"Ainsi, sur chaque vie humaine, luit une étoile. Si elle est suivie, elle conduit chaque homme vers un point unique, vers une seule personne : le Christ. La crèche devient ce nord magnétique que les boussoles de nos vies prennent comme repère. Alors, la foule d’anonymes se met en route ; l’humanité prend le chemin de son renouvellement, le chemin de sa rédemption. En s’incarnant dans la crèche, Dieu vient racheter les hommes abandonnés à la tyrannie du péché. Il vient libérer nos libertés aveuglées, esclaves des passions, des addictions.
"Aujourd’hui, c’est vers nous que viennent les Mages. Allons- nous les suivre ? Quelle est notre étoile ? La vision d’Isaïe préfigure l’Église. C’est vers elle que nous marchons.
"Il est bon de nous le rappeler, et si besoin de nous en convaincre : l’Église est nécessaire au salut. Les médias la dénigrent. En son propre sein, un mouvement malsain d’auto- culpabilisation laisse même penser qu’elle serait comme une structure de péché. Les péchés des prêtres et la souffrance de leurs victimes qui déchirent nos cœurs ruinent la confiance de beaucoup.
"Reprenons dans la foi les affirmations du Credo : l’Église est une, sainte, catholique et apostolique, tout en faisant nôtre la prière du Canon romain qui implore le Seigneur d’accorder à l’Église la paix, de la protéger et de la rassembler dans l’unité ; demande que la liturgie reprend encore après le Notre-Père.
"En cette fête de l’Épiphanie, cheminons vers la crèche dans la compagnie des Mages. Nous quitterons la sainte étable le cœur comblé et porteur d’une grande nouvelle.
"Allons donc à la crèche à la suite des Mages. Rencontrons Jésus, Marie et Joseph. À l’école de Marie, laissons fructifier les merveilles de Dieu dans nos cœurs, et témoignons au monde qu’à travers toute vie humaine, Dieu veut faire de grandes choses, pourvu que cette vie cherche et suive l’étoile préparée avec amour pour elle.
N’est-ce pas le message de Marie à Cana : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » (Jn 2,5)
"Tant de nos contemporains sont promenés dans une actualité qui n’a plus rien d’actuel, s’épuisant de nouveautés en nouveautés qui passent. La véritable actualité, la véritable nouveauté, c’est cette génération du Verbe au sein de la Trinité : un don infini, totalement donné et parfaitement reçu. La véritable actualité et la véritable nouveauté, c’est l’amour de Dieu pour sa créature. N’est-il pas consolant d’entendre qu’ « après avoir parlé par les prophètes, Dieu nous a parlé par son Fils » ? Pour autant, l’affirmation de l’Évangile : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu », n’en reçoit qu’un sens plus dramatique. L’amour n’est pas aimé.
Oui, la terre et la création, c’est chez lui. Et si c’est aussi « chez nous », c’est parce que d’abord, c’est « chez lui ». Il est illusoire de vouloir échanger sur l’écologie en ignorant Dieu. N’est-ce pas lui qui a établi dans son amour et sa sagesse les règles des relations entre les êtres au sein de sa création ? Comment ignorer ces règles ?
Verbum caro factum est, le Verbe s’est fait chair : suprême amour de sa création et du corps de sa créature, suprême abaissement, suprême humilité pour partager à l’homme sa divinité. Dieu se revêt de notre chair, se fait Emmanuel : Dieu avec nous.
L’homme oublieux de Dieu, comme pour occuper une place qui lui semble vide, s’érige en Dieu. Suprême orgueil, suprême mépris de l’amour et de la sagesse de son Créateur, il revisite la création et prétend la modeler à son gré. La dictature des faux dieux se fait chaque jour plus oppressante. La justice entre les hommes et le respect de la liberté de tous exigent la vérité sur ce qu’est l’homme, et l’acceptation du plan divin.
Que faire, alors que notre pèlerinage est toujours plus difficile ? Jésus aujourd’hui se fait aussi pèlerin. Dieu est avec nous. Marchons à ses côtés.
Pour tenir tête à une société qui ne prête attention qu’à la violence ou à ce qui touche ses intérêts économiques, il est urgent que les chrétiens se regroupent et se forment. Il faut qu’ils connaissent et acceptent les affirmations de leur foi.
Ne laissons pas caricaturer le Christ ou son message.
L’Enfant de la crèche n’est-il qu’un personnage de plâtre qui ressort de sa boîte chaque année, ou est-il Celui qui a profondément marqué ma vie, au point qu’elle répand autour d’elle sa lumière et son message ?
Le Christ vaut-il la peine d’être connu, d’être annoncé?
Celui que la plupart des médias ignorent, il nous revient de l’annoncer, en occupant les lieux de parole, en soutenant les médias chrétiens. En face, c’est un vide abyssal.
Ce qui manque aujourd’hui à trop de chrétiens, c’est ce qui manquait au jeune homme riche : la flamme de la foi qui permet d’aller au bout avec le Christ. Le don radical de Dieu appelle le don radical de l’homme : « Dieu ou rien » !
Si le monde devient chaque jour plus violent, si les situations de haine se multiplient, c’est que le monde a décidé qu’il n’y a rien au-delà de lui. Il ne lui manque que d’accepter l’amour et la paix de son Dieu qui aujourd’hui prennent les traits d’un enfant.
Alors que la nuit est sombre, le chrétien est le veilleur qui a mission d’ouvrir la voie de l’espérance à ses frères. Aujourd’hui, dans une crèche, auprès de Marie, est apparu le Christ, Fils de Dieu, notre Sauveur, notre paix.
L'évêque d'Alcalá de Henares, Juan Antonio Reig Pla, a annoncé son désir de fonder un monastère de vie contemplative dans le Cimetière des Martyrs de Paracuellos (près de Madrid), où reposent au moins 2.500 personnes, victimes des persécutions antireligieuses de 1936 à 1939, dont 143 déjà béatifiées comme martyrs par l'Eglise, et beaucoup plus en voie de le devenir.
il a rappelé que les martyrs "ont mené devant le peloton d'exécution crié avec conviction Vive le Christ roi !
Ce lieu simple, où les croix blanches émergent comme des flèches levées vers le ciel, a été converti, par le soin et l'attention de la Confrérie des Martyrs de Paracuellos et des Sœurs de la Vierge de Matará et du Verbe incarné, en verger, en un nouveau paradis que nous avons accepté d'appeler la Cathédrale des Martyrs. Cette cathédrale a pour voûte le même ciel et s'étend de ses sept bras à l'ombre de la croix blanche de la colline qui représente, à son tour, le bois où fut cloué le salut du monde et le trône de miséricorde où nous avons été aimés jusqu'au bout.
Ce cimetière des martyrs de Paracuellos est un lieu sacré, c'est comme un laboratoire de foi dans lequel, au-delà des luttes idéologiques, nous voulons recevoir, dans la course de notre vie, le flambeau des champions de l'esprit qui, sans crainte de la mort, ont donné leur vie par amour pour Dieu et pour l'Espagne. En tant qu'évêque du diocèse, en communion avec la Confrérie et avec tous les Provinciaux des différents Ordres et Instituts religieux dont les bienheureux sont enterrés ici, ma seule intention est que ce Saint Camp soit transformé en un lieu de pèlerinage où les fidèles puissent trouver le témoignage martyr de ceux qui nous ont précédés dans la lutte pour la foi et qui sont proposés comme lampes allumées qui illuminent la nuit culturelle, sociale et politique qui nous entoure en Espagne.
En ce lieu, chers frères, on vient prier et apprendre. Comme le rappelait saint Augustin : "Deux amours ont construit deux villes : l'amour de soi même le mépris de Dieu a fait la ville terrestre ; l'amour de Dieu même le mépris de lui-même, la ville du ciel" (Saint Augustin, La Cité de Dieu, 14, 28).
Dans ce lieu, nous apprenons que lorsque le cœur humain est emporté par les idéologies, au mépris de Dieu, non seulement l'amour-propre apparaît, mais la haine, le mensonge et la calomnie deviennent présents. Nos frères martyrs ont été assassinés pour la haine de la foi ; ils ont été trompés lorsqu'on les a sortis de prison et qu'on leur a dit qu'ils allaient être "transférés" et, sans procès et avec calomnie, ils étaient considérés comme des ennemis de l'Espagne.
Tout cela parce que, emportés par le Malin, ils ne savaient pas reconnaître en nos frères leur dignité de personnes, leur état de prostration, leur condition d'impuissants et d'innocents, qui étaient nos frères ? C'étaient des prêtres, des religieux, des novices, des séminaristes et des fidèles laïcs dont le seul crime était d'être catholiques. Aujourd'hui, cela nous semble incompréhensible. C'est pourquoi nous apprenons ici le drame d'avoir le cœur vide de Dieu. La ville terrestre, en effet, devient Babel, la ville de la confusion, quand dans nos actions nous ne sommes pas inspirés par l'amour de Dieu et donc nous n'apprenons pas à classer et à ordonner les biens de la personne, en commençant par le respect de sa vie.
Aujourd'hui comme hier, nous pouvons vivre l'assaut d'une culture laïque qui ne respecte pas la foi et la liberté et s'oriente vers la culture de la mort en favorisant la destruction de la vie naissante, l'euthanasie et le suicide assisté, véritables corruptions de la médecine. Aujourd'hui, comme hier, le Prince de ce monde peut conduire les destinées de l'Espagne sur les chemins de la confrontation, de la haine et de l'absence de réconciliation, à travers les raccourcis qui ne reconnaissent pas le caractère sacré de nos temples, les droits sacrés de nos familles et la communion parmi tous les Espagnols.
C'est pourquoi cette cathédrale des martyrs nous appelle à prier le Notre Père, nous invitant à nous reconnaître tous comme membres d'une même famille de Dieu, sauvés du péché et de la mort par le sang de Jésus Christ et sa résurrection. Aujourd'hui encore, nous devons apprendre à nous pardonner les uns aux autres et à implorer le Père de nous libérer du Malin qui rend impossible la construction de la cité de Dieu sur notre terre. Je ne me lasserai donc pas de répéter que ce lieu est un laboratoire de foi, de réconciliation, de paix et un rappel de tout ce qui ne peut plus jamais se reproduire.
La deuxième leçon que nous devons apprendre dans ce lieu sacré, c'est comment construire la ville de Dieu ici sur terre, comment faire de l'Espagne un espace de communion fraternelle, de respect des familles et d'authentique justice sociale. Nos frères martyrs nous aident à le faire, qui, poussés à la situation extrême de la mort, ont été de vrais maîtres qui nous ont enseigné l'amour pour Dieu, l'amour pour l'Espagne et l'amour pour nos frères. Conduits devant le peloton d'exécution, ils ont crié avec conviction "Vive le Christ Roi, vive l'Espagne, vive l'Espagne !
Pourquoi ont-ils eu cette liberté de crier "Vive le Christ Roi" ? La réponse est simple : toute leur espérance a été placée dans le Christ. Reconnaissant leur faiblesse et leur pauvreté, ils ne se sont pas confiés à la souveraineté et au jugement de Dieu. Avec cela, ils nous ont enseigné la meilleure des leçons : que l'injustice n'a pas le dernier mot, que la vraie justice appartient au Christ à qui Dieu le Père a confié tout jugement (Jn 5, 22). C'est ce que nous professons dans le Credo de notre foi : "et de là il viendra juger les vivants et les morts". Oublier le jugement de Dieu, c'est laisser sans réponse tous les pauvres, les innocents et les injustement maltraités dans ce monde.
Les paroles du prophète Malachie nous assurent cependant que l'aspiration la plus profonde du cœur humain se réalisera : il y aura enfin justice et le droit sera restauré. La raison en est que "le jour vient, brûlant comme un four, dans lequel tous les orgueilleux et les méchants seront comme de la paille, il les consumera le jour où il viendra... Mais pour vous qui craignez mon nom, un soleil de justice brillera sur vous et vous trouverez la santé dans son ombre" (Mal 3, 19 ss).
Nos frères martyrs étaient ancrés dans la certitude de l'amour de Dieu et se confiaient à Son jugement. Ils étaient conscients que la condition de l'existence chrétienne est la persécution, comme Jésus nous l'a rappelé dans l'Évangile : "Ils vous persécuteront en vous livrant... en prison... à cause de mon nom" (Lc 21, 12), et il nous avait avertis "et vous serez haïs de tous pour mon nom" (Mc 13). Malgré tout, ils ont fait confiance à la promesse de Jésus. Suivant la scène qui nous est présentée dans l'Évangile d'aujourd'hui, après avoir annoncé la destruction du temple de Jérusalem en signe de ce qui sera la fin de l'histoire humaine, la persécution actuelle est qualifiée par le Seigneur d'invitation au témoignage : "Ceci, dit-il, sera une occasion pour vous de témoigner" (Lc 21,13).
C'est la grande leçon que nous apprenons dans ce lieu sacré. Nos frères, comme géants de l'Esprit, ont eu l'occasion d'être témoins de la foi et ne l'ont pas gaspillée. Certains, portant le chapelet ou le crucifix dans leurs mains, criaient : "Longue vie au Christ Roi" parce qu'ils vivaient avec la certitude que "pas un cheveu de votre tête ne périra" (Lc 21,18). Ils savaient qu'ils étaient entre les mains du Père et qu'aucun tourment ne pouvait y mettre fin (cf. Sg 3). C'est la nouveauté chrétienne qui conduit les croyants à embrasser la croix en sachant que " la capacité de souffrir pour l'amour de la vérité est un critère d'humanité " (Benoît XVI, Spei Salvi, 29). De plus, le Christ est ressuscité et la mort a été vaincue. Sa victoire est notre victoire.
L'idée que la foi chrétienne doit rester en marge de la vie publique et en dehors des espaces où la vie sociale est décidée (famille, affaires, institutions sociales de tout domaine, vie politique, etc.) par une supposée "tolérance démocratique" est contraire à ce que Jésus nous enseigne aujourd'hui : "Ils vous persécuteront en vous prenant devant des gouverneurs et rois... et ils en tueront quelques-uns". Aujourd'hui, nous devons comprendre l'urgence de la présence des catholiques dans la sphère publique, en proposant la doctrine sociale de l'Église et en étant conscients qu'il n'y a pas pire pauvreté que de ne pas connaître le Christ et d'être privés de l'espérance du ciel.
Il n'y a pas de pire injustice, chers frères, que de condamner les gens à vivre dans les murs étroits de ce monde sans autre horizon que la mort. C'est pourquoi nous avons besoin du courage et de l'audace des martyrs pour faire avancer l'annonce de l'Évangile, convaincus des paroles de Jésus : "Par votre persévérance, vous sauverez vos âmes" (Lc 21,19).
La persévérance signifie la force de l'esprit, la patience qui sait attendre et la sécurité dans la victoire sur la mort. Cette victoire, obtenue par le Christ, est partagée par tous ceux qui ont été introduits dans la vie du Christ et qui jouissent de la présence de l'Esprit Saint, Seigneur et donneur de vie.
L'amour de l'Espagne
En plus de la leçon d'amour de Dieu et du témoignage de foi, les martyrs nous enseignent l'amour de nos pères pour la terre. Quand, au moment de la mort, ils ont crié "Vive l'Espagne", ils ne manifestaient pas un choix idéologique, mais suivaient les commandements de Dieu qui nous enseignent à honorer nos parents et à honorer, comme l'enseigne le quatrième commandement, la patrie : "L'amour et le service de la patrie, dit le Catéchisme, font partie du devoir de reconnaissance et de l'ordre de charité" (Catéchisme de l'Église catholique, 2239).
Nos bienheureux frères étaient conscients de ce que cela signifiait de soumettre l'Espagne à un régime totalitaire et laïc, ennemi de la foi. C'est pourquoi, par leur cri, ils ont voulu exprimer l'importance de l'âme catholique qui a formé notre peuple, enrichie du témoignage d'une multitude de saints, martyrs, confesseurs et vierges. Ils savaient par expérience que, sans Dieu, la société espagnole finirait par être soumise à un régime athée qui affirmerait la souveraineté de la volonté humaine individuelle ou collective, rompant les liens avec la tradition, avec la famille, avec la religion et avec la patrie. Un régime qui, dans la langue de saint Augustin, établirait la ville terrestre centrée sur l'amour-propre où la haine et la division grandissent. Aujourd'hui, nous ne sommes pas à l'abri d'être à nouveau emprisonnés par des idéologies qui ne respectent pas la vérité de l'homme et font de la société un champ d'intérêts opposés où l'harmonie et l'unité de notre peuple sont brisées, une unité qui a été créée par son âme catholique.
C'est pourquoi nous devons venir ici sans préjugés et sans condamnation d'aucune sorte. C'est un laboratoire où nous apprenons à corriger les erreurs et un lieu qui nous rappelle que nous sommes pèlerins et que notre but est le ciel. Nous ne sommes pas des vagabonds qui marchent sur des routes sans horizon ni but. Ce lieu sacré nous invite à lever les yeux vers le ciel en nous rappelant avec saint Paul que "nous sommes citoyens du ciel, d'où nous attendons un Sauveur, le Seigneur Jésus Christ" (Ph 3, 20).
L'amour des frères
Des témoins de la foi enterrés dans ce camp saint sont morts en criant à leurs assassins. Nous vous pardonnons !
Ce cri choquant nous présente dans toute sa clarté la nouveauté chrétienne : l'amour de l'ennemi. Cet amour devient possible parce que la foi nous donne accès à l'Amour de Dieu et avec cet Amour nous avons tout. En effet, se confier à l'Amour de Dieu enrichit nos réserves de telle sorte que, dépassant la haine et la rage, le disciple du Christ a la capacité que la grâce du Christ lui donne d'ignorer les offenses et de redevenir un don pour les autres, y compris l'ennemi. Le pardon, ne rendant pas le mal avec le mal mais brisant le cercle maléfique de la vengeance, permet de se donner à nouveau et d'être un don pour les autres. Ce qui est impossible à la force humaine est donné par la grâce rédemptrice de Jésus Christ qui guérit toutes les blessures et nous permet de donner.
Comme les autres leçons, c'est un splendide enseignement qui nous invite à la réconciliation et à établir entre les Espagnols d'authentiques liens de fraternité qui ne sont pas simplement un acte volontaire. Jésus est mort en pardonnant, tout comme saint Étienne, le premier martyr des disciples du Christ. Depuis lors, une multitude de témoins de la foi se sont joints à ce fleuve de pardon dans lequel converge ce cimetière des martyrs de Paracuellos.
Ce matin, unis aux bienheureux et à leurs compagnons qui reposent dans la paix de ce beau verger, nous voulons apprendre de leur témoignage et de leur persévérance. Sans pardon, la cité de Dieu ne peut être construite. Sans pardon, la vie de famille, la vie sociale et la noble tâche de la politique deviennent un champ de bataille dont les fruits ne sont pas la vie mais la mort. Avec nos frères martyrs, enracinés dans la foi en Dieu, nous voulons construire la civilisation de l'amour comme fruit de la grâce rédemptrice du Christ et de la justice de Dieu. Pour cette raison, et sachant bien ce que nous disons, nous n'avons pas honte de dire avec eux Vive le Christ Roi ! Vive l'Espagne ! Que le pardon nous aide à faire de notre peuple un espace où règnent la justice, la paix et l'amour. Que la Bienheureuse Vierge Marie, sous l'invocation de l'Immaculée Conception et de l'Apôtre saint Jacques, Patrons de l'Espagne, intercède pour nous.
Paracuellos de Jarama, 17 de noviembre de 2019
+ Juan Antonio Reig Pla
Obispo de Alcalá de Henares
"Dans un monde non seulement païen, mais en lutte ouverte contre son Créateur, dont il veut s’arroger les droits, la parole de Dieu semble n’avoir plus qu’un faible écho. Il est consolant de voir que tant d’hommes et de femmes descendent dans la rue pour rappeler que l’homme et la femme ont reçu de Dieu la mission de devenir féconds, de se multiplier, de remplir la terre et de la soumettre. Soumettre ne veut pas dire exploiter au sens de dévaster, mais au sens où la terre se fera nourricière de l’homme et de sa descendance.
"Aujourd’hui l’homme se croit augmenté dans la mesure où il échappe au plan de Dieu. Le constat est pourtant sans appel : la terre est dévastée et l’homme tend à devenir infécond, se contentant d’une fécondité de consommation.
"En face du drame de notre humanité, il est aussi des heures de vives lumières. Deux mots résument la vocation de Marie : Fiat et Magnificat. Il faut sans cesse les redire, les vivre.
"Dans une famille, tous les membres s’épaulent, se soutiennent. C’est ce que nous redisons pratiquement chaque jour dans le capitule de l’office de sexte : « Portez les fardeaux les uns des autres, et ainsi vous accomplirez la loi du Christ. »(Gal 6,2)
"Vous avez connu quatre abbés. Et pourtant le Fontgombault d’hier est toujours celui d’aujourd’hui et nous espérons qu’il demeurera, Dieu aidant et par l’offrande et la générosité de tous, celui de demain. Les demi-mesures n’édifient pas une communauté.
"Un moine plus jeune que vous, mais rappelé à Dieu il y a quelques années, écrivait à un ami à l’occasion de la mort du Père Abbé Jean et de l’élection du Père Abbé Antoine :
"Rien n’a changé en ce qui concerne le cadre : c’est la même croix pectorale, la même place au réfectoire, le même bureau avec les mêmes meubles. Et tout continue paisiblement. Quel mystère ! Et j’ai commencé dès la première heure à me réappuyer de tout mon poids sur mon nouveau Père.
"En cette fête du Saint Rosaire, il est une présence qui demeure en notre maison : celle de Marie. Elle est chez elle, abbesse de céans, la douce Mère veillant sur chacun de ses enfants.
"Notre-Dame de toutes grâces ou Notre-Dame du bien mourir, c’est tout un. La grâce de la bonne mort est la plus belle des grâces, celle de la persévérance finale.
Ordination presbytérale de Johannes de Hasbourg et Didier Berthod
Toute ordination sacerdotale est l’occasion d’une action de grâce. Cette action de grâce est le fruit d’abord d’un émerveillement devant l’appel de Dieu.
Appel déroutant qui dépasse les programmes de vie que l’on s’était fixés, qui bouscule nos agendas. Appel mystérieux qui se fraie un chemin à travers des rencontres parfois impromptues, au fil de prises de conscience, au gré des aléas de la vie… Une conviction, au départ subjective, va devenir peu à peu une certitude consistante lorsqu’elle est confirmée, confortée par l’Eglise.
Cet appel au sacerdoce, au fur et à mesure qu’il s’affiche, nous dépasse et nous plonge dans la démesure de la miséricorde de Dieu à notre égard. Qui sommes-nous pour recevoir une telle mission, devenir ministres du Seigneur, pour le représenter ? « Oh, que le prêtre est quelque chose de grand ! S’il se comprenait, il mourrait », disait le curé d’Ars. Un prêtre aîné me répétait il y a quelque temps : « Les prêtres sont de moins en moins nombreux. Il va falloir qu’ils ressemblent de plus en plus à Jésus-Christ ».
Notre action de grâce en ce jour est aussi portée par la générosité de la réponse à cet appel du Seigneur. Dans quelques instants, Johannes et Didier vont se prostrer sur le sol de tout leur long, dans une posture qui signifie le don radical de soi, jusqu’à la mort à soi-même. Par cette prostration, Johannes et Didier exprimeront ainsi qu’ils épousent cette terre qui devient le lieu de leur mission, jusqu’à la déposition de leur corps sur elle, en elle. La seule réponse qui vaille face à l’appel de Dieu est un oui sans restriction et sans retour en arrière, jusqu’à la mort.
Le « oui » que Johannes et Didier vont prononcer sera pour vous et pour l’Eglise, source de salut et de bénédiction. Ce « oui » les projette dans une nouvelle dimension de leur existence. De fils, de frère, d’ami… ils deviennent désormais vos pères. Pères pour vous engendrer à la foi. Radicalement au service de votre sainteté et de la croissance de l’Eglise notre Mère. _
Cette cérémonie est action de grâce, mais aussi elle va transformer la vie de Johannes et de Didier qui vont recevoir le sacrement de l’Ordre. Ils vont devenir des médiateurs de la grâce de Dieu en étant configurés au Christ Bon Pasteur, pour agir in persona Christi, c’est-à-dire en la personne du Christ afin de le rendre présent.Désormais ils ne s’appartiennent plus.
Le centre de gravité de leur existence se déplace en direction de la mission que le Christ leur confie. Leur existence devient pastorale, c’est-à-dire qu’elle ne se comprend qu’à partir de la mission que Dieu leur confie. Le prêtre n’a de raison d’être que l’enfantement des âmes à Dieu. Il fait naître l’homme, tout homme à la vie de Dieu. Il donne Dieu. Il donne le goût de Dieu et fait grandir le Corps du Christ qu’est l’Eglise. _
La joie du prêtre est de susciter autour de lui le bonheur de croire en Dieu.
Son combat c’est de vaincre les résistances et les refus que suscite cette annonce dans le cœur de l’homme. Le combat commence par lui-même, en ce qui en lui freine ou interdit l’action du Seigneur. Souvent la joie de la mission se cueille, non seulement après, mais aussi au cœur de la bataille. Comme en témoignent les Actes des Apôtres, « ceux-ci étaient tout heureux d’avoir été trouvé dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus ».
Au cœur de la vie du prêtre, il y a l’eucharistie. Jamais le prêtre n’est autant prêtre qu’à la messe lorsqu’il prononce en la personne du Christ les paroles qui convertissent le pain et le vin en Corps et Sang du Christ. Moment d’intimité avec Dieu qui nous rejoint au plus intime de notre cœur. Moment de communion avec l’Eglise qui comme Corps du Christ, se construit à partir de l’eucharistie. Moment de sanctification du peuple chrétien, mais aussi de transformation du monde puisque celle-ci commence à partir de l’eucharistie. « On ne comprendra le bonheur qu’il y a à dire la messe, que dans le ciel », disait encore le curé d’Ars, qui ajoutait : « Voyez la puissance du prêtre : la langue du prêtre, d’un morceau de pain fait advenir Dieu. C’est plus que de créer…. »
Si l’efficacité du sacrement ne dépend pas de la sainteté du prêtre (Pastores dabo Vobis), l’Eglise souligne par contre que la sainteté du prêtre rend fructueux son ministère. Le prêtre est appelé à propager dans tous les compartiments de sa vie ce qu’il célèbre dans le sacrement de l’eucharistie. Sa vie entière se comprend, s’unifie, se perfectionne à partir de l’eucharistie. Comme le disait le pape Jean-Paul II « l’eucharistie, c’est ma vie. »
La qualité de la vie pastorale du prêtre dépend essentiellement de l’eucharistie.
C’était encore Jean-Paul II qui disait : « l’eucharistie est le sacrement le plus efficace pour l’évangélisation » Nos initiatives aussi géniales soient-elles, resteront toujours des œuvres humaines. L’eucharistie elle, est l’œuvre de Dieu. Je peux parler beaucoup sur Dieu, à propos de Dieu, mais la vertu de l’eucharistie est de Le rendre personnellement et substantiellement présent. Le prêtre célèbre dans l’eucharistie « source et sommet de la vie chrétienne » (Lumen Gentium n° 11), l’abaissement de Dieu, l’actualité de la Croix du Christ qui offre sa vie pour nous. Chaque messe accompagne notre marche vers la Patrie céleste. De messe en messe, nous marchons avec Dieu, vers Dieu. Le prêtre fait mémoire du Seigneur pour le faire vivre aujourd’hui en nos cœurs. Le prêtre signifie l’aujourd’hui de Dieu pour marcher ensemble sous sa conduite, vers un avenir qu’il a ouvert au matin de Pâques.
Par l’eucharistie, le prêtre nous apprend à discerner la présence de Dieu dans le pain et le vin offert. Tout Dieu dans la modicité de la parcelle d’hostie. L’infini dans l’infime. Tout le sacrifice du Christ dans une goutte de vin qui devient une larme de son Sang. La miséricorde divine s’exprime par ce geste inouï du Christ qui a voulu nous rejoindre au-dedans de nous-mêmes lorsque nous le recevons comme une nourriture. La miséricorde de Dieu s’exprime par sa descente jusque dans nos intestins, jusque dans nos entrailles.
Ministre de l’eucharistie, le prêtre est serviteur de la Miséricorde divine.
Face au mal le plus profond qui afflige notre humanité, qui blesse le cœur de chacun d’entre nous, la seule réponse qui permet à l’homme de ne pas désespérer de lui-même et des autres et même de Dieu, c’est la miséricorde qu’il nous révèle en son Fils. Il en est l’humble instrument. En raison de la miséricorde divine révélée par le Christ, l’homme ne peut tomber qu’en Dieu, aussi basse que soit sa chute. Par son ministère de la confession et en accordant le pardon de Dieu, mais aussi par son regard paternel, son attention à chacun et aux plus petits, par sa prévenance à l’égard des plus fragiles, le prêtre est homme de miséricorde.
Johannes et Didier, il vous faudra toujours revenir à cette infinie miséricorde de Dieu qui vous a choisis, appelés, bénis en ce jour consacré pour être ses ministres. Dans votre ministère de prêtre, vous aurez à vivre de pardon, en le donnant aux autres et aussi en le recevant pour vous-mêmes. Il vous faudra « recoudre », comme le disait Blanche de Castille qui s’adressait à son fils Louis IX, le futur saint Louis, à propos de la France blessée par tant de divisions. Oui, Johannes et Didier, vous serez des « couturiers de la grâce ». Recoudre, telle sera votre mission. Recoudre le fil rompu avec Dieu, avec les autres, avec son propre passé. Ce ministère de réconciliation sera votre joie mais aussi votre croix, en « complétant en votre chair ce qui manque à la Passion du Christ ».
Johannes et Didier, le meilleur que l’on puisse souhaiter pour vous en ce jour de votre ordination presbytérale, c’est la fidélité. La fidélité dans la sainteté. La fidélité à travers vos pauvretés et parfois grâce à elles. En paraphrasant Bernanos dans son journal du curé de campagne : « La grâce des grâces est de s’aimer humblement soi-même. »
Johannes de Habsbourg-Lorraine, arrière petit-fils du dernier couple impérial d’Autriche, sera ordonné prêtre le 16 juin 2018 à Vérolliez (VS), au sein de la Fraternité Eucharistein. Parcours atypique d’un “enfant du grand monde” qui a finalement trouvé Jésus auprès des “petits”.
“Mon Père, je m’abandonne à toi. Fais de moi ce qu’il te plaira”. Cette prière du bienheureux Charles de Foucauld est la préférée de Johannes de Habsbourg-Lorraine. Elle reflète au plus près sa trajectoire de vie, profondément marquée par un “lâcher-prise” face à la volonté de Dieu. Un Dieu qui l’a finalement “planté” dans une terre à laquelle sa naissance ne le destinait pas.
Johannes a en effet vu le jour en 1981 au sein d’une des plus fameuses familles d’Europe: les Habsbourg. Une dynastie traditionnellement catholique qui a été déterminante dans l’histoire du continent. Ses arrières grands-parents sont Charles Ier et Zita de Bourbon-Parme, dernier couple impérial d’Autriche. La Suisse a été leur premier pays d’exil, après la chute de la monarchie austro-hongroise en 1918. Charles Ier mourra sur l’île portugaise de Madère, en 1922, et sera béatifié par saint Jean Paul II à Rome, en 2004. Zita, après maintes péripéties à travers le monde, finira ses jours à Zizers, dans les Grisons, en 1989. Son procès en béatification a été ouvert en 2008.
Un Dieu présent, mais pas encore dans la vie concrète
Dispersés ensuite dans le monde, certains Habsbourg sont revenus en Helvétie. C’est le cas de la branche à laquelle appartient Johannes. Il passe ainsi la plus grande partie de son enfance dans le village fribourgeois de Torny-le-Grand. Son père travaille à Fribourg. Sa famille est profondément pratiquante, assistant à des messes même en semaine. Mais pour Johannes, la figure de Jésus se résume alors à une connaissance notionnelle. “J’étais pieux. J’allais à la messe et je priais, mais sans réellement savoir que le Christ est vivant, qu’il s’est incarné pour être réellement avec nous”, admet-il.
Coup d’œil sur la “vanité du monde”
Johannes a, à ce moment de sa vie, d’autres préoccupations en tête que la religion. Il ambitionne de faire carrière dans le monde de la finance. Après avoir fait ses classes à Romont, puis au collège St-Michel de Fribourg, il commence des études d’économie à l’Université de St-Gall. A seulement 23 ans, il intègre une banque parisienne spécialisée dans les fusions-acquisitions. Prestige, argent, visibilité, il y trouve ce qu’il cherchait.
Mais au fond de lui, quelque chose ne va pas. “J’étais entouré de gens ouverts et sympathiques, dans une bonne ambiance. J’avais beaucoup d’amis. Mais je me sentais en même temps très seul et j’avais un profond sentiment de manque intérieur”.
Dans ce milieu où l’amour n’est jamais réellement gratuit, il acquiert une “compréhension de la vanité du monde”. “Il n’y a rien de mal à faire de la finance, mais j’ai saisi que l’on ne peut pas mettre toute sa vie, toute sa confiance là-dedans”. Il quitte la banque parisienne après un an pour se consacrer totalement à une autre quête: celle du sens.
“Dis à Jésus de venir dans ton cœur”
Son père, Rodolphe d’Autriche, engagé à l’institut Philanthropos, à Fribourg, l’invite alors à passer un jour sur place. Un “nouveau monde”, où il rencontre des personnes pour lesquelles “Dieu est tout”. Il comprend alors encore plus profondément que son cœur a soif du Christ et décide d’entreprendre des études à l’institut sis sur la colline de Bourguillon.
Au cours de son cursus, il a une discussion décisive avec sa petite sœur, Marie-des-Neiges, qui, à seulement 17 ans, “a fait une rencontre personnelle avec Dieu”. “Dis à Jésus de venir dans ton cœur”, lui suggère-t-elle.
Une phrase qui suscitera en lui une supplication intérieure, jusqu’à ce matin d’octobre 2005, où il officie comme servant de messe, à la chapelle de Philanthropos. Il ressent alors, dans une incroyable joie, l’amour que le Christ lui porte. “J’ai eu une soudaine connaissance existentielle que Jésus était tout et que j’étais fait pour lui”. Une expérience qu’il décrit comme indicible. “Je savais à partir de là que dans les plus grands moments de doute et de peur, je pourrais toujours revenir à ce point”. L’idée de devenir prêtre commence alors à germer en lui. “J’ai toujours eu le goût de l’extrême. Cela a été le cas pour ma carrière dans la banque. Cela a aussi été le cas avec ma ‘carrière’ spirituelle. Je voulais tout donner à Jésus”.
Premier “agenouillement”
Dès le début de ses études à Philanthropos, il se rapproche de la Fraternité Eucharistein, basée en Valais. Il est impressionné par la ferveur, l’adoration, l’accueil des pauvres qui règne parmi ses membres. Il décide alors de faire une année sabbatique dans la communauté. Direction Château Rima, dans le sud de la France.
Dès le premier soir, il y fait une rencontre déterminante pour son cheminement spirituel. David est un jeune marginal passé par la drogue et les hôpitaux psychiatriques. Ce jeune homme qui lui paraît d’abord “très étrange” lui parle pendant des heures de sa passion pour Star Wars. “Je me suis demandé comment j’allais pouvoir passer une année avec ce type. Il était aux antipodes des milieux que je fréquentais d’habitude”. Un défi pour Johannes, qui sent pour la première fois de sa vie son incapacité viscérale à aimer son prochain en vérité. Il crie alors vers Dieu pour Lui demander la grâce de pouvoir dépasser cet égocentrisme. “Cela a été pour moi un premier ‘agenouillement'”. Finalement, une belle et durable amitié s’est créée entre lui et David. Johannes deviendra notamment son parrain de confirmation. Il lui a promis de faire son possible pour venir à son ordination à Vérolliez.
S’abandonner à Dieu
En 2011, retour sur les bancs de l’uni. A Fribourg cette fois, jusqu’à l’obtention d’un master en théologie, en 2015. Son mémoire de fin d’études s’intitule “La menace divine”.
“Beaucoup de personnes, explique-t-il, craignent de s’abandonner totalement à Dieu dans leur vie concrète, car elles ont peur d’avoir à renoncer à leurs certitudes et à leurs acquis. La Bible aussi est bourrée de ces lieux où Dieu paraît être une menace pour son élu. Mais Dieu s’avère finalement comme l’Infiniment Bon, celui qui seul peut en vérité ressusciter l’homme”.
De retour à temps complet dans la Fraternité Eucharistein, Johannes a beaucoup d’autres rencontres avec ces “petits” dont parle l’Evangile. L’une des missions que s’est donné la communauté est en effet d’accueillir et de soutenir les “oubliés” de la société. Muni d’une sensibilité intellectuelle et artistique, il est amené à réaliser avec eux des tâches principalement manuelles. Des occupations et des fréquentations qu’il y a encore dix ans, il n’aurait jamais pensé avoir.
“Dieu m’a pris à contre-pied. Il m’a dit, comme pour Abraham ou Moïse, ‘quitte ta terre’. J’ai compris qu’il m’avait ‘planté’ dans cette terre nouvelle, où je pouvais donner les meilleurs fruits”. (cath.ch/rz)
Vœux définitifs dans la Fraternité
Johannes de Habsbourg réside depuis un an dans la maison d’Eucharistein à St-Jeoire, en France voisine. Il sera ordonné prêtre le 16 juin 2018, à Vérolliez, sur le champ des martyrs, juste à côté de l’Abbaye de Saint-Maurice. Didier Berthod sera également ordonné dans la communauté Eucharistein. Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon et prélat référent de la Fraternité présidera la cérémonie.
Dans la foulée, les vœux définitifs seront prononcés en même temps par 16 membres de la communauté, dont son fondateur Nicolas Buttet. En effet, la Congrégation pour les instituts de vie consacrée a autorisé les membres d’Eucharistein à faire leurs vœux définitifs dans la Fraternité: une nouvelle étape dans les démarches pour sa reconnaissance canonique.
Johannes confie sa hâte de renforcer encore son engagement envers son prochain, l’Eglise et la Fraternité. Il souhaite se mettre pleinement au service du charisme particulier d’Eucharistein, qui implique le développement de la foi à travers la vie communautaire, la dévotion eucharistique, ainsi que le partage de vie avec les personnes en difficulté.