Publié le 9 Septembre 2011
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas tout d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.»
bernanos
« L'homme doit être tout à fait sûr qu'à chaque instant Dieu le regarde du haut des cieux » Saint Benoît
Publié le 9 Septembre 2011
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas tout d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.»
bernanos
Publié le 9 Septembre 2011
De 1988 à 1990, certains anciens élèves des classes préparatoires se souviennent d'avoir eu Jean Pateau comme professeur de physique. Leur professeur avait quitté Stan pour rentrer directement à l'abbaye bénédictine de Notre Dame de Fontgombault. Il en est devenu le chantre puis le père prieur avant d'être élu et installé le 18 août dernier, à 45 ans, comme quatrième père abbé depuis la refondation de l'abbaye en 1948 par des moines de Solesmes. Dom Jean Pateau a souhaité associer les anciens de Stan et plus spécialement ses anciens élèves à cette cérémonie à laquelle tous sont les bienvenus.
Publié le 9 Septembre 2011
Une Messe pour le bicentenaire de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris
aura lieu en la cathédrale Notre-Dame de Paris
dimanche 18 septembre 2011 à 9h30
présidée par le cardinal André Vingt-Trois, assisté de Mgr Luc Ravel
Publié le 9 Septembre 2011
ici, avec nos pères abbés émérite de Fontgombault et Triors
Suite à la démission de Mère Marie-Bernardette de Maigret, une nouvelle Mère Abbesse a été élue le 25 juin dernier par les 45 moniales de l’abbaye Sainte-Cécile de Solesmes. Il s’agit de Mère Claire de Sazilly. Âgée de 36 ans, elle était entrée au monastère à l’âge de 18 ans. Jusqu’à maintenant, elle exerçait la fonction de maîtresse des novices.
Ce matin s’est déroulée la bénédiction abbatiale de Mère Claire de Sazilly par Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans en l’église de Sainte-Cécile. Une église trop petite pour contenir toute la communauté chrétienne. Aussi des écrans étaient-ils installés dans la cour du monastère pour permettre à l’assistance de suivre cette cérémonie religieuse.
Publié le 7 Septembre 2011
Célébrons solennellement celle qui est née en ce jour,
Marie, Mère de Dieu et toujours Vierge,
par qui la Majesté royale est venue jusqu'à nous.
alleluia.
la naissance de Jésus-Christ est une solennité pour la terre comme pour le ciel. La naissance de sa Sainte Mère en devait être une aussi pour ses enfants. Fête auguste, et que mes vœux ont prévenue depuis longtemps, comment réussirai-je à la célébrer dignement ?
Je me transporterai en esprit aux pieds du berceau de ce précieux enfant, que le ciel confie aujourd’hui à la terre ; et là, pénétrée d’une vénération égale à ma reconnaissance, je bénirai Dieu avec tous les hommes, du présent dont il daigne m’enrichir.
Je percerai le voile d’infirmité et de faiblesse dont Marie naissante semble enveloppée, et je découvrirai en elle le sanctuaire de l’auguste Trinité, la Fille du Père tout-puissant, la Mère future d’un Dieu homme, l’Epouse du Saint-Esprit, l’objet des divines complaisances, la dépositaire de tous les dons du Très-Haut, le Temple où réside déjà la plénitude de toutes les richesses célestes dont Dieu puisse favoriser la plus chère de ses créatures.
Je me mêlerai à cette multitude d’Esprits bienheureux qui environnent le trône de leur Reine et de leur dominatrice : je m’efforcerai d’imiter l’ardeur et la pureté de leurs hommages, l’étendue et la profondeur de leur vénération ; je les conjurerai de lui porter tous les transports de ma propre allégresse, et de tous mes autres sentiments, d’y suppléer par la sainteté, par la ferveur de leurs affections, et de m’obtenir tout ce qui peut animer, élever et purifier les miennes.
Je considérerai enfin tout ce que me promettent de biens ces premiers instants de la vie de Marie. Alors recueillant toutes les impressions de la plus douce confiance, je les opposerai aux craintes que m’inspirerait la vue de tant de misères dont je suis accablée. Une médiatrice, une avocate, un refuge, une mère qui se présente à mes regards, me rassure, me console, me fait tout espérer de celui dont elle possède déjà tout le cœur et tout l’amour.
A ces premiers sujets de réflexions que me fournit cette solennité, combien d’autres se joignent encore pour mon instruction ? Une seule doit ici plus particulièrement m’occuper. L’humilité de Marie naissante m’y conduit. Je contemplerai dans cette auguste Vierge dépouillée de tout l’éclat de la gloire temporelle qui devait accompagner sa naissance ; déchue de la première grandeur qui avait illustré ses aïeux, couverte de toutes les ténèbres d’une humiliation commune aux états les plus vulgaires, consacrant dans sa personne la plus exacte pratique de cette abjection, qui fit ses délices le reste de ses jours.
J’apprendrai, de cet exemple, tout ce que je dois avoir d’indifférence pour les avantages de ma naissance, et à n’estimer que celle qui m’a élevée à la dignité d’enfant de Dieu. Je connaîtrai ensuite tout ce que j’ai à craindre d’une vanité toujours prête à m’assaillir dans les égards que le monde se croit autorisé à me rendre : tout ce qu’il y a de dangereux pour moi dans ses flatteries et dans ses complaisances, ce qu’il y a même de frivole et de méprisable dans un mérite qui ne doit son lustre qu’aux prérogatives du sang. Je travaillerai avec plus d’ardeur que jamais à acquérir cette humilité de cœur qui, en me précautionnant contre les abus de la grandeur, m’engagera à ne chercher, à ne désirer d’autres témoins, ni d’autre salaire de mes vertus, que celui qui seul doit en être le terme. Je serai plus attentive à lui rapporter les motifs qui me feront agir, et à détourner les suggestions de l’amour-propre ; de fréquents et d’utiles retours sur les misères de mon âme me tiendront en garde contre les moindres atteintes que me livrerait une vanité toujours si adroite à me surprendre et à me séduire.
C’est l’objet que je me proposerai, surtout dans ces jours destinés par l’Eglise à célébrer l’humble naissance de ma patronne. Fidèle à étudier le modèle qui m’est présenté chaque année dans ce saint temple, je m’efforcerai d’y répondre chaque fois par quelque pratique d’humilité ; mes œuvres, aussi bien que mes sentiments, rendront à Dieu témoignage de mon zèle à lui plaire, par cette précieuse ressemblance avec sa Sainte Mère : un trait à mon avantage, supprimé lorsque j’en serais le plus flattée ; un retranchement, sans singularité, de quelque ornement dont sait se passer la modestie chrétienne, une contrariété acceptée, un silence, une indulgence dans quelque occasion où l’on me manquerait, le refus d’une préférence à laquelle je pourrais prétendre, quelqu’autre sacrifice que m’offrira la providence, fixeront mon attention à en profiter et à mériter comme Marie, par mon humilité, les regards propices du Dieu amateur et rémunérateur des âmes humbles ; fruits solides que je veux recueillir à l’ombre des abjections qui enveloppent la Mère naissante de Jésus.
PRIÈRE
Pour obtenir l’humilité par la méditation de la naissance de Marie
Vous me l’avez enseignée, ô mon Dieu, cette importante vérité : vous l’avez confirmée par vos propres exemples : vous m’avez dit que vous vous plaisiez à habiter dans un cœur dont l’humilité vous prépare l’entrée ; je connais aujourd’hui l’accomplissement de ce grand oracle. Une Vierge destinée par votre choix à devenir la Mère de votre Fils unique, n’attire point vos complaisances par la splendeur de sa condition. Plus elle semble inconnue aux yeux d’un monde fastueux, plus aussi elle s’attache les vôtres. Vous savez la démêler dans les ténèbres de l’humiliation, au milieu des ténèbres qui obscurcissent son berceau. Les dons de votre grâce, qui l’ont enrichie dès les premiers instants de sa conception font toute sa grandeur ; l’humilité accompagne son entrée sur la terre : à ces titres, vous la chérissez, vous la bénissez, vous la regardez comme une créature la plus digne de vos faveurs. Quelle estime ferais-je encore de votre Grandeur, séparée de l’état de votre grâce ? Et quel autre moyen de me maintenir dans cette heureuse possession, que celle qui m’attache à vous, ô mon Dieu, par l’exercice assidu des mortifications évangéliques ?
Obtenez-moi, Vierge Sainte, le goût pour ce devoir, et la fidélité à m’en acquitter. Agréez tout ce que je porte de vœux au pied de votre berceau. Croissez et pour le Dieu qui vous fait naître, et pour vous-même qu’il fait naître, et pour nous en faveur de qui il vous fait naître. Après être sortie du sein de Dieu, vous devez un jour le porter dans le vôtre. Vivez et croissez pour lui présenter son tabernacle. Il doit vous élever à la plus auguste dignité. Vivez et croissez pour la plus glorieuse de toutes les destinées. C’est par vous que Jésus viendra à nous, et qu’il nous tirera de l’esclavage du péché ; vivez et croissez pour notre salut et pour notre bonheur. Protégez-nous contre les ennemis invisibles qui nous menacent ; soyez, pendant ma vie et à ma mort, une Mère de miséricorde ; et que, dès ce moment, mon cœur et mon sein puissent devenir comme les vôtres une demeure digne du Saint des Saints. Ainsi soit-il.
Publié le 7 Septembre 2011
Publié le 6 Septembre 2011
"Il est intéressant de voir comment un simple Routier à pu, par l’intermédiaire de son carnet de route, aider à la fondation d’un monastère bénédictin, lieu de prière et de travail selon la devise traditionnelle de l’orde de St Benoît « Ora et labora« .
Les Gorges de la Monne
Juillet 1952 : Sac au dos, une dizaine de Routier d’Amiens crapahutent à travers l’Auvergne, du Puy de Dôme au Puy de Sancy, du lac de la Cassière à celui de Chambon. Leur dernière étape les enfonce dans les pittoresques Gorges de la Monne, avant de gagner Saint Saturnin dont le château royal et surtout l’église romane font leur admiration.
Sur le carnet de route, qu’il tient chaque soir, après la veillé, l’un des Routiers note la profonde impression que lui ont fait ces Gorges de la Monne et leur débouché au pied d’un petit hameau accroché sur les flancs d’un rocher. Les maisons paysannes de vieilles pierres ne manquent pas de cachet et retiennent le regard ; les granges, bien qu’un peu délabrées, ont du caractère. Un chien couché à ses pieds, un berger est là, au fond d’un cirque de verdure, entouré de centaines de moutons auxquels il parle comme à des vieilles connaissances ; une tente de peaux de bêtes tendue entre quatre piquets de bois lui sert d’abri pour la nuit et en cas de pluie.
L’interviewer est un plaisir et il apprend aux garçons qu’il a la garde, tout l’été, de six cents bêtes, appartenant aux habitants de « Randol » : c’est le nom de ce hameau, que domine le rocher du Conquaire. Il vit de pain et de fromage, et de l’eau des excellentes sources ; il paraît le plus heureux des hommes, au milieu de ce « Cirque de Champeaux », dans une rusticité et une intimité avec la nature, bien faites pour être comprises des scouts.
Novembre 1966 : Le Père Abbé de l’antique abbaye de Fontgombault est à la recherche d’un lieu qui convienne pour y faire une fondation : les novices sont nombreux chez lui, il a dû augmenter le nombre de cellules, mais la place manque encore et il lui faut essaimer. L’évêque de Clermont l’ayant sollicité pour restaurer la vie bénédictine dans son diocèse, il s’y rend et prospècte discrètement le pays.
« Si nous allions du côté des Gorges de la Monne », suggère son compagnon, ancien Routier devenu moine à Fongombault, qui se rappelle les notes qu’il avait griffonnées, qu’il a ensuite fait taper et même relier, comme il le faisait après chacun de ses camps. Précieux souvenir !
L’auto s’engage en cahotant dans la vallée. Les moines sont saisis par la beauté de cette solitude de bout du monde, par le silence, par la paix ; tout inspire le recueillement, la contemplation de la création, qui mène qu Créateur. Arrivés à l’entrée des Gorges, ils descendent de voiture : le hameau de Randol est toujours là, endormi, un peu plus délabré que quatorze année plus tôt, mais toujours aussi captivant. « C’est un site tel que l’aurait choisi St Bernard » murmure le Père Abbé. Et prenant une médaille Miraculeuse, il la jette de toute la force de son bras.
Le soir même, il apprenait que ce fond de vallée était à vendre ainsi que les bois qui l’encadraient ; que les fermiers de Randol se retiraient les uns après les autres pour aller vivre en ville et ne demandaient qu’à céder leurs petits champs ; et déjà des bienfaiteurs se proposaient de l’aider à réaliser son projet. Vraiment, c’était la Providence de Dieu qui l’avait amené en cette thébaïde.
Mai 1971 : Moins de cinq ans plus tard, l’abbaye Notre Dame de Randol se dressait exactement à l’aplomb de l’endroit où le Père Abbé avait lancé sa médaille, et les premiers moines commençaient à chanter la louange divine dans une église pointé vers le ciel, telle une tente dont le mas se termine par la Croix.
Les moines ne furent pas peu surpris de découvrir que l’humour de Dieu les avaiet amenés, grâce à un camp de Routiers, dans un domaine qui avait été sanctifié par des générations de paysans et surtout de paysannes pauvres qui priaient pour que leur hameau ne meure pas ; et qu’ils reprenaient en ces lieux des traditions séculaires – le « Trésor de Randol »- qui avait failli être interrompues par la misère de l’époque.
Puisse Notre Dame Sainte Marie, Patronne de la nouvelle abbaye, obtenir de son Fils que la prière ne s’interrompe plus d’ici la fin des temps !
Dom Jean-Louis de Robien, moine à l’abbaye Notre Dame de Randol.
Publié le 6 Septembre 2011
Fr Bede Rowe - Chavagnes International College
Le petit Placide vous souhaite la bienvenue en Vendée, avec l'assurance de ses prières pour votre nouvel apostolat . Vous n'avez pas eu les caméras du monde entier braquées sur vous, pour votre arrivée en France, mais celle du Seigneur Jésus,
qu'il vous protège et vous garde tout au long de cette année scolaire .
Dans l'attente de faire connaissance, il vous souhaite bon courage pour cette nouvelle rentrée scolaire 2011 2012 .
le petit Placide.
Publié le 5 Septembre 2011
Seigneur Jésus, bon Jésus, fidèle Jésus, toi qui as voulu mourir pour nos péchés et qui es ressuscité pour notre salut, je te le demande par ta glorieuse résurrection, tire-moi du tombeau de mes fautes et de mes péchés, donne-moi chaque jour un peu de ta première résurrection, pour que je mérite d'obtenir ma part de ta résurrection.
Très doux, très bon, très aimant, très cher, très précieux, très désirable, très aimable, très beau, tu es monté aux cieux dans un triomphe de gloire, et tu sièges à la droite du Père. Roi très puissant, élève-moi jusqu'à toi: je courrai après toi dans l'odeur de tes parfums, je courrai sans m'arrêter, sous ta conduite et ton influence.
Attire les lèvres de mon âme assoifée de toi vers les fleuves d'en haut qui apaisent pour l'éternité; oui, attire-moi à toi, source vive, pour que je boive à ma soif et vive pour toujours.
Mon Dieu, ma vie, tu as dit de ta bouche sainte et bénie:"
- Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive. (Jn7)
Source de vie, donne à mon âme assoiffée de boire toujours à toi, pour que de mon sein coule de l'eau vive, selon ta promesse sainte et véritable. (Jn 7,38). Source de vie, remplis mon âme de ce torrent, enivre mon coeur de la sainte ivresse de ton amour, pour que j'oublie les vanités de la terre et n'aie que toi seul à la pensée, comme il est écrit:" Je me suis souvenu de Dieu, et m'en suis réjoui." (Ps 76.43)
Donne-moi ton Esprit saint, que représentent ces eaux que tu as promises aux assoiffés; donne-moi d'aspirer à toi avec le même élan que lorsque tu es monté aux cieux quarante jours après ta résurrection, pour que je n'appartienne plus, que par mon corps à la misère présente et sois tout à toi de toute ma pensée et de toute ma volonté; que mon coeur soit là où tu es, toi, mon trésor aimable, désirable, et incomparable.
Dans ce grand orage de la vie où nous sommes environnés de tempêtes, on ne trouve pas d'abri sûr ni de repères éminents où la colombe puisse se reposer un peu.
Aucune paix solide, aucun repos certain; partout la guerre et les rivalités, partout l'ennemi, au-dehors les combats, au-dedans la peur.
Et comme nous sommes à la fois du ciel et de la terre, notre corps corruptible pèse sur notre âme.
C'est pourquoi mon esprit, mon compagnon et mon ami, se relâche, épuisé par le voyage, brisé et déchiré par les vanités traversées, affamé et assoiffé; et je n'ai rien à lui offrir, pauvre mendiant que je suis.
Toi, Seigneur mon Dieu, riche de tous les biens,
toi qui rassasies avec largesse des festins célestes,
donne à manger à celui qui est fatigué,
rassemble ce qui est dispersé
réforme ce qui est divisé.
Tiens mon coeur dans ta main, car sans toi il ne peut être ravi dans les hauteurs. Je me hâte vers le lieu où règne la paix totale, où s'épanouit la tranquilité sans fin.
Garde et dirige mon âme, conforme-la à ta volonté, pour que, sous ta conduite, elle parvienne au pays d'abondance où tu rassasies Israël au pâturage de la vérité, pour l'éternité.
là, dans une connaissance immédiate, elle pourra t'atteindre, sagesse suprême qui demeures au-dessus de tout, qui sais tout, et qui gouvernes tout.
saint Augustin.
Publié le 4 Septembre 2011
On nous demande de prier à ces intentions

Mgr Jean-Yves Nahmias ordonnera diacres en vue du sacerdoce,
Louis Bardon
- originaire de Vendée -
et Tanneguy Viellard
le dimanche 25 septembre 2011 à 11 h 15
à Ste Odile (Paris - 17°)
Monsieur l’abbé Jean-Marie PARRAT,
séminariste du diocèse
de Luçon
sera ordonné diacre en vue du sacerdoce
le 2 Octobre 2011
+
Première homélie pour la nativité de la Vierge Marie -
Saint Jean Damascène
Neuf mois étant accomplis, Anne mit au monde une fille et l'appela du nom de Marie. Quand elle l'eut sevrée, la troisième année, Joachim et elle se rendirent au temple du Seigneur et, ayant offert au Seigneur des victimes, ils présentèrent leur petite fille Marie pour qu'elle habitât avec les vierges qui, nuit et jour, sans cesse, louaient Dieu.
Quand elle eut été amenée devant le temple du Seigneur, Marie gravit en courant les quinze marches sans se retourner pour regarder en arrière et sans regarder ses parents comme le font les petits enfants. Et cela frappa d'étonnement toute l'assistance, au point que les prêtres du Temple eux-mêmes étaient dans l'admiration.
Puisque la Vierge Marie devait naître d'Anne, la nature n'a pas osé devancer le germe béni de la grâce. Elle est restée sans fruit jusqu'à ce que la grâce eût porté le sien. En effet il s'agissait de la naissance, non d'un enfant ordinaire, mais de cette première-née d'où allait naître le premier-né de toute créature, en qui subsistent toutes chose. O bienheureux couple, Joachim et Anne ! Toute la création vous doit de la reconnaissance, car c'est en vous et par vous qu'elle offre au créateur le don qui surpasse tous les dons, je veux dire la chaste Mère qui était seule digne du Créateur.
Aujourd'hui sort de la souche de Jessé le rejeton sur lequel va s'épanouir pour le monde une fleur divine. Aujourd'hui Celui qui avait fait autrefois sortir le firmament des eaux crée sur la terre un ciel nouveau, formé d'une substance terrestre ; et ce ciel est beaucoup plus beau, beaucoup plus divin que l'autre, car c'est de lui que va naître le soleil de justice, celui qui a créé l'autre soleil....
Que de miracles se réunissent en cette enfant, que d'alliances se font en elle ! Fille de la stérilité, elle sera la virginité qui enfante. En elle se fera l'union de la divinité et de l'humanité, de l'impassibilité et de la souffrance, de la vie et de la mort, pour qu'en tout ce qui était mauvais soit vaincu par le meilleur. O fille d'Adam et Mère de Dieu ! Et tout cela a été fait pour moi, Seigneur ! Si grand était votre amour pour moi que vous avez voulu, non pas assurer mon salut par les anges ou quelque autre créature, mais restaurer par vous-même celui que vous aviez d'abord créé vous-même. C'est pourquoi je tressaille d'allégresse et je suis plein de fierté, et dans ma joie, je me tourne vers la source de ces merveilles, et emporté par les flots de mon bonheur, je prendrai la cithare de l'Esprit pour chanter les hymnes divins de cette naissance...
Aujourd'hui le créateur de toutes choses, Dieu le Verbe compose un livre nouveau jailli du coeur de son Père, et qu'il écrit par le Saint-Esprit, qui est langue de Dieu...
O fille du roi David et Mère de Dieu, Roi universel. O divin et vivant objet, dont la beauté a charmé le Dieu créateur, vous dont l'âme est toute sous l'action divine et attentive à Dieu seul ; tous vos désirs sont tendus vers cela seul qui mérite qu'on le cherche, et qui est digne d'amour ; vous n'avez de colère que pour le péché et son auteur. Vous aurez une vie supérieure à la nature, mais vous ne l'aurez pas pour vous, vous qui n'avez pas été créée pour vous. Vous l'aurez consacrée tout entière à Dieu, qui vous a introduite dans le monde, afin de servir au salut du genre humain, afin d'accomplir le dessein de Dieu, I'Incarnation de son Fils et la déification du genre humain. Votre coeur se nourrira des paroles de Dieu : elles vous féconderont, comme l'olivier fertile dans la maison de Dieu, comme l'arbre planté au bord des eaux vives de l'Esprit, comme l'arbre de vie, qui a donné son fruit au temps fixé : le Dieu incarné, la vie de toutes choses. Vos pensées n'auront d'autre objet que ce qui profite à l'âme, et toute idée non seulement pernicieuse, mais inutile, vous la rejetterez avant même d'en avoir senti le goût.
Vos yeux seront toujours tournés vers le Seigneur, vers la lumière éternelle et inaccessible ; vos oreilles attentives aux paroles divines et aux sons de la harpe de l'Esprit, par qui le Verbe est venu assumer noire chair... vos narines respireront le parfum de l'époux, parfum divin dont il peut embaumer son humanité. Vos lèvres loueront le Seigneur, toujours attaché aux lèvres de Dieu. Votre bouche savourera les paroles de Dieu et jouira de leur divine suavité. Votre coeur très pur, exempt de toute tache, toujours verra le Dieu de toute pureté et brûlera de désir pour lui. Votre sein sera la demeure de celui qu'aucun lieu ne peut contenir. Votre lait nourrira Dieu, dans le petit enfant Jésus. Vous êtes la porte de Dieu, éclatante d'une perpétuelle virginité. Vos mains porteront Dieu, et vos genoux seront pour lui un trône plus sublime que celui des chérubins... Vos pieds, conduits par la lumière de la loi divine, le suivant dans une course sans détours, vous entraîneront jusqu'à la possession du Bien-Aimé. Vous êtes le temple de l'Esprit-Saint, la cité du Dieu vivant, que réjouissent les fleuves abondants, les fleuves saints de la grâce divine. Vous êtes toute belle, toute proche de Dieu ; dominant les Chérubins, plus haute que les Séraphins, très proche de Dieu lui-même.
Salut, Marie, douce enfant d'Anne ; l'amour à nouveau me conduit jusqu'à vous. Comment décrire votre démarche pleine de gravité ? votre vêtement ? le charme de votre visage ? cette sagesse que donne l'âge unie à la jeunesse du corps ? Votre vêtement fut plein de modestie, sans luxe et sans mollesse. Votre démarche grave, sans précipitation, sans heurt et sans relâchement. Votre conduite austère, tempérée par la joie, n'attirant jamais l'attention des hommes. Témoin cette crainte que vous éprouvâtes à la visite inaccoutumée de l'ange ; vous étiez soumise et docile à vos parents ; votre âme demeurait humble au milieu des plus sublimes contemplations. Une parole agréable, traduisant la douceur de l'âme. Quelle demeure eût été plus digne de Dieu ? Il est juste que toutes les générations vous proclament bienheureuse, insigne honneur du genre humain. Vous êtes la gloire du sacerdoce, l'espoir des chrétiens, la plante féconde de la virginité. Par vous s'est répandu partout l'honneur de la virginité Que ceux qui vous reconnaissent pour la Mère de Dieu soient bénis, maudits ceux qui refusent...
O vous qui êtes la fille et la souveraine de Joachim et d'Anne, accueillez la prière de votre pauvre serviteur qui n'est qu'un pécheur, et qui pourtant vous aime ardemment et vous honore, qui veut trouver en vous la seule espérance de son bonheur, le guide de sa vie, la réconciliation auprès de votre Fils et le gage certain de son salut. Délivrez-moi du fardeau de mes péchés, dissipez les ténèbres amoncelées autour de mon esprit, débarrassez-moi de mon épaisse fange, réprimez les tentations, gouvernez heureusement ma vie, afin que je sois conduit par vous à la béatitude céleste, et accordez la paix au monde. A tous les fidèles de cette ville, donnez la joie parfaite et le salut éternel, par les prières de vos parents et de toute l'Eglise.
Saint Jean Damascène