spiritualite

Publié le 12 Décembre 2009



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« ... Sache-le bien, accueille-le comme vérité, mon fils le plus petit, que je suis la parfaite, toujours vierge, Sainte Marie, mère du Dieu vraiment vrai, par qui tout vit, le Créateur des personnes, le propriétaire de ce qui est proche et lointain, Maitre du ciel, Maitre de la terre... »

 

Pour Juan Diego et les indiens du Mexique, qu'il y ait un Dieu unique générateur de toutes choses n'est pas une découverte. Au delà de la multitude foisonnante des dieux, dans le ciel le plus haut, le plus inaccessible, se tient Ometeotl, le dieu de la dualité, qui est à lui seul principe masculin et féminin, le père et la mère des dieux et de tout autre chose. C'est dans le ciel d' Ometeotl qu'il y a la paix, l'harmonie, la stabilité. Plus bas, aux niveaux des dieux et des hommes, c'est le changement, l'instabilité, le conflit et la guerre.

 

La bonne nouvelle, la nouvelle inattendue et extraordinaire, c'est que Ometeotl ait une mère et que cette mère soit humaine. Ometeotl est mère et père de tous les autres dieux, mais il n'a pas lui même de père et mère. Avant, à leur niveau, les hommes ne connaissaient de lui que des manifestations partielles et conflictuelles : la multitude des dieux.


Maintenant l'Inaccessible descend lui-même jusqu'à ses enfants les hommes : c'est ce qu'est venue annoncer Sainte Marie, vierge et mère.

 

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Publié le 11 Décembre 2009

 

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Si l’interpellation de Frédéric Nietzsche adressée aux chrétiens continue à rester proverbiale : " Je croirai, disait-il, quand les chrétiens auront une tête de sauvés ", il est beaucoup moins notoire que le Pape Paul VI a adressé à l’Église universelle, lors de l’année sainte 1975, une encyclique sur la joie. À dire vrai, c’est la principale réflexion magistérielle sur la joie ! Il constatait alors que la société avait " pu multiplier les occasions de plaisir ", mais qu’elle avait " bien du mal à secréter la joie ". Trente ans après cette constatation, il faut bien avouer que la maladie de la société a plutôt empiré. La société de plaisir régulée par une consommation effrénée devient même de plus en plus triste.

 

Effectivement la joie n’équivaut pas à un plaisir auto-provoqué ; elle est vécue comme un sentiment qui ne se domine pas. Alors que la paix profonde, elle, est accessible à chaque chrétien dans une succession d’actes d’abandon à la volonté divine qui gouverne le monde, à la toute-puissance du Seigneur qui veille sur nous comme sur chacun des cheveux de notre tête (cf. Mt 10, 30), la joie ne semble pas pouvoir résulter de nos efforts. Saint Thomas d’Aquin enseigne seulement que l’usage correct des passions de l’âme ajoute à la bonté des actions (" passio animae addit ad bonitatem actionis " – Thomas d’Aquin, ST, IaIIae, q. 24) : mais le Docteur commun ne nous explique pas au même lieu, en dehors de la satisfaction éprouvée du repos dans l’œuvre achevée, comment réaliser cette précieuse addition de la joie au cours des actions banales de nos journées.

 

Pourtant les avis et conseils pastoraux de saint Paul sont sans équivoque : " Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le dis encore réjouissez-vous " (Ph 4, 4). " Soyez toujours joyeux et priez sans cesse " a dit Paul aux chrétiens de Thessalonique dans la deuxième lecture de ce dimanche (1Th 5, 16). La joie apparaît donc comme un ordre conditionné par l’oraison. La prière en effet est bien le lieu de la confiance joyeuse, car elle permet cette opération mystérieuse de transfert serein de nos soucis au Tout-Autre, cette chirurgie mystique de remise de nos charges au Tout-Puissant. " N’entretenez aucun souci " dit saint Paul (Ph 4, 6). Et, comme en écho, saint Pierre ajoute même : " Déchargez-vous sur Lui – [le Christ] – de tous vos soucis." (1P 5, 7). Attention l’appel à être " exempts de tous soucis " (1Co 7, 32) ne signifie pas qu’il n’y en ait pas. Ce serait bien irréaliste, et l’Écriture elle-même invite à entretenir certaines inquiétudes à commencer par le souci du Seigneur (cf. 1Co 7, 34), le souci des uns et des autres (cf. 1Co 12, 25, par exemple, engage à " une mutuelle sollicitude "), le souci des Églises (cf. 2Co 11, 28), le seul souci confessé par saint Paul ! La Parole de Dieu invite même à se soucier de notre bonheur par l’acquisition des vertus qui nous font non seulement poser des actes bons, mais qui rendent bon celui qui les exécute : " frères, tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaines, voilà ce qui doit vous préoccuper " (Ph 4, 8). Cette opération spirituelle mystérieuse de n’entretenir aucun souci ne peut se réaliser paradoxalement que dans un décentrement de nous-même : la vertu de discrétion vis-à-vis de soi est ainsi recommandée par les plus grands saints. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, notre nouveau docteur, nous apprend que c’est en s’oubliant au Carmel qu’elle apprit à être heureuse et elle ajoute son secret : " J’ai su faire ma joie de toute amertume." Une mystique de nos campagnes de France [Marthe Robin] ajoutait de même : " les difficultés ne sont pas [là] pour nous écraser mais pour nous permettre de monter dans la joie de la foi et de l’amour." Soyons vrais, cette inviscération de la joie dans nos vies demande un perpétuel recommencement. Nos confessions en sont le test réaliste : l’acquisition de la joie se montre être un combat jusqu’à la fin de nos jours. Devons-nous en être découragés ?

 

Heureusement nous avons Jésus, " doux et humble de cœur " (Mt 11, 29), notre Maître, notre Modèle, " notre Espérance " (1Tm 1, 1) dont la Lettre aux Hébreux nous dit qu’" au lieu de la joie qui lui était proposée, endura une croix dont il méprisa l’infamie " (He 12, 2-3). Jésus a vécu en premier la plénitude du conseil pastoral que Paul adresse à l’Église de Rome : " Soyez joyeux dans l’espérance, patients dans la détresse " (Rm 12, 14). Feu le Pape Jean-Paul II faisait remarquer à propos des saints cette possibilité de rester dans la joie au milieu des épreuves du monde : " Bien souvent, les saints ont vécu quelque chose de semblable à l’expérience de Jésus sur la Croix, dans un mélange paradoxal de béatitude et de douleur. Dans le Dialogue de la Divine Providence, Dieu le Père montre à Catherine de Sienne que dans les âmes saintes peuvent être présentes à la fois la joie et la souffrance : " Et l’âme est bienheureuse et souffrante : souffrante pour les péchés du prochain, bienheureuse par l’union et l’affection de la charité qu’elle a reçue en elle. Ceux-là imitent l’Agneau immaculé, mon Fils unique, lequel sur la Croix était bienheureux et souffrant ". De la même façon, Thérèse de Lisieux vit son agonie en communion avec celle de Jésus, éprouvant précisément en elle le paradoxe de Jésus bienheureux et angoissé : " Notre Seigneur dans le Jardin des Oliviers jouissait de toutes les délices de la Trinité, et pourtant son agonie n’en était pas moins cruelle. C’est un mystère, mais je vous assure que j’en comprends quelque chose par ce que j’éprouve moi-même ". C’est un témoignage lumineux !" (Jean-Paul II, Novo millennio ineunte, n. 27). Ainsi la joie peut, dans le Christ, dominer les conséquences d’une souffrance péniblement endurée : " la souffrance et la joie ne sont plus [dans le Christ] des ennemis irréductibles " enseigne le Pape qui acheva, il y a quarante ans, le Concile Vatican II (Paul VI, Gaudete de Domino). Ce témoignage lumineux provient en fait de l’expérience du Ressuscité : " en voyant le Seigneur les disciples furent tout à la joie " (Jn 20, 20). Mes frères, que ce dimanche, jour de la Résurrection du Seigneur, nous comble de sa présence non seulement par les saintes Écritures entendues, mais par la communion au Corps du Seigneur qui est vraiment ressuscité d’entre les morts. Souvenons-nous de la maxime du staretz russe saint Séraphim de Sarov à la vue de ses frères : " Ma joie, Christ est ressuscité !"

 

Non que nous soyons déjà arrivés au temps pascal, mais il faut déjà pressentir que la joie de l’Avent, la joie de Noël est ‘proleptique’, c’est-à-dire anticipation de la joie définitive du Royaume du Christ. Le magnificat que nous avons entendu à la place du psaume constitue un chant d’allégresse pour toutes les générations qui déclarent la Vierge Marie bienheureuse en écho au chant d’Isaïe entendu lors de la première lecture : " Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu " (Is 61, 10). Pour apprendre la joie, mettons-nous donc à si bonne école, tournons-nous vers la " Mater plena sanctæ lætitiæ (la Mère pleine de la sainte joie)" selon l’expression de Paul VI dans Gaudete de Domino. Les anges à Noël ne vont-ils pas nous annoncer " une grande joie (gaudium magnum), celle de tout le peuple " (Lc 2, 10) ? Les mages à la vue de l’astre ne seront-ils pas eux-mêmes " remplis d’une très grande joie " (Mt 2, 10) ? Certes la joie qui nous anime est encore une liesse retenue, il s’agit de vivre un gaudete réservé bien que constant, non pas comme un laetate ou un jubilate qui débordera, ayons-en l’espérance, en son temps. C’est la période liturgique de l’attente joyeuse, allègre, légère, car certaine comme la " bienheureuse espérance " (Tite 2, 13), celle qui ne " déçoit pas " (Rm 5, 5). Si aujourd’hui nous recevons en préparation l’annonce de la " grande joie " du salut qui doit advenir dans nos cœurs, demain nous aurons vraiment accès à la joie, à " la jubilation ", c’est-à-dire à " la louange ineffable qui ne peut partir que de l’âme " (Augustin, Sur le Ps 49, 3). En cet Avent, que nous puissions chacun attiser en nous un foyer si intense de joie de sorte que personne ne nous quitte sans avoir ressenti une certaine contagion frémissante, joyeuse, discrète, comme savent se le manifester entre eux les amoureux véritables ! Qu’aujourd’hui donc, au profond de notre vie assimilée au Christ, le Seigneur nous atteigne selon la prophétie d’Isaïe : " Je ferai de toi […] une source de joie d’âge en âge " (Is 60, 15).

 

Dès à présent avec Jean-Baptiste, ce premier ‘immergé’ au jour de la Visitation par cette source heureuse de la grâce, ce joyeux " ami de l’Époux ", ce grand " précurseur " de la joie chrétienne, rendons " témoignage à la Lumière " (Jn 1, 7), à Celui qui vient bientôt. Et déjà, rendons " droit " le chemin du Seigneur en nos vies ! Amen.

 

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Publié le 10 Décembre 2009

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Publié le 10 Décembre 2009

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Notre Dame de Lorette, Paris IX

lieu de mariage de mes parents.

 

 

 C’est à Lorette que, suivant la tradition, a été transportée l’heureuse maison de Nazareth dans laquelle, sur la salutation de l’ange adressée à la future Mère de Dieu, le Verbe s’est fait chair.

 La Sainte Maison de Lorette fut le premier sanctuaire de portée internationale dédiée à la Vierge et, pendant plusieurs siècles, le vrai cœur marial de la Chrétienté.

 Benoît XV, dans son « Traité de la canonisation des Saints » tout en déclarant qu’il ne s’agit pas là d’un dogme de foi, accepte la réalité du transfert de la demeure de la Vierge :

 « Tous les monuments en fournissent la preuve : la tradition constante, les témoignages des pontifes romains ainsi que les miracles qui ne cessent de s’opérer le confirment » et Sixte V, terminant la façade de la Basilique, fit graver en lettres d’or :

 « Maison de la Mère de Dieu où le Verbe s’est fait chair ».

 Jean Paul II évoque: « ces pierres rongées par le temps, icônes du mystère de l’Incarnation par lequel, « pour nous les hommes et pour notre salut », Dieu, lors de l’Annonciation, prit chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ainsi que nous le professons dans le Credo ».

 L’habitation de Marie comprenait une grotte creusée dans le roc et devant l’ouverture de la grotte, un espace entouré par trois murs ; ce sont ces trois murs qui constituent la Sainte Maison et sont l’objet de la vénération.

L’humble demeure fut en effet mystérieusement transférée d’Orient en Occident

Selon une tradition fixée des siècles plus tard, la Santa Casa aurait été transportée de Nazareth, arrivant le 10 décembre 1294, en Italie sur le territoire de Recanati, près du port, dans la forêt de Lorette.

 La Sainte Maison est elle-même le témoin de son origine. Nous nous attacherons à suivre ce qui est le pèlerinage le plus populaire d’Italie.

Si Lorette, au XVIè et XVIIè siècles, fut un des principaux buts de pèlerinage, après Rome et Saint Jacques de Compostelle, les premiers témoignages datent de 1315 ; parmi les biens de l’évêché, sur le territoire de Recanati, figurait une petite église de campagne dédiée à sainte Marie ; on y vénérait l’image d’une madone tenant l’enfant Jésus dans ses bras.

 Un petit château à quatre tours permettait de parer aux attaques éventuelles venant des pirates de la mer et rien n’interrompait l’ardeur des pèlerins ; la chapelle vénérée finit par être recouverte, routes et ponts pour y conduire construits ; les gens du pays y étaient très attachés, les petits enfants formés par leur mère à se tourner chaque matin vers le sanctuaire pour saluer la Sainte Maison qui abrita l’enfance de Jésus.

Avec le temps, un chemin de ronde garni de mâchicoulis, des fortifications, un campanile, une coupole complétait l’architecture sacrée ; l’église, de l’extérieur, prit ainsi l’allure d’un château fort.

Les papes honorèrent Lorette de tout temps.  On peut citer Urbain V, Urbain VI instituant une indulgence plénière, Nicolas V, Pie II en allant à Ancône bénir les croisés. En 1450, l’impulsion est donnée par le pape Paul II lui-même ; c’est alors que des artistes furent invités pour faire de Lorette l’écrin de la Sainte Maison, revêtue de marbre, sous la direction de l’architecte Bramante. Les peintres tel Lorenzo Lotto, les sculpteurs tel Lombardo, travaillaient avec ferveur à l’érection et la décoration de l’église.

Le pape Jules II soustrayait Lorette à la juridiction de l’évêque de Recanati pour l’attribuer directement au Saint-siège ; l’ère des croisades étant révolue, Lorette devenait un foyer de ferveur digne de suppléer les lieux saints de Palestine, un centre marial européen de première importance, une étape traditionnelle dans les pèlerinages. Il faut s’imaginer les pèlerins voyageant, très différemment suivant leurs ressources : nobles et riches en litière ou carrosse avec des postes de relais, les pauvres à pied, souvent nu-pieds, femmes et malades transportés sur des charrettes ; ils marchaient en groupe d’au moins trente personnes pour éviter les embuscades des brigands.Il faut se les représenter cheminant au centre de la route, alternant chants, prières, discussions, méditations à l’aide des édicules et reposoirs disposés le long des voies principales, coiffés du chapeau à larges bords, munis de la besace et du bourdon. Ils trouvaient dans les couvents nourriture et logement et, arrivés à Lorette, faisaient leurs dévotions : confessions, communions, visite de la Sainte Maison et du trésor où étaient rassemblés les dons à la Madone ; hôpital et hospice accueillaient les malades et ceux qui ne pouvaient repartir. Au XVIIIè et au XIXè siècle, les pèlerinages perdent de leur gloire d’antan ; en 1894, toutefois, en l’honneur du VIè centenaire de la dévotion à Lorette, les pèlerins affluèrent et plusieurs nations participèrent à la décoration des chapelles absidiales de la Basilique. En ce lieu de pèlerinage affluèrent les célébrités et les saints: Catherine de Sienne, François de Paule, Ignace de Loyola, François Xavier, François de Borgia, Louis de Gonzague, Charles Borromée, Benoît Labre, pour en nommer quelques-uns, se succédèrent dans la sainte demeure… et aussi la jeune Thérèse Martin ...

Lieu de guérison et de conversion :

 Quand la chiourme de Christophe Colomb est surprise par la tempête, il fait le vœu d’envoyer un pèlerin à Santa Maria de Lorette, « laquelle se trouve dans la marche d’Ancône, terre du pape ; c’est la maison où Notre-Dame a fait et fait encore de nombreux et grands miracles ». Léon X publia en faveur de la Sainte Maison une bulle célèbre dans laquelle il exalte d’abord les gloires de ce sanctuaire incomparable puis il proclame les grands, innombrables et continuels miracles que, par l’intercession de Marie, Dieu opère dans cette église. Le pape Pie IX, en particulier, y trouva sa guérison : C’est en effet à la Vierge de Lorette que la chrétienté doit le pape Pie IX. Selon ses historiens dès son enfance, le jeune comte Jean-Marie Mastaï Ferretti avait été voué à la Vierge; « Mes parents », disait-il un jour à un évêque français, « avaient l’habitude de faire chaque année un voyage à la Santa Casa et de nous conduire avec eux mes frères et moi ; or, dès l’annonce du départ, je ne dormais plus ».Dès sa sortie de collège, il embrassa la carrière des armes pour devenir comme soldat défenseur du Saint-Siège. Mais il fut subitement frappé d’une maladie terrible, l’épilepsie ; sa santé en fut profondément marquée ; les médecins se déclarèrent impuissants à combattre le mal et annoncèrent sa fin prochaine.

 Le pape Pie VII aimait Mastaï. Il lui demanda s’il avait pensé à la sainteté de l’état religieux. Le jeune comte répondit qu’il y avait pensé, surtout depuis la maladie qu’il avait plu au Seigneur de lui envoyer, mais que sa santé actuelle lui interdisait cet état comme celui des armes. Le pape le consola et l’assura qu’il guérirait s’il acceptait de se consacrer entièrement au service de Dieu. Encouragé par ces paroles, le jeune compte entreprit le pèlerinage à Lorette pour implorer sa guérison dans la chambre de Marie et il fit le vœu, s’il obtenait cette faveur, d’embrasser l’état ecclésiastique. La Sainte Vierge l’exauça ; il fut radicalement guéri et revint à Rome pour se faire prêtre. Il avait vingt et un ans. Plus tard, Pie IX devait s’acquitter magnifiquement de sa dette de reconnaissance envers la Vierge en proclamant à la face du monde le dogme de son Immaculée Conception. Aux grâces de guérison, s’ajoutent les grâces de conversion : M Olier en témoigne : « Outre que je reçus la guérison de mes yeux, je reçus alors un grand désir de la prière. Ce fut le coup le plus puissant de ma conversion. C’est dans ce lieu que j’ai été enfanté à la grâce et que Marie m’a fait renaître à Dieu dans le lieu même où elle avait engendré Jésus-Christ ».

 Pour sa part, saint Joseph de Copertino aperçut, dans une vision, les anges pénétrer dans la maison, les mains pleines de dons célestes. Il déclara ensuite à son compagnon :

 « Regardez et voyez les miséricordes de Dieu qui, comme une pluie abondante, inondent le sanctuaire ! O le lieu béni ! O la bienheureuse demeure ! »

 

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Publié le 10 Décembre 2009

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"Faites-moi connnaître une parole de joie et d'allégresse, et mes os brisés se réjouiront."

psaume 50



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Publié le 8 Décembre 2009



O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.






Buona festa dell'Immacolata a tutti voi!

 

Happy Feast of the Immaculate to all of you!

 

¡Feliz fiesta de la Inmaculada a todos ustedes!

 

Bonne fête de l'Immaculée à vous tous!

 

Srećan blagdan Bezgrešne svima vama!



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Publié le 6 Décembre 2009

 

 





O Marie conçue sans péché, priez pour nous
qui avons recours à vous.



N'êtes-vous pas, ô Marie, cette radieuse espérance qui vient tout d'un coup briller au sein même de l'abîme de la désolation ?


Qu'allions-nous devenir sans le Christ qui vient nous sauver ? et vous êtes sa Mère à jamais chérie, la plus sainte des créatures de Dieu, la plus pure des vierges, la plus aimante des mères !


 O Marie! que votre douce lumière réjouit délicieusement nos yeux fatigués ! De génération en génération, les hommes se succédaient sur la terre ; ils regardaient le ciel avec inquiétude, espérant à chaque instant voir poindre à l'horizon l'astre qui devait les arracher à l'horreur des ténèbres ; mais la mort avait fermé leurs yeux, avant qu'ils eussent pu seulement entrevoir l'objet de leurs désirs.


Il nous était réservé de voir votre lever radieux, ô brillante Etoile du matin ! vous dont les rayons bénis se réfléchissent sur les ondes de la mer, et lui apportent le calme après une nuit d'orages!


Oh! préparez nos yeux à contempler l'éclat vainqueur du divin Soleil qui marche à votre suite. Préparez nos coeurs ; car c'est à nos cœurs qu'il veut se révéler. Mais, pour mériter de le voir, il est nécessaire que nos cœurs soient purs; purifiez-les, ô vous, l'Immaculée, la très pure !


Entre toutes les fêtes que l'Eglise a consacrées à votre honneur, la divine Sagesse a voulu que celle de votre Conception sans tache se célébrât dans ces jours de l'A vent, afin que les enfants de l'Eglise, songeant avec quelle divine jalousie le Seigneur a pris soin d'éloigner de vous tout contact du péché, par honneur pour Celui dont vous deviez être la Mère, ils se préparassent eux-mêmes à le recevoir par le renoncement absolu à tout ce qui est péché et affection au péché.


Aidez-nous, ô Marie ! à opérer ce grand changement. Détruisez en nous, par votre Conception Immaculée, les racines de la cupidité, éteignez les flammes de la volupté, abaissez les hauteurs de la superbe. Souvenez-vous que Dieu ne vous a choisie pour son habitation, qu'afin de venir ensuite faire sa demeure en chacun de nous.

 

O Marie ! Arche d'alliance, formée d'un bois incorruptible, revêtue de l'or le plus pur, aidez-nous à correspondre aux desseins ineffables du Dieu qui, après s'être glorifié dans votre pureté incomparable, veut maintenant se glorifier dans notre indignité, et ne nous a arrachés au démon que pour faire de nous son temple et sa demeure la plus chère.


Venez à notre aide, ô vous qui, par la miséricorde de votre Fils, n'avez jamais connu le péché ! et recevez en ce jour nos hommages. Car vous êtes l'Arche de Salut qui surnage seule sur les eaux du déluge universel ; la blanche Toison rafraîchie par la rosée du ciel, pendant que la terre entière demeure dans la sécheresse ; la Flamme que les grandes eaux n'ont pu éteindre ; le Lis qui fleurit entre les épines; le Jardin fermé au serpent infernal ; la Fontaine scellée, dont la limpidité ne fut jamais troublée; la Maison du Seigneur, sur laquelle ses yeux sont ouverts sans cesse, et dans laquelle rien de souillé ne doit jamais entrer ; la Cité mystique dont on raconte tant de merveilles (Ps. LXXXVI).


Nous nous plaisons à redire vos titres d'honneur, ô Marie ! car nous vous aimons ; et la gloire de la Mère est celle des enfants. Continuez de bénir et de protéger ceux qui honorent votre auguste privilège, vous qui êtes conçue en ce jour ; et bientôt naissez, concevez l'Emmanuel, enfantez-le et montrez-le à notre amour.

 

dom Guéranger.

Seigneur, ayez pitié de nous.

 Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

 Seigneur, ayez pitié de nous.

 Jésus-Christ, écoutez-nous.

 Jésus-Christ, exaucez-nous.

 Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

 Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

 Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

 Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 Sainte Marie, priez pour nous.

 Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

 Sainte Vierge des vierges, priez pour nous.

 Mère du Christ, priez pour nous.

 Mère de la divine grâce, priez pour nous.

  Mère très pure, priez pour nous.

 Mère très chaste, priez pour nous.

 Mère toujours Vierge, priez pour nous.

 Mère sans tache, priez pour nous.

 Mère aimable, priez pour nous.

 Mère admirable, priez pour nous.

 Mère du bon conseil, priez pour nous.

 Mère de Créateur, priez pour nous.

 Mère du Sauveur, priez pour nous.

 Vierge très prudente, priez pour nous.

 Vierge vénérable, priez pour nous.

 Vierge digne de louange, priez pour nous.

 Vierge puissante, priez pour nous.

 Vierge clémente, priez pour nous.

 Vierge fidèle, priez pour nous.

 Miroir de justice, priez pour nous.

 Trône de la sagesse, priez pour nous.

 Cause de notre joie, priez pour nous.

 Vase spirituel, priez pour nous.

 Vase d'honneur, priez pour nous.

 Vase insigne de la dévotion, priez pour nous.

 Rose mystique, priez pour nous.

 Tour de David, priez pour nous.

 Tour d'ivoire, priez pour nous.

 Maison d'or, priez pour nous.

 Arche d'alliance, priez pour nous.

 Porte du ciel, priez pour nous.

 Étoile du matin, priez pour nous.

 Salut des infirmes, priez pour nous.

 Refuge des pécheurs, priez pour nous.

 Consolatrice des affligés, priez pour nous.

 Secours des chrétiens, priez pour nous.

 Reine des Anges, priez pour nous.

 Reine des Patriarches, priez pour nous.

 Reine des Prophètes, priez pour nous.

 Reine des Apôtres, priez pour nous.

 Reine des Martyrs, priez pour nous.

 Reine des Confesseurs, priez pour nous.

 Reine des Vierges, priez pour nous.

 Reine de tous les Saints, priez pour nous.

 Reine conçue sans le péché originel, priez pour nous.

 Reine élevée aux Cieux, priez pour nous.

 Reine du très Saint Rosaire, priez pour nous.

 Reine de la paix, priez pour nous.

Mère de l'Eglise, priez pour nous.


 Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

 Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 V. Priez pour nous, Sainte Mère de Dieu.

 R.Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Prions

 Seigneur, daignez nous accorder, à nous vos serviteurs, de jouir toujours de la santé de l'âme et du corps ;

 et par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujours vierge, délivrez-nous des tristesses de la vie présente,

 et donnez-nous d'avoir part aux joies éternelles. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

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Publié le 5 Décembre 2009





"Je suis Nicolas, évêque de la ville de Myre."



VIE ET MIRACLES


Saint Nicolas naquit vers 250 à Patare, ville de Lycie, qui est une province de l'Asie Mineure. Euphémius, homme riche, mais extrêmement pieux et charitable, fut son père, et Anne, sœur de Nicolas l'ancien, archevêque de Myre, fut sa mère. Il ne vint au monde que quelques années après leur mariage et lorsqu'ils n'espéraient plus avoir d'enfants. La légende rapporte que lorsqu'à sa naissance on le mit dans le bassin, pour le laver, il se leva de lui-même sur ses pieds et se tint en cet état pendant deux heures, les mains jointes et les yeux élevés vers le ciel ; qu'il commença à jeûner dès le berceau ; car, le mercredi et le vendredi, qui étaient les jours d'abstinence et de jeûne dans l'Eglise orientale, il ne tétait qu'une fois vers le soir au lieu de plusieurs fois par jour.

 

Il reçut une excellente éducation, tant par l'étude des sciences divines et humaines, que par la pratique de toutes les vertus. Mais la peste lui ayant enlevé ses parents dès sa plus tendre jeunesse, il commença à se défaire des biens que son père et sa mère lui avaient laissés. Ce fut à cette époque qu'il fit cette action donnant naissance à la légende des trois jeunes filles : un jour, étant averti qu'un des plus nobles habitants de sa ville, qui n'avait pas le moyen de pourvoir ni même de nourrir ses trois filles nubiles, était dans le dessein de les prostituer, il résolut d'empêcher cet infâme commerce, en lui donnant du bien suffisamment pour les marier. Il voulut néanmoins le faire secrètement et sans être découvert.

 

 

Ainsi, prenant la nuit une bourse remplie de pièces d'or, il l'alla jeter dans la chambre de cet homme, par une fenêtre qu'il trouva heureusement ouverte, et cette somme ayant servi à marier honnêtement l'aînée des filles, il en fit de même pour la seconde et ensuite pour la troisième. On ne peut croire l'étonnement du père, lorsqu'il vit la première et la seconde fois les soins que la divine Providence avait de sa famille ; mais il voulut savoir qui était son bienfaiteur ; il veilla pour le découvrir et, l'ayant reconnu lorsqu'il revint la troisième fois, il se jeta à ses pieds, reconnut sa culpabilité et fit vœu de pénitence. Saint Nicolas le pria instamment de tenir son action secrète ; mais ses prières furent inutiles, toute la ville en fut informée et le bruit s'en répandit en peu de temps dans toute la province.

 

Son oncle, l'archevêque de Myre, admirant de plus en plus la vertu et la sainteté de son neveu, l'ordonna prêtre et le fit supérieur d'un monastère appelé la Sainte-Sion, qu'il avait fait bâtir auprès de la ville métropolitaine, et, ayant remarqué avec combien de sagesse il s'acquittait de cette charge, il lui confia le soin de tout son diocèse pendant un voyage de piété qu'il fit en Terre sainte. Sa mort étant arrivée peu de temps après son retour, Nicolas pensa un moment se retirer dans le désert, mais opta pour un voyage en Terre sainte, prenant congé de ses religieux et s'embarquant. En chemin, il prédit au pilote une horrible tempête, qui survint et fut si furieuse que tous les passagers se crurent perdus ; mais Nicolas rendit le calme à la mer.

 

Durant sa vie, il renouvela plusieurs fois cet exploit, expliquant ainsi pourquoi les nautoniers le prennent pour leur patron et leur protecteur, et l'invoquent singulièrement dans tous leurs voyages. Dans le vaisseau, il ressuscita également un jeune garçon qui s'était tué en tombant du haut du mât. On dit qu'à Alexandrie il guérit un grand nombre de malades que les habitants lui présentèrent, sur les assurances que ceux de son vaisseau leur avaient données. Parvenu à Jérusalem, il se rendit sur les lieux saints, avant d'entreprendre le voyage de retour.

 

Le successeur de l'oncle de saint Nicolas venant à mourir, les évêques de la province s'assemblèrent pour élire un pasteur en sa place. Leurs sentiments sur ce choix étaient d'abord partagés, quand le plus ancien d'entre eux eut une révélation : le prêtre qui viendrait le lendemain le premier à l'église serait l'archevêque tant attendu. Il se posta le matin à la porte de l'église, et ce fut Nicolas qui s'y dirigea dès l'aube et y entra le premier. L'évêque, s'approchant de lui, lui demanda son nom, ce à quoi le Saint répondit : « Nicolas, serviteur de Votre Sainteté ». Alors les évêques, l'ayant revêtu de brillants ornements, l'installèrent dans le siè épiscopal. Il devenait ainsi archevêque de Myre. Après la messe pontificale, une femme lui présenta son enfant qui, tombé dans le feu, y était mort. Faisant sur lui le signe de la croix, Nicolas le ressuscita en présence de toute l'assemblée : d'où la coutume d'invoquer saint Nicolas dans les accidents de feu.

 

S'il avait jeûné deux fois la semaine dès le commencement de sa vie, il avait ajouté un troisième jeûne aux deux précédents, avec l'abstinence de chair et de vin ; une fois évêque, il se fit une loi de jeûner tous les jours, de ne manger que le soir et de n'avoir ordinairement sur sa table qu'un seul mets. Son lit n'était qu'une natte, une planche ou la terre nue. L'empereur Licinius, ayant renouvelé en Orient la persécution de Dioclétien et de Maximien, envoya des officiers à Myre pour y rétablir l'idolâtrie et forcer les chrétiens, par toutes sortes de supplices, de l'embrasser. Les uns furent mis à mort, les autres jetés dans des cachots, ceux-ci envoyés en exil et ceux-là dépouillés de tous leurs biens et réduits à la dernière misère. Jeté en prison, saint Nicolas ne plia pas et fut relâché par crainte d'un soulèvement populaire.

 

Sous Constantin le Grand, qui vainquit Licinius (324) et fit cesser la persécution, Nicolas revint à Myre et s'attacha à exterminer le culte des faux dieux, fit abattre les idoles, démolir les temples, couper les arbres et ruiner les bocages qui leur étaient dédiés ; lui-même prit la cognée en main et coupa en sept coups un arbre d'une prodigieuse grandeur, où Diane était honorée.

 

La légende rapporte que le démon, furieux, prépara alors une huile contre nature possédant la propriété de brûler dans l'eau et sur les pierres. Puis, prenant la forme d'une religieuse, il monta dans une barque, accosta des pèlerins qui naviguaient vers saint Nicolas, et leur dit : « Je regrette de ne pas pouvoir vous accompagner auprès du saint homme. Veuillez du moins, en souvenir de moi, enduire de cette huile les murs de son église et de sa maison ! » Mais voici que, la barque du démon s'étant éloignée, les pèlerins virent s'approcher d'eux une autre barque avec, à son bord, Nicolas. Et celui-ci leur dit : « Cette femme, que vous a-t-elle dit et que vous a-t-elle donné ? » Les pèlerins lui racontèrent ce qui s'était passé. Alors il leur dit : « Cette femme n'est pas une religieuse mais l'impudique Diane elle-même ; et, si vous en voulez une preuve, jetez son huile à la mer ! » A peine l'eurent-ils jetée qu'elle s'enflamma.

 

Nicolas soutint les décisions du concile de Nicée (325) avec force, accomplissant des miracles devenus légendaires. On dit qu'il ressuscita à Myre deux jeunes écoliers de qualité qu'un hôtelier avare et cruel avait égorgés et serrés dans un saloir, afin de profiter de leur argent et de leur corps. D'autres disent qu'il en ressuscita trois sur le chemin de Nicée, qu'un méchant homme avait traités avec la même barbarie et dont il vendait la chair hachée comme de la viande commune. Ces deux prodiges, néanmoins, n'ont aucun témoignage dans l'antiquité ; nous n'avons que la tradition des peuples pour nous en assurer. Peut-être aussi que ce n'a été qu'un seul miracle rapporté différemment par divers auteurs.

 

La province de Lycie et la ville de Myre étant affligées d'une très grande disette de blé qui les réduisait à une extrême famine, Nicolas sut qu'un riche marchand en avait plusieurs vaisseaux chargés dans un port de Sicile. Il lui apparut donc en songe et l'avertit de faire voile vers Myre, l'assurant que la nécessité y était excessive et qu'il y vendrait son grain tout ce qu'il voudrait, et, de peur qu'il ne crût que c'était une illusion, il lui mit dans la main trois pièces d'or. Le marchand, les trouvant sur lui à son réveil et voyant bien que personne n'était entré dans sa chambre, crut à cette vision. Aussi il s'embarqua, porta son blé au port de Myre, le vendit à très haut prix et, en gagnant beaucoup, il soulagea extrêmement la ville.

 

D'autres marchands, passant par le même port pour porter des blés à Constantinople, le Saint les pria d'en décharger une partie pour son peuple. Ils répondirent que cela leur était impossible, parce qu'ils devaient tout rendre à Constantinople exactement et par mesure. Mais il les assura que quelque quantité qu'ils lui laisseraient, ils trouveraient toujours leur compte où ils allaient : ils vendirent une partie de leur blé à Myre, et lorsqu'ils furent arrivés à Constantinople, ils trouvèrent sans aucune diminution toute la quantité qu'ils avaient chargée en l'embarquant.


D'ailleurs, le Saint multiplia si prodigieusement les blés qu'il avait fait venir et achetés, que ce qui n'aurait suffi à son peuple que pour quelques jours, se trouva suffisant pour plus de deux années.

 

Etant un jour aux portes de Myre avec Népotien, Ours, et Apilion, trois maîtres de camp envoyés par l'empereur Constantin qui avaient été arrêtés en chemin par un vent contraire et fait relâche dans un port du diocèse de saint Nicolas, ce dernier les invita à dîner chez lui. Apprenant qu'on allait faire mourir contre toute sorte de justice trois honorables habitants que le président Eustache, corrompu par argent, avait condamnés à mort, le Saint pria ses hôtes de l'accompagner, et, accourant avec eux sur le lieu où devait se faire l'exécution, trouva les trois soldats déjà à genoux et la face voilée, le bourreau brandissant déjà son épée au-dessus de leurs têtes. On raconte qu'aussitôt Nicolas, enflammé de zèle, s'élance bravement sur ce bourreau, lui arrache l'épée des mains, délie les trois innocents, et les emmène, sains et saufs, avec lui.

 

Puis il court au prétoire du consul, et en force la porte, qui était fermée. Bientôt le consul vient le saluer avec empressement. Mais le saint lui dit, en le repoussant : « Ennemi de Dieu, prévaricateur de la loi, comment oses-tu nous regarder en face, tandis que tu as sur la conscience un crime si affreux ? » Et il l'accabla de reproches, mais, sur la prière des princes, et en présence de son repentir, il consentit à lui pardonner. Après quoi les messagers impériaux, ayant reçu sa bénédiction, poursuivirent leur route, et soumirent les révoltés sans effusion de sang ; et ils revinrent alors vers l'empereur, qui leur fit un accueil magnifique.

 

Mais quelques-uns des courtisans, jaloux de leur faveur, corrompirent le préfet impérial, qui, soudoyé par eux, accusa ces trois princes, devant son maître, du crime de lèse-majesté. Aussitôt l'empereur, affolé de colère, les fait mettre en prison et ordonne qu'on les tue, la nuit, sans les interroger. Informés par leur gardien du sort qui les attend, les trois princes déchirent leurs manteaux et gémissent amèrement ; mais soudain, l'un d'eux, à savoir Népotien, se rappelant que le bienheureux Nicolas a naguère sauvé de la mort, en leur présence, trois innocents, exhorte ses compagnons à invoquer son aide.

 

Et en effet, sur leur prière, saint Nicolas apparut cette nuit-là à l'empereur Constantin, lui disant : « Pourquoi as-tu fait arrêter injustement ces princes, et les as-tu condamnés à mort tandis qu'ils sont innocents ? Hâte-toi de te lever et fais-les remettre en liberté au plus vite ! Sinon, je prierai Dieu qu'il te suscite une guerre où tu succomberas, et tu seras livré en pâture aux bêtes ! » Et l'empereur : « Qui es-tu donc, toi qui, entrant la nuit dans mon palais, oses me parler ainsi ? » Et lui : « Je suis Nicolas, évêque de la ville de Myre » Et le saint se montra de la même façon au préfet, Ablave, qui avait le plus appuyé leur condamnation et qu'il épouvanta en lui disant : « Insensé, pourquoi as-tu consenti à la mise à mort de trois innocents ? Va vite travailler à les faire relâcher ! Sinon, ton corps sera mangé de vers et ta maison aussitôt détruite. » Et le préfet : « Qui es-tu donc, toi qui me fais de telles menaces ?" Et lui : « Sache, dit-il, que je suis Nicolas, évêque de la ville de Myre ! »

 

L'empereur et le préfet, s'éveillant, se firent part l'un à l'autre de leur songe, et s'empressèrent de mander les trois prisonniers. « Etes-vous sorciers, leur demanda l'empereur pour nous tromper par de semblables visions ? » Ils répondirent qu'ils n'étaient point sorciers, et qu'ils étaient innocents du crime qu'on leur reprochait. Alors l'empereur : « Connaissez-vous, leur dit-il, un homme appelé Nicolas ? » Et eux, en entendant ce nom, levèrent les mains au ciel, et prièrent Dieu que, par le mérite de saint Nicolas, il les sauvât du péril où ils se trouvaient. Et lorsque l'empereur eut appris d'eux la vie et les miracles du saint, il leur dit : « Allez et remerciez Dieu, qui vous a sauvés sur la prière de ce Nicolas ! Mais rendez-lui compte de ma conduite, et portez-lui des présents de ma part ; et demandez-lui qu'il ne me fasse plus de menaces, mais qu'il prie Dieu pour moi et pour mon empire ! » L'empereur les chargea même de très riches présents pour saint Nicolas, afin qu'ils lui témoignassent par là leur reconnaissance de ce qu'il les avait délivrés de la mort. Ces présents furent un livre des Evangiles écrit en lettres d'or, un encensoir d'or massif et enrichi de pierreries, deux chandeliers d'or et des gants brodés d'or pour la messe pontificale. Cette épisode explique pourquoi ceux qui sont faussement accusés ont recours à la protection de saint Nicolas.

 

Nul historien n'a omis de rapporter la légende des matelots qui étaient à deux doigts de périr par la violence d'une tempête et qui, ayant imploré saint Nicolas, le trouvèrent à l'heure même dans leur vaisseau leur disant : « Me voici, je viens à votre aide ». Aussitôt il prend le gouvernail et se met à conduire le navire. Il commande à la mer et il en apaise les flots ; et, par ce moyen, il les mène jusqu'au port de Myre, où il disparut. Dès qu'ils furent débarqués, ils allèrent à l'église pour le remercier d'une si grande faveur, et l'aperçurent au milieu de ses clercs. Ils se jetèrent à ses pieds, lui firent le récit de ce qui s'était passé et lui en témoignèrent leur reconnaissance. Le Saint leur fit connaître que ce péril leur était arrivé pour quelques péchés secrets dont ils devaient se corriger et faire pénitence.

 

Ayant eu la révélation de sa mort prochaine, il dit adieu à son peuple dans une messe pontificale, puis se retira dans le monastère de la Sainte-Sion dont il avait été fait abbé. Ce fut là qu'une petite fièvre l'ayant saisi, il se fit administrer les sacrements et s'éteignit le 6 décembre 343. Il fut enseveli dans une tombe de marbre; et de sa tête se mit à couler une source d'huile apportant la santé à bien des malades, et de ses pieds une source d'eau. Cette huile cessa de couler lorsque le successeur de saint Nicolas se vit chassé de son siège par des envieux. Mais dès que l'évêque fut réinstallé sur son siège, l'huile se remit aussitôt à couler. Longtemps après, les Turcs détruisirent la ville de Myre. Et comme quarante-sept soldats de la ville de Bari passaient par là, quatre moines leur ouvrirent la tombe de saint Nicolas : ils prirent ses os, qui nageaient dans l'huile, et les transportèrent dans la ville de Bari, en l'an 1087.

 

Saint Nicolas est le patron des écoliers et petits garçons, des bateliers, pêcheurs, marins et mariniers, déchireurs de bateaux et débardeurs, voyageurs et pèlerins, brasseurs, tonneliers, ciriers, mal jugés.

 

On peut citer deux autres miracles accomplis par le Saint. Un noble avait prié saint Nicolas de lui faire obtenir un fils, promettant qu'en récompense il se rendrait avec son fils au tombeau du saint et lui offrirait un vase d'or. Le noble obtient un fils et fait faire un vase d'or. Mais ce vase lui plaît tant qu'il le garde pour lui-même et, pour le Saint, en fait faire un autre d'égale valeur. Puis il s'embarque avec son fils pour se rendre au tombeau du saint. En route le père ordonne à son fils d'aller lui prendre de l'eau dans le vase qui d'abord avait été destiné à saint Nicolas. Aussitôt le fils tombe dans la rivière et se noie. Mais le père, malgré toute sa douleur, n'en poursuit pas moins son voyage. Parvenu dans l'église de saint Nicolas, il pose sur l'autel le second vase ; au même instant une main invisible le repousse avec le vase, et le jette à terre : l'homme se relève, s'approche de nouveau de l'autel, est de nouveau renversé. Et voilà qu'apparaît, au grand étonnement de tous, l'enfant qu'on croyait noyé. Il tient en main le premier vase, et raconte que, dès qu'il est tombé à l'eau, saint Nicolas est venu le prendre, et l'a conservé sain et sauf. Sur quoi le père, ravi de joie, offre les deux vases à saint Nicolas.

 

Un homme riche avait obtenu, grâce à l'intercession de saint Nicolas, un fils qu'il avait appelé Dieudonné. Aussi avait-il construit, en l'honneur du saint, une chapelle dans sa maison, où il célébrait solennellement sa fête tous les ans. Or un jour Dieudonné est pris par la tribu des Agaréniens, et amené en esclavage au roi de cette tribu. L'année suivante, au jour de la Saint-Nicolas, l'enfant, pendant qu'il sert le roi, une coupe précieuse en main, se met à pleurer et à soupirer, en songeant à la douleur de ses parents, et en se rappelant la joie qu'ils éprouvaient naguère à la Saint-Nicolas. Le roi l'oblige à lui confesser la cause de sa tristesse; puis, l'ayant apprise : « Ton Nicolas aura beau faire, tu resteras ici mon esclave ! » Mais au même instant un vent terrible s'élève, renverse le palais du roi, et emporte l'enfant avec sa coupe, jusqu'au seuil de la chapelle, où ses parents sont en train de célébrer la fête de saint Nicolas. Selon d'autres auteurs, cet enfant aurait été originaire de Normandie, et aurait été ravi par le sultan ; et comme celui-ci, le jour de la Saint-Nicolas, après l'avoir battu, l'avait jeté en prison, voici que l'enfant s'endormit et, à son réveil, se trouva ramené dans la chapelle de ses parents.

 


 

COMPLAINTE DES

ENFANTS AU SALOIR

 

Il était trois petits enfants,

Qui s'en allaient glaner aux champs.

Ils sont tant allés et venus

Que le soleil on n'a plus vu.

 

S'en sont allés chez un boucher :

« Boucher, voudrais-tu nous loger ? »

- « Allez, allez, mes beaux enfants,

Nous avons trop d'empêchement. »

 

Sa femme, qu'était derrière lui,

Bien vitement le conseillit :

« Ils ont, dit-elle, de l'argent,

Nous en serons riches marchands. »

 

Entrez, entrez, mes beaux enfants !

Y a de la place assurément.

Nous vous ferons fort bien souper,

Aussi bien blanchement coucher. »

 

Ils n'étaient pas sitôt entrés,

Que le boucher les a tués,

Les a coupés tout par morceaux,

Mis au saloir comme pourceaux.

 

Quand ce fut au bout de sept ans,

Saint Nicolas vint dans ce champ.

Il s'en alla chez le boucher :

« Boucher, voudrais-tu me loger ? »

 

« Entrez, entrez, Saint Nicolas !

De la place, il n'en manque pas. »

Il n'était pas sitôt entré,

Qu'il a demandé à souper.

 

« Voul'ous un morceau de jambon ? »

- « Je n'en veux pas, il n'est pas bon. »

- « Voulez-vous un morceau de veau ? »

- « Je n'en veux pas, il n'est pas beau.

 

« De ce salé je veux avoir,

Qu'y a sept ans qu'est dans le saloir. »

Quand le boucher entendit ça,

Hors de sa porte il s'enfuya.

 

« Boucher, boucher, ne t'enfuis pas !

Repens-toi, Dieu te pardonn'ra. »

Saint Nicolas posa trois doigts

Dessus le bord de ce saloir.

 

Le premier dit : « J'ai bien dormi ! »

Le second dit : « Et moi aussi ! »

A ajouté le plus petit :

« Je croyais être en paradis ! »



link

Saint NICOLAS : vie, miracles, légendes

(D'après Les petits Bollandistes paru en 1876,

Le romancéro populaire de la France : choix de chansons

populaires françaises paru en 1904, La Légende dorée - édition enrichie -

paru en 1910, Revue britannique paru en 1851)

 




















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Publié le 4 Décembre 2009


 

 


Rome: Le prédicateur met en garde les prêtres contre un "activisme frénétique"

Don Camillo porté en exemple par le père Raniero Cantalamessa

Rome, 4 décembre 2009 (Apic) Au cours de sa première méditation de l’Avent au Vatican, en présence de Benoît XVI, dans la matinée du 4 décembre, le prédicateur de la Maison pontificale a mis en garde les prêtres devant le risque de succomber à un “activisme frénétique“.

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Publié le 4 Décembre 2009

 

Messager de paix

 

L’année liturgique commence au premier dimanche de l’Avent. Au fil des jours, vont se succéder des « temps » d’inégales longueurs. Grâce à eux, nous comprendrons mieux les mystères du Christ.

 

Tout bon pédagogue sait en effet qu’il est nécessaire de distinguer pour mieux comprendre. Ainsi, l’année liturgique développera le mystère du Salut, en présentant successivement les diverses facettes de celui-ci : l’attente, la venue, la préparation spirituelle, la Passion, la Résurrection et le temps de l’Eglise.

 

Cette pédagogie est très utile, elle marque notre mémoire, mais elle ne doit jamais masquer l’unité de toute vie spirituelle. Dans une même journée, j’espère la présence du Seigneur, il vient à moi dans la prière et la rencontre du frère, je tente de réformer ma vie et la certitude de la Résurrection affermit mon pas sur le chemin du quotidien.

 

Pendant les semaines à venir, l’Eglise veut nourrir notre espérance. Elle nous offre des jours d’attente fébrile et heureuse. Par des signes simples et très humains, elle nous parle au coeur. Toutefois, ce chemin de l’Avent a bien souvent été récupéré par les marchands et les falsificateurs du Mystère. C’est pourquoi nous laisserons sur le bord de la route tout à la fois les oripeaux factices d’une fête sans lendemain mais aussi la lassitude qui peut nous saisir, pour marcher résolument à la rencontre de Celui qui nous apporte la paix.

 

L’évangile reprenant les images apocalyptiques déjà entrevues il y a quelques semaines nous parle avec vigueur de bouleversements présents, rencontrés par chacun : la fragilité de la vie, l’instabilité de ce monde, la disparition des êtres aimés. Il évoque toutes ces “fins du monde” personnelles qui nous incitent à chercher notre véritable point d’appui. Puisqu’il ne restera pas “pierre sur pierre” de ce que nous percevons pendant notre pèlerinage terrestre, comment ne pas nous réjouir intensément de la venue du Prince de la Paix ? En partageant nos vies, en connaissant nos joies, nos peines, les fidélités et les trahisons, il devient notre frère. Mais ce frère est plus qu’un accompagnateur. Il désigne l’horizon et donne une perspective à nos vies ; il vient à notre rencontre, nous prend par la main et nous guide jusqu’à une terre nouvelle.

 

Avançons avec confiance : « Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche ».

 

Alain CASTET,

évêque de Luçon

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