Publié le 11 Mai 2013
spiritualite
Publié le 10 Mai 2013
St Philippe
Publié le 8 Mai 2013
ASCENSION
Homélie prononcée
par le Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault (Fontgombault, le 9 mai 2013)
Viri Galilæi, quid admiramini aspicientes in cælum ?...
Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel, dans l’admiration ?...
(Introït de la Messe, tiré de Ac 1, 11)
Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,
Faut-il se réjouir ou pleurer ?
Chaque fête de l’Ascension ramène ces deux sentiments qui se mêlent dans les cœurs des croyants. Jésus reste avec nous : il ne nous abandonne pas, puisqu’il promet la venue du Paraclet, le Protecteur, le Défenseur. En même temps, il nous quitte pour gagner, avec son corps glorieux, la droite du Père. Ils sont désormais arrivés pour les apôtres et par extension pour tous les chrétiens les temps que le Seigneur avait annoncés : « Les compagnons de l'époux peuvent-ils jeûner pendant que l'époux est avec eux ? Tant qu'ils ont l'époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais viendront des jours où l'époux leur sera enlevé ; et alors ils jeûneront en ce jour-là. » (Mc 2, 19-20)
Le temps de la mission pour tous les disciples du Christ commence : « Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. » (Mc 16, 15-16) De fait, la présence du Seigneur accompagnera les disciples, comme saint Marc le rap- porte dans son Évangile : « Pour eux, ils s'en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l'accompagnaient. » (Mc 16, 20)
La confiance dans la présence fidèle du Seigneur et la mission qui commence semblent être la source de la joie étonnante des disciples après l’Ascension : « s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, et ils étaient constamment dans le Temple à louer Dieu. » (Lc 24, 52-53)
Les difficultés pourtant n’allaient pas manquer. Saint Paul propose un résumé impressionnant du pain quotidien des missionnaires du Christ : « Souvent j'ai vu de près la mort ; cinq fois j'ai reçu des Juifs quarante coups de fouet moins un ; trois fois, j'ai été battu de verges ; une fois j'ai été lapidé ; trois fois j'ai fait naufrage ; j'ai passé un jour et une nuit dans l'abîme. Et mes voyages sans nombre, les périls sur les fleuves, les périls de la part des brigands, les périls de la part de ceux de ma nation, les périls de la part des Gentils, les périls dans les villes, les périls dans les déserts, les périls sur la mer, les périls de la part des faux frères, les labeurs et les peines, les nombreuses veilles, la faim, la soif, les jeûnes multipliés, le froid, la nudité ! » (2 Co 11, 23-27)
Le pire pour l’apôtre est peut-être d’être confronté à l’indifférence. Ce fut le cas pour Paul lors de sa rencontre à l’Aréopage d’Athènes. À mesure qu’il parle, s’installe entre lui et la docte assemblée, composée de ceux qu’il appelle « les plus religieux des hommes » (Ac 17, 22), comme un malaise. Le Dieu créateur, en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être, son jugement futur sur le monde, la résurrection des corps, n’attirent que peu d’intérêt : « les uns se moquaient, les autres disaient : “Nous t'entendrons là-dessus une autre fois.”» (Ac 17, 32)
De telles considérations, qui nous semblent que bavardages, n’intéressent pas des hommes qui se croient sages. Le vrai Dieu ne les intéresse pas. Suivre les faux dieux, les dieux faits de mains d’homme, ne prête pas à conséquence. Suivre les faux dieux, suivre ses passions, donne l’illusion de la liberté. Écouter saint Paul, c’est au contraire accueillir dans sa vie un être dont la présence remet en question le sens de la vie et l’exercice de la liberté. Mais que vaut une liberté qui s’érige en absolu contre la liberté et la volonté de Dieu ? Que vaut une liberté qui librement s’aveugle ?
Relire les premiers chapitres du livre de la Genèse est éclairant.
La liberté qui fait l’économie de Dieu est celle de la créature avant que Dieu ne parle. Cette liberté a un nom à l’allitération évocatrice : tohu-bohu, chaos. Ce qui met fin à l’état de confusion antérieur à l'organisation du monde, c'est la parole de Dieu : « Dieu dit : “Que la lumière soit”, et la lumière fut. » (Gn 1, 3) La lumière pourrait-elle dire alors : « Je suis ténèbres » ? Non, la lumière ne le peut pas, parce que Dieu a dit : « Que la lumière soit. » La lumière est donc lumière. L'enfant capricieux qui ferme les yeux alors que le soleil est au zénith peut dire : « Il fait nuit, la lumière pour moi c’est comme les ténèbres. » L'enfant le dit, mais il se trompe.
Un peu plus loin, toujours au premier chapitre de la Genèse, Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image... Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. » (Gn 1, 26-28) La conclusion du second récit de la création est encore plus explicite : « C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. » (Gn 2, 24). La parole de Dieu est au fondement de l’union. Certes un homme peut dire : « Un couple selon moi, ce peut être l'union de deux hommes ou de deux femmes. » Il le dit, mais il se trompe. La parole de Dieu demeure la seule référence garante de ce qu’est un couple, garante aussi de la légitimité de sa reconnaissance officielle dans le mariage.
L’enfant capricieux, s’il se met à marcher les yeux fermés, ne tardera pas à tomber. Avant d’avoir atteint le sol, déjà il aura ouvert ses yeux. Ébloui l’espace d’un instant, il comprendra vite que la lumière n’est pas ténèbres mais au contraire un précieux secours de Dieu. La volonté de se libérer du plan de Dieu l’a conduit dans les ténèbres, dans le chaos. La redécouverte de la lumière lui a rendu sa vraie liberté.
Alors que l’économie mondiale s’effondre et que les chefs d’État s’emploient à résoudre la crise, il est consternant de voir comment ces mêmes chefs d’État s’appliquent avec zèle à accentuer la décadence morale de la société et de l’humanité, tant par l’exemple de leur propre vie qu’en promulguant des lois qui se fondent, non pas sur la nature de ceux qu’elles concernent, mais sur une volonté idéaliste et irréaliste d’égalité. L’homme n’a pas à créer le monde : Dieu a dit : « fructifiez et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. » (Gn 1, 28)
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Combien de temps faudra-t-il aux hommes pour comprendre qu’une société qui ne protège pas la vie humaine, la cellule familiale et en particulier l’enfant, promeut la haine, s’expose à toutes les dérives et court à sa perte ? La vie et la famille sont des dons nés de la parole divine. Elles ne se vendent pas, ne s’achètent pas, ne se bradent pas. Elles se respectent.
L’homme semble avoir un besoin irrépressible de détruire : défigurer la beauté de la planète, gaspiller et détruire ses ressources énergétiques, la nourriture qu’elle produit, enfin se détruire lui-même en refusant ce qu’il est.
À l’image des apôtres, les chrétiens ont le devoir de répandre à travers le monde la semence de la parole : parole primordiale du premier instant de la création, parole incarnée du Dieu qui se fait parole dans le Christ.`
Cette parole est l’unique voie qui conduit du néant à l’être, du chaos à la vie, des ténèbres à la lumière.
Dans la vie publique, les chrétiens ont le devoir, par leurs votes et plus généralement par leurs actions, de soutenir les candidats et les élus qui ne se rendent pas complices de crimes contre l’humanité mais promeuvent une authentique législation de la vie. Refusant d’appliquer les lois mortifères issues de la dictature du relativisme, usant du droit inaliénable et légitime à l’objection de conscience, ils présentent au monde une authentique liberté fon- dée dans la vérité.
Saint Paul en cette année de la foi nous encourage : « J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c'est pourquoi nous parlons. » (2 Cor 4, 13 ; cf. Ps 115, 10).
Après l'Ascension, les apôtres s'en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie. Tel est l’enthousiasme des porteurs de la bonne nouvelle.
Cette joie nous est également promise en cette fête de l'Ascension. Pour cela, unis à Marie et aux apôtres, attendons le don de l'Esprit que le Seigneur a promis et devenons toujours davantage ses porte-parole jusqu’aux extrémités de la terre.
Amen.
Publié le 7 Mai 2013
Entre le temps de l’Ascension et de la Pentecôte, l’Eglise, en prière avec la Vierge Marie et les Apôtres, invite chaque fidèle à invoquer plus spécialement l’Esprit-Saint.
neuvaine .
Publié le 6 Mai 2013
Publié le 6 Mai 2013
1. La pauvreté ne doit pas être confondue avec le paupérisme
Commençons par le premier point. Tout d'abord, il faut dire que la pauvreté ne peut pas être confondue avec le paupérisme. La pauvreté est une valeur qui doit être prise en considération par tous les chrétiens. Tous sont tenus à être «pauvres», parce que la pauvreté, c'est se rapporter de façon correcte aux biens matériels, en ce sens que ces biens ne peuvent pas et ne doivent pas être considérés comme «fins» mais seulement «moyens». Dans les béatitudes (Luc 6) Jésus appelle les pauvres «bienheureux», alors qu'il dit: «Malheur à vous qui êtes riches».
Eh bien, cette pauvreté et cette richesse ne doivent pas être prises au sens économique.
Le «pauvre», évangéliquement parlant, n'est pas tant celui qui ne possède rien, que celui qui, tout en possédant, sait que la richesse doit être considérée seulement comme un moyen de faire le bien et de se rapprocher de Dieu. Au contraire, le «riche», au sens évangélique, n'est pas nécessairement celui qui possède, mais celui qui est si plein de lui-même qu'il ne sait pas faire de la place pour Dieu dans sa vie.
Paradoxalement, si quelqu'un a dans sa poche 10.000 €, mais fait de ce chiffre non pas la fin de sa vie, mais un moyen de faire le bien, il n'est pas riche mais pauvre. Si au contraire quelqu'un a dans sa poche un euro, mais fait de ce misérable euro le but de sa vie, se déclarant même prêt à fouler aux pieds la loi de Dieu à condition d'augmenter sa "richesse", celui-là n'est pas un pauvre, mais un riche. Bien sûr, il ne fait aucun doute que celui qui a beaucoup pourra plus facilement être tenté dans l'orgueil et la présomption; celui qui a moins choisira plus facilement l'humilité et la simplicité; mais de là à détecter un automatisme il y a loin.
En outre, comme nous l'avons mentionné précédemment, il faut dire qu'on ne peut pas confondre la pauvreté avec le paupérisme. Ce dernier est la pauvreté économique à tout prix. Mais c'est loin d'être une perspective chrétienne correcte. Prenons saint François d'Assise, le modèle de la vraie pauvreté. Ce grand saint tenait à faire comprendre à ses frères que le chemin de leur pauvreté devait être considéré comme l'un des nombreux pour aller au Paradis, mais pas le seul. La route nécessaire pour ceux qui choisissaient leur vie, mais pas pour les autres. Tant et si bien que ceux qui, parmi les Franciscains pensaient autrement que le séraphique fondateur, finirent par sortir de l'Église et mourir hérétiques.
2. La vérité ne peut pas être séparée de la beauté
Venons-en au second point: la vérité ne peut pas être séparée de la beauté. Citons à nouveau saint François d'Assise. Celui-ci prétendait à la plus grande pauvreté pour ses frères, mais à la plus grande spledeur pour les édifices ecclésiastiques. Il disait que les églises devraient être pleines d'objets précieux, tant est grande la Grandeur qu'ils contiennent, c'est-à-dire le très Saint-Sacrement. Les vêtements liturgiques, que les Clarisses du temps de saint François cousaient, étaient brodés de fils d'or, ainsi le voulait le Père séraphique. La beauté, en effet, doit signifier la Vérité. Mieux: la vérité doit être signifiée par la beauté. Et la beauté est aussi majesté, elle est aussi «richesse».
Dans la Première Lettre aux Gardiens (référence non trouvée), il écrit: «Je vous prie, plus que si cela me concernait personnellement, lorsque cela vous semblera adéquat et utile, suppliez humblement le clergé de vénèrer par-dessus tout le très saint Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus-Christ et les saints noms et les mots écrits par lui pour consacrer son corps. Les calices, les ornements de l'autel et tout ce qui sert au sacrifice, doivent être précieux. Et si en quelque endroit il se trouvait que le très saint Corps du Seigneur soit placé de manière misérable, qu'ils le placent et le conservent dans un endroit précieux, en vertu des dispositions de l'Église, et qu'il soit porté avec une grande vénération et administrés aux autres avec discrétion».
On trouve quelque chose d'intéressant notre propos dans la biographie de Saint Jean-Marie Vianney (le curé d'Ars) par François Trochu: « Don Vianney (...) par respect pour l'Eucharistie, voulait ce qu'il y avait de plus beau. (...) Ainsi, il enrichit une «garde-robe du Bon Dieu», comme il le disait, avec son langage coloré et imaginatif. Il visitait à Lyon les magasins de broderie, de bijoux, et y achetait ce qu'il y trouvait de plus précieux. « Dans les alentours - confiaient ses fournisseurs étonnés - il y a un petit curé tout maigre, qui a l'air de ne jamais avoir un sou en poche et qui pour son église veut toujours le meilleur». Un jour, en 1825, la comtesse d'Ars l'emmena avec lui en ville, pour acheter un parement pour la messe. A chaque nouveau modèle qui lui était présenté, il répétait: «Ce n'est pas assez beau ... Il faut quelque chose de plus beau que cela!».
Dans l'Evangile de saint Jean (chapitre 12), il y a un épisode qui sur ce sujet dit tout: «Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie, où était Lazare, qu'il avait ressuscité d'entre les morts. Là, on lui fit un souper et Marthe servait, et Lazare était un des convives. Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard pur, très précieux, en oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux, et toute la maison fut remplie de l'odeur du parfum. Alors Judas Iscariote, l'un de ses disciples, celui qui devait le livrer, dit: «Pourquoi n'avoir pas vendu ce parfum pour trois cents deniers et donné l'argent aux pauvres?». L'évangéliste ajoute que Judas ne dit pas cela parce qu'il se souciait des pauvres, mais parce qu'il était un voleur et qu'il voulait voler ce qu'il y avait dans la cassette. La réponse de Jésus est claire: «Laisse-la (...) Les pauvres, vous les aurez toujours avec avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours». Donc, il y a des moments où il faut donner aux autres, mais il y a aussi des moments où on doit souligner avec la richesse la grandeur du divin.
La beauté affine les esprits, les ouvre à la sensibilité et donc à la compréhension envers les autres. Créer la beauté est un acte d'amour naturel envers Dieu.
On raconte qu'à Pise, avant qu'ils ne construisent la célèbre Place des miracles avec le Dôme, le Baptistère et le fameux Campanile (qui devint plus tard la Tour de Pise bien connue) manquaient les égouts. Les habitants de Pise, cependant, préfèrent construire d'abord la cathédrale et puis peut-être penser aux égouts ensuite. Le choix a certainement été imprudent ... mais d'une grande générosité envers Dieu. On pourrait penser, mais comment la Providence a-t-elle voulu rembourser la générosité des pisans d'alors? Contrairement à d'autres villes de Toscane, à Pise, si vous enlevez la Tour Penchée et la Place des miracles, il ne reste pas grand chose. La ville est devenue célèbre dans le monde entier pour un fait mystérieux: l'affaissement de terrain qui a permis au Campanile de pas s'écraser au sol, mais de rester étonnamment incliné. Et il vient à l'esprit: alors les études géologiques, ils savaient les faire ... si c'est vrai, et c'est vrai, que tout ce qu'ils avaient construit de grand est arrivé jusqu'à nous intact malgré les nombreux tremblements de terre.
3. La richesse de l'Eglise n'est pas à l'Eglise ...
En fait, la richesse de l'Eglise n'est pas à l'Eglise.
La richesse de l'Église se compose principalement d'œuvres d'art qui non seulement ne sont pas aliénables (dans le sens qu'elles ne sont pas vendables), mais existent grâce à la générosité des fidèles.
On peut raconter à cet égard cet épisode significatif. Dans l'Emilie de l'après-guerre, les années de grande lutte entre catholiques et communistes, dans une petite ville, il y eut une conférence organisée par le Parti communiste d'alors. Parmi les intervenants, il y avait un professeur (bien sûr communiste) qui a commencé à attaquer l'Eglise surtout pour sa richesse présumée qu'elle gardait pour elle-même sans la donner aux pauvres. Dans le public il y avait deux prêtres instruits qui ont tenté de prendre la parole pour lui porter la contradiction, mais ils aggravèrent la situation car ils intervenaient en utilisant un langage trop théorique et théologique, de sorte que les gens simples et ignorants qui assistaient ne pouvaient pas comprendre. La providence voulut que prenne aussi la parole un simple curé de paroisse, qui parlait dans le dialecte des personnes présentes. Il s'est borné à raconter aux habitants de cette ville quelque chose qui s'était passé il y a des années et dont tous se souvenaient très bien. Il s'agissait d'un ouvrier communiste, athée, dont la fille unique était tombée gravement malade. Sa femme, qui était croyante, décida de demander à la Vierge Marie, à qui était dédié un célèbre sanctuaire de l'endroit, la grâce de la guérison. Le miracle arriva: l'enfant fut guérie. L'ouvrier voulut alors se rendre chez le meilleur bijoutier de la ville pour réaliser un bel ex-voto en or. Le travail fut effectué et l'homme le porta au recteur du Sanctuaire. Mais, quelques jours après, l'ouvrier, passant devant la boutique de bijoux, vit dans la vitrine l'objet qu'il avait commandé et remis au Sanctuaire. Impatiemment il demanda une explication. Il lui fut dit que le recteur l'avait mis en vente pour construire un oratoire pour les enfants. L'homme, à juste titre, se mit dans une colère noire: «Et voilà, nous offrons à la Vierge et les prêtres ... revendent ce que nous lui offrons». Et il avait raison. Pour bonne que fût l'intention du prêtre, il ne pouvait pas revendre ce qu'un fidèle avait donné directement à la Vierge. Il a suffi du souvenir de cet épisode, pour que tout le monde présent comprenne la vraie signification des nombreuses richesses de l'Eglise.
linkbenoît et moi.
Publié le 5 Mai 2013
Lors du dernier conseil presbytéral, Mgr Jaeger avait invité le père abbé de Fontgombault Dom Jean Pateau à présenter le présent et l’avenir de l’abbaye de Wisques.
La difficulté de renouvellement de l’actuelle communauté saint Paul, et le décès de l’abbé Lugez ont amené les bénédictins à revoir l’avenir de l’abbaye. Fallait-il fermer ou trouver une autre communauté ? L’actuelle abbaye de Wisques avait été fondée par des pères de Fontgombault fin XIXème siècle.
L’abbaye de Fontgombault est née en Berri, de l’impulsion donnée par Pierre de l’Etoile et ses compagnons, ermites, en 1091. Elle eut son apogée aux XII-XIIIème siècles. C’est une longue histoire avec de nombreuses vicissitudes durant près de 1.000 ans.
En 1948, après la seconde guerre mondiale, l’abbaye redevient bénédictine avec l’installation de 22 moines venus de Solesmes. La communauté, très nombreuse songe a essaimer, fonder une nouvelle abbaye, dans le souci de répondre à la demande de Jean-Paul II pour une nouvelle évangélisation. Le déclin de Wisques, avec une moyenne d’âge de plus de 75 ans, à la différence de Fontgombault (âge moyen de 51 ans) provoque la réflexion du père abbé de Fontgombault. C’est ainsi que plusieurs moines feront des “stages” à Wisques au cours du premier semestre 2013 et qu’une solution de reprise était envisagée. Ce passage de plusieurs groupes de religieux durant 4 semaines devait permettre de mûrir le projet. Les contacts furent très bon et l’installation de 13 moines à l’automne 2013 est donc envisagée.
La mise en place d’une nouvelle communauté répond au processus très précis de la nomination d’un prieur puis d’un abbé pour Wisques, dépendant de Solesmes. La nouvelle communauté devrait être forte de 18 religieux.
Plusieurs questions ont été posées par les doyens : sur les relations avec la population chrétienne locale, sur le rite liturgique, sur les activités pratiques (hôtellerie, culture, activités artistiques). Les communautés religieuses ne reçoivent aucune responsabilité de la part de l’évêque du lieu envers les chrétiens des paroisses. Les moines n’ont pas pour mission première l’animation des communautés paroissiales. Cependant comme de nombreux monastères, ils accueilleront les chrétiens qui désirent prier avec eux et se ressourcer. Le rite de la liturgie de l’abbaye est celui dit « extraordinaire », c’est-à-dire le missel de Pie V. (A la différence de l’abbaye Notre-Dame, qui célèbre en latin, selon le rite de Paul VI). Le père abbé a fait ce choix, suite à une révélation divine qu’il aurait eue en 1988, l’année même du schisme de Mgr Lefebvre. Le père insiste sur l’importance d’une belle liturgie pour favoriser l’évangélisation et l’intériorisation.
Le père abbé espère que la communauté pourra reprendre et développer les activités matérielles qui donneront subsistance à la communauté. Hôtellerie, travaux d’agriculture et, probablement, atelier artistique dont céramique.
Il attend de la part du diocèse accueil et prière.
il y a presqu'un an !
Publié le 2 Mai 2013
voeux de bonne fête en direct de Rome ! merci à tous de vos prières. Mon portable était déchargé ..!! merci pour tout. avec les beaux jours qui reviennent tout ça va revenir, j'ai confiance ! j'en serais plutôt au stade de l' "à quoi bon!" . Mais Stéphane, la rencontre historiqiue de nos deux papes tout ça sont des appels à la conversion vraie.. je pense. Manque plus qu'un petit séjour à Fontgombault pour se requinquer.. mais c'est vrai on a été pas mal ébranlé tous ces temps derniers..et le printemps qui tarde !
.Arrivé un certain âge, de guerre lasse, de solitude lasse, à un moment on ne comprend plus rien à se demander si on a une étincelle de foi. On en reste à l'interrogation de la Vierge, " mais comment cela se fera-t-il? mais nous on doute. Il faut prendre du recul pour répondre à certaines questions, recul qu'on ne prend pas..On attiserait plutôt volontiers les braises de la suspition et du doute, allez il faut le dire pour donner raison à notre médiocrité et à nos négligences. on y prend tellement goût à nos ténèbres, un goût malsain et morbide qu'on aime bien entretenir.. ,
Allez pour Stéphane, on lâche rien.
Agur Maria !
"Qui n’a pas vu la route, à l’aube entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance.
L'espérance est une détermination héroïque de l'âme, et sa plus haute forme est le désespoir surmonté.
L'espérance est une vertu héroïque. On croit qu'il est facile d'espérer. Mais n'espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu'ils prennent faussement pour de l'espérance. L'espérance est un risque à courir, c'est même le risque des risques. L'espérance est la plus grande et la plus difficile victoire qu'un homme puisse remporter sur son âme.
On ne va jusqu'à l'espérance qu'à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l'espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu'au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore.
Le démon de notre cœur s'appelle « À quoi bon ! ».
L'enfer, c'est de ne plus aimer.
Les optimistes sont des imbéciles heureux, quant aux pessimistes, ce sont des imbéciles malheureux
On ne saurait expliquer les êtres par leurs vices, mais au contraire par ce qu’ils ont gardé d’intact, de pur, par ce qui reste en eux de l’enfance, si profond qu’il faille chercher.
Qui ne défend la liberté de penser que pour soi-même est déjà disposé à la trahir.
Si l’homme ne pouvait se réaliser qu’en Dieu ? si l’opération délicate de l’amputer de sa part divine – ou du moins d’atrophier systématiquement cette part jusqu’à ce qu’elle tombe desséchée comme un organe où le sang ne circule plus – aboutissait à faire de lui un animal féroce ? ou pis peut-être, une bête à jamais domestiquée ?
Il n’y a qu’un sûr moyen de connaître, c’est d’aimer.
Le grand malheur de cette société moderne, sa malédiction, c’est qu’elle s’organise visiblement pour se passer d’espérance comme d’amour ; elle s’imagine y suppléer par la technique, elle attend que ses économistes et ses législateurs lui apportent la double formule d’une justice sans amour et d’une sécurité sans espérance.
Georges Bernanos,
Publié le 2 Mai 2013
C’est une initiative peu banale que lance l’évêque de Bayonne, Oloron et Lescar pour le mois de mai, que les catholiques aiment aussi appeler le « mois de Marie ».
Dans sa lettre hebdomadaire du service diocésain, Monseigneur Marc Aillet invite les fidèles, mais aussi les prêtres, à des prières communautaires, « en famille en paroisse ou autres groupes, pour prier chaque jour du mois de Marie […] pour faire barrage à la loi Taubira, mais aussi pour établir la paix dans nos communautés qui pourraient être divisées sur ce sujet sociétal ».
« Le combat n’est pas perdu »
Après les manifs voici donc les prières contre le mariage pour tous. Marc Aillet assume cette idée et convoque d’autres initiatives du genre imaginées dans d’autres diocèses. « La prière est une arme spirituelle qui a l’avantage de ne pas être violente », réplique l’évêque. « D’ailleurs, ajoute-t-il, le mois de Marie est toujours l’occasion pour les fidèles de se rassembler. Nous laissons à leur libre initiative d’y ajouter une prière à ce sujet ». Car pour l’évêque, le « combat n’est pas perdu. La loi a été approuvée à l’Assemblée, mais elle n’a pas encore été promulguée. On a un exemple dans les années 80 sur l’école libre, où le gouvernement avait reculé même après la promulgation des décrets ».
Ce n’est pas la première fois que Monseigneur Aillet s’invite dans des débats politiques, et sur la question du mariage pour tous. Il n’est d’ailleurs pas le seul à l’avoir fait dans la hiérarchie catholique. On sait aussi que l’homme, qui a son franc-parler, et que beaucoup situent parmi les plus traditionalistes, peut d’ailleurs agacer, voire choquer certains à gauche, mais aussi dans ses rangs, au fil de ses prises de position sur l’avortement, l’euthanasie et le mariage gay.
« Chrétiens et citoyens »
Et lorsqu’on lui demande s’il n’a pas l’impression de venir s’ingérer dans les affaires très laïques du gouvernement, il rétorque que les fidèles « sont des chrétiens, mais ils n’en sont pas moins des citoyens. Certes, l’Église n’a pas vocation à s’inviter dans les débats politiques, mais nous pouvons argumenter sur des questions fondamentales de société ».
Quant à connaître l’utilité de cette « arme spirituelle » de la prière qu’il appelle de ses vœux dans un débat déjà largement nourri, l’intéressé ne semble pas en douter. Il cite d’ailleurs dans son « initiative » la prière des enfants à Pontmain qui aurait « stoppé l’avancée des forces prussiennes » en 1871. On ignore si les prières du mois de Marie auront un quelconque effet sur l’application de la loi Taubira, mais gageons que l’initiative de Monseigneur Aillet ne manquera pas d’être commentée.
Chers frères prêtres,
chers diocésains,
Les questions sociétales, qui agitent notre pays aujourd’hui, atteignent nos communautés chrétiennes qui ne sauraient demeurer à l’écart de la lutte pour la justice et la promotion du bien commun. C’est bien dans ce but que les évêques de France ont été nombreux à élever la voix pour provoquer un débat sur le projet de loi dit de « mariage pour tous », et inviter les fidèles « à se manifester » pour que cette voix soit entendue.
Force est de constater que les millions de citoyens qui, de manière pacifique et avec le souci de respecter les personnes, ont manifesté leur opposition au projet de loi Taubira, à l’appel du collectif « la manif pour tous », n’ont pas été entendus. Ils peuvent même avoir la forte impression d’être ignorés, voire méprisés. Comme si l’on pouvait impunément faire l’impasse sur un mouvement populaire de cette ampleur : pétitions et manifestations de rue sans précédent, sérieux des argumentaires déployés, renversement de l’opinion dans les sondages… Comment s’étonner que des petits groupes, en marge de la manif pour tous, multiplient les initiatives, parfois bruyantes mais la plupart du temps bon enfant, pour se faire entendre ? Je pense en particulier au mouvement des « veilleurs » qui rassemblent dans de nombreuses villes de France un nombre croissant de jeunes déterminés, mais toujours dans la paix et la non violence, pour manifester leur opposition à une loi qui n’a pas encore été promulguée.
J’ai conscience que le sujet, qui a rassemblé depuis des mois des fidèles de nos paroisses, de tous horizons sociaux, culturels ou politiques, a aussi souligné, voire exacerbé des divisions et engendré des conflits au sein de nos communautés. C’est toujours le risque d’une parole et d’une démarche de type prophétique. Et il faudrait davantage encore de pédagogie pour montrer que cette opposition de bon sens au mariage entre personnes de même sexe, non seulement n’introduit aucune discrimination à l’encontre des personnes homosexuelles mais ne justifie aucune stigmatisation, voire attitude violente envers elles. Qui pourrait nier cependant qu’il y a là un enjeu anthropologique décisif pour l’avenir de notre société ? Le concert de voix autorisées – pas seulement des évêques, mais des représentants des grandes religions en France, des associations familiales, de maires ou de spécialistes du droit, de l’éducation ou de la psychologie – et l’opposition d’une part importante de la population (56% d’opinions défavorables au projet de loi), non pas au nom de revendications catégorielles ou d’intérêts particuliers, mais au nom du bien commun, plaident en faveur d’une attitude de responsabilité citoyenne.
Le combat n’est certes pas à armes égales : face aux opposants au texte de loi, qui s’avancent les mains nues, se dresse un appareil législatif, médiatique et policier disproportionné. On pense spontanément au combat de David contre Goliath, qui renonçait à l’armure imposante de Saül et s’avançait contre le géant armé d’une épée avec une simple fronde. Indépendamment des moyens que les organisateurs de « la manif pour tous » mettront en œuvre dans les prochaines semaines pour demander le retrait du projet de loi Taubira et s’opposer à d’autres réformes annoncées sur la PMA pour tous et la GPA ou bien sur l’enseignement de « la théorie du gender » à l’école, l’heure est plus que jamais à la prière.
Alors archevêque de Buenos Aires, le Pape François, en demandant aux carmélites de son diocèse de prier et d’offrir des sacrifices pour l’Argentine s’apprêtant à statuer sur un projet de loi semblable, écrivait : « Il s’agit du projet de loi qui va permettre le mariage entre personnes du même sexe.
Ce qui est en jeu ici, c’est l’identité et la survie de la famille : père, mère et enfants. Ce qui est en jeu, c’est la vie de nombreux enfants qui seront par avance victimes de discrimination et privés de la maturation humaine dont Dieu a voulu qu’elle arrive avec un père et une mère. Ce qui est en jeu, c’est le rejet total de la loi de Dieu, gravée dans nos cœurs […]
Nous ne sommes pas naïfs : ceci n’est pas simplement une lutte politique, mais une tentative destructive du plan de Dieu. Ce n’est pas seulement un projet de loi (celui-ci n’est qu’un instrument), mais il s’agit d’une « manœuvre » du père du mensonge qui cherche à embrouiller et à tromper les enfants de Dieu » (Lettre du Cardinal Bergoglio le 22 juin 2010).
Devant la menace qui pèse sur la famille en France, avec ce projet de loi Taubira, nous sommes plus que jamais invités à la prière. Dans une lettre pastorale adressée aux prêtres et consacrés de son diocèse, le même Cardinal Bergoglio écrivait : « Il est temps, non de nous y habituer, mais de nous pencher et ramasser les cinq pierres pour la fronde de David (cf. 1 S 17, 40). Il est temps de prier » (29 juillet 2007).
Le mois de Marie ne serait-il pas propice à une telle démarche de prière communautaire pour la France et la famille, comme nous y invitait le bienheureux Jean Paul II dans sa lettre sur le Rosaire de la Vierge Marie : « Il est urgent de s’engager et de prier pour une autre situation critique de notre époque, celle de la famille, cellule de la société, toujours plus attaquée par des forces destructrices, au niveau idéologique et pratique, qui font craindre pour l’avenir de cette institution fondamentale et irremplaçable, et, avec elle, pour le devenir de la société entière. Dans le cadre plus large de la pastorale familiale, le renouveau du Rosaire dans les familles chrétiennes se propose comme une aide efficace pour endiguer les effets dévastateurs de la crise actuelle » (n. 6).
La prière du chapelet a été maintes fois recommandée par le Magistère de l’Eglise, et la Vierge Marie à Lourdes et Fatima en a confirmé les vertus. C’est après la victoire de Lépante que le Pape Saint Pie V institua la fête de Notre-Dame du Rosaire. C’est la prière des enfants qui stoppa l’avancée de l’armée prussienne, à l’appel de Notre-Dame de Pontmain en 1870, et empêcha un coup d’Etat funeste qui se tramait en France, à l’appel de Notre-Dame de la Prière à l’Ile-Bouchard en 1947.
Je vous invite donc à vous rassembler, en famille, en paroisse ou autres groupes, pour prier chaque jour du mois de Marie aux intentions de la paix sociale et de la famille. Comme l’écrivait encore le bienheureux Jean Paul II : « Prière pour la paix, le Rosaire est aussi, depuis toujours, la prière de la famille et pour la famille.[…] La famille qui est unie dans la prière demeure unie. » (Le Rosaire de la Vierge Marie, n. 41).
Pour le mariage et la famille, gravement menacée aujourd’hui, et donc pour faire barrage à la loi Taubira, mais aussi pour rétablir la paix dans nos communautés qui pourraient être divisées sur ce sujet sociétal, pourquoi ne pas miser davantage sur la prière communautaire du chapelet ? C’est l’arme spirituelle que je vous propose de mettre en œuvre en ce mois de Marie. Ce sera notre « fronde de David », avec ces cinq cailloux symbolisant les cinq mystères de notre chapelet, et c’est Dieu qui donnera la victoire !
Avec mes sentiments dévoués dans le Christ et Son Eglise.
+ Marc Aillet,
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron.
Publié le 1 Mai 2013
ADDENDUM,
« Je n’échangerais ma vie actuelle pour rien au monde. Papa de deux beaux enfants, marié, propriétaire, épanoui dans mon métier, habitant un vrai petit paradis en France et voyageant beaucoup, que demander de plus ? » Son bonheur basque, le caporal-chef Stéphane Duval, 32 ans, l’affichait sans hésiter sur les réseaux sociaux. Ce bonheur s’est brisé lundi après-midi au Mali.
C’est au cours d’une opération de reconnaissance et de fouille dans le nord-est du pays - toujours pour « rechercher et détruire les groupes terroristes qui s’y trouveraient encore », précise le ministère de la Défense - que le véhicule léger du soldat du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (1er RPIMa) de Bayonne a sauté sur un engin explosif. Stéphane Duval est le sixième militaire tué depuis le début de l’intervention militaire française Serval au Mali, en janvier dernier.
Hommages sur Facebook
Comme à l’accoutumée, hommages et condoléances officiels se sont enchaînés. Le président de la République, François Hollande, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, la députée des Pyrénées-Atlantiques, Colette Capdevielle, l’évêque de Bayonne, Marc Aillet. « La disparition d’un soldat du 1er RPIMa, c’est comme si la Ville, intimement liée au régiment, perdait un un fils », a souligné, mardi matin, le maire, Jean Grenet, avec « émotion et tristesse ».
Sur Facebook, une page d’hommages s’est crée quelques heures après la mort du soldat bayonnais. En quarante-huit heures, elle est consultée et abondée par plus de 300 000 personnes. Des Bayonnais anonymes attristés, des membres de la famille effondrés, des amis perdus de vue choqués, des collègues de régiment solidaires. Et aussi des Maliens reconnaissants.
Beaucoup laissent des remerciements sincères, des pensées amicales, des soutiens affectueux. Certains questionnent à nouveau l’utilité du déploiement français au Mali : « Ce pays n’a-t-il pas une armée lui aussi ? » Même le maire de Bayonne glisse, en fin d’hommage : « La France a-t-elle toujours vocation à rester l’un des gendarmes de la planète, en y laissant des vies humaines et des couples en miettes ? »
Sa petite dernière de 4 mois
« Depuis tout petit, tu voulais être militaire, “comme papy” », précise sa sœur Julie, sur Facebook, dans une sobre déclaration d’amour à son frangin, comme pour clore les débats et les débuts de polémiques. Devenir soldat, c’était une raison d’être, une nécessité pour Stéphane Duval, jusqu’à être prêt à en mourir.
Le militaire, qui venait d’être promu caporal-chef de 1re classe, laisse derrière lui une famille meurtrie à jamais. Avec sa femme Maïder et ses deux jeunes enfants - la petite dernière avait à peine 4 mois -, le militaire venait de s’installer à Urt. « Bayonne est d’autant plus meurtrie qu’il était le gendre d’un employé municipal très connu, Robert Navarron, ancien joueur et actuel entraîneur de l’Aviron Bayonnais », a souligné, mardi, Jean Grenet qui a fait mettre les drapeaux de la Ville en berne.
Son petit paradis
Après avoir passé toute son enfance et sa scolarité dans le Val-d’Oise, en région parisienne, le soldat s’est installé au Pays basque, en 2002, à 22 ans, en même temps qu’il intègre le régiment de parachutistes.
Le Pays basque, c’était donc « son petit paradis ». De cette base familiale, amicale, professionnelle, il rayonnait de mission en mission. Le Gabon en 2004, la Guyane en 2007, la Côte d’Ivoire en 2005 et 2007, l’Afghanistan en 2003 et 2010, le Burkina Faso en 2011 et 2013. Et au Mali, jusqu’à ce jour maudit du 29 avril 2013.
le maire de Bayonne rend hommage au soldat.
"Bayonne est intimement lié au 1er Régiment de parachutistes d'infanterie de marine. La perte d'un soldat du RPIMa, c'est comme perdre un enfant. Même si on sait que les forces spéciales sont toujours engagées dans des missions périlleuses, la douleur est toujours aussi grande".
linksud-ouest
La famille avait récemment emménagé à Urt, (j'ai pensé à mes amis du même régiment ..)
une commune située à 15 km de Bayonne. Le maire de Bayonne, Jean Grenet, a fait part de "son émotion et de sa tristesse". "Bayonne est d'autant plus meurtrie que Stéphane Duval était le gendre d'un employé municipal très connu, Robert Navarron, ancien joueur et entraîneur de l'Avion Bayonnais", a-t-il souligné.
Sur le réseau social "Copains d'avant", le militaire expliquait qu'il "n'échangerait (m)a vie actuelle pour rien au monde, papa de deux beaux enfants, marié, propriétaire, épanoui dans mon métier, habitant un vrai petit paradis en France et voyageant beaucoup, que demander de plus ?".
Le petit Placide se joint à la douleur de tous les Bayonnais et adresse à sa famille ses sincères condoléances et recommande STéphane à la ste Vierge.
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