Publié le 13 Mars 2010
Publié le 13 Mars 2010

Saint Augustin en commentant ce passage:
On peut aussi voir dans ce miracle une préfiguration et comme une préparation du miracle plus grand encore, par lequel Jésus a voulu nourrir ses disciples du pain du ciel en leur donnant son corps à manger et son sang à boire; miracle qui est le complément de tous les autres, puisque le but de la mission du Sauveur étant de rendre à l'homme la vie divine perdue par sa faute, et la vie se réparant par la nourriture, c'est avec cet aliment divin qu'il a restauré et comme recréé l'humanité régénérée par le baptême, en la faisant participer de nouveau par l'eucharistie à la vie du ciel. Il y a même des circonstances semblables dans l'accomplissement des deux miracles.
Jésus commence des deux côtés par rendre grâces et par bénir le pain; puis il le multiplie de part et d'autre par sa puissance, partageant le pain matériel au peuple dans le désert, et le pain céleste dans le cénacle à ses apôtres, auxquels il transmet le pouvoir de multiplier à leur tour ce pain du ciel, qui est son corps, d'une manière indéfinie pour la nourriture et la vivification des âmes.
En vérité, je vous le dis, celui qui mangera ma chair et qui boira mon sang, aura la vie en lui. (Jean VI,35)
La foi du peuple en Jésus-Christ est excitée par le miracle dont il vient d'être témoin. Ils le reconnaissent pour le prophète qui doit venir dans le monde, et ils veulent l'enlever pour le faire roi.
D'autre part, la sainte Eucharistie est la source la plus vive de la foi au Fils de Dieu, au Verbe incarné, au Dieu fait homme, et l'âme, qui s'en nourrit souvent, adore Jésus-Chrst comme son Dieu et le proclame le roi du ciel et de la terre. Le miracle de Cana, le premier que Jésus ait opéré, était déjà un symbole frappant du miracle eucharistique, duquel même il s'approchait davantage; car là aussi il y a eu transsubstantiation, ou changement de la substance de l'eau en celle du vin, comme dans l'Eucharistie la substance du vin est changée en celle du sang du Christ, tandis qu'au désert la substance du pain n'a point été changée mais seulement multipliée..
Mr l'abbé Bautin.
Publié le 13 Mars 2010
Publié le 13 Mars 2010
Publié le 13 Mars 2010

Inquirentes Dominum non deficient omni bono.
Ceux qui cherchent le Seigneur ne manqueront
d'
aucun bien.
PS XXXIII.11
Sequebatur eum multitudo magna, quia videbant signa quae faciebat super qui infirmatur.
Une grande foule de peuple le suivait, parce qu'ils voyaient les miracles qu'il faisait
sur les malades. Joan VI,2
Pourquoi, au milieu du deuil quadragésinal où retentit toujours à nos oreilles cette voix lugubre du Seigneur:" Convertissez-vous à moi de tout votre coeur, dans les jeûnes, dans les larmes et dans les gémissements, "Joel. II,12, l'Eglise nous appelle-t-elle plus maintenant, non plus à la douleur, mais à la joie?
La cause en est, mes frères, que l'Eglise se persuade que beaucoup de ses enfants ont profité de ce saint temps pour revenir à des sentiments meilleurs, et pour sortir de la mort du péché. Ceux-là seulement, elle commence à les soutenir par la confiance, elle les excite à espérer le pardon, et à se réjouir spirituellement de leur résurrection.
"Il fallait faire festin et nous réjouir, parce que votre frère était mort, et qu'il est ressuscité; il était perdu, et il est retrouvé." Luc XV, 32
Ceux qui suivent le Seigneur.
(après les intempéries... )
La principale différence entre les justes et les méchants, c'est que les justes, surtout ceux qui aspirent à la perfection, n'ont qu'une seule préoccupation sur laquelle se concentrent tous leurs efforts, toute leur énergie : c'est de servir Dieu, et de veiller au salut de leur âme ;
c'est là le seul objet de tous leurs vœux, au point qu'ils se feraient scrupule de demander la moindre chose relative au bien-être ou à la santé du corps, qu'ils regardent avec le dernier mépris.
Les méchants, au contraire, « ceux qui donnent leurs noms à leurs domaines, » ps. XLVIII,12 les citoyens endurcis de Babylone, s'occupent uniquement de leur corps, comme s'ils n'avaient ni âme, ni foi, ni espérance en la vie future.
Pour eux, le souverain bien, c'est la prospérité de ce corps, son bien-être, ses plaisirs; c'est à lui qu'ils rapportent tous les travaux de la vie, toutes les choses divines et humaines; de sorte que si quelquefois il leur prend fantaisie, ou de chercher Dieu, ou de l'invoquer, ou de se le rendre propice par leurs vœux, c'est moins Dieu qu'eux-mêmes qu'ils cherchent, parce que leur mobile c'est non pas l'amour de Dieu, mais l'amour d'eux-mêmes.
De ce nombre étaient ceux qui suivaient le Seigneur, soit pour être guéris de leurs maladies, soit pour être rassasiés de pains; et qui cependant, nous l'avons dit, ne croyaient pas encore en lui.
Eh quoi, direz-vous, tu nous défends donc de recourir humblement à Dieu dans nos calamités? Nullement. Bien au contraire, je le demande de toutes mes forces. C'est même souvent pour cela que le Seigneur nous envoie des épreuves, afin qu'avertis au moins par ces plaies, nous revenions à lui. De là ces paroles du Prophète : « Couvrez, Seigneur, leur visage d'ignominie, et ils chercheront votre nom. » Ps. LXXXII,17.
Le même Seigneur, par la voix d'Isaïe, se plaint que les hommes, accablés de maux, ne se réfugient pas dans son sein : « Le peuple n'est pas revenu vers celui qui le frappait. » /sa. IX 13. Et encore : «Vous les avez frappés, et ils ne l'ont pas senti; vous les avez broyés, et ils n'ont pas voulu se soumettre au châtiment. » Percussisti eos, et non doluerunt; attrivisti eos, et noluerunt recipere disciplinam. Jerem.v, 3.
Ceux qui, dans toute calamité, recourent au Seigneur, je ne les accuse donc pas, je les approuve fortement ; ce dont je me plains, c'est que toute leur sollicitude est pour les maladies du corps, et nullement pour celles de l'âme : c'est que nous ne comprenions pas que, par ces maux du corps, le Seigneur veut procurer le salut de notre âme.
Cela prouve clairement que nous sommes charnels, puisque nous n'avons de goût et de souci que pour ce qui est de la chair, et non pour ce qui est de l'âme.
louis de grenade.
Publié le 12 Mars 2010
"Mère sainte, Mère unique, Mère immaculée, Mère incorruptible, Mère de miséricorde, Mère de bonté et d'indulgence, ouvrez le sein de votre pitié, et recevez ce mort tué par le péché.
Voici, ô Souveraine, un fils prodigue à vos pieds, couvert de haillons, brisé et anéanti ; du lieu de désordre, du brouillard impur et d'odeur infecte, il soupire, il élève la voix, et il appelle sa Mère, se rappelant que vous l'avez souvent secouru, protégé, excusé auprès du Père.
Il est très-bon, très clément, ce Père ; et vous, ô Mère, vous êtes très douce et très bonne. Reconnaissez, ô Mère bénie, vos enfants, que votre très cher Fils unique n'a pas rougi d'appeler ses frères. Et si un glaive de douleur a transpercé votre âme en voyant votre Fils innocent crucifié, comment pourriez-vous contenir votre compassion pour vos pupilles morts dans le péché ? Comment, ô Souveraine, pourriez-vous arrêter vos larmes maternelles et vos pleurs?
Nous sommes entraînés, déchirés, captifs ; personne ne se présente pour nous délivrer, pour nous racheter, pour répondre pour nous. Levez-vous, ô tendre Mère ; levez-vous, ô indulgente, entrez dans le sanctuaire qui exauce, et étendez vos mains immaculées devant cet autel d'or de la réconciliation humaine.
Ce que nous demandons par vous sera impétrable par vous, ce que nous craignons sera excusable par vous. O douce Mère, celui que vous avez très souvent consolé dans les larmes de son enfance ne pourra pas résister longtemps à vos supplications.
Qui est aussi puissant en mérites pour calmer la colère du Juge que vous qui avez mérité d'être la Mère de ce même Rédempteur et Juge ?
N'hésitez pas, ô ma Souveraine, car il est ma bouche et ma chair, mon salut et ma gloire ; il est notre tête, il connaît notre argile.
Ornement des vierges, Souveraine des nations, Reine des anges, fontaine des jardins, purification des pécheurs,, sainte et perpétuelle Vierge Marie, secourez le faible, ramenez le perdu, afin que celui qui n'ose plus, hélas ! espérer la robe angélique et virginale, reçoive par vos mérites, ô glorieuse, l'habit nuptial quel qu'il soit. Enfin, quoique je ne mérite pas, ou plutôt parce que je ne mérite pas de m'approcher, d'être voisin, et d'assister aux chœurs fleuris et odorants de votre gloire, que de loin au moins je mérite de voir et d'entendre vos processions, votre harmonie, vos concerts et tout ce qui touche à la gloire et à l'allégresse de ceux qui suivent l'Agneau partout où il va.
saint Anselme.
Publié le 12 Mars 2010
Publié le 12 Mars 2010

Or, il est extrêmement remarquable que c'est au moment même où, le sacrifice de Jésus se consommant, nous devenons les enfants de Dieu, que nous devenions en même temps les enfants de Marie. Dans le même moment, dis-je où le Rédempteur nous introduisant à la vie de Dieu par sa mort pouvait dire au Père céleste en lui présentant l'homme racheté: Voilà votre Fils, il le dit à Marie.
Un même instant, un même mystère nous fait enfants de Dieu et de Marie. Il se passe là pour les membres ce qui s'est passé dans le mystère de l'Incarnation pour le chef.
L'un et l'autre mystère donnent au Père céleste et à Marie un commun Fils: dans le mystère de l'Incarnation, c'est le Fils de Dieu fait homme: et dans le mystère de la Rédemption, c'est l'homme fait enfant de Dieu. Et dans l'un et l'autre mystère, Marie est proclamée Mère et le devient par sa coopération: Mère de Dieu, Mère des hommes.
Et que les paroles sacramentelles qui forment cette dernière relation ont de solennité et d'énergie!
Femme dit Jésus, voilà votre Fils; et au disciple: Voilà votre Mère. Jésus ne dit pas: Qu'il soit comme votre Fils, mais: Voilà votre Fils, en réalité et à la lettre, de même que, dans l'institution de l'Eucharistie, il avait dit: Ceci est mon corps.
Auguste Nicolas
la Vierge Marie et le plan divin.
Publié le 12 Mars 2010


Une âme qui s'occuperait de Jésus-Christ et qui aurait dans le cœur une étincelle d'amour pour lui voudrait le suivre dans la route du Calvaire, et ce serait toute sa consolation.
angèle de Foligno.
Publié le 12 Mars 2010

Le saint évangéliste Jean commence ainsi l'évangile de ce jour: "Jésus vint dans une ville de Samarie, nommée Sichar, près du domaine que Jacob donna à son fils Joseph." Joan. IV,5.
De ce domaine il est écrit:" Je vous donne de plus qu'à vos frères cette part de mon bien que j'ai conquise sur l'Amorrhéen avec mon épée et mon arc. Genes. XLVIII,22. D'autres traduisent:"Avec mon épée et mes prières"; afin que nous comprenions que les principales armes du fidèle contre tous les traits de l'ennemi sont dans la prière, dont le Seigneur voulait que ses disciples fussent munis, quand il disait, la nuit de sa passion:" Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation." Marc. XIV,38. En effet, "les armes de notre milice sont, non charnelles, mais spirituelles, et puissantes en Dieu. II CorX,4
"Jésus, fatigué de la marche, s'était assis près de la fontaine; c'était vers la sixième heure du jour. Ses disciples s'étaient éloignés pour acheter des vivres."
Le Seigneur était donc assis seul, accablé de faim, de soif, de chaleur, de fatigue; car il allait à pied, non à cheval. Cette fatigue du Seigneur peut prêter à bien des commentaires.
D'abord, on voit l'ardent amour pour nous de Celui qui, par tant de travaux, de sueurs et de voyages, cherchait le salut de nos âmes, ne se ménageant nulle part, nulle part ne se reposant, passant les nuits en prières pour notre salut, le jour instruisant le peuple de ses préceptes divins; en sorte qu'on voit la vérité de ce qu'il avait dit lui-même par la voix du prophète:"Jacob, vous ne m'avez pas invoqué; Israël, vous ne vous êtes pas appliqué à me servir..., vous m'avez rendu comme esclave par vos péchés, vous m'avez fatigué par vos iniquités. Isa. XLIII,22
Contemplez avec soin les travaux du Seigneur, entrepris pour nous sauver, et jamais vous ne pourrez assez vous étonner, si vous comparez ses fatigues avec notre repos, son activité avec notre négligence, sa solicitude avec notre insouciance, ses douleurs et ses larmes avec nos délices et nos voluptés.
N'est-il pas évident que nous sommes travaillés d'une frénésie bien dangereuse, nous qui, ayant un médecin si vigilant pour notre salut, nous en moquons avec tant d'impudeur? Car de cette fatigue du Seigneur et de ses autres travaux, nous pouvons inférer combien sont magnifiques les récompenses préparées dans le ciel pour les justes, puisque ce prudent acheteur, cet appréciateur éclairé, les a trouvées dignes d'être acquises, non pour lui, mais pour nous, aux prix de tant de courses et de labeurs, et en affrontant liens, soufflets, crachats, coups, épines, pointes de clous, enfin la croix et la mort la plus cruelle.
Quoique bien des circonstances montrent la magnificence de la gloire céleste, rien cependant ne la fait mieux voir que la grandeur du prix qu'elle a coùuté. Quoi, en effet, de plus précieux que le sang du Fils de Dieu, dont une seule goutte eût pu racheter des mondes sans nombre?
Cette fatigue trahit aussi une immense tendresse, une immense bienveillance à notre égard; notre gloire, en effet, il l'a achetée cher, non pour lui, mais pour nous; et de nous, qui seuls en profitons, il n'exige que le moindre effort et la moindre peine.
Car il n'impose, non pas des voyage, des fatigues et des travaux comme les siens, mais cette loi douce et suave de la charité et de la bienveillance, à laquelle nous appellent et nous convient toutes les créatures de Dieu.
Ainsi Moïse dit:" Maintenant donc, Israël, qu'est-ce que le Seigneur votre Dieu demande de vous, sinon que vous aimiez le Seigneur votre Dieu, et marchiez dans ses voies? etc... Deut III,I
"Le commandement que je vous prescris aujourd'hui, n'est pas au-dessus de vous, ni hors de votre portée...
Mais ô clémence, ô insouciance, qui ne saurait être assez pleurée!
Le Sauveur s'est assujetti à tant de travaux, non pour accroître la grâce en lui-même, ce qui est impossible, mais pour nous la donner; et nous cependant, nous à qui est proposée cette grande félicité, et pour qui est le fruit de tous ces combats, nous méconnaissons tellement nos intérêts, nous sommes si ennemis de nous-mêmes, que nous ne voulons pas mériter par un faible effort ce que l'auguste Rédempteur a acheté non pour lui, mais pour nous, par tant de douleurs.
Louis de Grenade.
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