Publié le 22 Février 2010

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ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.

règle de st Benoît


Liv. 3 des Rois, XIX, 3.

 

Ëlie étant venu à Bersabé en Juda renvoya son serviteur et fit dans le désert une journée de chemin. Puis il s'assit sous un genévrier, et désirant de mourir, il dit : Seigneur, c'en est assez, retirez mon âme de mon corps, car je ne suis pas meilleur que mes pères. Alors il se jeta à terre et s'endormit à l'ombre du genévrier. Mais voici qu'un ange du Seigneur le toucha et lui dit: Lève-toi et mange.

Élie regarda derrière lui et il vit auprès de sa tête un pain cuit sous la cendre et un vase d'eau. Il mangea donc, il but et il s'endormit de nouveau. L'ange du Seigneur revenant une seconde .fois le toucha et lui dit: Lève-toi et mange,car il te reste un grand chemin à faire. S'étant levé, il mangea et il but, et étant fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à Horeb, la montagne de Dieu.

 

Le sommeil du prophète sous le genévrier est l'image de ce découragement, de cette prostration, de cet abandon de nous-mêmes, où perdant parfois la conscience de notre vocation, le sentiment de nos forces et de notre dignité, nous sommes disposés à tout laisser aller en nous et autour de nous par le désespoir de vaincre le mal.

 


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Publié le 22 Février 2010

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New Abbot's Installation February 11, 2010
le petit Placide adresse tous ses voeux
au nouveau Père Abbé et salue cet évènement avec beaucoup
de joie et dans l'action de grâces pour ces 10 années de passées.
On Feb 11th, Feast of Our Lady of Lourdes, at 5:25 PM, the Prior, Rev. Father Philip Anderson, was officially named the new Abbot of Our Lady of the Annunciation Monastery of Clear Creek.
 Deo Gratias!


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the New Abbot

te Deum laudamus !
http://www.dioceseoftulsa.org/img.aspx?image=images/photos/Cleer_CreekElevated.jpg&size=243



le père Abbé va pouvoir se reposer maintenant, bon et saint carême à tous les moines !

Clear Creek Elevated to Status of Abbey

 

Diocese of Tulsa News

From left, Abbot Phillip Anderson, Bishop Edward J. Slattery and Dom Antoine Forgeot, Abbot of Clear Creek Monastery’s motherhouse, announce the elevation of Clear Creek Monastery to the status of Abbey.

2/12/2010 - EOC Staff

 

The 33 monks of Clear Creek Monastery near Hulbert received the happy news that their priory has been elevated to the status of a self-governing Abbey. Dom Antoine Forgeot, O.S.B., Abbot of Clear Creek Monastery’s motherhouse in France, announced the change in status to the community on February 11, the feast of Our Lady of Lourdes.

 

At the same time, Father Phillip Anderson, one of the original 12 monks who came from the Abbey of Our Lady of Fontgombault in France to help found Clear Creek has been named Abbot of what will now be known as Our Lady of the Annunciation of Clear Creek Abbey. Father Anderson has served the monastic community since its foundation as its prior.

 

“It’s a moment of perfection and the moment you become fully what you were meant to be. To become an Abbey is to reach a certain point of maturity,” said Abbot Anderson.

 

Clear Creek Monastery was established in 1999 at the invitation of Bishop Edward J. Slattery. While the following 10 years were a time of decline for monasteries nation-wide and world-wide, Our Lady of Clear Creek Abbey has grown from the original 12 monks to its current population of 18 professed monks (12 priests-monks and six lay brothers), with seven junior monks (under their first vows) and another eight novices and postulants.

 

Abbot Anderson explained that following its initial foundation, a monastery must achieve a certain level of stability, manifested in both its ability to attract vocations and in its ability to become financially secure before it can be named an Abbey. In the Benedictine Congregation of Solesmes, to which Our Lady of Clear Creek Abbey belongs, this stability must be met within its first 13 years of existence. When those conditions were met, Dom Antoine Forgeot, Abbot of the Abbey of Notre Dame de Fontgombault, recommended the change in status to the Abbot of St. Pierre de Solesmes.

 

While final approval technically comes from the Holy See, that final approval has been delegated to the Abbey of Solesmes.

 

Clear Creek is the fourth daughterhouse of Fontgombault to be raised to the level of an Abbey and is the twentieth Abbey in the Congregation of Solesmes

 

Abbot Anderson said there will be very few changes in day to day life at Our Lady of Clear Creek Abbey, although his role will change dramatically in liturgical and governmental terms. The new Abbey will operate independently of the former Mother House and he will assume a role in the community which is similar to the role a bishop exercises in the diocese, that is, the three-fold role of sanctifying, teaching and governing.

 

“Abbot Forgeot hopes we maintain a close relationship with Fontgombault and so do we,” Abbot Anderson said. “Our spiritual roots are in France.”

 

The public is invited to attend the blessing of Abbot Anderson at Our Lady of Clear Creek Abbey on Saturday, April 10.



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Publié le 22 Février 2010





de notre correspondant à Mostar !

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Publié le 22 Février 2010

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Le Seigneur parla une seconde fois à Jonas, lui disant : Allez en la grande ville de Ninive, et prêchez-y ce que je vous dis. Jonas partit, et alla à Ninive, selon la parole du Seigneur. Ninive était une grande ville, dont il fallait trois 'jours pour faire le tour : et Jonas y étant entré marcha pendant trois jours, criant : Encore quarante jours, et Ninive sera détruite.

Les Ninivites crurent à la parole de Dieu. Ils ordonnèrent un jeûne public, et se couvrirent de sacs, depuis le plus grand jusqu'au plus petit. Cette parole ayant été rapportée au roi de Ninive, il se leva de son trône, se dépouilla de son vêtement royal, se couvrit d'un sac et s'assit sur la cendre. Il fit crier et publier dans la ville cet ordre comme venant de la bouche du roi et de ses princes : Que les hommes, les chevaux, les bœufs et les brebis ne mangent rien ; qu'on ne les mène point au pâturage, et qu'ils ne boivent pas d'eau. Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, et qu'ils crient au Seigneur de toutes leurs forces. Que chacun se convertisse, qu'il quitte sa mauvaise voie et l'iniquité dont ses mains sont souillées. Qui sait si Dieu ne se retournera pas vers nous pour nous pardonner, et s'il ne reviendra pas de la fureur de sa colère, afin que nous ne périssions pas?

Dieu vit leurs œuvres; et parce qu'ils avaient quitté leur mauvaise voie, la compassion qu'il en eut l'empêcha de leur envoyer les maux qu'il avait annoncés. elle nous offre l'exemple des Ninivites, dont l'impiété avait excité l'indignation divine, au point que Jonas leur est envoyé pour leur annoncer que dans quarante jours, si elle ne change de vie, Ninive sera détruite. O merveille de la grâce ! et qui sondera les mystères de la miséricorde divine !

Voilà une grande cité, adonnée au culte des faux dieux et à la volupté, renommée entre les nations par son luxe et sa corruption, qui, tout d'un coup, s'arrête dans la voie de la perdition à la voix prophétique de l'envoyé du ciel !

 

Cette sinistre parole, qui retentit pendant trois jours dans ses rues et sur ses places publiques : « Dans quarante jours, Ninive sera détruite ! » frappe les cœurs d'épouvante et suspend subitement les affaires et les plaisirs. Il n'y a plus en ce moment qu'une affaire pour ce peuple ému et terrifié : celle de son salut; et il abandonne tout pour s'y appliquer, depuis le roi et les grands jusqu'au plus petit. A coup sûr cette nation criminelle n'avait point mérité cet avertissement d'en haut : elle avait tout fait au contraire pour en attirer les foudres, puisque l'excès de sa perversité était monté jusqu'au cœur de Dieu; et cependant, c'est dans cette situation qu'il la regarde en pitié et lui envoie un libérateur.

 

Celui qu'il lui envoie est un étranger, mais il appartient à ce peuple qui passe dans l'Orient pour être le peuple du vrai -Dieu, et qui est avec lui dans un rapport plus intime que tous les autres. A ce titre, la parole de cet étranger inspire déjà de la confiance, comme venant du ciel. En outre, on raconte de cet homme des choses prodigieuses, à savoir que, jeté à la mer pour apaiser une tempête, victime expiatoire pour le salut de l'équipage, il a été reçu dans le ventre d'un immense poisson, où il a passé trois jours et trois nuits, et qu'il en est sorti vivant pour venir annoncer à Ninive le jugement divin. A l'aide de ce prestige et de tout ce que l'imagination des hommes y ajoute, la parole du prophète entre dans les cœurs. Les Ninivites y croient, font pénitence et sont sauvés.

 

De quel pécheur après cela peut-on désespérer? et combien la foi et la conversion des habitants deNinive, qui semblaient si loin de Dieu, doit exciter et encourager le zèle des prédicateurs de la parole divine !

 

Jonas, dans un sentiment tout humain, a résisté tant qu'il a pu à l'ordre du ciel. Il a voulu s'en aller bien loin de ce peuple auquel il était envoyé, parce que, jugeant dans sa raison qu'il était incorrigible et qu'il n'y pourrait rien faire, il croyait non seulement y perdre son temps, mais peut-être encore sa vie, en excitant leur colère contre lui par l'annonce d'une si dure vérité. N'en est-il pas quelquefois de même des ministres de l'Évangile, envoyés à des chrétiens qui ne le sont plus que de nom, vivant comme .des païens, et s'occupant de toutes choses, de leurs affaires et de leurs plaisirs, plus que de Dieu et de leur salut?

 

Mon Dieu, disent- ils aussi dans leur cœur, il n'y a rien à faire avec ce peuple, et vous m'y avez envoyé comme sur une terre stérile qui ne peut rien produire pour le ciel, et où je vais me dessécher moi-même, comme les ronces et les épines dont je suis entouré. Et ils voudraient aussi s'en aller bien loin, pour s'épargner des peines inutiles, des contradictions, des injures et des persécutions, ou tout au moins une indifférence glaciale, un isolement mortel. Et cependant, ils peuvent, comme Jonas, devenir les ministres de la miséricorde céleste !

 

Qu'ils aient seulement le courage d'annoncer comme lui la parole du salut, même quand ils devraient traverser des tempêtes, être jetés à la mer et comme engloutis pendant quelque temps parle monstre de l'opinion publique qui croit les dévorer, et qui les rejettera aussi sains et saufs au rivage sous la conduite de la Providence, pour aller accomplir la mission qu'elle leur a donnée. Jonas, il faut l'avouer, a résisté longtemps. Voulant échapper aux dangers de sa mission, il a disputé avec Dieu ; mais il a fini par obéir, et la vertu d'en haut ranimant et soutenant son courage, il a sauvé un peuple, et le peuple qui en paraissait le plus indigne.

 

Ne désespérons jamais d'une nation ni d'un homme, quels que soient leurs crimes et leur corruption ; car il y a souvent beaucoup de bien au fond, là où le mal abonde à la surface ; et il ne faut qu'un rayon de la grâce pour retourner les âmes, en faire sorlir ce qui y était enfoui, et dégager la lumière du ciel là où dominaient les ténèbres de la terre. Dieu seul sait ce qu'il y a dans les cœurs ; et il se plaît souvent, pour manifester davantage sa puissance, à entr'ouvrir par un coup de sa grâce un cœur endurci, pour délivrer le bien captif; comme son soleil vivifie le germe de la semence en en brisant l'écorce, tandis que par contre, mais toujours dans le même dessein, il renverse parfois les piétés qui semblent le mieux établies, par une épreuve où' il les abandonne à leurs propres forces dont elles se glorifiaient, par une tentation à laquelle elles se croyaient supérieures, et qui les jette à terre.

 

C'est ce qui arrivait en ce temps à Israël, toujours porté à l'idolâtrie, malgré les bienfaits de Dieu dont il était comblé, et néanmoins se vantant d'être enfant d'Abraham, et méprisant les autres nations, qui n'avaient pas, disait-il, des dieux aussi proches d'elles, que Jéhovah l'était de son peuple. Mais, comme l'explique saint Paul, (Rom., II, 25), l'infidélité des Juifs a tourné au profit des Gentils, qui ont reçu la grâce reponssée par le peuple de Moïse : comme la lumière répercutée par les corps durs pénètre ceux qui s'ouvrent à son rayon. Jonas pressentait ce malheur de sa race, quand il reçut l'ordre de porter la parole de Dieu à Ninive ; et de là ses tergiversations, ses refus, et l'amertume de sa douleur, parce que, en bon Israélite, il était désolé de voir le salut s'éloigner d'Israël à cause de ses fautes, et se donner aux nations que la miséricorde divine allait lui substituer.

 

Ninive croit à la parole de Dieu , fait pénitence, et à cette fin-, elle emploie les moyens qu« l'Église impose encore aujourd'hui à ses fidèles pour manifester le repentir du péché, ett l'expier par des pratiques pénibles à la nature et qui arrêtent les entraînements de la  concupiscence.

 

 mr l'abbé BAUTIN



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Publié le 21 Février 2010



Tristesse de Jésus-Christ.

 

Il fallait que la tristesse de Jésus-Christ fût extrême, puisqu'elle arracha de sa bouche cette plainte douloureuse : Mon âme est triste jusqu'à la mort. En effet, comment cet adorable Sauveur ne serait-il pas accablé de tristesse dans le Jardin des Oliviers , puisqu'il se voit dans la plus chagrinante dans la plus déplorable solitude, dans le plus fâcheux et le plus universel délaissement qui fut jamais ?

Tout ce qui est au-dessus de lui , tout ce qui est autour de lui, et tout ce qui est au-dedans de lui-même, concourt à augmenter sa peine , et à la rendre insupportable à tout autre qu'à un Dieu. Au-dessus de lui, il a un Père qu'il aime infiniment, et dont il est aimé de même ; mais il ne l'écoute point et il l'abandonne à la fureur de ses ennemis , quoique ce Fils souffrant le prie avec des larmes de sang.

 

Autour de lui il a des disciples ; mais ce sont des lâches, qui dorment quand il faut le consoler, qui fuient quand il faut le défendre, ou qui le trahissent indignement. Au dedans de lui, il a un cœur , mais il est ingénieux à augmenter sa tristesse; il s'y abandonne lui-même ; et par un ménagement qui vient de l'excès de son amour pour nous , il ne se laisse de force qu'autant qu'il lui en faut, pour ne pas succomber à son excessive tristesse.

 

Car en effet, si les tourments extérieurs affligent le corps , et lui ôtent enfin la vie, quand ils sont extrêmes ; la tristesse en fait de même sur l'esprit , sur le cœur et sur l'âme toute entière, et sur le corps même par réflexion : elle glace le sang dans les veines , elle lui ôte son mouvement , elle resserre extrêmement le cœur , et Le fait bientôt tomber en défaillance ; ce que le Sage avait bien connu , quand il disait, que la tristesse amenait bientôt la mort après elle : A tristitia festinat mors.

 

De là ces yeux languissants , éteints et abattus ; de là cette couleur pâle et morne sur le visage ; de là ce frissonnement, et ce froid glaçant de tout le corps : de là enfin , cette faiblesse accablante , qui fait tomber le corps, et qui lui ôte enfin la vie , s'il n'est soutenu par une puissance supérieure, qui le console et qui le délivre de sa peine. Voilà le triste portrait de Jésus-Christ dans le Jardin des Oliviers ; et il ne faut pas s'étonner s'il s'en plaint amèrement ; et s'il dit ces paroles : Mon âme est triste jusqu'à la mort.

 

Mon Dieu , vous êtes triste jusqu'à la mort ! C'est peut-être, dit saint. Augustin , parce qu'étant homme comme nous , vous donnez le cours aux plus justes sentiments de la nature, qui ne peut sentir une mort violente et prochaine , sans s'alarmer de cette cruelle séparation : Propter metum mortis* ( D. Aug. in Joan. )

 

Vous êtes triste jusqu'à la mort ! N'est-ce point , dit le dévot saint Bernard, parce que votre cœur , plein d'une tendresse excessive pour nous, est agité des mouvemens d'une sainte impatience de souffrir pour nous délivrer plutôt ; et que cette mort, toute prochaine qu'elle est, ne vient point assez tôt pour votre amour et pour notre bonheur , et que ce délai vous cause cette tristesse ! Propter dilectionem mortis. ( D. Bern. Serm. )

 

Vous êtes triste jusqu'à la mort! mais je crois plutôt que par cette expression si touchante , qu'une extrême tristesse tire de votre bouche , vous voulez nous faire comprendre , dit saint Jérome, que votre tristesse est si grande, que tout généreux que vous êtes, si vous n'êtiez soutenu par une force divine , elle ne manquerait pas de vous causer la mort ; et que vous expireriez avant que d'aller souffrir de nouveaux supplices sur le Calvaire : Quia posset causare mortem. 

 

Entrons dans les sentiments de cette tristesse ; nous y sommes intéressés , puisque nos péchés et notre bonheur en sont la cause, Attristons-nous avec Jésus souffrant , pour mériter de participer un jour à la joie de Jésus glorieux.

Convertissez-nous efficacement, ô mon Dieu ! dans ce saint Temps , vous qui êtes notre Sauveur, l'Auteur des grâces, et le Dieu des miséricordes. Pénétrez nos cœurs d'une juste crainte , et par elle conduisez-nous au véritable amour, qui est l'heureux partage de tous vos Elus.

Instruisez-nous, éclairez-nous , donnez-nous vos célestes et divines leçons, puisque vous êtes la voie , la vérité et la vie; afin que les abstinences et les jeûnes de cette sainte Quarantaine , que nous pratiquons , nous servent d'une sauve-garde assurée contre votre redoutable Jugement , .et que nous méritions alors d'être mis à votre droite, et de posséder votre Royaume éternel. Nous vous en prions par les mérites de Jésus-Christ votre Fils et notre Seigneur.


  R.P. Avrillon.


 

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Publié le 20 Février 2010






Écoutez-nous, Seigneur, et ayez pitié de nous, car nous avons péché contre Vous.

 

Vers Vous, souverain Roi, Rédempteur de tous les hommes,

nous élevons nos yeux pleins de larmes.

Écoutez, o Christ, nos prières suppliantes !

 

Droite du Père, pierre angulaire,

voie du salut, porte du ciel,

Lavez les souillures de notre péché.

 

Nous prions, ô Dieu, Votre Majesté ;

que Vos oreilles saintes entendent nos gémissements ;

Dans Votre bonté, pardonnez-nous de nos crimes.

 

 

Nous Vous avouons les fautes commises ;

d’un cœur contrit nous Vous dévoilons nos péchés ;

Ô Rédempteur, que Votre clémence pardonne.

 

 

Arrêté innocent et emmené sans résistance,

Vous avez été condamné pour les pécheurs par de faux témoins ;

Ô Christ, conservez ceux que Vous avez rachetés.

 

 


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Publié le 19 Février 2010



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ALORS JÉSUS FUT EMMENÉ PAR L'ESPRIT DANS LE DÉSERT POUR ÊTRE TENTÉ PAR LE DÉMON



« Alors » : qu'est-ce à dire ? c'est-à-dire, après la descente du Saint-Esprit sur Jésus, après que cette voix divine se fut fait entendre du ciel : " C'est là mon fils bien-aimé « dans lequel j'ai mis toute mon affection. »

 

Qui n'admirera, mes frères, que l'Esprit de Dieu ait conduit Jésus-Christ dans le désert, afin d'y être tenté par le démon ? Car c'est le Saint-Esprit lui-même qui l'y a conduit. Comme Jésus-Christ était venu au monde pour nous servir de modèle, et avait résolu pour cela de tout faire et de tout souffrir, il veut bien se laisser aussi conduire dans le désert, et lutter contre le démon ; afin que les nouveaux baptisés se voyant pressés de quelques grandes tentations après le baptême, n'entrent point dans le trouble et le découragement, comme s'il leur était arrivé quelque chose contre leur attente, mais qu'ils souffrent cette épreuve avec constance, comme une suite nécessaire de la profession qu'ils ont embrassée.

 

Vous avez reçu des armes, non pour demeurer dans un lâche repos, mais pour combattre.

 

Si Dieu n'arrête point les tentations dont vous êtes attaqués, il le fait pour plusieurs raisons qui vous sont avantageuses.

 

Car premièrement il veut que vous reconnaissiez par expérience que vous êtes devenu plus fort. Il veut encore que vous conserviez la modestie, et que la grandeur des grâces reçues ne vous enfle pas d'orgueil, vous qui êtes encore exposés à l'épreuve des tentations. Dieu permet aussi que vous soyez tentés; afin que le démon qui doute toujours si c'est sincèrement que vous avez renoncé à lui, s'assure par votre patience que ce renoncement est véritable.

 

De plus le dessein de Dieu est que votre âme se fortifie par la tentation, et qu'elle devienne aussi plus ferme que le fer. Enfin Dieu permet que l'ennemi vous attaque, afin que vous conceviez par là combien est grand et précieux le trésor qui vous a été confié. Car le démon ne vous attaquerait point avec tant de violence, s'il ne vous voyait élevés en un état plus glorieux que vous n'étiez auparavant. C'est ce qui l'irrita autrefois contre Adam, lorsqu'il le vit dans une si grande gloire. C'est encore ce qui l'irrita contre Job de voir que Dieu même lui donnait tant de louanges.

 

Mais d'où vient donc, me direz-vous, que Jésus-Christ nous a dit : " Priez afin que vous n'entriez point dans la tentation ? » (Matth. xxvi, 30.)

 

Je vous réponds que cette parole s'accorde parfaitement avec ce que nous disons puisqu'il est marqué dans notre Evangile que Jésus-Christ n'alla pas de lui-même dans le désert, mais qu'il y fut conduit par l'Esprit. Ce qui nous montre admirablement que nous ne devons pas nous jeter de nous-mêmes dans les tentations, mais seulement les souffrir avec courage, lorsqu'elles nous arrivent.

 

Et remarquez, je vous prie, où le Saint-Esprit mène le Sauveur. Ce n'est point dans une ville, ni dans une place publique, mais dans le désert. Comme il voulait attirer le démon à ce combat, il ne lui en donne pas seulement l'occasion par la faim et par le jeûne ; mais encore par la solitude.

 

Car le démon attaque bien davantage les hommes lorsqu'il les voit seuls et séparés de tous les autres.

 

Ce fut ainsi qu'il attaqua Eve autrefois, lorsqu'il la vit seule et séparée d'Adam. Quand il nous voit unis avec d'autres, il n'a pas la même hardiesse. Et c'est pour cette raison que nous devons nous trouver le plus souvent que nous pouvons dans la compagnie des gens de bien, afin de n'être pas si exposés aux attaques de notre ennemi.

 

Ainsi le diable va trouver Jésus-Christ dans le fond d'un désert inaccessible, ce que saint Marc fait assez voir lorsqu'il dit : « Qu'il était « avec les bêtes. » (Marc, 1, 13.) Et considérez avec quelle malice il l'attaque, et comme il sait prendre son temps.

 

Il le tente non durant son jeûne, mais lorsqu'il est ensuite pressé de la faim ; afin que nous apprenions quel grand bien c'est que le jeûne;

 

que c'est l'arme la plus forte que nous ayons pour combattre le démon, et qu'après le baptême un chrétien ne doit plus s'adonner à la bonne chère, aux délices des festins, mais aux jeûnes et à l'abstinence.

 

C'est pour cela que Jésus-Christ jeûne; non qu'il eût aucun besoin de jeûner, mais pour nous instruire de notre devoir. Comme les péchés que nous avions commis avant le baptême avaient pour cause l'intempérance dont nous étions les esclaves, Jésus-Christ nous commande de jeûner après le baptême. Et il fait en cela comme un sage médecin, qui, après avoir guéri un malade, lui ordonne de s'abstenir de ce qui lui avait causé son mal.

 

Considérez, je vous prie, combien l'intempérance a produit de maux. C'est elle qui a chassé Adam du Paradis; qui a répandu sur la terre les eaux du déluge, et qui a fait tomber sur Sodome les foudres du ciel. Si ce fut le péché de luxure qui, dans ces deux derniers exemples, attira directement la punition, l'intempérance néanmoins en fut la racine, selon qu'Ezéchiel le remarque par ces paroles : " Le péché de Sodome a été l'orgueil, l'abondance de pain, et les délices de la table. » Ainsi les Juifs sont tombés souvent dans les plus grands crimes par l'amour du vin et de la bonne chère.

 

 C'est pour cette raison que Jésus-Christ jeûne quarante jours, pour nous apprendre à chercher dans l'abstinence les remèdes de notre salut.

 

Il ne jeûne pas plus de quarante jours, de peur que l'excès du miracle n'empêchât de croire à la vérité de l'incarnation. Car Moïse et Elie soutenus de la force de Dieu ont jeûné aussi quarante jours. Mais si le jeûne du Seigneur eût été plus long, plusieurs auraient pu douter qu'il eût véritablement pris notre chair.

 

" Et ayant jeûné quarante jours et quarante a nuits, il eut faim ensuite . »

 

Jésus-Christ souffre la faim pour donner sujet au démon de le tenter : il lutte le premier, pour apprendre aux autres la manière de surmonter et de vaincre l'ennemi.

 

C'est ce que les athlètes font . tous les jours, lorsqu'ils veulent instruire leurs disciples à surmonter leur adversaire. Ils combattent eux - mêmes en leur présence, afin qu'ils remarquent dans le mouvement de leurs corps, ce qu'ils doivent faire pour terrasser leur antagoniste.

 

C'est ainsi que Jésus-Christ se rend notre chef et notre modèle.

Il attire le démon au combat. Il lui fait remarquer la faim qu'il endure ; et il ne le rejette pas lorsqu'il approche : mais après qu'il s'est laissé attaquer, il le terrasse par trois diverses fois avec une facilité toute-puissante.

 

Mais de peur qu'en passant légèrement sur ces trois victoires, je ne vous prive d'une instruction très-importante, nous examinerons chaque tentation en particulier, et nous commencerons par la première. »

 

" Et le tentateur s'approchant de lui, lui « dit : Si vous êtes Fils de Dieu, dites que ces « pierres deviennent des pains . »

 

Cet Esprit de malice ayant entendu la voix du ciel, qui disait clairement ; « Voilà mon fils bien« aimé, » et les témoignages si illustres de saint Jean qui assuraient la même chose, se trouvait dans une étrange perplexité en voyant aussitôt après Jésus-Christ pressé de la faim. D'une part la voix du ciel lui persuadait que Jésus-Christ n'était pas un homme ; et de l'autre cette faim qu'il souffrait l'empêchait de croire qu'il fût Fils de Dieu.

 

C'est pourquoi dans ce doute et dans cette incertitude il parle à Jésus-Christ d'une manière qui témoignait assez l'agitation de ses pensées.

 

Autrefois pour tenter Eve et Adam il feignit ce qui n'était pas, pour savoir ce qui était; il suit encore ici la même conduite : et ne sachant pas au vrai le mystère ineffable de l'incarnation, il use d'un artifice qui lui paraît propre pour en découvrir le secret. « Si, » dit-il, « vous a êtes le Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent du pain. »

 

Il ne lui dit pas, " puisque vous avez faim : » mais " si vous êtes le « Fils de Dieu, » espérant le piquer de vainc gloire et le gagner par ces louanges. Il ne lui parle pas même du besoin de manger où il était, de peur qu'en le lui représentant il ne parut lui faire quelque reproche.

 

Ne comprenant pas la grandeur de cet abaissement si divin de Jésus-Christ, il s'imaginait que cet état lui était honteux. Il aime donc mieux le flatter avec adresse et ne lui représenter que sa grandeur et sa dignité. Que fait Jésus-Christ ? Il réprime cet orgueilleux, et pour montrer que l'état où il était n'était ni honteux ni indigne de sa sagesse, il découvre lui-même ce que le démon avait caché pour le flatter.

 

Mais Jésus lui répondit : II est écrit : " L'homme ne vit pas de pain seul, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu . »

 

Jésus-Christ ne rougit point de marquer par ces premières paroles la nécessité de manger, qui lui était commune avec tous les autres hommes. Mais considérez ici la malice et l'adresse du démon, par où il commence le combat, et comme il n'a pas oublié ses anciens artifices. Il avait déjà vaincu le premier homme par l'intempérance, il l'avait engagé ainsi dans une infinité de maux, et il voulait encore tendre ici le même piége pour y prendre Jésus-Christ.

 

Nous voyons plusieurs personnes insensées qui déclament contre la nécessité du manger, et qui la regardent comme la source de tous les maux. Mais Jésus-Christ nous fait bien voir aujourd'hui que cette nécessité même, quoique si violente , n'oblige jamais une personne vraiment vertueuse à rien faire qui soit indigne d'elle.

 

Car il a faim , et néanmoins il ne fait rien de ce que le démon lui suggère, pour nous apprendre que nous ne devons jamais rien croire de ce que nous conseille cet ennemi. Comme c'est par là qu'Adam a offensé Dieu, et violé sa loi ; Jésus-Christ nous fait voir ici qu'il ne faudrait pas écouter le démon, quand même il ne nous porterait point à désobéir à Dieu.

 

Mais que dis-je à désobéir à Dieu? L'exemple de Jésus - Christ vous fait voir que quand les démons vous diraient même quelque chose de véritable, vous ne devez point les croire. II fit taire les démons qui publiaient qu'il était le Fils de Dieu, saint Paul de même leur imposa silence un jour, quoique ce qu'ils publiaient alors fût très-véritable : il les méprise et les humilie surabondamment et pour mieux dissiper les piéges qu'ils nous pourraient tendre pour nous perdre, il les fait taire lors même qu'ils publiaient les dogmes salutaires de la vérité ; il leur ferme la bouche, et il ne leur permet pas de parler.

 

C'est pour la même raison que Jésus-Christ n'écoute rien ici de ce que le démon lui propose, mais il lui répond simplement: " L'homme ne vit pas de pain « seul, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ; » comme s'il eût dit : Dieu peut d'une seule parole remédier à la faim de l'homme et le nourrir. Et il cite un passage de l'Ancien Testament, afin de nous apprendre que ni la faim, ni la soif, ni aucune souffrance ne doivent jamais nous porter à nous séparer de Dieu.

 

 Que si quelqu'un dit que Jésus-Christ devait faire le miracle que le démon lui demandait, je lui demanderai pour quelle raison et pourquoi ?

 

Si le démon faisait cette demande, ce n'était pas qu'il voulût croire lui-même, mais c'était qu'il espérait convaincre Jésus-Christ d'incrédulité.

 

Ce n'est pas autrement qu'il trompa nos premiers parents, et qu'il fit voir leur infidélité envers Dieu. Il leur fit des promesses contraires aux affirmations de Dieu, les enfla de vaines espérances, les rendit infidèles , et leur fit perdre les grands biens dont ils jouissaient. Mais Jésus-Christ refuse ici au démon, et ensuite aux Juifs, qui étaient poussés par cet esprit de malice, de faire les miracles qu'ils lui demandaient, toujours pour nous apprendre, que quand même nous pourrions faire des miracles, nous n'en devrions point faire inutilement, ni sans grande nécessité, et que nous ne devons point céder au démon dans quelque extrémité que nous nous trouvions réduits.

 

Que fait donc le méchant lorsqu'il se voit vaincu, et qu'il ne peut persuader ce qu'il voudrait à Jésus-Christ lors même qu'il est pressé d'une si extrême faim ? Il a recours à un autre artifice.

 

"Alors le démon le transporta dans la ville sainte,

 

ST Jean Chrysostome.




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Publié le 19 Février 2010

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Alors le démon le transporta dans la ville sainte, et le mettant sur le haut du temple , lui dit : Si vous êtes le fils de Dieu, jetez« vous en bas, car il est écrit : Il ordonnera à ses anges d'avoir soin de vous, et ils vous « soutiendront de leurs mains, de peur que vous ne heurtiez le pied contre quelque « pierre . » Pourquoi le démon commence t-il toutes ses tentations par ces mots : « Si vous « êtes fils de Dieu. »

C'est pour faire encore ici ce qu'il fit à l'égard de nos premiers pères.

De même qu'alors il osa leur parler mal de Dieu en disant : « Dieu sait qu'au moment que vous mangerez de ce fruit vos yeux seront ouverts (Gen. III, 5) ; parce qu'il leur voulait faire croire que Dieu les trompait, et qu'il n'avait point d'amour pour eux; de même il dit ici au Sauveur : C'est en vain que Dieu vous appelle son fils, et il vous trompe par cette qualité qu'il vous donne. Que si vous croyez être en effet ce qu'il vous fait croire que vous êtes, donnez une preuve de votre puissance. Et comme il voyait que Jésus-Christ lui avait rapporté un passage de l'Ecriture, il en use de même envers lui, et lui cite un passage du Prophète.

Jésus-Christ s'indigne-t-il ? s'emporte-t-il? Non, il lui parle avec une extrême douceur, empruntant encore sa réponse aux Ecritures : « Jésus lui répondit : Il est écrit aussi : Vous « ne tenterez point le Seigneur votreDieu. » (Deut. vi, 16.)

 

Pourquoi ? Le Sauveur nous apprend par cette conduite, que ce n'est point par les miracles qu'il faut vaincre le démon, mais par une patience ferme et invincible ; et que nous ne devons jamais rien faire par ostentation et par vanité. Mais remarquez combien était grossier l'artifice du démon, jugez-en par le témoignage même qu'il emprunte aux Livres saints : Quant au Seigneur, les témoignages qu'il cite se rapportent admirablement à ce qu'il dit ; mais le démon cite des paroles en l'air et au hasard, sans qu'elles prouvent en aucune sorte ce qu'il en infère.

 

Car ces paroles du Psaume : « Il ordonnera à ses anges d'avoir soin de vous, » ne disent pas que le Juste se précipite luimême. Et de plus, elles n'ont pas été proprement dites de Jésus-Christ. Le Fils de Dieu néanmoins ne se met point en peine de les réfuter, quoique le démon les eût alléguées d'une manière qui lui était si injurieuse et si contraire à leur véritable sens. Car ce n'est point au Fils de Dieu à faire ce que cet esprit de malice lui conseillait alors. C'est au démon à se précipiter lui-même ; comme c'est à Dieu à relever ceux qui sont tombés dans le précipice. Si Jésus-Christ devait montrer sa puissance, il le devait plutôt faire, en tirant les autres du précipice, qu'en s'y jetant. Il n'appartient qu'aux démons d'agir de la sorte, et de se précipiter en troupe dans les abîmes. C'est pourquoi ils tâchent de rendre les autres les compagnons de leur chute et de leur supplice.

 

Cependant Jésus-Christ ne se découvre point encore : et il parle au démon comme un simple homme aurait pu faire. Car en disant : « L'homme ne vit pas du pain seul ; » ou : « Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu ; » il ne dit rien qui le puisse faire reconnaître, et le distinguer des autres.

 

Et ne vous étonnez pas si le démon parlant à Jésus-Christ tourne de toutes parts, et l'attaque de tant de manières. Comme un athlète qui a reçu des blessures mortelles et qui perd la vue avec son sang, ne fait plus que tourner et que s'agiter inutilement : de même le démon après avoir reçu ces deux blessures mortelles, ne sachant plus ce qu'il doit dire, parle comme à l'aventure, et recommence une troisième tentation.

 

Le démon le transporta encore sur une montagne fort haute ; et lui montrant tous les royaumes du monde, et la gloire qui les accompagne, lui dit : Je vous donnerai toutes ces choses, si en vous prosternant devant  moi vous m'adorez . »

 

Mais Jésus lui répondit : Retire-toi, Satan ; car il est écrit : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul .» Jésus-Christ voyant que le démon par ces paroles offensait son Père, en s'attribuant ce qui n'appartient qu'à Dieu, et qu'il se faisait lui-même Dieu, et le créateur de toutes choses, le reprend de son orgueil, quoiqu'avec douceur néanmoins, se contentant de lui dire : " Retire-toi, Satan ; » ce qui était plutôt un commandement qu'un reproche.


Ce mot seul, Retire-toi, » le mit aussitôt en fuite ; et on ne voit plus depuis qu'il l'ait tenté.

 

 st Jean Chrysostome.


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Publié le 19 Février 2010


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Mais comment saint Luc dit-il, qu'après ces trois tentations, « toute la tentation fut «consommée? (luc, Xiv, 13.)

 Pour moi il me semble que l'évangéliste en marquant ces trois sources principales de tentations, y a renfermé toutes les autres. Car ce déluge de péchés qui inonde tout le monde, n'a point d'autre source que l'appétit sensuel, l'orgueil, et l'avarice.

 L'esprit de malice le savait parfaitement, et il met l'avarice au dernier lieu, comme le plus puissant de tous les vices : et quoiqu'il l'eût en vue dès le commencement de sa tentation, il la réserve néanmoins pour la fin comme la plus forte de toutes ses armes. C'est là l'ordre qu'il observe dans ses combats. Il réserve pour le dernier ce qui est le plus capable de faire tomber les justes. C'est ainsi qu'autrefois il attaqua Job, et c'est ainsi qu'il attaque JésusChrist ; commençant d'abord par les armes les plus faibles, et employant ensuite les plus fortes.

 

Comment donc pouvons-nous vaincre un ennemi si redoutable ?

 

 

Nous le pouvons en faisant ce que Jésus-Christ a fait, c'est-à-dire, en ayant recours à Dieu ; en croyant toujours, quand nous serions abattus par la faim, qu'il peut nous nourrir d'une seule parole ; en ne tentant point Dieu dans les biens que nous en avons reçus; en nous contentant de la gloire du ciel, sans nous mettre en peine de celle de la terre : et en rejetant dans l'usage des biens de ce monde, tout ce qui passe les bornes de la plus exacte nécessité.

Il n'y a rien qui assujétisse tant d'hommes au démon que l'amour du bien, et le désir de devenir riches.

On ne le voit que trop tous les jours par une malheureuse expérience. Car il y a encore aujourd'hui des personnes qui disent : Nous vous donnerons tout ce que vous voyez, si vous voulez vous prosterner pour nous adorer. Ces personnes paraissent hommes au dehors ; mais elles sont en effet les instruments du démon. Nous voyons aussi qu'alors le démon ne tenta pas seulement Jésus-Christ par lui-même, mais qu'il le tenta encore par les hommes. « Il se retira de lui pour un « temps, » dit saint Luc, pour marquer que le démon tenterait encore le Sauveur par les hommes qui devaient être comme les organes de sa malice.

 

Alors le démon le laissa, et aussitôt les « anges s'approchèrent de lui, et ils le servaient . »

 

 Pendant que Jésus-Christ combat le démon, il ne permet pas que les anges paraissent, afin de ne le pas mettre en fuite avant que de l'avoir vaincu. Mais après une si glorieuse victoire, les anges lui apparaissent pour vous assurer que toutes les fois que vous aurez vaincu le démon, les anges viendront aussitôt pour se réjouir avec vous de votre victoire, et pour vous accompagner, comme vos gardes et vos défenseurs.

C'est ainsi qu'ils reçurent autrefois le Lazare, lorsqu'il sortit de la pauvreté, de la faim, et des souffrances, comme d'une fournaise où Dieu l'avait éprouvé, pour le transporter au sein d'Abraham. Car, comme je vous l'ai déjà dit, Jésus-Christ figure souvent par ce qui lui est arrivé en cette vie, ce qui nous devait arriver en l'autre.

 Puis donc que c'est pour vous que JésusChrist a souffèrt toutes ces choses, tâchez de vaincre le démon comme lui, et ayez de l'ardeur et du zèle pour imiter votre chef.

Que si quelqu'un d'entre les esclaves et les disciples du démon vous vient dire : Puisque vous êtes un homme d'une si grande piété, et d'une vertu si admirable, transportez cette montagne, ne vous troublez point, et ne vous mettez point en colère; mais répondez doucement comme Jésus-Christ : « Vous ne tenterez point « le Seigneur votre Dieu. » S'il vous promet de la gloire, de la puissance, et de grandes richesses, pourvu que vous l'adoriez, rejetez cet offre avec une fermeté inébranlable.

 Le démon n'a pas usé de ces artifices seulement envers Jésus-Christ, qui était le Seigneur et le roi de tous les hommes. Il en use encore tous les jours envers nous qui sommes ses serviteurs. Il nous attaque non-seulement sur les montagnes, dans les déserts, et dans les solitudes, mais encore dans les villes, dans les places publiques, et dans les lieux où la justice se rend. Et il ne nous, combat pas seulement par lui-même, mais encore par des hommes semblables à nous.


 Que faut-il donc que nous fassions pour nous défendre ?


Nous devons fermer l'oreille à toutes les paroles de cet esprit de malice ; ne rien croire de tout ce qu'il nous dit ; le haïr lors même qu'il nous flatte ; et en avoir d'autant plus d'horreur, qu'il nous promet de plus grandes choses.


C'est ainsi qu'il surprit Eve. En lui donnant de magnifiques espérances, il la perdit et la précipita dans tous les maux. Nous avons affaire à un ennemi qui ne se réconcilie jamais. Il a entrepris une guerre éternelle contre nous, et nous veillons moins pour nous sauver, qu'il ne veille pour nous perdre. Combattons-le donc non-seulement par nos paroles, mais par nos actions ; non-seulement par la pensée, mais par notre vie.

Ne faisons rien de tout ce qu'il désire, et nous ferons tout ce que Dieu désire de nous. Cet ennemi nous fait de grandes promesses, non pour nous donner, mais pour nous faire perdre ce que nous avons. Il nous offre des occasions de dérober le bien d'autrui, afin de nous ravir l'innocence et la justice. Il nous tend des piéges en nous promettant des trésors sur la terre, afin de nous enlever ceux du ciel. Il veut nous enrichir ici-bas, de peur que nous ne possédions ces richesses éternelles. S'il ne peut nous ravir les biens invisibles en nous promettant ceux de ce monde, il tâche de le faire par la pauvreté.

 C'est ainsi qu'il traita le bienheureux Job.

 Quand il vit que les richesses n'avaient pu le corrompre, il voulut l'abattre par la pauvreté, s'imaginant qu'il le surmonterait par cette voie. Mais cette prétention était bien extravagante. Car celui qui a pu être modéré dans les richesses, sera encore bien plus aisément ferme et patient, lorsqu'il sera pauvre.

 Celui qui ne s'est pas attaché aux biens qu'il possédait, ne les regrettera point quand il les aura perdus. C'est pourquoi ce saint homme est devenu incomparablement plus glorieux par sa pauvreté, qu'il ne l'avait été par ses richesses. Le démon put bien lui ôter ce qu'il avait ; mais bien loin de lui ôter cette charité dont il brûlait pour Dieu, il la rendit encore plus ardente; et en le dépouillant de tout au dehors, il le combla de biens au dedans. C'est ce qui mit au désespoir cet esprit superbe, voyant que Job devenait d'autant plus fort, qu'il lui faisait de plus grandes plaies.


 Lorsqu'il eut employé tous ses moyens inutilement, voyant que rien ne lui réussissait, il eut enfin recours à ses anciennes armes, et il se servit de la femme de ce saint homme pour le tenter. Il lui parla par elle, se couvrant du masque de la bienveillance. Il lui représenta avec exagération l'état déplorable où il était, et il fit semblant de ne lui donner ce conseil détestable que pour le délivrer de tous ses maux. Mais il ne gagna rien encore par ce dernier artifice. Cet homme admirable découvrit du premier coup ce piége caché ; il s'aperçut que c'était le démon qui parlait par la bouche de sa femme, et il la réduisit au silence en la faisant taire.

 Voilà le modèle que nous devons imiter.


Quand le diable nous parlerait par nos frères, par nos amis, par notre femme, par ceux qui nous sont les plus proches et les plus unis, pour nous porter à quelque mal; que l'amour que nous aurons pour la personne qui nous parle, ne nous fasse point recevoir le mal qu'elle nous suggère, mais que l'horreur que nous aurons du mal, nous en donne aussi pour la personne. Le démon se déguise ainsi tous les jours.


 Il prend le visage d'un homme qui compatit à nos maux; et lorsqu'il semble nous consoler, il nous dit des paroles qui ne servent qu'à envenimer notre plaie. C'est le propre du démon de flatter pour perdre, comme c'est le propre de Dieu de reprendre pour guérir.


  Ne nous laissons donc point surprendre à de faux raisonnements, et ne cherchons point, comme nous faisons par toute sorte de moyens, à éviter les maux de la vie.

C'est un oracle de l'Ecriture que Dieu châtie celui qu'il aime. Lors donc que nous vivons mal, plus toutes choses nous réussissent, plus nous devons être dans la douleur. Car ceux qui offensent Dieu doivent toujours craindre, et encore plus lorsqu'ils ne sont point châtiés de leurs offenses. Lorsque Dieu nous punit en ce monde, il le fait en détail, et notre peine en devient bien plus légère; mais lorsque sa justice dissimule nos offenses, la peine qu'il nous réserve est bien plus horrible.


 Que si l'affliction est nécessaire aux justes mêmes, combien l'est-elle plus aux pécheurs?


 Considérez avec quelle patience Dieu souffrit l'endurcissement de Pharaon, et avec quelle rigueur il le punit ensuite. Nabuchodonosor fut longtemps heureux dans ses crimes, et il en fut ensuite rigoureusement puni. Et ce riche de l'Evangile fut d'autant plus tourmenté dans l'autre vie, qu'il avait moins souffert en celle-ci. Il vécut ici-bas dans les délices sans être troublé d'aucune peine, et il alla souffrir ensuite des maux effroyables sans pouvoir trouver le moindre soulagement.


 Cependant il y a des personnes assez stupides et assez insensées, pour aimer mieux être heureuses en cette vie et pour dire ces paroles ridicules et honteuses : Jouissons des biens présents, et, pour ce qui est des incertains, nous verrons quand nous y serons. Faisons bonne chère; ne refusons rien à nos sens; jouissons de la vie ; donnez-moi le présent, et je vous abandonne l'avenir. 0 comble de l'aveuglement ! En quoi ces personnes sont-elles différentes des pourceaux? Car si le Prophète dit des adultères qu'ils sont a des chevaux « (Jérém. v, 8),» qui peut nous accuser comme d'un excès, si nous appelons ces personnes des pourceaux et des boucs, si nous soutenons qu'ils sont plus stupides que des ânes, puisqu'ils appellent incertaines des choses qui sont plus claires que ce que nous voyons de nos yeux?

 

Si vous ne croyez pas les hommes, croyez au moins ce que disent les démons, lorsque Dieu les tourmente par sa puissance, quoique ces esprits de malice n'aient point d'autre but dans leurs actions et dans leurs paroles, que de nous perdre. Car vous ne doutez pas vous-mêmes qu'ils ne fassent tout ce qu'ils peuvent pour entretenir notre lâcheté, et pour nous ôter la crainte de l'enfer, et la créance môme du jugement à venir. Cependant, quoiqu'ils tâchent de nous inspirer ces pensées, ils sont souvent forcés malgré eux de crier et de hurler, et de déclarer combien sont grands les supplices que l'on souffre dans l'enfer.

D'où vient donc qu'ils parlent ainsi contre leur propre volonté, sinon parce qu'ils y sont forcés par une nécessité inévitable? Car ils sont sans doute très-éloignés de confesser de leur propre mouvement qu'ils sont tourmentés par la puissance des saints qui sont morts, ni même qu'ils souffrent aucune peine. D'où vient donc que les démons même confessent qu'il y a un enfer, lors même qu'ils tâchent de nous en ôter la créance, sinon parce qu'il y a un Dieu qui les y oblige ? Et cependant vous qui êtes comblés de tant de grâces, qui avez part à de si grands mystères, vous n'imitez pas même les démons, et vous êtes plus durs et plus insensibles qu'eux.

 Mais qui est revenu des enfers, me direz-vous, pour nous apprendre ce qui s'y passe ? Et moi je vous demande : Qui est venu du ciel pour nous dire que Dieu a créé toutes choses ? Qui vous a dit que nous ayons une âme? Si vous ne croyez que ce que vous voyez de vos yeux, vous devez aussi mettre en doute s'il y a un Dieu, s'il y a des anges, s'il y a même une âme dans votre corps. Et ainsi les vérités les plus constantes seront effacées de votre esprit.

 Je dis plus, si vous ne voulez croire que ce qui est le plus clair, vous devez plutôt croire les choses invisibles que celles que vous voyez de vos yeux. Cela semble un paradoxe ; c'est néanmoins une vérité dont toutes les personnes raisonnables demeureront aisément d'accord. Vos yeux se trompent tous les jours, je ne dis pas dans les choses invisibles, car ils n'en sont pas capables, mais dans celles même qu'ils voient et qui sont les plus grossières.

 L'éloignement et la distance des lieux, la qualité de l'air, l'abstraction de l'esprit, la passion de la colère, l'inquiétude des soins, et mille autres choses semblables, leur sont comme autant d'obstacles qui suspendent leur action, et qui leur font faire de faux jugements. Mais lorsque l'œil intérieur de notre âme est une fois éclairé par la lumière de l'Ecriture, il juge bien plus sainement et avec plus d'assuranee de la vérité des choses.

Ainsi ne nous trompons pas nous-mêmes et prenons garde d'attirer sur notre tête un feu doublement violent et pour les dogmes faux que nous aurons professés, et pour la vie molle et relâchée que nous aurons menée en conséquence, pour avoir suivi de si fausses opinions. S'il était vrai que Dieu ne nous dût point juger un jour ou que nous ne dussions lui rendre aucun compte de nos actions, il s'ensuivrait aussi qu'il ne devrait point récompenser les travaux des saints. Considérez donc jusqu'où va ce blasphème qui vous fait dire que Dieu qui est si juste, si doux et qui a tant d'amour pour les hommes, méprisera tous leurs travaux, et n'aura aucun égard à toutes leurs peines? Qui pourrait croire un si grand excès?


 Quand vous n'auriez aucune autre preuve, vous devriez au moins juger de la fausseté d'une pensée si impie et si ridicule, par ce qui se passe tous les jours dans vos familles.

Quelque cruel, quelque inhumain, quelque brutal que vous soyez, vous rougiriez en mourant de ne laisser aucune marque de votre affection à un serviteur qui vous aurait été Adèle. Vous lui donnez la liberté, vous lui laissez de l'argent; et comme vous ne pouvez plus après votre mort lui faire aucun bien par vous-même, vous le recommandez soigneusement à vos héritiers; vous les priez, vous les conjurez de l'assister, et vous faites tout ce que vous pouvez afin qu'il ne demeure point sans récompense.


Quoi, vous, tout méchant que vous êtes, vous témoignez tant de bonté pour un domestique; et Dieu dont la miséricorde est infinie, dont la bonté n'a point de bornes, négligera ses fidèles serviteurs, ces excellents hommes, Pierre, Paul, Jacques, Jean, et tant d'autres qui ont souffert pour lui la faim, les prisons, les naufrages, qui ont été frappés de verges et exposés aux bêtes, qui ont enduré des maux innombrables et qui, enfin, sont morts pour sa gloire ? Il les laissera sans récompense et il ne couronnera point leurs travaux? Celui qui préside aux jeux olympiques couronne l'athlète qui y remporte la victoire.


 Le maître récompense son esclave et le prince son soldat.

Tous les hommes généralement comblent de biens ceux qui les ont fidèlement servis, et Dieu seul ne récompensera point ceux qui le servent avec tant de fidélité, et qui souffrent pour son amour tant de travaux et tant de peines? Les plus justes donc, les plus saints et les plus vertueux seront indifféremment confondus avec les adultères, les homicides, les parricides et les violateurs des sépulcres ? Qui pourrait avoir une si extravagante pensée?


 S'il ne restait rien de nous après notre mort, et si tous nos biens ou nos maux se terminaient à cette vie : les bons et les méchants seraient tous enveloppés dans le même état. Et il se trouverait même que ces premiers ne seraient pas si heureux que les derniers : puisque tout étant égal après la mort pour les uns et pour les autres, les méchants auraient au moins cet avantage, de n'avoir eu que du repos et du bonheur en cette vie, au lieu que les bons n'y auraient eu que des maux.


 Mais quel est le tyran assez cruel, quel est l'homme assez inhumain, quel est le barbare assez dur pour traiter si cruellement ceux qui le servent et lui obéissent ? Vous voyez assez quel est l'excès de cet égarement, et jusqu'où nous porte ce raisonnement impie. Quand donc vous n'auriez point sur cela d'autres lumières, rendez-vous au moins à ce que nous vous disons. Ayez horreur d'une si détestable pensée. Fuyez le vice, embrassez les travaux de la vertu et vous reconnaîtrez alors que tout notre bonheur ou notre malheur ne se termine point dans cette vie.


 Si quelqu'un vous demande : Qui est venu de l'autre monde pour nous apprendre ce qui s'y passe ? Répondez-lui : Ce n'est pas un homme qui est venu nous en instruire. On ne l'aurait pas voulu croire. On aurait considéré comme des exagérations et des hyperboles tout ce qu'il nous aurait dit de cette autre vie. Mais c'est le Seigneur même des anges qui est venu nous donner une connaissance si précise du véritable état de l'âme après notre mort.


Pourquoi cherchez-vous le témoignage des hommes lorsque le juge même qui vous redemandera compte de toutes les actions de votre vie, vous crie tous les jours qu'il prépare le ciel aux bons, l'enfer aux méchants; et qu'il donne de plus des preuves constantes de tout ce qu'il dit? S'il ne devait pas juger un jour tout le monde, il ne jugerait point par avance quelques personnes qu'il punit dès ici-bas d'une manière si terrible. Car par quelle raison quelques-uns d'entre les méchants seraient-ils punis, et les autres ne le seraient pas? Dieu fait-il acception des personnes et ose-t-on proférer un tel blasphème, puisque ce traitement si inégal de ceux qui sont également méchants, serait une erreur encore plus grande que n'est celle que nous venons de combattre ? Mais si vous voulez m'écouter attentivement, je vous développerai cette difficulté en un mot. Voici de quelle manière j'y réponds : Dieu ne punit pas tous les méchants dès ce monde, de peur que vous ne cessiez ou d'attendre la résurrection ou de craindre le jugement, comme si tous avaient été jugés dès cette vie. Dieu ne laisse pas aussi dans le monde tous les crimes impunis, afin que vous ne doutiez point de sa providence. Ainsi il punit quelquefois et quelquefois il ne punit pas.


 Lorsqu'il punit en cette vie, il fait voir que ceux qui n'y auront pas été punis, le seront en l'autre. Et lorsqu'il ne punit pas, il exerce votre foi, et il veut que vous attendiez un second jugement sans comparaison plus redoutable que ceux de ce monde.

Que si sa sagesse et sa providence avaient jusqu'ici laissé aller toutes choses sans y prendre aucune part, Dieu n'aurait ni puni personne, ni fait aucun bien à personne. Mais ne voyez-vous pas au contraire qu'il a en votre faveur créé les cieux, allumé le soleil, fondé la terre, répandu la mer, étendu les airs, réglé le cours de la lune, tempéré les temps et les saisons; et qu'il a établi dans tout le monde cet ordre admirable et éternel qui s'y conserve par sa sagesse et par son esprit?

Tout ce qui est renfermé dans la nature des hommes ou dans celle des bêtes; tout ce qu'il y a d'animaux qui marchent et qui rampent sur la terre, ou qui volent dans l'air, ou qui nagent dans la mer, dans les étangs, dans les fleuves et dans les fontaines ; toutes les bêtes farouches qui peuplent les montagnes et les vallées, toutes les semences, toutes les plantes, tous les arbres fruitiers ou sauvages, fertiles ou stériles, et généralement tout ce qu'il y a sur la terre, a été créé sans peine par celte main toute-puissante, et est gouverné par elle pour notre soutien et notre salut. Toutes ces créatures n'ont pas été seulement ordonnées de Dieu pour notre nécessité et notre usage, mais encore pour exercer la charité, et pour nous assister les uns les autres. C'est après un si grand nombre de dons et de faveurs, dont je ne viens de rapporter qu'une très-petite partie, que vous osez dire que celui qui a fait pour vous tant de choses, pourra vous oublier un jour, et vous laisser après votre mort dans le même rang que les pourceaux et les bêtes .

 

Après vous avoir prévenu de tant de grâces qui vous ont égalé aux anges, il vous oublierait et mépriserait tout ce que vous aurez pu faire ou souffrir pour lui ! Y a-t-il en cela quelque étincelle ou quelque ombre de raison? Et quand nous nous tairions en cette rencontre,..n'est-il pas vrai que les pierres même crieraient, et que ces vérités sont plus claires que les rayons du soleil? Considérons donc toutes ces choses.


 Soyons très persuadés que nous comparaîtrons en sortant de cette vie devant un tribunal terrible, où nous rendrons compte de toutes nos actions.


C'est là que nous serons condamnés si nous demeurons dans le crime, et que nous recevrons la couronne si nous veillons sur nous-mêmes pendant cette vie qui est si courte ; si nous nous élevons avec courage contre ces blasphèmes et ces ennemis de Dieu, et si nous "marchons dans le sentier de la vertu, pour pouvoir paraître avec confiance devant ce grand juge, et jouir des biens qui nous sont promis par la grâce et par la miséricorde de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est la gloire avec le Père et le Saint-Esprit dans tous les siècles des siècles.

 

 Ainsi soit-il.

 


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Publié le 19 Février 2010

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"O ineffabilem filii Dei erga peccatores charitatem !"

st Bernard.

Loué soit Jésus-Christ portant sa Croix.

 Bénie soit Marie,

 accompagnant son cher Fils

 dans le chemin du Calvaire.

 


O Jésus, notre aimable Sauveur! nous voici humblement prosternés à vos pieds, afin d'implorer votre divine miséricorde pour nous et pour les âmes des fidèles qui sont morts. Daignez nous appliquer à tous les mérites infinis de votre sainte passion , que nous allons méditer. Faites que dans cette voie de soupirs et de larmes , où nous entrons, nos cœurs soient tellement contrits et repentants, que nous embrassions avec joie toutes les contradictions, les souffrances et les humiliations de celte vie.

 

Et vous, ô divine Marie ! qui, la première, nous avez enseigné à faire le Chemin de la Croix, obtenez de l'adorable Trinité , qu'elle daigne accepter, en réparation de tant d'injures qui lui sont faites , les affections de douleur et d'amour , dont l'esprit vivificateur nous favorisera pendant ce saint exercice.

 

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

  Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

 




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