spiritualite

Publié le 1 Mars 2016

 

 

parler de la miséricorde sans parler de la justice de Dieu et des peines dues aux péchés,  est une hérésie. en pleine confusion de la bonté et de la miséricorde. 

 

 

La miséricorde est le second sentiment qui s'éleva en Dieu.

J'ai dit la miséricorde et non la bonté; la bonté c'est l'amour de l'être bon et saint, pour l'être bon et saint. La miséricorde est l'amour de celui qui est saint pour celui qui est souillé, de celui qui est juste pour celui qui est injuste: plus l'être qui en est l'objet est coupable et souillé, plus la miséricorde le recherche et le sollicite; c'est l'amour de la mère qui voit son enfant à l'état de cadavre; qui le presse encore contre son sein et qui est étonnée que son souffle et ses mamelles ne puissent lui rendre la vie qu'elle lui avait donnée.

Dieu dut éprouver pour l'homme un sentiment de miséricorde infinie. Mais comment Dieu peut-il éprouver la miséricorde avec la répulsion pour le coupable.

Comment peut-il éprouver ce mouvement contradictoire?

 

C'est qu'à côté du mal, dans l'être dégradé, Dieu vit encore l'être lui-même fait à son image; il restait encore dans cette intelligence décolorée, dégradée, ce qui restait dans la boîte de Pandore lorsque tous les maux en furent sortis... l'espérance!

Oui, quand celui que nous aimions nous échappe par des infamies, nous courons vers lui en lui tendant les bras: Viens, lui crions-nous, reviens; et ce qui nous soutient c'est l'espoir qu'il pourra s'arrêter, qu'il retournera sa face, et qu'un baiser de paix et de conciliation pourra se confondre entre lui et nous.

Oui, le plus grand criminel est encore un chef-d'oeuvre de grâce, de puissance, de bonté; et quand Dieu couvre de son regard les profondeurs de ces cachots où sont entassés les coupables qu'a flétris la justice humaine, il y découvre des âmes qui un jour seront dignes d'être placées sur les autels.

 

La justice et la miséricorde existaient donc dans Dieu, et ces deux mouvements sont comme deux lignes parallèles qui partent du coeur de Dieu et ne devraient jamais se rencontrer, et qui pourtant se coupent à un point d'intersection, à un point qui les rapproche et les accorde, et ce point c'est ... l'expiation!

 

L'expiation est l'arche jetée entre la justice et la miséricorde de Dieu.

 

L'expiaton consiste en ce que la miséricorde consent à pardonner, en faisant à la justice cette condition qu'il y aura une satisfaction; et la justice, assurée de cette satisfaction, permet à la miséricorde d'octroyer son pardon.

...

Or, quelle est cette satisfaction? C'est la peine; c'est-à-dire une excommunication totale ou partielle du bien, ou une répulsion dans la sphère du bien, dans la sphère du mal. Cette répulsion est inévitable; car, comme dit Homère, la peine suit le crime d'un pas lent mais sûr.

...

La foi nous enseigne que dans l'autre vie qui est l'époque de réparation, la peine ne modifie rien: la miséricorde est passée, la justice seule est debout; et quelque chose encore de plus terrible que la justice, l'amour méprisé pèse de tout son poids sur le tombeau du réprouvé, et scelle à tout jamais la pierre de l'enfer. ' Ce n'est pas la justice, dit Dante, qui a créé l'enfer, c'est l'amour méconnu."

 

Aussi, que le criminel, sur l'échafaud, ait un repentir véritable, qu'un rayon de la grâce descende dans son coeur, et quand le bourreau croira prendre sa vie, c'est lui qui l'offrira en holocauste, en esprit d'expiation. De scélérat avili, il deviendra héros, car l'héroïsme consiste à sacrifier sa vie; il deviendra victime et prêtre, et il croira entendre Dieu lui dire comme à son Fils:" Tu es sacerdos in aeternum, secundum ordinem Melchisedech."  Tu es prêtre de toute éternité, selon l'ordre de Melchisédech." ....

Ainsi l'expiation consiste dans l'acceptation volontaire de la peine. Il faut qu'en acceptant la peine le coupable s'écrie avec le bon larron: Et nos quidem juste, nam digna factis recipimus; hic vero nihil gessit."  Pour nous c'est avec justice que nous souffrons la peine que nos crimes ont méritée; mais celui-ci n'a fait aucun mal."

Ainsi Jésus-Christ , ne tarda pas à lui dire: " Amen dico tibi, hodie mecum eris in paradiso:" Et Jésus lui répondit: Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis."

 

La société te condamne et t'excommunie. Mais: va: sacer esto " Sois sacré."

....

Vous ne pourrez réhonorer celui que vous aurez flétri, que quand la société sera devenue ce qu'elle doit être, lorsque toute prison sera devenue une maison religieuse et tout geôlier un prêtre. Car le prêtre, en jetant à ses pieds la victime, confond le chrétien et le criminel dans un même embrassement; il les enveloppe d'un même manteau et les sauve l'un par l'autre.

 

Mais quand le prêtre se retire, la Miséricorde s'en va, toute la société s'ébranle; de même que toute machine, pour fonctionner, a besoin d'une certaine huile qui facilite ses mouvements, de même la société ne peut subsister sans cet ingrédient de la miséricorde.

 

Lacordaire.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 1 Mars 2016

 

 

Prééminence de saint Joseph sur tout autre saint

Saint Joseph, plus grand des saints, une doctrine commune :

La doctrine selon laquelle saint Joseph, après Marie, a été et est toujours plus uni à Notre-Seigneur que tout autre saint tend à devenir de plus en plus une doctrine communément reçue dans l’Église. Elle ne craint pas de déclarer l’humble charpentier supérieur en grâce et en béatitude aux Patriarches, à Moïse, le plus grand des prophètes, à saint Jean-Baptiste, et aussi aux Apôtres, à saint Pierre, à saint Jean, à saint Paul, à plus forte raison supérieur en sainteté aux plus grands martyrs et aux plus grands docteurs de l’Église.

Cette doctrine a été enseignée par Gerson, par saint Bernardin de Sienne. Elle devient de plus en plus courante à partir du XVIe siècle : elle est admise par sainte Thérèse, par saint François de Sales, par Suarez, plus tard par saint Alphonse de Liguori et beaucoup d’autres.

 

L'union conjugale s'accompagne de la communication des biens entre Marie et Joseph :

Enfin S. S. Léon XIII, dans l’encyclique Quanquam pluries, a écrit :

« Certes, la dignité de Mère de Dieu est si haute qu’il ne peut être créé rien au-dessus. Mais comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu’il ait approché, plus que personne, de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les autres créatures.

L’union conjugale est en effet la plus grande de toutes ; à raison de sa nature même, elle s’accompagne de la communication réciproque des biens des deux époux. Si donc Dieu a donné à la Vierge Joseph comme époux, bien certainement il ne le lui a pas seulement donné comme soutien dans la vie, comme témoin de sa virginité, gardien de son honneur, mais il l’a fait aussi participer par le lien conjugal à l’éminente dignité qu’elle avait reçue. »

 

Une mission exceptionnelle requiert une sainteté exceptionnelle :

Le principe général par lequel la théologie, expliquant la révélation, montre quelle devait être, dès ici-bas, la plénitude de grâce créée en la sainte âme du Sauveur, quelle devait être la sainteté de Marie et aussi la foi des Apôtres, repose sur la mission divine exceptionnelle qu’ils avaient reçue, mission qui demandait une sainteté proportionnée.

Il y a quelque chose de semblable pour saint Joseph.

 

On saisit mieux la vérité et l’importance de ce principe révélé et de soi évident, en considérant par contraste ce qui arrive trop souvent dans la direction des choses humaines. Il n’est pas rare que des incapables et des imprévoyants y occupent de très hautes fonctions, au grand détriment de ceux qu’ils gouvernent.

Mais enfin le désordre est le désordre, l’insuffisance est l’insuffisance, et il ne saurait se trouver rien de pareil en ceux qui sont immédiatement choisis par Dieu lui-même, et préparés directement par lui, pour être ses ministres exceptionnels dans l’œuvre de la rédemption.

 

rp Garrigou lagrange.

 


 
 

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Publié le 29 Février 2016

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Publié le 29 Février 2016

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Publié le 29 Février 2016

 

 

"Il descendit donc, se plongea sept fois dans le Jourdain selon la parole de l'homme de Dieu et sa chair redevint nette comme la chair d'un petit enfant: il était guéri."

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 29 Février 2016

 

Courage ! ne nous décourageons pas lorsque nous tombons ; relevons-nous au contraire, et, comme le voyageur qui a fait une chute, marchons, courons plus vite pour rattraper le temps perdu.

Que notre chute nous rende plus humbles ; faisons des actes d’humilité à la vue de cette faute, mais surtout faisons des actes d’espérance, espérant fermement que nous avons la grâce de ne plus retomber à l’avenir et qu’il dépend de nous seuls d’être parfaitement saints à l’avenir. Jésus est là dans notre cœur et nous en donne le moyen ; ayons un profond regret de notre faute, ayons-en une contrition parfaite, la regrettant amèrement parce qu’elle offense Dieu infiniment bon et infiniment aimable, Dieu, c’est tout dire ; mais ne nous attardons pas trop longtemps, surtout dans le moment même, et d’ordinaire, sur le souvenir de notre faute, venons-en tout de suite au ferme propos de ne plus y tomber ; examinons s’il y a lieu, les moyens à prendre pour ne plus la commettre. Et puis ne regardant plus le passé (pour le moment du moins : on pourra y revenir plus tard, dans l’oraison, s’il y a lieu, pour s’humilier, se repentir, se fondre en reconnaissance du pardon accordé par Dieu), ne voyons que l’avenir et entrons hardiment et avec confiance dans une nouvelle voie ; regardons non plus en arrière, mais en avant ; ne regardons pas seulement, pas tant les fautes à ne plus commettre, mais surtout les vertus à pratiquer  ; regardons moins le mal pour ne pas le faire que le bien, pour le pratiquer ; ne regardons pas tant nos péchés passés pour ne pas y retomber, que Jésus et ses perfections pour les imiter. Courage ! et en avant !

 

Charles de Foucauld. 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 29 Février 2016

Rédigé par Philippe

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Publié le 29 Février 2016

 

 

 

le petit Placide a la joie de vous annoncer une élection abbatiale à l'abbaye st Paul de Wisques ce dimanche de Quasimodo 3 Avril 2016.

veille de l'anniversaire de la naissance de dom Guéranger

(le 4 Avril 1805) .

" la charge d'Administrateur de ce monastère que le Père Abbé de Solesmes m'avait remise le 10 0ctobre 2013 prendra fin au moment de l'élection. " Sans surprise, le futur père abbé serait (avec sous toutes réserves) le père de Montauzan,  prieur actuel de la communauté. Le père abbé devrait être ce jour à Argenteuil, sauf si modification de son emploi du temps. Depuis 2009, l'abbaye n'avait pas de père abbé. Cela fait donc 7 ans. Une nouvelle bénédiction abbatiale en perspective..

 

nous prierons le saint Esprit  particulièrement à cette intention et offrons ce carême pour tous les moines de l'abbaye et leur futur abbé. 

 

+

 

merci à mon père maître pour son tout petit mot trop sympa puisque je pense que vous  me lisez de temps à autre surveillant normal ce que je peux diffuser. il y a des autorisations de sortie, je n'en doute pas.

Ce matin en jetant ma vie de merde dans les bras du Père, disant mon chapelet, j'ai prié pour vous. pour le père Abbé;  je commence mes journées comme ça. déposer sa vie de merde...ça fait du bien.

Votre affection à mon égard me touche profondément.  Se sentir aimé par simplement 3 mots ... ! même si on en est indigne.

j'ai demandé une trève à mes souffrances à la ste Vierge; m'étonnerait.

On ne pourra pas non plus empêcher les gens de vous faire du mal. Sur la toile aussi  ils sont très forts même s'il n'y en a qu'un. On ne sait pas si c'est par bêtise ou par méchanceté. y a des gens comme ça.   Dénoncer l'idéologie de la gauche, c'est formidable, mais l'extrême droite  péché mortel ! c'est comme ça  la dictature de la pensée unique n'est pas qu'à gauche.

priez pour moi.  en route vers Pâques  (?) , offrant tout ça pour le futur père Abbé de Wisques, (le père Bruno .. hi hi hi ça me plairait assez ! ) .

" Je vous serais reconnaissant de n'être pas trop exigeants et de limiter les demandes, la longueur et la teneur des entretiens, à ce qui est vraiment nécessaire et à ce qui relève de la direction spirituelle... "

je comprends qu'on ne puisse plus disposer de moines à fontgombault comme avant du temps du père Henry autant qu'on voudrait, les effectifs étant réduits. les longues après-midi  avec un moine, maintenant ça doit être révolu.  Evidement si c'est pour leur parler de politique et de toutes les histoires de curés .. ça se comprend!

Il me faudrait plus d'une après-midii, une semaine, un mois,  pour que je commence à y voir clair tant le brouillard est épais depuis le temps que je n'ai vu personne ! pire qu'un brouillard londonien..

Que la sainte Vierge, que saint Joseph,  vous garde tous chers moines de Fontgombault et de Wisques .. 

 

Philippe

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 28 Février 2016

 

Joseph vendu par ses frères.

 

 

 

Joseph, âgé de seize ans, et n’étant encore qu’un enfant, conduisait le troupeau de son père avec ses frères, et il était avec les enfants de Bala et de Zelpha, femmes de son père. Il accusa alors ses frères, devant son père, d’un crime énorme. Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu’il l’avait eu étant déjà vieux ; et il lui avait faire une robe de plusieurs couleurs. Ses frères, voyant donc que leur père l’aimait plus que tous ses autres enfants, le haïssaient et ne pouvaient lui parler avec douceur. Il arriva aussi que Joseph rapporta à ses frères un songe qu’il avait eu, qui fut encore la semence d’une plus grande haine. Car il leur dit : « Ecoutez le songe que j’ai eu. Il me semblait que je liais des gerbes dans la campagne, que ma gerbe se leva et se tient debout, et que les vôtres, entourant la mienne, l’adoraient. » Ses frères lui répondirent : « Est-ce que tu seras notre roi, et serons-nous soumis à ta puissance ? » Ces songes et ses entretiens allumèrent donc encore davantage l’envie et la haine qu’ils avaient contre lui. Il eut encore un autre songe, qu’il raconta à ses frères, en leur disant : « J’ai vu en songe que le soleil et la lune, et onze étoiles m’adoraient. » Lorsqu’il eut rapporté ce songe à son père et à ses frères, son père lui en fit réprimande, et il lui dit : « Que voudrait dire ce songe que tu as eu ? Est-ce que ta mère, tes frères et moi nous t’adorerons sur la terre ? »

 

 

"Ruben, les ayant entendus parler ainsi, tâchait de le tirer d’entre leurs mains, et il leur disait : « Ne le tuez point et ne répandez point son sang, mais jetez-le dans cette citerne qui est au désert, et conservez vos mains pures. » Il disait cela dans le dessein de le tirer de leurs mains et de le rendre à son père. Aussitôt donc que Joseph fut arrivé près de ses frères, ils lui ôtèrent sa robe de plusieurs couleurs, qui le couvrait jusqu’en bas ; et ils le jetèrent dans cette vieille citerne, qui était sans eau. S’étant ensuite assis pour manger, ils virent des Ismaëlites qui passaient, et qui, venant de Galaad, portaient sur leurs chameaux des parfums, de la résine et de la myrrhe, et s’en allaient en Egypte. Judas dit alors à ses frères : Que nous servira si nous tuons notre frère et nous cahcons son sang ? Il vaut mieux qu’il soit vendu aux Ismaélites, et que nos mains ne soient pas souillées ; car il est notre frère et notre chair. Ses frères acquiescèrent à ses discours. Et des marchands Madianites passant, ils le retirèrent de la citerne et le vendirent vingt pièces d’argent aux Ismaélites qui le menèrent en Egypte.

 

 

 

 

Le Sauveur nous y apprend que cet esprit immonde, chassé d’une âme, s’en va errant dans les lieux arides et déserts. C’est là qu’il dévore son humiliation, et qu’il sent davantage les tortures de cet enfer qu’il porte partout avec lui, et dont il voudrait se distraire, s’il le pouvait, par le meurtre des âmes que Jésus-Christ a rachetées. L’Ancien Testament nous montre déjà les démons vaincus, réduits à fuir dans des solitudes éloignées : c’est ainsi que le saint Archange Raphaël relégua dans les déserts de l’Égypte supérieure l’esprit infernal qui avait fait périr les sept maris de Sara. Mais l’ennemi de l’homme ne se résigne pas à rester ainsi toujours éloigné de la proie qu’il convoite. La haine le pousse, comme au commencement du monde, et il se dit : « Il faut que je retourne à ma maison d’où je suis sorti ». Mais il ne viendra pas seul ; il veut triompher, et pour cela il amènera, s’il le faut, avec lui sept autres démons plus pervers encore. Quel choc se prépare pour la pauvre âme, si elle n’est pas vigilante, fortifiée ; si la paix que Dieu lui a rendue n’a pas été une paix armée ! L’ennemi sonde les abords de la place ; dans sa perspicacité, il examine les changements qui se sont opérés pendant son absence. Qu’aperçoit-il dans cette âme où il avait naguère ses habitudes et son séjour ? Notre Seigneur nous le dit : le démon la trouve sans défense, toute disposée à le recevoir encore ; point d’armes dirigées contre lui. Il semble que l’âme attendait cette nouvelle visite. C’est alors que, pour être plus sûr de sa conquête, l’ennemi va chercher ses renforts. L’assaut est donné ; rien ne résiste ; et bientôt, au lieu d’un hôte infernal, la pauvre âme en recèle une troupe ; « et, ajoute le Sauveur, le dernier état de cet homme devient pire que le premier ».

Comprenons l’avertissement que nous donne la sainte Église, en nous faisant lire aujourd’hui ce terrible passage de l’Évangile. De toutes parts, des retours à Dieu se ménagent ; la réconciliation va s’opérer dans des millions de consciences ; le Seigneur va pardonner sans mesure ; mais tous persévéreront-ils ? Lorsque le Carême reviendra dans un an convoquer les chrétiens à la pénitence, tous ceux qui, dans ces jours, vont se sentir arrachés à la puissance de Satan, auront-ils maintenu leurs âmes franches et libres de son joug ? Une triste expérience ne permet pas à l’Église de l’espérer. Beaucoup retomberont, et peu de temps après leur délivrance, dans les liens du péché. Oh ! S’ils étaient saisis par la justice de Dieu en cet état ! Cependant, tel sera le sort de plusieurs, d’un grand nombre peut-être. Craignons donc la rechute ; et pour assurer notre persévérance, sans laquelle il nous eût peu servi de rentrer pour quelques jours seulement dans la grâce de Dieu, veillons désormais, prions, défendons les abords de notre âme, résignons-nous au combat ; et l’ennemi, déconcerté de notre contenance, ira porter ailleurs sa honte et ses fureurs.

 

dom Guéranger

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Février 2016

 

C'était en 1953. L'expédition était partie le 10 mars. A plusieurs reprises, bravant le froid, l'altitude et le temps, quelques-uns avaient approché le sommet sans pouvoir conclure. Finalement, ce 29 mai, il revint à Edmund Hillary et au sherpa Tenzing Norgay, d'être les premiers à vaincre le ''toit du monde'' et fouler de leurs pieds endoloris le sommet vierge de la plus haute montagne du monde. C'est presque par surprise qu'ils prirent conscience d'y être parvenu. « Il n'y eut soudain plus rien autour de moi que l'espace, dans toutes les directions. Nous étions debout sur l'Everest », commenta Hillary. Mais combien de morts la redoutable cime garde-t-elle dans ses flancs ? Ceux qui avaient échoué avant la fameuse date de sa reddition. Ceux qui s'y essayèrent au cours des années jusqu'aujourd'hui.

Que d'énergie dépensée pour atteindre au Graal des alpinistes ! Que d'entraînement, que de renoncements, que de préparation pour une réussite incertaine ! Et pourtant, l'Everest, avec ses 8848 m., n'est pas la plus haute montagne du monde ni la plus difficile à conquérir. Il en est une autre, située, à Jérusalem qui requiert toutes nos attentions et toute notre énergie pour se laisser vaincre.

Le mont Golgotha est, en vérité, une bien modeste protubérance de rocher. Du temps du Seigneur Jésus, elle était plantée au milieu d'une ancienne carrière sise près d'une porte de la Ville Sainte. Les romains en avaient fait le lieu des exécutions publiques de sorte que tous ceux qui allaient et venaient puissent contempler avec crainte la poigne de fer implacable de l'occupant, châtiant les factieux et bandits de tout acabit.

Il lui fallut une force surhumaine pour escalader ce bout de roche grossier. Avec sa Croix, Il portait dans sa chair tous les péchés des hommes de tous les temps. Il traînait dans son sillage la marée humaine de tous les âges, incapable non seulement de l'aider, mais accrochant, comme des boulets à ses pieds, le fardeau de ses résistances à la grâce et l'ingratitude de sa légèreté agrippée aux biens qui ne peuvent la combler. C'était bien autre chose que l'Everest ! Ou plutôt un Everest spirituel inimaginable ! C'est la montagne du Seigneur où Il établit sa demeure. Cette maison de Dieu présent au milieu de nous, c'est le Corps ensanglanté de Jésus, dernier cri d'Amour et d'offrande, élevé sur la montagne du crâne pour que, désormais, se répande sur toute la planète les flots de la miséricorde jaillissant de son Cœur.

En juin dernier, j'ai eu la grâce de pouvoir y célébrer le Saint-Sacrifice de la Messe. J'avoue avoir été pris de vertige alors que j'élevais l'hostie puis le calice. Toute Messe puise en ce lieu sa puissance de grâce et de salut. C'est de ce lieu précis que jaillit la source inépuisable de la grâce divine qui s'écoule surabondamment dans tous les lieux du monde et dans toutes les époques, par la Sainte Messe. Le Calvaire, vaincu par le Grand Prêtre de notre salut, est bien le toit du monde d'où le Seigneur contemple les espaces vides de nos cœurs, de nos sociétés, de nos civilisations, dans toutes les directions. Il les contemple d'un regard amoureux pour les combler des flots de Sa vie donnée, encore et encore.

Pendant ce temps du carême, comment allons-nous rejoindre Jésus sur le mont Golgotha ? Comment allons-nous l'aider à porter sa Croix ? Comment allons-nous nous unir à Son sacrifice en vue de la rémission des péchés afin de renaître à la vraie vie et de ressusciter avec Lui ?

Ne faisons pas mentir la prophétie de Michée : « Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, elle s'élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront des peuples et viendront des nations nombreuses » (4, 1-2a). Avec la Très Sainte Vierge Marie et saint Jean, tenons-nous vaillamment debout au pied de la Croix, pour que les eaux miraculeuses de la rédemption nous atteignent et atteignent tous les hommes !

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Rédigé par Philippe

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