spiritualite

Publié le 11 Avril 2015

Seigneur, puissiez-vous demeurer avec nous quand tombera le soir, quand commencera la lutte qui mène à la victoire Soyez "l'Hôte apaisant de notre âme".  Faites que " nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. "

"Heureux sont ceux qui reconnaissent le Christ, dit st Laurent de Brindisi. Ils trouvent un trésor d'une valeur infinie! C'est seulement quand la foi des disciples fut ravivée et leur coeur brûlant d'amour, quand ils furent à table avec lui que Jésus se fit reconnaître. Lorsqu'ils le pressèrent de rester avec eux, il accéda à leur désir."

A nous aussi, le Christ se révèlera si notre foi et notre amour sont ardents; il restera avec nous si nous désirons sa présence d'un coeur brûlant.

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Reste avec nous, Seigneur, car déjà le soir tombe et le jour est proche de son terme !"

Cette parole ne s'applique pas seulement à la soirée du jour, à cette heure où nous sommes réunis, elle ne s'applique pas seulement à la soirée de la vie de chacun de nous. Mais, plus profondément encore, à la soirée du monde. Saint Jean ne nous dit-il pas, dans sa première épître : "Voici venue la dernière heure!". Et saint Paul dit également : "Le temps se fait court !" et c'est pourquoi il nous invite à vivre sans nous attacher à tout ce dont nous vivons, à "posséder comme ne possédant pas, à nous réjouir comme ne nous réjouissant pas." Oui, nous sommes, non pas aujourd'hui plus particulièrement, non pas en cette année parce que tel ou tel évènement semblerait plus grave et que nous serions tentés de le majorer, nous sommes depuis la mort et la résurrection du Christ, dans les derniers temps.

C'est-à-dire que le monde a atteint, d'une certaine manière, son terme.

L'achèvement du monde, la plénitude du monde est une chose acquise, dans le sacrifice accompli du Christ. Désormais, c'est la dernière du monde et ce qui reste, c'est l'usure de ce monde.

Les évènements plus ou moins douloureux, plus ou moins inquiétants, que nous connaissons ici ou là, à travers cet univers dans lequel nous vivons, ces évènements qui ne sont peut-être pas plus graves que ceux qui ont été vécus en d'autres siècles, ces évènements marquent l'usure de ce monde qui, petit à petit, se désagrège, qui, petit à petit, va vers sa perte.

Il y a un mystère de l'entropie spirituelle du monde, de cette déperdition d'énergie.

Cette usure du monde, qui est une usure biologique, une usure cosmique, n'est pas en même temps une croissance spirituelle. Ce n'est pas une marche vers le Royaume d'une manière triomphale, comme s'il y avait un progrès spirituel qui allait croissant. Le Christ nous a dit : "Quand le Fils de l'Homme reviendra sur la terre, trouvera-t-il encore la foi ?"

Et il semble bien, effectivement, que le nombre de ceux qui, explicitement, croient au Christ, confessent leur foi au Christ, n'aille pas en augmentant, mais plutôt en se rétrécissant, et que, après des périodes où l'on a pu croire à une expansion conquérante de l'Église à travers l'univers, il semble que nous soyons contraints, aujourd'hui, de nous rendre compte que c'est un mystère d'un petit groupe qui est, peut-être un ferment, peut-être une semence, mais une petite semence, une petite quantité.

Et autour de nous, ce qui est frappant, c'est non pas seulement l'hostilité, non pas la haine à l'égard du Christ, mais plus encore l'indifférence. Ces masses innombrables de nos frères, ici à côté de nous, que nous croisons chaque jour dans la rue, avec qui nous travaillons, à côté de qui nous vivons, que peut-être nous fréquentons, voire que nous aimons, et pour qui le Christ n'a aucun sens, n'a pas de signification. Tout dans leur vie, leurs peines, leurs joies, leur idéal, ce qui les enthousiasme, leur vie politique, professionnelle, familiale se déroule absolument en dehors du Christ, en dehors de Dieu, sans aucun rapport, sans aucune référence à Lui.

C'est bien, en un certain sens, cette usure du monde et pas seulement une usure cosmique, mais aussi une usure spirituelle, une usure qui va vers la mort.

Certes, le Christ est venu pour nous le révéler, cette mort n'est pas une fin. Au-delà de cette mort, il y a une résurrection. Au-delà de l'usure de ce monde, il y a le monde nouveau. Au-delà de l'apparente incrédulité des hommes, il y a cette aspiration mystérieuse dont ils ne sont peut-être même pas conscients et qui les entraîne, non pas malgré eux, mais un peu en dehors d'eux-mêmes, au-delà de ce qu'ils sont capables de connaître, de désirer. Certes, il y a cette espérance qui est plus forte que les apparences négatives, il y a cette promesse du Christ, cette certitude de sa victoire finale, définitive, totale, de cet accomplissement de toute chose en Lui. Mais, pour le moment, nous vivons plutôt un mystère de mort, un mystère de rétrécissement, un mystère de pauvreté.

Et alors, dans ce moment du soir, dans ce moment où l'on ressent davantage la solitude, dans ce moment où l'on se rend compte qu'on est peu nombreux, qu'on est peu de chose, qu'on ne compte pas beaucoup au niveau et à l'une des choses de ce monde, dans ce moment-là il y a un domaine qui est capitale, c'est de se tourner vers le Christ et de lui dire : "Reste avec nous, car il se fait tard, car c'est le soir !" Reste avec nous parce que c'est l'heure dangereuse, c'est l'heure des ténèbres, c'est l'heure où l'on a peur d'être seul, c'est l'heure où l'on sent le poids de la journée, le poids de la vie, le poids du péché. C'est l'heure où l'on est tenté par le découragement, peut-être le désespoir.

Et alors, il faut, comme le disait Isaïe, "chercher le Seigneur tant qu'Il est proche, nous approcher de Lui tant qu'Il se laisse trouver." Oui, le Seigneur est avec nous, sur la route, quelquefois à peine discernable, quelquefois totalement invisible. Son apparence ne nous est pas toujours familière. A certains moments, nous avons l'impression d'un étranger, mais Il est là, sur la route, avec nous. Et rien n'est plus important, rien n'est plus capital que de nous serrer près de Lui, que de le tenir par la main, que de Lui demander de rester avec nous, que de le chercher, pour le trouver, pour nous appuyer sur cette présence qui est notre seule force, notre seule espérance, notre seule certitude quand tout semble se désagréger autour de nous.

demandons-Lui de rester pour que nous ne soyons pas seuls et abandonnés au moment où nous sentons que le soir tombe et que l'heure se fait plus difficile.

Frère Jean-Philippe REVEL

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Publié le 11 Avril 2015

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Publié le 11 Avril 2015

 

skype emoticons smile mon ami frère brunonis, mais je ne vois pas qui c'est; c'est dans l'anonymat. un très intime sûrement, il sort de table là, il va prier pour le petit placide.

 

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Publié le 10 Avril 2015

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PRIERE

en union avec les enfants du monde

Pour la paix, pour les prêtres

Seigneur Jésus, nous consacrons en ce jour à votre Amour miséricordieux le petit Placide , vous offrant chacun de ceux qui le lise, le soutienne, les moines, oblats et oblates,  prêtres,  nos familles et les leurs, les chrétiens d'Orient, leurs martyrs.  Prenez-nous en votre Coeur, attachez-nous indéfectiblement à vous, aidez-nous à vous servir, à vous faire connaître et à vous faire aimer.

 

 

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Publié le 10 Avril 2015

requiescat in pace

«Le Seigneur met fin à ses souffrances. Il (le cardinal Turcotte) a démontré comment la position de l'Église face à l'euthanasie est bien fondée. Il a accepté les soins palliatifs, il a demandé de s'en tenir à ça», a expliqué Mgr Couture. À 88 ans, l'homme d'Église soutient que le cardinal n'a pas souffert inutilement, qu'on lui a prodigué des soins de confort, mais qu'il n'aurait jamais accepté «la pratique qui permet de donner la piqûre létale». «Il a été un modèle dans la façon de vivre sa souffrance et pour ma part, j'en garde une édification très profonde», a-t-il ajouté. 

Mgr Couture et le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, actuel archevêque de Québec, gardent un souvenir impérissable de leur dernière rencontre avec Mgr Turcotte, il y a quelques mois. Il était alors en pyjama, dans son lit d'hôpital. Il a enfilé une chasuble et a célébré une dernière messe en compagnie de ses confrères. Le personnel hospitalier l'a ensuite amené enfauteuil roulante dans une salle ou les trois hommes ont dégusté un lunch festif. Le cardinal Turcotte était alors très bavard. «C'est comme s'il avait été privé de parler avec des collègues, portant les mêmes préoccupations et la même foi (que lui)», a souligné Mgr Couture. 

Nommés archevêques le même jour, en 1990, dans leurs diocèses respectifs de Québec et de Montréal, Mgr Couture et Turcotte se sont côtoyés de près. Mgr Couture se rappelle un homme au langage parfois cru, qui dit avoir été élevé en partie dans la rue. «Il n'avait pas à se forcer pour être proche du monde.»

 

Mgr Lacroix considérait le cardinal Turcotte comme un mentor, qui était très enraciné, très attaché aux gens de son diocèse, à Montréal. «Il disait: «Quand faut que j'aille à Rome, je traîne pas», se rappelle-t-il.

«Un gars extraordinaire», selon le maire Labeaume

En mêlée de presse mercredi matin, le maire de Québec Régis Labeaume a souligné qu'il ne connaissait pas beaucoup le cardinal Turcotte, mais qu'il l'avait «beaucoup aimé». Le dernier souvenir qu'il garde de lui date de l'an dernier, alors qu'ils étaient en voyage à Rome pour célébrer la nomination de Gérald Cyprien Lacroix comme cardinal.

Les trois hommes ne voulaient absolument pas manquer le match de hockey du Canada, au cours duquel l'équipe a remporté la médaille d'or aux Jeux olympiques de Sotchi. «Je nous vois au bar, le cardinal Lacroix, le cardinal Turcotte et moi, et on regardait la dernière période.» Le maire Labeaume se souvient d'un «gars extraordinaire, qui avait «les deux pieds sur terre et qui «rigolait tout le temps»

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Publié le 10 Avril 2015

 

 

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Quand nous entendons ce mot: dimanche in albis, nous nous représentons quelque chose de clair et de blanc. Nous pensons aux premiers communiants, vêtus de blanc. Nous pensons aux jardins qui, en ce moment, ont leur parure de fleurs blanches. Ces deux images sont tellement associées pour nous au dimanche blanc que nous le considérons comme un jour vénérable et saint.

Mais d'où vient ce nom: dimanche blanc?

Comme on le sait, les catéchumènes, après leur baptême recevaient un vêtement blanc et un cierge allumé. Ils sortaient ensuite de la chapelle baptismale et entraient dans l'église pour assister, la première fois, à la messe.

L'habit blanc était le symbole de l'innocence et de la grâce baptismales. Les premiers chrétiens tenaient beaucoup à conserver l'innocence baptismale jusqu'à la mort.

Les néophytes étaient les enfants privilégiés de l'Eglise. Pendant la semaine, ils assistaient chaque matin à la messe, vêtus de leurs habits blancs; le soir, ils faisaient une procession aux fonts. Il étaient dans la communauté chrétienne une prédication vivante; ils annonçaient que les chrétiens sont ressuscités avec le Christ à une vie nouvelle. Le samedi après Pâques, ils venaient une dernière fois avec leurs habits blancs, dans l'église baptismale. C'est là qu'ils déposaient leurs habits que l'on conservait dans la chambre du trésor. Ces habits devaient être un souvenir de leur baptême et, en même temps, un gage de leur fidélité aux promesses du baptême.

 

Dom pius parsch

 

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Publié le 9 Avril 2015

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Publié le 9 Avril 2015

<i>Peter and John Running to the Sepulchre</i> by Eugene Burnand, ca. 1898.

"Pierre sortit avec l'autre disciple,"

 

 

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Publié le 9 Avril 2015

Skype emoticons-01-sadsmile "lol !  on sait même pas où ils l'ont mis !" Jean 20,1-9.

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Publié le 8 Avril 2015

"Que parvienne à vous tous la voix joyeuse de l’Église, par les paroles que l’ancien hymne met sur les lèvres de Marie Madeleine, la première à rencontrer Jésus ressuscité le matin de Pâques. Elle courut chez les autres disciples et, le cœur tout battant, elle leur annonça : « J’ai vu le Seigneur ! » (Jn 20, 18). Nous aussi, qui avons traversé le désert du Carême et les jours douloureux de la Passion, faisons place aujourd’hui au cri de victoire : « Il est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! ».

Tout chrétien revit l’expérience de Marie de Magdala.

C’est une rencontre qui change la vie : la rencontre avec un Homme unique, qui nous fait expérimenter toute la bonté et la vérité de Dieu, qui nous nous libère du mal, non pas d’une manière superficielle, momentanée, mais il nous en libère radicalement, nous guérit de tout et nous restitue notre dignité.

Voici pourquoi Madeleine appelle Jésus « mon espérance » : car c’est Lui qui l’a fait renaître, lui a donné un nouvel avenir, une existence bonne, libérée du mal. « Le Christ, mon espérance » signifie que tout mon désir de bien trouve en Lui une possibilité réelle : avec Lui, je peux espérer que ma vie sera bonne, et qu’elle sera pleine, éternelle, car c’est Dieu-même qui s’est fait proche jusqu’à entrer dans notre humanité.

Toutefois, comme les autres disciples, Marie de Magdala a dû voir Jésus rejeté par les chefs du peuple, arrêté, flagellé, condamné à mort et crucifié.

Voir la Bonté en personne soumise à la méchanceté humaine, la Vérité raillée par le mensonge, la Miséricorde insultée par la vengeance, a dû être insupportable. Avec la mort de Jésus, l’espérance de ceux qui avaient mis leur confiance en Lui semblait perdue. Mais cette foi ne s’est jamais évanouie totalement : surtout dans le cœur de la Vierge Marie, la Mère de Jésus, la petite flamme est restée allumée d’une manière vive, même dans l’obscurité de la nuit. Dans ce monde, l’espérance ne peut pas ne pas tenir compte de la dureté du mal. Ce n’est pas seulement le mur de la mort qui lui fait obstacle, mais plus encore, ce sont les pointes acérées de la jalousie et de l’orgueil, du mensonge et de la violence. Jésus est passé par cet enlacement mortel, pour nous ouvrir le passage vers le Royaume de la vie. Il y eut un moment où Jésus apparaissait vaincu : les ténèbres avaient couvert la terre, le silence de Dieu était total et l’espérance, une parole qui semblait désormais vaine.

Et voici qu’à l’aube du jour après le sabbat, on a trouvé le sépulcre vide. Jésus se montre ensuite à Madeleine, aux autres femmes, aux disciples. La foi renaît plus vive et plus forte que jamais, désormais invincible, car fondée sur une expérience décisive : « La mort et la vie s’affrontèrent / en un duel prodigieux. / Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne ». Les signes de la résurrection attestent la victoire de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine, de la miséricorde sur la vengeance : « Le sépulcre du Christ vivant, / la gloire du Christ ressuscité, / et les anges ses témoins, / le suaire et ses vêtements ».

BENOÏT XVI 

 

 

Saint Grégoire le Grand

 

 Marie Madeleine avait été une pécheresse dans la ville. Mais en aimant la Vérité, elle lava par ses larmes la souillure de ses fautes. Ainsi s'accomplit la parole de la Vérité : "Ses nombreux péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé." (Lc 7,47).

Car elle que le péché avait d'abord maintenue dans la froideur, l'amour la fit ensuite brûler ardemment.

Arrivée au tombeau et n'y ayant pas trouvé le corps du Seigneur, elle crut qu'on l'avait enlevé, et elle l'annonça aux disciples [Simon-Pierre, ainsi que l'autre disciple, celui que Jésus aimait (Jn 20, 2)]. Ceux-ci vinrent, constatèrent et crurent qu'il en était bien comme cette femme le leur avait dit. Le texte note alors à leur sujet :

"Les disciples s'en retournèrent donc chez eux." (Jn 20, 10).

Puis il ajoute :

"Marie, elle, se tenait près du tombeau, au-dehors, et pleurait." (Jn 20, 11).

Voilà qui doit nous faire mesurer la force de l'amour qui embrasait l'âme de cette femme. Les disciples s'éloignaient, mais elle, elle ne s'éloignait pas du tombeau du Seigneur. Elle cherchait celui qu'elle n'avait pas trouvé; elle pleurait en le cherchant, et enflammée par le feu de son amour, elle brûlait du désir de celui qu'elle croyait enlevé. [...]

 

Marie, "tout en pleurant, se pencha et regarda dans le tombeau." (Jn 20, 11)

Assurément, elle avait déjà vu que le tombeau était vide; elle avait déjà annoncé l'enlèvement du Seigneur. Pourquoi donc se penche-t-elle encore ? Pourquoi désire-t-elle voir à nouveau ? Mais c'est que pour celui qui aime, regarder une fois ne suffit pas, car la force de l'amour augmente la volonté de chercher. Elle a cherché d'abord sans rien trouver; mais parce qu'elle a persévéré dans sa recherche, elle a fini par trouver. [...]

 

"Elle vit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête, l'autre aux pieds de l'endroit où l'on avait déposé le corps de Jésus." (Jn 20, 12)

[...] Les deux chérubins qui couvrent [de leurs ailes] le propitiatoire se regardent l'un l'autre, le visage tourné vers lui (cf. Ex 25, 0). Chérubin signifie "plénitude de la connaissance". Que peuvent donc symboliser les deux chérubins, sinon les deux Testaments ? Quant au propitiatoire, il figure le Seigneur incarné, de qui Jean déclare : "C'est lui qui est victime de propitiation pour nos péchés." (1 Jn 2,2). [

 

Les anges interrogent Marie : "Femme, pourquoi pleures-tu ?" Elle leur répond : "Parce qu'on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l'a mis. Ayant dit cela, elle se retourna et vit Jésus debout, mais elle ne savait pas que c'était Jésus." (Jn 20, 13-14)

[...] Parce qu'elle aimait et doutait en même temps, elle le voyait sans le reconnaître; l'amour le lui montrait, le doute le lui cachait.

"Elle, croyant que c'était le jardinier, lui dit : "Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai." (Jn 20, 15)

Il se pourrait bien que cette femme, tout en se trompant, puisqu'elle prenait Jésus pour le jardinier, ne se soit pas [vraiment] trompée. N'était-il pas pour elle un jardinier de l'âme ? N'est-ce pas lui qui semait au cœur de Marie la semence de son amour, pour y faire pousser de verdoyantes vertus ?

"Jésus lui dit : Marie !" (Jn 20, 16)

[...] C'est comme s'il lui disait clairement : "Reconnais donc celui qui te reconnaît." Il fut déclaré à un homme parfait lui aussi : "Je t'ai connu par ton nom." (Ex 33,12). Homme est notre nom commun à tous, Moïse est un nom propre, et le Seigneur lui affirme à juste titre qu'il le connaît par son nom [...] Et parce qu'elle s'entend ainsi appelée par son nom, Marie reconnaît son Créateur et l'appelle aussitôt "Rabboni", c'est-à-dire : "Maître" : il était à la fois celui qu'elle cherchait au-dehors, et celui qui au-dedans lui apprenait à chercher.

 

"Va vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie Madeleine alla annoncer aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur et qu'il lui avait dit ces choses." (Jn 20, 17-18)

Voici que la faute du genre humain est détruite en la source même d'où elle était sortie. Puisqu'au paradis, c'est une femme qui a versé à l'homme [le poison de] la mort, c'est une femme aussi qui, venant du tombeau, annonce la vie aux hommes. [...]

Marie, celle dont nous parlons, peut ici comparaître en témoin de la miséricorde divine [...] C'est ainsi que le Dieu tout-puissant nous met partout devant les yeux des modèles à imiter, que partout il nous propose des exemples de sa miséricorde. Prenons donc en horreur les mauvaises actions, même celles que nous avons commises. Le Dieu tout-puissant oublie volontiers que nous avons été coupables; il est prêt à compter notre pénitence pour de l'innocence. Si nous nous sommes souillés après les eaux salutaires [du baptême], renaissons par les larmes. [...] Notre Rédempteur consolera vos larmes d'un jour par une joie éternelle, lui qui, étant Dieu, vit et règne avec Dieu le Père dans l'unité du saint Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.

 

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