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Publié le 25 Février 2013

 

 

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Je vous adresse ce message alors que toute l’Église suit avec intérêt les derniers jours du lumineux pontificat de Sa Sainteté Benoît XVI et attend la venue de son Successeur que les Cardinaux réunis en Conclave, guidés par l’action du Saint-Esprit, choisiront, après avoir scruté ensemble les signes des temps de l’Église et du monde.

 

L’appel à la prière adressé à tous les fidèles par Sa Sainteté Benoît XVI pour demander de l’accompagner au moment de la remise du ministère pétrinien entre les mains du Seigneur, et d’attendre dans la confiance la venue du nouveau Pape, se fait pressant de manière particulière envers ces membres élus de l’Église que sont les contemplatifs.

 

 

Message du card. Bertone

 Du Vatican, le 21 février 2013.

 

"A la veille de la vêture, Odilon vint de nouveau se prosterner devant l'Abbé.

 

Celui-ci pour obéir au précepte du saint patriarche Benoît, avertit notre futur novice de l'inflexibilité du joug qui va peser sur lui jusqu'au dernier jour de sa vie; il est prévenu que sa volonté aura à s'anéantir pour toujours, à s'effacer devant la règle monastique qui va s'emparer seule du postulant et le refaire, pour ainsi dire, de toutes pièces; que toute négligence, toute révolte contre cette même règle sera sévèrement punie et que son propre corps à lui-même ne comptera désormais pour rien.

 

Il va de soi que celui qui aspire à la perfection doit fouler aux pieds le monde, dépouiller le vieil homme tout entier, n'être rien, en un mot, qu'une âme nue et nouvelle qui attend tout de la grâce de Dieu. Si l'on ne peut pas prendre ce redoutable engagement, dont une lecture fréquente de la règle doit rappeler les clauses au novice, on n'est pas fait pour la vie religieuse.

 

"Je te demande donc, dit l'Abbé en terminant, je te demande donc de dire devant tous les frères ici réunis quelles pensées t'inspirent ces dures conditions?

 

- Avec la grâce de Dieu, répondit Odilon, j'ai la confiance de pouvoir obéir jusqu'à la mort.

- Que le Seigneur daigne donc parfaire en toi ce que tu promets afin que tu puisses mériter la vie éternelle."

 

Odilon, s'étant de nouveau prosterné, sortit en suite avec le maître des novices qui l'introduisit dans l'église, où, sans doute pour monter qu'il la choisissait pour son cher et unique asile, il demeura assis. ...

 

... Au moment où les litanies s'achevaient Odilon fut conduit dans le choeur. Il prit place sur un siège disposé devant l'autel et en face du tabernacle. Là, l'abbé Mayeul, au milieu du chant des psaumes et des prières liturgiques, s'avança vers le jeune novice, lui coupa les cheveux ou plutôt lui rasa la tête sur laquelle on ne réservait qu'un cercle de cheveux courts taillés en couronne; ainsi était symbolisé le servage spirituel que le seigneur de Mercoeur venait dévouer à Dieu.

 

Le seigneur Abbé chanta ensuite une troisième oraison, puis embrassa le nouveau novice qui sortit du choeur, accompagné du frère maître, pour aller revêtir le floccus ou tunique monastique et le scapulaire noir des fils de saint Benoît.

 

C'était l'habit qu'Odilon ne devait plus quitter.

 

...

 

Outre les exercices spirituels prescrits par la Règle et qu'il accomplissait avec sa ferveur habituelle, notre jeune novice se livrait avec une profonde et touchante humilité à tous les obscurs et pénibles travaux du noviciat. C'était au point que quiconque, dans la communauté tout entière, voulait vivre en vrai religieux, n'avait qu'à jeter les yeux sur lui pour y trouver un modèle de toutes les vertus. Jotsald nous le représente "allumant les lampes, balayant l'église et le cloître, et surveillant les dortoirs des enfants qu'on élevait au monastère.

...

 

Odilon fut donc pendant son noviciat un religieux dans toute l'étendue du mot, par la pauvreté et le détachement de toutes choses, par la pureté de la vie, par l'obéissance parfaite, par le goût et la fidélité à l'office divin. ... Transformé en un homme nouveau, il ne vivait plus que pour Jésus-Christ; et en même temps qu'il réduisait son corps en servitude, son âme, dont rien ne retardait l'essor, jouissait d'une paix que la terre ne donne pas.

 

Le jour de la profession approchait:"

 

Si le novice, dit saint Benoît, promet, après mûre délibération de garder la règle dans tous ses points et d'observer tout ce qui lui sera commandé, on l'agrégera alors à la communauté, étant averti qu'en vertu de la loi portée par la règle, il ne lui sera plus permis de quitter le monastère à partir de ce jour, ni de secouer le joug de cette règle, qu'après une si longue délibération, il était à même de refuser ou d'accepter."

 

Deux cérémonies devaient donc s'accomplir en même temps pour que le novice fût admis définitivement et irrévocablement dans l'Ordre: la profession et la bénédiction, et peu importait que l'on commençât par l'une ou par l'autre. La profession consistait dans les deux rites principaux indiqués par le bienheureux père saint Benoît en sa règle, savoir: l'émission des trois voeux monastiques, dont ferait foi une charte signée par le profès, puis le chant du verset Suscipe me, Domine: c'était la formule de l'engagement pris par le novice tant envers l'Ordre qu'envers Dieu. Quant à la bénédiction, elle consistait dans les prières que l'Abbé avec toute la communauté chantait pour le novice, dans la bénédiction des habits, surtout de la coule bénédictine qu'on lui lui remettait alors. Cette cérémonie signifiait son admission dans l'Ordre.  

 

 

Nous n'essaierons pas de faire une description complète de la belle cérémonie de profession religieuse telle qu'elle est empruntée aux anciens cérémonials bénédictins. Qu'il nous suffise de dire ici que la fonction liturgique est de nature à produire une grande impression sur une âme religieuse; c'est un résumé des engagements que prend le novice au moment de se lier par des voeux perpétuels; elle rappelle les devoirs qu'il aura à remplir désormais et les promesses que Dieu lui fait en retour.

 

La majesté de ces rites, le chant grave et solennel qui achève de leur donner toute leur expression, les paroles inspirées de la liturgie qui célèbrent en un langage si noble et si grand les beautés de la vie monastique, l'église, qui déploie ses pompes les plus magnifiques, les parfums de l'encens, les splendeurs des cierges, les chants des noces éternelles, la joie dont rayonnent tous les fronts, toutes les magnificences du culte, toutes celles de la prière, quels doux et purs enivrements pour le coeur du nouveau profès qui vient dire adieu à la terre pour prendre possession du ciel et vivre de la vie des anges!


 

 C'est un drame vivant, un dialogue entre l'âme et Dieu pour aboutir à ce contrat où l'on stipule des plus grandes choses qui soient au monde, la liberté humaine et le droit à jouir des biens de la terre en échange de la promesse des biens éternels.

 

Amené au choeur pour l'offfertoire de la messe, il s'avance au pied de l'autel, et il lit à haute voix l'acte par lequel il se donne tout entier à Dieu; il pose cet acte, écrit et signé de sa main, sur l'autel.

 

Alors, dépouillé lui-même et n'ayant plus rien à donner à Dieu, il chante par trois fois le verset et le psaume que S. Benoît a choisi pour le mettre, en cette circonstance solennelle, sur les lèvres de ses enfants;"

 

Recevez-moi, Seigneur, selon votre parole, et je vivrai; ne permettez pas que je sois confondu dans mon attente." (Ps. CXVIII, V. 116)

 

Unie de coeur au nouveau frère et dans un saint enthousiasme, la communauté entière des moines répète trois fois cet intime élan, cette ardente aspiration de l'âme et il termine par le cri:" Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit."

 

....

 

Cependant, abîmé en Dieu dans un sentiment d'humilité profonde, de joies sans bornes et d'intime contemplation, l'élu, par un mouvement prompt et plein de dignité austère, a incliné la tête, croisé les bras sur sa poitrine comme pour comprimer les élans, et s'est jeté la face contre terre, étendu et anéanti sur le sol.

 

 

Le chant de gloire terminé, Odilon se relève rayonnant, dépose l'habit de novice et revêt celui de profès, solennellement bénit par l'Abbé.

 

Cet habit est principalement la "coule bénédictine qui sera pour lui désormais l'insigne de sa profession comme de son rang dans la milice du Christ Roi.

 

Dès lors tout est consommé.


 

Ecce quam bonum! ... Oh qu'il est bon et qu'il est doux à des frères d'habiter ensemble . !

 

 


 

vie de St Odilon

abbé Jardet.

 

encore .. Merci !


"Dieu existe, j'ai pu le voir. Oui ce Jésus n'est pas simplement un Jésus historique, Il est le Jésus qui vient au coeur de chacune de nos vies..."

 

mgr  Alain Castet.

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 25 Février 2013

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"soli Deo placere desiderans"

 

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"Il faut l'humilité de l'homme pour répondre à l'humilité de Dieu."

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Rédigé par philippe

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Publié le 24 Février 2013

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Rien n'est simple comme l'oeuvre de Saint Benoît; mais cette simplicité est celle de l'Evangile, qui répond à l'intelligence de chacun comme elle va au coeur de tous.

 

Aplanir la voie des conseils évangéliques, à force de mesure et de discrétion, voilà son but, ainsi que le disait l'une de ses interprètes les mieux inspirée, sainte Hildegarde, discretam et planam viam fecit.

 

Aussi n'est-ce pas aux parfaits qu'il s'adresse, mais à ceux qui aspirent à le devenir. Ce qu'il veut établir tout simplement, c'est une école où l'on apprendra à mieux servir le Seigneur, Dominici schola servitii, et dans laquelle il n'entrera rien d'âpre, nihil asperum, ni de trop pénible pour la faiblesse humaine, nihil grave.

 

 

Oui, c'est avec aisance et en toute liberté, doucement et sans crainte, que son disciple suivra la route tracée par l'Evangile et arrivera à la perfection, ne la cherchant ni trop haut, ni trop bas, nec nimis in altum, nec nimis in profundum, mais se laissant aller au souffle de la grâce qui le conduira, selon sa voie, au terme qu'il doit atteindre.

 

...

 

Dans cette législation des âmes appelées à la vie parfaite, dans ce chef-d'oeuvre de prudence et de discrétion, comme s'exprime saint Grégoire-le-grand, discretione praecipuam, il y a sans doute la haute lucidité d'un regard éclairé par la foi; mais l'on y retrouve aussi, si je ne me trompe, quelque trait de ces patriciens de l'ancienne Rome qui ont conquis le monde par la sagesse plus encore que par la force, qui ont su le gouverner après l'avoir conquis, et qui, par là, ont préparé, à leur insu, le règne universel du Christ.

 

Or la vie monastique est l'antithèse parfaite de la vie mondaine.

A la concupiscence de la chair elle oppose le voeu de chasteté;

à la convoitise des yeux, le voeu de pauvreté;

à l'orgueil de la vie, le voeu d'obéissance.

 

...

 

Mais ce détachement parfait des choses d'ici-bas et cette consécration totale de l'être humain à Dieu ne se conçoivent guère sans l'éloignement du monde.

 

Voilà pourquoi le cloître est le deuxième élément de l'ordre monastique.

"L'atelier où nous manions les instruments de l'art spirituel, disaint saint Benoît, c'est le cloître de nos monastères, " officina vero claustra sunt monasterii...

 

Le cloître!

 

A ces mots, les préjugés s'éveillent, la faiblesse humaine recule. Et cependant, qu'est-ce que la vie du cloître, sinon la vie de famille dans ce qu'elle a de plus intime et de plus élevé?

Là, sous l'autorité d'un père à qui la grâce a donné des tendresses et des sollicitudes sans pareilles, la charité fraternelle s'exerce dans toute sa plénitude.

 

Là, le fort soutient le faible, le grand se rapproche du petit; ou plutôt, il n'y a ni fort ni faible, ni grand ni petit: tous ne sont qu'un en Jésus-Christ.

 

O Famille monastique, vrai idéal et type surnaturel de la famille humaine! C'est à ton école, et par tes exemples répétés en tous lieux, que le monde chrétien a appris l'obéissance et la discipline, qu'il s'est façonné à l'esprit de communauté, à tout ce qui resserre et fortifie les liens de la société domestique ou civile.

 

O lieux solitaires, s'écriait St Jérôme, où les vertus chrétiennes fleurissent dans un printemps perpétuel! O desertum Christi floribus vernans! O cloîtres bénis, où se forment les pierres précieuses dont est construite la cité du grand Roi! O solitudo, in qua illi nascuntur lapides, de quibus civitas magni regis extruitur !

 

O retraites sacrées, où Dieu se communique davantage aux âmes et converse avec elles plus familièrement ! O eremus familiarus Deo gaudens.

 

 

Le monde s'imagine que le deuil et la tristesse règnent derrière vos grilles et vos murs; non, c'est la joie, c'est l'allégresse spirituelle qui remplit vos demeures, comme elle éclate dans vos hymnes et dans vos cantiques de louanges,

 

Exultabit solitudo laetabunda et laudans.

 

 

Mgr Freppel

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Rédigé par philippe

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Publié le 21 Février 2013

 

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Dans la dernière lettre aux amis de Fontgombault le père Abbé recommande :

 

 

"Il me faut aborder un sujet délicat, celui de l'utilisation des moyens de communication électronique avec le monastère.

 

C'est un sujet important dans la mesure où il touche à la garde du silence intérieur, condition indispensable de la recherche de Dieu. Ces moyens facilitent les communications avec le Père hôtelier et c'est bien. Mais ils peuvent aussi être utilisés pour transmettre au monastère des documents divers, telle ou telle nouvelle, des intentions de prière, voire des courriers personnels ou de direction, des photos ...

 

Souvent ces documents nous arrivent de divers endroits.

 

Je vous serais vraiment gré d'interrompre ces envois et de nous exclure de vos listes d'envois en groupe. J'ai demandé aux moines de ne pas utiliser les mails pour les questions personnelles, sauf exception, ou pour la direction au risque de tomber dans un bavardage qui n'est profitable ni au dirigé, ni au directeur.

 

Saint Grégoire dit de saint Benoît qu'il a quitté le monde 'scienter nescius et sapienter indoctus, savamment ignorant et sagement inculte".

 

Il est une sainte ignorance que doivent cultiver et faire respecter les moines afin d'espérer prétendre à la science de Dieu et être ainsi vraiment moines.

 

Je vous remercie au nom de tous de l'attention que vous porterez à cette demande.

 

+ dom Jean Pateau

abbé de Notre-Dame de Fontgombault.

2 Février 2013.


 

 


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Rédigé par philippe

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Publié le 18 Février 2013

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copyright: "Crédit photo : APRH", 

 

 

 

 


 

A la mi-août 2012, Tristan de Genouillac rentrait dans les ordres à l’Abbaye Notre Dame de Fontgombault, dans l’Indre.

 

A 25 ans et après deux années passées aux côtés du crack Ready Cash, le lad de confession catholique répondait à l’appel du Seigneur.

 

Son désir de se rapprocher de Dieu l’avait emporté sur sa passion du cheval.

 

Quelques jours avant de quitter la Ferté-Frênel et passer le relais à David Javelle, le jeune homme confiait à Trot Infos (no 215, Septembre/Octobre, p. 10-15) que son choix était mûrement réfléchi et qu’il assumait à 100% sa nouvelle vie. Lié à l’ascension de Ready Cash, Tristan avouait qu’il n’était pas impossible qu’un dernier dimanche de janvier, de sa retraite au bord de la Creuse, il ait une pensée pour celui qu’il avait aidé à remporter deux Prix d’Amérique.

  ...

Curieux destin que celui de Tristan de Genouillac qui, après avoir voué sa vie à des trotteurs d’exception, a décidé d’épouser la vie monastique.

 

 

link turfcom

 

merci de ce respect et de cette sympathie  témoignés  envers frère Tristan et envers l'abbaye de Fontgombault.. Bien de nos modernos n'en n'auraient pas fait autant. Rien que le titre ils n'auraient pas su trouver!!!   félicitations pour ce bel article et merci pour nos échanges. . très content  bonne continuation !

moi aussi son histoire m'a retourné, et votre article arrive, comme une  conclusion de mes articles précédents,  magnifique

merci frère Tristan, mes prières et ma persévérance,  pour vous tous les jours..tout cela a été pour moi un signe évident du père Henry qu'il me fallait continuer jusqu'au bout. Jamais je n'ai été aussi certain de mon choix. !mes prières pour Samuel.

  Philippe


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Rédigé par Samuel Marchesseau

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Publié le 17 Février 2013

 

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Il nous reste à prendre une leçon auprès des convertis.

 

Ils font plus que réconforter notre foi, puisqu'ils nous donnent une conscience plus vive de son caractère personnel et totalitaire.

 

Croire, c'est s'engager vis-à-vis d'une Personne qui demande tout parce qu'elle est tout:" C'est tout entier, dit saint Augustin, que celui qui t'a fait t'exige." Plus et mieux que les catholiques de naissance, les convertis se révèlent " des pèlerins de l'Absolu', sentant parfois jusqu'au pathétique les exigences de la vie chrétienne.

 

Après qu'il eut fait sa première communion, Psichari écrit:

 

"Je sens que je donnerai à Dieu tout ce qu'il me demandera". Et il se serait donné lui-même dans la vie dominicaine si la guerre ne l'avait tué. Léon Bloy devient à sa façon un vigoureux apôtre: Claudel, Maritain, Ghéon se servent de la plume pour le bien; Newman a déclanché un mouvement vers Rome qui se chiffre annuellement à 8000 conversions....

 

Il est permis de conclure que les convertis prennent généralement plus au sérieux que nous, leur foi et leur Dieu.

 

Les luttes livrées par les convertis débouchent sur la joie et la paix.

 

En orientant leurs forces sur l'unique nécessaire, ils se sont unifiés, grandis et épanouis. L'insatisfaction résulte toujours d'une vie divisée entre la terre et le ciel, car à vouloir tout prendre, on manque tout.

 

Saint Bernard plaint les chrétiens écartelés à deux mondes, qui ne possèdent pas assez l'Incréé pour en jouir ni assez le créé pour s'en contenter. Unifiés en Dieu, au contraire, les convertis célèbren,t leur liberté d'âme et leur puissance d'action. " J'allais, s'écriait Psichari, vers la joie, vers la santé... et je pleurais de bonheur, d'amour et de reconnaissance."

 

Lorsqu'il se fixa en Dieu, Pascal se montre encore plus exubérant:" Joie, joie, joie, pleurs de joie".

 

Quand tout l'être et toute son activité gravitent autour du Dieu qui remplit l'âme, c'est, avec l'unité, la paix " quae exsuperat omnem sensum" .

 

Henri-Marie BRADET O.P.

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Rédigé par philippe

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Publié le 17 Février 2013

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Comment les convertis sont-ils amenés au désir d'une vie où l'appétit de Dieu domine, et par suite, à l'acceptation des renoncements nécessaires?

 

 

Il est de foi que Dieu seul prend l'initiative d'une conversion et que toutes les tentatives pour le bien sont l'oeuvre de sa grâce. Mais celle-ci, comme toutes les activités divines, est fort discrète et n'arrive aux humains qu'enveloppés dans les évènements et les circonstances souvent les plus ordinaires.

 

Qu'importe les moyens que Dieu emploie, puisqu'entre ses mains ils sont tous efficaces! L'amabilité du Seigneur attire saint Augustin: le titre de chevalier du Christ séduit saint Ignace de Loyola; la pauvreté de Jésus apparait à saint François d'Assise comme la seule épouse digne de lui; la justice divine impressionne fortement l'abbé de Rançé.

 

Sur d'autres, comme le père Graty, François Coppée, Léopold Levaux, l'enigme de la destinée, de la souffrance et de la mort opère plus efficacement que les attributs divins. Dans le désir louable de contenter un besoin de beauté et de vérité, Huymans, Papini, Dumesnil, Bourget, Brunetière entrent dans le catholicisme. Saint Justin frappe à la porte de diverses écoles philosophiques de son temps, jusqu'au jour où un vieillard lui apprit que Dieu avait parlé et que son enseignement était contenu dans l'Ecriture. Newman étudie douze ans pour découvrir si l'Eglise de Rome est l'Eglise de Jésus-Christ.

 

Le péché, lui aussi, devient parfois l'instrument de la grâce et ne cesse de justifier l'Eglise qui l'appelle dans sa liturgie du samedi-saint: "O felix culpa!" Jadis, il nous a valu un Rédempteur; aujourd'hui, il nous amène des âmes.

 

L'infâme Vie de Jésus de Renan conduit au Christ Elisabeth Leseur et Paul Claudel. Me Mink-Julien déclare que le spiritisme fut pour elle l'occasion de la foi. Joergensen écrit: " C'est une conclusion de darwiniste qui m'a fait adopter la vérité du Christianisme. Le théâtre corrompu déclenche chez Eve Lavallière la nostalgie de quelque chose de mieux. Dégouté du vice et épris de grandeur morale, Ernest Psichari se tourne vers son Dieu.

 

Le plus souvent, pourrait-on dire, c'est par ce désir de propreté morale ou d'écoeurement du péché que la grâce s'insinue et fait irruption dans l'âme des pécheurs.

 


Admirable discrétion de la grâce que Huymans appelle "quelque chose d'analogue à la digestion d'un estomac qui travaille sans qu'on le sente."

 

Dieu sait s'adapter à chaque tempérament, s'insérant pour ainsi dire en ce qu'il y a de meilleur en lui, de sorte que sa grâce réussit là où toutes les autres forces échouent.

 

Dans l'histoire des conversions, plus que partout ailleurs, Dieu nous enseigne que s'il a besoin de rien, il peut cependant tout utiliser pour ses desseins.

 

Un dominicain anglais, Robert Bracy, élevé dans la haine du catholicisme, se convertit en écoutant un prédicateur, qui, dit-il "pataugea lamentablement. Cependant, ce fut pendant ce sermon que la foi me vint.

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Rédigé par Henrie marie Bradet O.P.

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Publié le 17 Février 2013

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Avant d'en venir à cette simplification supérieur de son être, le convertit doit lutter.

 

Comme on le pense bien, les tendances diverses contraires et même contradictoires de la nature humaine ne se laissent pas facilement réduire à l'unité: à l'amour et à la pensée uniques. L'entreprise se compare justement à cette espèce particulière du drame, qui se nomme tragédie.

 

En effet, l'homme désaxé, multiple, "monstre et chaos", comme dit Pascal, "écartelé, non pas à deux chevaux comme dans les temps horribles", selon Lamennais, ne peut se rendre à "l'unique nécessaire", qu'à travers de durs combats et après une victoire coûteuse.

 

Car, s'il y a d'une part tous les biens que la foi met en relief, il y a par contre les cris d'agonie des passions, "me tirant, disait S. Augustin, par ma robe de chair", les préjugés, l'orgueil, le respect humain, les parents, les amis et toutes ces habitudes qui font la nécessité.

 

Le même saint décrit ainsi son conflit intérieur:" Cette volonté nouvelle qui se levait en moi de vous servir sans intérêt, de jouir de vous, ô mon Dieu, seule vraie joie, cette volonté était encore trop faible pour vaincre l'autre enracinée par l'habitude.

 

Ainsi deux volontés, l'une ancienne, l'autre nouvelle, l'une charnelle, l'autre spirituelle, étaient aux prises, et dans cette lutte mon âme se dissolvait".....

 

Le caractère essentiel de la conversion est bien marqué: un dualisme dans lequel des puissances contraires se font la guerre.

 

"Le converti, écrit le père Mainage, n'est pas seul sur le chemin qui le conduit à la vie catholique. Il est deux. Il se sent deux". Il suffit de songer aux deux hommes qui se partageaient saint Paul, aux deux volontés qui tiraillaient saint Augustin ou tout simplement aux deux pièces disparates et constitutives de tout homme: la chair et l'esprit.

 


 

L'idée d'un duel, qui se passerait dans les profondeurs de l'âme, caractérise assez bien le travail préliminaire à la conversion. Il faut choisir entre Dieu et soi-même, mais d'un côté comme de l'autre, les exigences sont totalitaires.

 

Certains convertis en ressentirent parfois la sensation presque physique: saint Paul "regimbe contre l'aiguillon", saint Augustin pleure à la pensée de quitter pour jamais "ces bagatelles de bagatelles, ces vanités de vanités, ses anciennes amies". Jacques Rivière est tellement terrassé qu'il écrit à Claudel: " J'aime mieux souffrir que de consentir à une domination, cette domination ne dût-elle durer qu'un instant et me donner l'éternelle béatitude".

De son côté, Claudel avoue :" La pensée d'annoncer à tous ma conviction, de dire à mes parents que je voulais faire maigre le vendredi, de me proclamer moi-même un de ces catholiques tant raillés, me donnait des sueurs froides". Eve Lavallière dira à ses amies: "Une conversion, c'est dur les premiers mois et les premières années. On ne passe pas un moment des ténèbres à la lumière. Il y a des hésitations, des doutes, du clair obscur". Le socialiste Retté, le juif Cohen, le luthérien Hecker, le Père Liberman et tant d'autres nous ont laissé des récits émouvants de leur ascension vers Dieu.

 

Jacod lutta contre un ange; les convertis luttèrent contre Dieu avant de faire leur soumission.

" Dure nuit! le combat spirituel est aussi brutal qu'une bataille d'hommes", écrivait Arthur Rimbaud.

 

Il ne faudrait toutefois pas réserver ces luttes, pas plus que l'unité pacifiante qui en résulte, au seul passage de l'incroyance à la foi ou de l'état de péché mortel à l'état de grâce.  C'est là le saut du mal au bien, généralement appelé première conversion.

 

A celle-ci peut et doit s'en ajouter souvent une seconde, qui consiste à passer du bien au mieux, d'une vie tiède à une vie fervente, de la médiocrité à la perfection. C'est en ce sens que Sainte Thérèse d'Avila et le bienheureux Henri Suso parlent de leur conversion. Le même état d'âme est visé quand Jésus dit à saint Pierre:" Et toi, une fois converti, affermis tes frères".

 

Qu'il s'agisse d'une première ou d'une deuxième conversion, des combats analogues doivent acheter l'orientation vers Dieu des pensées et des affections. Sans doute, le travail sera plus ardu si le converti doit tourner vers son Créateur une âme qui en est absolument détournée: la route sera plus pénible et les liens cèderont moins facilement. Cependant, pour quitter une générosité intermittente et partielle et embrasser une attitude stable et totale, la grande Thérèse dut se débattre longtemps.

 

"Je voudrais, dit-elle, pouvoir donner l'idée de la captivité où gémissait alors mon âme. Je voyais bien qu'elle était captive, mais je ne savais en quoi... Ma conscience me disait que je ne donnais pas à Dieu ce qu'exigeaient tant de bienfaits reçus... Je cherchais un remède, je prenais des moyens... Je désirais vivre, car je le sentais, ce n'était pas vivre que de se débattre ainsi contre une espèce de mort..."

 

Henri Suso connut aussi le dur labeur de l'homme qui se rend entièrement à Dieu.

 

Il lui a fallu, comme à tous les saints, passer au crible son humeur, sa conduite quotidienne, sa vanité, et ne sauver de son passé que ce qui lui semblait noble et pur, saint et agréable au Maître.

 

 


 



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Rédigé par Henrie marie Bradet O.P.

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Publié le 17 Février 2013

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On parle plus volontiers et non sans raison de la nécessité de se convertir, des moyens et du besoin de la grâce que de l'explication psychologique de la conversion. Le converti et le convertisseur, trop heureux d'un changement ou d'une conquête, s'abandonnent sur le fait accompli.

 

D'ailleurs, ne peut-on pas convertir et se convertir, tout comme on peut vivre et marcher sans aucune théorie. A vouloir expliquer une activité ne risque-t-on pas d'en troubler le mécanisme?  Témoin ce mille-pattes qui vécut heureux jusqu'au jour où un crapaud lui demanda dans quel ordre il mouvait ses innombrables pattes. A cette question, le pauvre insecte fut si troublé qu'il resta hébété dans le fossé, à se demander comment faire dorénavant pour courir.

 

S'il est vrai que le travail de conversion s'opère sans s'embarasser de définitions, il existe néanmoins une chose qui s'appelle l'honnêteté intellectuelle. On ne peut être en règle avec celle-ci, qu'à la condition de se poser certaines questions et d'y répondre loyalement. Tant qu'il y aura des êtres qui pensent, un "pourquoi" et un "comment" séduiront plus fortement qu'un signe de piastre.

 

Quelle réalité, plus que la conversion, mérite nos réflexions?


On n'exagère rien en disant que la rénovation du monde en dépend, puisque la réforme des individus doit procéder et rendre possible celle des peuples.

 

A convertir, des milliers d'apôtres sont voués par vocation; à se convertir, chacun est obligé, sous peine de damnation: " Si vous ne vous convertissez pas.. vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux", disait le Maître.

 

 

En fait, nombreux sont les penseurs qui, à la suite de l'Ecriture, ont tenté d'expliquer la nature de la conversion. Plus nombreux encore sont les convertis, qui ont analysé et liivré au public leur expérience, tellement que la littérature du vingtième siècle s'est enrichie d'une section spéciale qu'on peut appeler "la littérature des convertis".

 

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" en enfants nouveau-nés"

 

Pour la meilleure réponse à la question: Qu'est-ce que la conversion? c'est cette "nuée de témoins' qu'il nous faut interroger.

 

La sainte Ecriture désigne la conversion par des expressions aussi imagées que variées.

 

Tantôt, elle la représente comme un renouvellement de l'esprit et tantôt comme une vie nouvelle. Saint Paul parle de "nouvelle créature", "créés dans le Christ Jésus". GaL., VI, 15; Eph., II,10; Saint Jean s'exprime en termes de naissance:" nés de Dieu" et "renés non d'une semence corruptible mais incorruptible". Jean I,13; Sous des mots divers, naissance, nouveauté de vie, création, on reconnait facilement l'idée d'un changement profond réalisé dans l'âme et ses facultés par une puissance surnaturelle.

 

Après réflexion sur le donné révélé, saint Thomas d'Aquin définit la conversion: le passage de l'état de péché à l'état de justice ou de grâce. Il s'agirait d'une transformation intérieure, destructrice du péché, comme l'arrivée de la chaleur dans un objet en chasse nécessairement le froid".

 

Il va de soi qu'un tel retournement de l'âme vers Dieu, dû aux mystérieuses influcences de la grâce présuppose un détournement.

 

En effet, se convertir n'est pas autre chose de se détourner du créé pour se tourner vers l'incréé; se détacher de certains biens inférieurs pour s'attacher à d'autres biens supérieurs: dire "non" à la terre pour pouvoir dire "oui" au ciel.

 

Considéré d'un point de vue psychologique, le langage de l'Ecriture et de la théologie exprime donc l'idée d'un passage, c'est-à-dire d'un dégagement du terrestre pour un engagement vis-àvis du céleste.

 

Se convertit qui s'oublie soi-même et les idoles chères à ses instincts pour s'attacher à la vérité, au devoir, à Dieu.

 

Que la conversion soit le passage de la multiplicité à l'unité, des soins multiples au souci unique, les témoignages des convertis le crient hautement. Partout et toujours, on sent que les convertis eurent à lutter pour centrer leur vie, pour fixer sur "l'unique nécessaire" un coeur et un esprit jusque-là amalgamés à toutes les bagatelles. Comme l'écrit Fortunat Strowski, tous accomplirent "un puissant effort qui absorbe, qui concentre tout l'être humain dans une pensée unique, d'où tout le reste désormais dépendra".  

 

Quand ils parlent du temps antérieur à leur conversion, les convertis le décrivent génralement comme une période d'éparpillement, de dissipation, d'intérêts futiles et nombreux. Ils déclarent avoir erré pendant tout ce temps hors de l'unique voie, battu de nombreux sentiers et bu à toutes les sources. Au terme de la crise qui les jette en Dieu, les convertis ne parlent plus qu'en termes d'unité: un être, un but, un amour, une pensée uniques.

 

Dans la nuit terrible qui le rapproche de son Seigneur, Pascal prend la résolution suivante:" Oubli du monde et de tout, hormis Dieu."

Le comte Schouvaloff, devenu religieux barnabite, écrit de lui-même :" Du jour de ma conversion, l'idée de l'infini, de la perfection de Dieu ne m'a plus quitté".

 

Une fois convertie, Angèle de Foligno n'a plus qu'une passion :

 

" Tout ce que je fais, dit-elle à Dieu, je le fais pour vous trouver. Vous trouverai-je?

- Que veux-tu?

Ni or, ni argent, ni le monde entier: Vous seul".

 

Paul Claudel voit toute sa vie fixée sur Dieu grâce à cette simple intuition qui le transforme:" Dieu existe, il est là, il est quelqu'un, c'est un être aussi personnel que moi".

 

En toutes ces affirmations dont la sincérité ne peut être mise en doute, rien n'est plus évident que la "pensée unique, d'où tout le reste désormais dépendra".

 


 


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Rédigé par Henrie marie Bradet O.P.

Publié dans #spiritualité

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Publié le 13 Février 2013

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CHEMIN DE CROIX : DOM MARMIOM

 

La Passion constitue le "saint des saints" des mystères de Jésus. Elle est le couronnement de sa vie publique, le sommet de sa mission ici-bas, l'oeuvre vers laquelle toutes les autres convergent ou à laquelle elles puisent leur valeur.

 

Chaque année, durant la semaine sainte, l'Église en commémore, en détail, les diverses phases; chaque jour, au sacrifice de la messe, elle en renouvelle le souvenir et la réalité pour nous en appliquer les fruits.

A cet acte central de la liturgie se rattache une pratique de piété qui, sans appartenir au culte public officiel, organisé par l'Épouse du Christ, est devenue, à cause de l'abondance des grâces dont elle est la source, très chère aux âmes fidèles. C'est la dévotion à la Passion de Jésus sous la forme très connue du "chemin de la croix". (*)

 

La préparation immédiate que le Sauveur a faite à son oblation de pontife sur le calvaire fut de porter sa croix, du prétoire au Golgotha, accablé sous les souffrances et les opprobres.

 

La Vierge Marie et les premiers chrétiens ont dû plus d'une fois, dans la suite, refaire pieusement cet itinéraire, en arrosant de leurs larmes les endroits sanctifiés par les douleurs de l'Homme-Dieu.

 

Vous savez aussi avec quel élan et quelle ferveur les fidèles d'Occident entreprenaient au moyen âge le long et pénible pèlerinage des Lieux Saints afin d'y vénérer les traces sanglantes du Sauveur: leur piété s'alimentait à une source féconde de grâces sans prix. Rentrés dans leurs pays, ils avaient à coeur de conserver le souvenir des jours passés à Jérusalem dans la prière. On en vint, surtout à partir du XVe siècle, à reproduire un peu partout les sanctuaires et les "stations" de la ville sainte. La piété des fidèles trouvait ainsi à se satisfaire par un pèlerinage spirituel renouvelé à volonté. Dans la suite, à une époque relativement récente, l'Église a enrichi cette pratique de nombreuses indulgences.

 

Cette contemplation des souffrances de Jésus est très féconde. Je suis convaincu qu'en dehors des sacrements et des actes de la liturgie, il n'y a pas de pratique plus utile pour nos âmes que le chemin de la croix fait avec dévotion. Son efficacité surnaturelle est souveraine.

 

 

...

 

 

"Mais la croix que Dieu lui-même met sur nos épaules en la taillant à notre mesure, la croix lourde et longue de notre vie - ne peut-on pas identifier la croix et notre vie -, c'est bien celle-là qui est l'expiation véritable, parce que installée au coeur même du problème, dans la trame que nous avons à tisser chaque jour."

 

...

 

 

"Tout semble résumé dans la devise du monastère : Fons Amoris, « Fontaine d’Amour ».


En choisissant, en l’absence de tout document ancien, ces deux mots, extraits de la séquence Stabat Mater chantée lors de la fête de Notre-Dame des sept douleurs, le Père Abbé Édouard, premier abbé de Fontgombault après la restauration de l’abbaye par Solesmes en 1948, prenait acte de cette protection particulière de Marie, de Marie médiatrice, sur notre maison.

 

Marie est ici la source où venir boire l'eau vive : Fons Amoris.


Boire à la fontaine, c’est se laisser transformer, purifier, par la fontaine, à l’image de la Samaritaine. Au puits de Jacob, cette bonne fille voulait offrir à Jésus de l’eau à boire.


Comme elle, en entrant dans la vie monastique, en faisant profession, et bien des années encore après, nous voudrions avoir beaucoup à offrir à Jésus.

 

Jésus même vient souvent à nous comme il l’a fait avec la femme de Samarie et nous demande à boire."

 

Il faut reconnaître Dieu sous les traits de l’assoiffé. Il a soif que nous lui demandions à boire. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin. » (Jn 4, 34) De fait, Jésus dira à la Samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: “Donne-moi à boire”, c'est toi qui l'aurais prié et il t'aurait donné de l'eau vive » (Jn 4, 10). Jésus lui proposera une eau puisée à une source qui ne tarit jamais : « qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4, 14).


Déjà le livre d’Isaïe annonçait au peuple élu, à toute âme, la promesse de cette eau vive : « Ainsi parle Yahvé : “Voici que je fais couler vers elle la prospérité comme un fleuve, et comme un torrent débordant, l’opulence des nations. Vous serez allaités, on vous portera sur la hanche, on vous caressera en vous tenant sur les genoux. Comme celui que sa mère console, moi aussi, je vous consolerai, à Jérusalem vous serez consolés” » (Isaïe 66, 12-13).


Cette promesse concerne chacun d’entre nous. Pour aller boire à la source, nous devons suivre l’exemple de Bernadette.

 

Il faut gravir la montagne de notre misère, de notre faiblesse, de nos pauvretés. Il faut gratter. Déjà, l’eau ruisselle et ce filet veut devenir un grand fleuve. Bien des moyens s’offrent à nous dans le concret de nos vies.

 

...

 

Le monde n’a guère changé depuis Bernadette : gratter la terre de sa misère afin de laisser couler l’eau de la fontaine d’Amour demeure folie à ses yeux.

 

Dans la vie de pénitence, de renoncement et de prière que vous propose le monastère, vous porterez le poids d’une autre folie, celle du monde, l’oubli de Dieu.

 

 TRP dom Jean Pateau

profession monastique 11  fev. 2013

 

....


 


Chers frères et soeurs, regardons le Christ transpercé sur la Croix!

 

Il est la révélation la plus bouleversante de l'amour de Dieu, un amour dans lequel eros et agapè, loin de s'opposer, s'illuminent mutuellement. Sur la Croix c'est Dieu lui-même qui mendie l'amour de sa créature: Il a soif de l'amour de chacun de nous. L'apôtre Thomas reconnut Jésus comme "Seigneur et Dieu" quand il mit la main sur la blessure de son flanc. Il n'est pas surprenant que, à travers les saints, beaucoup aient trouvé dans le coeur de Jésus l'expression la plus émouvante de ce mystère de l'amour. On pourrait précisément dire que la révélation de l'eros de Dieu envers l'homme est, en réalité, l'expression suprême de son agapè. En vérité, seul l'amour dans lequel s'unissent le don désintéressé de soi et le désir passionné de réciprocité, donne une ivresse qui rend légers les sacrifices les plus lourds. Jésus a dit: "Quand je serai élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes" (Jn 12, 32).

 

La réponse que le Seigneur désire ardemment de notre part est avant tout d'accueillir son amour et de se laisser attirer par lui. Accepter son amour, cependant, ne suffit pas. Il s'agit de répondre à un tel amour pour ensuite s'engager à le communiquer aux autres: le Christ "m'attire à lui" pour s'unir à moi, pour que j'apprenne à aimer mes frères du même amour.

 

Benoît XVI

 

 

 


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Rédigé par philippe

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