Publié le 24 Mars 2023

 

 

 

 

 

 

 

Sainte fête à nos moines,

 félicitations aux jeunes profès.

Veni Creator Spiritus ! 

Fin du temps du carême . 

 

" Il me semble que d'âme à âme, il peut se faire des rencontres si vraies, si intimes, .. c'est Dieu qui fait cela !  " Ste Elisabeth de la Trinité.

Avant de se plonger dans l'actualité morbide du jour, le mr. qui est à droite pensait à tout cela ce matin , ça fait ça aussi avec frère Thibault et mes moines,  j'y crois beaucoup , parfois je rigole tout seul. 

Alors " ce jour vient qui doit être vôtre! celui qui voit tout refleurir " près de tout ceux que j'aime , au moins eux ne déçoivent pas.  même si le temps n'est pas de la partie 

...on verra ça là-haut ! 

 

***

 

"Voyons avant tout ce que signifie l’Incarnation. Dans l’évangile de saint Luc, nous avons écouté les paroles de l’ange à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre. C'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35).

En Marie, le Fils de Dieu se fait homme, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe : « Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel, qui signifie ‘Dieu-avec-nous’ » (Is 7, 14).

Oui, Jésus, le Verbe fait chair, est le Dieu-avec-nous, qui est venu habiter parmi nous et partager notre condition humaine elle-même. L’apôtre saint Jean l’exprime de la manière suivante : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14).

L’expression « s’est fait chair » souligne la réalité humaine la plus concrète et la plus tangible. Dans le Christ, Dieu est venu réellement au monde, il est entré dans notre histoire, il a installé sa demeure parmi nous, accomplissant ainsi l’intime aspiration de l’être humain que le monde soit réellement un foyer pour l’homme. En revanche, quand Dieu est jeté dehors, le monde se transforme en un lieu inhospitalier pour l’homme, décevant en même temps la vraie vocation de la création d’être un espace pour l’alliance, pour le « oui » de l’amour entre Dieu et l’humanité qui lui répond. C’est ce que fit Marie, étant la prémisse des croyants par son « oui » sans réserve au Seigneur.

Pour cela, en contemplant le mystère de l’Incarnation, nous ne pouvons pas nous empêcher de tourner notre regard vers elle et nous remplir d’étonnement, de gratitude et d’amour en voyant comment notre Dieu, en entrant dans le monde, a voulu compter avec le consentement libre d’une de ses créatures. Ce n’est que quand la Vierge répondit à l’ange : « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38), que le Verbe éternel du Père commença son existence humaine dans le temps. Il est émouvant de voir comment Dieu non seulement respecte la liberté humaine, mais semble en avoir besoin.

Et nous voyons aussi comment le commencement de l’existence terrestre du Fils de Dieu est marqué par un double « oui » à la volonté salvatrice du Père : celui du Christ et celui de Marie. Cette obéissance à Dieu est celle qui ouvre les portes du monde à la vérité et au salut. En effet, Dieu nous a créés comme fruit de son amour infini, c’est pourquoi vivre conformément à sa volonté est la voie pour rencontrer notre authentique identité, la vérité de notre être, alors que s’éloigner de Dieu nous écarte de nous-mêmes et nous précipite dans le néant. L’obéissance dans la foi est la vraie liberté, l’authentique rédemption qui nous permet de nous unir à l’amour de Jésus en son effort pour se conformer à la volonté du Père. La rédemption est toujours ce processus de porter la volonté humaine à la pleine communion avec la volonté divine 

Chers frères, nous louons aujourd’hui la Très Sainte Vierge pour sa foi et nous lui disons aussi avec sainte Elisabeth : « Heureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45).

Comme dit saint Augustin, avant de concevoir le Christ dans son sein, Marie le conçut dans la foi de son cœur. Marie crut et s’accomplit dans ce qu’elle croyait (cf. Sermon 215, 4 : PL 38, 1074). Demandons au Seigneur de faire grandir notre foi, qu’il la rende vive et féconde dans l’amour. Demandons-lui de savoir accueillir en notre cœur comme elle la parole de Dieu et de l’appliquer avec docilité et constance.

La Vierge Marie , de par son rôle irremplaçable dans le mystère du Christ, représente l’image et le modèle de l’Église.

L’Église aussi, de même que fit la Mère du Christ, est appelée à accueillir en soi le mystère de Dieu qui vient habiter en elle. Chers frères, je connais les efforts, l’audace et l’abnégation avec lesquels vous travaillez chaque jour pour que, dans les réalités concrètes de votre pays, et en cette période de l’histoire, l’Église reflète toujours plus son vrai visage comme un lieu où Dieu s’approche et rencontre les hommes. L’Église, corps vivant du Christ, a la mission de prolonger sur la terre la présence salvatrice de Dieu, d’ouvrir le monde à quelque chose de plus grand que lui-même, l’amour et la lumière de Dieu.

Cela vaut la peine, chers frères, de dédier toute sa vie au Christ, de grandir chaque jour dans son amitié et de se sentir appelé à annoncer la beauté et la bonté de sa vie à tous les hommes, nos frères. Je vous encourage dans cette tâche de semer dans le monde la parole de Dieu et d’offrir à tous le vrai aliment du corps du Christ. Pâques s’approchant déjà, décidons-nous sans peur et sans complexe à suivre Jésus sur le chemin de la croix. Acceptons avec patience et foi n’importe quel contrariété ou affliction, avec la conviction que dans sa résurrection il a vaincu le pouvoir du mal qui obscurcit tout, et a fait se lever un monde nouveau, le monde de Dieu, de la lumière, de la vérité et de la joie. Le Seigneur n’arrêtera pas de bénir par des fruits abondants la générosité de votre dévouement.

 

Benoît XVI 

 

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Publié le 22 Mars 2023

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Publié le 20 Mars 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, l'Europe -- à peine sortie d'un siècle profondément blessé par deux guerres mondiales et après l'effondrement des grandes idéologies qui se sont révélées de tragiques utopies -- est à la recherche de son identité. Pour créer une unité nouvelle et durable, les instruments politiques, économiques et juridiques sont assurément importants, mais il faut également susciter un renouveau éthique et spirituel qui puise aux racines chrétiennes du continent. Autrement l'Europe ne pourra pas se reconstruire. Sans cette sève vitale, l'homme reste exposé au danger de succomber à sa vieille tentation de vouloir se racheter tout seul. C'est là une utopie qui, de diverses façons, a causé dans l'Europe du vingtième siècle, comme l'a remarqué le Pape Jean-Paul II, « un régression sans précédent dans l'histoire tourmentée de l'humanité ». En recherchant le vrai progrès, écoutons encore aujourd'hui la Règle de saint Benoît comme une lumière pour notre chemin. Le grand moine demeure un véritable maître, et à son école nous pouvons apprendre l'art de vivre le véritable humanisme.

 

Benoît XVI

pour nos jeunes profes. udp + 

 

 

 

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Publié le 19 Mars 2023

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Publié le 18 Mars 2023

 

 

 

Les moines de l'Abbaye ont enregistré récemment un ensemble de pièces grégoriennes au temps de la Passion...

Notre souhait est donc que cet enregistrement puisse vous aider à mieux prier et à entrer dans le temps du Carême et de la préparation à la grande fête de Pâques.

Vous pouvez commander cet article à l'abbaye.

18 euros + 4 de frais de port

 

9 Septembre 2023

75 ans de l'abbaye 

+

bien reçu , merci ! très beau . 

 

 

 

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Publié le 18 Mars 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

Te, Ioseph, célebrent ágmina cælitum,
Te cuncti résonent christíadum chori,
Qui clarus méritis, iunctus est ínclytæ
Casto fœdere Vírgini.

       Que les chœurs célestes célèbrent ta gloire, ô Joseph !
       Que les chants de tous les Chrétiens fassent résonner tes louanges !
       Glorieux déjà par tes mérites, tu es uni
       par une chaste alliance à l’auguste Vierge.

Almo cum túmidam gérmine cóniugem
Admírans, dúbio tángeris ánxius,
Afflátu súperi Fláminis Angelus
Concéptum Púerum docet.

       Lorsque, en proie au doute et à l’anxiété,
       tu t’étonnes de l’état où se trouve ton épouse,
       un Ange vient t’apprendre que l’enfant qu’elle a conçu,
       l’a été par l’opération de l’Esprit-Saint.

Tu natum Dóminum stringis, ad éxteras
Ægypti prófugum tu séqueris plagas ;
Amíssum Sólymis quæris, et ínvenis,
Miscens gáudia flétibus.

       Le Seigneur est né, tu le presses dans tes bras ;
       tu fuis avec lui vers les plages lointaines d’Égypte ;
       tu le cherches à Jérusalem où tu l’as perdu, et tu le retrouves :
       ainsi tes joies sont mêlées de larmes.

Post mortem réliquos sors pia cónsecrat,
Palmámque eméritos glória súscipit :
Tu vivens, Súperis par, frúeris Deo,
Mira sorte beátior.

       D’autres sont glorifiés après une sainte mort,
       ceux qui ont mérité là palme sont reçus au sein de la gloire ;
       mais toi, par une admirable destinée, égal aux Saints, plus heureux même,
       tu jouis dès cette vie de la présence de Dieu.

Nobis, summa Trias, parce precántibus,
Da Ioseph méritis sídera scándere :
Ut tandem líceat nos tibi pérpetim
Gratum prómere cánticum. Amen.

       Trinité souveraine, exaucez nos prières, donnez-nous le pardon ;
       que les mérites de Joseph nous aident à monter dans les cieux,
       pour qu’il nous soit enfin donné de chanter à jamais
       le cantique de la reconnaissance et de la félicité. Amen.

 

 

pour frère Thibault, mr.& Mme Th . et tous nos moines. 

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Publié le 17 Mars 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 16 Mars 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 16 Mars 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Né en 2004 à Moscou dans une famille d'artistes professionnels. Gabriel avait un intérêt et un amour pour la musique depuis sa plus tendre enfance : tout le monde dans la famille joue d'un instrument de musique, jouer de la musique à la maison était un passe-temps favori. À l'âge de 6 ans, le garçon voulait aussi apprendre à jouer d'un instrument de musique. À l'école de musique pour enfants nommée d'après A.P. Borodine, on lui propose d'apprendre à jouer de la domra. L'instrument a semblé à Gabriel très rare et inhabituel, et comme il aime tout ce qui est inhabituel, il a immédiatement accepté. Il a étudié dans la classe d'un merveilleux professeur, un travailleur honoraire de la culture de la ville de Moscou, Marina Anatolyevna Isaeva, grâce à qui il a atteint des sommets et a décidé de faire de la musique son métier. Depuis 2020 - un étudiant du Gnessin Musical College de l'Académie de musique Gnessin, classe de Sergei Sergeevich Fedorov.

 

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Publié le 15 Mars 2023

 

 

 

 

 

L’amour infini de Dieu pour les hommes se manifeste dans Son immense patience, Son immense pardon et Son immense joie. Un tel amour ne peut se comparer sur terre qu’à l’amour maternel. Qui possède plus de patience envers une créature vivante sur terre qu’une mère envers son enfant ? Quel pardon dépasse le pardon accordé par une mère ? Quels yeux pleurent autant de joie devant un pécheur repenti que ceux d’une mère devant son enfant qui a demandé pardon? L’amour maternel sur la terre, depuis que celle-ci existe, n’a été surpassé que par le Seigneur Jésus-Christ dans Son amour à l’égard du genre humain. Sa patience s’est étendue jusqu’aux terribles souffrances endurées sur la Croix; Son pardon s’est déversé de Son cœur et de Ses lèvres, même sur la Croix; Sa joie envers ceux qui se sont repentis a été l’unique joie qui a illuminé Son âme souffrante tout au long de Sa vie terrestre. Seul l’amour divin dépasse l’amour maternel. Seul Dieu nous aime plus que notre mère; Lui seul possède plus de patience envers nous que notre mère ; Lui seul pardonne plus que notre mère, et Lui seul se réjouit davantage devant notre redressement que notre mère.

Celui qui n’a pas de patience avec nous quand nous avons péché, ne nous aime pas. Ne nous aime pas non plus celui qui ne nous pardonne pas, alors que nous nous repentons de nos péchés. Mais celui qui nous aime le moins, est celui qui ne se réjouit pas devant notre redressement.

La patience, le pardon et la joie sont les trois caractéristiques fondamentales de l’amour divin. Ce sont aussi les caractéristiques de tout amour véritable – s’il existe d’ailleurs un autre amour en dehors de l’amour divin ! Sans ces trois caractéristiques, l’amour n’est pas amour. Et si on devait appeler toute autre chose du nom d’amour, ce serait comme si une chèvre ou une truie était appelée brebis.

Dans le récit sur le fils prodigue, le Seigneur Jésus nous montre l’image de l’amour véritable, divin, avec des couleurs si nettes que cet amour scintille aussi fort devant nous que ce monde au moment où, après les ténèbres de la nuit, le soleil vient l’illuminer. Depuis deux mille ans, les couleurs de ce tableau ne s’effacent pas, et elles ne s’effaceront pas tant qu’existeront des hommes sur terre et l’amour de Dieu pour les hommes. Au contraire, plus les hommes sont pécheurs, plus fortement apparaît ce tableau, plus net et plus nouveau.

Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père: «Père, donne- moi la part de fortune qui me revient. » Et le père leur partagea son bien (Lc 15, 11-12).

Qu’y a-t-il de plus simple que le début dramatique de ce récit? Mais quels destins se cachent sous cette simplicité? Sous l’identité de l’homme (de ce récit), se trouve Dieu., alors que sous celles des deux fils, on trouve l’homme juste et l’homme pécheur, ou tous les justes et tous les pécheurs. L’homme juste est plus ancien que l’homme injuste, car Dieu, à l’origine, avait créé l’homme juste, qui par la suite se transforma lui-même en pécheur. Le pécheur recherche la division : celle avec Dieu comme celle avec son frère juste.

Derrière ces deux fils, on évoque également la dualité de la nature au sein d’un même homme : celle qui aspire à Dieu et celle qui pousse au péché. Une nature incite l’homme à vivre dans la loi de Dieu du point de vue de l’homme intérieur.; comme dit l’apôtre Paul, alors qu’une autre m’enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres (Rm 7, 22-23).

L’homme spirituel et l’homme charnel, ce sont deux hommes dans un même homme. L’homme spirituel ne peut concevoir de vivre séparé de Dieu, alors que l’homme charnel estime que sa vie ne commence que dans la division avec Dieu. L’homme spirituel est plus ancien, l’homme charnel plus jeune. De par son origine même, l’homme spirituel est plus ancien, car il est écrit que Dieu dit: Faisons l’homme à notre image (Gn 1, 26); or l’image de Dieu est de nature spirituelle et non charnelle ; puis Dieu modela l’homme avec la glaise du sol (Gn 2, 7) auquel II insuffla Son image créée précédemment, c’est-à-dire l’homme spirituel. Bien entendu, l’homme charnel ainsi créé par Dieu, bien que poussière, n’était pécheur en rien. Mais l’homme charnel fut conduit au péché. Eve était plus jeune qu’Adam. Elle fut créée à partir du corps d’Adam ; mais poussée par son propre désir charnel, elle transgressa le commandement de Dieu et succomba à la tentation. Cette chute l’éloigna de Dieu et son esprit la fit partir vers un pays lointain, le royaume de Satan.

Donne-moi la part de fortune qui me revient.

C’est ainsi que le pécheur parle à Dieu. Mais qu’est-ce qui appartient à l’homme qui ne soit à Dieu ? La poussière ; rien d’autre que la poussière. En vérité, la poussière fut créée par Dieu, mais la poussière n’appartient pas à l’être divin. Et c’est pourquoi ce n’est que la poussière que l’homme peut appeler sienne ; tout le reste est à Dieu, tout le reste appartient à Dieu. Tant que l’homme n’est pas séparé de Dieu, tout ce qui est à Dieu est aussi à lui.

Comme le dit Dieu Lui-même : mon enfant, tout ce qui est à moi, est à toi. De même que l’homme peut en pareil cas dire : Tout ce qu’a le Père est à moi (Jn 16, 15).

Mais quand l’homme veut s’éloigner de Dieu, et quand il demande sa part du patrimoine inestimable de Dieu, Dieu peut ne rien lui donner et être néanmoins juste. Car l’homme sans Dieu n’est rien et tout son patrimoine ne représente rien. Quand Dieu lui donne de la poussière, c’est-à-dire le corps seul, sans l’esprit, sans l’âme et sans aucun des dons spirituels, Il lui donne néanmoins quelque chose de plus que ce qui est à l’homme ; et il le fait non dans un esprit de justice, mais par miséricorde. Mais comme la miséricorde divine est infiniment plus grande que la miséricorde maternelle envers son enfant, Dieu donne à Son fils pécheur quelque chose de plus que la poussière. En fait, outre le corps, Il lui laisse une âme dans le corps, comme c’est le cas chez les animaux ; en plus, Il lui laisse un peu de dons spirituels : un peu de raison dans la conscience de la quête du bien, seulement une petite étincelle, afin de ne pas l’abandonner tout à fait comme un animal parmi les animaux.

Et le père leur partagea son bien.

Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l’inconduite (Lc 15,12-13).

Peu de jours après’, est-ce que sous ces quelques mots, ne se cache pas le mystère du bref séjour d’Adam au paradis ? En commettant le péché, Adam a de ce fait demandé et obtenu la séparation avec Dieu. En s’éloignant de Dieu, il a vu sa propre nudité, c’est-à-dire qu’il a vu qu’il n’était rien sans Dieu. Dieu, dans Sa miséricorde, ne l’abandonna pas tout nu, mais lui fit des vêtements – conformes à sa stature réduite -, l’en revêtit et le laissa (Gn 3, 21). Tu es glaise et tu retourneras à la glaise (Gn 3, 19), dit Dieu à Adam. Cela signifie : au mieux, seule la poussière est à toi, tout le reste est à moi. Tu as cherché ce qui est à toi, je te le donne ; mais pour que tu puisses vivre et être au moins l’ombre de ce que tu as été jusqu’à présent, je te donne quelque chose de plus : je te donne une étincelle de ma dignité divine.

Ce qui s’est passé avec Adam, s’est répété et se répète avec des millions de fils d’Adam qui par le péché se sont éloignés de Dieu pour partir avec leurs biens vers un pays lointain. Dieu ne retient personne de force et n’oblige pas à rester avec Lui, car Dieu a créé l’homme libre et, fidèle à Lui-même, Il ne souhaite jamais vaincre cette liberté humaine.

Or, que fit le pécheur insensé quand il s’est éloigné de Dieu ? Il partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l’inconduite. Cela ne fut pas le fait d’un seul pécheur; cela ne fut pas seulement le fait du plus jeune fils de ce père ; cela est le fait de tout homme, sans une seule exception, quand il s’éloigne de Dieu. Il consuma en un souffle leurs jours (Ps 77,33).

En vivant dans l’inconduite. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie passer ses journées dans toutes sortes de péchés, dans l’ivrognerie, les querelles, le gaspillage, et surtout la débauche, ce qui très rapidement détruit la force vitale et éteint l’étincelle divine. Quand l’homme n’a pas d’amour, il s’adonne aux passions. Quand l’homme abandonne la voie de Dieu, il se retrouve dans un entrelacs de chemins innombrables, faisant des allées et venues de l’un à l’autre. Le débauché tient une hache près de la racine de sa vie ; chaque jour, il frappe avec la hache sur la racine, jusqu’à ce que l’arbre commence à s’assécher dans la douleur.

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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