Publié le 4 Mars 2014
je vais me confesser à Chavagnes, ça provoque une tornade ! ben dis donc.. ! je retiendrai la date, au passage de JB, euhh.. de Christine ! merci Marie ! trop content
« L'homme doit être tout à fait sûr qu'à chaque instant Dieu le regarde du haut des cieux » Saint Benoît
Publié le 4 Mars 2014
je vais me confesser à Chavagnes, ça provoque une tornade ! ben dis donc.. ! je retiendrai la date, au passage de JB, euhh.. de Christine ! merci Marie ! trop content
Publié le 3 Mars 2014
En ces jours où l'humanisme prévaut partout dans le monde et exerce sa subtile influence même sur les théologiens, on s'élève contre l'idée que les enfants de Dieu puissent être soumis à la tentation, et l'on présente des objections que nos ancêtres, plus forts dans la foi n'auraient pas acceptées.
C'est là évidement la théologie du " Bon Père", qui n'a pas de place dans la doctrine classique du christianus tentatus. " Dieu, dit-on, est un bon Père, et comment son Coeur pourrait-il lui permettre de laisser ses enfants dans les perspexités de la tentation? "
Le plus grand malheur qui est tombé sur la pensée religieuse moderne est d'écarter tous les autres noms divins pour ne garder que celui de Père, comme si celui-ci tout seul exprimait Dieu adéquatement.
C'est donc le mérite de la vraie théologie chrétienne de n'être pas scandalisée, mais d'être édifiée par les tentations que Dieu envoie à ses créatures raisonnables; on peut dire qu'une divinité qui peut se permettre cette conduite donne la preuve de son authenticité.
" Dieu est fidèle et il ne souffrira pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces; mais avec la tentation il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter . " Eph; V,8
Dieu soumet donc ses enfants à un régime de tentation comme il leur ménage une providence de prospérité, et il en use tour à tour avec une égale perfection d'exécution. N'est-ce pas cette compréhension plus ancienne et plus vaste de la nature de Dieu, qui donne sa présentation dans la Bible une splendeur, une puissance, un intérêt qui manque complètement à la plupart de nos hymnes, de composition humaine?
" Quand il me tuerait, et que je n'aurais rien à espérer, je défendrais devant lui ma conduite, mais il est mon salut, car aucun hypocrite ne peut paraître en sa présence."
Ainsi parlait Job, le poète inspiré de la tentation, celui qui en est le perpétuel modèle. Nos saintes Ecritures sont la seule histoire authentique que nous ayons de Dieu et de ses voies; elle nous présentent une Puissance si sûre d'elle-même qu'elle peut sans péril laisser tomber l'homme dans les plus profonds abîmes. Cette réponse fut donnée à celui qui demanda par trois fois au Seigneur d'être délivré de la tentation:" ma grâce te suffit; "
La grâce est comme le transport d'allégresse du Seigneur en face du péril:" Le Seigneur est comme un homme de guerre; son Nom est le Tout-Puissant."
Il n'est pas contradictoire que Dieu nous enseigne à prier ainsi: "' Ne nous induisez pas dans la tentation", tandis que, d'autre part, il nous envoie des tentations.
Ce qui ne nous a pas été révélé, c'est pourquoi Dieu nous tente; il est alors le vir pugnator, l'homme qui combat; Dieu affronte le danger, il nous emmène avec lui, et tout ce que nous savons de lui nous fait croire qu'il désire nous voir demander l'allègement des charges qu'il nous impose.
Nous le prions de nous délivrer de sa propre colère:" Ab ira tua, libera nos Domine"." C'est l'une des invocations de l'Eglise dans ses grandes Litanies, et le Missel Romain renferme aussi une spéciale collecte: " Pro tentatis et tribulatis" (pour ceux qui sont dans la tentation et dans la tribulation. )
....
Quand il y a des épreuves et des difficultés, des peines cuisantes et des échecs en quelque région de la maison de l'Eglise catholique, nous devons passer devant la scène de l'affliction avec un pas aussi léger et aussi délicat que si nous arrivions à la porte d'un ami gravement malade; c'est sur ce point que Jésus donna à ses apôtres la plus grande louange; ils le regardaient avec une terreur sacrée quand ils ne comprenaient pas la cause de ses peines: " Vous êtes ceux qui sont demeurés avec moi dans mes épreuves."
Publié le 3 Mars 2014
Nous avons grand besoin d'un traité théologique complet sur la tentation.
Nous serions préservés de beaucoup de jugements creux sur les choses humaines, si nous êtions assez simples ou assez instruits pour admettre que la tentation fait partie intégrante du plan que Dieu a voulu et ordonné.
Toutes les fois qu'il arrive une catastrophe qui change les conditions dans lesquelles les âmes opèrent leur salut, on donne toutes les raisons possibles et imaginables pour expliquer l'occurence du cataclysme à un moment donné ou dans un lieu donné du monde.
La plupart du temps, les philosophes de l'histoire, qui se nomment ainsi eux-mêmes, apportent leurs théories favorites sur la santé mentale de l'humanité, et c'est évidemment parce l'on a oublié ou négligé le remède indiqué par eux que le désastre est arrivé. Quelques-uns d'entre eux, par exemple, diront que la Réforme et tous ses malheurs étaient dus à un mauvais régime de la propriété terrienne et que l'Eglise en fut la principale coupable. Peu de penseurs, sauf les plus grands ont le courage d'avouer que les hommes ont subi alors une tentation spéciale qu'ils n'avaient pas connue avant.
Quant aux difficultés de la propriété terrienne, elles ont existé à beaucoup d'autres époques et en beaucoup d'autres lieux sans qu'une "Réforme" en soit sortie. Comme la liberté, la tentation est contenue dans l'histoire de l'homme et elle contribue au développement moral comme la glace et la neige conservent la vie dans la nature.
Il y a donc une doctrine vraie et fausse de la tentation, et le chrétien doit lui-même accepter d'être tenté comme il accepte d'autres situations ordonnées d'avance pour son salut final. Qu'elle soit personnelle ou collective, sa tentation n'est pas un effet du hasard ni un stage d'abaissement dans lequel il a été entraîné; c'est un appel direct à gravir la Montagne du Christ, la Montagne de la Tentation.
L'Evangélise introduit d'une manière vraiment étonnante l'histoire de la tentation du Christ:" Jésus fut alors conduit par l'Esprit dans le désert pour être tenté par le démon."
Le voyage de Jésus dans le désert depuis les rives du Jourdain, où les cieux entrouverts au-dessus de lui, est décrit comme une fuite précipitée du lieu de gloire vers la sombre entrée de la tentation:
"' Et immédiatement, l'Esprit le chassa dans le désert."
" Et Jésus, étant rempli de l'Esprit-Saint, s'en alla du Jourdain et fut conduit par l'Esprit dans le désert" .
Ces quarante jours de tentation ne furent pas une période de dérilection; ils furent remplis de sainteté. Nous ne pouvons évidemment pas comprendre la lutte titanesque du Christ contre Satan dans le désert. Les Ecritures ne lui donnent pas le nom de "lutte"; le mot qu'elles emploient est " la tentation " .
Une lutte est une action claire; une tentation contient nécessairement une part de doute et d'obscurité; elle contient des séductions distinctes et des attractions vers une conduite opposée; il n'en est pas ainsi dans une lutte, où l'esprit des combattants est fixé.
Les paroles du Tentateur au Christ sont plausibles; en quittant le Jourdain pour le désert, le Christ allait de la lumière dans les ténèbres; quelque chose de sinistre l'entourait de tous côtés. C'était l'antithèse des splendeurs qui avaient jeté un rayon de gloire sur les eaux du Jourdain. Mais plus que tout le reste, on voit la résolution du Christ de se mettre lui-même sous le sombre nuage. Notre faible nature morale trouve difficile d'admettre que la tentation fait autant part et partie de notre équipement chrétien que l'exaltation de notre prière.
On peut tenir pour certain que le chrétien, comme le Christ lui-même est soumis à la tentation comme à d'autres états spirituels, par l'action de Dieu. Si une telle perspective nous effrayait, il nous suffirait de jeter un regard sur le Christ qui marche en hâte vers la région déserte d'au-dessus du Jourdain et nous aurions l'assurance que la tentation ne peut pas être une mauvaise chose.
Le Christ a marché vers sa tentation, comme il a plus tard marché vers sa Croix. En pareille matière, on est forcé de parler dans l'abstrait, pour ainsi dire, et de prendre idéalement le phénomène de la tentation. La Passion du Christ est différente de sa tentation en ce qu'elle ne peut pas être isolée ni distinguée de la malice humaine qui complota et exécuta la mort du Fils de Dieu sur la Croix, tandis qu'aucune volonté humaine ne poussa Jésus dans le désert pour y être tenté. C'est le Saint-Èsprit lui-même qui le dirigea, et dans ce cas divin, la tentation apparait dans sa simplicité, comme un ordre du Père. Bien qu'on ne puisse découvrir que rarement une telle clarté de lignes dans la tentation ordinaire, tous les angoisses de nos difficultés humaines supposent ce mystérieux fait que la tentation voulue pour elle-même est beaucoup plus fréquente dans notre vie que nous ne l'imaginons. Le chrétien doit passer à travers la tentation, c'est le signe même de la famille.
La doctrine catholique de la tentation nous fournit l'interprétation la plus vraie de l'histoire de l'Eglise; les saints et les saintes de tous les temps ont été tentés par l'ordre et la volonté de Dieu. Les papes, les évêques, les chefs de l'armée du Christ passent dans le désert de la tentation; les Ordres religieux reçoivent de leurs tentations avec autant de vérité qu'ils partagent les autres richesses du Christ. L'Eglise catholique, considérée dans son existence collective comme le Corps mystique du Christ, est conduite dans des lieux et dans des temps déserts pour être tentés par le démon. En vérité, c'est un soulagement positif pour la pensée, d'être capable de croire à la mission divinement ordonnée de la tentation; on est ainsi délivré de l'obsession des vicieuses présentations historiques de la longue vie de l'Eglise catholique.
Les difficultés innombrables qui l'ont assaillie pendant sa carrière ne sont pas nécessairement le résultat de ses fautes; l'Eglise la plus parfaite peut être menée ici et là par des puissances mauvaises, comme le corps sans tâche du Christ fut emporté à travers les airs, tandis que son esprit demeurait évidement inaccessible aux mains du Tentateur.
On ne peut avoir une véritable explication du christianisme, si l'on ne comprend pas bien la nature de la tentation. Mais dès que la lumière est projetée, comme le faisceau d'un phare, sur la carrière apparemment bigarée du catholicisme, comme on voit différemment sa signification et ses lignes!
Les historiens catholiques eux-mêmes ne se sont pas toujours souvenus, en racontant la longue vie de l'Eglise, qu'elle est l'Epouse du Christ et qu'elle suit son Epoux sur les collines dénudées au-delà du Jourdain avec autant de fidélité que sur la cime du mont Thabor.
Publié le 3 Mars 2014
Publié le 2 Mars 2014
Ayez pitié de moi, mon Dieu dans la grandeur de votre miséricorde,
Et selon la multitude de vos miséricordes, effacez ma souillure.
Lavez-moi encore davantage de ma souillure, purifiez-moi de ma faute.
Car j'ai conscience de mon péché, et ma faute est sans cesse devant les yeux.
C'est contre vous seul que j'ai péché, c'est en votre présence que j'ai fait le mal;
aussi êtes-vous juste dans vos sentences, souverain dans vos jugements.
Considérez que j'ai été conçu dans l'iniquité, que ma mère m'a conçu dans le péché.
Vous aimez la vérité: les plus profonds mystères de votre sagesse, vous me les avez révélés.
Vous m'aspergerez avec l'hysope, et je serai purifié; vous me laverez, et je serai plus blanc que la neige.
Vous me ferez entendre des paroles de joie et d'allégresse, et mes os brisés tressailleront.
Détournez les yeux de mes fautes, effacez toutes mes souillures.
Créez en moi, mon Dieu, un coeur pur; créez au plus profond de mon être un esprit de droiture.
Ne me chassez pas de votre présence; ne me retirez pas votre esprit de sainteté.
Rendez-moi la joie de votre salut, et raffermissez-moi dans ma première ferveur.
J'enseignerai vos voies aux méchants, et les impies reviendront à vous.
Délivrez-moi du sang versé, ô Dieu, Dieu mon Sauveur! et ma langue publiera votre justice.
Seigneur ouvrez mes lèvres, et ma bouche chantera vos louanges.
Si vous aviez voulu un sacrifice, je vous l'aurais offert certes; mais vous ne prenez pas plaisir aux holocaustes.
Le sacrifice, qui plaît à Dieu, c'est l'âme brisée; le coeur broyé, le coeur humilié, Seigneur, vous ne le dédaignez pas.
Comblez Sion des dons de votre bienveillance, Seigneur, afin que se relèvent les murs de Jérusalem.
Alors vous accepterez les sacrifices de justice, les oblations, les holocaustes; alors on immolera de jeunes taureaux sur votre autel.
Publié le 1 Mars 2014
on offre tout pour nos moines, pour tous ceux qu'on aime.. !
! Aimer égale souffrir, aimer égale pâtir, amour égale souffrance,
j'ai eu une vraie messe de quinquagésime ce soir , .. ! ! trop content.. des prêtres comme ça qu'il nous faut . pas des modernos de service locaux..! non mais!
Publié le 1 Mars 2014
Quiconque avait commis des fautes graves et publiques, devait, au début du Carême, accepter la pénitence publique; ce fut l'usage ecclésiastique, du IVè au XIIè siècle.
La pénitence publique consistait surtout dans l'exclusion de la participationà l'Eucharistie; en outre, on accompagnait des oeuvres de satisfaction: prières, mortifications, aumônes. Avant de les exclure de la communauté ecclésiastique, on recevait solennellement les pénitents de l'habit de pénitence et on leur couvrait la tête de cendre; puis l'évêque les conduisait hors de l'église, devant la porte. Cette "expulsion des pénitents" était une cérémonie saisissante qui constituait, pour les fidèles eux-mêmes, une prédication sérieuse. Plus tard l'Eglise adoucit sa discipline pénitencielle; désormais la pénitence s'accomplit en secret. Cependant, depuis le Moyen Age tous les fidèles acceptaient volontiers l'habit de pénitent et se faisaient imposer les cendres. Des rois et des empereurs, par exemple Charlemagne, allaient pieds nus, avec les autres fidèles, chercher les cendres bénites et entraient ainsi solennellement dans le temps de Carême.
A Rome la bénédiction des cendres se faisait dans la basilique Saint Anastasie. C'est dans cette église, située au centre, que l'on conservait les anciennes croix de station qui servaient aux processions. A l'entrée du clergé, on chantait un Introït qui indique l'esprit de la bénédiction des pénitentes: sans doute, nous devons faire jaillir de notre âme les pensées et les sentiments les plus profonds de pénitence; cependant, ces vagues de pénitence s'apaisent dans ces paroles de l'antienne " car bienveillant est ton coeur éternel.."
Viennent ensuite les quatres oraisons de bénédiction. Elles ont des particularités: elles sont de plus en plus courtes et, dans chacune, s'atténue la sévérité de la pénitence.
La première oraison est d'une belle construction; elle se compose de trois parties et la partie médiane est divisée en quatre membres. Elle dit brièvement: que la cendre bénite soit, pour la communauté pénitente, un moyen de salut efficace, un sacramental pour le corps et l'âme.
La seconde oraison s'étend sur le symbolisme de la cendre (la cendre symbolise notre nature pécheresse et périssable).
La troisième oraison montre encore plus d'assurance; elle implore d'abondantes bénédictions par le moyen de la croix de cendre.
La quatrième oraison nous donne comme modèles les Ninivites pénitents.
Le prêtre distribue ensuite les cendres aux fidèles et, par là même, les bénit pour le temps de Carême qui commence. La cendre provient des rameaux bénis du dimanche des Rameaux de l'année précédente. " Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière".
(à l'heure où l'on ne croit plus au péché originel) rappelons-nous que ces paroles furent prononcées pour la première fois au paradis terrestre et adressées à nos premiers parents - ce fut le premier et triste mercredi des cendres de l'humanité.
dom Pius Parsch
Publié le 1 Mars 2014
Publié le 1 Mars 2014
L’art du gouvernement chez saint Benoit
la "discretio"
par Dom Hervé Courau
Père Abbé de Notre-Dame de Triors
Le samedi 29 mars à 17h30 au Centre Ozanam,
24 rue Maréchal Joffre 78000 Versailles, salle Saint Bruno
A cette occasion, le Révérend Père Abbé
présentera le projet d’agrandissement
de l’hôtellerie de Notre Dame de Triors
Dimanche 30 mars
Prédication à toutes les messes du matin
par le Révérend Père Abbé Dom Hervé Courau
de l’abbaye Notre-Dame de Triors
1er dimanche de Carême
Prédication à toutes les messes du matin
par le Père Yves-Marie du Saint Sacrement, ocd
link notre dame des armées. Versailles.
Publié le 27 Février 2014
Le christianus poenitens est essentiellement celui qui doit déplorer son manque de fidélité au Christ, à qui il a déjà juré loyauté dans son baptême.
Les péchés du chrétien sont des offenses contre un état, l'état des rachetés. En commettant le péché, nous marchons d'une manière indigne de notre vocation, nous prouvons nous-mêmes que nous sommes de mauvais enfants, des personnes qui ne pensent pas à leur élection. Nous péchons contre le Christ, nous le blessons dans ses frères. Que nous soyons conscients ou non de ces implications, nous ne pouvons pas éviter d'avoir ce genre de culpabilité sur nos âmes, chaque fois que nous transgressons. Dans son repentir, le chrétien doit penser à beaucoup de choses qui lui appartiennent exclusivement.
il doit se souvenir de sa robe baptismale, il doit porter dans sa pensée l'adoption des enfants, le sceau du Saint-Esprit, la douceur du Pain de vie, le Sang de l'Agneau, toutes réalités qu'il a plus ou moins foulées aux pieds, chaque fois qu'il a péché gravement. Il a contristé ses frères, il a couvert de honte l'Eglise, il a porté l'incroyant à blasphémer le nom du Seigneur, il a rendu le travail du Saint-Esprit plus difficile, il a été un poids mort pour les hommes fervents et les femmes ferventes, qui n'ont rien de plus cher que la gloire du Christ.
Tous ces résultats et beaucoup d'autres sont infailliblement associés à nos péchés. C'est pourquoi, lorsque nous nous repentons, des légions de puissances invisibles sont mises en mouvement, toutes demandant d'être satisfaites et d'être vengées. Or, c'est le mérite spécial du christianus poenitens d'être déterminé à faire pleine amende honorable pour tous les outrages passés, à donner satisfaction à toute la hiérarchie de l'ordre surnaturel et à réparer la brêche qu'il a faite dans la vie du Corps mystique du Christ.
Son repentir est plus qu'un chagrin; c'est une faim et une soif de justice, c'est un effort pour remplir ce qui manque, par ses actes coupables, au Corps du Christ.
Pour cette raison, la pénitence chrétienne est devenue la plus virile de toutes nos activités dans le Christ. Il serait cependant contre l'essence même du christianisme de ne voir qu'un seul aspect de cet effort du christianus poenitens; il ne peut rien faire de lui-même et, bien qu'il soit en son pouvoir de diminuer la vie du Christ en lui-même et dans l'Eglise, il lui est impossible de réparer ce dommage. Aussi le Christ a préparé pour lui le sacrement du repentir, comme il a préparé pour lui tous les autres sacrements qui lui donnent la plénitude de vie.
La théologie du sacrement de pénitence serait un incompréhensible écheveau d'éléments inconciliables sans cette supposition fondamentale que, par le sacrement, le Christ rend ses propres membres capables de réparer le mal fait par leurs péchés à tout l'ordre surnaturel. Aussi ce sacrement ne se définit pas premièrement en termes de chagrin, mais en termes de pouvoirs et d'actions. Son efficacité repose d'une part, sur la puissance des clefs, et, d'autre part, sur les actions du chrétien, dont l'un seulement est le chagrin ou la contrition, les autres étant de l'ordre exécutif, la confession et la satisfaction.
Bien que les dommages causés à l'ordre divin de la vie du Christ soient très graves, le sacrement de pénitence est plus puissant que le péché.
Le chrétien n'est un pénitent dans le vrai sens que lorsqu'il entre dans cette disposition destructrice du péché que le Christ a laissée à son Eglise pour le bénéfice exclusif de son peuple. Un chagrin extérieur à cette institution ne recouvrirait pas les besoins du cas; par lui-même, il ne ferait pas d'un chrétien un authentique christianus poenitens.
Toute une rangée de divines réalités a été bouleversée par le péché du chrétien; il ne peut pas rétablir l'ordre, sauf par les secours extérieurs préordonnés de réajustement sacramentel. La puissance de propitiation qui est dans le Christ devient palpablement opérante dans le sacrement catholique de la pénitence et les fidèles, qui sont les personnes mêmes, dont les péchés ont besoin d'expiation, sont appelés à entrer effectivement dans cette puissance du Christ en accomplissant les oeuvres du repentir sacramentel.
...
Le christianus poenitens est demeuré le même type à travers tous les temps; il a compris avec une clarté non diminuée que ce n'est pas par ses propres efforts, mais par l'opération d'une institution divine, par le fonctionnement d'un système sacramentel dans lequel il est seulement un partenaire, que la justice est rétablie et la balance de la sainteté redressée. Il y a les tendres larmes du repentir personnel, il y a la plus transperçante de toutes les peines de l'âme, celle d'avoir offensé Celui qui est d'autant plus digne d'amour qu'il s'est laissé insulter par nous, il y a la colère contre notre propre chair qui s'est révoltée contre l'éternelle Beauté.
Ces grâces, - car elles sont vraiment des grâces - peuvent apparaître à première vue comme n'étant que la communication individuelle d'une seule âme avec Dieu. Mais ceci serait une intelligence imparfaite des mouvements de la grâce.
C'est le Saint-Esprit, l'animateur de tout le Corps mystique du Christ, qui, produit ces gémissements ineffables de l'âme repentante. Un dommage est réparé, et la réparation a sa répercussion dans le ciel où les anges se réjouissent d'un seul pécheur qui fait pénitence que des quatre vingt dix neuf justes qui n'ont pas besoin de repentir.
C'est l'esprit partirculier du repentir chrétien de vivre dans la conviction que tout peut encore être remis en ordre de la manière la plus complète, si grand qu'ait pu être le désastre. Il pourrait y avoir de la vraie douleur sans cette persuation. L'homme peut-être profondément contrit, mais aussi profondément convaincu que le tort qui a été fait sera éternellement une blessure incurable dans le monde spirituel. Or telle n'est pas la grâce de la pénitence chrétienne. Elle est au contraire, une douleur pleine de foi en une puissance qui rebâtit tout ce qui a été démoli. Pour cette raison les anges se réjouissent d'un seul pécheur qui fait pénitence.
...
Faire pénitence est essentiellement une reconstruction des murailles endommagées de la Jérusalem spirituelle. Le christianus poenitens est une personne remplie de confiance, à cause de cette ocnviction. Il n'est pas comme les Juifs qui s'asseyaient près du fleuve de la terre d'exil, versant des larmes inconsolables et se désolant à la pensée de la lointaine Jérusalem; il est comme les Juifs après leur retour de captivité, tout appliqués au travail de la reconstruction des murs de la Cité sainte, que leurs ennemis avaient rasée jusqu'au sol.
Mais l'homme, laissé à lui-même, est au-dessous d'une si grande entreprise. La pénitence chrétienne doit, pour cette raison être considérée comme une portion de l'adorable mystère du Christ, en qui Dieu restaure toutes choses qui sont dans le ciel et sur la terre.