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Publié le 7 Octobre 2021

 

 

 

Solennité du Très Saint Rosaire 

 

La fête du Saint Rosaire qui est ce jeudi 7 octobre prochain, est célébrée aujourd'hui le premier dimanche d'octobre, mois dédié à ce Saint Rosaire.

L'épître de la messe d'aujourd'hui donne le ton de la fête lorsque nous entendons la Sagesse s'adresser à nous : Maintenant donc, enfants, écoutez-moi : bienheureux ceux qui gardent mes voies. Écoutez les instructions, soyez sages et ne les refusez pas. Béni soit l'homme qui m'écoute, et qui veille quotidiennement à mes portes, et attend aux poteaux de mes portes. Celui qui me trouvera trouvera la vie et sera sauvé par le Seigneur. (Proverbes 8 :32-35).

La Divine Sagesse personnifiée dans ce passage du livre saint est déposée par l'Église sur les lèvres de Marie Immaculée.

Écoutez-moi, dit-elle, en bonne Mère. Restez dans mes voies.

Comment s'en tenir aux voies de Marie, si ce n'est en contemplant les mystères de sa vie dans le très Saint Rosaire ? Écoutez les instructions et soyez sage. En effet, en accompagnant Notre-Dame et son Divin Fils à travers les divers mystères de cette grande prière, nous nous trouvons en train de devenir sages, à la fois en écoutant les paroles qu'ils prononcent, et en imitant les actions que nous les voyons accomplir.

Béni soit l'homme qui me soutient et veille quotidiennement à mes portes. D'innombrables maîtres se disputent notre attention. De nombreux enseignants nous disent qu'ils ont la solution.

Vraiment bienheureux sont ceux qui savent donner ce temps chaque jour pour veiller aux portes de Notre-Dame, considérant attentivement son rôle dans le salut de nos âmes. Celui qui me trouvera trouvera la vie et aura le salut.

Oui, en effet, car dans ces mystères du Rosaire se trouve la source même de la vie, Jésus-Christ lui-même. Mais pourquoi le Rosaire est-il une prière si puissante ? Je suggérerais un certain nombre de raisons.

Tout d'abord, c'est une simple prière.

Il unit des prières vocales facilement apprises à la contemplation des mystères de l'Evangile que nous connaissons tous pour les avoir entendus maintes fois. En compagnie de Notre-Dame, nous contemplons son Fils et les grands mystères de sa vie, de sa mort et de sa résurrection.

Deuxièmement, c'est une prière humble et facile.

Tout le monde peut prier le chapelet. Il ne nécessite aucune grande expertise ou étude. Tout le monde peut le prier, du petit enfant qui commence à apprendre son catéchisme, au théologien expert qui connaît les tenants et aboutissants de la foi. Elle peut être priée par les personnes en bonne santé à qui elle enseigne comment faire bon usage de leur talent, et elle peut être priée par les malades qui n'ont pas l'énergie de l'esprit ou du corps pour faire plus. N'importe qui, à tout moment, peut saisir les perles sacrées et ainsi prendre et tenir la main de Notre-Dame sur le chemin du salut. Même si la fatigue ou la maladie empêchent de dire les prières ou de penser aux mystères, le simple fait de tenir le chapelet est une prière, en signe d'amour pour Marie et de confiance en elle.

Troisièmement, c'est une prière profonde. Les prières vocales qu'il comprend sont les deux prières les plus importantes de notre foi, contenant tout ce dont nous avons besoin pour obtenir. La prière du Seigneur, ou Notre Père, est la prière qui nous a été enseignée par Jésus Lui-même, et elle nous fait demander toutes les choses qui sont bonnes pour nous dans l'ordre du salut. Le Je vous salue Marie, dont la première moitié nous a été donnée par l'archange Gabriel et sainte Elisabeth, nous amène tout droit à la vérité centrale de notre foi, à savoir l'Incarnation du Verbe éternel dans le sein de l'humble Vierge de Nazareth.

Les mystères que nous contemplons sont ces mêmes mystères par lesquels Il nous a apporté le salut, et ainsi ils nous révèlent les mystères les plus profonds de Dieu.

Enfin, c'est une prière puissante. Il nous fait nous adresser à Dieu Tout-Puissant avec la prière toute-puissante et toujours efficace de son Divin Fils. Elle met sur nos lèvres les Noms salvateurs de Jésus et de Marie, qui sont la terreur de tous les démons de l'enfer. Elle pousse la Vierge la plus puissante, la Dame des Victoires, à intervenir dans nos vies, car elle attend toujours que nous l'impliquions.

Mes Chers Amis, l'humanité se trouve au bord du gouffre, au bord d'un désastre incalculable. Nos efforts humains pour lutter pour la vérité et la liberté sont nécessaires, mais ils sont très limités. Le Rosaire n'est pas limité. Il n'y a pas de grâce qui ne puisse être obtenue par la récitation du Rosaire. Ne manquons pas d'obéir à notre Mère qui nous dit de prier son Rosaire.

Elle sait ce qui est le mieux pour nous et elle veut nous sauver. Priez le Rosaire tous les jours. Il y a près de 20 ans, le Pape Saint Jean-Paul II nous a remis une belle lettre apostolique sur le Rosaire, qu'il a conclue par ces paroles fortes, que je fais miennes aujourd'hui :

« Que cet appel de moi ne passe pas inaperçu !

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 5 Octobre 2021

 

 

 

 

 

 

"  Au fond , aucun des invités de la dernière heure ne possédait , au moment de son appel , la robe nuptiale; on la reçoit en entrant , on la tient de la générosité même de celui qui invite.

Car ce vêtement de noces qui nous permet de paraître au festin de Dieu, c'est la justice, c'est la  foi et la charité, c'est la communion à la vie et aux dispositions du Christ. 

Pourquoi l'invité a-t-il négligé de la revêtir? Pourquoi mentir au roi en paraissant aux noces de son Fils sans être l'ami de son Fils?  On ne s'introduit pas avec un vêtement souillé dans les splendeurs d'une fête...

   Pour un temps, au sein de l'Eglise, vivront confondus et assis, semble-t-il à une même table, les bons et les mauvais; mais le roi entre, soit au cours de cette vie, soit à la dernière heure, et rien n'échappe à son regard. L'interpellé se tait, parce qu'il n'a vraiment rien à répondre. Il est injustifiable.

  Il était si facile de faire comme tout le monde, et de revêtir , à l'entrée de la salle, cette robe nuptiale, qui ne coûte rien, et qui est la condition même de la participation au festin ! Alors la justice de Dieu s'exerce. Le repas a lieu le soir, comme de coutume; en dehors , tout n'est que ténèbres. Il n'y a de lumière que dans la salle du festin.

Et le roi dit aux serviteurs :" Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors. Là , il y aura des pleurs et des grincements de dents... "

 

dom Delatte . 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Septembre 2021

 

 

 

 

 

Joseph Zieminski is a College III seminarian from the Diocese of Santa Rosa, California.

He was home-schooled his whole life and came to seminary right out of high school. He attended and led boy’s youth groups at his parish and he also served for Mass on a regular basis. Joseph now serves as one of our music directors at the seminary. Some of his special interests include liturgy, music, baseball, and ultimate frisbee. If you are discerning the priesthood, Joseph encourages you to keep close to Christ in prayer and remember that if you listen, He will always show you the way. Please pray for Joseph!

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Août 2021

 

 

 

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Fête de SAINT AUGUSTIN

PROFESSION SOLENNELLE

Homélie prononcée
par le Très Révérend Père Dom Jean Pateau Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 28 août 2021)

 

 

Tu vois la Trinité, si tu vois la charité.

( De Trinitate VIII, 7, 12)

Chers Frères et Sœurs,
Mes très chers Fils, et vous particulièrement qui allez émettre vos vœux solennels de religion,

Cette formule tirée de l’œuvre de saint Augustin répond au drame de toute vie humaine inquiète de savoir d’où elle vient et où elle va, inquiète au fond de trouver Dieu, et pour cela d’en connaître le chemin. Augustin pose un jalon : il ne peut espérer voir Dieu, celui qui ne voit pas la charité.

Depuis que vous êtes entré au monastère, saint Benoît ne vous a pas conduit par un autre chemin, lui qui invite ses fils à « Chercher Dieu » en déployant les trésors Du bon zèle que doivent posséder les moines :

[Les moines], écrit-il, s’honoreront mutuellement... ; ils supporteront entre eux avec la plus grande patience les infirmités physiques et morales; ils s’obéiront à l’envi... ; nul ne recherchera ce qu’il juge utile à soi-même mais ce qui l’est à autrui ; ils se prodigueront en toute pureté une charité de frères. (Règle de saint Benoît, c.72)

A cette école, le monastère devient vite un atelier où tous s’empressent à la pratique de la charité, un atelier qui est le lieu favorable où le miracle de la transformation des cœurs s’accomplira :

Si la charité vous plaît quand on la loue, écrivait saint Augustin, qu'elle vous plaise tellement que vous la gardiez dans votre cœur.

Si l'on vous montrait un vase ciselé, doré, artistement travaillé, et si ce vase séduisait vos yeux, attirait sur lui l'attention de votre cœur, si la main de l'artiste vous plaisait, et le poids de l'argent et la splendeur du métal, est-ce que chacun de vous ne dirait pas : « Oh ! si je pouvais avoir ce vase » ?...

Or, on fait devant vous l'éloge de la charité. Si elle vous  plaît, ayez-la, possédez-la : il n'est besoin de voler personne,  ni de penser à l'acheter ; elle se donne pour rien. Prenez-la donc et attachez-vous étroitement à elle. (Commentaire sur l'Épître de saint Jean, VII, 9).

Le moine est par nature un conspirateur pour la cause de la charité. Tantôt il puise dans la respiration d’amour de sa communauté ; tantôt il l’alimente de sa propre respiration.

Dès les premiers jours de votre vie monastique, en vous confiant non en vos propres forces, mais dans la grâce que Dieu a promise à tous ceux qui espèrent en lui, vous avez reconnu que c’est Dieu seul qui était au principe de la vie de la communauté, comme au principe de la vôtre. Vous n’exprimerez pas autre chose aujourd’hui en frappant encore à la porte du cœur de Dieu : Recevez-moi, Seigneur, et je vivrai.

Saint Augustin, comme nous tous, a mis du temps à comprendre ce mystère de la présence de Dieu tout à la fois si actif et ignoré au cœur de nos vies. Voici comment il l’exprimait en d’inoubliables et admirables paroles :

Tard je t'ai aimée, Beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t'ai aimée ! Mais quoi ! Tu étais au-dedans de moi et j'étais, moi, en dehors! Et c'est au-dehors que je te cherchais ; je me ruais dans ma laideur sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi, retenu loin de toi par ces choses qui ne seraient point, si elles n'étaient en toi.

Tu m'as appelé et ton cri a forcé ma surdité ; tu as brillé et ton éclat a chassé ma cécité ; tu as exhalé ton parfum, je l'ai respiré et voici que pour toi je soupire ; je t'ai goûtée et j'ai faim de toi, soif de toi ; tu m'as touché et j'ai brûlé d'ardeur pour la paix que tu donnes. (Conf. X, 27, 38)

Avec Dieu nous sommes et nous serons toujours en retard, lui nous devance, frappe sans relâche à la porte de notre cœur, rappelant qu’il est là.

Et que faire lorsque l’appel a été entendu ? Quelle mission nous attend ?

L’évangile de ce matin y répond : Vos estis sal terræ... Vos estis lux mundi. Vous êtes le sel de la terre... Vous êtes la lumière du monde. Cet appel, qui vaut pour tout homme, s’adresse en particulier aux religieux, et en tout premier lieu aux moines. Être sel, être lumière, cela semble si simple ! Le sel sale parce qu’il est sel, et la lumière rayonne parce qu’elle est lumière. Le convive se réjouit de la saveur d’un plat convenablement salé, et l’homme rend grâce pour les beautés de la création qu’il voit à la lumière du soleil.

Mais comment un moine, reclus derrière sa clôture, pourra-t-il rayonner? Comment pourra-t-il susciter dans le cœur des hommes une louange de gloire à Dieu ?

Comme le sel, comme la lumière, le moine rayonnera tout simplement par la fidélité à ce qu’il est, à sa vocation : qu’il cherche Dieu, qu’il soit l’homme du désir de Dieu. Déjà par ce qu’il est, la vie du moine est prière.

Écoutons encore saint Augustin :

Le désir est une prière continuelle, alors même que la langue garde le silence. Si tu ne cesses de désirer, tu ne cesses de prier. Quand la prière sommeille-t-elle ? Lorsque le désir s'est refroidi. (Serm. 80,7)

A la part de prière qui occupe le moine, s’ajoute celle du travail. Augustin, écrivait le Cardinal Ratzinger, « est devenu un homme de plus en plus ordinaire parmi les hommes, il est devenu le serviteur de tous, et ainsi il est vraiment devenu un saint. En effet, la sainteté chrétienne ne consiste pas en quelque chose de surhumain, en un talent ou une grandeur formidable que quelqu’un d’autre n’aurait pas. La sainteté chrétienne, c’est tout simplement l’obéissance, se mettre à disposition là où Dieu nous appelle, cette obéissance qui ne fait pas confiance à sa propre grandeur, mais qui accepte tout de la grandeur de notre Dieu. » (Dogme et Annonce, Paris, Parole et Silence, 2012, p.384)

Qui mieux que Marie a vécu ces lignes ?

Ce que vous admirez extérieurement en Marie, disait saint Augustin reproduisez-le dans l'intérieur de votre âme.

Croire de cœur pour être justifié, c’est concevoir le Christ ; confesser de bouche pour être sauvé, c’est l'enfanter. (Serm. 191,4)

Telle est aussi la vocation du moine : contempler et louer. Écoutons encore l’évêque d’Hippone chanter la beauté de celui qui a conquis, fasciné son cœur, votre cœur, nos cœurs :

Pour nous qui croyons, que l'Époux apparaisse toujours dans sa beauté. Il est beau comme Dieu, puisque le Verbe est Dieu ; il est beau dans le sein de la Vierge, où il se revêt de la nature humaine sans se dépouiller de la nature divine ; il est beau dans sa naissance, ce Verbe enfant. Il est donc beau dans le ciel et beau sur la terre, beau dans les entrailles virginales, beau dans les bras maternels, beau dans ses miracles et beau dans la flagellation, beau quand il nous invite à sa vie, beau quand il méprise la mort, beau quand il donne son âme et beau quand il la reprend, beau sur la croix, beau dans le sépulcre, beau dans le Ciel. (Tr. Psaumes 44,3)

Amen.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 15 Août 2021

 

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ASSOMPTION
AUX VÊPRES, AVANT LA PROCESSION DU VŒU DE LOUIS XIII.

Allocution du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault (Fontgombault, le 15 août 2021)

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

AU soir d’un jour tout illuminé du triomphe de Marie, dans l’action de grâces pour les deux professions de ce matin et dans la fidélité au vœu du roi Louis XIII qui a consacré la France à la Mère de Dieu, nous allons processionner au chant des Litanies de Lorette, du Chez nous soyez Reine et de l’Ave Maria de Lourdes.

Alors que tant de nos contemporains sur la surface de la terre souffrent de la maladie et de ses terribles conséquences sur la vie sociale, il nous faut prier tout particulièrement Notre-Dame de Lourdes, unis aux pèlerins présents au sanctuaire, l’implorant de guérir tant d’êtres humains blessés dans leur corps et leur esprit, d’apporter la paix et la réconciliation au sein des familles, des communautés, des pays.

Le virus a comme révélé la vulnérabilité d’un monde sans Dieu... Alors que sous nos yeux se poursuit la lutte acharnée entre le bien et le mal, l’être humain est démuni. Une vie sans la bous- sole des commandements de Dieu, sans la perspective de la communion avec lui pour l’éternité, n’a plus de sens.

Jusqu’ici l’homme pouvait s’étourdir dans une vie sociale de plus en plus débridée. Mais voici que les relations sociales sont bouleversées. L’autre devient l’ennemi. L’avortement, l’euthanasie,

l’enfant conçu à tout prix et comme un dû, la famille à géométrie variable, décomposée et recomposée... des progrès sociétaux, nous dit-on, mais qui suscitent l’inquiétude. L’homme et les sociétés se libèrent, mais pour qui, mais pour quoi ? Où allons-nous ?

Alors que la déprime a peut-être déjà envahi notre horizon, reve- nons aux fondamentaux de notre foi. Si le mal et le bien semblent paraître sur un même plan, aussi forts l’un que l’autre, peut-être cela tient-il à notre facilité de choisir l’un ou l’autre, d’oublier aussi que Dieu est Dieu. Il paraît si exaltant d’être libre de tout... de faire le choix du vide, du néant.

Pourtant, tout demeure dans la main toute puissante de Dieu, créateur de toutes choses. Si Dieu respecte notre liberté, que nous agissions pour le bien ou pour le mal, il n’en demeure pas moins que nous sommes appelés et que nous avons la grâce nous permet- tant de choisir le bien et de l’accomplir. Dieu n’est pas surpris par notre péché. Au-delà des victoires éphémères du mal, il poursuit vers son achèvement l’œuvre commencée au premier jour de la création. Il ne peut se tromper. L’histoire de l’humanité ne peut s’achever qu’en louange de sa gloire.

A l’attente d’un Sauveur, Dieu a répondu par un enfant né d’une Vierge. Au désespoir des disciples au soir du Vendredi-saint, a fait suite le triomphe du matin de Pâques. Demeurons-en convaincus, Dieu poursuit son œuvre de création aujourd’hui. En action de grâces pour ses œuvres admirables, marchons en procession à la suite de Marie, marchons comme elle et avec elle vers la gloire.

Demeurons dans l’espérance et témoignons à notre pays, au monde, dans une vie en cohérence avec notre foi, que nul ne trou- vera consolation et secours, si ce n’est dans le Nom du Seigneur, lui qui a fait le ciel et la terre.

Acclamons donc maintenant notre Maman au Ciel.

 

+ ASSOMPTION

PROFESSION SIMPLE de deux novices

 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 15 août 2021)

Chers Frères et Sœurs,


Mes très chers Fils, et vous particulièrement qui allez émettre vos vœux de religion,

Aujourd’hui, l’Église fête le triomphe de Marie qui, au terme de sa vie sur la terre, entre corps et âme au Ciel.

Aujourd’hui, les moines de Fontgombault et beaucoup d’amis se souviennent qu’en cette fête, l’an passé, alors que le soleil était au zénith, à l’heure solaire de l’Angelus, le Père Abbé Antoine a remis son âme à Dieu, et celle-ci s’est présentée à la porte du Ciel.

Aujourd’hui enfin, en la fête patronale de notre monastère, renouant avec une tradition interrompue depuis 1967, deux frères vont prononcer leurs vœux simples de religion, vœu de stabilité dans la famille monastique qu’ils ont choisie, vœu de conversion de leurs mœurs et vœu d’obéissance.

Prononcer des vœux monastiques, c’est renoncer au monde et reconnaître que Dieu mérite d’être préféré à tout, même aux affections les plus légitimes, comme celle de la famille que nous remercions pour le don auquel elle participe ce matin.

Faire le choix de Dieu n’est pourtant pas propre au moine. Qui que nous soyons, sans cesse, il nous revient de faire en vérité ce choix, sachant que Dieu ne nous trompera pas et que, nous- mêmes, nous ne pourrons le tromper. Par une existence retirée, les moines rappellent de façon radicale ce devoir à ceux qui passent auprès de leurs maisons ou les visitent. Faire le choix de Dieu, c’est faire le choix de la vie en grand. C’est ce que vous allez chanter d’ici peu : « Recevez-moi Seigneur et je vivrai et ne décevez pas mon attente. »

Vivre, pour beaucoup aujourd’hui, se résume au plaisir, à profiter de la vie. Dans un tel contexte, l’homme attend de la société qu’elle dispose tout pour le satisfaire : se faire du bien et ce jusqu’à permettre ce qui, dans les temps prétendus arriérés du Moyen-Âge, n’aurait jamais été imaginé. L’histoire humaine n’a retenu et ne retiendra aucun État qui ait survécu à de tels principes. Lorsque le bien propre ignore le bien commun, lorsque la société ne protège plus le faible dans le sein maternel, qu’elle prive la psychologie sans défense de l’enfant des guides et des lumières qui lui permettront de construire son humanité, dans l’harmonie avec le corps qu’il a reçu, il n’y a plus d’avenir ni pour la société, ni pour les familles, ni pour l’individu. La vie des sociétés et la vie de l’homme sont privées de sens. Pourquoi notre monde en quête de plaisir est-il si triste ? Demeure-t-il sans espérance ? Ne sachant où il va, l’homme ne sait où se diriger. Quant à son but et quant à sa raison d’être, la vie est vide de sens.

Pour le chrétien, il n’en va pas ainsi. La vie est un don, un cadeau. Le sens de sa vie, le chrétien le reçoit de Dieu. Il chemine vers lui et il sait que dans l’instant présent, il demeure dans sa main.

La Règle de saint Benoît ne fait qu’ordonner la vie de la société monastique de sorte que tous y cherchent Dieu dans les meilleures conditions. Saint Benoît prévoit même la rencontre

avec le péché en donnant à son fils le 72e instrument des bonnes œuvres : Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.

Là me semble résider pour tout homme la clé de la joie, de la simplicité, de l’enfance, qui sont, en particulier, le propre des maisons monastiques : la quête insatiable d’un plaisir éphémère et jamais assouvi y est remplacée par l’assurance dans le présent du regard miséricordieux de Dieu sur la pauvreté de nos vies et pour l’avenir par la promesse de la vision. Si la vie éternelle pour tous est déjà commencée, cela est vrai pour le moine qui doit vivre dans un cœur à cœur constant avec Dieu.

Un tel cœur à cœur est-il difficile ? Je ne le crois pas. Il s’agit simplement d’être libre, libre pour donner son cœur, libre pour abandonner son cœur. Mais comment oser faire le pas de la libération, de la liberté lorsque ce pas exige de réels renoncements et que nous n’avons pas encore rencontré face à face celui qui nous tend la main ?

Par ses vœux, le moine est appelé à se libérer de ses soucis. Ainsi dépouillé, il doit demeurer pauvre, libre. Le Père Abbé Antoine exprimait cela ainsi :

Les gens croient que les moines sont enfermés en prison mais je dis facilement que c’est le monde qui est en prison. Les moines peuvent sortir de la clôture comme ils veulent, ils ont la clé..., mais c'est le monde qui ne peut pas entrer. Le respect de la clôture est un bien non seulement pour les moines mais aussi pour le monde qui peut être 'interpellé' par les exigences de notre vie.

Les trois événements évoqués au début de cette homélie et qui pouvaient sembler sans rapport, s’ordonnent à la lumière d’un mot : liberté, liberté pour un don : don de la vie dans la profession monastique, don de l’âme à travers la mort, deux étapes de la vie humaine que, d’une manière ou d’une autre, nous aurons à parcourir.

Puis, à la fin des temps, arrivera pour les amis de Dieu, le couronnement que Marie a déjà vécu lors de son assomption et que nous vivrons alors que notre âme retrouvera son corps.

L’histoire de toute vie se résume à l’histoire d’une libération. Une libération dont Dieu est le premier et, au fond, le seul artisan ; une libération qu’il nous faut accueillir en commençant par accueillir en nous le libérateur. Comment ? Saint Benoît, dès le premier mot de sa Règle, y invite le moine par un mot tout simple : « Écoute ».

Depuis les premiers temps de l’histoire de l’humanité, les merveilles de Dieu s’opèrent dans les cœurs de ceux qui écoutent. Le Père Abbé Antoine a été de ceux-ci et la fécondité de son abbatiat rend témoignage à sa vie. Souvent les merveilles de Dieu demeurent cachées même à ceux qui en bénéficient. Dieu aime celui qui conserve tout en son cœur.

Marie est celle qui a écouté la parole de Dieu et qui ainsi est devenu féconde : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » (Lc 1,38) Marie est la femme qui écoute, qui accueille, qui enfante. Elle est celle qui au terme de son chemin sur la terre est accueillie chez Dieu, drapée de lumière, la lune sous ses pieds, et la tête entourée de douze étoiles.

Ce soir après les vêpres nous allons processionner solennellement en l’honneur de notre Maman du Ciel. Nous lui confierons nos deux profès de ce matin ; nous lui confierons chacune de nos vies ; nous lui confierons tous les hommes de notre terre qui sont ses enfants. Enfin nous recommanderons à sa maternelle sollicitude le Père Abbé Antoine, qui ne manquait jamais une occasion de rappeler à ses fils les gloires de leur Mère.

Trahe nos, Virgo Immaculata : entraînez-nous, Vierge Imma- culée. Tirez-nous sur le chemin du Ciel.

Amen, Alleluia.

mes prières pour surtout l'un d'entre eux, félicitations à Thibault  et à sa famille. 

Philippe. 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 9 Août 2021

 

 

 

Sancta Maria, defende nos!

Holy Mary, protect us!

priez pour moi .

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Juillet 2021

 

 

 

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S
AINT BENOÎT 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

 (Fontgombault, le 11 juillet 2021) 

 

 

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils, 

 

En ce dimanche, dès le premier mot de l’Introït, l’Église nous invite à la joie. Quoi d’étonnant ! 

Le dimanche est par essence le jour de la joie. Après une semaine de travail, l’homme est invité par Dieu lui-même à se reposer. Tel est le commandement, ou plus exactement la parole, parole d’amour, adressée au Sinaï par Dieu à l’attention du peuple qu’il venait de faire sortir d’Égypte : 

Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié. (Ex 20, 9-11) 

Gaudeamus. 

Réjouissons-nous. 

Dieu, venant de libérer son peuple de pharaon, ne voulait pas que l’appât du gain l’emprisonne et le conduise à oublier son créateur en se livrant sans fin au travail. Le septième jour devenait ainsi le jour où l’homme se souviendrait qu’il avait été gratuitement libéré par Dieu de la servitude. 

Pour les chrétiens, le dimanche s’est enrichi d’un nouveau don. L’homme, révolté contre Dieu depuis les origines, devait être libéré d’une autre servitude, plus profonde, plus universelle et aux formes multiples : le péché. Il avait besoin d’être réconcilié avec Dieu, avec le projet que Dieu avait, dans son immense amour, préparé pour sa créature bien chétive : la béatitude éternelle, c’est-à-dire la vie en communion avec Dieu, la vision de Dieu pour l’éternité. Telle est la récompense des récompenses à laquelle Dieu dans sa bonté nous appelle. 

Cette libération du péché que nul être purement humain ne pouvait obtenir, Dieu a voulu qu’elle s’accomplisse par son Fils, tout à la fois Dieu et homme, et plus particulièrement à travers le mystère de sa mort en croix et de sa résurrection. Chaque dimanche de l’année liturgique commémore donc le dimanche par excellence, la Pâque du Seigneur, jour où chaque année, l’Église au terme du triduum pascal proclame la mort du Seigneur et annonce sa résurrection. Mais ce triomphe de la vie sur la mort doit désormais se communiquer à chacun d’entre nous comme l’affirme saint Paul : 

Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. (Rm 6,3-4) 

La joie propre au dimanche tient donc à la résurrection du Christ et pourtant, l’Église nous invite aujourd’hui à nous réjouir tous dans le Seigneur pour un autre motif qui bien que différent n’est pas étranger au premier. L’Église unie aux anges se réjouit de la sainteté qui resplendit dans l’Abbé Benoît. Dans les saints, c’est la vie du Christ qui resplendit. 

Ce saint moine qui a vécu dans le nord de l’Italie à la fin du Ve siècle et au début du VIe a profondément marqué et l’histoire de l’Église et l’histoire de l’Europe. La plupart des ordres religieux et nombre de communautés nouvelles ont emprunté à la sagesse de la règle qu’il a laissée aux moines. L’Europe aux vastes étendues parsemées de monastères a reçu du saint patriarche les fondements d’une civilisation établie sur les valeurs chrétiennes, l’obéissance à la loi de Dieu, créateur et rédempteur, ainsi qu’une invitation au respect de tout être humain, créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance. 

Dans son livre, La Règle de saint Benoît aux sources du droit, Gérard Guyon défend la thèse qu'en écrivant sa règle, saint Benoît est à l'origine d'un système juridique original adopté par les élites, qui va s'étendre à l'ensemble de la société laïque européenne et fera sentir son influence jusqu’à nos jours. 

Selon saint Benoît, le droit est au service de la justice et celui qui possède le pouvoir est le premier responsable de ce service. La règle, tout en donnant une grande autorité à l'abbé et aux doyens du monastère, rappelle cependant le fondement de l'autorité qui est participation à l'autorité du créateur. Cela implique que son détenteur devra rendre des comptes. 

A la suite du vote par les députés, le 29 juin dernier, du projet de révision de la loi bioéthique, Mgr de Moulins-Beaufort, Archevêque de Reims et Président de la Conférence des évêques de France a résumé par un jugement inquiétant ce texte : « Si la loi dit le droit, elle ne dit pas le bien. » 

Précisons : la loi dit le droit, c’est-à-dire ce que l’homme peut faire sans être inquiété par les services de l’État. La loi ne dit pas le bien, elle ne dit pas, elle ne dit plus en effet ce qui est vraiment juste et qui, au fond, doit servir de repère à l’homme. 

La satisfaction d’un besoin - même légitime -, affirmait Mgr de Moulins-Beaufort, le principe d’égalité, les besoins de la recherche scientifique, la peur du handicap ne peuvent justifier qu’on traite l’être humain comme un matériau manipulable et éliminable. 

Il importe plus que jamais que chacun trouve les moyens de la vigilance et d’un discernement personnel afin de faire ses choix en pleine conscience de ses conséquences éthiques. 

Il nous faut prendre acte à nouveau du processus de régression dans lequel s’enfonce notre société. Saint Benoît invite l’abbé à regarder tout être qu’il soit victime, qu’il soit coupable, qu’il soit fort, qu’il soit faible, comme un homme à mener vers son créateur. Il l’invite à « Honorer tout homme. » Cela est juste. 

De façon paradoxale, les États ont abandonné cet impératif. La forteresse qu’est pour l’enfant le sein maternel de la femme dite « enceinte » est devenu le théâtre d’un holocauste. A l’opposé des enfants seront conçus privés de père. Dieu a été évacué des États. Dieu a été évacué des sociétés. Dieu doit être évacué des âmes. 

Faudrait-il pour autant désespérer ? 

Quand saint Benoît écrivait sa règle, le monde romain s’était effondré. Le continent européen était à feu et à sang. Revenons donc aux lignes du saint moine pour une nouvelle évangélisation, une nouvelle Pâque.

 

Sainte Marie, saint Benoît, tous les saints et saintes de Dieu.

 Priez pour nous.

 Amen. 

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Publié le 29 Juin 2021

 

 

 

 

SAINT PIERRE ET SAINT PAUL

 Homélie du Très Révérend Père dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault 

(Fontgombault, le 29 juin 2021)

 

 

"Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam. Tu es Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon Église."

(Mt 16,18) 

 

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

Reconnaître le Christ, tel est le souci de vérité qui semble motiver la question du Seigneur à ses apôtres et en particulier à Pierre qui répond au nom de tous. La réponse n’est pas si évidente comme en témoignent les avis des uns et des autres rapportés par les disciples au sujet de l’identité du Fils de l’Homme : Jean le Baptiste, Élie, Jérémie ou quelqu’un des prophètes.

Reconnaître le Fils de l’homme, c’est aussi faire sienne une mission. La confession de saint Pierre à Césarée marque une étape dans la révélation progressive que fait le Christ de la Passion et de la Résurrection prochaines : À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. (Mt 16,21)

  Confesser ce qu’est le Fils de l’homme ne suffit pas et Pierre va le comprendre. Malgré la proclamation de sa divinité : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16,16) , Pierre ne semble pas prêt à suivre le chemin que le Seigneur lui désigne. Il ne comprend pas la mission du Seigneur et en conséquence, il ne pourra accepter la sienne propre à la suite du Christ. Confronté au scandale de la Croix, Pierre s’insurge, prend à part le Christ et lui fait de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Mt 16,22-23)

Quel contraste ! Il y a quelques instants, le Seigneur vient d’établir Pierre chef de l’Église : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. » (Mt 16,18) et voici que désormais, il semble le maudire. Quelle délicatesse de la part de Jésus de nous révéler le cœur partagé de Pierre. Comme émerveillé par la proclamation de sa divinité, il s’était réjoui et avait béatifié son disciple : Heureux es-tu, Simon fils de Jonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. (Mt 16,17)

Maintenant, il s’attriste de ce que son disciple ne soit plus à l’école du Père qui est dans les cieux. Suivre la pensée des hommes ou suivre la pensée de Dieu, tel est bien le dilemme auquel comme Pierre, nous sommes constamment confrontés. Et le Seigneur ajoute : Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. (Mt 16,24-25)

La leçon ne portera pas vraiment et nous savons comment au moment de la Passion, Pierre trahira son Maître. Comment comprendre, si ce n’est en reconnaissant la misère humaine ; les autres apôtres ne valent pas mieux comme le rapportent saint Luc (Lc 9,46) et saint Marc (Mc 9,34) : quelques jours après la confession de Césarée, ils discuteront entre eux afin de savoir qui est le plus grand ! A Césarée de Philippe, Pierre proclame sa foi, mais cette proclamation n’est pas suffisante pour celui qui veut suivre le Christ. Il ne suffit pas de connaître.

Il ne suffit pas de proclamer. Il faut marcher à la suite du Christ, prendre sa croix et le suivre. Il faut offrir sa vie. La confession de Césarée de Philippe appelle donc une autre confession, plus radicale : la confession de l’amour. Pierre la fera un jour, plus tard, au bord du lac de Tibériade, après la Passion et la Résurrection de son Seigneur. Saint Jean s’en souvient (cf. Jn 21,15-17).

Trois questions du Seigneur de plus en plus exigeantes dans leur simplicité : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » ; « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » ; « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? »

Trois réponses de Pierre de plus en plus humbles : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » puis à nouveau : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » et enfin troublé et peiné par l’insistance du Maître aimé : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. »

Enfin, trois envois en mission : « Sois le berger de mes agneaux. », « Sois le pasteur de mes brebis. », « Sois le berger de mes brebis. »

Puis à nouveau, Jésus réitère l’appel à suivre la volonté du Père : Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » (Jn 21,18) Enfin, Jésus conclut en renouvelant l’appel du premier jour : « Suis-moi ». (Jn 21, 19)

Pierre n’échappera pas au martyre mais celui-ci viendra à l’heure établie par Dieu car rien n’échappe à la volonté divine. La lecture toujours émouvante des Actes des Apôtres nous le rappelle.

Alors que la barque de Pierre est aujourd’hui bien secouée, dans un monde en proie aux tempêtes, alors qu’une certaine confusion et parfois discordance naissent des paroles des pasteurs, nous avons le devoir de les garder tous dans la prière. Comme Pierre, ce sont des hommes qui humblement doivent discerner les pensées de Dieu et les exprimer. Comme Pierre eux aussi doivent se livrer à la confession de l’amour. Demandons à Marie, Mater Ecclesiæ, d’intercéder pour eux comme elle l’a fait au matin de la Pentecôte. Enfin, appelés à proclamer le mystère du Royaume de Dieu, invités à en témoigner par la cohérence de la vie, n’oublions pas que nous avons nous aussi à répondre à l’appel du Seigneur « Suis-moi », par la double confession de la foi et de la charité.

 

 Amen. 

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Publié le 20 Juin 2021

 

 

 

 

 

Dans l'épître d'aujourd'hui, saint Paul nous dit que « les souffrances de ce temps ne sont pas dignes d'être comparées à la gloire à venir qui se révélera en nous » (Rm 8, 18).

Cette brève phrase nous montre l'excellence de la gloire à laquelle nous sommes appelés. C'est une gloire à venir c'est-à-dire qu'elle est future, c'est la vie future, la vie après la mort, la vie sans fin après une brève existence temporelle. C'est une gloire d'une dignité la plus splendide, à côté de laquelle les plus grands honneurs de cette vie sont comme des perles de plastique qui se fanent à la lumière. C'est une gloire qui sera révélée, c'est-à-dire qu'en ce moment les amis de Dieu sont cachés aux yeux du monde qui est trop occupé de lui-même pour ne même pas les voir, mais au dernier jour, toutes les façades tomberont , les masques seront jetés, et la gloire resplendissante des enfants de Dieu sera éternellement manifestée.

Enfin, c'est une gloire qui sera en nous. En cela, nous voyons la vanité de la gloire que le monde offre à ses serviteurs, car cette pompe et cette gloire sont extérieures, elles sont en dehors de la personne dans les pièges de la richesse et de l'opinion des hommes faillibles et mortels. Mais la gloire éternelle sera fondée sur quelque chose qui est en l'homme, car comme le dit Notre-Seigneur : « Le Royaume de Dieu est en vous » (Lc 17, 21).

Dans le passage qui précède immédiatement ces paroles, l'Apôtre nous avait dit que nous devons d'abord souffrir avec le Christ si nous voulons être glorifiés avec lui. Comme il est rassurant et consolant de penser qu'il n'y a vraiment aucune comparaison entre ce que nous pourrions souffrir dans cette existence éphémère et la gloire du paradis à venir.

Littéralement aucune comparaison. L'un est temporel, l'autre éternel. L'un dure un jour, l'autre éternellement. Les saints nous disent que, tout comme une seconde de feu de l'enfer fera complètement oublier à l'âme tous les faux plaisirs qu'elle a eus dans cette vie, de même une seconde de gloire céleste rendra l'âme totalement inconsciente de ce qu'elle aurait pu souffrir dans cette vie.

Assurons-nous de ne pas nous tromper et de ne pas mettre notre cœur au mauvais endroit.

De même que c'est la sagesse commune des saints de fixer leurs yeux sur le bien éternel et de supporter les difficultés dans cette vie, de même c'est le lot commun des réprouvés de mettre toute leur espérance dans les plaisirs passagers. La sagesse des saints brille d'autant plus lorsqu'elle est opposée à la folie des pécheurs. C'est peut-être la raison pour laquelle l'Évangile d'aujourd'hui nous dit que Notre-Seigneur commande à Pierre de se jeter dans les eaux profondes.

Cette vie est en effet comme une excursion en mer. Le temps que nous passons ici-bas ressemble beaucoup à la traversée d'une mer. Que penserions-nous d'un homme qui, lors d'une croisière autour du monde, s'installerait dans une maison et investirait dans l'achat et la vente et créerait sa propre petite entreprise et mettrait toute son énergie à rendre ses quelques jours à bord aussi agréables que possible sans se soucier de ce qu'il fera une fois arrivé au port ?

C'est exactement ce que font les pécheurs lorsqu'ils refusent de lever les yeux vers le rivage éternel du Ciel et essaient de se mettre à l'aise dans cette vie, qui selon sainte Thérèse d'Avila n'est rien de plus qu'« une mauvaise nuit dans une mauvaise auberge ».

Mais le commandement de Notre-Seigneur d'aller en profondeur nous amène à un autre aspect de la messe de ce dimanche.

Qu'est-ce qu'aller en profondeur si ce n'est de se confier entièrement à la Grâce divine, de franchir le pas et de faire confiance à la toute-puissance de Dieu la bonté de nous conduire vers une éternité bienheureuse, de refuser de nous enfermer dans nos petits soucis et de nous livrer à la Divine Providence qui guide notre petite barque à travers les flots de cette existence éphémère ?

Qu'est-ce que sortir dans les profondeurs si ce n'est de refuser de s'inquiéter ou d'être bouleversé ou de perdre espoir ou s'inquiéter des choses de ce monde ?

Qu'est-ce que c'est si ce n'est pas de refuser de dire à Notre-Seigneur ce qu'il doit faire et d'accepter qu'il soit aux commandes ? Qu'est-ce si ce n'est pas, quand on voit grandir la puissance du mal, se réfugier dans la prière, avec la conviction absolue que Dieu s'en occupera en son temps ?

Qu'est-ce que c'est si c'est de ne pas accepter notre chemin de vie, de nous laisser reposer dans la contemplation de sa bonté, tout comme le bébé trouve le repos et la tranquillité dans les bras de sa mère ?

Qu'est-ce que c'est si ce n'est pas dormir profondément alors que les vagues battent contre notre petite embarcation, s'abandonnant à la grâce omnipotente qui contrôle toujours les moindres détails de notre vie ?

Qu'est-ce que c'est si ce n'est pas de rester en paix quand d'autres soulignent nos lacunes ou trouvent à redire à ce que nous faisons ou disent du mal de nous, de  médire et de créer des guerres qui ne servent qu'à polluer davantage la bonne terre de Dieu, ? -

Qu'est-ce que c'est si ce n'est pas de fermer les yeux et de nous laisser emporter par le courant de la grâce divine, sachant que si nous le faisons, notre petit bateau avancera  jusqu'au rivage éternel.

Alors que nous continuons notre voyage vers l'éternité, assurons-nous d'avoir Jésus dans notre bateau. Ne le perdons pour rien au monde.

Ne le chassons pas par le péché. Car comme dit l'Imitation du Christ, celui qui perd Jésus, perd plus que s'il avait perdu le monde entier. Si nous avons Jésus dans notre barque, il ne faut pas s'étonner s'il nous demande des faveurs, s'il nous invite à renoncer à nous-mêmes, s'il compte sur notre abandon total et sur notre confiance en sa grâce, s'il nous demande de plonger dans l'inconnu.

C'est alors qu'il faut être prêt à s'enfoncer dans l'abîme, à se lancer en haute mer, en se confiant à un morceau de bois, ce même bois sur lequel le Sauveur a été cloué.

Et si, malgré notre générosité, ou peut-être à cause d'elle, le Seigneur semble dormir, ne le réveillons pas. Les apôtres ont été réprimandés pour leur peu de foi lorsqu'ils ont réveillé Notre-Seigneur, car la plus grande foi est de L'attendre, d'avoir confiance en Lui, même s'Il peut sembler dormir, Il reste vraiment bien éveillé et parfaitement en contrôle, et Son Sacré-Cœur ne dort jamais. 

Le jour viendra peut-être où, comme Pierre, nous voudrons le supplier de s'éloigner de nous, car nous avons appris à connaître notre profonde indignité. Mais c'est alors que nous devons rester, car c'est alors, et alors seulement, qu'il peut nous confier la tâche de lancer d'autres âmes sur la haute mer de la conversion authentique et de la sainteté de la vie.

C'est alors que nous pouvons faire partie de cette foule d'âmes qui contribuent à la « dévotion tranquille » dont parle la collecte d'aujourd'hui, et qui fait de l'Église de tous les temps un refuge et un havre pour ceux qui se fondent sur la solidité de la vraie foi.

Le monde est en constante agitation, et cette agitation fait secouer la Barque de Pierre sur les flots, mais au fond de ce navire sont saines et sauves les âmes, les petites âmes humbles, qui acceptent de se reposer avec Jésus et qui regardent sans cesse vers Marie, étoile de la mer, qui guide la véritable Église vers les rives éternelles.

Amen.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Juin 2021

 

 

 

"

Toutes ces nuits, pour quoi, pour qui, 

Et ce matin, qui revient, pour rien.

Ce coeur qui bat trop fort, trop fort, " 

 

G. Bécaud. 

 

Même si l'amour de Dieu pour l'humanité s'est manifesté dans la création même du monde, a été continuellement rappelé dans tous les actes d'amour et de bienveillance de Dieu pour son peuple tout au long de l'Ancien Testament, a été pleinement révélé dans la vie et la mort de notre Sauveur béni et prêché par les apôtres, saint Jean étant celui qui l'a parfaitement condensé dans la formule Deus caritas est - Dieu est amour - tout cela n'a pas suffi à l'amour débordant du Dieu incarné pour nous.

Au fur et à mesure que les siècles croissaient et diminuaient, et que la chrétienté était déchirée en deux par le grand schisme entre l'Orient et l'Occident, puis déchirée par la Révolution protestante, l'esprit authentique du christianisme, que Dieu est Amour, avait tendance à être négligé et même oublié. Le christianisme en vint à être considéré comme un phénomène social, ce qui rendit évidemment impossible sa compréhension.

C'est pour remédier à une situation aussi calamiteuse que Notre Sauveur est apparu à sainte Marguerite-Marie Alacoque. Il lui montra son Cœur en disant : « C'est le Cœur qui a tant aimé les hommes, et qui ne reçoit de la plupart d'entre eux que l'ingratitude et l'indifférence ».

C'est le cri d'un Cœur blessé qui retentit de cette petite ville française de Paray-le-Monial en 1673. C'était, en même temps, un grand « silence » divin qui invitait les hommes au silence, à laisser de côté leurs polémiques. , et revenir au cœur de notre religion. Car le cœur de notre religion est le Cœur du Christ lui-même, ce Cœur de chair, comme le nôtre, qui a commencé à battre dans le sein de la Vierge, a été ouvert avec la lance sur le Calvaire, et palpite aujourd'hui éternellement à la droite du Père, comme dans le Très Saint Sacrement de l'Autel, c'est pourquoi la fête est célébrée immédiatement après le Corpus Christi.

De nombreux saints ont écrit avec éloquence sur le Cœur du Christ, en recourant à un certain nombre d'analogies que notre office des Matines de vendredi dernier nous a rappelées. Le Divin Cœur y est considéré comme un magnifique trésor où sont emmagasinées les richesses du Ciel ; comme une source d'où jaillissent les torrents de la grâce ; comme une harpe qui, sous l'effleurement du Saint-Esprit, fait entendre les mélodies les plus ineffables ; comme un encensoir d'où s'élève le plus doux parfum de toutes les vertus devant le Père éternel ; et enfin comme un autel dans lequel s'immole le Grand Prêtre éternel Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Chaque fois que nous venons alors prier devant le Saint-Sacrement ou assister au Saint Sacrifice de la Messe, soyons conscients de la réalité que nous avons devant nous et approchons-nous avec la plus grande révérence et humilité.

Si notre première considération en cette fête est l'amour de Dieu pour nous manifesté dans le Cœur du Christ, la liturgie nous invite également à considérer nos propres cœurs et à les renouveler. L'Écriture sainte nous invite à « retourner dans le cœur » (voir Psaume 84), et le prophète Jérémie se plaint que le monde entier est dans la désolation parce qu'il n'y a personne pour méditer sur les vérités divines dans son cœur (voir Jr 12 :11). A une époque de distractions incessantes qui dispersent l'esprit et dessèchent le cœur, le retour au cœur n'est pas seulement utile, il est absolument indispensable pour qui ne veut pas se laisser emporter par la superficialité du bruit constant.

 

«Qui est-ce qui met son cœur à s'approcher de moi, dit le Seigneur? Et vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu… Dans les derniers jours, vous comprendrez ces choses » (Jr 30 :21-24).

Et quelles sont ces choses ? Quelle est la pensée de ce Cœur : « Je t'ai aimé d'un amour éternel, c'est pourquoi je t'ai attiré en prenant pitié de toi » (Jr 31, 3).

L'amour éternel de Dieu pour nous nous invite, voire nous presse, comme le dit saint Paul : « Charitas Christi urget nos – l'amour du Christ nous oblige » (2 Co 5, 14) à répondre avec amour.

Et comment fait-on ? Je suggère qu'une façon est de faire un effort pour que nos cœurs trop nombreux imitent ces cinq images qui ont été évoquées plus tôt, et qui symbolisent le Cœur de Jésus.

Nos cœurs ont besoin de devenir des trésors, en y emmagasinant les Paroles divines de la Sainte Écriture et les inspirations reçues dans la prière. Comme Notre-Dame, nous devons fréquemment méditer sur les mystères du salut dans nos cœurs, cherchant à y trouver toutes les pépites d'or qui se cachent sous la surface. Les gens devraient pouvoir trouver dans nos cœurs, l'or de la charité, l'argent de la sagesse, le bronze de la chasteté, la perle de grand prix, c'est-à-dire Dieu lui-même. Personne ne devrait jamais venir à nous sans s'être enrichi d'un trésor qui ne déçoit pas et ne passe pas.

Nos cœurs ont besoin de devenir des fontaines d'où la grâce de Dieu qui nous a été donnée peut couler vers les autres. Dans un monde sec comme une feuille morte par une chaude journée d'été, la source rafraîchissante de vérité et de bonté devrait couler de nos âmes et arroser le désert de notre friche moderne.

Nos cœurs ont besoin de devenir des harpes, émettant cette douce mélodie de louange divine, remplie des harmonies les plus exquises.

Avec sainte Elisabeth de la Trinité, nous devons apprendre que les plus beaux airs se produisent lorsque le cœur est sous la pression de la souffrance. À moins que les cordes ne soient pincées, elles ne peuvent émettre aucun son, mais restent silencieuses. C'est ainsi que l'âme cueillie par les souffrances, tant intérieures qu'extérieures, peut émettre cette belle musique qui ravit le Cœur de Dieu et édifie le cœur des hommes.

Nos cœurs ont besoin de devenir des encensoirs d'où s'élèvent fréquemment tout au long de chaque jour les prières qui sont comme l'encens devant le trône de Dieu – in odorem suavitatis.

Cette prière, avec toutes les pensées saintes inspirées pendant la prière, comme celle de l'ange dans l'Apocalypse, devient une odeur parfumée devant Dieu, le poussant à répandre ses faveurs sur le monde et attirant les hommes à le suivre (voir Apoc 8 :4). In odorem unguentorum tuorum currimus – nous courrons à l'odeur  de vos parfums, dit l'âme dévote au Christ dans les paroles du cantique (Cantique 1:3). Et saint Paul nous dit que nous devons être en tout lieu la bonne odeur du Christ – Christi bonus odor sumus (2 Co 2, 15). Et nous le serons si nous nous dégageons de la puanteur du vice qui règne dans le monde et restons près de la source même de cette douce odeur qu'est le Cœur du Christ.

Enfin nos cœurs ont besoin de devenir des autels sur lesquels nous apprenons à sacrifier tous nos désirs, à offrir nos peines, nos déceptions, nos humiliations, nos retards, une pierre sacrée sur laquelle Jésus sait qu'Il peut déposer une offrande qui sera consumée par le Feu.

Avec ce mot, nous arrivons à l'essence de cette fête : le Cœur de Jésus est en feu d'amour pour nous, il est consumé de nostalgie, et son plus grand désir est de nous voir consumés d'amour pour Lui et pour les âmes. Avec Notre-Dame du Sacré-Cœur et à travers son propre Cœur Immaculé, nous disons cette prière jaculatoire que nous pouvons répéter tout au long de la journée : Cœur de Jésus, brûlant d'amour pour nous, enflamme nos cœurs d'amour pour Vous.

Amen.

dom Pius Noonan osb +

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Rédigé par Philippe

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