Publié le 8 Avril 2010

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Comment le Sauveur se fit connaître de Marie-Madeleine.

 

La miséricorde du Seigneur ne se fit pas longtemps attendre, et l'épreuve arriva bientôt à sa fin.

De même que Joseph, après avoir caché son nom quelque temps à ses frères, quand ils vinrent en Egypte, se découvrit bientôt à eux, cédant en cela à sa générosité naturelle et à l'amour fraternel; de même ce généreux Seigneur, après être resté quelque temps inconnu, se fit connaître à Madeleine en l'appelant par son nom accoutumé : Marie.

Comment exprimer la joie, la dévotion, l'amour, l'étonnement el la frayeur qui saisirent en ce moment cette pieuse femme ! Ne trouvait-elle pas plus qu'elle ne désirait ?

Elle cherchait le cadavre de son Sauveur, et elle le trouva plein de vie et vainqueur de la mort. Ce qu'il y a de plus extraordinaire, c'est que Madeleine ait pu supporter le poids de tant de bonheur.

O mon Dieu, que votre puissance est grande! Que de joie vous pouvez, par une seule parole, répandre dans une âme! Mais est-il étonnant qu'une seule parole de votre bouche rappelle un cœur à la vie, quand elle a suffi pour créer le monde ! La présence du soleil ne dissipe pas plus promptement les ténèbres que la vertu de cette parole ne dissipa la tristesse de Marie. Mais si la tristesse disparut, les larmes restèrent; la cause seule en fut changée : les premières étaient des larmes de douleur ; celles- ci sont des larmes d'allégresse : les unes et les autres ont pour principe l'amour.

Le Sauveur, par cette parole, témoigna à sa servante beaucoup d'affection et de familiarité; mais le ton avec lequel il la prononça dut en témoigner bien davantage. L'Ëvangéliste n'en dit rien, parce que si une parole peut être écrite, l'expression avec laquelle elle est prononcée échappe au langage humain.

 

La parole par laquelle Marie répondit à la parole du Sauveur, ne fut pas moins significative. Jésus lui avait dit: « Marie! » Elle lui répondit : « Maître! » c'est-à-dire, « maître du ciel, maître du monde, maître de mon âme, maître des âmes humbles et douces. » Elle se borna à ce seul mot, parce que sa langue, enchaînée en quelque sorte par la vivacité de ses sentiments, n'en pouvait dire davantage, quoiqu'elle eût tant à dire sur ce changement admirable et sur cet ineffable mystère.

Mais le sentiment que les paroles ne pouvaient traduire se traduisit bientôt par ses actes. Elle se précipita à ses pieds, qu'elle connaissait dès longtemps, et devant lesquels elle avait recouvré tout son trésor. En les baignant de ses larmes, elle avait trouvé le pardon de ses péchés; en s'assayant auprès elle avait entendu la doctrine qui tombait de la bouche du divin Maître. C'est prosternée à ces mêmes pieds qu'elle avait imploré la résurrection de son frère. C'étaient ces pieds qu'elle avait de nouveau arrosés de parfums dans la maison de Simon le lépreux. Ce sont encore ces pieds qu'elle veut adorer en ce moment, et dont elle veut embrasser les glorieuses cicatrices.

Dans son humilité, et pour suivre le conseil du Sauveur, elle s'était assise à la dernière place du festin : il n'est donc pas étonnant qu'elle soit conduite à la place la plus honorable. C'est pourquoi, tandis qu'elle ne voulait pas s'éloigner de ses pieds, le Sauveur lui tend ses mains et la comble sans cesse de nouvelles faveurs.

 

Le Sauveur lui répondit : « Ne me touchez pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. »

Ce n'est pas que Jésus-Christ ne voulût pas permettre à cette sainte femme de l'adorer et de lui baiser les pieds : il le permit bien aux femmes qui revenaient du monument, et avec lesquelles Madeleine était elle-même venue. Ce sens résulte des paroles suivantes : « Je ne suis pas encore monté vers mon Père. » Madeleine pensait que le divin Maître était remonté au ciel, et qu'en retournant vers son Père, il avait accompli la parole qu'il avait répétée si souvent à ses disciples lorsqu'il les consolait de son absence prochaine. Or, dans cette persuasion qu'il était au ciel, et qu'elle ne le verrait plus sur cette terre, elle s'efforçait de jouir parfaitement de sa présence, et elle se jetait à ses pieds afin qu'il ne la quittât pas sitôt. En lui adressant les paroles précédentes, le Seigneur lui tenait à peu près ce langage : Ne me retenez pas, ne croyez pas que je m'en aille, et que vous me voyez pour la dernière fois. Je suis encore en ce monde et j'y resterai quelques jours, n'étant pas monté vers mon Père, comme voua l'imaginez.

 

Après ces paroles Jésus ajouta : « Allez trouver mes frères et dites-leur : voilà que je monte vers mon Père et votre Père, vers votre Dieu et mon Dieu. »

Quelles aimables paroles!  Quel admirable témoignage d'humilité et d'amour. L'Apôtre a bien raison d'exalter cette profonde humilité du Fils adorable de Dieu, lequel ne dédaigne pas d'appeler ses frères et fils du même père que lui, de pauvres pêcheurs, rebut du monde en quelque sorte, qui peu auparavant, par la plus déloyale des fuites et avec la plus grande lâcheté, l'avaient abandonné entre les mains de ses ennemis ; comme s'ils n'avaient pas été mille fois témoins des miracles accomplis par sa puissance. Hebr. II

On le voit bien, Seigneur, vous ne vous êtes pas dépouillé, depuis que vous avez quitté ce monde, des charmes avec lesquels vous lui étiez apparu. La douceur et la bonté que vous montriez naguère, vous les montrez encore. Vous traitez les vôtres, après les avoir laissés, comme vous les traitiez lorsque vous viviez auprès d'eux. C'est que votre cœur ne change pas suivant les lieux, il ne varie pas suivant les temps, et il ne subit aucune altération parce que votre corps est honoré d'une nouvelle dignité, et votre nom entouré d'une gloire nouvelle. Aussi vos serviteurs ont-ils grandement raison de se consoler, de se ranimer et de se glorifier en vous, puisqu'ils ont un tel frère et un tel père.

Quelle suavité et quel honneur pour nous dans ces mots : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers votre Dieu et mon Dieu. » Y a-t-il pour l'homme une dignité comparable à celle d'avoir pour père un Dieu? Et quel abaissement plus grand de la part du Fils de Dieu d'avoir pour son Dieu notre Dieu ? Pour laquelle de ces deux choses, Seigneur, vous devons-nous le plus de reconnaissance ? Est-ce parce que vous nous avez donné pour père votre Père, ou parce que vous avez accepté notre Dieu pour votre Dieu. S'il ne peut y avoir de plus grand honneur pour nous, il ne saurait y avoir pour vous de plus profonde humilité, et c'est à votre humilité que nous devons l'honneur dont nous sommes favorisés. En poussant l'humilité jusqu'à se faire Fils de l'homme, le Fils de Dieu a élevé le fils de l'homme à la dignité incomparable de fils de Dieu.

 

La principale leçon à retirer de ce charmant et pieux récit, est de comprendre avec quelle ferveur il faut chercher le Seigneur, et quels avantages en retirent ceux qui le cherchent de la sorte.

Incontestablement, de même que Dieu offre la pénitence de cette femme en modèle aux pécheurs ; de même il l'offre comme modèle aux justes qui désirent le trouver. Les premiers apprendront par son exemple, et la manière de faire pénitence, et les fruits qu'on en rapporte; les seconds y apprendront la diligence requise pour une telle entreprise, et la générosité avec laquelle ils en seront récompensés.

O vous donc, qui blessé par l'amour divin, aspirez à la perfection de la charité et de la sagesse divine où l'on possède Dieu, cherchez-la comme Madeleine a cherché son Sauveur. Cherchez-la avec amour, cherchez-la avec douleur, cherchez-la avec zèle, cherchez-la avec larmes, avec courage, et avant tout avec persévérance : cherchez-la de la sorte et soyez assuré que vous la trouverez.

Et ne soyez pas étonné de la réunion de ces conditions. Le Seigneur disposant avec suavité toutes choses, veut qu'il y ait proportion entre les moyens et la fin : par suite, il exige qu'un semblable trésor soit cherché avec tant de sollicitude.

Ne vous effrayez ni des difficultés du voyage, ni des horreurs de la nuit, ni des assauts probables des démons, ni du souvenir de vos péchés passés. Rien de tout cela ne parvint à décourager celte sainte pécheresse; rien ne put la détourner de son pieux dessein; et c'est pour cela qu'elle mérita de voir avant tous les autres le soleil de justice dans les splendeurs et dans la gloire de sa résurrection.

 

Quel encouragement pour les pécheurs !

Quelle consolation pour les âmes qui cherchent le Seigneur ! Une femme de laquelle la Fils de Dieu avait chassé sept démons. c'est-à-dire, selon l'explication de saint Grégoire, l'universalité des péchés, desquels on ne citerait les noms que difficilement et la rougeur sur le front, parce qu'elle cherche le corps du Sauveur avec auxiété, avec larmes, sans être arrêtée par la pensée de l'abîme où elle avait été si longtemps plongée, et avec persévérance, cette femme mérite d'être visitée du Seigneur avant les apôtres, avant le prince des apôtres, avant même le disciple de prédilection.

Avec combien d'éclat brillent ici la bonté de Dieu, sa générosité, le désir qu'il a d'attirer à lui les pécheurs et de consoler ceux qui le cherchent de toute leur âme !

Les faveurs, le traitement, l'accueil qu'il accorde aux personnes qui se tournent vers lui prouvent bien la vérité de cette parole d'un prophète : « Si vous cherchez le Seigneur, vous le trouverez quand vous le chercherez de tout votre cœur et dans l'affliction de votre âme ; Jerem. XXIX,13: c'est-à-dire comme le cherchait Madeleine.

Seulement, à son exemple, il faut y joindre la persévérance ; car si elle a trouvé, c'est parce qu'elle a persévéré.

Dans les sacrifices de l'ancienne loi Dieu ne se souciait pas qu'on lui offrît des victimes privées d'oreilles et de queue ; pour vous donner à entendre qu'il tient avant tout à l'obéissance et à la persévérance. Levit.XXII.

Ces deux vertus sont les deux parties dont se compose la robe de la justice qui couvre l'homme de la tête aux pieds. La robe que Jacob donna à son fils Joseph en était la figure; par ses couleurs diverses et par sa longueur elle représentait le vêtement de justice, qui est formé de plusieurs vertus, et qui par le don de persévérance, dure jusqu'à la fin de la vie. Génes. XXXVII

Que l'âme occupée à chercher Dieu, ne cède point au découragement, si elle ne voit pas ses désirs s'accomplir à son gré. Le but de ce retard est d'accroître la vivacité de ses sentiments, en lui donnant occasion de déployer plus de diligence, d'augmenter ses mérites.

Un désir semblable est certainement un don de Dieu, et c'est de ce désir que parle le Sage, lorsqu'il dit que Dieu enflamme les justes d'un profond amour pour la sagesse. Sap VI et VIII.

 

Apprenez-donc ô homme pécheur, apprenez de cette femme pècheresse à pleurer l'absence du Seigneur et à désirer sa présence. Apprenez à aimer Jésus, à chercher Jésus, à ne redouter aucune adversité, à ne recevoir de consolation que de Jésus. Cherchez-le dans le sépulcre de votre coeur, et ôtez la dure pierre qui en ferme l'entrée. Regardez ensuite si Jésus y est, et s'il n'y est pas, cherchez, persévérez, pleurez, courbez la tête, abaissez-vous, humiliez-vous jusque dans la poussière de la terre et regardez encore une seconde fois.

 

Tenez pour certain qu'en le cherchant avec cette foi dans ce monument, avec cette persévérance, avec cette humilité, et en rejetant comme Marie toute autre consolation, vous finirez par le trouver; et en le trouvant, vous trouverez, même dans cette vallée de larmes, des trésors et des consolations dont vous ne sauriez avoir l'idée.

 



 louis de Grenade.



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Chez les Hébreux c'était une acclamation de reconnaissance ou de joie.

Saint Epiphane dit que le prophète Aggée chanta Alléluia 517 ans avant Jésus-Christ, pour exprimer son allégresse en voyant le temple se reconstruire.

On le trouve dans les Psaumes de David et dans le Livre de Tobie. Enfin saint Jean l'évangéliste rapporte dans l'Apocalypse qu'il entendit les légions d'anges qui chantaient Alléluia.

Halleiuh en hébreu signifie: Louez avec enthousiasme, avec effusion de coeur. Jah est un des noms de Dieu, celui même qui lui convient par excellence. Id quod est, ce qui est.?

 

Saint Jérôme donne cette interprétation: Alle cantate, Lu laudem, IA ad Dominum.

"Elevez vos Cantiques de louanges vers le Seigneur." Saint Augustin explique ce mot, comme il suit: AL salvum, LE me, LU fac JAH Domine. "Sauvez-moi Seigneur."

Le moyen âge est assez fécond en explications plus ou moins ingénieuses de ce mot. Pierre d'Auxerre en donne la suivante: AL altissimus, LE levatus est in cruce, LU lugebant apostoli, IA jam surrexit. Nous nous contentons de citer celle-ci qui n'a point pour elle le mérite de l'étymologie. "Le Très-Haut a été élevé sur la croix, les apôtres pleuraient, mais le voici déjà ressuscité."

Du culte de la loi mosaïque, Alleluia est passé dans la liturgie chrétienne. L'Eglise de Jérusalem le fit entendre dans ses premiers Offices, et si l'on avait loué avec enthousiasme le Dieu d'Israël qui promettait un Messie, pourquoi n'aurait-on pas chanté par le cantique ordinaire le Dieu qui venait d'accomplir sa promesse?

L'Eglise latine l'adopta dès les premiers siècles, mais seulement pour le jour de Pâques. On a attribué cette innovation au pape saint Damase, dans la seconde moitié du quatrième siècle; mais il est certain que sous son pontificat on chantait Alleluia en tout temps, même aux obsèques.

Saint Jérôme en fournit un témoignage irrécusable en parlant des funérailles de sa soeur Fabiola: " On y chantait, dit-il, des Psaumes, et les lambris dorés de l'église retentissaient de l'Alleluia." Ainsi donc lorsqu'on reprochait à saint Grégoire le Grand trop d'attachement pour les usages de l'Eglise Orientale, il dut répondre qu'il ne faisait que sanctionner la coutume établie sous saint Damase. Ce pape n'inaugura donc point l'Alleluia dans l'Eglise latine. Seulement on excepta des temps de l'année, où l'on était dans l'usage de le chanter, toute la période qui s'écoule de la Septuagésime au jour de Pâques. On le bannit également des Messes et de l'Office des morts; mais comme en certaines Eglises on bornait l'Alleluia au Temps pascal, l'usage en fut étendu à la longue période qui sépare la Pentecôte du retor de la Septuagésime suivante. L'uniformité s'est ainsi établie sur ce point dans toute l'Eglise Occidentale.

Chez les Grecs, l'Alleluia est chanté toute l'année même le Vendredi saint: les obsèques s'y font par le chant de plusieurs Psaumes accompagnés de l'Alleluia. Le Rit gallican observait aussi cette coutume.

L'invocation de toutes les heures de l'Office est suivie d'Alleluia, mais de la Septuagésime à Pâques, à sa place, l'Eglise a substitué les paroles: laus tibi Domine, rex aeternae gloriae, "Louange à vous, Seigneur roi de l'éternelle gloire."

Dans le temps pascal, les Antiennes, les grands Répons, les Répons brefs des petites Heures, les Introïts et les diverses Antiennes de la Messe ont toujours un ou plusieurs Alleluia. La Fête-Dieu quoique hors du temps pascal, entre dans la même catégorie. En tous les autres temps Alleluia est beaucoup moins fréquent. On conçoit que nous ne pouvons point entrer ici dans un détail minutieux à ce sujet. Mais l'Alleluia le plus solennel est celui qui suit le Graduel; il est redoublé au commencement du Verset qu'on nomme, pour cela, alleluia-tique et unique à la fin.

 

Le père Lebrun dit que depuis le septième ou huitième siècle on a ajouté à la dernière syllabe de cet Alleluia une suite de notes qu'on appelle Neume, c'est-à-dire air, souffle, chant sans paroles; il figure assez bien l'impuissance où se trouve l'homme de chanter dignement par des paroles le Dieu qui est ineffable.

Les anciens Ordres romains donnent à ce Neume le nom de Sequentia suite ou prolongation d'Alleluia.

Ne pourrait-on pas voir dans cette suite plus ou moins nombreuse d'a l'intention de retracer ce que nous lisons dans le premier chapitre de Jérémie? Au moment où le Seigneur déclare qu'il l'envoie prophétiser parmi les nations, Jérémie s'écrie: A a Domine Deus, ecce nescio loqui.

La pensée que l'Eglise attache à ce chant sans parole, s'accorde parfaitement avec ce passage. Nous pouvons ici dire avec saint Augustin:" A qui ce langage (celui du chant sans paroles) peut-il mieux convenir qu'au Dieu ineffable?" Le nom de Jubilus est donné aussi à cette série de notes.

Saint Bonaventure, cité par le cardinal Bona, donne la raison suivante de ce Neume dont Alleluia est suivi:" Nous avons coutume, dit-il de chanter longuement une note prolongée sur la syllabe A qui suit Alleluia, parce que la joie des saints dans les cieux n'a point de fin et ne peut se raconter."

Etienne d'Autun dit à son tour:" La modulation du chant alleluiatique exprime les louanges que les fidèles adressent à Dieu; elle retrace ces actions de grâces par lesquelles on soupire pour l'éternel bonheur. Le mot est court, mais il se prolonge par le Neume."

 

« La voix des vieillards s'unit à celle de toute « l'assemblée, et les brebis du bercail font entendre en chœur le cantique nouveau: « Alléluia. »

 

Les enfants apprenaient à délier leur langue en prononçant ce mot, et les cultivateurs soulageaient leurs labeurs en le répétant. Saint Jérôme dit que les moines étaient convoqués pour se réunir par la joyeuse acclamation : Alléluia.

 

Fortunal de Poitiers raconte dans la Vie de saint Germain de Paris que ce pontife éteignit un grand incendie en chantant Alléluia. Le prêtre Constantius rapporte, à son tour, dans la Vie de saint Germain d'Auxerre que ce prélat, se trouvant en Bretagne au moment où les Pictée et les Saxons avaient uni leurs forces contre les Anglais, ceux-ci implorèrent le secours de ce saint évêque.

Germain les conduisit dans une vallée environnée de hautes montagnes capables de multiplier les sons de la voix. Quand les ennemis vinrent pour les y attaquer, le saint évêque ordonna aux Anglais de crier tous à la fois et le plus haut qu'ils pourraient : Alléluia. Les ennemis furent tellement épouvantés de ces cris qu'ils se retirèrent sans essayer la moindre agression.

 

abbé J.B.E. Pascal

la liturgie catholique.



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intense d'émotions et de rencontres édifiantes...

merci à toute cette jeunesse pétillante plein d'amour

de l'Eglise ! .. quelle fraicheur ! merci schola veritatis . 


 

 

 

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"Que n'a-t-on pas dit sur le ver de l'Inde qui porte des cornes?

Changé d'abord en chenille *, il devient avec le temps un petit ver à soie ; et il ne garde pas encore cette forme, mais il lui pousse des feuilles larges et amples, qui lui servent d'ailes.

Ainsi donc, femmes, quand vous démêlez l'ouvrage de ces vers, et que pour confectionner de riches vêtements, vous peignez les fils que nous envoient les Sères, vous puisez, dans la transformation d'un insecte, une connaissance évidente et claire de la résurrection.

 

st Basile.


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Publié le 7 Avril 2010

 

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Ecoutons maintenant ce que dit le même Souverain des anges, au milieu de ses disciples : « La paix soit avec vous. Après ces paroles, il leur montra ses mains et son côté. » Puis il répéta : « La paix soit avec vous. »

Notre Seigneur, tendre ami des hommes, nous souhaite ainsi la paix en tout temps, c'est-à-dire, en naissant, en mourant, en ressuscitant. A sa naissance, lorsque son âge ne lui permettait pas encore de parler, les anges annoncent la paix aux hommes. La veille de sa passion, s'entretenant avec ses disciples : « Je vous donne ma paix, dit-il, je vous laisse la paix. » Joan. XIV,27. Ressuscité, il répète trois fois dans le présent évangile cette même parole : « La paix soit avec vous. » Quand il envoie ses disciples prêcher, il leur enseigne d'user de la même formule de salutation envers leurs hôtes. Qui douterait de l'importance d'un bien, que l'ami des hommes a tant de fois souhaité aux hommes? Enfin, entre autres noms glorieux, Isaïe lui décerne celui de prince de la paix; parce que le Christ est pour nous l'auteur de cette paix, lui qui, par le mérite de sa passion, a apaisé son Père justement irrité contre nous, et qui d'un juge sévère a fait le père le plus bienveillant.

 


 

La paix, dont nous lui sommes redevables, étant multiple, la première et la principale est sans contredit celle par laquelle nous sommes réconciliés avec Dieu. De cette paix naît d'abord la tranquillité de la conscience, car le juste a bien des raisons de conjecturer qu'il a obtenu son pardon et qu'il a Dieu pour ami.

Ecoutez l'Apôtre : « L'Esprit-Saint rend témoignage à notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu. Que si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers de Jésus-Christ. » Rom. VIII,16.

Qu'est-ce donc que ce témoignage, sinon le gage de la vie éternelle?

Or que peut-il arriver à l'homme de plus désirable que d'être dans un état tel que, si la mort l'atteint, le Seigneur le trouve non pas abattu, triste, rebelle, tremblant, mais joyeux, veillant, prêt, comme un serviteur fidèle et prudent, qui est digne d'être établi sur tous les biens de son maître? Au contraire, quoi de plus amer qu'une mauvaise conscience, quoi de plus douloureux, puisque cette âme infortunée est piquée par les aiguillons du péché, qui ne lui laissent aucune relâche?

Oui, quoi de plus malheureux qu'un tel homme qui, veillant, dormant. mangeant, buvant, vit toujours dans le péché, prend son sommeil dans le péché, se réveille dans le péché, se met à table dans le péché, sachant toujours que Dieu est indigné et courroucé contre lui? Quoi de plus misérable que cet homme? Et y a-t-il dans le péché, ou une volupté, ou un avantage, qui puisse compenser une si profonde misère?

 

Il est encore une autre paix, celle qui réconcilie l'homme avec lui-même.

Car l'homme, avant cette paix, était dans un profond désaccord avec lui-même; l'esprit demandant une chose, et la chair, mauvaise conseillère, demandant autre chose. Or, cette paix devait être donnée aux hommes par la venue du Christ; le psalmiste l'atteste : "La miséricorde et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont embrassées. » Ps. LXXXIV,11.

En effet, que la miséricorde et la vérité de Dieu se soient donné la main lors de l'avènement de Jésus-Christ, c'est ce que témoigne Zacharie, père de saint Jean, quand il dit : « Pour exercer sa miséricorde envers nos pères, » Luc. I, 72, — voilà la miséricorde —«et se souvenir de son alliance sainte; » —voilà la vérité, c'est-à-dire la réalisation de la promesse, car il ajoute : " Selon qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder » — accorder quoi? — « qu'étant délivrés des mains de nos ennemis, nous le servirions sans crainte, marchant en sa présence dans la sainteté et dans la justice. » Luc..I,72,75

Voilà les deux autres biens annoncés par le royal Prophète, c'est-à-dire, la justice et la paix. Au moyen de cette paix, délivrés de la crainte de nos ennemis, nous menons une vie tranquille et calme dans la crainte du Seigneur.

 

Le poète sacré dépeint l'harmonie et la concorde de ces deux vertus par le nom de baiser, dont l'élégance égale la douceur.

Cette figure de langage montre parfaitement le lien étroit de parenté qui unit la justice et la paix; lesquelles se tiennent si bien, qu'il n'y a pas de justice sans la paix, ni de vraie paix sans la justice. «La paix, dit Isaïe, est le fruit de la justice, » Isai. XXXII,17. Enfin telle est l'affinité, la liaison, qui existe entre elles, que souvent l'Ecriture emploie l'une pour l'autre.

Ainsi, dans son Cantique, Zacharie met la voie de la paix, pour la voie de la vertu et de la justice. On voit par là combien est grande la folie de tant d'hommes qui, par un instinct naturel, aspirant sans cesse au calme et à la tranquillité de la paix intérieure, s'imaginent pouvoir y arriver sans la justice, quand ces deux vertus sont tellement connexes, qu'elles sont inséparables. « Qu'ils sachent donc ceux-là, dit saint Augustin, qu'ils ne peuvent obtenir ce qu'ils désirent, en laissant de côté ce qu'ils négligent. » Car seules les voies de la justice sont belles, et tous ses sentiers sont pleins de paix. » Prov, III, 17.

Au contraire, des voies des impies, il est écrit : « Dans leurs voies sont la ruine et l'infortune; ils n'ont pas connu la voie de la paix,  Ps. XIII, 3, j'entends de cette paix qui apaise, calme, et soumet à l'empire de la raison les mouvements tumultueux de l'âme.

Bannissez cette paix, et qu'est-ce qui domine dans le cœur, sinon le trouble et. les séditions intestines? En effet, on lit dans Isaïe : « Le cœur de l'impie est comme une mer toujours agitée, qui ne peut être en repos, et dont les flots vont se rompre sur le rivage avec une écume sale et bourbeuse. » Cor impii quasi mare fervens, quod quiescere non potest, et redundant fluctus ejus in conculcationem et lutum. Isa. LVII20. Pourquoi in lutum, sur le bourbier? — Parce que tout effort des impies, parce que la fièvre de leurs passions a pour objet de saisir des choses honteuses et vaines, parfaitement exprimées par ce mot de bourbier ou de vile poussière.

 

louis de Grenade.

 

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