St Jean le Baptiste.
Publié le 9 Décembre 2012
L'expression: "Annoncez-nous si c'est vous-même qui devez régner..." est bien faite pour nous rappeler Jean-Baptiste, puisqu'il envoya précisément de ses disciples poser cette question à notre Seigneur.
De surcroît, à la fin de ce même passage évangélique, Jésus conclut lui-même:" Tous les prophètes, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu'à Jean."
Il est "cet homme envoyé de Dieu, pour rendre témoignage" (Jn I,6-7); mais d'une façon nouvelle et plus directe, ainsi que le déclare l'hymne de Paul Diacre, chantée en la fête de la Nativité de ce Jean-Baptiste "L'astre que les autres prophètes avaient seulement espéré, lui le montre du doigt quand il déclare: Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde."
Il est donc tout normal que la Liturgie nous prépare à Noël en évoquant cette rude figure, conjointement avec celle de la Vierge Marie. En elles deux convergent et aboutissent les préparations de l'Ancien Testament, et l'on ne doit point s'étonner si l'on retrouve en eux, portés à leur plus haut degré de pureté antinomique, les deux thèmes que nous avait déjà enseignés Isaïe.
Que nous dit Jean-Baptiste en effet:"Au milieu de vous il est quelqu'un que vous ne connaissez pas.
Celui qui vient après moi..." "Il faut que Lui grandisse, et que moi, je décroisse..." "Nul ne peut rien s'attribuer qui ne lui soit donné du ciel." (Jn I,26 ; III, 30 et 27)
En somme, il souligne à tout propos le caractère surnaturel et divin du Salut qui nous vient en Jésus. Ce faisant, il est bien dans la ligne du redoutable prophète que fut Elie, dont il fait revivre l'esprit.
Cependant, tout en se référant lui-même implicitement à l'oracle de Malachie sur le retour d'Elie, le Baptiste se réclame plus expressément encore d'Isaïe, quand il se dit cette Voix qui avertit les hommes de la proximitié du Messie en criant:" Fuyez dans le désert la route de Yahvé! Aplanissez le chemin du Seigneur. Que tout vallon soit élevé et toute montagne abaissée." (Is. XI, 3-4)
Il y a donc une façon de préparer la venue du Seigneur. On sait même, d'après les exemples que nous en a conservés saint Luc en son Evangile (III, 7-18) que le Précurseur était un "Directeur de conscience" exigeant, qui prescrivait fermement d'être juste, et de "produire des fruits qui soient dignes du repentir."
...
Qu'est-ce en effet que ce désert, où les hommes doivent préparer le chemin du Seigneur, sinon ce lieu et ce temps d'épreuves que durent traverser les Israëlites au sortir de l'Egypte, sinon ce symbole de l'apprentissage où il nous faut passer pour prendre conscience de notre entière dépendance vis-à-vis de Dieu. Et qu'est-ce encore que ces vallons comblés ou ces montagnes nivelées, sinon une façon plus imagée de proposer le paradoxe de l'humilité:" Quiconque s'élève sera abaissé, et qui s'abaisse sera élevé. (Lc XIV, 11)
Par là, tout le message de Jean Baptiste s'harmonise: Il est bien vrai que chaque homme et l'humanité tout entière doivent se préparer à la venue de Dieu, mais ce n'est pas autrement qu'en se mettant plus humblement, plus totalement sous sa dépendance, comme le soulignait Malachie dans son oracle sur le Précurseur, rappelé par l'Evangile de saint Marc (I.3):
Voici que j'envoie mon Ange! Il déblaiera la route devant moi, et soudain arrivera dans son Temple le Seigneur que vous réclamez et le Roi de l'Alliance que vous désirez."
(Mal. III,I)
/image%2F1485405%2F20150223%2Fob_a8b941_th.jpg)