de deuil et de cette aurore d'un avenir que nous ne discernons pas

 

Père Sertillanges.

 


 

 


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Rédigé par philippe

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Publié le 20 Novembre 2012

 

 

Quand le Seigneur est loin, ce n'est pas la joie qui peut sagement, en nous, s'établir et se fixer, c'est bien plutôt l'angoisse d'une destinée que toutes les âmes profondes ont jugée âpre et redoutable.

 

Les joies de ce monde ne se soutiennent que par l'illusion.

 

Un esprit clair a tôt fait de voir que la condition humaine est précaire, médiocre, instable, que nous campons sur des ruines, que des maux permanents pèsent sur nous, que nos objets ne sont que vanité, que la mort frappe sans cesse, que la cendre et le goût empoisonnent nos meilleurs succès, découragent nos projets, amoindrissent ou ensevelissent toutes nos espérances.

 

Quand le Seigneur est loin, c'est la tristesse et le désenchantement qui sont de règle, pour ne pas dire le désespoir. Au fond tous les hommes le sentent. Même dans la gaîté, même dans la prospérité et l'orgueil, même, s'il s'agit des sociétés, dans l'ivresse fanfaronne d'une fallacieuse civilisation, la joie vraie cède à des apparences qui ne peuvent tromper longtemps leurs victimes.

 

Toutes les périodes d'irréligion sont tristes; le pessimisme y fleurit comme une plante de terroir; l'inquiétude et le déséquilibre y sévissent; la neurasthénie y développe son cortège de misères morales et physiques; la folie est fréquente; le suicide s'y établit à l'état endémique et épidémique, et bientôt, si le remède ne vient, le monde n'apparait plus à ses citadins que comme une geôle, une chambre de torture ou un cabanon.

 

Cela se comprend, car notre vie sans Dieu est une vie désorientée, qui n'a plus de sens, qui ne sait plus ni d'où elle vient, ni où elle va, ni ce qu'elle doit faire d'elle-même; c'est la vie d'un rameau détaché de son arbre et qui se dessèche, qui jaunit lentement et ne donne une apparence de vie qu'en raison de la sève alanguie qui lui demeure.

 

Il en est qui nous parlent du pessimisme chrétien! Mais cette accusation de critiques sans gravité et sans vrai discernement est un pur paradoxe.

 

Au vrai, le christianisme, et, dans le christianisme, l'évangélisme le plus intime et le plus profond est la seule doctrine de la joie..

 

Tous nos naturalismes et nos humanismes sentent désespérément le cadavre. Au contraire, l'Ecriture, où il y  a toute la vie, où nulle trace d'illusion ne parait, où le divertissement à la Pascal est l'ennemi sans cesse dénoncé, où nulle pudeur factice ou enfantine ne distrait le regard des réalités de ce monde, l'Ecriture exhale, par tout son ensemble un parfum de joie.

 

Au-dessus de notre vide, le vrai chrétien sent s'établir la divine satiété, la "joie pleine" que le Christ avait promise. Nous ne sommes plus sur le sol ingrat, nous partons sur de grandes ailes, et le voyage que nous faisons est dominé, en dépit du froid de l'espace et des remous de l'air, par le vertige paisible des hauteurs et par le sentiment de l'envolée en plein éther, vers les astres.

 

Sophocle avait écrit:" Il n'y a que les grandes âmes qui sachent combien on est heureux quand on est bon": la toute bonté du Christ et la bonté supérieure du chrétien fidèle donne des joies plus vives.

 

Le fruit de l'Esprit qui nous fait de grandes âmes, est vraiment joie et paix, en même temps qu'amour et que rectitude (Galates V, 22)

 

Cette joie, qui est de droit, est aussi moralement une nécessité; c'est un devoir strict, parce que, en premier lieu, elle est le témoignage de la confiance filiale que notre Père des cieux est en droit d'attendre de nous; elle est une forme de notre reconnaissance; elle reflète les sentiments que doivent nous inspirer la grandeur de Dieu, sa perfection, sa béatitude. Ensuite, cette joie intime est un état d'esprit indispensable à l'accomplissement de nos autres devoirs.

 

La joie est une force, la tristesse brise nos énergies; la joie nous épanouit, déplie notre âme, l'ouvre aux souffles d'en haut, la féconde; la tristesse nous resserre et nous ronge, nous isole et nous stérilise La joie est donc utile à la vie morale et à la productivité, à la vie familiale et sociale, à tout ce qui dépend de notre santé spirituelle, voire de notre santé physique, et la tristesse leur est nuisible.

 

"Un saint triste, disait saint François de Sales, est un triste saint": on peut en dire autant de chaque homme.

 

Si l'on ne veut pas sombrer jusqu'au-dessous de soi-même, se voir débilité et paralysé en face des dangers, en face des devoirs, il faut goûter au tonique de la joie, il faut garder au coeur l'impression d'une douce fête, celle qu'évoque le saint Livre en disant que le coeur du juste est un festin perpétuel.

 

Père Sertillanges

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Publié le 18 Novembre 2012

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Ste Cécile, priez pour la France.

 

 

Pendant déjà plus de mille ans, Cécile a été l'un des martyrs des débuts de l'Eglise les plus vénérés Son nom, le fait qu'elle fonda une église et qu'elle fut enterrée dans une crypte des catacombes de St Callixte, le contexte tout comme l'existence d'un Valérien et d'un Tubercius est tout ce qui est historiquement vérifiable à son sujet. Toutefois, il est certain que cette vie de saint est basé sur quelques faits réels.

 

L'histoire de Sainte Cécile, qui n'est pas dénuée de beauté et de mérite est construite en partie de légendes. La romance de Cécile et Valérien est connue depuis la légendaire passion de Cécile écrite en 535. A cette époque, beaucoup de fondateurs d'église et martyrs ont été canonisés. La première mention de Cécile dans le canon de la messe date de 496.

 

Ste Cécile naquit dans la noble famille pratiquante de Rome des Coecilia dont sont issus beaucoup de sénateurs. Elle possédait tous les dons de grâce, de beauté et d'innocence qu'une jeune fille pouvait avoir. Riche et cultivée, elle était fervente des arts et avait un talent tout particulier pour la musique. Très jeune, elle voua sa vie à Dieu et fit voeu de virginité.

 

Contre son gré, son père la maria à un jeune païen nommé Valérien. Le jour des noces arriva et, pendant que tout le monde chantait et dansait, Cécile s'était retirée pour invoquer la protection du Ciel dans cette situation difficile, tout en chantant dans son coeur et en récitant des psaumes. Cette situation est à l'origine de la vénération en temps que patronne de la musique. Valérien, homme remarquable, était connu pour être de grande compréhension.

 

Au soir du mariage lorsque les jeunes époux se retrouvèrent dans leur chambre, Cécile dit à son mari:

- je vais te conter un secret qu'il faut jurere de ne divulguer à personne. Je suis accompagnée d'un ange qui veille sur moi. Si tu me touches dans le cadre du mariage, il se mettra en colère et tu souffriras. Si tu respectes ma décision, il t'aimera comme il m'aime.

- montre moi cet ange.

Elle lui dit:

- Si tu crois en Dieu, et que tu deviens baptisé, tu le verras.

Valérien accepta Cécile comme épouse et promit de respecter son voeu sans revendiquer les droits issus du mariage.

 

Il restait très impressionné par la piété et l'état de grâce de sa femme. Avec l'aide du pape St Urbain, Cécile réussit à convertir son mari au christiannisme et à le faire baptiser.

 

suite.

 


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Publié le 18 Novembre 2012

http://i.space.com/images/i/23745/original/monster-sun-prominence-nov-16-2012-sdo-big.jpg?1353162684

 

 

 

 

http://i.space.com/images/i/23746/original/monster-sun-prominence-nov-16-2012-sdo1.jpg?1353163070

 

c'était vendredi.. j'ai rien vu ! 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 18 Novembre 2012

 

Au commencement

Au-dessus du sens

Là est le Verbe.


Ô trésor si riche

Là le commencement fait naître commencement

Ô poitrine du Père

avec grand plaisir

En coule le Verbe !


Et pourtant le sein

Garde le Verbe

Cela est vrai.


Des deux un fleuve,

D'Amour le feu,

Les deux unis

Aux deux commun,

le Très-Doux Esprit

Très égal,

Inséparable.

Les trois sont Un.


Sais-tu quoi ? Non.

Il se sait lui-même : en entier,

Au mieu

La boucle des trois

A une profondeur terrible,

Le pourtour lui-même

Jamais sens ne saisit:

Là est une profondeur sans.

Fond

Échec et mat

Temps, formes et état !

L'anneau merveilleux

Est un jaillissement,

Tout immobile se tient son

point


Le mont pointu

Gravis-le sans agir

Intelligence

Le chemin t'emmène

En un merveilleux désert,

Au large, au loin,

Il gît sans limite.

 


Le désert n'a

Ni temps ni état,

Sa façon lui est particulière.


Ce désert le bien

Jamais pied n'y passe

Sens créé

Jamais n'y vint

Cela est; et personne ne

Sait quoi

Cet ici, ce là,

Ce loin, ce près,

Ce profond, cet haut,

Ceci est ainsi

Que ce n'est çà

Ni ci.


Cette lumière, cette clarté

Cette ténèbre complète,

Cet innommé,

Cet ignoré,

Libre du début et aussi

De la fin.


Cela paisiblement se tient désolé, sans vêtement.

Qui sait sa demeure?

Qu'il en sorte !

Et nous dise quelle est sa forme.

 


Deviens comme un enfant,

Deviens sourd deviens aveugle !

Tout ton être doit devenir néant,

Passe au-dessus de tout être, tout néant !

Laisse l'état laisse le temps,

Et aussi les images !

 


Allant sans voie

Par le sentier étroit,

Ainsi arrives-tu

À la trace du

Désert

Ô mon âme,

Va dehors ! Dieu, dedans !

 


Sombre tout mon être

Dans le néant divin

Sombre en ce fleuve sans fond !

 


Que je te fuis,

Tu viens à moi

Que je me perde

Alors, je Te trouve,

Ô Bien suressentiel !

 

 

maître Eckhart

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Rédigé par philippe

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