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Publié le 14 Mai 2023

 

 

 

 

 

 

 

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SAINTE JEANNE D’ARC

ACCUEIL DE L’ANNEAU

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault (Fontgombault, le 6 mai 2023)

 

Mes Très Révérends Pères, Chers Frères et Sœurs, Mes bien chers Fils,

Le zèle apostolique de notre archevêque et de notre curé nous a obtenu d’accueillir l’anneau de Jeanne d’Arc et d’honorer ainsi celle qui l’a porté. Le mot « relique » vient du latin relinquere qui veut dire : laisser, abandonner. Les reliques, ce sont ce qu’un martyr, ce qu’un saint nous laisse : les restes de son corps, et de façon plus large des morceaux de vêtements qu’il a portés, des objets qu’il a utilisés. Les vénérer en vérité, c’est honorer la figure de ce saint ; c’est surtout témoigner de la volonté de prendre exemple sur sa vie ; c’est enfin rendre grâces à Dieu, auteur de toute sainteté.

Dieu est notre Père, enseignait Benoît XVI, pour Lui, nous ne sommes pas des êtres anonymes, impersonnels, mais nous avons un nom. Il y a une phrase dans les Psaumes qui me touche toujours, lorsque je la prie : “Tes mains m’ont fait”, dit le psalmiste (Ps 119,73). Chacun de nous peut dire, dans cette belle image, la relation personnelle avec Dieu : Tes mains m’ont fait, Tu m’as pensé et créé et voulu.

(Audience du 23 mai 2012)

Des paroles d’action de grâces, nous pouvons en prononcer. En avons-nous conscience ? Nous pouvons les prononcer à notre sujet, au sujet de notre prochain, et tout particulièrement en contemplant la sainteté en œuvre dans la figure de ceux que l’Église désigne à notre vénération. À la lumière de Dieu, à la chaleur de sa grâce, des humanités semblables aux nôtres, pauvres et frêles, resplendissent, rajeunissent, rayonnent sur l’histoire de l’Église, d’un pays, d’une cité, sur des vies.

Si le monde, si les cœurs des hommes sont si tristes, ne serait-ce pas qu’un jour, hier et aujourd’hui, l’homme aurait oublié de dire ‘merci’, de faire action de grâces ? L’oubli d’être fécond l’aurait-il conduit à une éternelle stérilité ? N’oserait-il plus rayonner ce don de Dieu qu’est sa grâce ? Avant d’être le lieu où le mal abonde, le monde est d’abord le lieu où la grâce de Dieu surabonde, le lieu de l’espérance.

Laissons-nous conduire par sainte Jeanne d’Arc. Morte à seulement 19 ans en 1431, sa mission est un éclair sur un siècle sombre. Jeanne est la preuve que ce ne sont pas les temps qui font les saints, mais bien les saints qui embrasent les temps.

Lorsqu’elle naît en 1412, l’Église est déchirée : un pape, deux antipapes. L’Europe est meurtrie du fléau des guerres. La plus dramatique d’entre elles recevra le nom de Guerre de cent ans, une guérilla sans fin entre deux dynasties, assortie de pillages.

En des temps plus que troublés, Dieu conduit Jeanne sur le tranquille chemin de l’abandon et de la sainteté. « Tes mains m’ont fait, Tu m’as pensée et créée et voulue. » Choix étonnant ! Des confins de la France, du petit village de Domremy, Dieu tire une jeune fille qui ne sait ni lire, ni écrire et en fait un général en chef. Certes, Jeanne a reçu une éducation chrétienne. Elle aime sincèrement Jésus et Marie. Sa charité est reconnue de tous. Est- ce suffisant pour libérer un peuple ?

Dieu la prépare à sa mission en développant en celle qui n’est encore qu’une enfant, une vie mystique hors du commun, sous la conduite de l’archange saint Michel. L’appel à un engagement personnel en vue de la libération de son pays résonne en son cœur.

Vie mystique, mission, ce n’est pas tout. Jeanne prononce le vœu de virginité, consacrant de manière exclusive sa personne à l’amour de Jésus. Sa force, elle la puisera dans les sacrements de l’eucharistie et de la pénitence, dans ses longs temps de prière silencieuse, de dialogue avec son Seigneur devant le Crucifix, ou encore avec Marie. Sa force, elle la puisera dans un Fiat à la volonté de Dieu : Fiat pour la gloire, Fiat pour la Croix.

Féconde, l’action de Jeanne l’a été. Un peuple défait et découragé relève la tête. Un roi est couronné. Le simple témoignage de vie de « la pucelle », c’est-à-dire la vierge, accomplit une véritable mission d’évangélisation.

Chef de guerre, Jeanne demeure artisan de paix ; une paix qu’elle propose au roi d’Angleterre et à ses hommes.

Après une année d’action intense, Jeanne est faite prisonnière par un écuyer bourguignon et vendue aux Anglais. Pour elle, commence le temps de la passion. Condamnée par des Français, jugée par un tribunal vendu aux théologiens de l’université de Paris, que va-t-il rester d’elle ?

Brûlée vive le 30 mai sur la place du Vieux Marché de Rouen, ses cendres sont jetées dans la Seine en même temps que son cœur que, à la stupeur de ses bourreaux, les flammes ardentes n’avaient pu consumer.

De Jeanne, il nous reste un message, et ce message est symbolisé par son anneau, témoin de l’union indéfectible à Dieu, à Jésus, à Marie, témoin d’une fidélité sans ombre.

Peu avant de mourir, Jeanne demande à l’un des prêtres de tenir devant le bûcher une croix de procession. Elle veut mourir en regardant le Crucifié, ou plus justement en se laissant regarder par lui. Elle meurt en prononçant plusieurs fois le Nom de Jésus, ou plus justement en laissant l’Esprit prononcer en elle ce Nom.

Féconde, Jeanne l’est encore. On affirme volontiers avec un brin d’ironie que « l’habit ne fait pas le moine. » Plus que quiconque, les moines sont bien placés pour savoir que c’est vrai. Il suffit de quelques secondes et de bien peu d’énergie pour revêtir un habit monastique. Il faut beaucoup de souffrance, beaucoup de don de soi, beaucoup de charité pour tenir bon au jour le jour, un an, dix ans, cinquante ans, une vie, devant Dieu, et pour se comporter à l’égard de chacun de ses frères comme un vrai moine.

Ce qui fait la grandeur d’un homme, ce n’est pas tant son œuvre que son être, et la communion de cet être avec Dieu. Jeanne révèle une vie cohérente dans les pires épreuves et les pires tentations. Elle a connu la gloire et la disgrâce, l’oubli de la part de ceux qu’elle avait si fidèlement servis à commencer par le roi qu’elle avait fait sacrer. Des ‘paraître’ si opposés n’ont pas atteint son être. Action et communion ne font qu’un. Dieu est resté fidèle à Jeanne, et Jeanne à Dieu.

La vie de Jeanne, à l’image de celle du Christ, témoigne que grandeur et petitesse se côtoient en notre bas monde. La petitesse n’est pas nécessairement là où elle paraît, et la vraie grandeur n’est pas non plus auprès de ce qui brille.

Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. (Lc 10,21)

Que Jeanne nous l’enseigne, à l’école des tout-petits qui ne connaissent qu’un combat : « Messire Dieu, premier servi. »

Amen. Alléluia.

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 24 Avril 2023

 

 

 

 

 

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SAMEDI 22 AVRIL

JOURNÉE MONASTIQUE POUR LES 75 ANS DE LA RESTAURATION DE L’ABBAYE

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 22 avril 2023)

 

Très Révérends Pères, chers Pères et Frères représentant les fondations de l’abbaye de Fontgombault,
Chers Frères et Sœurs,
Mes biens chers Fils,

Après le temps austère du carême, la liturgie renoue ce matin avec l’usage antique et monastique du samedi de Beata. En ce jour qui lui est consacré, les fils de saint Benoît en particulier ne se lassent pas de rappeler à Marie qu’elle est bienheureuse. Bienheureuse parce qu’elle a cru ; bienheureuse parce qu’elle a porté en son sein l’Enfant-Dieu ; bienheureuse parce qu’elle a reçu au pied de la Croix et accueilli en une maternité spirituelle la postérité innombrable des enfants des hommes. Après avoir enfanté le Verbe de Dieu à la vie en sa nature humaine, il lui revient désor- mais, en tant que corédemptrice, de nous enfanter à la vie éternelle au long des longues gestations de nos vies.

La scène qui décrit cet instant, où la parole du Crucifié confie cette mission à sa Mère, nous venons de la contempler. Tous les apôtres se sont dispersés. Seules Marie, la Mère de Jésus, Marie, la sœur de sa mère et femme de Cléophas, et Marie-Madeleine sont au pied de la Croix. Jean, « le disciple qu’il aimait » est là lui aussi.

Ils assistent au supplice. Stabat Mater dolorosa, aimons-nous à chanter. Le regard de Jésus se pose sur sa mère et sur le disciple aimé. Jésus s’adressant à sa mère lui dit simplement : « Femme, voici ton fils » ; puis au disciple : « Voici ta mère. »

Bientôt, le Seigneur va s’écrier :

« Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46)

Bientôt, il va remettre l’esprit. Alors que la violence arrive à son paroxysme et que les ténèbres sont déchaînées, Jésus ouvre son cœur à la détresse du monde en lui offrant simplement une Mère, sa Mère. Au cœur de la Passion, annonçant déjà les fleuves de miséricorde qui vont s’épancher de son côté transpercé, Jésus témoigne d’une insondable humanité.

Marie reçoit ces paroles comme elle avait reçu celles de l’ange Gabriel. Fiat de l’Annonciation, Fiat pour la Croix, Fiat pour tous ses enfants, c’est tout un. Fiat pour tout. Saint Jean n’évoque pas l’accueil de Marie à la parole de Jésus, il se borne à témoigner du sien : « À partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » (Jn 19,27)

Telle est l’invitation que le disciple aimé nous adresse : prendre Marie chez nous. Cette invitation, le Père Abbé Édouard l’a entendue et l’a transmise à ses enfants comme un précieux trésor à cultiver. Prendre Marie chez soi, ou plutôt, venir habiter chez Marie ; venir s’abreuver à la Fontaine d’Amour, Fons amoris, selon la devise qu’il a choisie pour cette maison, et dont il a écrit qu’elle lui avait été soufflée par Marie.

Le programme du Père Abbé, ou plutôt celui de Marie, il le partageait en conclusion de son toast lors du déjeuner qui suivait sa bénédiction abbatiale le 7 octobre 1953 :

Lui laisser faire de ce monastère dédié depuis toujours à sa glorieuse Assomption, et aujourd’hui ressuscité par elle, un joyeux foyer de vie mariale, une profession vivante du dogme de l’Assomption, un paradis d’enfance spirituelle, de simplicité dans la liberté des enfants de Dieu, une source jaillissante et intarissable d’eau vive, une éternelle fontaine d’amour. Fons amoris — donec lucescat dies.

Quelques années plus tard, il attendait aussi une pluie de roses du Père Xavier Forgeot, rappelé prématurément à la maison du Père, « première fleur, écrivait-il... cueillie pour lui par le Seigneur, dans ce jardin d’enfants qu’est, je l’espère, le beau domaine de sa Mère. »

Durant ces 75 ans, le beau domaine de Marie s’est étendu donnant naissance à Randol à la devise toute thérésienne : In corde Ecclesiæ, « dans le cœur de l’Église » ; à Triors, Domus aurea, « la Maison d’or », en allusion aux litanies de Lorette ; Donezan, Soli Deo et l’absolu de Dieu, notre tout ; Clear Creek avec le mystère de l’Annonciation (Ecce, Fiat) et enfin Wisques, où la devise de l’apôtre Paul, Scio cui credidi, fut d’abord celle de Marie, la Femme qui a toujours cru.

En considérant du haut du Ciel la fécondité de ces 75 ans, mais aussi les croix qui n’ont pas manqué sur le chemin, espérons que celui qui avait abandonné les rives de la Sarthe pour instaurer sur celles de la Creuse une maison qu’il voulait fidèle à l’héritage solesmien de Dom Guéranger, de Dom Delatte et de Madame Cécile Bruyère n’aura pas été déçu.

Aujourd’hui, chacune de nos communautés poursuit son chemin derrière le pasteur que Dieu lui a donné. À Randol, derrière Marie et le mystère de la Visitation, on se hâte dans les montagnes (Festinans in montana) ; À Triors, par le même chemin, on vise au plus profond du cœur de Dieu, Ad interiora velaminis ; à Donezan, l’espérance, Spes, fondée sur le Seigneur qui ne déçoit pas, préside au quotidien ; à Clear Creek, Nihil amori Christi, rien ne doit être préféré à l’amour de Dieu, selon la recommandation de saint Benoît ; enfin, le tout jeune abbé de Saint-Paul de Wisques a choisi Tuus sum, « Je suis tien », seule réponse possible à ce que le Seigneur lui-même nous a dit depuis si longtemps, et qu’il a dit aussi à sa Mère : « Je suis tien. »

Dans leur diversité, nos maisons veulent suivre le chemin de la vie monastique dans la simplicité des petits enfants, tendus vers les réalités d’en haut, dans l’attente du moment où paraîtra le grand jour, l’aube de l’éternité qui n’a point de fin.

En ce jour d’action de grâces, remercions le Seigneur pour les bénédictions qu’il s’est plu à répandre sur nos maisons durant ces 75 ans. Rendons grâces aussi pour tant d’actes de charité dont nous avons été parfois le sujet, parfois l’objet ; petits cailloux blancs sur les chemins de nos vies communautaires et personnelles déposés dans le cœur de Marie afin qu’ils fleurissent en joie éternelle. Ecce quam bonum et quam jucundum... Demandons aussi pardon pour les infidélités qui n’ont pas manqué ; tristesses communautaires et personnelles abandonnées dans l’espérance à la glorieuse et toujours Vierge Marie afin d’en être libérés. Confions-nous aussi à l’intercession de ceux d’entre nous qui ont gagné le ciel, et implorons miséricorde pour ceux que nous aimons et qui aujourd’hui seraient dans l’attente de la vision céleste au purgatoire.

À la suite du Père Abbé Édouard et de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, adressons un dernier appel à Marie :

Ô Mère admirable, présentez nos communautés, présentez chacun d’entre nous à votre cher Fils, en qualité d’esclaves éternels, afin que, nous ayant rachetés par Vous, il nous reçoive par Vous. Ô Mère de miséricorde, faites-nous la grâce d’obtenir la vraie Sagesse de Dieu et de nous mettre, pour cela, au nombre de ceux que Vous aimez, que Vous enseignez, que Vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves...

Amen. Alléluia.

 

 

" Maintenant, c'est bien simple pour aller à vous, et je fais souvent ce voyage: la prière, l'union en Celui qui est le Lien de toute affection, voilà mon mode de transport..."

ste Elisabeth de la Trinité. 

heureux et saint  anniversaire !

Alleluia, alleluia, alleluia ! 

Ph. 

 

 

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Publié le 11 Avril 2023

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Publié le 7 Avril 2023

 

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 22 Février 2023

 

 

 

MERCREDI DES CENDRES

 


Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 22 février 2023)

 


Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,


La décadence morale de l’humanité ayant pour conséquence l’affaiblissement et la disparition du respect dû à toute vie humaine, les scandales qui sans fin ébranlent les institutions les plus respectables, les maladies et virus en tout genre, contribuent largement à un sentiment diffus de profonde désespérance, d’inquiétude.

La condition humaine peut-elle aujourd’hui être enviée ? L’homme peut-il être aimé ? Peut-il s’aimer ? N’aurait-il d’autre issue que de rejoindre les rangs de ceux qui n’ont, comme religion, que la protection de la nature et la préservation absolue de la vie des animaux jusqu’à leur fin naturelle ? Oui, l’homme peut-il encore être aimé ? La question mérite d’être posée, alors que débute le temps de pénitence du carême.

 

Celui-ci s’ouvre en effet par le rite évocateur de l’imposition des cendres sur le front, associé à la formule : « Souviens-toi homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » La poussière est-elle aimable ?
 


La cendre, très en usage dans la plupart des religions antiques, fut souvent associée à la poussière comme en témoigne par exemple la traduction grecque de la Bible à partir de l’hébreu et appelée la Septante, car réalisée par 72 anciens, près de trois siècles avant la naissance de Jésus-Christ. En hébreu, les deux mots ‘âphâr, « poussière », et ’éphèr, « cendre », sont phonétiquement très proches. Cela correspond bien au génie de la langue hébraïque, qui exprime volontiers une seule idée par deux mots sémantiquement proches, et plus volontiers encore s'ils sont phonétiquement proches.


La cendre symbolise tout à la fois, et le péché de l’homme et sa faiblesse. Au seuil de ces jours, écoutons Isaïe appeler l’idolâtre un « amateur de cendres. » (Is 44,20) De lui, le Sage dit : « Cendres, que son cœur ! Plus misérable que la poussière, sa vie ! » (Sg 15,10) Comment ne pas recevoir ces paroles, nous qui oublions si facilement notre condition de pécheur. Ô homme, si tu acceptes de te souvenir que tu es poussière, quelles sont donc tes idoles ? Quels sont les actes, les manières de penser, de voir, les compromissions qui, dans ta vie, ne plaisent pas à Dieu, et dont au fond tu ne prends pas, ou tu ne veux pas prendre, les moyens de te séparer ?

 

Quelles perspectives pour le pécheur endurci ? La Bible n’hésite pas à affirmer que les orgueilleux se verront « réduits en cendre sur la terre » (Ez 28,18), et que les méchants seront piétinés comme cendre par les justes. (Ml 3,21)
En face de l’homme hautain, se tient aussi celui qui reconnaît sa condition, qui accepte sa faute. Tel est Ben Sirac : « De quoi pourrait s’enorgueillir celui qui est terre et poussière, affirme-t-il, alors que ses entrailles pourrissent déjà de son vivant ? » (Si 10,9)


Le chemin du désespoir, qui semble la seule issue pour le vivant, n’est pourtant pas selon le plan Dieu. Souvenons-nous de l’intercession d’Abraham pour les pécheurs de Sodome, et de l’interminable tractation en vue d’éviter la destruction de la ville. Oserons-nous nous adresser à Dieu ? Abraham le fait : « J’ose encore parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre. » (Gn 18,27)​​​​​​

 

Rappelons-nous, avant de commencer le temps d’entraînement du Carême, que la Bible est animée d’une ferme conviction : l’audience de Dieu n’est jamais fermée à qui se reconnaît pécheur et implore le pardon. Au long de ses pages, la misère humaine apparaît comme un titre à implorer la miséricorde.


Déjà retentissent à nos oreilles les échos de l’Exsultet pascal : « Ô heureuse faute qui nous a valu un tel rédempteur. »

Tout homme devenu par sa faute fils de colère, se souvient qu’il a été appelé à renaître dans les eaux du baptême. Il se rappelle que les flots de la miséricorde divine ne demandent qu’à irriguer toute vie.


Pouvons-nous tergiverser ?

L’appel du Seigneur retentit ce matin par la bouche du prophète Joël :


Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment.

(2, 12-13)


Telle est la carte d’identité de Dieu : il est le tendre, le miséricordieux ; celui qui est lent à la colère et plein d’amour.

 

Que Marie, Mater dolorosa, nous garde au pied de la Croix.

Ayez pitié de nous, Seigneur ! Saint, vrai et joyeux Carême.

 


Amen.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 15 Août 2022

 

 

photo petit placide . 

 

 

 

 

+ ASSOMPTION

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 15 août 2022)

 

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

Misericordia ejus a progenie in progenies.

Sa miséricorde s’étend d’âge en âge. (Lc 1,50)

La fête de l’Assomption nous plonge dans un mystère omniprésent, incompréhensible et libérateur : le mystère de la miséricorde de Dieu.

Omniprésent parce que le monde ruisselle de ce mystère, à l’œuvre en tous lieux et dès l’origine du temps.

L’œuvre de la création en effet est œuvre de pure miséricorde, non pas de justice. L’univers avant d’être créé ne pouvait être dû ni à l’homme qui n’existait pas, ni à Dieu qui n’en avait pas besoin, déjà comblé qu’il était par lui-même en sa gloire essentielle.

En choisissant dans sa création un être, l’homme, et en l’invitant de façon purement gratuite à une communion de vie avec lui, Dieu accomplit un nouvel acte de miséricorde.

Après le péché et la rupture avec Dieu, l’homme, seul et perdu, ne pouvait rendre justice à Dieu, son créateur. A travers le mystère de la Rédemption, Dieu recrée sa créature blessée.

L’oraison du dixième dimanche après la Pentecôte nous rappelle ce mystère en s’adressant à Dieu qui manifeste sa toute-puissance en pardonnant et en faisant miséricorde.

Un mystère omniprésent, un mystère incompréhensible aussi, car nos vies témoignent trop souvent que notre cœur préfère mettre en œuvre la justice bien plus que la miséricorde. Le Seigneur, lui, nous engage à être miséricordieux comme le Père est miséricordieux. (cf Lc 6,36)

Un mystère omniprésent et incompréhensible, un mystère aussi libérateur. Combien de fois depuis notre enfance avons- nous déposé le fardeau de nos vies au cours du sacrement de pénitence, afin de recevoir le pardon du Seigneur par le ministère du prêtre.

Mais qu’en est-il pour Marie ? De tous les enfants des hommes, Marie la toute pure est celle qui a bénéficié de la miséricorde de Dieu dans une mesure unique. Dieu a décuplé pour elle sa puissance.

Comme créature, elle était dans la pensée de Dieu avant même que le monde fût créé. L’Église aime à le rappeler, en lui appliquant un verset tiré du livre des Proverbes :

Nondum erant abyssi et ego jam concepta eram – Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée. (8,24)

Mais puisant dans les trésors inexplorés de sa miséricorde, Dieu lui réservait un privilège unique : dès le premier instant de sa conception, la Sainte Vierge a été préservée de toute atteinte du péché originel, en considération des mérites de la Passion de son Fils, et afin d’offrir à celui-ci une demeure digne de lui aux premiers instants de sa vie terrestre.

Peut-être pourrait-on oser dire que Dieu, voulant s’incarner dans le sein d’une vierge, souhaitait bénéficier avant l’heure des conséquences de son œuvre de rédemption. Destiné à subir dès sa naissance le rejet et la méchanceté des hommes, il s’est incarné dans le sein paisible d’une Vierge, et a goûté durant neuf mois la maternelle et douce protection d’une enceinte toute pure, toute belle. En Marie, Dieu s’est complu d’une manière unique.

L’Evangile est aussi le témoin de cette complaisance qui s’est poursuivie durant toute la vie publique du Seigneur. Nous pourrions évoquer le miracle des noces de Cana, ou encore l’émerveillement de Dieu devant celle qui, mieux que tout autre, gardait la Parole et la mettait en pratique.

Mais c’est certainement aux derniers instants de la vie de la Vierge de Nazareth qu’il nous faut contempler le couronnement de l’œuvre de miséricorde de Dieu à son égard.

Saint Augustin a écrit :« Vous nous avez fait pour vous, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il se repose en vous. » (Les Confessions, I, 1)

Ces lignes s’adressant à Dieu nous concernent aussi. Nous avons été créés par Dieu et pour Dieu, et nous sommes appelés à vivre chaque instant de la vie qui passe avec lui. C’est dans cette communion de notre vie avec la vie divine que toute vie humaine trouve son repos, sa joie, sa fin.

Il s’en faut de beaucoup que chaque instant de nos vies soit un moment d’amitié avec Dieu. Le corps et l’âme demeureront rebelles jusqu’au dernier instant. Même en possession de la grâce de la communion dans l’instant présent, nous savons que celle-ci pourra toujours s’approfondir jusqu’au moment de la vision de Dieu face à face. Aucune créature ne peut bénéficier sur terre d’un parfait repos.

Il en allait ainsi pour Marie. Plus que tout autre, elle désirait la plénitude de repos de la vision face à face. Toute sa vie cependant a été la parfaite communion d’une créature avec son créateur. Son âme et son corps demeuraient dans la paix. La mort pouvait-elle, ne serait-ce qu’un instant, interrompre cette communion, cette paix ?

Le Pape Pie XII, en promulguant le dogme de l’Assomption, enseignait de foi définie que Marie au dernier instant de sa vie terrestre est montée corps et âme au Ciel. Ainsi, elle a gagné le lieu de son dernier repos. Et ce repos lui a été accordé en plénitude : repos de l’âme et repos du corps, couronnement de gloire.

En ce qui nous concerne, si notre âme est appelée à se reposer en Dieu dès l’instant de notre mort, nous ne retrouverons nos corps qu’au moment de la résurrection des corps, à la fin des temps.

Pour Marie et par pure miséricorde, cette grâce a été accordée dès l’instant de sa mort. D’une façon un peu imagée et en prêtant à Dieu des sentiments humains, on pourrait affirmer que Dieu, impatient de voir près de lui la plus belle de ses créatures, a accordé à Marie le privilège du couronnement de gloire à l’instant même du terme de sa vie terrestre.

Au ciel désormais, Marie intercède sans relâche pour nous. Celle qui a toujours dit « Oui » à Dieu, n’ignore pas que si Dieu a multiplié en elle les trésors de sa miséricorde, c’est afin qu’elle apprenne à ses enfants à prononcer leur « Oui » à Dieu, le « Oui » libérateur. Dieu pour cela a voulu s’associer l’aide d’une femme, le cœur d’une Mère.

Comme le proclame le passage du livre de Judith que l’Église applique ce matin à Marie, la Vierge de Nazareth a été bénie « par le Dieu Très-Haut, plus que toutes les femmes de la terre. » (13,18)

Elle est « la gloire de Jérusalem, l’orgueil d’Israël, de Dieu, la fierté de notre race. » (15,9) Elle est surtout la gloire et la Mère de l’Église ; notre gloire et notre Mère.

Avec elle, chantons sans fin les miséricordes de Dieu répandues sur son humble servante.

Amen, Alleluia.

 

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Publié le 29 Juin 2022

 

 

 

 

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SAINT PIERRE ET SAINT PAUL

 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 29 juin 2022)

 

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 

Dans une même solennité, l’Église unit saint Pierre, un pêcheur de Galilée, choisi par le Seigneur comme chef des apôtres et pierre fondamentale de l’Église, et saint Paul, citoyen romain né à Tarse en Cilicie qui, de persécuteur des premiers chrétiens, va devenir l’intrépide prédicateur de l’Évangile.

Quel chemin parcouru pour Pierre depuis le premier appel du Seigneur au bord du lac de Tibériade ! Quelle conversion pour Paul depuis la chute du chemin de Damas !

En fêtant aujourd’hui Pierre et Paul, l’Église nous invite à contempler la sainteté en acte, la sainteté qui, de la première rencontre avec le Christ, s’épanouit à travers les épreuves pour atteindre sa maturité dans le martyre de l’un et de l’autre. Chemin de sainteté pour Pierre et Paul, chemin de l’Église qui grandit en ses membres, notre chemin aussi.

Alors que beaucoup de chrétiens, considérant l’Église comme en soins palliatifs, veulent la mettre à l’heure du monde et de la mondanité afin qu’elle survive, souvenons-nous que l’Église demeure signe de contradiction. Non seulement sa survie, mais d’abord sa vie, ne dépendent que de Dieu. Revenir aux premiers temps de sa longue histoire doit nous permettre de tirer quelques leçons.

La délivrance de Pierre est un signe puissant et n’est pas sans lien avec la situation de beaucoup de chrétiens dans le monde. Il y a bien des prisons et bien des façons d’être retenu en prison. Pierre est dans une situation sans issue : à la suite de l’arrestation de plusieurs disciples et de la mort de Jacques, Hérode fait arrêter Pierre. Rien moins que quatre escouades de quatre soldats sont députées à sa garde. On ne lésine pas quand il s’agit de faire taire l’Église ! Pourtant, le Seigneur va se jouer de la garde.

Remarquons que la délivrance de Pierre ne se fait pas sans la prière de tous : « Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. » (Ac 12,5)

L’ange qui apparaît à Pierre est prévenant : « Lève-toi vite... Mets ta ceinture et chausse tes sandales... Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. » Ces derniers mots n’ont-ils pas évoqué pour Pierre l’appel si souvent entendu dans la bouche du Seigneur depuis le premier jour : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » (Mc 1,17)

Ce jour-là, ce n’était pas une prison que Pierre avait quittée. C’était des filets, ses filets qui le retenaient près du lac aimé et qu’il abandonnait. Il les abandonnait pour se charger d’autres filets, dans lesquels il prendrait des hommes ; heureux filets conduisant à l’heureuse prison de la vie avec Dieu.

Mais tendre des filets ne suffit pas à la mission. L’Évangile rapporte l’étonnante question du Seigneur : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Les réponses sont variées : Jean le Baptiste, Élie, Jérémie, l’un des prophètes. Le Seigneur poursuit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond alors : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Jésus dit alors : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. »

De quoi Pierre peut-il se féliciter ? D’avoir dit une belle parole ? Non, cette parole ne vient pas de lui : ce n’est pas la chair et le sang qui lui ont révélé cela. Pierre doit en revanche se réjouir que Dieu lui ait donné la lumière et qu’il ait été docile à cette lumière. Tout vérité vient de Dieu par l’Esprit qui illumine. Pierre a reçu la lumière et peut ainsi illuminer ses frères.

Jésus conclut : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. » La mission de Pierre est de fortifier ses frères par la parole venue de Dieu.

Dans l’épisode de la délivrance de Pierre, c’est encore Dieu qui agit. Pierre sort derrière l’ange, sans savoir si tout ce qui arrive est bien réel, convaincu qu’il ne s’agit que d’une vision. Mais les faits sont sans conteste : « Le Seigneur a envoyé son ange. »

Les textes de la fête des deux colonnes de l’Église sont un stimulant et invitent à rajeunir notre foi et notre espérance. Le Seigneur est le Dieu fidèle. Il protège son Église et veille sur le successeur de Pierre, afin que sa foi ne défaille pas.

Pour autant, le Seigneur n’épargne pas à son Église les épreuves, comme l’attestent les premiers siècles de son histoire. À travers ces épreuves, elle offre au monde de manière ferme, mais non pas arrogante, le message qu’elle a reçu de son Seigneur par le ministère des apôtres, demeurant ainsi une, sainte, catholique et apostolique.

Un récent document de la Commission théologique internationale consacré à la synodalité affirmait :

L’Église est une parce qu’elle a sa source, son modèle et sa finalité dans l’unité de la Très Sainte Trinité...

L’Église est sainte parce qu’elle est l’œuvre de la Très Sainte Trinité (cf. 2 Co 13,13) : sanctifiée par la grâce du Christ qui s’est donné à elle comme l’Époux à son Épouse (cf.Eph5,23), et vivifiée par l’amour du Père répandu dans les cœurs par le Saint-Esprit (cf. Rm 5,5).

L’Église est catholique parce qu’elle garde l’intégrité et la totalité de la foi (cf. Mt 16,16) et qu’elle est envoyée pour réunir en un seul Peuple saint tous les peuples de la terre (cf. Mt 28,19).

Elle est apostolique parce qu’elle est édifiée sur le fondement des Apôtres (cf. Ep 2,20), parce qu’elle transmet  fidèlement la foi de ceux-ci et parce qu’elle est enseignée, sanctifiée et gouvernée par leurs successeurs (cf. Ac 20,19).

(La synodalité dans la vie et la mission de l’Église 1, n°45)

Il semble important de rappeler ces vérités, alors que beaucoup de chrétiens envisagent le chemin synodal comme le moyen de faire passer dans l’Église et dans son enseignement les idées du monde. L'idéologue est incapable de synodalité, car il est incapable d’écouter l’Esprit. Et il y a aussi dans l’Église beaucoup d'idéologie. L’Église se rajeunit non dans la compromission avec le monde, mais dans la vérité reçue de l’Esprit.

Demeurons convaincus que, comme il a suscité les premiers apôtres et les premiers croyants, comme il a édifié l’Église, Dieu poursuit son œuvre à travers les misères des hommes de notre monde et à travers nos pauvretés. Il trace pour ceux qui veulent le suivre une route de lumière. Aujourd’hui comme toujours, Dieu répand en abondance son Esprit et il envoie ses anges. Heureux es-tu, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela ! Enfin et surtout, le Christ nous confie à sa Mère.

Mater Ecclesiae, ora pro nobis.

Amen.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Juin 2022

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout d'abord, notre cœur doit être un trésor. C'est Dieu lui-même qui a doté notre cœur de tant de joyaux précieux : les vertus théologales et morales, les dons de l'Esprit Saint, les dons spécifiques et les talents qu'il a donnés à chacun de nous pour le bien commun.

Les gens doivent pouvoir trouver en nous une réserve de toutes les attitudes divines que Notre Seigneur a apportées sur la terre. Aucune personne qui nous rencontre ne devrait repartir sans avoir été enrichie. Comme l'a dit un jour le pape Benoît XVI : "Si je ne donne pas Dieu aux autres, je ne donne pas assez".

En effet, si nous aimons vraiment notre prochain, nous devrions vouloir lui donner le meilleur.

D'autant plus que nous vieillissons et que nous voyons que nous approchons rapidement de la fin de notre route terrestre et que nous voulons laisser quelque chose de précieux à ceux que nous aimons, nous devrions avoir l'intention de leur léguer le meilleur, et ce meilleur ne peut être que Dieu lui-même dans notre cœur et les immenses trésors de grâce et de bons exemples qu'il nous donne pour que nous puissions les partager.

Lorsque nous quittons cette vie, nous voulons que d'autres personnes puissent dire qu'elles ont vu Dieu lui-même en nous et qu'elles ont été enrichies par ce trésor.

 

Notre cœur doit être une fontaine d'où jaillissent la vie et l'amour.

 

De même qu'une fontaine ranime le voyageur assoiffé et lui donne le courage d'avancer, de même notre cœur ne doit jamais cesser de déverser le meilleur de nous-mêmes, de notre vrai moi, ce vrai moi qui ne se trouve qu'en Dieu et dans la communion avec le Sacré-Cœur.

Si nous restons au niveau de notre moi superficiel et que nous ne donnons que nous-mêmes, nous donnons peu ou rien.

Si nous sommes parvenus à trouver notre vrai moi dans le Cœur de Notre Seigneur, alors nous pouvons nous donner aux autres et de notre cœur jailliront des actes innombrables de toutes les vertus qui seront comme une pluie douce sur une terre desséchée.

notre cœur doit être un encensoir.

Que met-on dans un encensoir ? De l'encens. Mais avant de mettre l'encens, il faut que des charbons ardents soient allumés. S'il n'y a pas de charbons ou s'ils ne sont pas chauds, l'encens ne brûlera pas et ne pourra pas dégager le doux parfum des vertus. C'est ainsi que notre cœur doit être en feu d'amour pour Dieu. Comme le Cœur de Jésus, la "fournaise ardente de la charité", comme nous le disons dans les litanies, notre cœur doit être enflammé d'amour. Comment cela se fait-il ? C'est très simple.

C'est un feu qui s'allume comme tout autre feu, au contact des flammes. Si nous restons près du Cœur de Notre Seigneur dans le Saint Sacrement, nous nous réchauffons peu à peu nous-mêmes, et si nous persévérons, nous pourrions bien devenir rouges de zèle pour sa gloire et pour le salut de notre prochain.

Ne perdons pas patience si nous avons froid. Restons près du feu. Certaines bûches mettent beaucoup de temps à sécher et à prendre feu. Certaines âmes ont besoin de plus de temps que d'autres. Persévérons et le feu viendra, et alors le Seigneur pourra verser son encens le plus exquis sur notre cœur, et nous dégagerons un parfum de vertu enivrant qui inspirera tous ceux qui nous rencontreront. De plus, de notre cœur s'élèvera une prière continuelle qui sera comme le sacrifice du soir qui plaît tant à Dieu tout-puissant.

Si nos cœurs sont accordés au cœur du Christ, ils seront comme la harpe d'or qui émet des mélodies exquises pour ravir le cœur de Dieu lui-même et de tous ceux qui les entendent. Quelles sont ces mélodies si ce n'est les hymnes de louange et d'action de grâce que nous chantons tout au long de la journée et les paroles de grâce que l'Esprit Saint lui-même met sur nos lèvres pour l'édification des autres ?

Sainte Elisabeth de la Trinité nous parle d'un autre air, parmi les plus parfaits, celui du cœur qui accompagne Notre Seigneur dans sa douleur et son angoisse : si nous imitons sa passion, nous comprenons que c'est dans la souffrance que le cœur s'épanouit pleinement, car ce n'est que dans la souffrance qu'il se dépouille de lui-même et qu'il peut faire le don total de lui-même aux autres sans courir le risque d'un quelconque égoïsme.

Enfin, sur l'autel de notre cœur, comme sur le Cœur du Christ, nous apprendrons à sacrifier tout ce qui nous est cher et nous-mêmes avec lui en holocauste à la Majesté divine.

N'oublions pas que l'holocauste est une victime entièrement consumée : il n'en reste rien pour celui qui l'offre, elle est totalement livrée à Dieu pour témoigner de son domaine souverain et absolu sur toute la création. Si nous atteignons le stade où il nous est donné de faire ce sacrifice ultime, alors nous saurons que notre cœur est vraiment devenu un autel sur lequel Dieu est glorifié, et les fruits de ce sacrifice atteindront de nombreuses âmes. 

Si ce programme semble déconcertant, tournons-nous vers Marie, invoquée comme Notre-Dame du Sacré-Cœur. C'est elle qui entretiendra le trésor dans nos cœurs, qui nous donnera d'être une fontaine vivifiante, qui tiendra les charbons chauds et versera l'encens ; enfin, elle nous apprendra à ravir le Cœur de Dieu et des hommes par la douce musique qu'elle inspirera elle-même, et ainsi toute notre vie sera consumée sur l'autel pour la gloire de Dieu et le salut de nombreuses âmes. Fiat.

notre Dame Priory 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 6 Juin 2022

 

 

 

 

 

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PENTECÔTE
Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 5 juin 2022)


Audivimus eos loquentes nostris linguis magnalia Dei


Nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu.

(Ac 2,11)

 


Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,


Saint Benoît achève le très court chapitre 19e de sa Règle, consacré à la manière de psalmodier, par un souhait : « Que notre esprit soit à l’unisson de notre voix ».
Après avoir rappelé avec le psalmiste le devoir des moines de chanter le Seigneur en présence des anges et avec crainte, il conclut : Considérons donc comment il faut être sous le regard de la divinité et de ses anges, et tenons-nous pour psalmodier de telle sorte que notre esprit soit à l’unisson de notre voix.


Ces lignes valent pour la tenue du moine au chœur. Elles valent pour toute sa vie et plus généralement pour toute vie humaine qui se déroule sous le regard de Dieu. Elles concernent évidemment toutes les dimensions de la vie: privées et publiques, familiales et professionnelles. Dans le domaine du travail, elles s’appliquent aussi à tous les hommes, et en particulier aux hommes politiques au service de la cité ; aux journalistes qui ont pour mission de porter à la connaissance de leurs concitoyens les événements marquants ; enfin aux hommes d’Église au service de l’œuvre de Dieu dans les âmes.


Vivre sous le regard de Dieu est exigeant, car Dieu ne se laisse pas éblouir par le paraître. Seul l’être profond l’intéresse. Saint Benoît fustige donc l’attitude hypocrite de celui qui dissimule sa véritable personnalité, affectant des sentiments, voire des vertus, qu’il n’a pas. L’homme qui, jour après jour, mène courageusement le combat de la droiture, de la loyauté, de la vérité, honore durant sa vie Dieu qui est la Vérité même et se sanctifie.


En ce matin de Pentecôte, le souhait de saint Benoît invite tout homme à examiner son propre cœur. Demandons les uns pour les autres, demandons pour les législateurs, demandons aussi pour nos familles, pour notre pays et pour le monde, la grâce d’une vie cohérente. « Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais. » (Mt 5,37)
 

Les paroles du Seigneur rapportées par saint Jean et que nous venons d’entendre sont effrayantes : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » (Jn 14,27)

Pourrait-il exister plusieurs paix ? L’hypocrite, de fait donne une fausse paix, et le monde est hypocrite. Celui qui donne une fausse paix ne souhaite que profiter de son semblant de don. Le Christ, lui, fait le don gratuit de sa paix. Donnant sa paix, il donne la vie. Dieu donne pour libérer et vivifier.
Mais comment recevoir ce don inestimable de la paix et de la vie de Dieu ?

Depuis l’Ascension et jusqu’au terme de l’octave de la Pentecôte, l’Église invite ses enfants à demander sans relâche le don de l’Esprit.


Lui, est l’unique dispensateur de tous dons, l’hôte très doux des âmes. De lui, nous implorons le repos dans le labeur, le réconfort dans les pleurs.

Qu’en ces jours, cette lumière bienheureuse remplisse jusqu’à l’intime de nos cœurs. Sans lui, il n’est rien dans aucun homme qui ne soit perverti. Par lui, le cœur souillé est lavé ; le cœur insensible devient vulnérable et généreux ; le cœur blessé est guéri. A sa chaleur, l’esprit raide s’assouplit, et dans sa lumière, la volonté tortueuse se rectifie. Vivre selon l’Esprit, c’est s’assurer le salut final et le don de la joie éternelle.
 

Mais ce n’est pas tout. Si nos bouches multiplient en ces jours les Veni, combien plus nos cœurs, à l’unisson de nos voix, doivent-ils aspirer eux aussi au don de l’Esprit.


Selon l’enseignement constant des pères du désert, ces premiers moines, la vertu qui plaît le plus à Dieu est la pureté du cœur. Un cœur pur est un cœur simple, sans duplicité ; un cœur qui ignore le murmure, un cœur doux et généreux ; un cœur libre qui, en tout, ne cherche et n’attend que Dieu. Cette pureté du cœur, qui est déjà un don de l’Esprit, appelle une nouvelle effusion de l’Esprit dans le cœur des fidèles.


Marie, la comblée de grâces, a reçu les dons de l’Esprit dans une mesure unique.


Ainsi parée, elle n’a pas eu besoin d’attendre le Ciel pour vivre déjà de joies éternelles. Sa vie n’a été que Magnificat, comme elle a aimé le chanter : un Magnificat pour le passé, un Magnificat pour le présent, et un Magnificat pour l’avenir. Oui, Dieu s’est penché sur son humble servante. Pour elle, il a fait des merveilles. Aussi en tout temps, son âme exalte le Seigneur et son esprit exulte en Dieu son Sauveur. Bien avant les Apôtres, Marie, emplie de l’Esprit-Saint, chante les merveilles de Dieu. Déjà, elle contemple les trésors de la miséricorde divine à l’œuvre dans la vie de ceux qui craignent Dieu.
Par son Fiat, à travers le don du Saint-Esprit qui l’a couverte de son ombre, Marie a reçu par anticipation le don de l’Esprit que les Apôtres ont reçu au jour de la Pentecôte. Voici en effet qu’un vent violent remplit la maison. Des langues semblables à du feu apparaissent, se partagent et se posent sur la tête de chacun des disciples. Fortifiés par le don de l’Esprit, les Apôtres annoncent sans crainte les merveilles de Dieu et tous, d’où qu’ils proviennent, comprennent dans leur propre langue.


Ces merveilles dont les Apôtres témoignent, c’est en premier lieu Dieu lui-même, c’est le mystère pascal aussi. Ces merveilles, ce sont aussi les fruits de l’Esprit que le Seigneur se plaît à faire germer dans le cœur de ses amis : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi.
Ceux qui, quelques jours plus tôt, se lamentaient de la mort de leur Maître, sont devenus dans le feu de l’Esprit les ardents et intrépides prédicateurs de l’Évangile.


Dieu n’est pas avare de ses dons. Jésus n’a eu de cesse de mettre le feu au monde ; mais seuls s’enflamment les cœurs purs.
Implorons à nouveau la venue de l’Esprit. Offrons à Dieu des vies sans droit de reprise. A la suite de Marie, des Apôtres, des premiers disciples et des premiers moines, devenons toujours plus, au sein de nos familles, de nos communautés, de la société et du monde, par la mise en pratique des fruits de l’Esprit à temps et à contre-temps, les prédicateurs crédibles de l’Évangile que tous attendent.
Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour !

Amen. Alleluia !

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Rédigé par Philippe

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Publié le 26 Mai 2022

 

 

 

 

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ASCENSION

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 26 mai 2022)

 

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

S’il n’est pas permis de douter que beaucoup, parmi nos contemporains, chrétiens ou non, voient dans la fête de l’Ascension le motif traditionnel d’un pont bien apprécié, il est tout aussi clair qu’à côté des solennités de Pâques et de la Pentecôte, l’Ascension semble tenir pour de nombreux chrétiens un rang second.

Dans la nuit pascale, nous avons célébré le triomphe de la vie sur la mort. Mais le Christ vainqueur du tombeau n’a pas gardé pour lui le trophée de sa victoire. A travers le baptême, il nous associe à sa résurrection. Vivant de sa vie, avec lui constamment, nous passons des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie.

Lors de la Pentecôte, l’Esprit, qui jadis sous la forme de langues de feu avait reposé sur chacun des disciples, vient aussi sur nous, pour établir en nous sa demeure.

Mais quel est le mystère qui couronne cette fête de l’Ascension ? Ne serait-elle que le souvenir de l’événement vécu par quelques disciples qui ont vu le Seigneur s’élever en son corps au Ciel ? Alors que le Seigneur siège avec son corps de gloire marqué par les stigmates de la Passion à la droite du Père, les apôtres, déjà privés du contact constant avec le Seigneur depuis le soir du Jeudi-Saint et l’arrestation au jardin des Oliviers, ne bénéficieront plus désormais des apparitions si aimables du Maître, commencées au jour de Pâques.

Les lectures de ce matin invitent pourtant à l’attention.

L’événement de ce jour y est rapporté dans des versets tirés du premier chapitre du livre des Actes des Apôtres et du dernier chapitre de l’Évangile selon saint Marc. Saint Luc fait égale- ment mention de cet événement à la fin de son Évangile, établissant ainsi une transition avec le premier chapitre du livre des Actes des Apôtres dont il est aussi l’auteur. Saint Matthieu, sans mentionner l’événement, le sous-entend.

L’Ascension apparaît comme un événement charnière, marquant le terme de la présence corporelle du Seigneur auprès de ses disciples, et ouvrant une nouvelle période de la vie de l’Église, objet du livre des Actes des Apôtres.

L’Évangile avait commencé par la bonne nouvelle de la naissance d’un enfant du nom de Jésus : Dieu sauve. Dieu se fait Emmanuel. Il vient chez nous. La fête de l’Ascension prend donc place dans l’histoire des rencontres de Dieu avec l’humanité. Le Fils est venu nous visiter en sa nature humaine et aujourd’hui, il remonte vers son Père.

Déjà, au paradis, Dieu se plaisait à venir à la rencontre de l’homme. L’homme, fait pour Dieu et ne trouvant son repos qu’en lui, était comblé par ces rencontres.

Chassée du paradis, la lignée humaine n’a pas porté long- temps la fierté de sa révolte. La haine et la guerre ont occupé, et occupent toujours nos horizons. Les conséquences de la blessure première demeurent, quand ce n’est pas la blessure elle- même. Le cœur humain est tiraillé entre l’amour pour l’auteur de toute vie, et le mépris envers celui qui prétendrait limiter une vie devenue folle. Et Dieu n’est pas le seul à limiter cette folie humaine : c’est l’autre, s’il est gênant ou vulnérable, c’est l’enfant dans le sein maternel, qui bien souvent est de trop, c’est la nature elle-même qui se rebelle.

Face au désastre, Dieu aurait pu abandonner l’homme, le détruire.

Non, il lui offre sa paix, leitmotiv des apparitions du Seigneur : « La paix soit avec vous. » Déjà saint Jean avait mentionné ce don inestimable dans le discours après la Cène :

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. (Jn 14,27)

La paix de Dieu est notre consolation. Elle devient notre paix. Ce don une fois communiqué et partagé, la présence du Seigneur n’était plus nécessaire. Sa mission était accomplie.

Désormais, c’est aux disciples que va revenir le rôle de répandre la paix venue du Ciel.

Remarquons que saint Matthieu, saint Marc et saint Luc, ne se limitent pas à évoquer l’élévation au Ciel du Seigneur. Ils rappellent que l’Ascension a été pour le Seigneur l’occasion de deux actes : réprimander les disciples pour leur dureté de cœur, et les confirmer dans la mission de porter le message de l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre. Le message de l’Ascension, ultime testament du Seigneur remis aux disciples, tient en deux mots : croire et transmettre.

Dans la lumière de ce saint jour, alors que nous nous souvenons de l’Ascension et que le cierge pascal déjà éteint va disparaître, nous avons à recevoir ce message du Seigneur, et à le faire nôtre : croire et transmettre.

Les dernières lignes de l’Évangile selon saint Marc attestent que les disciples ont mis en œuvre la mission reçue du Seigneur :

Ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. » (Mc 16,20)

Ces lignes retraçant les premiers pas de l’Église témoignent aussi de la fidélité de Dieu : « Le Seigneur travaillait avec eux. » Dans son discours après la Cène, Jésus s’était adressé aux disciples dans des termes sans équivoques :

Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous (Jn 14, 13-16)

La fête de l’Ascension n’est donc pas seulement le rappel amer d’un au revoir. Elle est au point de départ d’un nouveau mode de présence du Seigneur à ses disciples et à tout homme de bonne volonté.

Recevons la réprimande faite aux disciples quant à leur dureté de cœur. Combien est-il plus difficile pour nous de croire, alors que nous ne voyons pas !

Le Christ demeure fidèle. A la droite de Dieu, il prie le Père d’envoyer le Paraclet, l’Esprit-Saint, sur ses amis. En ces jours qui précèdent la fête de la Pentecôte, notre prière est appelée à rejoindre celle du Fils. Forts du don de l’Esprit, attentifs à mettre en œuvre les paroles du Seigneur, nous partirons en mission à la suite des disciples, nous vivrons en vrais croyants et rayonnerons notre foi à la plus grande gloire de Dieu.

Veni Sancte Spiritus !

 

Amen, Alleluia.

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Rédigé par Philippe

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