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Publié le 9 Mai 2012

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« Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus s’éleva au ciel ; et il siège à la droite de Dieu. » Nous savons par l’Ancien Testament qu’Elie a été ravi au ciel .

 

Mais outre le ciel aérien, il y a le ciel éthéré. Le ciel aérien est proche de la terre : ainsi, nous parlons des oiseaux du ciel, parce que nous les voyons voler dans les airs. Or c’est dans ce ciel aérien qu’Elie a été élevé pour être conduit soudainement dans une région secrète de la terre, où il vit dans un grand repos de la chair et de l’esprit jusqu’à ce qu’il revienne à la fin du monde et acquitte sa dette envers la mort.

 

S’il a en effet remis sa mort à plus tard, il n’y a pas échappé. Notre Rédempteur, au contraire, n’ayant pas remis sa mort à plus tard, en a été vainqueur ; il a détruit la mort en ressuscitant, et manifesté la gloire de sa Résurrection en montant au ciel. Il faut encore noter qu’Elie, d’après ce que nous lisons, est monté au ciel dans un char : cela montrait bien que n’étant qu’un homme, il avait besoin d’une aide extérieure. Ces secours et les signes qui nous les révèlent sont le fait des anges : Elie, appesanti qu’il était par la faiblesse de sa nature, ne pouvait monter par lui-même au ciel, fût-ce le ciel aérien. Quant à notre Rédempteur, on ne lit pas qu’il fut élevé par un char ou par les anges : celui qui avait tout créé n’avait besoin que de sa propre puissance pour se voir porté au-dessus de tout. Il s’en retournait là où il était déjà ; il s’en revenait de là où il demeurait, puisque lors même qu’il montait au ciel par son humanité, il contenait à la fois la terre et le ciel par sa divinité.


 . De même que Joseph, vendu par ses frères, a figuré la vente de notre Rédempteur, Enoch, transporté (cf. Gn 5, 24), et Elie, élevé au ciel aérien, ont symbolisé l’Ascension du Seigneur. Ainsi, le Seigneur eut des précurseurs et des témoins de son Ascension, l’un avant la Loi, l’autre sous la Loi, pour que vînt un jour celui qui serait capable de pénétrer vraiment dans les cieux. D’où l’ordre qui existe entre l’élévation du premier et celle du second, lesquelles se distinguent par une certaine gradation.

 

Car on nous rapporte qu’Enoch fut transporté, et Elie élevé au ciel, pour que vînt ensuite celui qui, sans être ni transporté ni élevé, pénétrerait dans le ciel éthéré par sa propre puissance. Par le transfert de ces deux serviteurs qui symbolisaient son Ascension, puis en montant lui-même au ciel, le Seigneur a voulu aussi manifester qu’il allait nous accorder, à nous qui croyons en lui, la pureté de la chair, et faire croître par son aide la vertu de chasteté à mesure que les temps se développeraient. Enoch eut en effet une épouse et des fils. Par contre, on ne lit nulle part qu’Elie ait eu une épouse et des fils. Mesurez donc par quels degrés la sainte pureté s’est accrue, d’après ce que ces serviteurs transportés et le Seigneur en personne dans son Ascension nous font voir clairement : Enoch, qui fut engendré par une union charnelle, et qui engendra de la même manière, fut transporté ; Elie, qui fut engendré par une union charnelle, mais qui n’engendra pas lui-même de cette façon, fut enlevé ; quant au Seigneur, qui n’engendra pas ni ne fut engendré par une union charnelle, il s’éleva au ciel [par sa propre puissance].

 

7. Il nous faut aussi considérer pourquoi Marc affirme : « Il siège à la droite de Dieu », alors qu’Etienne dit : « Je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » (Ac 7, 56). Pourquoi Etienne assure-t-il le voir debout, alors que Marc le voit assis ?

 

Mais vous le savez, mes frères : siéger convient à celui qui juge, se tenir debout, à celui qui combat ou qui vient au secours. Puisque notre Rédempteur, élevé au ciel, juge dès à présent toutes choses, et qu’à la fin des temps il viendra en Juge universel, Marc nous le représente siégeant après son élévation, puisqu’au terme, après avoir été glorifié en son Ascension, il apparaîtra en Juge. Etienne, lui, en proie aux souffrances du combat, vit debout celui qui le soutenait : pour qu’il pût triompher de l’incroyance de ses persécuteurs sur la terre, Dieu combattit pour lui du haut du Ciel en le secondant de sa grâce. 8. Le texte poursuit : « Pour eux, ils s’en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur travaillant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l’accompagnaient. »

 

Que devons-nous considérer en cela, que devons-nous en confier à notre mémoire, sinon que l’ordre du Seigneur fut suivi d’obéissance, et l’obéissance de miracles ? Mais puisque Dieu nous a guidé pour parcourir avec vous ce passage d’Evangile en l’expliquant brièvement, il ne nous reste plus qu’à vous faire part de quelques considérations sur la grande solennité [d’aujourd’hui].

 

9. Il faut d’abord nous demander pourquoi nous ne lisons pas [dans l’Evangile] que les anges apparus après la naissance du Seigneur se fussent montrés vêtus de blanc, alors que nous le lisons de ceux envoyés lors de son Ascension, comme le dit l’Ecriture : « Tandis qu’ils le regardaient, il fut élevé, et une nuée le déroba à leurs yeux.

 

Et comme ils avaient leurs regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’éloignait, voici que deux hommes parurent auprès d’eux, vêtus de blanc. » (Ac 1, 9-10). Les vêtements blancs manifestent au-dehors la joie et la fête de l’esprit. Pourquoi donc les anges n’apparurent-ils pas vêtus de blanc après la naissance du Seigneur, mais vêtus de blanc lors de son Ascension, sinon parce que l’entrée au Ciel du Dieu fait homme a constitué pour les anges une grande fête ? Si par la naissance du Seigneur, la divinité semblait abaissée, par son Ascension, l’humanité a été glorifiée. Or des vêtements blancs conviennent mieux à une glorification qu’à un abaissement. Les anges devaient donc se montrer vêtus de blanc au moment où le Seigneur montait [au ciel], puisque celui qui dans sa naissance était apparu comme un Dieu abaissé se manifestait dans son Ascension comme un homme glorieusement élevé.

 

 Mais en cette solennité, frères très chers, il nous faut considérer avant tout que le décret qui nous condamnait a été aujourd’hui abrogé, et abolie la sentence qui nous vouait à la corruption. Car cette même nature à qui il avait été dit : « Tu es terre, et dans la terre tu iras » (Gn 3, 19), est aujourd’hui montée au ciel. C’est en vue de cette élévation de notre chair que le bienheureux Job, parlant du Seigneur d’une manière figurée, le nomme un oiseau. Considérant que le peuple juif ne comprendrait pas le mystère de l’Ascension, Job déclare à propos du manque de foi de ce peuple : « Il n’a pas reconnu la route de l’oiseau. » (Jb 28, 7).

 

C’est à juste titre que le Seigneur a été appelé « oiseau », puisque son corps de chair s’est élancé vers l’éther.

 

Celui qui n’a pas cru à l’Ascension du Seigneur au ciel n’a pas reconnu la route de cet oiseau.

 


C’est de la fête d’aujourd’hui que le psalmiste affirme : « Ta magnificence s’est élevée au-dessus des cieux. » (Ps 8, 2). Et encore : « Dieu est monté au milieu d’une grande joie, le Seigneur au son de la trompette. » (Ps 47, 6). Et enfin : « Montant sur les hauteurs, il a emmené en captivité notre nature captive ; il a offert des dons aux hommes. » (Ps 68, 19). Oui, montant sur les hauteurs, il a emmené en captivité notre nature captive, puisqu’il a détruit notre corruption par la puissance de son incorruptibilité. Il a également offert des dons aux hommes : ayant envoyé du Ciel l’Esprit, il a accordé à l’un une parole de sagesse, à un autre une parole de science, à un autre le pouvoir d’opérer des miracles, à un autre le don des guérisons, à un autre la diversité des langues, à un autre l’interprétation de la parole (cf. 1 Co 12, 8-10). Il a donc bien offert des dons aux hommes.

 


C’est aussi de cette glorieuse Ascension que [le prophète] Habacuc a dit : « Le soleil s’est élevé, et la lune s’est maintenue à sa place. » (Ha 3, 11, d’après les Septante). En effet, que désigne le prophète par le terme de soleil, sinon le Seigneur, et par le terme de lune, sinon l’Eglise ? Tant que le Seigneur ne s’était pas encore élevé dans les cieux, sa sainte Eglise était paralysée par la crainte des oppositions du monde, tandis qu’après avoir été fortifiée par son Ascension, elle s’est mise à prêcher ouvertement ce qu’elle avait cru en secret. Le soleil s’est donc élevé, et la lune s’est maintenue à sa place, puisque le Seigneur ayant atteint le Ciel, l’autorité de la prédication de sa sainte Eglise s’en est accrue d’autant. Au sujet encore de l’Ascension, Salomon prête à cette Eglise la parole suivante : « Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes et franchissant les collines. ».

 

Considérant les points saillants des grandes œuvres du Seigneur, l’Eglise dit : « Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes. » Car le Seigneur, en venant pour nous racheter, a exécuté, si je puis dire, des bonds. Voulez-vous les connaître, ces bonds, frères très chers ? Du Ciel il est venu dans le sein [de la Vierge], du sein [de la Vierge] dans la crèche, de la crèche sur la croix, de la croix au sépulcre, et du sépulcre il est retourné au Ciel. Voilà les bonds que la Vérité manifestée dans la chair a accomplis en notre faveur, pour nous faire courir à sa suite, car « le Seigneur s’est élancé joyeux comme un géant pour parcourir sa voie » (Ps 19, 6), afin que nous puissions lui dire de tout notre cœur : « Entraîne-nous après toi, et nous courrons à l’odeur de tes parfums. »

  

 

. Il nous faut donc, frères très chers, suivre le Seigneur par le cœur là où nous croyons qu’il est monté par le corps. Fuyons les désirs terrestres, et que rien parmi les choses d’ici-bas ne puisse désormais nous séduire, nous qui avons un Père dans les cieux. Considérons bien que celui qui s’est élevé au ciel tout pacifique sera terrible lors de son retour, et que tout ce qu’il nous a commandé avec douceur, il l’exigera alors avec rigueur. Faisons donc tous grand cas du temps qui nous est accordé pour faire pénitence ; prenons soin de notre âme tant que c’est possible. Car notre Rédempteur reviendra nous juger d’autant plus sévèrement qu’il se sera montré plus patient avant le jugement.

 


Souciez-vous donc de ces choses, mes frères, et ressassez-les en toute sincérité. Bien que votre âme soit encore ballottée par le remous des affaires, (...!!!) 

 

jetez pourtant dès maintenant l’ancre de votre espérance dans la patrie éternelle ;

 

affermissez l’orientation de votre esprit dans la vraie lumière.


 

Le Seigneur est monté au ciel, ainsi que nous venons de l’entendre ; méditons donc sans cesse ce que nous croyons.

 

Et si nous sommes encore retenus ici-bas par l’infirmité de notre corps, suivons cependant notre Dieu à pas d’amour.

 

Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui nous a donné un tel désir, ne le laissera pas sans réponse,

 

lui qui, étant Dieu, vit et règne avec Dieu le Père dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles.

 

Amen.

 

St Grégoire le Grand.

 

"tournés vers les réalités d'En-Haut, avec l'Immaculée."

 

devise dom Antoine Forgeot.

père abbé émérite de Fontgombault.


 

 

 


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Publié le 8 Mai 2012

 

 

 

.

 

Pour un ami dont l'appartement vient d'être incendié.

 

merci ...

 

 

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Publié le 8 Mai 2012

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Mgr Olivier de Germay, diocèse d'Ajaccio .  

 

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« J'ai vécu quelques jours dans le désert. J'y ai rencontré des gens qui vivaient avec trois fois rien et qui étaient plus heureux que moi. Des gens qui exhalaient une paix intérieure, alors que j'étais aux prises avec des sensations diffuses de mal-être.

 

J'ai pris brutalement conscience qu'en menant une vie centrée sur moi-même, je m'éloignais de l'essentiel. À ce moment-là, je ne pensais pas devenir prêtre, j'avais seulement le désir irrépressible de changer de vie… »

 

De retour en France, à la Toussaint 1990, le militaire, ému, choisit la retraite dans le silence méditatif de l'abbaye de Notre-Dame-de-Fontgombault.

 

« C'est là que le Seigneur m'attendait. Le troisième jour, le moine avec qui j'avais beaucoup parlé m'a dit que j'avais la vocation. Tout est devenu clair. Sans même répondre avec des mots, j'ai compris que j'acceptais cet appel, que je venais de dire oui, et j'ai su que ce serait la voie de mon accomplissement ».

 

 

« Un prêtre doit être heureux dans son ministère pour donner envie à des jeunes. Il est possible de faire naître des vocations.

 

Le grand défi consiste à renouer avec le sens de la pratique. On ne peut pas dire : le Christ oui, l'Eglise non. Sans pratique, plus de transmission possible de la foi.

 

Il faut rappeler que le Christ a aimé l'Eglise car l'Eglise est le moyen qu'il a choisi pour poursuivre son œuvre. Aussi, nous sommes appelés à poser sur l'Eglise un regard de foi qui va au-delà de sa dimension humaine ».

 

 

 

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Publié le 30 Avril 2012

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ora pro nobis

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 29 Avril 2012

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  photo petit placide

 

Saisi d’émerveillement devant l’œuvre de la Providence divine, le psalmiste s’exclame : « A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, pour que tu en prennes souci ? » (Ps 8, 4-5).

 

La vérité profonde de notre existence est ainsi contenue dans cet étonnant mystère: chaque créature, en particulier chaque personne humaine, est fruit d’une pensée et d’un acte de l’amour de Dieu, amour immense, fidèle, éternel (cf. Jr 31, 3).

 

Découvrir cette réalité change véritablement notre vie en profondeur. Dans une page célèbre des Confessions, saint Augustin exprime avec une grande intensité sa découverte de Dieu, suprême beauté et suprême amour, un Dieu qui lui avait été toujours proche, auquel il ouvrait enfin son esprit et son cœur pour être transformé : « Bien tard je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t'ai aimée! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors. C’est là que je te cherchais. Tout disgracieux, je me ruais sur tes gracieuses créatures. Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi. Loin de toi, elles me retenaient, elles qui ne seraient, si elles n’étaient en toi. Tu m’appelas, crias, rompis ma surdité. Tu brillas, et ta splendeur a ôté ma cécité ; tu répandis ton parfum, je respirai, je soupirai, je t’ai goûté, et j’eus faim et soif; tu m’as touché, et je brûlai du désir de ta paix » (X, 27.38). Par ces images, le saint Évêque d’Hippone cherche à décrire le mystère ineffable de la rencontre avec Dieu, avec son amour qui transforme toute l’existence.

 

Il s’agit d’un amour sans réserve qui nous précède, nous soutient et nous appelle tout au long du chemin de la vie et qui s’enracine dans l’absolue gratuité de Dieu. Se référant en particulier au ministère sacerdotal, mon prédécesseur, le Bienheureux Jean-Paul II, affirmait que « tout acte ministériel, en même temps qu'il conduit à aimer et à servir l'Église, pousse à mûrir toujours davantage dans l'amour et dans le service du Christ Tête, Pasteur et Époux de l'Église ; cet amour se présente toujours comme une réponse à l'amour prévenant, libre et gratuit de Dieu dans le Christ » (Exhort. apost. Pastores dabo vobis, 25). Chaque vocation particulière naît, en effet, de l’initiative de Dieu, est don de l’amour de Dieu ! C’est Lui qui fait le “premier pas”, non à cause d’une particulière bonté rencontrée chez nous, mais grâce à la présence de son amour « répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint » (Rm 5, 5).

 

En tout temps, à la source de l’appel divin, il y a l’initiative de l’amour infini de Dieu, qui se manifeste pleinement en Jésus Christ.

 

Comme je l’ai écrit dans ma première Encyclique Deus caritas est : « En fait, Dieu se rend visible de multiples manières. Dans l’histoire d’amour que la Bible nous raconte, Il vient à notre rencontre, Il cherche à nous conquérir – jusqu’à la dernière Cène, jusqu’au Cœur transpercé sur la croix, jusqu’aux apparitions du Ressuscité et aux grandes œuvres par lesquelles, à travers l’action des Apôtres, Il a guidé le chemin de l’Église naissante. Et de même, par la suite, dans l’histoire de l’Église, le Seigneur n’a jamais été absent : il vient toujours de nouveau à notre rencontre – par des hommes à travers lesquels il transparaît, ainsi que par sa Parole, dans les Sacrements, spécialement dans l’Eucharistie » (n. 17).

 

L’amour de Dieu demeure pour toujours, il est fidèle à lui-même, à la « parole édictée pour mille générations » (Ps 105 [104], 8). Il faut donc ré-annoncer, spécialement aux nouvelles générations, la beauté attrayante de cet amour divin, qui précède et accompagne : c’est lui le ressort secret, la motivation qui ne fait jamais défaut, même dans les situations les plus difficiles.

 

Benoit XVI

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 12 Avril 2012

 

 

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Les anges lui dirent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle ne s’émeut pas de leur présence. Bérulle a ici un grand mot : elle ne s’attarde pas aux anges, elle cherche le Roi des anges.

 

« Femme, pourquoi pleures-tu ? » Jésus va reprendre lui-même ces mots. Mais, il veut, pour que le choc ne soit pas trop violent, qu’ils lui soient d’abord portés par ses anges.

 

Quand Dieu pense donner de très grandes grâces, ou de lumière ou de souffrance, - soit au genre humain soit à quelque âme particulière -, il les fait ordinairement pressentir obscurément, pour que nous ne soyons pas écrasés sous l’épreuve et que nous puissions la soutenir sans être brisés ni défaillir. « Femme, pourquoi pleures-tu ? » C’est un premier signal. Elle répond en disant sa douleur : Ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais où ils l’ont mis.

 

En disant cela elle se retourna. Elle venait de sentir tout à coup, derrière elle, une présence. Elle se retourna et elle vit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Elle avait les yeux pleins de larmes. Et puis, Jésus avait mis comme un voile entre elle et lui. Il pouvait tempérer le rayonnement et la puissance de sa présence, comme il le fera, le soir même de ce jour de Pâques, avec les disciples d’Emmaüs.

 

Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? C’est bien Jésus qui parle, mais d’une voix neutre, distante, étrangère. Il reprend la question des anges ; et il ajoute : « Qui cherches-tu ? »

 

Ah ! il sait bien qui elle cherche, mais il veut le lui faire dire, le lui faire crier, parce qu’en le criant elle attisera davantage la flamme de son désir. C’est aussi comme cela que Jésus nous traite. Il veut que nous lui criions, à certains moments, que nous l’aimons. Il nous met peut-être lui-même dans la sécheresse, l’impuissance, la ténèbre, pour que les grandes demandes du Pater que nous répétons quotidiennement se changent parfois dans nos cœurs en appels de détresse.

 

Et elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit : Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et j’irai le prendre. Quelle parole ! C’est pure folie. Elle ne mesure même pas l’impossibilité de ce qu’elle dit. Mais qu’importe ! Jésus a obtenu maintenant ce qu’il voulait, qu’elle crie son amour.

 

Jésus lui dit, mais avec sa voix à lui, cette voix avec laquelle il lui avait dit une première et inoubliable fois : « Tes péchés sont pardonnés ». Cette voix de Jésus, on aimerait tant l’avoir entendue, au moins une fois ; la couleur de ses yeux, l’avoir vue, au moins une fois.

 

Jésus lui dit : Marie ! Elle se retourna, et lui dit en hébreu Rabbouni ! c’est-à-dire Maître ! Jésus lui dit : Ne me touche pas, « Noli me tangere ».

 

Elle a fait un mouvement. Était-ce pour se précipiter vers lui ? A l’Arena de Padoue, on voit la Madeleine à genoux qui tend les mains avidement vers le Sauveur. Mais lui l’évite et la tient à distance. Il est penché pour s’éloigner. Sa main est sur la même verticale que les deux mains de Madeleine, c’est le seul lien qui les unit. Voilà le Noli me tangere de Giotto.

 

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Il y a celui de Fra Angelico au couvent de Saint-Marc à Florence. Dans le petit jardin de Pâques le Christ est en blanc, la Madeleine, à genoux, en rose. Elle ne le regarde pas. Ses deux mains sont tendues, mais on voit bien qu’elle n’essaiera même pas de le prendre. A quoi bon ? Elle l’a dans le cœur. C’est une contemplative, elle n’a pas besoin d’aller quérir son Dieu au dehors. Elle ne tend les mains que pour livrer le don de son amour. Le tombeau est ouvert derrière elle ; c’est elle qui en semble sortie pour entrer dans l’éternité,

 

Il y a la peinture de la Sainte-Baume, où, devant la majesté impériale et rayonnante d’un grand Christ byzantin, la Madeleine lève les mains pour se protéger et détourne son visage.

 

Et il y a le texte de Pascal. Il pense à l’apôtre Thomas et il écrit : « Il me semble que Jésus-Christ ne laisse toucher que ses plaies après sa résurrection. Noli me tangere. Il ne faut nous unir qu’à ses souffrances. » Il se peut qu’en ce matin de Pâques, Madeleine se soit jetée aux pieds de Jésus en gloire, pour les baiser, une dernière fois, mais à l’endroit des stigmates.

 

Voilà ce que peut deviner la contemplation des peintres et des penseurs. En fait, que s’est-il passé ? Une rencontre inexprimable, qui ne nous livrera son secret que dans l’éternité.

 

Jésus lui dit : Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Il n’est pas encore monté vers le Père. Il ne faut pas le toucher. Sinon par ses plaies. C’est bien lui, le Christ ressuscité, le Seigneur de la gloire, qui maintenant descend à nous, mais toujours à travers sa croix. Il n’y a d’autre moyen de le toucher que sous les apparences disjointes du pain et du vin où il ne veut nous arriver que dans les rayons de sa Croix sanglante.

 

Oh ! nous aurions un autre désir, dont parle saint Paul dans la seconde épître aux Corinthiens, 5, 1-4, ne pas mourir, éluder la croix du Christ, toucher sans délai la gloire du Christ, afin, dit l’apôtre, que ce qui est mortel en nous soit englouti par la vie.

 

« Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père », cela veut dire : Dans l’autre vie, dans l’au-delà de la mort, alors oui, je vous toucherai par ma gloire, et il n’y aura plus ni deuil ni cri ni douleur, et je ferai toutes choses nouvelles, et le toucher de ma gloire transfigurera non seulement vos âmes, mais encore vos corps ressuscités, et l’univers tout entier, qui sera le lieu d’habitation des corps ressuscités, et qui lui aussi aura part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu (Rom. 8, 21).

 

Mais va trouver les frères et dis leur : - Je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. Un texte porte : va trouver mes frères. Quel mot de tendresse ! Saint Paul le reprendra : « L’Esprit rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers, héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ. » Mais Jésus peut-il nous appeler frères ? Oui, si nous avons avec lui Dieu pour Père. Tout de suite, pourtant, se creuse la différence. Jésus est Fils unique du Père, par voie de génération éternelle, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, engendré et non créé, consubstantiel au Père. Nous sommes enfants de Dieu, de la Trinité tout entière, par voie d’abord de création, puis d’adoption. Entre la paternité de la génération éternelle et la paternité de la libre création et adoption, la dénivellation est infinie. Elle est marquée par Jésus : Je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu.

 

Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur et qu’il lui avait dit ces choses. Bérulle écrira : « Marie de Magdala, apôtre des apôtres ». Certes elle n’est pas chargée d’une mission hiérarchique comme les apôtres, qui s’en iront porter l’Évangile à toutes les nations. On est aux premières heures de l’Église ; tout se fait dans le silence.

 

Dans la pénombre de la prédication évangélique où se forment les convictions les plus secrètes et les plus intimes, Marie de Magdala annonce aux apôtres que le Christ ressuscité n’abandonne pas son Église, au moment où, pour lui permettre de remonter dans sa gloire, elle se présente afin de le relayer ici-bas sous la croix et dans les épreuves.

 

 

cardinal Journet

 

 

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Publié le 9 Avril 2012

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Avec l'aimable autorisation du très Révérend  Père dom Jean Pateau, pour le Petit Placide,  nous publions le sermon du dimanche de Pâques .

 

 

 

Nihil sub sole novum. Rien de nouveau sous le soleil... (Qo 1,9)

 

 

Chers Frères et Soeurs,

Mes très chers Fils,

 

 

 

« Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste ; vanité des vanités, tout est vanité. Quel profit trouve l’homme à toute la peine qu’il prend sous le soleil ? ... Toute parole est lassante ! ... Ce qui fut, cela sera, ce qui s’est fait se refera, et il n’y a rien de nouveau sous le soleil! »” (Qo 1, 2-3. 8-9).


 

Les paroles de l'Ecclésiaste se révèlent d'une pertinente actualité alors que la déception et le découragement gagnent de nombreux catholiques face à la situation au sein des Etats, des familles et même dans l'Eglise.

 

Tandis qu'une échéance électorale importante approche, il est particulièrement affligeant de constater, tant chez la plupart des candidats que chez une majorité d'électeurs, l'ignorance et parfois le rejet des principes élémentaires de bon sens, issus de la loi naturelle inscrite au coeur de chaque homme.

 

Le respect de la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, la reconnaissance apportée à la famille traditionnelle composée d'un homme et d'une femme et ouverte à la procréation, ainsi que la liberté éducative des parents, semblent désormais des prétentions exhorbitantes qui atteignent la sacro sainte liberté de l'homme.

 

Plutôt que de promouvoir, dans le seul but de rechercher le bien commun de la société, une authentique écologie humaine, une éthique de la vie, fondée sur la réalité de l'être humain, - donnée que ni législateur, ni aucun homme, ne peut changer à sa guise, - les hommes d'Etat s'appliquent à forger des mots et des lois susceptibles de voiler ou de légitimer des actes de barbaries, des actes contre nature ou encore des viols des consciences.

 


Pourquoi s'étonner de vivre dans une société malade de ses excès et de ses crimes? Composée d'apprentis sorciers, refusant toute règle et toute limite, y compris celles posées par le Créateur dans la nature même des choses, elle se trouve déjà confrontée aux conséquences dramatiques de ses erreurs.


 

Monseigneur Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron, dans la préface d'un livre consacré au Sida et intitulé "Nous choisirons l'amour", écrit: "Un proverbe dit, que " Quand on lui demande pardon, Dieu pardonne toujours; l'homme lui, pardonne rarement; mais la nature ne pardonne jamais."

 

Quand on viole la loi naturelle, tout un cortège de souffrances s'ensuit nécessairement, qui touche et ceux qui sont responsables et ceux qui sont innocents. Quand l'homme oublie la loi naturelle inscrite en lui, son coeur se durcit et devient désert, et avec lui le monde autour de lui".

 

Le raz de marée de délinquance et de désespoir qui frappe l'Occident ne serait-il pas le résultat de l'abandon de la morale naturelle? Serions-nous au fond du gouffre? Il ne semble pas.

 

Déjà, il y a eu un jour où les paroles pleines de désenchantement de l'Ecclésiaste ont pris tout leur sens.

 

C'est le jour où la Vie a été clouée au bois de la Croix. C'est le jour où, abandonné des siens, le Christ rendit l'esprit. Ce jour-là "Dieu est mort" (Nietsche). L'espérance des patriarches, des juifs, n'était-elle que chimère? Le monde, toutes vies, depuis toujours et pour toujours étaient-ils privés de sens?

 

Alors qu'en cet instant précis toute vie humaine semblait désormais condamnée au désespoir, de ce corps mis au tombeau, la Vie, la vraie, renaissait, offerte à tout homme.

 

C'est ce que le Saint Père Benoît XVI écrivait aux jeunes qui se préparaient à le rejoindre aux JMJ:

 

" La croix nous fait souvent peur, car elle semble être la négation de la vie. En réalité, c'est le contraire ! Elle est le "oui" de Dieu à l'homme, l'expression extrême de son amour et la source d'où jaillit la vie. Car du coeur de Jésus ouvert sur la croix a jailli cette vie divine, toujours disponible pour celui qui accepte de lever les yeux vers le crucifié."


(Message du Pape Benoit XVI aux jeunes du monde à l'occasion de la 25ème journée mondiale de la jeunesse 2011,n°3)

 

 

Comme l'affirme le Catéchisme de l'Eglise catholique (n°638) :" La Résurrection de Jésus est la vérité culminante de notre foi dans le Christ, crue et vécue comme vérité centrale par la première communauté chrétienne, transmise comme fondamentale par la Tradition, établie par les documents du Nouveau Testament, prêchée comme partie essentielle du Mystère pascal en même temps que la Croix:" Le Christ est ressuscité des morts. Par sa mort il a vaincu la mort, Aux morts il a donné la vie." (Liturgie bysantine Tropaire de Pâques).

 

La résurrection est un évènement historique.


"Toutes les vérités , même les plus inaccessibles à l'esprit humain, trouvent leur justification si, en ressuscitant, le Christ a donné la preuve définitive qu'il avait promise, de son autorité divine", enseigne encore le Catéchisme de l'Eglise catholique (n°651)

 

 

 

Si de nombreux témoins ont assisté aux phénomènes cosmiques qui ont marqué la mort du Christ, la résurrection s'est déroulée dans le secret du tombeau.

 

La tradition laisse à penser que Marie fut la première à recevoir la visite de son Fils. Unie à lui en son Stabat, elle devait à nouveau chanter avec lui son Magnificat. Ce sont les saintes femmes qui découvrirent le tombeau vide et en avertirent les apôtres. Les apparitions des jours suivant confirmèrent la nouvelle: le Christ est vraiment ressuscité. Comme l'arbre gigantesque né d'une petite graine dans le silence et l'oubli, la résurrection dépasse les limites géographiques et temporelles du tombeau. Le Christ vit désormais, Dieu et homme en son corps glorieux marqué des stigmates de la Passion.

 

 

Comme le cierge pascal, témoin de la victoire de la lumière sur les ténèbres, nous devons, nous aussi, rayonner la résurrection.

 


Depuis le matin de Pâques, l'espérance chrétienne est sans limite. Il n'y a pas de nuit qui soit si noire, qu'elle ne puisse être illuminée par le vainqueur du tombeau.

 

A une jeune fille de douze ou treize ans, une bergère, l'archange Michel disait:" Il y a grande pitié au royaume de France."


Par sa confiance en Dieu et son obéissance, contre toute sagesse et même toute prudence humaine, Jeanne, prenait la tête de l'armée et entreprenait la libération du royaume, afin de le rendre à son roi. L'archange pourrait encore faire entre ses paroles aujourd'hui, alors que nous fêtons les six cents ans de la naissance la Pucelle d'Orléans.

 

Le combat à mener couvre désormais d'autres horizons, mais il est tout nécessaire à la survie de notre pays, de l'Europe et du monde.

 

Ce ne sont plus des terres qu'il faut reconquérir, mais des coeurs.

 

Des coeurs qu'il faut éduquer à la morale chrétienne qui est, non une morale de l'interdit ou de la contrainte, mais une morale de la béatitude et de la liberté. La France doit reconnaître ses racines et les assumer.

 

Citons le bienheureux et bien-aimé Pape Jean-Paul II dans la conclusion de son homélie au Bourget:"

 

France, fille aînée de lEglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême? Permettez-moi de vous demander: France, fille aînée de l'Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle? Pardonnez-moi cette question. Je l'ai posée par sollicitude pour l'Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l'homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Fils et Esprit." (Homélie au Bourget, 1er Juin 1980, n°8).

 

 

Hier soir, nous avons renouvelé les promesses de notre baptême.

 

Comme les apôtres et selon nos vocations, nous portons Dieu au monde. Le monde, et celui de la politique en particulier, a besoin d'entendre la voix de la vérité.

 

Autant qu'ils le peuvent, par un vote utile par exemple, les chrétiens ont le devoir d'empêcher l'arrivée au pouvoir de personnes qui bafouent ouvertement la dignité humaine.

 

Quoi qu'il en soit, le chrétien est l'homme de l'espérance.


"Rien de nouveau sous le soleil.", disait l'Ecclésiaste...

 

Voici pourtant que celui fait toutes choses nouvelles (cp Ap 21,5) et qui était mort, est désormais ressuscité: il a vaincu la mort et a ouvert pour tous les hommes le chemin vers l'éternité.

 

Ce jour est le jour qu'a fait le Seigneur, jour de joie et d'allégresse.

 

Surrexit Dominus vere, Amen, Alleluia.

 


Très Révérend Père Dom Jean Pateau

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

le 8 Avril 2012



 

 


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Publié le 7 Avril 2012

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Chers frères et sœurs ! Le Christ ressuscité marche devant nous vers les cieux nouveaux et la terre nouvelle (cf. Ap 21, 1), où finalement nous vivrons tous comme une unique famille, enfants du même Père. Il est avec nous jusqu'à la fin des temps. Marchons derrière lui, dans ce monde blessé, en chantant l'alleluia.

 

Dans notre cœur, il y a joie et douleur, sur notre visage sourires et larmes. C'est là notre réalité terrestre.

 

Mais le Christ est ressuscité, il est vivant et il marche avec nous. C'est pourquoi nous chantons et nous marchons, fidèles à notre engagement en ce monde, le regard tourné vers le ciel.

 

Benoit XVI 2011.

 

 

 

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Publié le 6 Avril 2012

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Le Samedi Saint est le jour où Dieu est caché, comme on le lit dans une ancienne Homélie: "Que se passe-t-il? Aujourd'hui, un grand silence enveloppe la terre. Un grand silence et un grand calme. Un grand silence parce que le Roi dort... Dieu s'est endormi dans la chair, et il réveille ceux qui étaient dans les enfers" (Homélie pour le Samedi Saint, PG 43, 439).

 

Dans le Credo, nous professons que Jésus Christ "a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers. Le troisième jour est ressuscité des morts".

 

Chers frères et sœurs, à notre époque, en particulier après avoir traversé le siècle dernier, l'humanité est devenue particulièrement sensible au mystère du Samedi Saint. Dieu caché fait partie de la spiritualité de l'homme contemporain, de façon existentielle, presque inconsciente, comme un vide dans le cœur qui s'est élargi toujours plus. Vers la fin du xix siècle, Nietzsche écrivait: "Dieu est mort! Et c'est nous qui l'avons tué!". Cette célèbre expression est, si nous regardons bien, prise presque à la lettre par la tradition chrétienne, nous la répétons souvent dans la Via Crucis, peut-être sans nous rendre pleinement compte de ce que nous disons. Après les deux guerres mondiales, les lager et les goulag, Hiroshima et Nagasaki, notre époque est devenue dans une mesure toujours plus grande un Samedi Saint: l'obscurité de ce jour interpelle tous ceux qui s'interrogent sur la vie, et de façon particulière nous interpelle, nous croyants.

 

Nous aussi nous avons affaire avec cette obscurité.

 

Et toutefois, la mort du Fils de Dieu, de Jésus de Nazareth a un aspect opposé, totalement positif, source de réconfort et d'espérance. 

 

Et en effet, c'est précisément le cas: le mystère le plus obscur de la foi est dans le même temps le signe le plus lumineux d'une espérance qui ne connaît pas de limite.

 

Le Samedi Saint est une "terre qui n'appartient à personne" entre la mort et la résurrection, mais dans cette "terre qui n'appartient à personne" est entré l'Un, l'Unique qui l'a traversée avec les signes de sa Passion pour l'homme: "Passio Christi. Passio hominis".

 

 

Dans ce "temps-au-delà-du temps", Jésus Christ "est descendu aux enfers". Que signifie cette expression? Elle signifie que Dieu, s'étant fait homme, est arrivé au point d'entrer dans la solitude extrême et absolue de l'homme, où n'arrive aucun rayon d'amour, où règne l'abandon total sans aucune parole de réconfort: "les enfers". Jésus Christ, demeurant dans la mort, a franchi la porte de cette ultime solitude pour nous guider également à la franchir avec Lui.

 

Nous avons tous parfois ressenti une terrible sensation d'abandon, et ce qui nous fait le plus peur dans la mort, est précisément cela, comme des enfants, nous avons peur de rester seuls dans l'obscurité, et seule la présence d'une personne qui nous aime peut nous rassurer. Voilà, c'est précisément ce qui est arrivé le jour du Samedi Saint: dans le royaume de la mort a retenti la voix de Dieu.

 

L'impensable a eu lieu: c'est-à-dire que l'Amour a pénétré "dans les enfers": dans l'obscurité extrême de la solitude humaine la plus absolue également, nous pouvons écouter une voix qui nous appelle et trouver une main qui nous prend et nous conduit au dehors.

 

L'être humain vit pour le fait qu'il est aimé et qu'il peut aimer; et si dans l'espace de la mort également, a pénétré l'amour, alors là aussi est arrivée la vie.

 

A l'heure de la solitude extrême, nous ne serons jamais seuls: "Passio Christi. Passio hominis".

 

Tel est le mystère du Samedi Saint! Précisément de là, de l'obscurité de la mort du Fils de Dieu est apparue la lumière d'une espérance nouvelle: la lumière de la Résurrection.


Benoit XVI

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Publié le 5 Avril 2012

 

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office des ténèbres Vendredi Saint
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