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Publié le 3 Juin 2021

 

 

 

 

 

 

+ FÊTE-DIEU 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault 

(Fontgombault, le 3 juin 2021) 

 

 

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

 Au soir du Jeudi-saint, l’Église a commémoré l’institution de l’Eucharistie dans le cours plus large des événements du Triduum Pascal : institution, mort et résurrection du Seigneur. Aujourd’hui, à la suite des révélations particulières au XIIIe siècle de sainte Julienne, religieuse augustine du couvent léproserie du Mont Cornillon, elle nous invite plus particulièrement à considérer ce mystère comme lieu de la communion avec le Seigneur et de son adoration. Adolescente, Julienne était particulièrement portée vers la dévotion eucharistique. Gratifiée de fréquentes visions mystiques, elle voyait par exemple une lune rayonnante de lumière, mais incomplète, divisée par une bande noire en deux parties égales. Benoît XVI lors de l'audience générale du 17 novembre 2010 commentait : « Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Église sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement. »

Julienne, accepta sa mission avec l’aide de la bienheureuse Ève de Liège, une recluse. La Fête-Dieu (ou Corpus Christi) fut introduite en Europe en 1246 dans le diocèse de Liège. Après la mort de Julienne, la bienheureuse Ève obtint l'institution de la fête pour l'Église universelle par Urbain IV en 1264. L’Eucharistie est un mystère, c’est-à-dire une vérité de foi si profonde qu’elle dépasse l’intelligence qui ne peut en comprendre tous les éléments sans toutefois se trouver en face d’un objet dont elle puisse affirmer qu’il est en contradiction avec les principes premiers qui permettent à l’homme de penser. Relevons les premières paroles de saint Paul dans l’épître de ce matin : « J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis. » (1 Co 11,23)

Ce mystère vient du Seigneur. Il ne peut nous tromper. Soulignons aussi que ces paroles, qui concernent le sacrement de l’Eucharistie, sont beaucoup plus générales. Le vrai pasteur reçoit du Seigneur et transmet. Il bénit ce qui est béni de Dieu. Le mercenaire au contraire suit ses propres intuitions. Il est à son service ou se rend esclave des idées du monde. L’apôtre poursuit alors par le récit de l’institution du sacrement et conclut : Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur.

On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe. Celui qui mange et qui boit, mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur. (v.26-29) Manifestement, l’apôtre voulait rappeler aux Corinthiens le respect envers le corps du Seigneur.

Il explicite un peu plus loin : « Quand vous vous réunissez pour ce repas, attendez-vous les uns les autres ; si quelqu’un a faim, qu’il mange à la maison, pour que vos réunions ne vous attirent pas le jugement du Seigneur. » (v. 33-34)

En effet, ce repas n’est pas un repas comme les autres. Celui qui y participe « proclame la mort du Seigneur. »

Il fait mémoire de cette mort. La Constitution dogmatique du Concile Vatican II consacrée à l’Église, Lumen gentium enseigne : Toutes les fois que le sacrifice de la croix par lequel le Christ notre pâque a été immolé (1 Co 5,7) se célèbre sur l’autel, l’œuvre de notre Rédemption s’opère.

En même temps, par le sacrement du pain eucharistique, est représentée et réalisée l’unité des fidèles qui, dans le Christ, forment un seul corps. (cf. 1 Co 10,17) (n° 3)

Ce qu’est cette œuvre de notre Rédemption renvoie au discours du Pain de Vie rapporté par saint Jean (ch.6) et dont l’évangile de ce jour est tiré : Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement… Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.

De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. (Jn 6, 51 ; 56-57)

La promesse faite par le Seigneur n’est pas secondaire : c’est la vie éternelle. Pour autant, elle ne suscitera pas l’engouement de tous ses interlocuteurs qui s’interrogent tant sur la personne de celui qui fait la promesse que sur ce qui est promis : Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »… À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. (Jn 6, 60 ; 66-68)

La question adressée aux disciples nous est aussi adressée. Partir, c’est prendre le sacrement de l’Eucharistie pour une chose banale. Il est si tentant de trouver d’autres maîtres... L’Eucharistie est un mystère car le sacrement rend présent le sacrifice de la Croix et en applique les fruits. Dieu sert abondamment la table. Il se donne en nourriture. Chaque miette venue de cette table comble le cœur de l’homme sans que l’homme ne l’épuise. Dieu vit en nous et nous en Dieu. Demeurons dans l’action de grâces sans nous lasser pour un tel don. Nul homme ne peut se contenter d’être simple consommateur d’un tel mystère, d’un si grand sacrement. Il doit le rayonner. Celui qui participe à la vie du Christ n’a de cesse que cette vie se communique. « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (Lc 12,49)

A notre juste place, par l’adoration, la prière, par le témoignage de la vie et l’évangélisation, travaillons à ce que « le pain des anges » devienne le pain des hommes, de tous les hommes.

Concluons par cette strophe empruntée à la séquence : Bon Pasteur, Pain véritable, Jésus, ayez pitié de nous : Nourrissez-nous, gardez-nous, Faites-nous voir les vrais biens dans la terre des vivants.

 

Amen, Alléluia.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 23 Mai 2021

 

 

 

 

+ PENTECÔTE 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

 Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

 (Fontgombault, le 23 mai 2021) 

 

Illumina cor hominum. Illuminez le cœur des hommes.

(Hymne des Vêpres du mercredi)

 

 Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

 La fête de la Pentecôte à travers la grande richesse de ses textes et la particulière beauté de ses mélodies évoque dans une grande simplicité liturgique la venue du Saint-Esprit sur les apôtres réunis au Cénacle avec Marie. Un vent violent remplit toute la maison. Des langues semblables à du feu apparaissent, se partagent et se posent sur la tête de chacun des disciples. Ceux-ci se mettent à parler diverses langues selon que l’Esprit leur donne de s’exprimer. Manifestement les phénomènes ne se limitent pas à la seule salle du Cénacle. 

 

La foule à l’extérieur s’assemble, attirée par le bruit, curieuse de voir. Les habitants de Jérusalem, les juifs pieux venus de toutes les nations s’étonnent de ce que tous entendent les paroles des disciples dans leur propre langue. Ils témoignent de ce que proclament les disciples : « les merveilles de Dieu ». 

 

Après avoir médité la résurrection du Seigneur, cause de notre salut, les événements survenus ce matin au Cénacle devraient nous conduire à désirer une nouvelle Pentecôte. La liturgie pousse à l’appeler de nos vœux : « Veni, Viens. » 

L’état de notre monde n’est ni meilleur, ni pire que celui de l’empire romain décadent. Les apôtres au Cénacle n’ont pas échafaudé de plans pour une évangélisation massive du bassin méditerranéen ; en revanche, ayant accueilli la parole de Jésus, ils ont ardemment désiré la venue de l’Esprit. Comme Marie a conçu par l’opération du Saint-Esprit, de même, par l’effusion de l’Esprit, les apôtres sont devenus féconds. Ils ont été entendus et même compris par des interlocuteurs qui ne comprenaient pas leur langue. Alors que beaucoup de chrétiens s’inquiètent de vivre dans un monde qui ne les comprend plus, la réponse ne résiderait-elle pas d’abord dans l’accueil de l’Esprit en nos propres cœurs. 

Désirons-nous sa venue ? Croyons-nous en sa puissance ? 

Chaque jour, sans relâche, le chrétien fidèle doit implorer la venue du Saint-Esprit, ce « doux hôte de l’âme ». 

Plusieurs fois par jour, les moines ont l’usage de l’invoquer ainsi : Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour. V. Envoyez votre Esprit et ils seront créés. R. Et vous renouvellerez la face de la terre. Prions. Ô Dieu, qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par le même Esprit de goûter ce qui est bien et de jouir sans cesse de sa consolation. Par le Christ Notre Seigneur. Amen. 

 

Mettons-nous à l’école des apôtres. Le Livre des Actes nous a appris qu’après l’Ascension, ceux-ci retournèrent à Jérusalem. « Ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement... Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. » (Act 1,13-14) 

 

Outre la puissance de cette prière en commun, les dispositions intérieures, personnelles des apôtres, indispensables à la réception du don divin nous sont connues par l’évangile selon saint Jean. Après le lavement des pieds, Jésus prononce un long discours d’adieu, son testament : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure... Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. (Jn 14,23-26) 

L’amour du Seigneur, le fait de garder, de méditer sa parole et ses enseignements sont un appel à la venue du Père et du Fils en nos vies. Ceux-ci établissent alors en ce cœur aimant leur demeure et l’Esprit l’éclaire. L’amour de la Parole attire la bénédiction de Dieu qui enflamme encore davantage le cœur du croyant, poursuivant sa sanctification. Si Dieu se repose en un cœur alors ce cœur se repose en Dieu. Il est en paix. La présence de l’Esprit dans une âme se manifeste à travers ce que la théologie a nommé les dons du Saint-Esprit qui transfigurent l’agir humain et la vie.

A la lumière du don de sagesse, l’âme goûte la présence immédiate de Dieu. Le don d'intelligence aide à entrer dans le mystère des Écritures et à comprendre de l’intérieur la foi. Par le don de science, l’homme reconnaît Dieu à l’œuvre dans la nature et dans l’histoire. Le don de force assure la persévérance dans l’épreuve, obtient le courage de témoigner. C’est le don qui soutient les martyrs et qui aide aussi au quotidien à accomplir son devoir d’état et à vivre le combat spirituel. Par le don de conseil, l’esprit reçoit le don du discernement spirituel, de la juste mesure dans ce qu’il convient de faire ou d’éviter, de dire ou de taire. Le don de piété fait entrer dans l’expérience de la paternité de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse. C’est le don de l’enfance spirituelle. Enfin le don de crainte apporte à l’âme la conscience de l’infinie distance avec Dieu.

Les disciples ainsi affermis partagent entre eux et révèlent au monde les admirables fruits de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi.

Dans la joie de cette fête, il nous revient de faire écho aux paroles des apôtres, de proclamer les merveilles de Dieu, de laisser rayonner les fruits de l’Esprit.

Alors que le temps pascal s’avance, prenons la ferme résolution d’invoquer le Saint-Esprit. Qu’il poursuive l’œuvre commencée au jour de notre baptême, et renouvelle la face de notre cœur. Qu’il soit notre consolateur dans l’adversité. Que Marie, Mère de l’Église, intercède pour nous. Qu’elle nous obtienne un peu de ce cœur enflammé qui lui a mérité le nom de temple du Saint-Esprit. Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour ! 

 

R. Amen. Alleluia !

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Mai 2021

 

vierge petit Placide 

 

 

+ ASCENSION 

Homélie du Très Révérend Père dom Jean PATEAU

 Abbé de Notre-Dame de Fontgombault 

 

 

(Fontgombault, le 13 mai 2021)

 

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

 Alors que nous entrions dans la célébration du mystère pascal le soir du Jeudi-Saint, nous avons entendu les dernières paroles, paroles intimes, adressées par le Seigneur aux disciples qui allaient tous abandonner leur maître à sa passion, à sa mort. Aujourd’hui c’est à une autre séparation que nous assistons. Les temps ont changé. Les gardes se sont éloignés. Les disciples voudraient demeurer avec leur maître, le retenir. Leurs regards tendus vers le ciel alors qu’il s’éloigne en témoignent. Le Seigneur, lui, doit partir. 

 

Le soir du Jeudi-Saint, comme devant la faiblesse de ses disciples, tel un viatique, le Seigneur a laissé une nourriture : « Ceci est mon corps pour vous » et une mission : « Faites ceci en mémoire de moi. » (Lc 22,19)

   Aujourd’hui, le Christ confie à ses disciples une autre mission : « Vous serez mes témoins... jusqu’aux extrémités de la terre. » (Act 1,8) Cette mission est assortie d’une promesse rapportée par saint Matthieu : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20)

En ces derniers temps de sa présence, Jésus remet donc aux siens une nourriture et une double mission. Plus de vingt siècles se sont écoulés. Le Corps et le Sang du Christ, source inépuisable de la vraie vie, continuent à abreuver le cœur des fidèles à travers le ministère des prêtres. Malgré la fidélité du Seigneur à sa promesse de demeurer proche de nous « tous les jours », il semble bien que le nombre des témoins diminue de façon inéluctable.

Dans nos pays civilisés, dans nos campagnes autrefois chrétiennes, dans les cités aux multiples religions et ethnies, bien des âmes demeurent assoiffées sans trouver à s’abreuver. Le Christ s’est présenté comme : « le chemin, la vérité et la vie. » (Jn 14,6)

Sa vie, il l’a donnée comme preuve d’amour, devenant pour ses disciples source féconde de vie. Le témoin, μάρτυς en grec, est précisément celui qui donne sa vie. Tel est le témoignage de Celui qui se présente sous les traits du Bon Pasteur. Notre monde a soif de témoins, de pasteurs.

Les hommes de notre temps, dispersés jusqu’aux extrémités de la terre, ont besoin d’être aimés par des témoins et des pasteurs qui se tiennent comme aime à le répéter le Pape François à l’avant, au milieu et à l’arrière du troupeau. A l’avant, le pasteur guide ses brebis par l’exemple qu’il donne et les enseignements qu’il dispense. Au milieu du troupeau, il demeure présent auprès de chacune d’elles et les aime. A l’arrière-garde, il compatit, soigne, et rassemble les brebis un peu folles qui s’éloignent, celles aussi qui sont faibles ou malades et qui traînent la patte. Il part aussi à la recherche de l’égarée, des brebis abandonnées sans pasteur et sans troupeau.

Nos sociétés manquent de vrais pasteurs, de vrais témoins, de vrais guides. Plutôt, elles ne les supportent plus. Les législations en quête d’un consensus, ignorant les fondements naturels de nos humanités, le respect dû à chaque être vivant, se bornent à rafistoler les pans d’une vie sociale qui va se disloquant, en tentant de donner satisfaction à chacun.

Le souvenir d’Adam et Eve au paradis terrestre, l’échec des apprentis maçons de Babel reviennent à nos mémoires : construire sa propre demeure, poursuivre son chemin loin de Dieu ?

L’Église n’est pas exempte de cette tentation. Certains se lassent de suivre l’unique troupeau mené par le Christ. Au nom de pseudo-démarches synodales à la remorque des idées du temps où manque la prière, au nom d’idéologies rabâchées dans l’espoir qu’elles en reçoivent un peu de vérité, des membres de l’Église en certains pays, en certains groupes, s’éloignent de plus en plus de l’unique berger.

Le Pape François le rappelle : « Ne faire que cela n’est pas la synodalité ; c’est un beau ‘parlement catholique’ ... Ce qui fait que la discussion, le ‘parlement’, la recherche des choses deviennent synodalité, c’est la présence de l’Esprit : la prière, le silence, le discernement de tout ce que nous partageons. » (Discours du 30 avril 2021 au Conseil national de l’Action catholique italien)

Le témoin véridique, le vrai pasteur, ne travaille pas pour lui : il est envoyé par le Christ mais demeure toujours avec lui. Il est à l’écoute de l’Esprit. Marchant avec le Christ, il marche avec l’Église gardant au plus profond de son cœur l’amour de celle-ci. Il fait sienne son histoire au jour de gloire comme au jour de peine et reçoit humblement, comme la brebis du troupeau, ses enseignements. Alors, et alors seulement, à la suite des apôtres, il est témoin du Christ et de l’Église jusqu’aux extrémités de la terre, un témoin véridique, un témoin fiable.

Dans l’attente de la conversion des sociétés, il porte la parole aux hommes de notre temps dont beaucoup attendent d’entendre simplement qu’ils sont aimés et qui demeurent en quête de lumière sur le sens de leur vie, sur le lieu où ils sont attendus.

Comment ne pas mentionner aujourd’hui le quarantième anniversaire de l’attentat subi par cet extraordinaire témoin du Christ, cet apôtre inépuisable de l’Évangile, ce colosse de sainteté que fut le pape venu de Pologne, le Pape saint Jean-Paul II.

Les paroles de sa Messe d’intronisation résonnent dans la parfaite continuité de l’appel du Christ au matin de l’Ascension : N’ayez pas peur !

Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait « ce qu’il y a dans l’homme » ! Et lui seul le sait !

La vie du saint pape témoigne de la présence du Seigneur chaque jour à ses côtés et tout particulièrement sur la place Saint-Pierre au cours de l’audience du mercredi, ce 13 mai ; présence du Seigneur, présence de Marie au jour anniversaire de sa première apparition en 1917 à Fatima. Après une opération de cinq heures, le pape est sauvé. Le 27 décembre 1983, en visite à Mehmet Ali Ağca convaincu qu’il avait « visé juste et que la balle était puissante et mortelle. », Jean-Paul II répondait : « Une main a tiré, une autre a guidé », faisant référence à la « main invisible de la Vierge Marie ».

Aujourd’hui, cette balle, touchée par la « main invisible de la Vierge » et devenue une relique, a été offerte par Jean-Paul II au sanctuaire de Fatima et sertie dans la couronne de la Reine de la Paix. Demandons à saint Jean-Paul II, témoin inlassable de la vérité sur Dieu et sur l’homme à la face des peuples, apôtre infatigable de la paix, d’intercéder pour qu’une nuée de témoins naisse à sa suite dans l’Église.

En ces jours qui nous séparent de la Pentecôte, unis aux apôtres réunis au Cénacle avec Marie, disposons nos cœurs à recevoir la grâce du Saint-Esprit qui rénove la face de la terre en récitant déjà la séquence de la fête :

Veni Sancte Spiritus ! Amen, Alleluia.

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 5 Avril 2021

 

 

 

 

+ JOUR DE PÂQUES

 Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault 

 

(Fontgombault, le 4 avril 2021) 

 

Riches et pauvres, exultez ensemble. Abstinents et négligents, honorez ce jour. Vous qui avez jeûné et vous qui n'avez pas jeûné, réjouissez-vous aujourd’hui… Vous tous, jouissez du festin de la foi… Que personne ne se lamente sur sa misère : car notre Royaume à tous est apparu. Que personne ne pleure ses péchés, car le pardon s’est levé du tombeau. Que personne ne craigne la mort, car la mort du Sauveur nous a délivrés. La mort l’a retenu et il l’a étouffée ; descendu aux enfers, Il les a dépouillés… Enfers, où est votre victoire ? Le Christ est ressuscité et vous avez été jetés bas. Le Christ est ressuscité et les démons sont tombés. Le Christ est ressuscité et les anges se réjouissent. Le Christ est ressuscité et la vie règne. 

 

 Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils, par ces mots, tirés du rite byzantin de la Vigile Pascale, saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, s’adressait à son peuple en ce « saint et lumineux jour de la glorieuse et salutaire résurrection du Christ notre Dieu. » 

 

Qui que nous soyons, quelle que soit notre vie, implorons le pardon que le Christ nous offre par sa victoire sur le mal, sur la mort. Ressuscitons avec lui et jouissons du festin de la foi.

Ces lignes divisent l’humanité. Tout homme qui reconnaît avoir besoin d’un sauveur les reçoit pour son salut. Tout homme qui se suffit à lui-même les rejette pour sa perte. En ce saint jour de Pâques, souvenons-nous de la parabole du fils prodigue, appelée aussi parabole du père miséricordieux (Lc 15,11-32).

Des deux fils, le plus jeune après avoir exigé sa part d’héritage quitte la maison paternelle pour vivre sa vie. Ayant gaspillé ses biens, il forme le désir de retourner chez son père non à titre de fils, mais comme ouvrier. Au loin, son père l’aperçoit. Il va au-devant de lui, lui pardonne et ordonne que l’on fête son retour. Le fils aîné, revenu des champs, ayant appris la raison des festivités, entre dans une grande colère et refuse de se joindre à la fête. Ni le fils aîné, ni le fils cadet n’avaient compris le secret du cœur de leur père : la miséricorde. L’aîné, par une fidélité étroite à son éducation n’attendait de son père que la justice. Juste, il pensait n’avoir pas besoin de miséricorde. Le cadet avait gaspillé ses biens, son héritage et surtout son éducation. Conscient de sa misère et de sa responsabilité, il ne pouvait prétendre qu’à la condamnation. Quant au père, il n’avait de cesse que de partager son secret, sa miséricorde, avec ses deux enfants.

Reconnaissons que chacun d’entre nous tient à la fois du fils aîné et du fils cadet, une dureté intransigeante et une misérable faiblesse. Notre cœur est souvent le lieu d’un terrible combat. Qui nous sauvera du désespoir ?

En ce matin de Pâques, le Christ vainqueur domine nos vies. Il domine nos fiertés. Il domine nos misères. Il porte sur chacune d’elles, le baume purifiant, pacifiant et vivifiant de la sainte miséricorde. Déjà, sur le Golgotha, cloué en croix entre deux voleurs, il avait entendu les paroles du bon larron : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » (Lc 23,42)

La réponse n’avait pas tardé : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Lc 23,43)

La miséricorde a toujours le dernier mot. Cette nuit, alors que le Christ triomphait de la mort, nous nous sommes réjouis. Ce matin, la pierre est roulée. Le tombeau est vide. En sera-t-il de même pour les tombeaux de nos vies, de nos misères ?

Ces tombeaux qui nous emprisonnent ? La fête de Pâques ne se résume pas à l’évocation d’un événement grandiose, au renouvellement des promesses de notre baptême.

C’est vrai, nous avons renoncé à Satan, à ses œuvres, à ses séductions. Nous avons professé notre foi en Dieu : Père, Fils et Saint-Esprit ; notre croyance en la sainte Église catholique, en la communion des saints, en la rémission des péchés, en la résurrection de la chair, et en la vie éternelle. Mais tout serait vain si les paroles du bon larron ne jaillissaient de notre cœur : « Jésus, souviens-toi de moi. »

Les paroles de l’Ange de la Résurrection adressées aux femmes devant le tombeau reviennent à nos oreilles et nous rassurent : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité. » (Mt 28,5-6)

Soyons donc sans crainte si nous cherchons vraiment le Seigneur, si nous lui demandons de se souvenir de nous. Renouvelées dans le Christ, nous deviendrons cette pâte nouvelle qui fait fermenter la masse. Celui qui communie au Christ ressuscité doit partir en mission. Après l’adresse de l’ange, le Christ lui-même vient aux femmes : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » (Mt 28,10)

Voir Jésus, être vu par Jésus : voici le dernier pas à accomplir, l’ultime accueil et le plus difficile. Pensons à Pierre et à Judas au soir du jeudi-saint.

La richesse, l’idéologie, l’orgueil ferment les yeux et le cœur. Le dépouillement les ouvre.

Quelle leçon que ce souvenir d’un prêtre visitant à Erbil les chrétiens d’Irak ayant fui Mossoul et les horreurs de Daech : Ils avaient tout perdu en quelques heures parce qu’ils avaient refusé de renier leur foi… Un enfant de cinq ans est allé me chercher son « trésor ». Ils avaient dû fuir à pied Mossoul , chacun emportant une seule chose. De tout ce qu’il possédait, il avait choisi sa Bible illustrée1 .

Et le prêtre de poser ces questions : Est-ce que nous considérons que la foi est notre premier trésor ? Est-ce que nous sommes convaincus que ce qui pourrait nous arriver de pire serait de la renier ou de la perdre ? Recevons ces témoignages venus de nos frères dans la foi, les chrétiens du Moyen-Orient, les chrétiens de Chine trop oubliés et qui se sentent abandonnés.

Faisons nôtre en ce jour la joie de Marie. Qu’elle intercède pour nous auprès de Dieu. La promesse est désormais accomplie en celui qu’elle a porté. Le Christ est ressuscité pour sauver le monde, pour nous sauver.

Regina cæli lætare,

Amen, Alléluia.

1 Abbé Pierre-Hervé Grosjean, Être prêt, Repères spirituels, Artège 2021, p.88.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 2 Avril 2021

Rédigé par Philippe

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Publié le 1 Avril 2021

 

 

 

 

+ JEUDI -SAINT

 Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 1 avril 2021)

 

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils, 

 

L’Église en la fin du Carême semble rompre avec l’austérité et le dépouillement auxquels elle nous a habitués depuis le mercredi des cendres et même le dimanche de la Septuagésime. La Messe chrismale et la Messe in Cena Domini ou Messe de la Cène du Seigneur sont d’une grande richesse au plan liturgique.  La première était célébrée traditionnellement dans la matinée du Jeudi-saint dans les cathédrales autour de l’évêque. Au cours de cette Messe sont bénies l’huile des malades et l’huile des catéchumènes, et est consacré le saint Chrême. Ces huiles, emportées dans chaque paroisse, sont normalement conservées dans un petit logement pratiqué dans le mur de l’église et fermé par une porte. L’huile des malades est utilisée pour le sacrement du même nom qui procure le don d’une grâce particulière pour porter l’état de maladie. L’huile des catéchumènes confère la force du Saint-Esprit aux futurs baptisés pour le combat de la vie spirituelle. Enfin, le saint chrême, une huile mêlée de parfum, est utilisée pour les onctions de consécration lors du baptême, de la confirmation, après l’ordination épiscopale et sacerdotale, lors de la dédicace des églises et des autels.

L’onction du saint chrême avec la présence du parfum symbolise la descente de la divinité qui vient à nous par le Christ et l’Esprit-Saint pour répandre sur les autres la bonne odeur du Christ.

Aujourd’hui la Messe chrismale est en général anticipée dans les premiers jours de la semaine sainte et prend souvent place au cours d’une journée de prière de l’ensemble du clergé diocésain autour de son évêque. La Messe de la Cène a conservé sa place dans l’après-midi ou la soirée du Jeudi-saint. On y commémore l’institution des sacrements de l’Eucharistie et de l’Ordre. Le déroulement de la Messe est calqué sur le dernier repas de Jésus avec ses disciples au Cénacle à Jérusalem. Aussi, le cours habituel de la Messe est-il interrompu par le rite du Lavement des pieds après l’homélie. Cet acte est un acte d’humble humanité à l’égard du visiteur dans un pays où faire de la route à pied sous le soleil est épuisant. Lors du repas pascal, le Seigneur explicite le sens de son geste : Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. (Jn 13, 13-15) Comme nous le chanterons : « Là où règne l’amour et la charité, Dieu est présent. Gardons-nous de nous diviser… Que cessent discordes et procès. Que le Christ demeure au milieu de nous. »

Comme la vie de nos familles, de nos communautés, comme notre propre vie pourraient changer si nous étions attentifs et mettions en pratique ces paroles. Comme lors de chaque Messe, le sacrifice accompli une fois pour toutes lors de la Cène du Seigneur et au Calvaire sera rendu présent au moment de la Consécration. Le récit de l’institution de ce sacrement, tiré de l’épître aux Corinthiens, a rappelé les paroles du Seigneur : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi… Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » (1 Co 11, 24-25)

Ces paroles s’adressent à chaque prêtre. Celui-ci ne peut se contenter d’accomplir simplement des gestes. Il est uni au Christ, pris dans le mystère du Christ.

Ces paroles aussi s’adressent à chaque fidèle.

Participant eux aussi au sacrifice du Christ, ils reçoivent le Christ à la mesure de leur communion profonde avec lui, de leur adoration du mystère. La fin de la Messe déroge aussi au cérémonial habituel. Après le repas de la Cène, les disciples sont partis vers le Jardin des Oliviers. Là, Jésus entre dans une prière profonde ; il entre en agonie. Puis viendront l’arrestation, le dépouillement des vêtements, la Passion : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15,13)

En cheminant vers le reposoir, en adorant auprès du tabernacle, nous voulons accompagner le Seigneur dans un moment de profonde solitude où il porte le poids de chacune de nos vies. Puisse chaque communion rejoindre ces instants.

Enfin la cérémonie de ce soir s’achèvera par le dépouillement des autels à l’instar du Christ dépouillé de ses vêtements. Un verset de psaume clôturera le rite : « Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. » Quel contraste !

D’un côté, la surabondance des dons divins répandus si largement par l’humanité du Christ ; de l’autre, des hommes armés, conduits par le traître Judas qui ne veulent que sa mort.

Telle est la réponse de l’homme à la bonté de Dieu. Du Christ, ils prendront les habits se les partageant.

Que recevons-nous du Christ ? Que faisons-nous de ses vêtements ? Saint Paul nous invite à revêtir le Christ. Nous le ferons par la garde des commandements divins, de ses paroles, qui n’ont pour vocation que de nous apprendre à adorer Dieu, à aimer notre prochain selon Dieu. Nous les mettons si facilement de côté, laissant libre cours à notre propre exaltation. Les vêtements du Christ que nous gaspillons, ce sont aussi les multiples dons divins de la création et en particulier le don de la vie. Apprenons à respecter la vie de son premier instant jusqu’à sa fin naturelle.

Que dire aussi du Christ qui a voulu demeurer nourriture pour nous à travers le sacrement de l’eucharistie et qui demeure présent au tabernacle. « Faites cela en mémoire de moi. »

Se souvenir du Christ, c’est l’accueillir dans sa vie, c’est le rencontrer, c’est l’adorer. Notre vie répand-elle en tous temps la bonne odeur du Christ pour les hommes de notre temps ?

La Messe d’aujourd’hui propose deux chemins : le chemin de l’adoration du Seigneur ou le chemin de son mépris.

Au seuil de ce triduum pascal, nous pouvons tous nous demander quels sont les lieux toujours à évangéliser dans nos vies, dans nos familles, dans nos communautés, dans notre société ; ces lieux où la présence du Seigneur est écartée ; ces lieux où la juste place ne lui est pas donnée.

Puisons dans les sacrements et dans la prière la force de la mission qui commence par le témoignage d’une vie vécue en cohérence avec les enseignements de celui en qui nous croyons, seule force contre l’apostasie de notre temps. Entrons généreusement dans ces jours qui nous séparent de la fête de Pâques afin d’y préparer notre propre Pâque. Que Marie, plus mère que jamais en ces heures, demeure proche de nous comme elle l’était de son Fils.

Amen.

 

 

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Publié le 22 Mars 2021

 

 

+ SAINT BENOÎT 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

 (Fontgombault, le 22 mars 2021)

 

 "Centuplum accipiet"

 

 Il recevra le centuple (Mt 19,29) 

 

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

 Saint Grégoire dans sa Vie de saint Benoît évoque un événement étonnant : la vision du monde entier dans un seul rayon de lumière accordée au Père des moines d’Occident. Servandus, diacre et abbé d’un monastère était venu visiter le patriarche. Comme Benoît, c’était un homme de Dieu. « Comme par une sorte de courant allant de l’un à l’autre, ils s’imprégnaient mutuellement des douces paroles de la vie, et, cette suave nourriture de la patrie céleste dont ils ne pouvaient jouir encore parfaitement, ils la goûtaient du moins en soupirant après elle. » 

L’heure du repos arrivé, les deux moines se séparèrent. Mais, Benoît, alors que les frères reposaient, debout à sa fenêtre priait. Soudain, dans la nuit profonde, il vit une lumière répandue d’en haut chasser toutes les ténèbres de la nuit et briller d’une splendeur qui surpassait la lumière du jour.

 

 Dans cette lumière, Benoît voyait « le monde entier, comme rassemblé sous un seul rayon de soleil. » 

 

Désirant associer à sa vision, un témoin, saint Benoît appela Servandus qui vit « un petit reste de lumière. » La vie de saint Benoît écrite par saint Grégoire fait partie d’un ensemble plus important intitulé Dialogues. Saint Grégoire y converse en effet avec le diacre Pierre. Celui-ci interroge : « Suivant quel ordre de choses peut-il bien se faire que le monde entier soit vu par un seul homme ? La réponse du Pape Grégoire est limpide : Pour l’âme qui voit le Créateur, toute créature paraît bien exiguë… Ce n’est pas que la terre et le ciel se fussent contractés, poursuit le pape, mais que l’âme du Voyant s’était dilatée, elle qui, ravie en Dieu, put voir, sans difficulté, tout ce qui était au-dessous de Dieu.

Ainsi donc, en union avec cette lumière qui jaillissait devant ses yeux, à l'extérieur de lui-même, il y avait, dans son esprit une lumière intérieure qui, parce qu’elle ravissait l'âme du Voyant vers les hauteurs, lui montrait combien étaient exiguës toutes les réalités d’en bas. L’union avec Dieu donne accès à un nouveau regard sur le monde. C’est la leçon que donne cet épisode de la vie de saint Benoît. 

 

Celui-ci prend place juste après sa dernière rencontre avec sa sœur Scholastique et la mort de celle-ci. Lors de cette rencontre, cette dernière avait donné une leçon à son frère en obtenant une abondante pluie qui contraignit son frère à demeurer avec elle pour prier : elle avait été plus puissante parce qu’elle avait plus aimé.

Tout quitter pour suivre le Christ assure une récompense.

Jésus assure Pierre que lorsqu’il reviendra, lorsque que le Fils de l’homme sera assis sur son trône de gloire, les douze qui l’ont suivi siégeront « aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. »

Mais comme souvent Jésus ne limite pas sa perspective à la question de son interlocuteur, il l’élargit : Celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.

Ce centuple ne serait-il pas une part à ce regard que les apôtres auront sur le monde à la fin des temps pour juger et que saint Benoît partagea dès cette terre dans la vision que rapporte saint Grégoire.

Le chapitre 19e de saint Matthieu s’est ouvert sur une discussion avec les pharisiens pour savoir s’il est permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif. Jésus répond que « ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (v.6)

Alors que l’on conduit à Jésus des enfants, ce ne sont plus les pharisiens, mais les disciples eux-mêmes qui veulent les éloigner de Jésus. La réponse du maître est sans équivoque : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent. » (v.14)

Voici alors qu’un jeune homme, probablement encouragé par l’accueil fait aux enfants, s’approche de Jésus : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »

Jésus l’invite à pratiquer les commandements. L’homme pieux affirme que déjà, il les a mis en pratique et qu’il veut faire davantage. Pour atteindre la perfection, Jésus ne l’invite pas à faire davantage mais à abandonner ce qui le retient, ce qui au fond l’empêche d’aimer plus pleinement : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » (v.21)

Le jeune homme ne donnera pas suite. L’évangéliste en donne la raison : il avait de grands biens… il n’était pas libre comme un enfant. Il ne pouvait accueillir davantage le Christ dans sa vie en renonçant à tout pour lui.

Les biens de la terre qui occupent le cœur ne laissent que peu de places aux biens éternels. Le regard que portent les pharisiens sur les commandements de Dieu, le regard que portent les disciples sur les enfants ne sont pas le regard que Dieu porte sur celui qui est faible ou vulnérable. Dieu accueille.

L’évangile de ce jour et l’enseignement de saint Benoît invitent à détourner le cœur des préoccupations vaines et caduques pour épouser dès maintenant le plan de Dieu, la vision de Dieu sur chaque homme.

Comme les pharisiens nous pouvons tirer à nous les commandements de Dieu, en faire des armes à notre usage. Comme les disciples, nous pouvons estimer que tel ou tel n’est pas digne d’approcher Jésus.

Pour devenir ami de Dieu, il ne s’agit pas tant de faire plus – Dieu n’a besoin de rien – que d’abandonner ce qui retient du don total, ce qui prend dans un cœur la place de l’amour. Alors que le carême va s’achevant et que s’approchent les solennités pascales, souvenons-nous qu’il n’y a pas de plus belle preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Ouvrons nos cœurs secs à la rosée bienfaisante de la grâce. La vision de saint Benoît rappelle que Dieu embrasse tout l’univers. Rien n’échappe à sa Providence, à son gouvernement. L’ami de Dieu voit selon Dieu et agit selon Dieu. Voici une part du centuple accordé par le Seigneur à ses amis. Qu’il nous unisse pour toujours à sa vie dans l’éternité.

Amen.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 21 Mars 2021

 

 

 

" Tout est dans l'intention: comme nous pouvons sanctifier les moindres choses, transformer les actes les plus ordinaires de la vie en actes divins ! Une âme qui vit unie à Dieu ne fait que du surnaturel, et les actions les plus vulgaires, au lieu de la séparer de  Lui, ne font au contraire que l'en rapprocher toujours plus... Vivons ainsi, et le Maître sera content, et au soir de chaque jour, Il trouvera une gerbe à moissonner dans nos âmes. "

sainte Elisabeth de la Trinité. 

 

 

 

Alors que nous entrons dans la période de deux semaines appelée semaine de la passion, la Sainte Mère Église, à travers les paroles de saint Paul aux Hébreux, tourne notre attention vers le sang du Christ, ce sang qui sera versé le Vendredi saint et qui nous sera donné à boire dans  le très Saint Sacrement. 

 

L'apôtre compare les sacrifices de l'Ancienne Loi dans lesquels le sang des animaux était offert à Dieu pour réaliser une purification rituelle, avec le Sang du Christ qui purifie efficacement nos âmes en effaçant nos péchés. 

Le premier incident dans les Saintes Écritures où nous sommes confrontés à l'effusion de sang est le meurtre d'Abel par son frère Caïn. Dieu, essayant de solliciter du meurtrier une forme de regret pour son crime qu'il croyait caché, lui déclare que le sang de son frère crie de la terre. Depuis que la terre s'est ouverte pour engloutir le sang innocent, elle est maudite par Dieu comme l'est le meurtrier. 

Mais dans la Nouvelle Alliance, le Fils de Dieu lui-même verse son propre sang, et saint Paul nous dit que son sang parle plus fort et mieux que celui d'Abel. En d'autres termes, les crimes de l'homme ne peuvent pas étouffer l'appel miséricordieux du Sang de Jésus toujours prêt à expier les péchés des hommes, les péchés du monde entier, et même les péchés de nombreux autres mondes s'ils existaient. 

Il ne vient jamais de moment où le pouvoir de satisfaire fait défaut au sang du Christ car sa valeur est infinie grâce à l'union hypostatique. 

C'est le Sang même de l'Homme Dieu, et une seule goutte suffit pour sauver le monde entier. 

De nombreux saints, suivant les traces des apôtres, ont été inspirés à s'unir au Sang de Jésus. 

Dans un passage bien connu de son autobiographie, sainte Thérèse de Lisieux écrit ces paroles sur lesquelles nous ferons bien de méditer fréquemment: 

«Un dimanche, en regardant une image de notre Seigneur sur la croix, j'ai été frappée par le sang qui coulait d'un des mains divines. J'ai ressenti une grande douleur en pensant que ce sang tombait au sol sans que personne ne se hâte de le ramasser. J'étais résolu à rester en esprit au pied de la Croix et à recevoir la rosée divine. J'ai compris que je devais alors le répandre sur les âmes. Le cri de Jésus sur la croix résonnait continuellement dans mon cœur: «J'ai soif!» Ces paroles ont enflammé en moi un feu inconnu et très vivant. Je voulais donner à boire à mon bien-aimé et je me sentais consumé par une soif d'âmes. Jusqu'à présent, ce ne sont pas les âmes des prêtres qui m'attirent, mais celles des grands pécheurs; J'ai brûlé pour les arracher aux flammes éternelles » (Histoire d'une âme).

La perspicacité de sainte Thérèse dans ce mystère lui donnera l’incitation à faire d’elle chaque pensée, parole et acte un sacrifice à Jésus; les petites choses de chaque jour qu'elle a offertes avec beaucoup d'amour, les unissant au Sang de Jésus, et ainsi elle est devenue avec Lui et à travers Lui une source de salut pour de nombreuses âmes qui ont depuis imité sa Petite Voie, par un amour pur qui imite l'amour de Dieu en ce qu'il est désintéressé, inconditionnel, gratuit et vivifiant. 

Sainte Thérèse voulait être une martyre et verser son sang pour Jésus, mais Jésus était satisfait de son intention et Il a accepté l'offrande humble et persévérante de toute sa vie, sa courte vie, comme un martyre d'amour. 

Cependant, il existe de nombreuses autres âmes dont Dieu accepte le sacrifice du sang. D'innombrables martyrs remplissent chaque jour les pages de notre martyrologe. 

Nous savons qu'en ce moment même il y a des âmes qui offrent leur vie en prison et en martyre pour le nom du Christ. Nos pensées vont en particulier aux catholiques chinois martyrisés, trahis aux mains d'un régime impie par ceux-là mêmes qui devraient les protéger. Nos pensées vont aux nombreux chrétiens dans les pays sous domination islamique et aux nombreux autres dans les pays occidentaux livrés à des idéologies corrompues et à un esprit anti-chrétien croissant qui fait que le martyre dans nos pays n'est plus une impossibilité.  (les victimes de l'euthanasie dans les pays d'Europe, aujourd'hui en Espagne.) 

Cela pourrait être le moment opportun pour nous de rafraîchir nos souvenirs sur le texte du  Troisième Secret de Fatima. Sœur Lucie écrit:

«À gauche de Notre-Dame et un peu au-dessus, nous avons vu un Ange avec une épée flamboyante dans sa main gauche; clignotant, il a émis des flammes qui semblaient mettre le feu au monde; mais ils s'éteignaient au contact de la splendeur que Notre-Dame irradiait vers lui de sa main droite: en montrant la terre de sa main droite, l'Ange cria à haute voix: «Pénitence, Pénitence, Pénitence!».

Et nous avons vu dans une immense lumière qui est Dieu: «quelque chose de similaire à la façon dont les gens apparaissent dans un miroir quand ils passent devant lui» un évêque vêtu de blanc «nous avons eu le pressentiment  que c’était le Saint-Père». 

"Autres évêques, prêtres, religieux et religieuses montant une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande croix de troncs grossièrement taillés comme d'un liège à l'écorce; avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruines et à demi tremblante d'un pas hésitant, affligé de douleur et de chagrin, il pria pour les âmes des cadavres qu'il rencontra sur son chemin; arrivé au sommet de la montagne, à genoux au pied de la grande croix, il fut tué par un groupe de soldats qui lui tirèrent des balles et des flèches, et de la même manière moururent les uns après les autres les autres évêques, prêtres, hommes et femmes Religieux et divers laïcs de rangs et de positions différents.

 "Sous les deux bras de la croix, il y avait deux anges chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui se dirigeaient vers Dieu ».

Cette scène apocalyptique, comme toutes celles de la Sainte Écriture, avec son message terrifiant, contient une immense consolation, car nous voyons que ceux qui se dirigent vers Dieu sont unis à la passion du Christ, mais que leur sang, leurs sacrifices, leur prières, profitent à tous les autres qui suivent leur exemple.

Prenons donc, mes chers Frères et Amis, en cet anniversaire du trépas de notre saint Père saint Benoît, dont nous célébrerons la fête demain, toujours plus à cœur ces paroles qui concluent le prologue de la Règle: « Nous participerons aux souffrances du Christ par la patience, afin de mériter d'avoir part à son Royaume». Renouvelons l'offrande de notre vie avec lui.

 Aimons-le intensément pour réparer pour  ceux qui ne le font pas.

Et que Marie Immaculée, que nous honorerons cette semaine le jeudi dans le mystère de l'Annonciation et le vendredi en tant que Mère des Douleurs - ces deux jours où elle a accueilli le Dieu incarné dans ce monde et l'a accompagné lorsqu'il l'a quitté -, ainsi que saint Joseph, intercèdent pour nous et partagent avec nous un peu de la vue qu'ils avaient de ce que signifie suivre le Christ,

per crucem ad lucem,

à travers la croix,

jusqu'à la lumière éternelle. 

 

 Fr Pius Mary Noonan + O.S.B 

 

 

 

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Publié le 20 Mars 2021

 

 

 

Son rôle discret mais essentiel dans la vie de Notre-Seigneur et de Notre-Dame est celui qui nous inspire, nous attire, nous entraîne toujours plus dans l'adoration silencieuse. 

En effet, la Sainte Écriture, même si elle enregistre un certain nombre d'actions de saint Joseph, ne nous transmet pas une seule de ses paroles. Les seuls mots que nous savons qu'il a prononcés à coup sûr, et souvent, étaient JÉSUS et MARIE - et ces deux mots suffisent.

 

 Le silence de saint Joseph est ce qui l'amène à découvrir à un niveau toujours plus profond les merveilles de la grâce divine à l'œuvre dans sa propre maison, sous ses yeux. C'est ce qui lui permet de grandir dans toutes les vertus. Ce jour-là, nous pouvons réfléchir à quelques-unes d'entre elles. 

 

Tout d'abord, sa confiance inébranlable en Dieu. 

Les épreuves de la Sainte Famille étaient nombreuses et graves: malentendus et scandales possibles dus à la manière inattendue et inhabituelle de la conception de l'Enfant divin, danger de persécution sanglante et de mort aux mains d'un tyran méchant, pauvreté réelle qui est dû à la persécution, l'exil dans une terre étrangère pendant plusieurs années où il a dû travailler dur pour gagner le pain de la Sainte Famille. 

Au milieu de tout cela, saint Joseph a confiance en Dieu; il sait que Dieu a le contrôle et qu'il n'y a rien à craindre. 

La preuve la plus concluante de cette confiance totale de notre saint est sa capacité à dormir dans le tourment. 

L'ange est obligé de lui apparaître en rêve; il ne reste pas éveillé en s'inquiétant et en s'inquiétant, comme nous l'aurions probablement fait. 

Le sommeil de saint Joseph contient une leçon très profonde pour nous tous, dans des moments où l’avenir est incertain et le plan de Dieu indéchiffrable. 

Il est normal que nous ne puissions pas sonder Ses voies, car Il est Dieu et nous ne sommes que des mortels. 

Apprenons à dormir pendant la tempête et écoutons les anges. 

Deuxièmement, son obéissance. Lorsque Joseph reçoit l'ordre de prendre Marie chez lui, lorsqu'il reçoit l'ordre de fuir en Égypte et de revenir plusieurs années plus tard. Dans tous les cas, il obéit sans délai et sans comprendre. Il aurait pu avoir mille objections. Pourquoi devons-nous fuir? Cet enfant n'est-il pas Dieu? S'Il l'est, Il n'a rien à craindre, n'est-ce pas? Pourquoi en Egypte? Pourquoi pas simplement de l'autre côté du Jourdain, ou vers un autre endroit plus près de chez nous et où nous connaissons la langue? St Joseph ne pose aucune question, car il sait que Dieu est aux commandes. 

Il est le serviteur, il obéira et sera le ministre du salut, comme nous le dit l’hymne de ce matin: il a servi le plan de salut de Dieu et l'a rendu possible grâce à son obéissance inconditionnelle. Apprenons la valeur de l'obéissance, le bonum obedientiae, dont parle saint Benoît dans la Règle, car nous savons avec le livre des Proverbes que l'homme obéissant va de vainqueur en victoire - vir obediens loquetur victorias. 

Troisièmement, sa pureté. 

Quand on considère que Joseph a été donné à vivre dans l'intimité de la vie conjugale avec la Vierge Immaculée, le niveau de sa propre pureté devient trop clair. Dieu n'aurait confié son plus grand trésor à personne mais au plus fiable, au plus pur, celui à qui on pouvait confier le trésor de l'univers, grâce à sa vertu angélique.

 Enfin, une quatrième vertu que nous pouvons considérer aujourd'hui est son courage, on pourrait dire sa virilité. 

St Joseph n'est pas un faible, il n'est pas un lâche, il ne fuit pas les défis et les épreuves, les fardeaux et les tâches. Il se lève pour relever les défis et s'acquitte d'une manière digne et virile. Dans notre tradition, c'est la vertu cardinale de la force, et c'est une vertu que nous voyons peu aujourd'hui. 

 

Demandons à saint Joseph une part de ces vertus qu'il pratiquait à un degré éminent. Demandons-lui d'inspirer aux hommes d'Église, évêques et prêtres, le courage, la force de prêcher la parole de Dieu avec audace. Puisse-t-il inspirer les évêques à utiliser les deux extrémités de leur crosse, l'extrémité supérieure courbée pour maintenir les moutons dans la bergerie, l'extrémité pointue inférieure pour conjurer les attaques des loups, c'est-à-dire des hérétiques et des pervers, satellites de Satan, qui corrompent la foi et la morale des enfants de l'Église. 

 

Que le clergé redécouvre l'audace des apôtres et soit toujours prêt à verser son sang pour les fidèles, pour la vérité, pour la sainteté, et ne jamais compromettre l'honneur de l'Immaculée Epouse du Christ, la sainte Église catholique.

 

Demandons à saint Joseph d'élever de nombreux saints pères de famille qui, avec un cœur pur et courageux, ne permettront pas que la famille chrétienne soit violée, qui défendront la vertu et la foi de leurs femmes et enfants sans faute, et même à leur propre compte. 

Le vrai père doit être prêt à verser son sang pour sa famille comme le Christ a versé son sang pour son Église. 

Demandons à saint Joseph de veiller sur les femmes dans l'Église, tout comme il veillait sur Marie Immaculée, de restaurer et de protéger la chasteté, d'inspirer à de nombreuses jeunes femmes le désir de consacrer leur vie à Dieu et d'œuvrer avec acharnement à la restauration de la vie religieuse féminine dans notre Église. 

Bon Saint Joseph, regardez le troupeau de Jésus, qui dans cette vie vous a regardé comme à son Père. Protégez le corps mystique du Christ comme vous l'avez fait pour son corps physique. Ne laissez pas l'ennemi de notre race l'emporter.

 O Vous la terreur des démons, jetez dans l'abîme infernal tous les démons qui minent notre Église, détruisent nos familles, corrompent notre jeunesse. Sous ta protection, que la sainte Église de Dieu connaisse une nouvelle ère de paix, afin qu'elle soit à nouveau la lumière des nations pour le salut de nombreuses âmes.

 

un moine osb + 

 

 

it's my friend.. 

Prague:

Comment est la sagesse de Dieu.. 

comment la sagesse de Dieu se soucie tendrement  dans les bourgeons de la prochaine beauté du printemps, ainsi st Joseph.. 

A tous ceux qui travaillent au quotidien, 

vous donnez force et encouragement

afin que notre travail terrestre soit glorifié  dans les cieux. Ô Saint Joseph. 

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 23 Février 2021

Rédigé par Philippe

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