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Publié le 5 Décembre 2009





"Je suis Nicolas, évêque de la ville de Myre."



VIE ET MIRACLES


Saint Nicolas naquit vers 250 à Patare, ville de Lycie, qui est une province de l'Asie Mineure. Euphémius, homme riche, mais extrêmement pieux et charitable, fut son père, et Anne, sœur de Nicolas l'ancien, archevêque de Myre, fut sa mère. Il ne vint au monde que quelques années après leur mariage et lorsqu'ils n'espéraient plus avoir d'enfants. La légende rapporte que lorsqu'à sa naissance on le mit dans le bassin, pour le laver, il se leva de lui-même sur ses pieds et se tint en cet état pendant deux heures, les mains jointes et les yeux élevés vers le ciel ; qu'il commença à jeûner dès le berceau ; car, le mercredi et le vendredi, qui étaient les jours d'abstinence et de jeûne dans l'Eglise orientale, il ne tétait qu'une fois vers le soir au lieu de plusieurs fois par jour.

 

Il reçut une excellente éducation, tant par l'étude des sciences divines et humaines, que par la pratique de toutes les vertus. Mais la peste lui ayant enlevé ses parents dès sa plus tendre jeunesse, il commença à se défaire des biens que son père et sa mère lui avaient laissés. Ce fut à cette époque qu'il fit cette action donnant naissance à la légende des trois jeunes filles : un jour, étant averti qu'un des plus nobles habitants de sa ville, qui n'avait pas le moyen de pourvoir ni même de nourrir ses trois filles nubiles, était dans le dessein de les prostituer, il résolut d'empêcher cet infâme commerce, en lui donnant du bien suffisamment pour les marier. Il voulut néanmoins le faire secrètement et sans être découvert.

 

 

Ainsi, prenant la nuit une bourse remplie de pièces d'or, il l'alla jeter dans la chambre de cet homme, par une fenêtre qu'il trouva heureusement ouverte, et cette somme ayant servi à marier honnêtement l'aînée des filles, il en fit de même pour la seconde et ensuite pour la troisième. On ne peut croire l'étonnement du père, lorsqu'il vit la première et la seconde fois les soins que la divine Providence avait de sa famille ; mais il voulut savoir qui était son bienfaiteur ; il veilla pour le découvrir et, l'ayant reconnu lorsqu'il revint la troisième fois, il se jeta à ses pieds, reconnut sa culpabilité et fit vœu de pénitence. Saint Nicolas le pria instamment de tenir son action secrète ; mais ses prières furent inutiles, toute la ville en fut informée et le bruit s'en répandit en peu de temps dans toute la province.

 

Son oncle, l'archevêque de Myre, admirant de plus en plus la vertu et la sainteté de son neveu, l'ordonna prêtre et le fit supérieur d'un monastère appelé la Sainte-Sion, qu'il avait fait bâtir auprès de la ville métropolitaine, et, ayant remarqué avec combien de sagesse il s'acquittait de cette charge, il lui confia le soin de tout son diocèse pendant un voyage de piété qu'il fit en Terre sainte. Sa mort étant arrivée peu de temps après son retour, Nicolas pensa un moment se retirer dans le désert, mais opta pour un voyage en Terre sainte, prenant congé de ses religieux et s'embarquant. En chemin, il prédit au pilote une horrible tempête, qui survint et fut si furieuse que tous les passagers se crurent perdus ; mais Nicolas rendit le calme à la mer.

 

Durant sa vie, il renouvela plusieurs fois cet exploit, expliquant ainsi pourquoi les nautoniers le prennent pour leur patron et leur protecteur, et l'invoquent singulièrement dans tous leurs voyages. Dans le vaisseau, il ressuscita également un jeune garçon qui s'était tué en tombant du haut du mât. On dit qu'à Alexandrie il guérit un grand nombre de malades que les habitants lui présentèrent, sur les assurances que ceux de son vaisseau leur avaient données. Parvenu à Jérusalem, il se rendit sur les lieux saints, avant d'entreprendre le voyage de retour.

 

Le successeur de l'oncle de saint Nicolas venant à mourir, les évêques de la province s'assemblèrent pour élire un pasteur en sa place. Leurs sentiments sur ce choix étaient d'abord partagés, quand le plus ancien d'entre eux eut une révélation : le prêtre qui viendrait le lendemain le premier à l'église serait l'archevêque tant attendu. Il se posta le matin à la porte de l'église, et ce fut Nicolas qui s'y dirigea dès l'aube et y entra le premier. L'évêque, s'approchant de lui, lui demanda son nom, ce à quoi le Saint répondit : « Nicolas, serviteur de Votre Sainteté ». Alors les évêques, l'ayant revêtu de brillants ornements, l'installèrent dans le siè épiscopal. Il devenait ainsi archevêque de Myre. Après la messe pontificale, une femme lui présenta son enfant qui, tombé dans le feu, y était mort. Faisant sur lui le signe de la croix, Nicolas le ressuscita en présence de toute l'assemblée : d'où la coutume d'invoquer saint Nicolas dans les accidents de feu.

 

S'il avait jeûné deux fois la semaine dès le commencement de sa vie, il avait ajouté un troisième jeûne aux deux précédents, avec l'abstinence de chair et de vin ; une fois évêque, il se fit une loi de jeûner tous les jours, de ne manger que le soir et de n'avoir ordinairement sur sa table qu'un seul mets. Son lit n'était qu'une natte, une planche ou la terre nue. L'empereur Licinius, ayant renouvelé en Orient la persécution de Dioclétien et de Maximien, envoya des officiers à Myre pour y rétablir l'idolâtrie et forcer les chrétiens, par toutes sortes de supplices, de l'embrasser. Les uns furent mis à mort, les autres jetés dans des cachots, ceux-ci envoyés en exil et ceux-là dépouillés de tous leurs biens et réduits à la dernière misère. Jeté en prison, saint Nicolas ne plia pas et fut relâché par crainte d'un soulèvement populaire.

 

Sous Constantin le Grand, qui vainquit Licinius (324) et fit cesser la persécution, Nicolas revint à Myre et s'attacha à exterminer le culte des faux dieux, fit abattre les idoles, démolir les temples, couper les arbres et ruiner les bocages qui leur étaient dédiés ; lui-même prit la cognée en main et coupa en sept coups un arbre d'une prodigieuse grandeur, où Diane était honorée.

 

La légende rapporte que le démon, furieux, prépara alors une huile contre nature possédant la propriété de brûler dans l'eau et sur les pierres. Puis, prenant la forme d'une religieuse, il monta dans une barque, accosta des pèlerins qui naviguaient vers saint Nicolas, et leur dit : « Je regrette de ne pas pouvoir vous accompagner auprès du saint homme. Veuillez du moins, en souvenir de moi, enduire de cette huile les murs de son église et de sa maison ! » Mais voici que, la barque du démon s'étant éloignée, les pèlerins virent s'approcher d'eux une autre barque avec, à son bord, Nicolas. Et celui-ci leur dit : « Cette femme, que vous a-t-elle dit et que vous a-t-elle donné ? » Les pèlerins lui racontèrent ce qui s'était passé. Alors il leur dit : « Cette femme n'est pas une religieuse mais l'impudique Diane elle-même ; et, si vous en voulez une preuve, jetez son huile à la mer ! » A peine l'eurent-ils jetée qu'elle s'enflamma.

 

Nicolas soutint les décisions du concile de Nicée (325) avec force, accomplissant des miracles devenus légendaires. On dit qu'il ressuscita à Myre deux jeunes écoliers de qualité qu'un hôtelier avare et cruel avait égorgés et serrés dans un saloir, afin de profiter de leur argent et de leur corps. D'autres disent qu'il en ressuscita trois sur le chemin de Nicée, qu'un méchant homme avait traités avec la même barbarie et dont il vendait la chair hachée comme de la viande commune. Ces deux prodiges, néanmoins, n'ont aucun témoignage dans l'antiquité ; nous n'avons que la tradition des peuples pour nous en assurer. Peut-être aussi que ce n'a été qu'un seul miracle rapporté différemment par divers auteurs.

 

La province de Lycie et la ville de Myre étant affligées d'une très grande disette de blé qui les réduisait à une extrême famine, Nicolas sut qu'un riche marchand en avait plusieurs vaisseaux chargés dans un port de Sicile. Il lui apparut donc en songe et l'avertit de faire voile vers Myre, l'assurant que la nécessité y était excessive et qu'il y vendrait son grain tout ce qu'il voudrait, et, de peur qu'il ne crût que c'était une illusion, il lui mit dans la main trois pièces d'or. Le marchand, les trouvant sur lui à son réveil et voyant bien que personne n'était entré dans sa chambre, crut à cette vision. Aussi il s'embarqua, porta son blé au port de Myre, le vendit à très haut prix et, en gagnant beaucoup, il soulagea extrêmement la ville.

 

D'autres marchands, passant par le même port pour porter des blés à Constantinople, le Saint les pria d'en décharger une partie pour son peuple. Ils répondirent que cela leur était impossible, parce qu'ils devaient tout rendre à Constantinople exactement et par mesure. Mais il les assura que quelque quantité qu'ils lui laisseraient, ils trouveraient toujours leur compte où ils allaient : ils vendirent une partie de leur blé à Myre, et lorsqu'ils furent arrivés à Constantinople, ils trouvèrent sans aucune diminution toute la quantité qu'ils avaient chargée en l'embarquant.


D'ailleurs, le Saint multiplia si prodigieusement les blés qu'il avait fait venir et achetés, que ce qui n'aurait suffi à son peuple que pour quelques jours, se trouva suffisant pour plus de deux années.

 

Etant un jour aux portes de Myre avec Népotien, Ours, et Apilion, trois maîtres de camp envoyés par l'empereur Constantin qui avaient été arrêtés en chemin par un vent contraire et fait relâche dans un port du diocèse de saint Nicolas, ce dernier les invita à dîner chez lui. Apprenant qu'on allait faire mourir contre toute sorte de justice trois honorables habitants que le président Eustache, corrompu par argent, avait condamnés à mort, le Saint pria ses hôtes de l'accompagner, et, accourant avec eux sur le lieu où devait se faire l'exécution, trouva les trois soldats déjà à genoux et la face voilée, le bourreau brandissant déjà son épée au-dessus de leurs têtes. On raconte qu'aussitôt Nicolas, enflammé de zèle, s'élance bravement sur ce bourreau, lui arrache l'épée des mains, délie les trois innocents, et les emmène, sains et saufs, avec lui.

 

Puis il court au prétoire du consul, et en force la porte, qui était fermée. Bientôt le consul vient le saluer avec empressement. Mais le saint lui dit, en le repoussant : « Ennemi de Dieu, prévaricateur de la loi, comment oses-tu nous regarder en face, tandis que tu as sur la conscience un crime si affreux ? » Et il l'accabla de reproches, mais, sur la prière des princes, et en présence de son repentir, il consentit à lui pardonner. Après quoi les messagers impériaux, ayant reçu sa bénédiction, poursuivirent leur route, et soumirent les révoltés sans effusion de sang ; et ils revinrent alors vers l'empereur, qui leur fit un accueil magnifique.

 

Mais quelques-uns des courtisans, jaloux de leur faveur, corrompirent le préfet impérial, qui, soudoyé par eux, accusa ces trois princes, devant son maître, du crime de lèse-majesté. Aussitôt l'empereur, affolé de colère, les fait mettre en prison et ordonne qu'on les tue, la nuit, sans les interroger. Informés par leur gardien du sort qui les attend, les trois princes déchirent leurs manteaux et gémissent amèrement ; mais soudain, l'un d'eux, à savoir Népotien, se rappelant que le bienheureux Nicolas a naguère sauvé de la mort, en leur présence, trois innocents, exhorte ses compagnons à invoquer son aide.

 

Et en effet, sur leur prière, saint Nicolas apparut cette nuit-là à l'empereur Constantin, lui disant : « Pourquoi as-tu fait arrêter injustement ces princes, et les as-tu condamnés à mort tandis qu'ils sont innocents ? Hâte-toi de te lever et fais-les remettre en liberté au plus vite ! Sinon, je prierai Dieu qu'il te suscite une guerre où tu succomberas, et tu seras livré en pâture aux bêtes ! » Et l'empereur : « Qui es-tu donc, toi qui, entrant la nuit dans mon palais, oses me parler ainsi ? » Et lui : « Je suis Nicolas, évêque de la ville de Myre » Et le saint se montra de la même façon au préfet, Ablave, qui avait le plus appuyé leur condamnation et qu'il épouvanta en lui disant : « Insensé, pourquoi as-tu consenti à la mise à mort de trois innocents ? Va vite travailler à les faire relâcher ! Sinon, ton corps sera mangé de vers et ta maison aussitôt détruite. » Et le préfet : « Qui es-tu donc, toi qui me fais de telles menaces ?" Et lui : « Sache, dit-il, que je suis Nicolas, évêque de la ville de Myre ! »

 

L'empereur et le préfet, s'éveillant, se firent part l'un à l'autre de leur songe, et s'empressèrent de mander les trois prisonniers. « Etes-vous sorciers, leur demanda l'empereur pour nous tromper par de semblables visions ? » Ils répondirent qu'ils n'étaient point sorciers, et qu'ils étaient innocents du crime qu'on leur reprochait. Alors l'empereur : « Connaissez-vous, leur dit-il, un homme appelé Nicolas ? » Et eux, en entendant ce nom, levèrent les mains au ciel, et prièrent Dieu que, par le mérite de saint Nicolas, il les sauvât du péril où ils se trouvaient. Et lorsque l'empereur eut appris d'eux la vie et les miracles du saint, il leur dit : « Allez et remerciez Dieu, qui vous a sauvés sur la prière de ce Nicolas ! Mais rendez-lui compte de ma conduite, et portez-lui des présents de ma part ; et demandez-lui qu'il ne me fasse plus de menaces, mais qu'il prie Dieu pour moi et pour mon empire ! » L'empereur les chargea même de très riches présents pour saint Nicolas, afin qu'ils lui témoignassent par là leur reconnaissance de ce qu'il les avait délivrés de la mort. Ces présents furent un livre des Evangiles écrit en lettres d'or, un encensoir d'or massif et enrichi de pierreries, deux chandeliers d'or et des gants brodés d'or pour la messe pontificale. Cette épisode explique pourquoi ceux qui sont faussement accusés ont recours à la protection de saint Nicolas.

 

Nul historien n'a omis de rapporter la légende des matelots qui étaient à deux doigts de périr par la violence d'une tempête et qui, ayant imploré saint Nicolas, le trouvèrent à l'heure même dans leur vaisseau leur disant : « Me voici, je viens à votre aide ». Aussitôt il prend le gouvernail et se met à conduire le navire. Il commande à la mer et il en apaise les flots ; et, par ce moyen, il les mène jusqu'au port de Myre, où il disparut. Dès qu'ils furent débarqués, ils allèrent à l'église pour le remercier d'une si grande faveur, et l'aperçurent au milieu de ses clercs. Ils se jetèrent à ses pieds, lui firent le récit de ce qui s'était passé et lui en témoignèrent leur reconnaissance. Le Saint leur fit connaître que ce péril leur était arrivé pour quelques péchés secrets dont ils devaient se corriger et faire pénitence.

 

Ayant eu la révélation de sa mort prochaine, il dit adieu à son peuple dans une messe pontificale, puis se retira dans le monastère de la Sainte-Sion dont il avait été fait abbé. Ce fut là qu'une petite fièvre l'ayant saisi, il se fit administrer les sacrements et s'éteignit le 6 décembre 343. Il fut enseveli dans une tombe de marbre; et de sa tête se mit à couler une source d'huile apportant la santé à bien des malades, et de ses pieds une source d'eau. Cette huile cessa de couler lorsque le successeur de saint Nicolas se vit chassé de son siège par des envieux. Mais dès que l'évêque fut réinstallé sur son siège, l'huile se remit aussitôt à couler. Longtemps après, les Turcs détruisirent la ville de Myre. Et comme quarante-sept soldats de la ville de Bari passaient par là, quatre moines leur ouvrirent la tombe de saint Nicolas : ils prirent ses os, qui nageaient dans l'huile, et les transportèrent dans la ville de Bari, en l'an 1087.

 

Saint Nicolas est le patron des écoliers et petits garçons, des bateliers, pêcheurs, marins et mariniers, déchireurs de bateaux et débardeurs, voyageurs et pèlerins, brasseurs, tonneliers, ciriers, mal jugés.

 

On peut citer deux autres miracles accomplis par le Saint. Un noble avait prié saint Nicolas de lui faire obtenir un fils, promettant qu'en récompense il se rendrait avec son fils au tombeau du saint et lui offrirait un vase d'or. Le noble obtient un fils et fait faire un vase d'or. Mais ce vase lui plaît tant qu'il le garde pour lui-même et, pour le Saint, en fait faire un autre d'égale valeur. Puis il s'embarque avec son fils pour se rendre au tombeau du saint. En route le père ordonne à son fils d'aller lui prendre de l'eau dans le vase qui d'abord avait été destiné à saint Nicolas. Aussitôt le fils tombe dans la rivière et se noie. Mais le père, malgré toute sa douleur, n'en poursuit pas moins son voyage. Parvenu dans l'église de saint Nicolas, il pose sur l'autel le second vase ; au même instant une main invisible le repousse avec le vase, et le jette à terre : l'homme se relève, s'approche de nouveau de l'autel, est de nouveau renversé. Et voilà qu'apparaît, au grand étonnement de tous, l'enfant qu'on croyait noyé. Il tient en main le premier vase, et raconte que, dès qu'il est tombé à l'eau, saint Nicolas est venu le prendre, et l'a conservé sain et sauf. Sur quoi le père, ravi de joie, offre les deux vases à saint Nicolas.

 

Un homme riche avait obtenu, grâce à l'intercession de saint Nicolas, un fils qu'il avait appelé Dieudonné. Aussi avait-il construit, en l'honneur du saint, une chapelle dans sa maison, où il célébrait solennellement sa fête tous les ans. Or un jour Dieudonné est pris par la tribu des Agaréniens, et amené en esclavage au roi de cette tribu. L'année suivante, au jour de la Saint-Nicolas, l'enfant, pendant qu'il sert le roi, une coupe précieuse en main, se met à pleurer et à soupirer, en songeant à la douleur de ses parents, et en se rappelant la joie qu'ils éprouvaient naguère à la Saint-Nicolas. Le roi l'oblige à lui confesser la cause de sa tristesse; puis, l'ayant apprise : « Ton Nicolas aura beau faire, tu resteras ici mon esclave ! » Mais au même instant un vent terrible s'élève, renverse le palais du roi, et emporte l'enfant avec sa coupe, jusqu'au seuil de la chapelle, où ses parents sont en train de célébrer la fête de saint Nicolas. Selon d'autres auteurs, cet enfant aurait été originaire de Normandie, et aurait été ravi par le sultan ; et comme celui-ci, le jour de la Saint-Nicolas, après l'avoir battu, l'avait jeté en prison, voici que l'enfant s'endormit et, à son réveil, se trouva ramené dans la chapelle de ses parents.

 


 

COMPLAINTE DES

ENFANTS AU SALOIR

 

Il était trois petits enfants,

Qui s'en allaient glaner aux champs.

Ils sont tant allés et venus

Que le soleil on n'a plus vu.

 

S'en sont allés chez un boucher :

« Boucher, voudrais-tu nous loger ? »

- « Allez, allez, mes beaux enfants,

Nous avons trop d'empêchement. »

 

Sa femme, qu'était derrière lui,

Bien vitement le conseillit :

« Ils ont, dit-elle, de l'argent,

Nous en serons riches marchands. »

 

Entrez, entrez, mes beaux enfants !

Y a de la place assurément.

Nous vous ferons fort bien souper,

Aussi bien blanchement coucher. »

 

Ils n'étaient pas sitôt entrés,

Que le boucher les a tués,

Les a coupés tout par morceaux,

Mis au saloir comme pourceaux.

 

Quand ce fut au bout de sept ans,

Saint Nicolas vint dans ce champ.

Il s'en alla chez le boucher :

« Boucher, voudrais-tu me loger ? »

 

« Entrez, entrez, Saint Nicolas !

De la place, il n'en manque pas. »

Il n'était pas sitôt entré,

Qu'il a demandé à souper.

 

« Voul'ous un morceau de jambon ? »

- « Je n'en veux pas, il n'est pas bon. »

- « Voulez-vous un morceau de veau ? »

- « Je n'en veux pas, il n'est pas beau.

 

« De ce salé je veux avoir,

Qu'y a sept ans qu'est dans le saloir. »

Quand le boucher entendit ça,

Hors de sa porte il s'enfuya.

 

« Boucher, boucher, ne t'enfuis pas !

Repens-toi, Dieu te pardonn'ra. »

Saint Nicolas posa trois doigts

Dessus le bord de ce saloir.

 

Le premier dit : « J'ai bien dormi ! »

Le second dit : « Et moi aussi ! »

A ajouté le plus petit :

« Je croyais être en paradis ! »



link

Saint NICOLAS : vie, miracles, légendes

(D'après Les petits Bollandistes paru en 1876,

Le romancéro populaire de la France : choix de chansons

populaires françaises paru en 1904, La Légende dorée - édition enrichie -

paru en 1910, Revue britannique paru en 1851)

 




















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Publié le 4 Décembre 2009


 

 


Rome: Le prédicateur met en garde les prêtres contre un "activisme frénétique"

Don Camillo porté en exemple par le père Raniero Cantalamessa

Rome, 4 décembre 2009 (Apic) Au cours de sa première méditation de l’Avent au Vatican, en présence de Benoît XVI, dans la matinée du 4 décembre, le prédicateur de la Maison pontificale a mis en garde les prêtres devant le risque de succomber à un “activisme frénétique“.

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Publié le 4 Décembre 2009

 

Messager de paix

 

L’année liturgique commence au premier dimanche de l’Avent. Au fil des jours, vont se succéder des « temps » d’inégales longueurs. Grâce à eux, nous comprendrons mieux les mystères du Christ.

 

Tout bon pédagogue sait en effet qu’il est nécessaire de distinguer pour mieux comprendre. Ainsi, l’année liturgique développera le mystère du Salut, en présentant successivement les diverses facettes de celui-ci : l’attente, la venue, la préparation spirituelle, la Passion, la Résurrection et le temps de l’Eglise.

 

Cette pédagogie est très utile, elle marque notre mémoire, mais elle ne doit jamais masquer l’unité de toute vie spirituelle. Dans une même journée, j’espère la présence du Seigneur, il vient à moi dans la prière et la rencontre du frère, je tente de réformer ma vie et la certitude de la Résurrection affermit mon pas sur le chemin du quotidien.

 

Pendant les semaines à venir, l’Eglise veut nourrir notre espérance. Elle nous offre des jours d’attente fébrile et heureuse. Par des signes simples et très humains, elle nous parle au coeur. Toutefois, ce chemin de l’Avent a bien souvent été récupéré par les marchands et les falsificateurs du Mystère. C’est pourquoi nous laisserons sur le bord de la route tout à la fois les oripeaux factices d’une fête sans lendemain mais aussi la lassitude qui peut nous saisir, pour marcher résolument à la rencontre de Celui qui nous apporte la paix.

 

L’évangile reprenant les images apocalyptiques déjà entrevues il y a quelques semaines nous parle avec vigueur de bouleversements présents, rencontrés par chacun : la fragilité de la vie, l’instabilité de ce monde, la disparition des êtres aimés. Il évoque toutes ces “fins du monde” personnelles qui nous incitent à chercher notre véritable point d’appui. Puisqu’il ne restera pas “pierre sur pierre” de ce que nous percevons pendant notre pèlerinage terrestre, comment ne pas nous réjouir intensément de la venue du Prince de la Paix ? En partageant nos vies, en connaissant nos joies, nos peines, les fidélités et les trahisons, il devient notre frère. Mais ce frère est plus qu’un accompagnateur. Il désigne l’horizon et donne une perspective à nos vies ; il vient à notre rencontre, nous prend par la main et nous guide jusqu’à une terre nouvelle.

 

Avançons avec confiance : « Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche ».

 

Alain CASTET,

évêque de Luçon

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Publié le 4 Décembre 2009





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Le vice-ministre italien des Infrastructures et des Transports, Roberto Castelli, a proposé aujourd'hui d'ajouter un crucifix au drapeau national, une mesure qui affirmerait "le droit de l'Europe de retrouver sa propre identité".

AFP

30/11/2009


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Publié le 3 Décembre 2009








nouveaux blasphèmes ! ...


parce Domine, parce populo tuo
ne in aeternum, irascaris nobis.

Fratres, sobrii estote, et vigilate: quia adversarius vester diabolus tamquam leo rugiens circuit, quaerens quem devoret:






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Publié le 3 Décembre 2009



Marie a été conçue sans le péché originel. Elle est toute pure. Le mal moral ne l'a jamais effleurée, elle qui a remporté un complet triomphe sur le démon. L'Immaculée Conception suppose la grâce sanctifiante en Marie dès le premier instant de son existence. La sainteté originelle de la Vierge est déjà plénitude de grâce, sainteté parfaite. Dès le premier instant de sa conception, Marie fût comblée d'une telle abondance de grâce qu'elle dépassait la grâce de tous les anges et de tous les autres Saints.

" Vous êtes toute belle, ô Marie, et la tâche originelle n'est point en vous."

ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.


dom Roy
Fontgombault.



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Publié le 2 Décembre 2009


vraiment très beau !





السلام عليك يا مريم, يا ممتلئة نعمة, الرب معك. مباركة أنت في النساء, ومبارك ثمرة بطنك سيدنا يسوع المسيح. يا قديسة مريم, يا والدة الله, صلي لأجلنا, نحن الخطأة, الآن وفي ساعة موتنا. آمين.


on est à la page au moins.!

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Publié le 2 Décembre 2009





Mon Dieu, je vous aime !

 Ce n'est pas pour le ciel que je vous aime,

 ni parce que ceux qui ne vous aiment pas,

 vous les punissez du feu éternel.

 A la croix, mon Jésus,

 vous m'avez pressé sur votre coeur.

 Vous avez enduré les clous,

 le coup de lance,

 le comble de la honte,

 les douleurs sans nombre,

 la sueur et l'angoisse,

 la mort ...

 Tout cela pour moi,

 à ma place, pour mes péchés.

 Alors, ô Jésus très aimant,

 pourquoi donc ne pas vous aimer d'un amour désintéressé,

 oubliant le ciel et l'enfer, non pour être récompensé,

 mais simplement comme vous m'avez aimé ?

 C'est ainsi que je vous aime, ainsi que je vous aimerai :

 uniquement parce que vous êtes mon roi,

 uniquement parce que vous êtes mon Dieu.

 

Amen.



Bonne et sainte fête à XaXa, à François-Xavier, à
tous les Xavier...





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Rédigé par philippe

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Publié le 2 Décembre 2009

 

 

 

Si la sainte Église, notre mère, passe le temps de l’Avent dans cette solennelle préparation au triple Avènement de Jésus Christ ; si, à l’exemple des vierges sages, elle tient sa lampe allumée pour l’arrivée de l’Époux, nous qui sommes ses membres et ses enfants, nous devons participer aux sentiments qui l’animent, et prendre pour nous cet avertissement du Sauveur : « Que vos reins soient ceints d’une ceinture comme ceux des voyageurs ; que des flambeaux allumés brillent dans vos mains ; et soyez semblables à des serviteurs qui attendent leur maître » (Lc 12, 35). En effet, les destinées de l’Église sont les nôtres ; chacune de nos âmes est, de la part de Dieu, l’objet d’une miséricorde, d’une prévenance, semblables à celles dont il use à l’égard de l’Église elle-même. Elle n’est le temple de Dieu, que parce qu’elle est composée de pierres vivantes ; elle n’est l’Épouse, que parce qu’elle est formée de toutes les âmes qui sont conviées à l’éternelle union. S’il est écrit que le Sauveur s’est acquis l’Église par son sang (Ac 20, 28), chacun de nous peut dire en parlant de soi-même, comme saint Paul

 

Le Christ m’a aimé et s’est livré pour moi (Ga 2, 20). Les destinées étant donc les mêmes, nous devons nous efforcer, durant l’Avent, d’entrer dans les sentiments de préparation dont nous venons de voir que l’Église elle-même est remplie.

 

Et d’abord, c’est pour nous un devoir de nous joindre aux saints de l’ancienne Loi pour demander le Messie, et d’accomplir ainsi cette dette du genre humain tout entier envers la divine miséricorde. Afin de nous animer à remplir ce devoir, transportons-nous, par la pensée, dans le cours de ces quatre mille ans, représentés par les quatre semaines de l’Avent, et songeons à ces ténèbres, à ces crimes de tout genre au milieu desquels l’ancien monde s’agitait. Que notre cœur sente vivement la reconnaissance qu’il doit à celui qui a sauvé sa créature de la mort, et qui est descendu pour voir de plus près et partager toutes nos misères, hors le péché. Qu’il crie, avec l’accent de la détresse et de la confiance, vers Celui qui voulut sauver l’œuvre de ses mains, mais qui veut aussi que l’homme demande et implore son salut. Que nos désirs et notre espérance s’épanchent donc dans ces ardentes supplications des anciens prophètes, que l’Église nous met à la bouche en ces jours d’attente ; prêtons nos cœurs, dans toute leur étendue, aux sentiments qu’ils expriment.

 

Ce premier devoir étant rempli, nous songerons à l’Avènement que le Sauveur veut faire en notre cour : Avènement, comme nous avons vu, plein de douceur et de mystère, et qui est la suite du premier, puisque le bon Pasteur ne vient pas seulement visiter le troupeau en général, mais qu’il étend sa sollicitude à chacune des brebis, même à la centième qui s’était perdue. Or, pour bien saisir tout cet ineffable mystère, il faut se rappeler que, comme nous ne pouvons être agréables à notre Père céleste qu’autant qu’il voit en nous Jésus-Christ, son Fils, ce Sauveur plein de bonté daigne venir en chacun de nous, et, si nous y voulons consentir, nous transformer en lui, en sorte que nous ne vivions plus de notre vie, mais de la sienne. Et tel est le but du christianisme tout entier, de diviniser l’homme par Jésus Christ : telle est la tâche sublime imposée à l’Église. Elle dit aux fidèles avec saint Paul : « Vous êtes mes petits enfants ; car je vous donne une seconde naissance, afin que Jésus-Christ soit formé en vous » (G a 4, 19).

 

Mais, de même que, dans son apparition en ce monde, le divin Sauveur s’est d’abord montré sous la forme d’un faible enfant, avant de parvenir à la plénitude de l’âge parfait qui était nécessaire pour que rien ne manquât à son sacrifice, il tend à prendre en nous les mêmes développements. Or, c’est à la fête de Noël qu’il aime à naître dans les âmes, et qu’il répand par toute son Église une grâce de naissance, à laquelle, il est vrai, tous ne sont pas fidèles.

 

Car voici la situation des âmes à l’approche de cette ineffable solennité. Les unes, et c’est le petit nombre, vivent avec plénitude de la vie du Seigneur Jésus qui est en elles, et aspirent à chaque heure après l’accroissement de cette vie. Les autres, en plus grand nombre, sont vivantes, il est vrai, par la présence du Christ ; mais elles sont malades et languissantes, faute de désirer le progrès de cette vie divine ; car leur charité s’est refroidie (A p 2, 4.). Le reste des hommes ne jouit point de cette vie, et ils sont dans la mort ; car le Christ a dit : Je suis la vie (Jn 14, 6).

 

Or, dans les jours de l’Avent, le Sauveur s’en va frappant à la porte de toutes ces âmes, tantôt d’une manière sensible, tantôt d’une manière cachée. Il vient leur demander si elles ont place pour lui, afin qu’il naisse en elles. Mais, quoique la maison qu’il réclame soit à lui, puisqu’il l’a bâtie et la conserve, il s’est plaint que les siens ne l’ont pas voulu recevoir (Jn 1,11) ; au moins le grand nombre d’entre eux. « Quant à ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de devenir fils de Dieu, et non plus enfants de la chair et du sang > (Jn 1,12-13).

 

Préparez-vous donc à le voir naître en vous plus beau, plus radieux, plus fort encore que vous ne l’avez connu, ô vous, âmes fidèles qui le gardez en vous comme un dépôt chéri, et qui, dès longtemps, n’avez point d’autre vie que sa vie, d’autre cœur que son cœur, d’autres œuvres que ses œuvres. Sachez démêler, dans les paroles de la sainte liturgie, ces mots cachés qui vont à votre amour, et qui charmeront le cœur de l’Époux.

 

Dilatez vos portes pour le recevoir dans sa nouvelle entrée, vous qui déjà l’aviez en vous, mais sans le connaître ; qui le possédiez, mais sans le goûter. Il revient avec une nouvelle tendresse ; il a oublié vos dédains ; il veut renouveler toutes choses (A p 21, 5). Faites place à l’Enfant divin ; car il voudra croître en vous. Le moment approche : que votre cœur donc se réveille ; et dans la crainte que le sommeil ne vous ait surpris quand il passera, veillez et chantez. Les paroles de la liturgie sont aussi pour vous ; car elles parlent de ténèbres que Dieu seul peut dissiper, de plaies que sa bonté seule peut guérir, de langueurs qui ne cesseront que par sa vertu.

 

Et vous, chrétiens, pour qui la bonne nouvelle est comme si elle n’était pas, parce que vos cœurs sont morts par le péché ; soit que cette mort vous retienne dans ses liens depuis de longues années, soit que la blessure qui l’a causée ait été plus récemment portée à votre âme : voici venir celui qui est la vie. « Pourquoi donc voudriez-vous mourir ? Il ne veut pas la mort du pécheur, mais bien qu’il se convertisse et qu’il vive (E z 18, 31). » La grande fête de sa naissance sera un jour de miséricorde universelle pour tous ceux qui voudront bien lui donner entrée. Ceux-là recommenceront à vivre avec lui : toute autre vie antérieure sera abolie, et la grâce surabondera, là même où avait abondé l’iniquité (Rm 5, 29).

 

Que si la tendresse, la douceur de cet Avènement mystérieux ne vous séduisent pas, parce que votre cœur appesanti ne saurait encore comprendre la confiance, parce que, ayant longtemps avalé l’iniquité comme l’eau, vous ne savez ce que c’est que d’aspirer par l’amour aux caresses d’un père dont vous aviez méprisé les invitations ; songez à l’Avènement plein de terreur, qui suivra celui qui s’accomplit silencieusement dans les âmes. Entendez les craquements de l’univers à l’approche du Juge redoutable ; voyez les cieux s’enfuir devant lui, et se rouler comme un livre à sa vue (A p 6, 14) ; soutenez, si vous pouvez, son aspect, ses regards étincelants ; regardez sans frémir le glaive à deux tranchants qui s’élance de sa bouche (A p 1, 16) ; écoutez enfin ces cris lamentables : Montagnes, tombez sur nous ; rochers, couvrez-nous, dérobez-nous sa vue effrayante (Lc 23, 30) ! Ces cris sont ceux que feront entendre, en vain, les âmes infortunées qui n’ont pas su connaître le temps de la visite (Lc 23, 19-44). Pour avoir fermé leur cœur à cet Homme-Dieu qui pleura sur elles, tant il les aimait ! elles descendront vivantes dans ces ardeurs éternelles, dont la flamme est si vive qu’elle dévore le germe de la terre et les fondements les plus cachés des montagnes (Dt 32, 22), C’est là que l’on sent le ver éternel d’un regret qui ne meurt jamais (Mc 9, 43).

 

Que ceux-là donc que n’attendrit pas la douce nouvelle de l’approche du céleste Médecin, du généreux Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, méditent pendant l’Avent sur l’affreux et pourtant incontestable mystère de la Rédemption rendue inutile par le refus que l’homme fait trop souvent de s’associer à son propre salut. Qu’ils sondent leurs forces, et s’ils dédaignent l’Enfant qui va naître (Is 9, 6), qu’ils voient s’ils seront en mesure de lutter avec le Dieu fort, au jour où il viendra non plus sauver, mais juger. Pour le connaître de plus près, ce Juge devant qui tout doit trembler, qu’ils interrogent la sainte liturgie là, ils apprendront à le craindre.

 

Au reste, cette crainte n’est pas seulement le propre des pécheurs, elle est un sentiment que tout chrétien doit éprouver. La crainte, si elle est seule, fait l’esclave ; si elle balance l’amour, elle convient au fils coupable, qui cherche le pardon de son père qu’il a irrité ; même quand c’est l’amour qui la chasse dehors (Jn 4, 18), elle revient parfois comme un éclair rapide ; et jusqu’en ses fondements le cœur fidèle est heureusement ébranlé. Il sent alors se réveiller le souvenir de sa misère et de la gratuite miséricorde de l’Époux. Nul ne doit donc se dispenser, dans le saint temps de l’Avent, de s’associer aux pieuses terreurs de l’Église qui, tout aimée qu’elle est, dit fréquemment en ses offices : Percez ma chair, Seigneur, de l’aiguillon de votre crainte ! Mais cette partie de la liturgie sera utile surtout à ceux qui commencent à se donner au service de Dieu.

 

De tout ceci, on doit conclure que l’Avent est un temps principalement consacré aux exercices de la vie purgative, ce qui est signifié par cette parole de saint Jean-Baptiste, que l’Église nous répète si souvent dans ce saint temps : Préparez la voie du Seigneur ! Que chacun donc travaille sérieusement à aplanir le sentier par lequel Jésus-Christ entrera dans son âme. Que les justes, suivant la doctrine de l’Apôtre, oublient ce qu’ils ont fait dans le passé (P h 3, 13), et travaillent sur de nouveaux frais. Que les pécheurs se hâtent de rompre les liens qui les retiennent, de briser les habitudes qui les captivent ; qu’ils affaiblissent la chair, et commencent le dur travail de la soumettre à l’esprit ; qu’ils prient surtout avec l’Église ; et quand le Seigneur viendra, ils pourront espérer qu’il ne franchira pas le seuil de leur porte, mais qu’il entrera ; car il a dit, en parlant de tous « Voici que je suis à la porte et que je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre, j’entrerai chez lui » (Ap 3, 20).

dom Guéranger.

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 2 Décembre 2009



" O âmes créées pour de telles grandeurs! ô vous qui êtes appelées à les posséder! Que faites-vous? A quoi vous occupez-vous? Vos prétentions ne sont que bassesse, et vos biens ne sont que misère. O triste aveuglement! Les yeux de votre âme ne voient plus! En présence d'une lumière si éclatante, vous restez aveuglés! Quand des voix si puissantes se font entendre, vous restez sourds".


St Jean de la Croix.

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