Publié le 23 Mars 2014

  j'aime beaucoup le titre! ; enfin le village va retrouver sa sérénité...  ! 

 

 

http://md1.libe.com/photo/614194-le-maire-de-fontgombault-jacques-tissier-pose-dans-le-hall-de-la-mairie-le-22-janvier-2014.jpg?modified_at=1395398145&width=750

 

(Photo Guillaume Souvant. AFP)

 

félicitations mr le maire !

 

Ce petit village de l'Indre, où le maire avait fait voter une délibération condamnant le mariage homosexuel au nom d'une «loi naturelle», a reconduit l'édile sortant. Une issue qui a provoqué la joie de Christine Boutin, qui s’en est émue dans un tweet.

 

 

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Publié le 23 Mars 2014

 

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une vraie !

 

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Publié le 23 Mars 2014

 

http://cynthiaetlogan.c.y.pic.centerblog.net/pyeqyx1v.jpg

 

 

Mes Frères, il fut un temps où, au cinéma, avant la séance principale, à la place de toutes les publicités indécentes qui précèdent maintenant les films, nous avions droit à des dessins animés…

   Et que ce soit Bugs Bunny le lapin, Titi le canari ou Bip-bip le géocoucou, ils avaient tous un ennemi : Elmer le chasseur, Gros-Minet le méchant matou ou bien le vil coyote. L’ennemi employait tous les moyens possibles pour tenter de capturer, tuer et manger le héros qui s’en tirait à chaque fois bien sûr, mais l’ennemi, criblé de balles, écrasé par une enclume ou tombé au fond d’un ravin, ressuscitait toujours et revenait à l’assaut, sans fin.

 

 

Mes Frères, l’évangile d’aujourd’hui [1] me fait replonger chaque année dans mon enfance et repenser à ces dessins animés car la scène est vraiment très facile à imaginer.

  « Quand l’esprit impur est sorti d’un homme, il parcourt les lieux arides, en quête de repos ; et n’en trouvant pas, il dit : ‘Je retournerai dans ma maison, d’où j’étais sorti’. Quand il arrive, il la trouve nettoyée et ornée. Alors il s’en va, il prend avec lui sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils entrent et ils y demeurent. Et finalement, pour cet homme, les choses sont pires qu’avant »[2].

 

  Et ici, Mes Frères, j’imagine bien l’ennemi, un démon cornu avec sa fourche, chassé par le héros, c’est-à-dire en l’occurrence nous-mêmes : une fois de plus le bien a triomphé !

  Et heureux de nous être débarrassés de notre ennemi, nous nous reposons sur nos lauriers, héros fatigués affalés dans un transat avec un cocktail à la main, tellement contents de nous que nous en laissons notre maison, notre âme, sans défense.

 

  Mais l’ennemi comme un lion, rôde [3], et il vient observer par la fenêtre s’il peut à nouveau entrer pour nous tendre un piège, et il constate, en se frottant les mains et avec un sourire diabolique, que rien ne l’en empêche puisque que nous sommes trop occupés par notre paresse. Alors il va chercher ses complices pour mener l’assaut final et, comme prédit Notre-Seigneur, « les choses seront pires qu’avant ».

  Nous ne sommes pas des personnages de dessin animé, et le diable non plus. Et à la différence des dessins animés, nous sommes bien moins intelligents que les héros, et les démons infiniment plus rusés que nous, et dans notre vie spirituelle, le récit de Notre-Seigneur est bien plus proche de la réalité que ne l’est un dessin animé.

 

  La Messe d’aujourd’hui, Mes Frères, est un appel au secours que l’âme lance à Dieu dans sa lutte contre le diable. Dans l’introït, nous chantons : « le Seigneur libérera mes pieds du piège du chasseur »[4] ; à l’oraison, nous prions : « Pour notre défense, étendez le bras de votre majesté »[5] ; au graduel, nous disons : « Levez-Vous, Seigneur, que l’ennemi ne triomphe pas : faites-le reculer… il périra devant vous »[6] et à la fin de la Messe, nous prions à nouveau : « Libérez-nous de tous les dangers, Seigneur »[7].

  Et il est vraiment nécessaire de prier le Seigneur face aux périls que le démon met sur notre route, car seuls, nous ne pouvons rien faire : ce n’est pas du fatalisme, Mes Frères, c’est un constat car tout l’Évangile de Notre-Seigneur est une mise en garde contre le démon.

 

Seulement, si nous nous contentons de prier en attendant que des chérubins mignons et potelés descendent terrasser les diables fourchus qui nous assaillent, le résultat sera sans appel : nous serons vaincus.  Non pas parce que Dieu n’aura pas exaucé nos prières, car Dieu nous donne toujours, sans cesse, son aide pour faire notre salut et remporter la victoire contre le diable, mais parce que nous n’aurons pas fait ce que Dieu attend de nous : collaborer avec Lui.

  Il y a un psaume qui dit : « Si le Seigneur ne garde la cité, c’est en vain que veille celui qui la garde »[8] : si nous ne prions pas Dieu, le combat est perdu, mais le psaume dit bien qu’il y a quand même un veilleur pour la cité.

 

L’homme fort en armes perd face à un ennemi plus fort [9], car il se fie à ses armes, et il ne fait pas confiance en son Seigneur, mais il est quand même en armes. Et si le Christ nous a constitués soldats par la confirmation, ce n’est pas seulement pour défendre l’Église sur terre, c’est aussi, et peut-être surtout, pour défendre notre âme, qui est une pierre vivante de cette Église, notre âme pour laquelle le Christ s’est livré en sacrifice [10].

 

Grâce à notre prière, Mes Frères, le Seigneur nous donne tous les moyens nécessaires pour mene notre combat ici-bas. Saint Paul, dans les versets qui suivent l’Épître d’aujourd’hui, les décrit : « cuirasse de la justice, bouclier de la foi, casque du salut, glaive de l’Esprit »[11], il dit aussi : « revêtez l’armure de Dieu afin que vous puissiez tenir devant les ruses du diable… que vous puissiez résister et tenir au jour mauvais en luttant jusqu’au bout »[12]. Dieu nous donne tout, Mes Frères, mais il nous faut donc aussi lutter. Saint Pierre le confirme : « Soyez sobres et veillez ; car votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui il pourra dévorer. Résistez-lui, demeurant fermes dans la foi ».[13]

 

  Soyons sobres comme dit saint Pierre, Mes Frères, c'est-à-dire luttons contre nous-mêmes, c’est ce qu’enseigne Notre-Seigneur : « Tout royaume divisé contre lui-même va à sa ruine »[14]. Lutter contre nous-mêmes, c’est essayer d’éteindre en nous tout ce qui nous détourne de Dieu, ces ténèbres qui nous divisent intérieurement et nous transforment en associés des fils de rébellion[15], en complices du démon. Car il ne sert à rien de vouloir battre le diable si consciemment ou non, nous gardons des liens avec lui.

 

   Nous le disons au baptême, à la profession de foi, à la vigile pascale : « Nous renonçons à Satan et à toutes ses œuvres ». Les enfants de lumière [16] que nous sommes doivent, avec les armes que Dieu nous donne, éliminer toute trace des ténèbres en eux.

 

 Veillons comme dit saint Pierre, Mes Frères : luttons dans notre vie contre toutes les tentations, qui sont la fenêtre par où le diable regarde dans notre âme. Dieu nous y aide, par sa grâce, les sacrements, nos anges gardiens, nos saints, mais les actes concrets contre les tentations, c’est nous qui devons les poser dans notre vie.

 

 

Enfin, il faut que le diable, lorsqu’il vient jeter un coup d’œil chez nous, y voie une maison nettoyée et ornée par la grâce de Dieu, mais surtout une maison habitée par Dieu : car une maison habitée par Dieu est la maison de Dieu, une âme habitée par Dieu est un autel où nous offrons à Dieu toute notre vie.

 

Nous le chanterons à la communion dans une des plus belles antiennes de l’année, une antienne qui résume le résultat de la victoire sur le démon que nous demandons pendant cette Messe : « Le passereau se trouve une maison, et la tourterelle un nid pour y placer ses petits : ce sont vos autels, mon Roi et mon Dieu ! Heureux ceux qui habitent dans votre maison ; ils Vous loueront dans les siècles des siècles »[17].

 

 

 

Ce n’est pas seulement une heureuse description du paradis, Mes Frères, car cela peut aussi être notre âme dès aujourd’hui si nous le voulons bien : maison de Dieu et autel offert au Seigneur. Et là, soyons en sûrs, jamais le diable ne pourra entrer.

 

  [1] Matth. 12, 43-45.

  [2] Luc. 11, 24-26 : évangile.

  [3] Cf. I Pet. 5,8.

  [4] Ps. 24, 15 : introït.

  [5] « Ad defensiónem nostram, déxteram tuæ maiestátis exténde » : collecte.

  [6] Cf. Ps. 9, 20 & 4, « homo » interprété par « ennemi ». v. 4 mis au singulier.

  [7] « A cunctis nos, quǽsumus, Dómine, reátibus et perículis propitiátus absólve » : postcommunion.

  [8] Ps. 126, 1.

  [9] Luc. 11, 21-22.

  [10] Ephes. 5, 2 : épître.

  [11] Ephes. 6, 14-17.

  [12] Ephes. 6, 11 & 13.

  [13] I Pet. 5, 8-9.

  [14] Luc. 11, 17.

  [15] Ephes. 5, 6-8.

  [16] Ibid. v. 9.

  [17] Ps. 83, 4-5 : communion.

 

Chapellenie Bhx Charles de Lorraine - Nancy

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Publié le 22 Mars 2014

 

 

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http://www.preguntasantoral.es/wp-content/uploads/2010/09/jacopo-vignali-san-lorenzo.jpg

 

station à saint Laurent qui, dans son martyre, a si héroïquement triomphé du diable, va être notre patron et notre protecteur dans la seconde partie du combat de Carême.

 

 

En ce dimanche, les catéchumènes font un pas de plus vers l'Eglise: on l'appelle le dimanche des scrutins. 

 

C'est à partir d'aujourd'hui qu'on commençait l'examen des candidats au baptême. Les fidèles étaient invités à venir témoigner au sujet de leur conduite. Il y avait sept de ces scrutins qui avaient lieu, d'ordinaire, le mercredi et le samedi. Le plus important était celui du mercredi de la quatrième semaine de Carême.

 

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Publié le 22 Mars 2014

http://lazimute.files.wordpress.com/2014/03/biebereric.png

 

Justin Bieber jouera Le Prince Eric dans l’adaptation de Disney

 

Disney, après avoir racheté Star Wars, poursuit sa stratégie d’achat et d’adaptation des œuvres cultes de la culture jeunesse. Le studio a frappé un grand coup en s’offrant les droit de l’œuvre de Serge Dalens : Le Prince Eric, un roman qui a été vendu à plus d’un million d’exemplaire depuis sa parution. Il a annoncé que Justin Bieber avait été retenu pour interpréter le rôle titre.

 

Les héritiers de Dalens ont donc cédé la franchise au studio américain, le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Ils assurent néanmoins avoir voulu privilégier l’aspect artistique et le respect de l’esprit de l’œuvre, comme l’avait déclaré George Lucas à propos de la franchise Star Wars

 

 

Justin Bieber s’est déclaré très enthousiaste à l’idée d’interpréter le prince nordique. Lui que l’on sait peu féru de géographie s’est déclaré pressé de se rendre au Swedenborg pour rencontrer les habitants et visiter les lieux où a vécu le prince Eric. Comme il le dit : « Eric Jansen aurait pu être un "beleiber" ». Le reste du casting n’a pas encore été dévoilé.

 

Il ne semble donc pas avoir lieu de s’inquiéter avec ses propos rassurants. Après tout, le studio n’a-t-il pas adapté Notre-Dame de Paris en restant fidèle à l’esprit de son auteur ?

 

link l'Azimuté. 

 

drôle de choix ! ..détesté par les américains ,  ..  mais contre l'avortement . chrétien pratiquant . espérons que ce nouveau rôle  lui permettra de changer de vie .. !


 


 

 

 


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Publié le 21 Mars 2014

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L'Eglise nous présente aujourd'hui le Patriarche Joseph.

 

Elle nous met ainsi sous les yeux une des figures les plus attachantes de l'Ancien Testament. Il y a un charme tout particulier dans l'histoire de Joseph. Environné d'une atmosphère d'innocence, chéri de son vieux père, orné d'un vêtement d'honneur, il se présente à nous dans toute la beauté de la jeunesse. Mais, de très bonne heure, il goûte à l'école de la vie, l'amertume et la souffrance.

 

A l'âge de 16 ans, il est vendu par ses frères. A peine a-t-il commencé à retrouver un peu de bonheur dans la maison de son maître, Putiphar, que son héroïque chasteté le fait jeter en prison. Mais enfin, il s'élève des ténèbres de la prison jusqu'aux plus grands honneurs dans le royaume d'Egypte. L'esclave devient prince et ministre puissant du Pharaon, et le fils que l'on croit mort va être le sauveur de ses frères ennemis. Toute une couronne de vertus orne le front de ce jeune homme. Comme il sait se réconcilier avec ses frères! Il est indomptable dans l'épreuve et modéré dans le bonheur. On voit, dans toute sa vie, l'action de la divine Providence qui prend, souvent des voies merveilleuses. Bien souvent, ce qui nous semble un malheur est notre plus grand avantage.

 

Joseph est une figure du Christ souffrant.

 

... Le saint patriarche Joseph peut nous être proposé comme un miroir de chasteté.


Dans ses moeurs, dans ses actions, brillent la pudeur et comme un éclat d'amabilité qui accompagne la pudeur. C'est pourquoi ses parents l'aimaient plus que leurs autres enfants. Mais cela détermina l'envie des autres. Néanmoins, il exerça, d'une manière héroïque, l'amour des ennemis envers ses frères. Ce qui le rend admirable, c'est qu'il exerça cet amour des ennemis avant l'Evangile.

 

 

dom Pius Parsch

 

 


 


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Publié le 21 Mars 2014

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" L'Espérance dilate le coeur. " quasi tristes, semper autem gaudentes" (" presque tristes, mais cependant joyeux") , dit saint Augustin:" quasi...", comme en rêve. Mais la réalité est autre:" gaudentes". Nous sommes joyeux.

 

"Un peu de tristesse est nécessaire en cet exil. C'est le propre de l'exilé d'avoir la nostalgie de sa patrie. Mais c'est une nostalgie qui n' épuise pas. Nous avons la certitude d'arriver. C'est dû au fait que le temps de la rencontre avec  le Christ " se dilate".

 

" Gaudentes": joyeux, en réalité, parce que l'espérance donne une certitude absolue, fondée sur l'aide de Dieu, qui ne manque jamais. Elle donne une inclination, comme celle d'une flèche tirée vers le ciel. Sans se laisser arrêter par aucun danger, sans rebrousser chemin devant aucun obstacle.

 

" C'est une vertu de "viateurs". C'est la vie de la vie présente. Elle est propre aux jeunes. Et nous devons tous être jeunes devant le Seigneur. Vigoureux, pleins de vie!

 

" Comme il est triste d'avoir offensé Dieu! Tant de bonté d'un côté, tant de malice de l'autre!

Toutes les vertus théologales sont grandes. Mais l'espérance, oh, l'espérance!

 

" (et en pleurant): j'espère me sauver. J'espère aller à la vie éternelle. J'espère en la miséricorde de Dieu".

 


 

Santiago M. Ramirez

(Récit du P.A. Hernandez, in Santiago Ramirez, O.P In memoriam. Convento de S. Esteban Salamanca 1968)

 


 


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Publié le 21 Mars 2014

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http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/38/El_hijo_pr%C3%B3digo_abandonado.jpg/783px-El_hijo_pr%C3%B3digo_abandonado.jpg

 

La plupart des hommes doivent, en tant qu'adultes, passer d'une vie tiède où même pécheresse à une vie meilleure et se convertir à Dieu. Enfin, nous devons, tous les ans, pendant le Carême nous convertir de nouveau. C'est ce que l'Eglise nous indique aujourd'hui dans la parabole de l'Enfant prodigue. cette parabole d'une beauté impérissable, qui est la vraie parabole de Carême.

 

Le fils plus jeune, c'est chacun de nous. Nous sommes partis loin de la maison paternelle, vers la terre étrangère, la terre où Dieu est étranger et nous avons éprouvé la nostalgie de notre Père et de la maison paternelle. C'est déjà une grande grâce de ne pouvoir vivre en paix avec le péché. Dieu ne nous a pas laissé de repos. Or, voici le joyeux message: le Père attend avec impatience le retour de son enfant, il le laisse à peine dire un mot, il l'embrasse et le couvre de baisers, il lui rend tous ses droits anciens de fils de prince (anneau, chaussures et robe nuptiale). C'est sur cela que la parabole insiste, sur la joie de l'heureux retour. L'Eglise désire qu'aujourd'hui nous nous mettions à la place du fils retrouvé.

 

Pendant tout le jour, pensons avec reconnaissance que nous sommes des hommes élus et convertis.

 

dom Pius Parsch

 

savoir demander pardon, recevoir le pardon, une chose devenue bien rare de nos jours ! la loi du plus fort, à l'opposé de l'humilité..surtout dans certains milieux.. !

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Rédigé par philippe

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Publié le 21 Mars 2014

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SAINT BENOÎT

Homélie prononcée

par le Très Révérend Père Dom Jean Pateau,

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault.

(Fontgombault, le 21 mars 2014)

 


Chers Frères et Sœurs, mes très chers Fils,

 


La fête de ce jour commémore le rappel à Dieu, le 21 mars 547, de notre bienheureux Père saint Benoît. Il avait alors environ soixante-sept ans.


L’épÏtre que nous venons d'entendre applique au saint patriarche des moines d’Occident ˗ titre donné par saint Grégoire le grand ˗ l'éloge décerné par Ben Sira, auteur du livre de l'Ecclésiastique, au grand prêtre Simon II, fils d'Onias III, qui mourut vers 195 avant Jésus-Christ. À cette époque le grand prêtre est è la fois chef religieux et chef politique d'Israël.


En cette année, ce texte est d’une particulière actualité. Si la vie de saint Benoît s’est déroulée dans le contexte spirituel, érémitique d’abord, puis cénobitique, des communautés fondées par lui à Subiaco et au Mont-Cassin, cette vie n’a pas été sans porter de grands fruits pour la construction de l’Europe.


Des souverains pontifes ont souligné ce fait par les titres décernés à Benoît. Pie XII, le 18 novembre 1947 au cours d’une homélie, et Paul VI, il y a bientôt cinquante ans, le 24 octobre 1964 par la lettre apostolique Nuntius Pacis, Messager de paix, l’ont appelé respectivement Père et Patron de l’Europe.


Messager de paix, écrivait Paul VI, artisan d’union, maître de civilisation, et, avant tout, héraut de la religion du Christ et fondateur de la vie monastique en Occident [tel fut saint Benoît] ... Alors que s’écroulait l’Empire romain désormais à son terme, que des régions de l’Europe s’enfonçaient dans les ténèbres et que d’autres ne connaissaient pas encore la civilisation et les valeurs spirituelles, ce fut lui qui, par son effort constant et assidu, fit se lever sur notre continent l’aurore d’une ère nouvelle.


Le grand prêtre répara le sanctuaire, aménagea et protégea la cité. Entouré de son peuple, il était magnifique dans sa fonction tant liturgique que politique. L’auteur semble vouloir donner une liste exhaustive des comparaisons possibles pour affirmer sa grandeur : étoile du matin au milieu des nuages, lune en son plein, soleil rayonnant sur le Temple du Très-Haut, arc-en- ciel brillant dans les nuages de gloire, rose au printemps, lis près d’une source, rameau de l’arbre à encens en été, feu et encens dans l’encensoir, vase d’or massif, orné de toutes sortes de pierres précieuses, olivier chargé de fruits, cyprès s’élevant jusqu’aux nuages. (Sir 50, 6-10)


Comment saint Benoît peut-il mériter un tel honneur ?


Au début du 6e siècle, l'Italie est dévastée par les invasions barbares. Guerres, famines, épidémies déciment les populations.


Dès les premiers mots de sa Règle, saint Benoît pose une question particulièrement pertinente : « Où est l’homme qui veut la vie et désire connaître des jours heureux ? » (Ps 34/33, 13) Compte tenu du contexte, beaucoup devaient se sentir concernés par la question. Les monastères s’ouvrent comme des places de refuge, où ceux qui s’en sentent capables réapprennent à être hommes en travaillant à devenir hommes de Dieu. Paul VI disait dans son allocution au Mont-Cassin du même 24 octobre 1964 :


L’excitation, le bruit, l’agitation fébrile, l’extériorité, la foule menacent l’intériorité de l’homme. Il lui manque le silence avec son authentique parole intérieure, il lui manque l’ordre, la prière, la paix. Il lui manque lui-même. Pour retrouver la maîtrise et la joie spirituelle de lui-même, il a besoin de se remettre en face de lui-même, dans le cloître bénédictin. Dans la discipline monastique, l’homme est regagné à lui-même et à l’Église.


Au sein d’un monde qui se cherche et qui cherche, Benoît propose à son disciple l’unique nécessaire : « chercher Dieu ». Sa proposition tient encore aujourd’hui. Elle vaut pour nous, elle vaut pour les nations.


Dimanche dernier, l’Église a médité le mystère de la Transfiguration. La vision de Jésus-Christ transfiguré, unie à la voix du Père disant : « Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, qui a toute ma faveur : écoutez-le ! » (Mt 17,5), remplit les disciples de frayeur. Certes, ils avaient vu les miracles, mais ils n’avaient pas touché de si près la Divinité. À présent le mystère de Jésus, Dieu et Homme, se fait comme palpable. Durant quelques instants leur quête de Dieu paraît comblée. Ils saisissent le mystère formidable de la transcendance de Dieu.


Chaque jour, nous sommes confrontés à la nature humaine, trop humaine, à commencer par la nôtre. Pourtant en nous-mêmes se déroule un mystère qui s’apparente au mystère de Jésus. Notre corps attend d’être transfiguré en un corps glorieux au moment de la résurrection des corps. Mais dès aujourd’hui, en notre âme, Dieu se dit. La grâce sanctifiante est une réelle participation à la vie divine. En nous, il y a déjà de Dieu et de sa lumière.


Le temps du Carême est propice à "nous regagner à nous-mêmes et à l’Église". Au moment de la mort sera révélé le mystère de notre vie.

 

Nous faudra-t-il attendre cet instant pour, tels les apôtres, être terrifiés et prendre enfin au sérieux ce qui restera de notre vie ?

 

Chaque instant qui passe emporte avec lui son poids d’éternité en bien ou en mal, en charité envers Dieu et le prochain ou en haine. Cherchons-nous Dieu vraiment ? Là est la question. La nature humaine nous aurait-elle absorbés au point que toute notre vie ait été ramenée à sa mesure ? C’est petit, c’est vain en face du mystère qui devrait s’opérer réellement en nous.


Saint Benoît aimante à nouveau la boussole de notre âme, devenue folle dans un monde sans repère.

 

Celui qui "veut la vie et désire connaître des jours heureux" doit s’appliquer généreusement à chercher Dieu.


Que Marie, reine des moines, nous accompagne sur le chemin.

 


Amen.

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Rédigé par dom Jean Pateau OSB

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Publié le 21 Mars 2014

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