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Publié le 4 Septembre 2016

Rédigé par Philippe

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Publié le 4 Septembre 2016

 

"les hommes n'ont jamais fait l'expérience de Dieu; ils n'ont jamais "goûté" à Dieu, ils n'ont jamais ressenti combien il est délicieux d'être "touché" par Dieu! "

benoît XVI

 

 

 

En la personne de mr l'abbé Loïc Bellais, nous ne pouvons que lui souhaiter bonne route et bonne chance. Espérons qu'il en sera l'instrument.  avec l'assurance de nos humbles et médiocres  prières.

 

 

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Publié le 4 Septembre 2016

 

Et, enfin, le message de l'Evangile.

 

A nouveau l'échec de Dieu. Ceux qui ont été invités en premier se dérobent, ne viennent pas. La salle de Dieu reste vide, le banquet semble avoir été préparé en vain. C'est ce dont Jésus fait l'expérience dans la phase finale de son activité:  les groupes officiels, faisant autorité, disent "non" à l'invitation de Dieu, qui est Lui-même. Ils ne viennent pas.

Son message, son appel finit dans le "non" des hommes. Mais ici non plus:  Dieu n'échoue pas.

La salle vide devient une occasion d'appeler un plus grand nombre de personnes. L'amour de Dieu, l'invitation de Dieu s'élargit - Luc nous raconte cela en deux étapes: 

d'abord, l'invitation est adressée aux pauvres, aux personnes abandonnées, à ceux qui ne sont invités par personne dans la ville.

De cette façon, Dieu fait ce que nous avons entendu dans l'Evangile d'hier. (L'Evangile d'aujourd'hui fait partie d'un petit symposium dans le cadre d'un dîner chez un Pharisien. Nous trouvons quatre textes:  d'abord la guérison de l'hydropique, puis la parabole sur la dernière place, puis l'enseignement de ne pas inviter les amis qui pourraient rendre la pareille, mais ceux qui ont véritablement faim, et qui ne peuvent pas rendre l'invitation, et enfin suit notre récit).

Dieu fait à présent ce qu'il a dit au Pharisien:  Il invite ceux qui ne possèdent rien, qui ont vraiment faim, qui ne peuvent pas l'inviter, qui ne peuvent rien lui donner.

Puis a lieu la deuxième étape:  Il sort de la ville, sur les routes de campagne; il invite les sans-abris.

Nous pouvons supposer que Luc a compris ces deux étapes dans le sens où les premiers à arriver dans la salle sont les pauvres d'Israël et après - étant donné qu'ils ne sont pas assez nombreux, car le domaine de Dieu est plus  grand - l'invitation s'étend au-delà de la Ville Sainte vers les autres nations.

Ceux qui n'appartiennent pas du tout à Dieu, qui sont au-dehors, sont à présent invités pour remplir la salle. Et Luc, qui nous a transmis cet Evangile a certainement vu en cela la représentation anticipée de façon imagée des événements qu'il rapporte ensuite dans les Actes des Apôtres, où c'est précisément ce qui a lieu:  Paul commence toujours sa mission dans la synagogue, par ceux qui ont été invités en premier, et ce n'est que lorsque les personnes faisant autorité se sont dérobées et que n'est resté qu'un petit groupe de pauvres qu'il sort et va vers les païens.

Ainsi, l'Evangile, à travers ce parcours de crucifixion toujours nouveau, devient universel, englobe tout, et arrive finalement à Rome. A Rome, Paul appelle les chefs de la synagogue, leur annonce le mystère de Jésus Christ, le royaume de Dieu dans Sa personne. Mais les notables se dérobent, et il prend congé d'eux par ces paroles:  étant donné que vous n'écoutez pas, ce message est annoncé aux païens, et eux l'écouteront. C'est par cette certitude que se conclut le message de l'échec:  eux écouteront; l'Eglise des païens se formera. Et elle s'est formée et continue de se former. Au cours des visites ad limina, j'entends parler de nombreuses choses graves et difficiles, mais toujours - précisément du tiers-monde -, j'entends également cela:  que les hommes écoutent, qu'ils viennent, qu'aujourd'hui aussi, le message arrive sur les routes jusqu'aux confins de la terre et que les hommes se pressent dans la salle de Dieu, à son banquet.

Nous devrions donc nous demander:  Que signifie tout cela pour nous? Cela signifie avant tout une certitude:  Dieu n'échoue pas.

Il "échoue" continuellement, mais précisément pour cela, il n'échoue pas, car il en tire de nouvelles opportunités de miséricorde plus grande, et son imagination est inépuisable.

Il n'échoue pas car il trouve toujours de nouveaux moyens d'atteindre les hommes et d'ouvrir davantage sa grande maison, afin qu'elle se remplisse complètement. Il n'échoue pas car il ne se soustrait pas à la perspective de solliciter les hommes afin qu'ils viennent s'asseoir à sa table, à prendre la nourriture des pauvres, dans laquelle est offert le don précieux, Dieu lui-même. Dieu n'échoue pas, pas même aujourd'hui. Même si nous entendons de nombreux "non", nous pouvons en être certains. De toute cette histoire de Dieu, à partir d'Adam, nous pouvons conclure:  Il n'échoue pas. Aujourd'hui aussi, il trouvera de nouvelles voies pour appeler les hommes et il veut que nous soyons à ses côtés comme ses messagers et ses serviteurs.

 

Précisément à notre époque, nous connaissons très bien le "non" prononcé par ceux qui ont été invités en premier.

En effet, les chrétiens d'Occident, c'est-à-dire les nouveaux "premiers invités", se dérobent aujourd'hui en grand nombre, ils n'ont pas le temps d'aller vers le Seigneur. Nous connaissons bien les Eglises qui se vident toujours plus, les séminaires qui continuent de se vider, les maisons religieuses qui se vident toujours plus; nous connaissons toutes les formes sous lesquelles se présente ce "non, j'ai d'autres choses importantes à faire". Et cela nous fait peur et nous bouleverse d'être témoins de ces invités qui s'excusent et se dérobent, et qui en réalité, devraient comprendre la grandeur de l'invitation et devraient se presser dans cette direction. Mais que devons-nous faire?

Nous devons avant tout nous poser une question:  pourquoi cela a-t-il précisément lieu?

Dans sa parabole, le Seigneur cite deux raisons:  la possession et les relations humaines, qui absorbent  tellement les personnes qu'elles considèrent qu'elles n'ont plus besoin de rien d'autre pour remplir totalement leur temps et donc leur existence intérieure.

Saint Grégoire le Grand, dans sa présentation de ce texte, a tenté d'aller plus loin et s'est demandé:  mais comment est-il possible qu'un homme dise "non" à ce qu'il y a de plus grand; qu'il n'ait pas de temps pour ce qui est plus important, qui contient en soi sa propre existence? Et il répond:  En réalité, les hommes n'ont jamais fait l'expérience de Dieu; ils n'ont jamais "goûté" à Dieu, ils n'ont jamais ressenti combien il est délicieux d'être "touché" par Dieu!

Il leur manque ce "contact" et, à travers cela, le "goût de Dieu".

Ce n'est que si, pour ainsi dire, nous le goûtons que nous venons alors au banquet. Saint Grégoire cite le Psaume, dont est tirée l'Antienne de la communion d'aujourd'hui:  goûtez et dégustez, et voyez; goûtez, et alors, vous verrez et vous serez illuminés! Notre devoir est d'aider les personnes à pouvoir goûter, afin qu'elles puissent sentir à nouveau le goût de Dieu.

Dans une autre homélie, saint Grégoire le Grand a approfondi plus encore la même question, et s'est demandé: 

Comment se fait-il que l'homme ne veuille pas même "goûter" Dieu? Et il répond:  lorsque l'homme est occupé entièrement par son monde, par les choses matérielles, par ce qu'il peut faire, par tout ce qu'il peut réaliser pour connaître le succès, par tout ce qu'il peut produire ou comprendre, alors, sa capacité de perception à l'égard de Dieu s'affaiblit, l'organe qui perçoit Dieu dépérit, devient incapable de percevoir et insensible. Il ne perçoit plus le Divin, car l'organe correspondant en lui s'est desséché, il ne n'est plus développé.

Lorsqu'il utilise trop les autres organes, ceux empiriques, alors, il peut advenir que précisément le sens de Dieu s'affaiblisse; que cet organe meure; et que l'homme, comme le dit saint Grégoire, ne perçoive plus le regard de Dieu, le fait d'être regardé par Lui - cette chose précieuse qu'est son regard qui se pose sur moi!

Je pense que saint Grégoire le grand a décrit exactement la situation de notre époque - en effet, il s'agissait d'une époque très semblable à la nôtre.

Et la question se pose encore:  que devons-nous faire?

Je pense que la première chose est celle que le Seigneur nous dit aujourd'hui dans la première Lecture et que saint Paul nous proclame au nom de Dieu:  "Ayez en vous les mêmes sentiments qui sont dans Jésus Christ! - Touto phroneite en hymin ho kai en Christo Iesou". Apprenez à penser comme a pensé le Christ, apprenez à  penser  avec Lui!

Et cette façon de penser n'est pas seulement celle de l'esprit, mais également une pensée du coeur. Nous apprenons les sentiments de Jésus Christ lorsque nous apprenons à penser avec Lui et donc, lorsque nous apprenons à penser également à son échec et à sa façon de traverser l'échec, à l'accroissement de son amour dans l'échec. Si nous entrons dans ses sentiments, si nous commençons à nous exercer à penser comme Lui et avec Lui, alors se réveille en nous la joie à l'égard de Dieu, la certitude qu'Il est de toute façon le plus fort; oui, nous pouvons le dire, l'amour pour Lui se réveille en nous. Nous ressentons combien il est beau qu'Il soit là et que nous puissions Le connaître - que nous le connaissions dans le visage de Jésus Christ,  qui  a  souffert pour nous.

Je pense que c'est la première chose:  que nous entrions nous-mêmes dans un contact vivant avec Dieu, avec le Seigneur Jésus, le Dieu vivant; que se renforce en nous l'organe qui perçoit Dieu; que nous portions en nous la perception de son "goût exquis". Cela encourage également notre action; car nous aussi, nous courons un risque:  on peut faire beaucoup, tant de choses, dans le domaine ecclésial, tout pour Dieu... et ce faisant, se tenir totalement à l'écart, sans jamais rencontrer Dieu. L'engagement se substitue à la foi, mais ensuite, se vide de l'intérieur.

Je pense donc que nous devrions nous engager surtout dans l'écoute du Seigneur, dans la prière, dans la participation intime aux sacrements, dans l'apprentissage des sentiments de Dieu sur le visage et dans les souffrances des hommes, pour être ainsi contaminés par sa joie, par son zèle, par son amour, et pour regarder avec Lui, et à partir de Lui, le monde. Si nous réussissons à faire cela, alors même au milieu de tant de "non", nous trouverons à nouveau les hommes qui L'attendent et qui sont souvent peut-être insolites - la parabole le dit clairement - mais qui sont tout de même appelés à entrer dans sa salle.

 

Une fois de plus, en d'autres termes:  il s'agit de la place centrale de Dieu, et précisément non pas d'un dieu quelconque, mais du Dieu qui a le visage de Jésus Christ.

Cela est important aujourd'hui. Il y a tant de problèmes que l'on pourrait énumérer mais qui - tous - ne peuvent être résolus si Dieu n'est pas placé au centre, si Dieu ne devient pas à nouveau visible dans le monde, s'il ne devient pas déterminant dans notre vie et s'il n'entre pas également à travers nous de façon déterminante dans le monde.

C'est en cela, je pense, que se décide aujourd'hui le destin du monde dans cette situation dramatique:  si Dieu - le Dieu de Jésus Christ - existe et est reconnu comme tel, ou s'il disparaît. Nous faisons en sorte qu'il soit présent. Que devrions-nous faire? En ultime analyse? Nous nous adressons à Lui! Nous célébrons cette Messe votive de l'Esprit Saint, en L'invoquant:  "Lava quod est sordidum, riga quod est aridum, sana quod est saucium. Flecte quod est rigidum, fove quod est frigidum, rege quod est devium". Nous L'invoquons afin qu'il irrigue, réchauffe, redresse, afin qu'il nous entoure de la force de sa flamme sacrée et qu'il renouvelle la terre. Pour cela, nous le prions de tout notre coeur en ce moment, en ces jours. Amen.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 3 Septembre 2016

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priez pour nous.

 

neuvaine à Mère Teresa

 

 

 

Bienheureuse Teresa de Calcutta,
dans ton désir d’aimer Jésus comme Il n’avait jamais été aimé auparavant,
tu t’es donnée entièrement à Lui, en ne Lui refusant rien.

En union avec le Cœur Immaculé de Marie, tu as accepté Son appel d’étancher Sa soif infinie d’amour et des âmes
et tu es devenue porteuse de Son amour pour les plus pauvres parmi les pauvres.

Avec un amour confiant et dans un total abandon, tu as accompli Sa volonté,
en témoignant de la joie de Lui appartenir totalement.

Tu es devenue si intimement unie à Jésus ton Époux crucifié,
qu’Il a daigné partager avec toi l’agonie de Son Cœur quand Il était sur la Croix.
Bienheureuse Teresa, tu as promis d’apporter continuellement la lumière de l’amour à ceux qui sont sur la terre ;

prie pour nous afin que nous désirions aussi étancher la soif brûlante de Jésus en L’aimant ardemment,
en portant avec joie Ses souffrances, et en Le servant de tout notre cœur dans nos frères et nos sœurs,
spécialement ceux qui sont les plus mal aimés et les plus rejetés.


Amen


Sainte TERESA de Calcutta, priez pour nous

Il y a beaucoup de souffrance dans le monde, énormément. Et la souffrance matérielle, c'est souffrir de faim, souffrir d'être sans abri, souffrir de toutes sortes de maladies, mais je persiste à croire que la plus grande souffrance, c'est d'être seul, de se sentir mal-aimé, de n'avoir simplement personne. J'en suis venue à me rendre de plus en plus compte que la pire souffrance que puisse vivre un être humain, c'est de n'être pas désiré

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Rédigé par Philippe

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Publié le 30 Août 2016

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Publié le 30 Août 2016

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Publié le 28 Août 2016

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Publié le 28 Août 2016

 

 

« Prête l’oreille Seigneur»
« Inclina, Domine, aurem tuam ad me »

« Sauve ton serviteur qui espère en toi »
« Salvum fac servum tuum ».

« Réjouis l’âme de ton serviteur »
« Laetifica animam servi tui »

« Car vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme ».

Oh ! Quelle magnifique prière de l’âme chrétienne !
De cette prière, de son objet, nous en avons une magnifique intelligence dans l’Evangile de ce dimanche, une magnifique illustration.

C’est en effet l’évangile de la résurrection de l’enfant de la veuve, à la porte de Naïm où l’on voit NSJC « porter son attention sur la misère de cette veuve…et lui redonner son fils ». Il « incline » son regard vers la veuve et sa peine…Avec cet exemple évangélique, avec cette contemplation, gardée en mon cœur, de Jésus se penchant vers la veuve…je peux faire mienne cette prière de l’Introït et l’adresser à NSJC : « Inclina Domine aurem tuam », comme tu le fis sur le chemin de Naïm en regardant cette femme. Je peux m’enhardir et crier, à mon tour, comme le psalmiste : « Inclina aurem tuam ad me…Exauce ma prière…Sauve ton serviteur, comme tu sauvas jadis à Naïm et le fils et la mère. « Laetifica animam servi tui » « Réjouis l’âme de ton serviteur » comme jadis, à la porte d’une ville, Naïm, tu réjouis le cœur de la mère, affligée, déjà veuve, lui redonnant son fils unique.

Ainsi l’introït de cette messe et l’évangile s’appellent l’un l’autre. L’évangile est la meilleure illustration possible de la vérité de la prière exprimée dans l’Introït. Cet évangile nous montre la compassion en acte de Jésus à l’égard de la veuve. Fort de cet exemple, nourri de cet exemple, je peux crier vers Dieu cette prière de confiance : « Inclina aurem tuam, Domine ad me », « Incline Seigneur, ton oreille vers ton serviteur ».
Mais cette compassion, ce désir de faire le bien, qui fut l’âme même du ministère de NSJC doit être également l’âme de tout chrétien. Et c’est l’enseignement de l’Epître de ce dimanche : « Ainsi donc, nous dit Saint Paul, durant le temps qui nous est donné, pratiquons le bien à l’égard de tous, mais surtout à l’égard de nos compagnons de la foi… »… Comme le Christ le fit…et avec quelle douceur, à l’égard de la veuve de Naïm.

Voilà encore une belle messe, très bien construite, dans une belle unité de sentiments où tous les textes concourent à justifier et le choix du psaume 85, 1-4 de l’Introït que nous venons de citer et du psaume 39, 2-4 de l’Offertoire : « Expectans exspectavi Dominum et respexit me et exaudivit deprecationem meam ». « Il a entendu mon appel et il a mis en ma bouche un cantique nouveau, une hymne à notre Dieu » : « un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple ».

 

Suivons NSJC dans le récit de cet évangile de la veuve de Naïm.

NSJC fait route vers Naïm, accompagné de ses disciples, « cum eo discipuli eius », mais aussi d’une foule nombreuse. « Et turba copiosa ». Ce mot « copiosa » vient de « copia » qui veut dire « abondance ». C’est la fortune, c’est la richesse, la foule, le grand nombre. Et « copiosus » veut dire : « qui possède en abondance…opulent, copieux, abondant. Or « turba » c’est déjà la multitude, le grand nombre, c’est la foule nombreuse et mêlée.

Voici qu’il approche de la porte de la ville de Naïm. Un cortège funèbre se présente au même instant. L’évangéliste nous le décrit. On porte un mort « defunctus ». Mais il précise : c’est un fils unique, « filius unicus », « filius unicus matris suae », littéralement « un fils unique de sa mère ». Mais plus encore : voilà que la mère de ce fils unique était déjà veuve. Elle avait donc mis en lui, vraisemblablement, toute sa consolation. Elle avait reporté sur lui, son unique, son affection de mère, une veuve. Son veuvage était un peu égaillé, tout de même, par la présence de son fils. On peut ainsi mesurer la désolation de cette mère, sa tristesse, sa douleur.

Sa douleur, du reste, fut ressentie par les gens de la ville. Dans de telles circonstances, la compassion est réelle et s’exprime spontanément. Le plus grand nombre a voulu s’unir à sa peine et lui porter quelques consolations, lui manifester son estime et sa compassion. Et de fait, la ville s’était émue de tant de malheurs répétés…L’évangéliste remarque, de fait, la « grande foule » qui accompagne la veuve. « Et turba civitatis multa cum illa ».

Cela dut faire du monde à la porte de la ville…un peu comme à Cologne autour du Pape…La foule « copiosa » avec Jésus, la foule « multa » avec la veuve de Naïm.

Et dès que Jésus la vit, il eut lui aussi de la compassion : « Quam cum vidisset Dominus misericordia motus super eam ».

Sa miséricorde est spontanée. Elle jaillit spontanément de la vue de ce spectacle. Dès qu’il la voit, il est ému. C’est cette vision qui engendre sa désolation, son émotion, sa compassion « super eam ».

Ce sont les « larmes » de cette femme qui l’émeut. NSJC a du coeur. Il est bon, compatissant.

Il lui dit : « Ne pleure pas ». Il fait arrêter les porteurs et se tournant vers le fils unique mort, lui dit d’une voix forte : « Jeune homme, « adolescens » je te l’ordonne, lève toi, « tibi dico, surge ». Il y a de l’énergie dans cet ordre. Il met sa toute puissance au service de sa miséricorde.
Et le mort se redressa et s’assit et il se mit à parler. Il y a de l’énergie dans cette scène. Il n’y a rien de mièvre, rien de mou. La mollesse, la mièvrerie ne sont pas les « compagnons » de la compassion !

Et le geste final est remarquable, d’une délicatesse merveilleuse, d’une noblesse parfaite. Avec quelle douceur et sourire, Jésus dut remettre l’adolescens à sa mère : « et dedit illum matri suae ».

Voilà une très belle action traduite par quatre verbes : « tibi dico : surge » et celui qui était mort « resedit » et « coepit loqui » et Jésus « dedit illum matri suae ».

Et la conclusion de la scène est fabuleuse : tous magnifient Dieu : « Magnificabant Deum ». Ils le glorifiaient. Ils chantaient sa gloire comme Notre Dame dans son « Magnificat ». C’est le même verbe : « magnificare »

Ainsi cette scène évangélique justifie amplement la prière de l’Introït.

Je peux moi aussi Le supplier, Le prier. Je sais qu’Il est attentif à la misère. Il le fut à Naïm. Et je peux lui dire : « Inclina Domine aurem tuam ad me » Je peux lui dire « d’incliner son oreille vers moi ». Il est sensible à la peine. Il le fut à Naïm.

Il y a de la tendresse affectueuse dans cette prière. Le choix du mot « inclinare aurem tuam » exprime bien cette délicatesse, cette affection. Je fais appel à la tendresse de mon « bienfaiteur ». Et c’est normal. Celui, du reste, qui a de la compassion, a aussi de la douceur, de la prévenance. Tel est Notre Dieu qui s’est révélé en NSJC, à la porte de Naïm.

Je peux lui dire dans ma détresse : « salvum fac servum tuum », « Sauve ton serviteur, toi qui a sauvé l’enfant de la veuve »… Je peux « espérer en Toi », je peux espérer être sauvé…par celui qui a appelé de la mort à la vie, l’enfant de Naïm, le fils de la veuve.

Je peux lui dire aussi « Miserere mihi », aie pitié de moi, Toi qui as eu aussi pitié de la douleur de cette femme de Naïm. Toi qui as su, remettant l’enfant à sa mère, réjouir profondément son cœur…Je peux également Te supplier de réjouir, cette fois, mon âme : « Laetifica animam servi tui », comme hier tu le fis pour cette veuve.

Alors s’il en est ainsi, avec le palmiste, je peux, à juste titre, chanter le psaume de l’Offertoire : « J’ai mis tout mon espoir dans le Seigneur »…. « Il s’est penché vers moi » : « respexit me ».


« Respicere » veut dire : regarder, arrêter ses regards sur… Tourner ses regards vers…Mais, dans ce verbe, il y a aussi une nuance d’affection. C’est un regard de bonté. C’est le verbe utilisé par Saint Jean dans la scène douloureuse de la trahison de Saint Pierre. Et c’est ce regard du Christ, plein d’affection qui toucha le cœur de Pierre après son reniement : « Respexit illum ». « Et se tournant il le regarda… » et Saint Pierre se retira pleurant amèrement.

Et il a mis en ma bouche un cantique nouveau, « hymnum Deo nostro », une hymne à Notre Dieu…comme hier, à la porte de Naïm, il fit chanter par cette immense foule, les « mirabilia Dei ».

Alors on comprend aussi à la lumière de cet évangile de Jésus à la porte de Naïm, le choix du « Graduel » et de l’ « Alleluia » : « Il est bon de louer le Seigneur, de chanter ton nom, d’annoncer ta miséricorde dès le matin et ta fidélité jusque dans la nuit ». « Alleluia, c’est un grand Dieu que le Seigneur. Il a ressuscité de la mort l’enfant de la veuve ».


Et puisque je suis dans l’admiration de la compassion de notre Dieu en NSJC, puisque j’admire sa miséricorde, ce cœur qui fait du bien, qui a su être attentif à la douleur de la femme, je dois avoir moi-même même miséricorde, même compassion. Et comme Lui aimer à faire le bien. Mais c’est l’enseignement de l’Epître : « Agissez, nous dit saint Paul, vous les spirituels dans un esprit de douceur ». En latin c’est « in spiritu lenitatis ». « Lenitas » veut dire douceur, tendreté, bonté, clémence, indulgence, paisiblement. On dira, en ce sens que « ce fleuve a un cours paisible ». « Lenitudo » se traduit par « douceur, bonté ». Ainsi agir « in spiritu lenitatis », c’est agir avec douceur et bonté. C’est l’ordre de saint Paul….Mais parce que d’abord ce fut l’attitude du Maître devant la femme à la porte de Naïm, comme elle le fut devant la femme prise en flagrant délit d’adultère…. Il faut avoir même agir. C’est l’attitude du prêtre.

Et Saint Paul insiste une deuxième fois : « Faisons le bien sans nous lasser ». Et encore une troisième fois, à la fin de son texte : « operemus bonum ad omnes », « pratiquons le bien à l’égard de tous, mais surtout à l’égard de nos compagnons dans la foi ».

 

abbé Paul Aulagnier.

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