Publié le 17 Décembre 2007

la crèche d'un tout seul c'est quand même la plus belle de toutes!

Géfroua de Chavagnes, marquis de la Bouze.
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« L'homme doit être tout à fait sûr qu'à chaque instant Dieu le regarde du haut des cieux » Saint Benoît
Publié le 17 Décembre 2007


Publié le 16 Décembre 2007
Publié le 15 Décembre 2007

Publié le 14 Décembre 2007

Publié le 5 Décembre 2007
Publié le 4 Décembre 2007
Publié le 3 Décembre 2007

A l’intérieur, la foule récite la prière lancinante du chapelet, prière de pauvre qui n’a plus à offrir dans cette mélopée que la sécheresse de sa vie spirituelle.
Puis le silence. Un silence absolu dans cette cathédrale sonore, comble.La croix, tout d’abord, s’avance, tenue par un enfant de chœur. Puis les thuriféraires, dont les encensoirs d’argent envoient vers le ciel des volutes de fumée, qui s’élèvent dans la lumière zébrée par les vitraux. Trente prêtres suivent. Puis Monseigneur James, évêque du lieu.
Et de nouveau le silence.Du fond de la cathédrale, un scandement précis, sur les dalles, s’amplifie. Six porteurs marchent au pas. L’un d’eux porte le grand uniforme de l’école de Saint-Cyr. Ils portent le cercueil d’Anne-Lorraine. Ils sont ses frères.
La foule, ici, est la vie d’Anne-Lorraine : les pensionnaires de la maison de la Légion d’Honneur, les scouts, mouvement dans lequel elle s’était engagée, ses camarades de promotion de l’IEP Lille et du CELSA, des amis journalistes, professions à laquelle elle se destinait, de nombreux amis de sa famille, de nombreux membres de la communauté militaire - son père est le colonel Schmitt, collaborateur du général Dary, gouverneur militaire de Paris, et de nombreux anonymes, venus à l’invitation de la famille, qui se sont sentis atteints au cœur d’eux-mêmes, et qui avaient voulu témoigner, par leur présence, de leur compassion, de leur soutien.
L’existence de cette jeune femme est marquée de grands traits lumineux : intelligence vive, humour caustique, joie de vivre, détermination, vie chrétienne profonde, engagements, notamment dans le scoutisme, amis de tous les bords. Avoir des convictions fortes, différentes, n’est pas antithétique de l’ouverture d’esprit.
Prenant la parole, ses sœurs pour dire combien elles étaient désemparées par une vie qui devrait se dérouler désormais sans elle, ses frères pour dire leur fierté et leur amour. Et le colonel Schmitt, son père, relevant le courage de sa fille « Anne-Lorraine, tu as mis la barre très haut ». Dans la foule, un colosse pleure, silencieusement.
Deux heures marquées par une très grande dignité.La France a perdu une de ses fines fleurs, dans l’éclat de sa jeunesse. Victime assassinée, massacrée par une bête fauve relâchée. Par qui ?
Une jeune femme qui est allé jusqu’au bout de sa vie, refusant la profanation de son corps. Une jeune femme qui s’est battue, seule, contre un homme au plein de sa force, et qui était venu armé. Cette femme parle à toutes les femmes qui, elles aussi, ont subi des outrages.
Une femme, brûlant d’un feu sacré, dont le testament est celui du courage. Qui enseigne que certaines valeurs sont si hautes, si précieuses, qu’elles peuvent quelquefois amener à poser sa vie en balance. Qui rejoint ainsi tous ceux qui sont morts pour avoir voulu défendre leur terre, leur liberté, leur honneur, ou leur foi.
Il est à craindre, toutefois, que notre époque ne soit plus capable de recevoir un message aussi pur : que signifie cette abstention gênée, dans la réaction gouvernementale ? Que signifie le silence écrasant qui a entouré ce crime révoltant ? Que cet exemple dérange ? Que nous ne savons plus admirer ? Que ceux qui sont vivants ne sont pas à la hauteur de ceux qui sont morts ?
Que le Ressuscité dans lequel vous aviez mis votre foi, Anne-Lorraine, vous accueille et vous garde. Pour nous, votre exemple demeure, et nous voudrions être des témoins d’un même courage.
Thibault Mortier.
agoravox
Publié le 2 Décembre 2007

Les quatre bougies brûlaient lentement. L’ambiance était tellement silencieuse qu’on pouvait entendre leur conversation.
La première dit : ’’ Je suis la Paix ! Cependant personne n’arrive à me maintenir allumée. Je crois que je vais m’éteindre.’’ Sa flamme diminua rapidement, et elle s’éteignit complètement.
La deuxième dit : ’’ Je suis la Foi ! Dorénavant je ne suis plus indispensable, cela n’a pas de sens que je reste allumée plus longtemps.’’ Quand elle eut fini de parler, une brise souffla sur elle et l’éteignit.
Triste, la troisième bougie se manifesta à son tour : ’’ Je suis l’Amour ! Je n’ai pas de force pour rester allumée. Les personnes me laissent de côté et ne comprennent pas mon importance. Elles oublient même d’aimer ceux qui sont proches d’eux.’’ Et, sans plus attendre, elle s’éteignit.
Soudain... un enfant entre et voit les trois bougies éteintes. ’’ Pourquoi êtes-vous éteintes ? Vous deviez être allumées jusqu’à la fin’’ En disant cela, l’enfant commença à pleurer.
Alors, la quatrième bougie parla : ’’ N’aie pas peur, tant que j’ai ma flamme nous pourrons allumer les autres bougies, je suis l’Espérance ! ’’
Avec des yeux brillants, l’enfant prit la bougie de l’Espérance... et alluma les autres.
Que l’Espérance ne s’éteigne jamais en nos coeurs et que chacun de nous puisse être l’outil nécessaire pour maintenir l’Espérance, la Foi, la Paix et l’Amour !
Publié le 1 Décembre 2007


Le 3 septembre, en la fête de saint Grégoire, les cloches ont sonné à 17h en l'honneur de l'élection de la nouvelle abbesse de St-Michel de Kergonan, Mère Laurence Dupré la Tour.
Le 10 août dernier, en la fête de sa Prieure, Soeur Laurence, Mère abbesse Marie-Françoise Euverte a écrit au Père Abbé de Solesmes une lettre de démission de sa charge d'abbesse qu'elle avait exercée depuis 25 ans (élue le 18 mars 1983, bénie le 29 mai ; mais elle était déjà supérieure un an auparavant, venant de Solesmes). Sa démission lui a été accordée, par "miséricorde" pour ce temps de service. Après l'incendie, beaucoup de personnes l'ont découverte à sa valeur : fermeté d'âme, très cordiale, inspirant la confiance... Mais sa décision, prise après consultation, est indépendante de l'incendie de l'église.
Le Père Abbé de Solesmes, arrivé la veille, a célébré la messe le 3 septembre chez les moniales, et a procédé au chapitre d'élection suivant les règles prévues par le Droit. Les Soeurs ont voté sans doute avec unanimité, car le scrutin a été très rapide. Les deux tiers des voix sont requis.
Mère Laurence Dupré la Tour est née le 11 août 1948, elle a fait profession le 16 avril 1979, lundi de Pâques. Pour son Jubilé, Soeur Philomène (tante Babeth) avait demandé à chacune de ses soeurs de lui écrire une carte. Voici ce qu'elle a noté pour Soeur Laurence :
Oraison (de profession) : Toi qui connais tous les désirs *
St Anselme : Esuriat anima mea. Sitiat caro mea. Desiderat tota substantia mea.
Grégoire de Nysse : « Monter toujours de désir en désir *
Cantique : Surge amica mea et veni « Lève-toi, mon amie, et viens »!
Mère Laurence est la première abbesse élue dans la communauté depuis plus de 60 ans, puisque Mère Euverte venait de Sainte-Cécile de Solesmes, Mère Jeanne Paris venait de N.D. de Wisques. Un handicap aurait pu l'empêcher d'être élue : elle ne voit que d'un dixième à un oeil, et l'autre oeil est atteint de macula !
Mère Laurence est très aimée de toutes les soeurs. La première fois que je l'ai admirée, c'est lorsqu'elle fit une remarquable conférence en leur chapitre sur Mère Lucie Schmitt, la première abbesse de Kergonan, lors du centenaire en 1998.
Elle est très discrète, très douce. Elle parle peu d'elle-même, de sa santé, de sa famille qui compte plusieurs religieux.
Son frère François est entré chez les bénédictins de St Joseph de Clairval, à Flavigny. Il a fait des études à Rome et écrit un gros livre sur la Collégialité (selon Vatican II). Par amour pour l'Inde, il a pris pour nom de religion Jean de Britto, jésuite missionnaire mort martyr.
La bénédiction abbatiale est fixée le 2 décembre, 1er dimanche de l'Avent, par Mgr Centène, en l'église de l'Abbaye Sainte-Anne. Nous en rendons grâce au Seigneur !
en présence de trois éveques, du Révérendissime Père Abbé de Solesmes, le père abbé de Fontgombault, st Wandrille, .Triors, Randol, le Barroux, Timadeuc, Landévennec, Flavigny, tout le grand monde bénédictin.
deo Gratias.
Publié le 28 Novembre 2007

Bien sûr, comme tout le monde, j'avais été choqué et ému dimanche, en entendant à la radio qu'une jeune étudiante en journalisme avait été retrouvée en fin de matinée, agonisante, dans une rame du RER D en gare de Creil, après avoir été frappée de nombreux coups de couteau. Et relativement soulagé d'apprendre, dès le lendemain, que son assassin, blessé au cours de l'agression, avait été arrêté avant de passer aux aveux. Mais le pire, pour moi, restait à venir.
Le pire, je l'ai appris hier après-midi. Le pire, c'est que je connaissais cette jeune fille, que j'avais eu le temps de juger et d'apprécier pendant les deux mois de stage qu'elle fit l'an dernier à Valeurs Actuelles, dont je dirigeais alors la rédaction. Elle s'appelait Anne-Lorraine Schmitt, avait 23 ans, et faisait partie de ces enfants qui semblent n'être nés que pour combler leurs parents de joie et de fierté. Aînée d'une fratrie de cinq garçons et filles, elle avait passé son bac à la Maison de la Légion d'Honneur de Saint-Denis avant d'être reçue à l'Institut d'Etudes Politiques de Lille, puis d'intégrer à l'automne 2006 le Celsa, l'excellente école des sciences de l'information et de la communication dépendant de la Sorbonne.
Durant son stage, elle avait frappé toute la rédaction par sa culture générale, sa maturité, son exigence vis-à-vis d'elle-même. Une exigence qui lui venait probablement de sa foi : profondément croyante, Anne-Lorraine s'était fortement engagée dans le mouvement scout. Ce qui ne l'empêchait nullement d'être une jeune fille de son temps, charmante, brillante et appréciée de tous.
Dimanche matin, ses parents l'attendaient sur le quai de la gare d'Orry-la-Ville pour aller en famille à la messe. Un délinquant sexuel récidiviste d'origine turque, déjà condamné en 1996 à cinq ans de prison pour un viol commis sous la menace d'une arme sur la même ligne du RER, aura donc brisé leurs vies en même temps que celle de leur fille. Mais Anne-Lorraine aura été courageuse jusqu'au bout : en se défendant, en empêchant son agresseur de parvenir à ses fins, elle aura réussi à le blesser en retournant son arme contre lui, ce qui devait permettre son arrestation ultérieure. En félicitant les enquêteurs de cette conclusion rapide, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, a assuré les proches d'Anne-Lorraine de sa profonde compassion.
merci de votre témoignage, .. les larmes aux yeux en vous lisant.
Gérard Gachet.