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Publié le 12 Mai 2015

 

 

 

Avant d’entendre le récit de l’Ascension, considérons une dernière fois les quarante jours qui ont suivi la Résurrection.

 

Qu’a fait Jésus ressuscité pendant tout ce temps ? Il est apparu à ses disciples, les entretenant du Royaume de Dieu (Ac 1, 3). Or on constate que la plupart de ces apparitions et de ces entretiens se sont produits au cours d'un repas : « Il apparut aux onze pendant qu’ils étaient à table » (Mc 16, 14). La première lecture nous montre aussi Jésus à table avec ses disciples avant de monter au Ciel (Ac 1, 4).

Saint Luc indique que Jésus mange pour prouver à ses disciples qu’il est vraiment ressuscité avec son corps : comme ils étaient saisis de frayeur et de crainte pensant voir un esprit, il mangea devant eux un morceau de poisson grillé (Lc 24, 36-43). D’autres fois, le ressuscité distribue la nourriture à ses disciples, que ce soit à Emmaüs (24, 30) ou sur le bord du lac (Jn 21, 13). Saint Pierre précise que Jésus n’est pas seulement présent à ces repas, mais qu’il y mange. Il dit que les témoins de la Résurrection sont ceux "qui ont mangé et bu avec lui après sa Résurrection" (Ac 10, 41).


Le sens de ces repas si fréquents en présence du Ressuscité s’éclaire à la lumière des enseignements de la Bible. Dans la Sainte Ecriture le repas exprime la joie, surtout le repas sacré en présence de Dieu : « Vous ferez vos repas sacrés devant Jahvé votre Dieu, et vous vous réjouirez vous et vos familles » (Dt 12, 7). Les repas de Jésus expriment cette joie de la présence de Dieu parmi les hommes : Jésus mangeait et buvait avec ses disciples, tandis que Jean et ses disciples jeûnaient.


A la question : « Pourquoi, tandis que nous et les pharisiens nous observons le jeûne, vos disciples ne l’observent-ils pas ? », Jésus répond : « Les amis de l’Epoux peuvent-ils être dans la tristesse tant que l’Epoux est avec eux ? » (Mt 9, 14-15). Jésus précise ainsi que les repas qu’il prend avec les hommes sont l’expression d’une joie nuptiale en sa présence. Il compare même le Royaume qu’il est venu apporter à un repas de noces : « Il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs convier les invités (…) avec ces mots : Dites aux invités : Voici, j’ai apprêté mon banquet, mes taureaux et mes bêtes grasses ont été égorgés, tout est prêt, venez aux noces » (Mt 22, 2-4).

L’Apocalypse  décrit aussi le Royaume futur comme un festin de noces avec l’Agneau : Une foule immense clamait dans le ciel : « Soyons dans l’allégresse et dans la joie, rendons gloire à Dieu, car voici les noces de l’Agneau (…). Heureux les invités au festin de noces de l’Agneau » (Ap 19, 7-9).


Par la Résurrection de Jésus, le Royaume futur est présent, et le monde nouveau est déjà commencé. En effet, au cours du dernier repas pris avec ses disciples avant sa Passion, Jésus leur avait dit : « J’ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir ; car, je vous le dis, je ne mangerai plus jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le Royaume de Dieu (…). Je  ne boirai plus désormais du fruit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu » (Lc 22, 15-16.18). Jésus a montré, en mangeant avec ses disciples après sa Résurrection, qu’il inaugurait avec eux le festin dans le Royaume.


Sitôt le Christ remonté au Ciel, les disciples se réunissent pour rompre le pain dans l’allégresse (cf. Ac 2, 46), montrant que l’Eucharistie prolonge dans l’Eglise la joyeuse expérience des repas pris avec le Ressuscité.

 

Par son Ascension Il ne nous quitte pas, mais il se rend présent dans le Sacrement de l’Eucharistie ; Il ne mange plus avec les hommes, mais il se donne en nourriture. La vision cesse, mais la communion est pleine. Dès lors, réjouissons-nous. Alléluia !

 

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Rédigé par un moine OSB +

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Publié le 12 Mai 2015

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Rédigé par Philippe

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Publié le 12 Mai 2015

2014-08-SFXMission-05

 

 

Paroissiennes de la Fraternité Saint Pierre à Vancouver aideront avec la distribution de nourriture, construction de maisons, et l’enseignement de l’anglais

Du 27 juillet au 10 août Lucy et Bernadette Bonner, de la paroisse Holy Family à Vancouver, iront au Pérou avec la FSSP et d’autres jeunes bénévoles provenant d’autres paroisses de la FSSP.  Ce voyage missionnaire comprendra plusieurs oeuvres charitables:  travail dans les orphelinats, hôpitaux, distribution de nourriture aux pauvres et démunis, etc…

Ces jeunes filles doivent ramasser 3000$ chacune (un total de 6000$) pour qu’elles puissent y aller ensemble.   Ce faisant, elles deviendraient les premières canadiennes à y participer.

Vos dons peuvent êtres transmis ici:  http://www.gofundme.com/okwq7w  (elles ne peuvent pas vous donner un reçu d’impôt, cependant).

Elles promettent de nous envoyer un résumé de leur expérience, ainsi que des photos, lors de leur retour.

Vos dons seraient fait de façon anonyme;  cependant, elles vont offrir leurs sacrifices, manques de comfort, prières quotidiennes, communions, et joies pour leurs bienfaiteurs.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 12 Mai 2015

Vers la béatification de Marthe Robin ?

Peu de médiatisation est faite autour de la personne et de la vie de Marthe Robin mais les dernières nouvelles de sa cause de béatification laissent envisager que "son heure approche" ! Dans les Foyers de Charité qu'elle a fondés et pour toutes les personnes qui l'ont connue, l'espoir est vif de la savoir un jour bienheureuse et peut être sainte.

Depuis le 7 novembre 2014, Marthe Robin est déclarée "vénérable" en raison de "la reconnaissance de ses vertus héroïques". Il y a quelques semaines, un dossier présentant une "guérison inexpliquée" attribuée à l'intercession de Marthe a été déposé à Rome. Il est en cours d'étude auprès de deux commissions de médecins. En cas d'avis favorable de leur part, la Congrégation pour la Cause des Saints pourrait reconnaître le miracle. Le procès se trouve donc dans une nouvelle étape décisive.

Père Charnin, comment vivez-vous l'attente de l'éventuelle béatification de Marthe Robin dans les Foyers de Charité ?

La grande humilité de Marthe nous invite à la discrétion depuis le début de la postulation. Nous ne voulons pas interférer dans l'étude de la cause ni anticiper le jugement de l'Eglise. Nous attendons que la Congrégation se prononce sur l'étude du miracle. Nous savons bien que le  rayonnement de Marthe Robin dépasse largement l'œuvre qu'elle a fondée... Comme le dirait Honorine Grasset, porte-parole des Foyers de Charité, son témoignage lumineux de vie et d'espérance rejoint les croyants et les non-croyants. "Marthe Robin transmet la joie de l'Evangile".

Mais comment son humilité et sa petitesse l'ont t'elle mené à obtenir ces "vertus héroïques" ? N'y a t'il pas là une incroyable ambivalence ?

Comme pour de nombreuses figures de sainteté, Marthe puisait dans sa faiblesse toute sa force et elle trouvait de la joie dans sa souffrance vécue par amour. Son œuvre a été très féconde alors que sa vie était apparemment stérile aux yeux du monde. Concernant les vertus théologales qu'on lui reconnait, l'héroïcité de sa foi s'exerçait dans sa fidélité à traverser les épreuves et dans ses combats spirituels. Son espérance se manifestait dans son dépouillement total préfigurant le bonheur céleste en Dieu. Sa charité poussée à l'héroïsme se montrait à travers l'offrande de sa vie et dans sa prière. "Je ne suis qu'un signe" , disait-elle.

Quel exemple de sainteté nous donne t'elle aujourd'hui ?

Non seulement celui d'une vie faite d'humilité et de foi mais aussi le témoignage moderne que l'amour de Dieu est à l'œuvre dans la vie de chaque baptisé. Comme elle a été alitée dès son plus jeune âge, Marthe Robin a donné l'exemple d'une possible consécration de sa condition de laïque grâce à son seul  baptême, de façon initiale, fondamentale et définitive.

Son inspiration pour le renouveau de l'Eglise, qu'elle appelle "la Pentecôte de l'amour", a eu d'importantes répercussions avec la fondation des Foyers de Charité et le jaillissement de communautés nouvelles. En quoi Marthe Robin apparaît-elle aussi comme un signe pour l'Eglise ?

"L'intuition fondatrice" de Marthe Robin s'appuie sur l'expérience de la prière et l'approfondissement de la foi. C'est cette intuition qu'elle a mis en pratique dans les Foyers de Charité, dès 1936, en faisant développer des retraites spirituelles pour les laïcs. Puis, après le Concile Vatican II, Marthe Robin a soutenu par sa prière et son offrande des communautés nouvelles qui continuent de se réclamer d'elle. Pour correspondre à son statut, ces communautés sont composées de laïcs consacrés par le baptême. Elles sont  destinées à vivre comme des "signes" dans l'Eglise. Ainsi, son œuvre pour le renouveau de l'Eglise continue de se développer à travers le renouvellement de vocations.

Pourquoi, selon vous, Marthe Robin serait canonisable ?

Pour les raisons que je viens de soulever, les signes que nous a laissés Marthe Robin à travers sa vie et son œuvre sont très précieux pour chaque baptisé et pour l'Eglise. On ne canonise pas quelqu'un pour ses charismes qui l'ont rendu célèbre mais pour ses exemples imitables. Marthe Robin n'a cessé de montrer à tous ses visiteurs, son immense capacité d'écoute, d'attention et de réconfort. S'ajoutent à cela son don de conseils et sa joie qui l'ont rendue tellement "aimable" pour tous !

 A Marthe Robin, on peut encore demander : Que ferait Jésus à ma place?

 Elle répondrait : "On va prier ensemble".

 

Diocèse de Versailles

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 12 Mai 2015

Nous voyons ici Mariam avec le voile d’une carmélite : celui-ci est blanc et est le signe que Mariam a choisi d’être une sœur converse, occupée de services humbles dans la communauté.

 

Pau : le Carmel

 

Mariam y est reçue avec joie en juin 1867, et y trouvera toujours amour et compréhension au milieu de tout ce qu’elle aura à traverser. Elle prend l’habit le mois suivant et reçoit le nom de Sr Marie de Jésus Crucifié. Elle insiste pour être sœur converse, se sentant toujours plus à l’aise dans le service des autres, et ayant du mal à réciter l’Office divin en raison de son ignorance de la lecture. Sa simplicité, sa générosité lui conquièrent les coeurs. Cette parole, au sortir d’une extase, illustre son comportement : « Où est la charité, Dieu est aussi. Si vous pensez à faire le bien pour votre frère, Dieu pensera à vous. Si vous faites un trou pour votre frère, vous y tomberez ; il sera pour vous. Mais, si vous faites un ciel pour votre frère, il sera pour vous. » Elle n’est pas parfaite pour autant, et se reproche par moments ses vivacités.

Don de prophétie, attaques du démon ou extases… parmi toutes les grâces divines dont elle est comblée, il y a la perception très forte de son néant en face de Dieu, et lorsqu’elle parle d’elle-même en s’appelant « le petit rien », c’est vraiment l’expression profonde de son être. C’est ce qui lui fait pénétrer l’insondable profondeur de la miséricorde divine où elle trouve sa joie et ses délices, sa vie. « L’humilité est heureuse d’être un rien, elle ne s’attache à rien, elle ne se fatigue jamais du rien. Elle est contente, heureuse, partout heureuse, satisfaite de tout… Bienheureux les petits ! » Là est la source de son abandon au coeur des grâces les plus étranges comme au cœur des événements humains les plus déconcertants.


L’humilité

 

L’âme humble devient lumière ; elle vit dans la vérité ; elle arrive jusqu’à Dieu, et Dieu s’abaisse jusqu’à elle . L’humilité lui fait un chemin pour parvenir aux autres vertu. L’orgueilleux est comme le grain de froment jeté dans l’eau : il enfle, il grossit. Exposez ce grain au soleil, au feu : il sèche, il est brûlé. L’humble est comme le grain jeté en terre ; il descend, il se cache, il disparaît, il meurt, mais c’est pour reverdir au ciel.

Quand on cueille les olives, on le fait avec le plus grand soin ; on ramasse toutes celles qui tombent par terre, afin d’en extraire l’huile. Cherchez partout avec un soin égal des occasions de pratiquer l’humilité. L’huile donne la lumière ; l’humilité a la lumière de Dieu ; elle fait voir Dieu.

Considérez les abeilles ; elles voltigent de fleur en fleur, et elles entrent ensuite dans la ruche pour composer le miel. Imitez-les ; cueillez partout le suc de l’humilité. Le miel est doux ; l’humilité a le goût de Dieu ; elle fait goûter Dieu. Travaillez tous les jours à acquérir l’humilité. Lorsqu’on oublie d’arroser les arbres que l’on vient de planter, ces arbres meurent. Si vous oubliez de pratiquer tous les jours l’humilité, l’arbre de votre âme se dessèchera…

Il n’y a que l’amour qui peut remplir le cœur de l’homme . Le juste avec l’amour et une pincée de terre est rassasié ; mais le mauvais, avec tous les plaisirs, les honneurs, les richesses a toujours faim, toujours soif. Il n’est jamais rassasié. Au Ciel, les plus beaux arbres sont ceux qui ont le plus péché, mais ils se sont servis de leurs misères comme d’un fumier qui entoure le pied. Je demande au ciel, à la terre, à la mer, aux arbres, aux plantes, à toutes les créatures : « Où est Jésus ? ». Alors, toutes me répondent sur le même ton : « Dans un cœur droit et un esprit humilié ! »

Voyez le ver de terre ; à mesure qu’il s’enfonce, sa protection s’accroît . Par contre, s’il se montre, on l’écrase. le ver, quand la glace vient, la terre est sa chaleur ; quand c’est le soleil, la terre devient sa fraîcheur. Comprenez que l’humilité ne fait état de rien et est heureuse de tout. Elle possède la paix en ce monde et la joie dans l’autre.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Mai 2015

Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Mai 2015

entrée au noviciat : mort de dom Delatte, fondation de Fontgombault.

 

Depuis ma petite enfance, j'ai pensé consacrer ma vie à Dieu, mais comme je ne voyais pas très clair sur la façon de réaliser ce projet, j'ai remis à plus tard la décision à prendre. Ce n'est que vers ma 17ème année que je pensais à prendre une décision, et j'étais fort embarrassé. Que choisir ? Clergé séculier ? Missions ? Dominicain ? Jésuite ? Mes parents étaient très favorables à cette orientation religieuse, et ils n'ont jamais fait pression sur moi. Ma mère m'a dit, seulement après mon ordination, qu'à ma naissance elle m'avait offert à Dieu pour que je sois prêtre ; et elle a prié toute sa vie à cette intention. Dieu l'a exaucée et m'a donné sa grâce pour que je puisse réaliser cet appel qui venait de Lui-même.

Vers l'âge de 18 ans, alors que j'étais totalement dans l'incertitude sur le choix à faire, ma mère qui ignorait mes hésitations, me dit : « Puisque tu veux être prêtre, il serait bon pour toi que tu connaisses la vie monastique ». Ma mère m'a dit plus tard qu'elle n'avait jamais pensé que je devienne moine. Quant à moi, un petit voyage dans l'inconnu ne m'était pas désagréable. J'acceptais. Ma mère écrivit donc à Solesmes où elle connaissait un moine et lui demanda que l'on m'accepte comme hôte pendant une semaine. Ce qui ne posa pas de problème.

J'arrivais donc à Solesmes une après-midi pluvieuse. Les bâtiments devenus humides étaient tout noir. Ma première impression fut sinistre. Le lendemain, il faisait beau. Je pris contact avec le moine que ma mère connaissait, et celui-ci, avec beaucoup de dévouement, passa son temps à me faire comprendre ce qu'était la vie monastique que j'ignorais totalement. Il sut me faire apprécier la liturgie célébrée à Solesmes avec le plus de perfection possible. On sentait que les moines qui vivaient là, mettaient tout leur cœur à chercher Dieu. Mais je restais au stade de l'information. Je quittais Solesmes au bout de mon séjour de huit jours sans avoir pris de décision : ni oui, ni non.

De retour à la maison, le « virus monastique » se mit à me travailler et au bout de trois semaines, ma décision était prise : c'est au monastère que Dieu m'appelait. Je retournais alors à Solesmes où le Père Maître des novices me reçut très cordialement. Je ne l'avais pas vu lors de mon premier séjour. Après les salutations d'usage, il me dit un peu brutalement : « Pourquoi voulez-vous rentrer ici ? » Je lui répondis : « Pour chercher Dieu. » Il parut étonné de ma réponse. À cette date, je n'avais pas encore lu la Règle de saint Benoît et j'ignorais que je prononçais les paroles mêmes qui figurent dans la Règle. Au bout de trois jours, la décision définitive était prise. Je rentrerai à Solesmes après le pèlerinage à Lourdes que j'avais décidé auparavant.

Deux mois après, je rentrai au noviciat qui comprenait alors une vingtaine de jeunes frères. C'était en 1946, et, à cette époque, les difficultés de la guerre avaient orienté vers Dieu beaucoup de jeunes. Je m'habituai rapidement à la vie du noviciat qui est très proche de celle de la communauté. Cette vie me plaisait beaucoup et j’approfondissais petit à petit, sans heurt, toutes les pratiques monastiques, l'étude de la liturgie, la recherche de Dieu, la vie fraternelle en commun avec des jeunes qui avaient le même idéal que moi. Au bout de neuf mois je passais de l'état de postulant à celui de novice, et, un an plus tard, j'émis les premiers vœux qui m'engageaient pour trois ans.

Après deux ans de profession triennale, je passais à la communauté et je commençais à mener la vie monastique comme tous les moines. Les premières années étaient consacrées aux études concernant la vie monastique, la philosophie et la théologie. Ce furent de bonnes années vécues uniquement au Monastère : nous y restions pour nos études car nous avions sur place des moines compétents pour nous former.

Après l'ordination sacerdotale, la vie se modifia. Sans négliger les études personnelles pour compléter la formation spirituelle et intellectuelle, il fallut tenir sa place dans la vie courante du monastère. Chacun reçut une charge nécessaire pour faire vivre la communauté : entretien des bâtiments, accueil des hôtes, éditions de livres ou de disques, travaux du jardin, fabrication des vêtements pour les moines, service de la cuisine, etc. Certains continuaient leurs études, l'atelier de la Paléographie musicale utilisait les capacités d'un certain nombre de moines dont les travaux permirent la restauration du Chant Grégorien. Pratiquement nous étions tous très occupés et l'on ne s'apercevait pas que le temps passait très vite. Nous avions déjà passé 20 ans, 30 ans de notre vie au monastère sans nous être aperçus que notre entrée ne datait plus d'hier, et nous avions conscience d'approfondir ce pourquoi nous étions rentrés : pour chercher Dieu.

Pour ce qui me concerne, jeune étudiant, j'ai commencé à travailler à l'atelier d'entretien (10 ans), ensuite à la bonne marche du service de la cuisine (7 ans). De là, je passais à la cellérerie (économat) pour tenir les écritures (5 ans). Enfin, à la mort du Père économe, je fus chargé de le remplacer, et cela dura 35 ans. Au bout de cette période le Père Abbé me déchargea de ce travail et je trouvai alors une vie beaucoup plus compatible avec l'idéal monastique que j'avais toujours désiré : beaucoup plus de lectures, de prières personnelles, d'approfondissement de la vie monastique, une expérience toujours plus grande que Dieu m'aime et me témoigne sa miséricorde. C'est bien Lui et Lui seul que je désire de tout mon cœur aller rejoindre. La mort ne m'effraie pas. C'est ce simple désir de le rejoindre au ciel qui m'habite de plus en plus.

En résumé, j'ai mené à Solesmes une vie qui m'a permis d'approfondir la recherche de Dieu, et je ne regrette rien.

 

Frère Jean Dion osb+

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Mai 2015

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Ce ruisseau près de la grotte peut évoquer la figure, chère au Carmel, du Prophète Elie qui se retire près du Kerith (1Rois 17). Nous l’associons ici à la traversée de la Mediterrannée et l’arrivée en France de Mariam.
Marseille : les Sœurs de Saint Joseph

 

A Marseille, Mariam est mise en contact avec les Soeurs de Saint-Joseph de l’Apparition. Elle a 19 ans et n’en paraît que 12 ou 13. Elle parle mal le français, est de petite santé après tout ce qu’elle a vécu, mais elle est accueillie comme postulante, et sa joie est grande de pouvoir ainsi se donner au Seigneur. Toujours prête pour les travaux les plus fatigants, elle passe la plus grande partie de son temps à la lessive ou à la cuisine. Mais chaque semaine elle revit la Passion de Jésus, reçoit les stigmates (que, dans sa simplicité elle prend pour une maladie), et toute sorte de grâces extraordinaires commencent à se manifester. Certaines sœurs en sont bien déconcertées, et au bout de 2 ans de noviciat, Mariam n’est pas admise à s’engager dans la congrégation.

 

Il se trouve alors qu’une sœur de St Joseph, mère Véronique, a demandé à entrer au Carmel mais doit attendre un peu au couvent de Marseille. Durant ce temps elle remplace la maîtresse des novices malade et fait ainsi la connaissance de Mariam qu’elle comprend et apprécie, si bien qu’elle lui propose de l’emmener au Carmel avec elle.


Texte de Mariam : la  Foi

 

 

Regardez Jésus qui descend sur l’autel pendant la messe ; il descend à la parole du prêtre. Croyez qu’il vient pour vous nourrir et que, avec lui, rien ne peut vous manquer. Il est là comme un tout petit enfant ; il y est pour vous ; allez à lui… La foi, qu’elle est belle, puissante ! Une âme qui a la foi peut tout faire, Dieu lui accorde tout.

Considérez l’agneau ; voyez la foi qu’il a en son pasteur ; il marche près de lui avec confiance, il s’abandonne à ses soins, il va où il le conduit ; il s’arrête quand le pasteur s’arrête ; il garde sa laine ou il la donne comme le pasteur le veut ; il le suit le jour, il le suit la nuit. C’est ainsi que vous devez vous laisser conduire par votre Pasteur Jésus ; c’est ainsi que vous devez le suivre toujours par la foi, dans la nuit comme dans le jour ; c’est ainsi que vous devez être des vrais agneaux.

Si nous disions avec foi : Montagne, change de place, la montagne nous obéirait ; Terre, tremble, la terre tremblerait…

Ne vous arrêtez pas à l’extraordinaire. Si on vient vous dire : La sainte Vierge apparaît ici où là ; il y a telle âme extraordinaire en tel endroit, n’y allez pas. Si on dit : Il y a telle révélation, ne vous en occupez pas, ne vous en mettez pas en peine. Le Seigneur vous dit : Attachez-vous à la foi, à l’Église, à l’Évangile. Si vous allez voir et consulter ici et là l’extraordinaire, votre foi s’affaiblira. Je vous dis cela de la part du Seigneur. Si vous vous attachez à l’Église et à l’Évangile, il m’a dit qu’il sera toujours avec vous et ne vous quittera jamais.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 10 Mai 2015

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Priez pour nous .

 

Cantique a l'amour

Venite, adoremus.

 

A l'amour, mon amour!
Venez o rois de la terre
Venez adorons-le.

Je chante les grandeurs
La puissance de notre Créateur;
Venez, adorons-le.

Car nous sommes l'ouvrage de ses mains,
Le prix de son sang:
Venez; adorons-le.

Ne vous arrêtez pas à ce qui est de la terre,
Car tout est néant: venez, adorons-le.
Venez, vous tous qui êtes sur la terre;
Ne vous arrêtez pas à ce qui est de la terre,
car tout n'est que vanité
et finira en un instant:
venez, adorons-le.

Nous ne sommes que voyageurs
Et exilés sur cette terre:
Venez, adorons-le.

C'est notre Roi, c'est notre Père:
Venez, adorons-le.
Celui qui a tout créé sur la terre:
Venez, adorons-le.

Prosternons-nous à ses pieds,
donnons-lui nos cœurs:
Venez, adorons-le.

Venez le louer, le bénir;
Disons de bouche et de cœur:
Il n'y a pas de Dieu semblable à vous:
Venez, adorons-le.

Adorons la Trinité (qui n'est) qu'un Dieu.
Ô mystère incompressible!
Venez, adorons-le.

Ô trois immense qui ne font qu'un!
Ô puissance!
Venez, adorons-le.

 

le petit Placide s'associe à cette grande neuvaine.

 

 

1er jour.

 

Ce détail de l'icône de Mariam symbolise différents moments de sa vie. On peut reconnaître ici la grotte de Bethléem qui évoque le pèlerinage de ses parents auprès de la Vierge pour avoir une fille !

Galilée : l’enfance

Mariam Baouardy est née le 5 janvier 1846, à Ibillin, un petit village de Galilée à mi-chemin entre Nazareth et Haïfa. Ses parents, profondément croyants, portent une lourde épreuve : ils ne parviennent pas à mettre au monde d’enfant qui survive ; l’un après l’autre, douze garçons sont morts tout petits. Dans leur profonde douleur et confiance en Dieu, ils décident alors de faire un pèlerinage à pied à Bethléem pour aller prier à la crèche et demander à la Vierge Marie la grâce d’une fille. Mariam naît neuf mois plus tard. Elle est baptisée et confirmée selon la tradition gréco-catholique de sa famille.

L’année suivante, un petit frère, Boulos, vient ajouter à la joie de la famille. Mais Mariam n’a pas encore 3 ans lorsque son père meurt, puis quelques jours plus tard sa mère, emportée par la douleur. Voyant la mort arriver, son père avait pris Mariam dans ses bras, demandant à St Joseph d’être désormais son père et de veiller sur elle. A bien des reprises cette prière sera exaucée. Boulos est adopté par une tante maternelle, habitant un village voisin, et Mariam par un oncle paternel, de condition aisée. Quelques années plus tard, celui-ci s’installera à Alexandrie en y emmenant Mariam.

De ses années d’enfance en Galilée, il restera à Mariam tout à la fois l’émerveillement devant la beauté de la Création, la lumière, les paysages où tout lui parle de Dieu (cet émerveillement se reflètera plus tard dans les hymnes jaillies spontanément de son coeur au cours de certaines extases) et le sentiment profond que tout passe. Un petit incident la marque profondément : deux petits oiseaux meurent dans ses mains alors qu’elle entreprend de les laver énergiquement ; elle doit donc les enterrer, tristement, lorsqu’elle entend intérieurement cette parole qui la marquera pour toujours : "Vois, c’est ainsi que tout passe ; mais si tu veux me donner ton cœur, je te resterai toujours."

Texte de Mariam : "Jésus"

Quand Jésus regarde ses élus, son regard fait fondre le cœur. Oh ! ce regard ! Le Seigneur frappe à toutes les portes ; personne ne veut lui ouvrir ; il appelle, personne ne répond ; il attend, personne ne vient… Dédommagez-le ; ouvrez-lui votre cœur ; faites-le entrer dedans ; donnez-lui tout. Ne pensez qu’à lui, n’aimez que lui, faites tout pour lui…

Quand je vois Jésus, mon cœur est déchiré. Il a dit, ce Seigneur : Le Maître n’oublie pas sa servante, mais la servante oublie son Maître… Jésus n’est pas connu, Jésus n’est pas aimé !… Je voudrais être oiseau pour courir tout l’univers, pour crier : Vous seul, vous seul, mon Dieu !…

Il est doux d’entendre parler de Jésus, mais plus doux d’entendre Jésus lui-même…

 

 

2 ème jour.

 

Mariam a communié dans sa chair à la Passion de Jésus. Cela se vérifie dans son martyre à Alexandrie mais aussi dans la mystérieuse grâce de ses stigmates. Appel pour nous à prier en ce jours pour nos frères chrétiens persécutés aujourd'hui, surtout en Orient.

 

Alexandrie : le martyre

 

1858 : Mariam a 12 ans, elle est depuis quelques années à Alexandrie, quand elle apprend que son oncle veut la marier. Mais elle est décidée à se donner tout entière au Seigneur et refuse. Menaces, humiliations et mauvais traitements ne peuvent entamer sa résolution. Au bout de trois mois de cette situation, elle va trouver un ancien serviteur de la maison pour tenter de transmettre une lettre à son frère resté en Galilée. En entendant le récit de ses souffrances, le serviteur qui est musulman l’exhorte à quitter les chrétiens et à embrasser sa religion. Mariam refuse. En colère, l’homme tire son cimeterre et lui tranche la gorge, puis abandonne son corps dans une ruelle sombre. Nous sommes le 8 septembre 1858.

C’est alors que le surnaturel va faire irruption dans sa vie. Elle racontera plus tard qu’elle est vraiment morte à ce moment-là, et qu’il lui a semblé entrer au Paradis, voir la Vierge, les saints et ses parents, la glorieuse Trinité... Mais son temps n’est pas encore venu, et elle se réveille dans une grotte, auprès d’une jeune femme qui ressemble à une religieuse habillée en bleu. Durant quatre semaines, celle-ci la soigne, la nourrit, l’instruit. Puis lorsqu’elle est guérie, celle qu’elle présentera plus tard comme la Vierge Marie elle-même, l’emmène dans une église et l’y laisse.

A partir de ce jour, elle va de ville en ville (Alexandrie, Jérusalem, Beyrouth, Marseille…) comme servante, choisissant de préférence des familles pauvres, les aidant, partant dès qu’elle se trouve trop honorée. Mais elle va devenir aussi de façon toute particulière témoin de cet "univers invisible" auquel nous croyons sans le voir, et qu’elle a expérimenté tout au long de sa vie.


Texte de Mariam : la Vierge Marie

 

Je vais vous raconter mon oraison sur Marie : Vous étiez vierge dans le monde, ô Marie. Qui aurait pensé que vous seriez Mère de Dieu ? Vous êtes (devenue) la Mère de Dieu à cause de votre humilité.

L’ange du Seigneur se présente à Marie pour lui annoncer sa maternité divine. La Vierge, éclairée par la lumière puissante de Dieu, s’humilie en pensant que celui qui a créé le ciel et la terre va devenir son Fils. L’ange parlait à la Vierge-Mère ; et chaque fois que l’ange lui parlait, Marie s’humiliait. Ô Marie, que vous êtes humble et aimable dans votre humilité !

Marie était aussi un modèle de foi. Oh ! Que la foi de Marie était agréable au Père céleste ! Par sa foi, elle faisait grandir tous les jours Jésus en elle. Cette même foi, si nous l’avons, fera aussi grandir Jésus dans notre cœur. A cause de sa foi et de son humilité, Marie se sent indigne de devenir la Mère de Dieu. Sur la terre, les enfants ne peuvent pas naître sans une mère : ils entrent dans le monde par une femme. C’est par une femme aussi que nous entrons au ciel, et cette femme, c’est Marie. Depuis le péché, les hommes attendaient le Fruit de Marie, de cette Vierge douce, humble et sainte. Soyez bénie, Marie, soyez bénie !

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 9 Mai 2015

 

 

 

Quand je prie, je me personnalise en m'ouvrant, comme fils, à Dieu mon Père, je deviens plus moi-même en me laissant traverser par cet éclair d'amour qui jaillit, à travers moi, entre la présence incarnée de Jésus en ce monde et la présence intime de l'Esprit au tréfonds de ma personne. Je suis libéré en devenant plus pronfondément fils dans le Fils. J'y trouve dignité personnelle, courage, espérance envers et contre tout, sérénité, détente de l'âme – et même du corps, ce qui est logique dans une religion de l'incarnation. Le zen, le yoga, la méditation transcendantale ? Nous avons infiniment mieux à disposition. Thérèse d'Avila, Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux, Elisabeth de la Trinité, etc. , sont là pour en témoigner.

Certes, la prière n'est pas toujours facile. Mais, en ces moments, je me rappelle que ma pauvre prière est toujours portée, non seulement, par la prière de Jésus, le parfait adorateur du Père, et par celle de l'Esprit qui prie en nous en gémissements ineffables (cf. Rm 8, 26), mais aussi par la prière de ma Mère l'Eglise. J'ai du mal à prier, et alors ? Je sais qu'au moment-même où je me sens si pauvre et si sec, l'Eglise est partout en prière, des moines sont en train de chanter les laudes en Europe tandis que des moniales chantent les vêpres en Asie. L'Eucharistie est toujours célébrée quelque part en cet instant même. Et pendant que je rame sur les eaux agitées du lac de ma vie, quelque part des frères et des soeurs exultent de joie ou goûtent la paix de l'Esprit Saint. La multinationale de la prière est toujours en éveil.

 

 

Entre Tes mains, Seigneur, je me mets tout entier.
Tu m'as créé pour Toi.
Je ne veux plus penser à moi-même.
Je veux Te suivre.
Que veux-Tu, Seigneur, que je fasse ? Permets-moi de faire route avec Toi.
Que ce soit dans la joie ou dans la peine, je veux T'accompagner.
Je Te fais le sacrifice des souhaits, des plaisirs, des faiblesses, des projets, des pensées qui me retiennent loin de Toi et me replient sans cesse sur moi-même.
Fais de moi ce que Tu veux !
Je ne marchande pas.
Je ne cherche pas à savoir à l'avance quels sont Tes desseins sur moi.
Je veux être ce que Tu veux que je sois.
Je ne dis pas : « Je veux Te suivre où que Tu ailles », car je suis faible.
Mais je me donne à Toi pour que Tu m'y conduises.
Je veux Te suivre dans l'obscurité et je ne Te demande que la force nécessaire.
Ô Seigneur, fais que je porte toutes choses sous Ton regard, pour demander Ton consentement à chacun de mes vouloirs et Ta bénédiction sur chacun de mes actes.
Comme un cadran solaire n'indique l'heure que par le soleil, ainsi je ne veux être déterminé que par Toi, si Tu veux bien Te servir de moi et me conduire.
Qu'il en soit ainsi, Seigneur Jésus !


John Henry, cardinal Newman

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