Publié le 2 Mars 2010

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photo Chavagnes.. petit Placide

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Bilan humain. Il est provisoire, mais dramatique. Hier soir, il faisait état d'au moins 29 morts, dont 27 sont originaires de la commune de La Faute-sur-Mer. 34 blessés ont été évacués vers les hôpitaux de la région.

 Des vents jusqu'à 140 km/h. 131 aux Sables, 138 à Sainte-Gemme-la-Plaine, 125 à Pouzauges, 121 à Noirmoutier, partout ailleurs des pointes à 110 km/h : hier, la Vendée a été balayée dans son ensemble. Aujourd'hui, le ciel sera chargé de légères pluies, la semaine se rafraîchira mais n'est pas marquée par des phénomènes météo de l'ampleur que la Vendée vient de connaître.

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Publié le 2 Mars 2010

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Publié le 2 Mars 2010



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"Voulez-vous rompre l'équilibre de l'activité humaine, engendrer l'avilissement des âmes, l'oppression des faibles, la cupidité de tous et la misère du plus grand nombre?

Le voulez-vous? Il vous est facile : touchez à la loi du travail telle qu'elle a été promulguée par l'œuvre de la création ; augmentez le travail temporel ; diminuez par la violence ou la ruse le travail spirituel; abandonnez l'homme à l'inspiration de sa convoitise et à la volonté de ses maîtres ; faites cela, et vous serez assurés d'en recueillir le fruit dans une génération qui vous satisfera si vous aimez la dégradation morale et physique de l'humanité."


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Rédigé par philippe

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Publié le 2 Mars 2010


O BON SAINT JOSEPH, PROTÉGEZ-NOUS, PROTÉGEZ LA SAINTE ÉGLISE.

 

Bon saint Joseph, oui, vous êtes bon, charitable, compatissant, parce que vous avez habité pendant trente ans dans la plus grande intimité avec le bon Dieu, fait homme par amour pour nous; vous êtes bon, parce que vous avez reposé souvent sur le sacré Cœur de Jésus qui est la charité même : Deus charitas est; vous êtes bon, parce que vous avez été choisi par Dieu pour être l'angélique époux de la bonne Vierge, la plus tendre et la plus miséricordieuse des mères ; vous êtes bon, parce qu'ayant beaucoup souffert pendant votre vie, vous connaissez toutes les misères qui accablent les malheureux exilés dans cette vallée de larmes.


 Bon saint Joseph, protégez nous : Les temps sont mauvais, l'orage gronde, l'enfer est déchaîné, les vérités ont  été amoindries par les enfants des hommes. Jésus, notre divin Maître ; Jésus, sur le berceau duquel vous avez entendu les anges chanter leurs plus beaux cantiques; Jésus, que les Mages sont venus adorer du fond de l'Orient; Jésus, qui, en arrivant en Egypte, porté entre vos bras, renversa les vaines idoles; Jésus, le Roi immortel du ciel et de la terre, après dix-huit siècles de prodiges et de bienfaits, est devenu un sujet de contradiction pour un grand nombre de mécréants qui ne craignent pas, les malheureux ! d'attaquer sa divinité.

 Bon saint Joseph, au milieu de ce déluge de blasphèmes et d'impiétés, ah! protégez-nous, défendez-nous de ces nouveaux Hérodes qui voudraient faire mourir Jésus dans notre cœur.

 

Protégez la sainte Église, l'épouse de Jésus-Christ, la mère des prédestinés. Ah ! ne permettez pas que nous soyons du nombre de ces insensés qui tremblent devant les puissances de la terre, qui ne craignent pas de blâmer, de censurer celle qui est le fondement et la colonne de la vérité, l'arche du salut pour les souverains comme pour les peuples, pour les familles comme pour les individus.

 

Bon saint Joseph, continuez à protéger l'Église comme vous l'avez protégée à son berceau, afin que, la paix étant rétablie sur la terre, nous puissions, en vivant dans la pureté, arriver sûrement au port de la céleste patrie, où nous vous bénirons à jamais dans la splendeur des Saints. Amen.

 

 

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Publié le 1 Mars 2010

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misericordias Domini in aeternum cantabo !

 

 

 

 

Jacob engendra Joseph, époux de Marie, de laquelle est né Jésus. (Matt. 1.)

+


  0 grand saint Joseph, digne entre tous les Saints d'être vénéré, aimé et invoqué, tant pour l'excellence de vos vertus que pour l'émincnce de votre gloire et la puissance de votre intercession, moi N..., en présence de Jésus qui vous a choisi pour Père, et de Marie qui vous a accepté pour Epoux, je vous prends aujourd'hui pour mon avocat auprès de l'un et de l'autre, pour mon protecteur et mon Père : je me propose fermement de ne vous oublier jamais, et de vous honorer tous les jours de ma vie. Daignez donc,  je vous en conjure, daignez m'accorder votre protection spéciale, et m'admettre au nombre de vos dévoués serviteurs. Assistez-moi dans toutes mes actions, soyez-moi favorable auprès de Jésus et de Marie, et ne m'abandonnez pas à l'heure de ma mort.

Ainsi soit-il.

 

 

Il est, mes frères, dans les fastes sacrés de l'Église, des saints dont les prérogatives sont si sublimes, le mérite si éminent, qu'il n'est pas donné à la parole humaine de pouvoir en expliquer l'excellence et la vertu : « La louange languit auprès des grands noms, » et le silence de l'admiration est la seule ressource de notre faiblesse.

 

Mais, pour suppléer à l'insuffisance d'une langue déchue, le ciel jaloux de proclamer la gloire de ces illustres serviteurs de Dieu, se charge lui-même de relever leur grandeur et de faire leur panégyrique. Ainsi, notre divin Maître a exalté la sainteté de son Précurseur dans des termes magnifiques. Ainsi, l'Esprit-Saint a caractérisé en deux mots les prérogatives incommunicables du glorieux patriarche, dont nous célébrons en ce jour la pieuse mémoire : .Joseph virum Mariae de qua natus est Jesus. Joseph était l'époux de Marie et le père de Jésus !

 

Jésus et Marie sont les deux chefs-d'œuvre de la toute-puissance divine, et Joseph est choisi de Dieu pour être le protecteur et le guide de la Reine du ciel ; le tuteur et le père nourricier du Verbe incarné; le gardien du Créateur des mondes !

 

Quand je médite ces choses, mes frères, quand je pense au bonheur de saint Joseph, je n'ai point de paroles pour exprimer l'étonnernent que me cause la vocation de ce saint patriarche, à qui Dieu lui-même daigne confier les plus précieux trésors du ciel et de la terre.

 

Ne nous plaignons donc plus du silence des évangélistes au sujet de saint Joseph. Ne suffit-il pas qu'ils nous apprennent ce qu'il est à Jésus et à Marie, pour nous donner une idée sublime de ses qualités et de sa gloire ? Heureux serviteur, par votre fidélité à répondre à ces faveurs signalées, vous avez mérité d'avoir Dieu lui-même pour panégyriste et d'être appelé juste par celui qui découvre des taches dans les intelligences des cieux, et à qui seul appartient de juger de la vertu, d'apprécier le mérite !

 

Le Seigneur, dit saint Grégoire de Nazianze, a réuni en Joseph comme dans un soleil tout ce que les autres saints ont ensemble de lumière et de splendeur.

 

 Quand les évangélistes, mes frères, pour satisfaire notre pieuse curiosité, nous auraient fait un ample récit de la vie et des miracles de saint Joseph, que serait-ce en comparaison de ces illustres noms d'époux de Marie et de père de Jésus qu'ils lui donnent : Virum Mariae de qua natus est Jesus, noms qui seuls valent mieux que tous les autres titres, et qui renferment ce qu'on pourrait dire de plus admirable en son honneur?

 

En effet, Joseph est destiné, par l'adorable Trinité au plus sublime ministère qu'un simple mortel puisse jamais exercer. Il est cet homme choisi entre mille qui doit coopérer avec Jésus-Christ au grand œuvre de la rédemption du monde, et conduire heureusement sur la terre les projets éternels formés dans le ciel par la sagesse divine.

 

Car l'Incarnation du Verbe, telle qu'elle avait été conçue dans les conseils du Très-Haut, ne pouvait s'exécuter et s'accomplir pleinement sans le secours et la médiation de Joseph, parce que, selon la remarque des saints Pères. l'honneur de l'auguste Marie et celui de Jésus-Christ, exigeaient que la naissance miraculeuse du Fils de Dieu fût cachée sous le voile sacré d'un mariage ordinaire, jusqu'au moment où ce Fils, né véritablement d'une Vierge, prouvât d'une manière invincible, par la voix des miracles, qu'il était bien le Messie, le Désiré des nations annoncé par tous les prophètes, comme devant naître d'une vierge.

 

Or, mes frères, Joseph est ce serviteur prudent et sage qui sert comme de second au Tout-Puissant, pour conduire heureusement à son terme ce grand œuvre d'où dépend la rédemption du monde.

 

Il est ce nuage mystérieux qui doit envelopper le tabernacle de la nouvelle alliance, et sans lequel la gloire du Seigneur ne serait pas descendue dans le sein immaculé de Marie. Il est cet arbre toujours vert, toujours revêtu d'un épais feuillage, à l'ombre duquel peut croître en assurance le noble rejeton de la tige de Jessé. Joseph est ce juste par excellence qui doit allier dans sa personne là pureté des anges à l'auguste qualité d'époux de Marie, et devenir, par l'éminence de sa vertu, le dépositaire de la chasteté même, le gardien d'une Vierge devenue l'épouse de l'Esprit-Saint.

 

Sublime ministère confié à Joseph par Dieu lui-même, union toute céleste dont la virginité a comme formé le lien sacré entre deux âmes pures et indépendantes des corps d'argile qu'elles habitent. Ainsi une vigne vierge se marie et s'unit à l'ormeau qui la défend de la violence des vents, et la protége contre les trop vives ardeurs du soleil, sans cependant la rendre féconde, ni contribuer aux fruits délicieux qu'elle porte.

 

Céleste union, en vertu de laquelle Joseph devient le chef de la sainte Famille, et en quelque sorte le supérieur de Marie par l'autorité personnelle qu'elle lui confère : Noli timere accipere Mariam conjugem tuam.

 

Puisqu'il est vrai, mes frères, que Joseph est l'époux de Marie, ne devons-nous pas croire qu'il a été prévenu et inondé des plus précieuses bénédictions du ciel? Ce Dieu dont toutes les œuvres tendent à leur fin par des voies aussi remplies de force que de douceur, a dû donner à Marie un époux digne de contracter une si étroite alliance avec celle qui devait être la Mère de son Fils unique.

 

Il me semble voir les trois personnes de l'adorable Trinité tenir conseil, comme lorsqu'il s'agit de créer l'homme, et se dire entre elles : Appliquons-nous à former pour Marie, un aide qui lui soit semblable : Faciamus ei adjutorium simile sibi. Qu'il soit digne de partager l'existence de cette Vierge incomparable dans laquelle vont être opérées de si grandes choses !

 

Quelle source abondante de grâces et d'honneur pour Joseph dans cette ressemblance et cette union avec la plus pure des créatures? Le ciel, qui les avait créés l'un pour l'autre, s'appliqua à les rendre semblables en toutes choses. C'est sur ce principe indubitable que je fonde toutes les grandeurs de saiut Joseph. Car il est certain qu'un Dieu infiniment sage proportionne toujours les moyens à la fin qu'il se propose, et les grâces aux emplois qu'il confie. ISe devons-nous pas en conclure qu'il donna à notre saint patriarche toutes les qualités qui devaient le rendre digne de devenir l'époux de Marie, la plus sainte et la plus parfaite de toutes les créatures ?

 

Jugez-en par vos propres sentiments, mes frères, si Dieu, vous communiquant sa sagesse et ses lumières infinies, vous avait confié le soin de choisir un époux à Marie son auguste Mère, à cette Vierge incomparable dont l'Esprit-Saint s'est fait une colombe fidèle, ne lui eussiez-vous pas donné le plus grand, le plus élevé de tous les saints ?

 

Ainsi l'on peut croire avec le docte et pieux Gerson que la grâce qui prévint et sanctifia Joseph dans le sein de sa mère, éteignit en lui la concupiscence, et lui inspira la pensée de se consacrer a Dieu par le vœu de chasteté.

 

Puisque Joseph avait été choisi par le ciel pour être l'époux de Marie, disons avec saint Bernardin qu'il fallait qu'il fût comme elle doué d'une humilité à toute épreuve, d'une charité ardente et d'une pureté angélique.

 

Quand Jésus-Christ fut sur le point d'expirer sur la croix, il recommanda sa Mère au plus cher et au plus chaste de ses disciples, et il eût cru profaner une Mère Vierge en la confiant à un autre qu'à un homme vierge : Virginem Matrem, dit saint Jérôme, virgini commendavit.

 

Le Père éternel n'a pas traité Marie avec moins de circonspection. Quand il voulut lui donner un aide en ses travaux, un consolateur en ses peines, un appui sur la terre, il choisit un homme vierge, et il confia la plus pure de toutes les femmes au plus chaste de tous les hommes : Virginem Matrem virgini commendavit.

 

Marie peut donc s'écrier avec plus de vérité que l'Épouse des cantiques : Mon bien-aimé est choisi entre mille : Dilectus métis ex millibus electus.

 

Mais si Joseph possédait tant de vertus éminentes quand il fut uni à Marie par une si sainte alliance, combien durent-elles s'accroître dans la société de cette auguste Vierge qui devait achever de sanctifier son époux et le rendre le plus illustre saint de l'Église ! Car, si la seule vue d'une image de Marie suffit pour inspirer l'amour de la pureté, si la présence de cette auguste Vierge opéra tant de prodiges dans la maison de Zacharie, si par sa parole elle donna la grâce à saint Jean, lui avança l'usage de la raison et lui communiqua l'esprit de prophétie avec tant d'abondance qu'il passa jusqu'à la personne de sa Mère, quelles salutaires impressions ne dut pas faire la conversation de Marie dans l'âme de saint Joseph, pendant qu'elle portait le salut du monde dans son chaste sein ! quelles vives lumières ne répandit-elle pas dans l'esprit de son époux ! quelles saintes ardeurs dans sa volonté ! Plus heureux que les autres hommes, saint Joseph s'unissait à Dieu par Marie, et en aimant son Épouse il aimait la Mère de son Dieu. Tout en elle lui inspirait des sentiments de piété. Ses paroles l'élevaient à Dieu, ses regards le sanctifiaient, sa modestie réglait toutes ses actions, sa beauté angélique embaumait son cœur des plus chastes affections.

 

Le buisson ardent qui brûlait sans se consumer et qui faisait dire à Moïse : J'irai et je verrai ce grand prodige, figurait le miracle de vertu opéré dans l'union de Marie et de Joseph prédite par le législateur des Hébreux, d'après l'interprétation des docteurs de l'Église : Benedictio illius qui apparuit in rubo veniat super caput Joseph.

 

Joseph a donc mérité de devenir l'époux de Marie, et, par une conséquence nécessaire, il est donc vrai, qu'il est le père de Jésus. Cette seconde prérogative, toute grande qu'elle est, n'est cependant qu'une suite de la première.

 

Joseph est le père du Sauveur du monde parce qu'il est le maître de la divine Mère qui l'a enfanté ; et de même que les fleurs et les fruits que le soleil produirait sur une terre vierge appartiendraient à celui qui en serait le propriétaire, ainsi le divin Enfant conçu dans le chaste sein de Marie par la seule opération du Saint-Esprit appartient à Joseph, qui est le maître de ce jardin fermé dans lequel a germé la Fleur des champs et le Lys des vallées.

 

Les docteurs de l'Église n'ont point fait difficulté de donner à saint Joseph le titre de père de Jésus-Christ, après lui avoir donné celui d'époux de Marie. Et saint Augustin, reconnaissant que les alliances de l'esprit sont plus solides que celles du corps, pense avoir suffisamment conservé à saint Joseph la qualité de père de JésusChrist, quand il a montré qu'il la possède au même titre que celle d'époux de Marie.

 

Mais pourquoi, mes frères, recourir à la raison et à l'autorité des docteurs pour établir une vérité que nous trouvons clairement exprimée dans l'Écriture ? ne voyons-nous pas en effet dans les saintes lettres, Marie dire à Jésus, en parlant de Joseph : Votre père et moi, nous vous cherchions avec empressement? quelle bouche plus pure l'Esprit-Saint pouvait-il choisir pour nous expliquer ce mystère ?

 

Confessons donc, mes frères, que, comme Marie demeurant vierge est épouse de Joseph et mère de Jésus, Joseph aussi, sans blesser la pureté de Marie et l'honneur de Jésus, est l'époux de l'une et le père de l'autre.

 

Que toute grandeur créée s'efface et disparaisse devant le titre ineffable de père de Jésus !

 

Rois, prophètes, patriarches, apôtres, quelque grands que vous paraissiez à nos yeux, il y a néanmoins autant de différence entre vous et le père de l'Homme-Dieu, qu'il y eu a entre le soleil et ces faibles étoiles dont Ja lumière vacillante arrive à peine jusqu'à nous.

 

Grâce à la miséricorde du Seigneur, les martyrs, les vierges, les confesseurs se comptent par milliers dans le ciel de l'Église, tandis qu'il n'y a, dit saint Basile, que l'auguste titre de père de Jésus que Joseph ne partage ni avec les anges, ni avec les saints. Ici, mes frères, l'imagination se perd, l'esprit se confond à la vue de tant de grandeur. Saint Joseph partage l'éminente qualité de père de Jésus avec Dieu lui-même, et, sans cesser d'être vierge, il a le bonheur d'être père de Celui que le Père céleste engendre de toute éternité dans les splendeurs des cieux.

 

Père Huguet

 

Mariste.

 

 

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Publié le 28 Février 2010

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Je vous salue Joseph, vous que la grâce divine a comblé ; le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux ; vous êtes béni entre tous les hommes et Jésus, l'Enfant divin de votre virginale Épouse est béni. Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu'à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l'heure de notre mort. Amen


Glorieux saint Joseph,

Etendez sur nous votre protection paternelle

Vous dont la puissance est de rendre possibles les choses impossibles.

Venez nous en aide.

Ouvrez vos yeux de Père sur les intérêts de vos enfants.

Donnez ce dont nous avons besoin

Et prenez sous votre charitable protection les affaires importantes que nous vous confions, afin que leurs heureuses issues tournent à la gloire de Dieu et à notre bien.

 

Amen.


 

Nous recourons à vous dans notre tribulation, ô bienheureux Joseph : et, après avoir imploré le secours de votre sainte Épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage.

 

Par l'affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l'amour paternel, dont vous avez entouré l'Enfant-Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l'héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de son sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours, dans nos besoins.

 

Protégez, ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ. Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d'erreur et de corruption, soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur. Du haut du ciel, assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et de même que vous avez arraché autrefois l'Enfant-Jésus au péril de la mort, défendez aujourd'hui la sainte Eglise de Dieu, des embûches de l'ennemi et de toute adversité. Couvrez chacun de nous de votre perpétuelle protection, afin que, à votre exemple, et soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir, et obtenir la béatitude éternelle.

 

Ainsi soit-il. 

 

CONSECRATION A ST JOSEPH

 

Je me prosterne en votre présence, ô grand saint Joseph ! et vous honore comme le chaste époux de la Mère de Dieu, le chef de la plus sainte famille qui fut jamais, le père nourricier de Jésus-Christ, le fidèle dépositaire des trésors de la très-sainte Trinité. Je révère en votre personne le choix de Dieu le Père, qui a voulu partager avec vous son autorité sur son Fils ; le choix de Dieu le Fils, qui a voulu dépendre de vous et devoir au travail de vos mains sa subsistance ; le choix du Saint-Esprit, qui a voulu vous confier son Épouse chérie et vous la donner pour compagne.


Je vous félicite du bonheur que vous avez eu de porter Jésus-Christ entre vos bras, de l'appuyer sur votre sein, de l'embrasser amoureusement, de l'arroser de vos larmes pendant les saintes caresses dont vous étiez si souvent favorisé par ce divin Enfant. Qui pourrait comprendre les trésors de lumières, de sagesse et de grâces que vous avez acquis, et dont vous avez été comme inondé pendant les trente années que vous avez passées entre Jésus et Marie ?

 

Pénétré de respect et d'amour à la vue de vos grandeurs et de votre sainteté, je vous offre et je vous consacre mon cœur; après Jésus et Marie, vous en serez le maître et le directeur. Je vous regarderai désormais comme mon père et mon protecteur ; daignez me regarder comme votre enfant. Faites-moi sentir les effets de votre grand crédit auprès de Dieu et de votre grande charité pour moi; obtenez-moi une sincère conversion et toutes les grâces dont j'ai besoin pour remplir ses adorables desseins.

 

Obtenez-moi cet esprit de recueillement, cette vie intérieure, cette fidélité à la grâce, cette union intime avec Dieu, cette profonde humilité de cœur, cette parfaite conformité à sa pure et sainte volonté, cette patience dans les adversités, cette estime, cet amour des croix, ce parfait abandon à la conduite du Seigneur... surtout cet amour ardent pour la personne sacrée de Jésus-Christ et pour sa sainte Mère, qui ont fait votre caractère particulier.


Prenez, ô grand Saint ! sous votre protection les âmes intérieures, surtout celles qui, à votre exemple, écoutent et imitent Jésus et Marie dans la retraite et le silence. Enfin, par le privilége de votre heureuse mort entre les bras de Jésus et de Marie, obtenez-moi, ô grand Saint! une mort semblable à la vôtre, dans le dévouement parfait de ma volonté à Jésus et à Marie !


Ainsi soit-il.

 

 


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Publié le 28 Février 2010

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"Élie aussitôt s'en alla à Sarepta. Lorsqu'il fut arrivé devant la porte de la ville, il aperçut une femme qui ramassait du bois. II l'appela et lui dit : Donnez-moi un peu d'eau dans un vase, afin que je boive. Lorsqu'elle allait lui en quérir, il cria derrière elle : Apportez-moi aussi, je vous prie, un peu de pain dans votre main.

Elle lui répondit: Je vous jure, par le Seigneur votre Dieu, que je n'ai pour pain qu'un peu de farine dans un pot, autant qu'il en peut tenir dans le creux de la main, et un peu d'huile dans un petit vase. Je viens ramasser ici deux morceaux de bois pour apprêter à manger à moi et à mon fils, atin que nous mangions et mourrions ensuite. Êlie lui dit: Ne craignez point, mais allez et faites comme vous avez dit : cependant faites auparavant de ce reste de farine un petit pain cuit sous la cendre, et apportez-le moi. Vous en ferez après cela pour vous et votre fils. Car voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : La farine qui est dans le pot ne finira point, ni l'huile qui est dans le petit vase, jusqu'au jour où le Seigneur Dieu doit faire tomber la pluie sur la terre.

Cette femme s'en alla et fit ce qu'Ëlie lui avait dit, et Elie mangea. Elle mangea aussi, elle et sa maison ; et depuis ce jour la farine du pot ne manqua pas, et l'huile du petit vase ne diminua point, selon que le Seigneur l'avait promis à Ëlie."


livre des Rois.


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Publié le 28 Février 2010

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Publié le 28 Février 2010



Souvenez-vous de vos miséricordes, Seigneur, et de vos bontés que vous avez toujours montrées : que nos ennemis ne dominent jamais sur nous : Dieu d'Israël, délivrez-nous de toutes nos angoisses.

Seigneur, j'ai élevé mon âme vers vous ; mon Dieu, j'ai confiance en vous, je ne serai pas confondu. Gloire au Père, etc.

 

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Publié le 27 Février 2010

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Louis de Grenade

http://voiemystique.free.fr/louis_de_grenade_1.jpg

 


P.S. la beauté de ce sermon ne nous permet pas de le couper en plusieurs morceaux.


"Domine bonum est nos hic esse; si vis, faciamius hic tria tabernacula : tibi unum .. Moysi unum, et Eliae unum."

 

Seigneur, il fait bon être ici; si vous voulez, faisons trois tentes : pour vous une, une pour Moïse, une pour Elie. Matlh. XII, 4.

 

Tous les travailleurs, quand ils se louent pour quelque ouvrage, considèrent surtout deux choses : le travail et la rémunération.

 Trouvent-ils la rémunération supérieure à la peine, ils se chargent volontiers de l'ouvrage. Ainsi firent ces ouvriers qui, convenus d'un denier par jour avec le père de famille, se mirent gaîment à façonner la vigne, Matth. xx, 2. Or nous tous, mes frères, qui que nous soyons sur cette terre, serviteurs ou libres, plébéiens ou nobles, nous sommes travailleurs.

Après avoir reçu le saint baptême, nous nous sommes loués pour cultiver la vigne du Seigneur. Nous devons donc considérer avec soin ces deux choses : le travail, et la récompense.

 

Cette connaissance est si nécessaire que toutes les pages de l'Ecriture ne répètent rien plus fréquemment. Ce sont les deux choses que désirait savoir ce jeune homme qui demandait au Seigneur ce qu'il lui fallait faire pour posséder la vie éternelle. — Gardez les commandements de Dieu, répondit le Sauveur, Matth. XIX, 16.


 Ce que cette réponse dit en peu de mots, l'Evangile du jour le redit d'une manière nouvelle et merveilleuse. Nous examinerons donc ces deux choses dans le présent entretien ; mais comme ce qui est exigé de nous est peu de chose, tandis que la récompense est considérable, nous parlerons du travail en peu de mots, et de la rémunération avec plus de développement. Pour le faire pieusement, implorons avec humilité le secours du ciel, par l'intercession de la très-sainte Vierge. Ave Maria.

 

 

 Pour que nous tenions la promesse que nous avons faite en premier lieu, quiconque désire connaître l'institution, la loi de la profession chrétienne, la trouve renfermée en quelques mots du divin Maître, qui se lisent un peu avant le commencement de l'évangile du jour : « Si quelqu'un veut venir à moi, qu'il renonce à soi-même, qu'il se charge de sa croix, et me suive. » Matth. XVI, 24. Paroles qui développent ce qu'il avait dit ailleurs, que la voie qui mène à la vie est étroite, et que quiconque y veut arriver, doit entrer par la porte étroite. Matth. VII, 14.

 

N'y a-t-il pas là des aspérités, des difficultés?


Renoncer à soi-même, porter sa croix, et suivre Jésus-Christ, qui marcha par la voie de l'humilité , de la pauvreté, de la souffrance, ce n'est pas sans travail, et sans difficulté. Et qu'on ne s'imagine point que ces paroles ne s'adressent qu'à ceux qui cherchent la perfection, et non à tout le monde. L'évangéliste saint Luc est explicite à cet égard, car il fait précéder ces mots de ceux-ci : « Il disait à tous : Si quelqu'un veut venir après moi, etc. » Luc. 1x, 23. L'évangéliste saint Marc va plus loin, et c'est à remarquer. Car, comme le Seigneur s'entretenait en particulier avec Pierre et les autres disciples, dès qu'il voulut donner ce précepte, il appela une foule de peuple qui se tenait à peu de distance, et à tous il adressa cet enseignement : « Si quelqu'un veut venir après moi, etc. » Marc, VIII,34. Comme s'il leur avait dit : Je ne force personne , je ne fais violence à personne; mais à ceux qui ont à cœur le salut de leurs âmes, qui brûlent du désir de la vie éternelle, qui veulent avoir part à ma gloire, qui désirent me suivre, et arriver là où je dois arriver, à ceux-là je leur montre un chemin, je leur propose une loi, c'est de renoncer à eux-mêmes, de porter chaque jour leur croix, de marcher sur mes traces. Et pour que vous saisissiez mieux la pensée du Seigneur, remarquez en quelle circonstance il l'exprima. Il entretenait ses disciples de l'ignominie de sa passion et de sa croix, lorsque Pierre, mû par des sentiments purement humains, chercha à détourner ces tristes considérations. Mais le Seigneur le réprimanda vivement de ce qu'il goûtait non les choses de Dieu, mais les choses des hommes, c'est-à-dire, de ce que, jugeant humainement, il prétendait que toutes les peines, toutes les ignominies, sont à mettre au rang des maux, et qu'il faut s'en garantir à tout prix. A cette erreur commune de Pierre, et de presque tous les hommes qui cherchent une vie voluptueuse et tranquille, qui ont en horreur la peine et le travail, le divin Maître oppose cette maxime sublime, que la souffrance est la voie qui mène aux joies éternelles; que c'est par la patience que nous arrivons à la vie, par le travail au repos, par le combat à la couronne , par l'ignominie de l'humilité à la gloire céleste. C'est ce que signifient ces mots : « Si quelqu'un veut venir à moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il porte sa croix et me suive. » Mais analysons, décomposons les différentes parties de cette pensée.

 

D'abord l'homme doit renoncer à lui-même. Ce qu'il faut entendre par là, le Seigneur l'indique, quand il ajoute : « Qui aime sa vie la perdra; qui hait sa vie en ce monde, la garde pour la vie éternelle. » Renoncer à soi-même , n'est donc autre chose que se haïr d'une haine, non pas funeste, mais sainte et salutaire, et dépouiller, autant que possible, le vieil homme avec ses œuvres ; c'est-à-dire , se faire violence, soumettre la chair à l'esprit, déraciner toutes les passions mauvaises, comprimer les mouvements désordonnés de l'âme, faire plier toutes les affections sous le joug de la raison, refréner la révolte et la pétulance des sens, et suivre en toutes choses, non ce que veut la convoitise, mais ce que prescrivent la raison, l'honnête, et la loi divine.

 

Voilà ce que c'est que renoncer à soi-même, et avoir pour soi une haine salutaire.

 

Il est évident que c'est difficile, car de toutes les affections du cœur humain, l'amour de soi est la plus puissante et la plus tristement féconde, puisque toutes les autres en dérivent. Ainsi, triompher de cette affection, changer en haine de soi l'amour de soi, c'est triompher de toute la force, de toute la puissance de la nature. " Nul n'a jamais haï sa chair, dit saint Paul; chacun la nourrit et l'entretient. » Nemo enim unquam carnem suam odio habuit; sed nutrit et fovet eam. Ephes. v, 29.

 

C'est pourquoi il est très-difficile que l'homme fasse violence à sa chair, qu'il la combatte , qu'il renonce à lui-même, qu'il se répudie, qu'il se regarde comme un étranger, comme un adversaire, comme un ennemi de son esprit.

 

Quel travail donc, quelle difficulté!

 

Si vous en demandez la cause, le Sauveur répond : «Ce qui est né de la chair, est chair. » Joan. 111. 6. « La chair et le sang ne posséderont pas le royaume de Dieu. » I Cor. xv, 50.

 

Attaquons donc la chair, violentons-la, étouffons-la autant que possible, afin que, quand elle sera subjuguée, l'esprit règne et domine dans l'homme.

 

En d'autres termes, renoncer à soi-même, c'est résister, renoncer à sa volonté propre. Car, la volonté exerçant son empire sur toutes les autres forces , sur toutes les autres puissances de l'âme, celui qui renonce à sa volonté propre, renonce pleinement à lui-même. C'est là toute la philosophie chrétienne. Car cette philosophie consistant principalement dans notre soumission à la volonté divine, dont elle ne nous permet pas de nous écarter en rien, il s'ensuit que la volonté propre doit mourir, pour que la volonté divine règne en nous. Comme ceux qui greffent une branche d'olivier, ou de tout autre arbre fruitier sur un sauvageon, élaguent d'abord toutes les branches de celui-ci, pour que les greffes prennent force ; de même, celui qui veut se soumettre tout entier à la volonté divine, doit, autant que possible, retrancher toute volonté humaine, afin de suivre, sans aucun empêchement , la volonté divine. Ce fut la principale étude de tous les saints, qui souvent s'abstenaient non-seulement des choses défendues, mais même des choses permises, afin d'être, quand besoin serait, plus maîtres de la volonté, comme d'un coursier déjà dompté, et habitué à la bride.

Mais, mes frères, pour que ce qui précède n'abatte le courage d'aucun de vous, et ne le fasse pas désespérer de remporter cette victoire sur sa volonté, je vais ajouter ce qui est plus facile, et ce qui s'adresse à tous indistinctement.

 Car j'avoue que ces paroles du Seigneur renferment, et des conseils pour la vie parfaite, et des préceptes pour la vie chrétienne. Or ce que nous venons de dire a surtout rapport aux conseils que doivent embrasser et suivre tous ceux qui aspirent à la perfection.

 

Maintenant descendons des hauteurs dans la plaine, et expliquons ce que le Seigneur prescrit au commun des hommes. Voici donc la loi commune proposée à tous : c'est que, toutes les fois que Dieu et l'homme, l'amour de Dieu et l'amour de soi, la loi de l'esprit et la loi des membres sont en dissidence et en lutte, l'inférieur doit céder au supérieur, c'est-à-dire l'homme à Dieu, l'amour de soi à l'amour de Dieu, la loi de la chair à la loi de l'esprit. C'est-à-dire, que tout ce qui concerne les biens, la santé, la vie, l'honneur de l'homme, doit être méprisé, tenu pour rien, foulé aux pieds, toutes les fois qu'il est en opposition avec les lois et les préceptes divins.

 

Voilà ce que c'est que renoncer à soi-même à cause de Dieu, et voilà ce à quoi tous les hommes sont tenus. Eusèbe d'Emèse, traitant le même sujet, rentre dans notre explication, quoique paraissant s'en écarter par les termes. Il dit que renoncer à soi-même, c'est n'être plus le même qu'on était, alors qu'on était asservi à la chair. Car, l'homme cessant, par la vraie pénitence, d'être ce qu'il était auparavant, et devenant une créature nouvelle, alors il renonce vraiment à lui-même. Ainsi celui qui précédemment était calomniateur, envieux, avare, médisant, impudique, promoteur de discordes, de divisions, avide du bien d'autrui, prodigue du sien, esclave de son ventre, de l'argent, enfin conptemteur des lois divines, dès qu'il a renoncé à tous ces crimes, a vraiment renoncé à lui-même, et une vraie pénitence l'a transformé en un homme nouveau. Voilà donc la première chose qu'exige de nous le divin Maître.

 

En second lieu, chacun doit porter sa croix, et même la porter tous les jours, comme dit un autre évangéliste. Qu'entendrons-nous ici par cette croix de tous les jours? Assurément toutes les misères, tous les déboires dont est abreuvée la vie humaine, et dont l'origine est diverse et multiple. Les uns viennent de l'éternel ennemi du genre humain, qui ne cesse de nous harceler de ses tentations sous toutes les formes; les autres, de la malice, des fraudes, des injures, des outrages, des mille moyens de nuire des hommes au milieu desquels nous vivons, quelque étroits que soient les liens qui les unissent à nous; puisque le Sauveur dit que les ennemis de l'homme sont les gens de sa maison, Matth. x, 36. D'autres nous viennent de notre propre chair, source de tourments, de vexations et de tortures, par suite de nos passions, de nos besoins, de nos inquiétudes, des maladies du corps et de l'âme. D'ailleurs, le souverain arbitre du monde n'envoie-t-il pas souvent des traverses, soit pour punir les coupables, soit pour exercer, éprouver, perfectionner les bons? Qu'ai-je besoin de rappeler ici ces calamités imprévues et soudaines, ces pertes de fortune, ces désastres, ces morts d'êtres chéris ? Quelle position de la vie, si heureuse, qui ne soit menacée de tous côtés par des amertumes et des catastrophes?

 

« Comme il n'y a point de rose sans épines, dit S. Basile, de même nulle condition de la vie n'est sans ses peines et ses tourments, puisque même les prétendus biens de la vie sont entourés de leurs épines. »

On vante le mariage, mais le veuvage en est proche, et c'est la perspective inévitable de l'un des deux conjoints. On désire des enfants ; mais quelles douleurs n'ont-ils pas souvent causées à leurs parents! Les riches sont estimés heureux; mais le plus grand nombre, comme le dit S. Chrysologue, sont plus riches en misères qu'en argent. Enfin, telles et si nombreuses sont les peines et les inquiétudes de cette vie, que S. Eucher écrit dans une lettre qu'il ne sait ce qui doit plus nous exciter à l'amour de la céleste patrie, ou de la grandeur des biens qui nous y attendent, ou de la multitude des misères qui nous accablent en nette vie. Car celle-là nous invite par les plus chastes délices, tandis que celle-ci nous repousse par des douleurs de chaque jour et nous inspire l'horreur d'elle-même. Est-il besoin parmi ces douleurs de mentionner les combats de la chair et de l'esprit, combats qu'il faut livrer jusqu'à la fin de la vie ? « Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'esprit, et l'esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ces principes se combattent l'un l'autre. » Gal v, 17. Comme donc les fils d'Israël partirent armés de l'Egypte, nous aussi, munis d'armes spirituelles à droite et à gauche, marchons, sans nous laisser aveugler par le bonheur, sans nous laisser abattre par les foudres de l'adversité.

 

Souffrir patiemment toutes les misères, les travaux, et, pour ainsi dire, les tributs de la vie, recevoir comme de la main de Dieu toutes les épreuves, être soumis et résigné, ne jamais perdre courage, ne pas être accablé par la tristesse, ne p:is se plaindre de la divine providence, ne pas plier sous le poids du fardeau, ne pas mollir comme une femme, mais tout supporter d'un cœur vaillant et ferme, rendre grâces en toutes choses, et réputer toutes ses peines comme au-dessous de ses crimes, voilà ce que c'est que porter sa croix.

 C'est un des deux côtés de la philosophie chrétienne, suivant S. Bernard, qui dit que la vie d'un chrétien c'est de faire le bien, et de souffrir le mal.

 En troisième lieu, il faut suivre Jésus-Christ. Qu'est-ce que suivre Jésus-Christ, sinon faire ce que dit S. Jean ? « Celui qui dit qu'il demeure en Jésus-Christ, do.it marcher lui-même comme Jésus-Christ a marché, » I Joan. II,6. Or, dit S. Pierre, « il a souffert pour nous, nous laissant son exemple, afin que nous marchions sur ses traces, lui qui n'a point commis de péché, et de la bouche duquel n'est jamais sortie parole de tromperie; qui, lorsqu'on le chargeait d'injures, n'a pas répondu par des injures^ qui, maltraité, n'a pas fait de menaces, mais s'est livré à celui qui le jugeait injustement. » II Petr. II,21. Cette innocence de vie, cette pureté sans tache, cette patience, cette douceur, cette paix avec ceux qui haïssaient la paix, et toutes ses autres vertus, appliquons-nous à les imiter, en tant qu'il est donné à notre infirmité. Ainsi nous pourrons suivre Notre-Seigneur Jésus-Christ et l'accompagner.

 Là, frères, est l'ouvrage exigé de nous ; là, le travail, la tâche indiquée par le Seigneur aux travailleurs fidèles. Mais comme ce que nous avons dit jusqu'ici effraie les faibles, qui ne se croient pas à la hauteur de tels travaux, venons à la rémunération, qui stimule et aiguillonne même les cœurs sans courage.

 

Notre Evangile nous la présente sous un aspect nouveau ; il nous donne comme une anticipation, un avant-goût de la gloire future. Voici comme il s'exprime :

 « Jésus ayant pris Pierre, Jacques et Jean son frère, les mena à l'écart sur une haute montagne, et se transfigura devant eux. » Matth. xvII, 1. Ce passage nous apprend qu'il y a dans l'Eglise divers degrés de vertus et de dons célestes. Car il y a des dons communs de l'Esprit divin, qui sont offerts à tous les justes indistinctement ; et il y en a d'autres tout particuliers, qui sont réservés aux amis familiers de Dieu.

 Dans le Cantique, l'Epoux les désigne implicitement, quand il dit : « Buvez, mes amis, enivrez-vous, mes bien-aimés. » Cant. v, 2. Aux amis de boire, aux bien-aimés de s'enivrer. C'est ce que nous apprenons de cette histoire sacrée, où nous voyons le Seigneur inviter à ce banquet solennel, non pas tous les Apôtres, mais seulement les principaux, les chéris, les bien-aimés. Car, bien que tous fassent appelés à la dignité de l'apostolat, ce choix exceptionnel fait voir qu'il y a des dons particuliers de Dieu, réservés non à tous, mais à un petit nombre.

 Il faut encore observer que le Seigneur conduit ses disciples sur une montagne pour manifester à leurs yeux l'éclat et la gloire de son corps : non pas sur la première montagne venue, mais sur une montagne élevée.

 Qui ne verrait un mystère dans ce fait, que la sagesse divine choisit de préférence, pour montrer sa gloire à ses disciples, un lieu qu'on ne pouvait gravir sans fatigue ? Quel est ce mystère ? — Assurément la hauteur du lieu est le symbole de l'élévation de l'âme qui contemple les mystères du ciel. Quiconque veut s'élever à ces hauteurs, doit gravir la montagne, c'est-à-dire, abandonner les choses de la terre, tourner le dos à tout ce qui est mondain, et, ravi de cœur et d'âme jusque dans le ciel, pouvoir dire avec le poète :

 

Terra vale, curaeque humiles, homincsque valete.

Adieu, terre et ignobles préoccupations, hommes, adieu.

 

C'est ce que signifie la nuée d'où sort la voix de Dieu, et de laquelle il est écrit : « Il prend la nuée pour son char, et est porté sur l'aile des vents. » Ps. c111, 3. Car la nuée, formée des vapeurs de la terre, quitte la terre, où elle a pris naissance; et devenue plus légère que l'air, elle s'enlève dans les régions supérieures ; elle s'y fixe, et ne retombe plus de haut en bas. Isaïe, admirant la légèreté et la hauteur de ces nuées, s'écrie : « Qui sont ceux-ci qui sont emportés en l'air comme des nuées? t> Isa. 1x, 8, c'est-à-dire qui abandonnant la terre, s'élèvent vers le ciel, et s'arrêtent sur les hauteurs ?

 C'est l'image des saints qui, voyageurs, de corps seulement, sur cette terre, vivent par la pensée, et par leurs aspirations, dans l'éternelle patrie.

 Sur ce lieu élevé le Seigneur se transfigura sous les yeux de ses disciples. « Son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la neige. En même temps apparurent

 Moïse et Elie qui s'entretenaient avec lui. » Matth. xvII, 2. Cet éclat frappa Pierre d'une telle admiration et d'une telle joie, qu'il dit au Seigneur : « Seigneur, nous sommes bien ici ; faisons-y, si vous voulez, trois tentes; une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie. » Car, il ne savait, dit S. Marc, ce qu'il disait. Ce spectacle le ravissait, l'enivrait tellement que toutes les puissances de son âme étaient hors d'elles-mêmes, ne sentaient que cette immense joie, et ne saisissaient rien autre chose.

 De même qu'un vase rempli d'un liquide n'en peut recevoir aucun autre, mais laisse écouler tout ce qu'on y verse; de même, cette âme débordait d'une telle joie, qu'elle ne pouvait recevoir aucune chose étrangère ; tout entière plongée dans cette mer de volupté, tout ce qu'elle voyait, tout ce qui l'entourait, lui était volupté, joie, bonheur.

 Or, si cette faible goutte de suavité céleste enivrait tellement l'âme de l'apôtre, qu'elle le ravissait, le transportait hors de luimême, qu'eût-ce été s'il eût bu à longs traits aux torrents de la volupté divine? Pierre n'avait vu dans la gloire que l'humanité de Jésus-Christ, il n'avait pas contemplé la forme divine du Verbe et son ineffable beauté ; et il est tellement ravi de ce seul spectacle, que voulant rester à toujours sur cette montagne, il dit : « Seigneur, il fait bon être ici ; si vous voulez, faisons-y trois tentes ; une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie. » Voilà ce qu'il demandait, après avoir vu uniquement deux élus briller avec le Seigneur dans sa majesté; il ne demandait pas d'autre bonheur au monde, tant il était captivé de leur aspect et de leur beauté. Qu'eût-il donc fait, s'il eût vu tant de milliers d'âmes bienheureuses, autour du trône de Dieu ? S'il eût vu les empressements des Anges, la gloire des Archanges, la puissance des Dominations, l'élévation des Principautés, la majesté des Trônes, le merveilleux éclat des Chérubins et des Séraphins? Et encore, sur cette montagne il n'avait entendu parler que de la passion du Seigneur, de la croix, des clous, des coups et des opprobres. Car les prophètes ne s'entretenaient que de la sortie du monde du Sauveur, laquelle devait avoir lieu à Jérusalem. Qu'eût-il ressenti, s'il eût entendu ces douces paroles qui résonnèrent aux oreilles de S. Jean : "Bénédiction, gloire, sagesse, actions de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu dans les siècles des siècles, Amen? » Apoc. VII, 12. Et encore il vit cette figure du Sauveur sur une montagne terrestre, qui portait des épines et des ronces ; il n'avait pas vu « cette montagne grasse et fertile, où Dieu s'est plu à établir sa demeure, » Ps. LxvII, 16 et 17; ni les trônes du ciel et ses palais magnifiques ; ni le fleuve d'eau vive, claire comme le cristal ; ni l'arbre de vie, planté sur la rive, et portant chaque mois un fruit salutaire, Apoc. XXII, 1 et 2 ; ni cette cité qui est tout or pur, semblable au diamant, ni sa lampe étincelante, qui est l'agneau de Dieu, ni ces douze portes dont chacune est une pierre précieuse, Apoc. xx.

 

Celui qui sur une montagne terrestre, et enfermé dans une chair mortelle, était livré à de tels transports qu'il ne savait ce qu'il disait, qu'eût-il fait, s'il lui eût été donné de goûter toutes ces joies, et d'en jouir sans fin ?

 

 


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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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