spiritualite

Publié le 20 Mars 2017

 

 

la prière de louange .

 

   La louange de Marie ne fait plus qu'un avec celle de Jésus. Dans le silence de son coeur non seulement elle adore son Père, mais elle ne cesse de le louer . N'est-il pas digne de toute louange, celui qui dans sa sagesse créatrice a ordonné tout l'univers avec harmonie et beauté?

Qui a placé au sommet de tout l'univers, l'homme, image de Dieu; qui après la faute de l'homme et la rupture de cette harmonie a voulu se servir de la faute même de la créature pour réintroduire dans l'univers un ordre plus parfait et plus divin?

Jésus dans son intelligence et dans son coeur contemple cette sagesse créatrice et rédemptrice dont il scrute tous les mystères . Il considère toute la profondeur de ce mystère de l'Incarnation dans lequel il est le premier engagé, et dont il est le premier bénéficiaire. Grâce à ce mystère , sa nature humaine se trouve si étroitement unie à Dieu qu'elle ne subsiste que d'une façon divine. Le Verbe de Dieu lui-même termine sa nature humaine et lui communique l'Etre divin. C'est pourquoi tout en lui se trouve divinisé, la nature humaine en lui, retrouve sa dignité d'image de Dieu et d'une façon incomparablement plus qu'auparavant . Comment ne pas louer d'avoir choisi la plus pauvre petite fille de son peuple pour l'associer d'une façon si étroite à ce mystère , de lui avoir communiqué ces secrets les plus cachés de sa sagesse, d'en avoir fait sa Mère bien aimée ?  Mais dépassant ces merveilles de l'Incarnation et de la Maternité divine, qui résument en eux, en les surpassant infiniment , tous les autres bienfaits divins, le coeur de Jésus loue son Père parce qu'il est Dieu et parce que sa sagesse et sa bonté sont incommensurables. Sachant que la louange même de son coeur de Fils bien-aimé est incapable de le glorifier dignement, il s'offre lui-même en tout ce qu'il est pour être sa louange et sa gloire  Ecce venio.

 

Marie qui est l'unique témoin parmi les enfants des hommes loue Dieu de ce mystère admirable, en faisant sa louange le plus étroitement unie qu'il est possible à louange de son Fils . Elle loue Dieu de ce bienfait par excellence qui est son Fils, et entraînée par le Fils de Dieu lui même , elle loue le père d'être Dieu.

Levate in excelsum oculos vestros, et vidite qui creavit haec (Isaïe X , 2)

L'Esprit Saint qui déjà avant l'Incarnation élevait l'âme de la très Sainte Vierge vers les sommets , l'élève maintenant plus haut encore, afin que sa louange soit plus pure et plus divine. Et , si élevée, cette louange reste toute simple et filiale. En louant la majesté divine, Marie loue aussi son Fils bien -aimé, son tout petit enfant, s'offrant à lui, dans le silence de son coeur, pour n'être plus qu'à lui , n'être plus que sa gloire,

 

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Rédigé par père marie dominique Philippe oP

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Publié le 20 Mars 2017

   L'ange Gabriel fut envoyé de Dieu auprès de la Vierge Marie. Ce messager de Dieu s'approche d'elle, la salue et lui annonce la grande nouvelle :

Voici que vous concevrez en votre sein, et vous enfanterez un fils et vous le donnerez le nom de Jésus. Il sera grand: on l'appellera le Fils du Très-Haut : le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père. Il règnera éternellement sur la maison de Jacob et son règne n'aura point de fin.

Marie, la Vierge vouée au Seigneur et qui ne voulait plus vivre que pour lui en le louant, l'adorant et l'aimant, ne comprend pas ce message divin. L'Ange, au nom de  Dieu, ne lui annonce-t-il pas une mission tout à fait nouvelle? Ne doit-elle pas devenir mère de celui qui doit sauver son peuple et régner éternellement sur lui? Comment se fera-t-il? Je ne connais point d'homme.  - L'Esprit Saint viendra sur vous et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C'est pourquoi l'Etre saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu.

Marie n'a plus alors qu'à s'abandonner totalement à son Dieu: Voici la servante du Seigneur: qu'il me soit fait selon votre parole.

   Ce " Fiat " de Marie, qui jaillit de son âme, traduit à la fois l'adhésion parfaite et immédiate de son coeur et de son intelligence à la parole de Dieu, transmise par son envoyé , et la remise complète de toute sa vie au bon plaisir de Dieu sur elle. car c'est le " Fiat " de la servante du Seigneur , de celle qui n'a plus d'autre ambition que de servir Dieu, et d'accepter comme règle de vie son bon vouloir divin.

   C'est le "  Fiat " de la petite enfant joyeuse de répondre par  " oui " sans condition, à ce que désire son Père, si invraisemblable que cela puisse paraître à la lumière de la prudence humaine. Elle ne discute pas, mais aussitôt dans son coeur elle s'empare de cette nouvelle parole de son Père pour la faire sienne.

Saint Augustin dit magnifiquement cela en affirmant que Marie a conçu le Verbe de Dieu dans son coeur avant de le concevoir dans sa chair :" Prius concepit in corde quam in carne " .

Cette présence réelle du Verbe de Dieu incarné au plus intime d'elle-même va transformer toute la vie de Marie. 

Toute sa vie humaine : elle devient Mère de son Dieu; toute sa vie spirituelle et divine : son Dieu lui est donné d'une façon toute nouvelle. L'Esprit-Saint vient sur elle, la vertu du Très-Haut la couvre de son ombre. Le Verbe s'incarne en elle; elle devient le temple vivant de Dieu, où habite corporellement son Sauveur.

   Dans ce nouveau temple de Dieu, dont le temple de Jérusalem n'était que la figure, jaillit immédiatement une nouvelle prière: la première prière chrétienne, c'est celle qui vient du Christ et qui s'adresse au Christ; c'est celle qui fait écho à celle du Christ et cherche à l'imiter le plus étroitement possible. Marie est la première dans l'ordre du temps et aussi dans l'ordre de la perfection, qui ait vécu dans ce rayonnement divin et humain du Verbe fait chair.

Elle est la première qui ait été enseignée par lui et qui ait compris que tout devait venir de lui. Sans moi vous ne pouvez rien faire, surtout quand il s'agit de cette oeuvre  éminente de la prière.  Aussi dès l'instant de l'Incarnation, dès son " Fiat " , toute la prière de Marie prend-elle une nouvelle orientation; elle se tourne vers son Jésus. Toute sa prière passe par le coeur adorable de son Fils. Elle doit même s'y terminer, puisqu'il est Dieu.

Mais ce n'est pas assez de dire que la prière de Marie trouve par le coeur de Jésus un nouvel accès auprès de Dieu: plus profondément, le coeur de son Jésus devient la source vivante d'où jaillit sa prière.  C'est à ce coeur, si proche du sien, si uni au sien, par la chair et le sang, que dorénavant elle puise toute sa prière. Car ce coeur de Jésus possède dès le premier instant non seulement tous les trésors de la sagesse et de la science divines, mais surtout il est la fournaise ardente de l'amour. Il est le centre, le roi de tous les coeurs. Car ce coeur est uni substantiellement au Verbe de Dieu, il est la source de toutes les grâces. Marie comprend cela dans sa foi vive.  Sous le souffle de l'Esprit-Saint, elle se met docilement à l'école de son petit Jésus, pour apprendre de lui à prier le Père, pour recevoir de lui grâce sur grâce, amour sur amour. L'unique désir de Marie, c'est que sa prière ne soit plus qu'un prolongement vivant de celle de son Fils.

 

L'adoration

 

L'adoration de la très sainte Vierge s'unit à celle de son petit Jésus. Cette prière d'adoration, qui avait déjà au temple, creusé en l'âme de Marie des abîmes d'anéantissement, va encore s'approfondir. Le coeur de Jésus dès le premier instant de l'Incarnation adore son Père dans un silence  d'amour et de respect. Il s'anéantit totalement en face de la toute-puissance créatrice de son Père qu'il voit et contemple en lumière de gloire. Il proclame au plus intime de son coeur les droits souverains infinis de son créateur sur tout l'univers qui n'existe que par lui, et dans sa libre volonté. Il proclame les droits particuliers de son Dieu sur sa propre nature humaine, qui ne subsite que dans le Verbe, et qui par le fait même est dans un état de dépendance infiniment plus grand que toutes les autres créatures. La faiblesse de son petit corps d'enfant, sa dépendance si étroite à l'égard de sa Mère, ne sont qu'une image de la dépendance absolue et divine dans laquelle il est à l'égard du Père.  Cette dépendance absolue, il la reconnait, il l'aime, car elle laisse toute la place à la toute puissance de son Père, qui peut s'exercer librement . C'est pourquoi il adore son Père en s'offrant immédiatement à lui, à en se livrant tout à lui : Ecce venio . 

Dans le même silence, dans le même amour , dans le même respect, Marie adore, mais dans la foi, le même Père. Elle proclame au plus intime de son coeur cette toute puissance , cette même majesté. N'est-elle pas mue par le même Esprit que son Fils ? C'est lui qui unit si étroitement leurs coeurs et leur adoration.

   L'Ecce ancilla Domini fait écho à l'Ecce venio du Verbe incarné . Mais en ce même temps elle adore son Jésus, son tout petit enfant qu'elle porte en elle . La faiblesse même de son enfant et sa dépendance si complète à son égard lui manifestent d'une façon saisissante , si proche d'elle, si familière, la transcendance de son Dieu et son immanence. Dieu qui réalisé en elle cette génération miraculeuse lui monte bien sa toute-puissance:   Rien n'est impossible à Dieu. Et ce même Dieu qui agit avec une telle efficacité s'incarne en elle, se cache en elle, dans la plus totale infirmité. Ce Dieu incarné est vraiment  " sa chair et son os " . Il est formé d'elle, par elle. Comme cette présence réelle de son Dieu en elle a dû lui faire saisir avec une nouvelle acuité combien son Dieu était grand, combien la créature n'est rien en face de lui !

 

 

 

 

 

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Rédigé par père Marie Dominique Philippe op

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Publié le 19 Mars 2017

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Je vous salue Joseph,
vous que la grâce divine a comblé,
le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux.
Vous êtes béni entre tous les hommes et Jésus,
l’Enfant divin de votre virginale Epouse est béni.


Saint Joseph, donné pour Père au Fils de Dieu,
priez pour nous, dans nos soucis de famille,
de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours,
et daignez nous secourir à l’heure de notre mort.


Amen.

 

Que les chœurs célestes célèbrent ta gloire, ô Joseph !
Que les chants de tous les Chrétiens fassent résonner tes louanges !
Glorieux déjà par tes mérites, tu es uni
par une chaste alliance à l’auguste Vierge.

 

"Honorons saint Joseph de toute l'étendue de notre âme, dans toute la joie de notre coeur; rendons-lui le culte le plus grand que l'on puisse rendre à un saint: c'est l'intention manifeste de l'Eglise.

Allons à Joseph dans nos nécessités, dans nos besoins, dans nos inquiétudes, dans nos alarmes. Son patronage répond à tout: il est le ministre de la Providence divine.

Mais gardons-nous d'aller à lui seulement sous l'impulsion d'un besoin physique, allons à lui pour l'accroissement de notre vie intérieure, pour son affermissement en Dieu en ce temps de carême.

Saint Joseph est par excellence le patron de la vie intérieure: c'est l'âme la plus harmonieusement ordonnée dans le jeu régulier de ses puissances, l'âme la plus adoratrice, la plus priante, la plus soumise au bon plaisir divin.

Allons à lui pour nous imprégner de ses dispositions très saintes vis-à-vis de Dieu, de ses affections très brûlantes vis-à-vis de Marie et de Jésus.

Allons à lui, pour obtenir par lui sur les familles chrétiennes, sur les  familles religieuses et sur l'Eglise entière, toutes les bénédictions et spécialement la bénédiction de la fécondité.

O Père de Jésus, soyez notre père.

 

dom Maréchaux osb +

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 19 Mars 2017

Rédigé par Philippe

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Publié le 19 Mars 2017

Rédigé par Philippe

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Publié le 18 Mars 2017

 

 

Benoît est né vers 48à à Nursie, petite ville située dans l'Apennin Romain, à quelques kilomètres à l'est de Spolète et de Foligno. Région montagneuse et austère, habitée par une population depuis longtemps chrétienne et célèbre par sa rude vertu. Il appartenait à une famille sénatoriale ou équestre, donc à la bourgeoisie provinciale et cette origine explique ce cachet de distinction, ce souci de courtoisie que l'on remarque si souvent chez lui.

Il fut envoyé faire ses études à Rome, étude des belles lettres sans doute, mais aussi du droit, cette spécialité de la Rome antique, encore en faveur au VIème siècle; sa Règle à plusieurs reprises révèle ' un sentiment délicat du droit, un coup d'oeil de juriste exercé, une grande familiarité avec la langue du droit romain."

Jusqu'à maintenant, la vie de Benoît nous a rappelé d'une manière saisissante celle d'Ambroise; les deux hommes sont à peu près de même origine sociale, tous deux Romains de vieilles familles chrétiennes; tous deux semblent bien devoir à une éducation profondément sérieuse d'avoir mené une jeunesse pure; leurs études supérieures s'étaient pareillement orientées; les tempéraments eux-mêmes semblent assez voisins et, dans une vie comme dans l'autre, il y a la tendresse d'une soeur donnée à Dieu.

Mais il fallut forcer la main à Ambroise pour lui faire abandonner sa carrière de fonctionnaire impérial et entrer dans le clergé séculier, tandis que Benoît, avant même d'avoir achevé ses études, quitta Rome et le siècle pour se donner à Dieu.

Cette première conversion de Benoît fut dûe au dégoût que provoqua chez lui le spectacle de la licence morale qui caractérisait à Rome la vie étudiante. Le roi goth Théodoric, en s'emparant de Rome, avait voulu s'y rendre la populace favorable. Aussi continua-t-il à lui assurer panem et circenses; jamais les jeux du cirque, les pantomines et les ballets n'avaient provoqué pareil engouement et l'on sait de reste à quelle bassesse morale de pareils spectacles descendaient. La fuite de Benoît est une protestation contre cet avilissement .

Il semble qu'alors le jeune homme ait songé au clergé séculier et, à cette fin, commencé avec d'autres débutants, sous la direction d'un prêtre, l'apprentissage de la vie ecclésiiastique. L'expérience ne devait pas durer longtemps. Bientôt Benoît s'enfuyait à nouveau pour se retirer cette fois dans une complète solitude, à Subiaco, à cinquante kilomètres environ à l'est de Rome.

Saint Grégoire donne pour seul motif à cette deuxième conversion un désir de vie plus parfaite. Benoît a-t-il été déçu par le milieu ecclésiastique qui l'avait accueilli? a-t-il pris pour une illusion son désir d'apostolat dans le clergé séculier?  a-t-il simplement cédé à un attrait puissant, à une vocation impérieuse? L'important est, en tout cas, de noter que cette retraite est une retraite au désert:  c'est à l'imitation des grands solitaires égyptiens, dont la vie était bien connue des milieux ascétiques de Rome, que Benoît va vivre désormais.

C'est en effet une vie d'ermite, dans une grotte, adonné à la mortification et à la prière mentale, qu'il va poursuivre pendant quelques années. De vie commune point, ni donc de liturgie,: leur perfection personnelle était l'unique but de ces ermites, alors assez nombreux dans l'Italie Centrale.

La Providence voulait sans doute que celui qui devait être le patriarche des moines d'Occident fit tour à tour l'expérience de toutes les formes de vie religieuse, car, trois années plus tard, Benoît nous apparait à la tête de disciples, groupés en petits monastères isolés, chacun sous son supérieur propre. Cette formule, conciliation de l'érémitisme et du cénobitisme et s'essayant à corriger l'un par l'autre, avait déjà été expérimentée en Egypte, dont Benoît, là encore nous apparait tributaire.

A cette date en effet, Benoît, accompagné de quelques disciples choisis, quitte Subiaco et va s'installer au Mont Cassin, merveilleux site d'acropole sur la route historique de Rome à Naples. Il va y pratiquer cette fois et jusqu'à sa mort, vers 547, le cénobitisme intégral: un seul monastère, un seul abbé, une seule famille monastique, une seule vie commune. Cette idée non plus n'était pas nouvelle : on la trouvait déjà réalisée,  toujours en Egypte, dans les monastères pacômiens.

Mais Benoît, riche d'expérience, ayant tour à tour fait l'épreuve de toutes les formes de vie religieuse connues de son temps, prend enfin conscience de son génie propre; il n'emprunte plus que pour transformer et la Règle qu'il donne au Mont Cassin est, cette fois, une règle originale et qui fait date dans l'histoire de la vie monastique.

E. Delaruelle.

(à suivre )

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 17 Mars 2017

 

 

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  comme s'il n'y avait que des Chinois non mais !  Bravo Vlad. j'ai rien contre les chinois mais font un peu "animaux de cirque".. alors que là c'est vraiment la classe.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 17 Mars 2017

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[:malavita:1]

un peu long saint Benoît mais passionnant. t'as pas d'autre chose à lire quand même ! évidement ça change des histoires de  costumes !!!! très beau. ça donnerait envie d'être politique, euhhh..  moine, dis-donc. bon on a pas eu encore de guerres et tout le reste mais ça va viendre. patience. les gens peuvent encore partir au ski ou en vacances si c'est pas beau.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 17 Mars 2017

 

Nous avons parlé de François de Sales et de sa réforme morale. Mais après tout, cette protestation contre les observances, cette invitation à une vie plus intérieure , ce sentiment que le Christianisme est avant tout esprit, c'est d'abord chez Jésus lui-même qu'il faut les chercher. Et l'on pourrait dire à ce point de vue que la spiritualité bénédictine est tout simplement un retour à l'Evangile.

La Règle ne nous apporte pas une technique nouvelle de sanctification, mais se borne à rappeler les préceptes et les conseils du Christ.

L'étude des sources de la Règle ne laisse sur ce point aucun doute: on y relève en effet soixante cinq passages des Synoptiques, contre quanrante-huit  de saint Paul et cinq seulement de saint Jean. L'Evangéliste le plus souvent utilisé est saint Matthieu (35 citations portant sur 30 versets dont 12 pris dans le Sermon sur la Montagne.)  Ces chiffres sont significatifs : Benoît a médité l'enseignement moral de Jésus de préférence aux textes où saint Jean rapporte les propos du Maître sur sa vie intime et ceux où saint Paul présente à ses fidèles le Mystère. Jusque dans l'utilisation des Epîtres pauliniennes ce souci apparaît, puisque Benoît en a surtout dégagé des consignes morales de charité, d'humilité et de patience plutôt que des suggestions mystiques ou des intuitions théologiques.

Saint Benoît a donc vu surtout dans le Christ le réformateur moral, celui qui invite à une conversion. l'héritier du nomisme de l'Ancien Testament, le prédicateur du Royaume qui pose des conditions à l'entrée du salut :"

Seigneur, qui habitera sous ta tente et qui reposera sur ta sainte montagne?

Celui qui a les mains innocentes et le coeur pur. "

L'entrée au monastère lui apparait donc comme le moyen providentiel d'assurer cette conversion à laquelle le Christ appelle et de vivre désormais sous sa loi.

Que chacun cherche pour son compte dans l'Ecriture ce qui satisfera ses besoins d'âme, mais que tous commencent par satisfaire aux commandements communs.

C'est en effet d'un redressement moral que l'Occident du VI° siècle avait besoin. Les invasions barbares et la reconquête de Justinien, des années et des années de guerre et de pillages, de trahisons et d'assassinats y avaient entretenu l'anarchie morale. Le problème n'était pas de mettre en circulation des idées nouvelles sur les rapports de l'homme et de Dieu et d'en faire la théorie, ni de prêcher à des Chrétiens bien frustres les sublimités de la vie mystique, mais de freiner une décadence en rappelant les exigences sine qua non de l'Evangile.

Ce siècle avait besoin de s'entendre redire des préceptes éternels et communs et non de recevoir accès à une sagesse ésotérique, à des voies spéciales de sainteté.

 

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Rédigé par E. Delaruelle

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Publié le 17 Mars 2017

 

la règle de saint Benoît

   Un esprit moderne n'est pas déconcerté par la lecture de cette règle. Le désordre semble y régner, les chapitres sur le gouvernement du monastère, la vie religieuse des moines, l'administration des biens temporels et l'organisation liturgique de l'office se suivant et s'emmêlant en une confusion qui défie l'analyse.

Toutes les tentatives faites pour retrouver dans ce texte un plan logique ont échoué. C'est que, il faut bien l'avouer, les esprits de cette époque n'avaient pas les mêmes exigences que les nôtres: il suffit pour s'en rendre compte de parcourir les décrets conciliaires et les collections canoniques rédigés sans aucune suite apparente dans les idées. C'est aussi que la Règle a été composée empiriquement, au fur et à mesure des problèmes et des besoins, et non selon une idée préconçue. C'est d'ailleurs grâce justement à ce caractère empirique que la Règle a pu s'imposer peu à peu: elle était oeuvre d'expérience, elle avait été essayée avant d'être imposée, elle bénéficiait aussi des longues réflexions de Benoît et de sa connaissance des hommes. Encore faut-il ajouter que cette Règle faisait date par rapport à toutes les règles antérieures ou contemporaines. Elle est en effet un code et non seulement une simple liste de statuts, un recueil de sentences spirituelles ou un traité ascétique. Elle contient une législation systématique qui est bien de style romain et sans que le souci du Droit à établir fasse oublier le fondement moral dont il se réclame: les prescriptions essentielles sont en effet accompagnées d'expositions de principes, et par exemple, Benoît ne se contente pas de définir l'autorité de l'abbé, mais y ajoute ses idées sur l'art de gouverner et l'esprit paternel qui doit l'animer.

   Ce n'est pas à dire que tout soit clair dans la Règle et qu'elle ne présente aucune difficulté d'interprétation. On sait au contraire que des observances très diverses en sont sorties, toutes se réclamant d'elle avec la même ferveur... et parfois le même exclusivisme. L'interprétation de Cluny n'est pas celle de Citeaux; Mabillon et Rancé n'ont jamais pu s'entendre. Mais cela même est significatif. Le silence de la Règle sur un certain nombre de points, l'imprécision de certaines solutions ou de certaines directives, laissent entrevoir que Benoît n'a pas voulu tout définir, a laissé place à une liberté assez large. Bien loin d'enserrer toute la vie de ses moines dans un réseau d'observances strictes ne varietur, il laisse à la Règle une certaine élasticité et aux abbés successifs la possibilité et le droit de l'infléchir selon leurs conceptions personnelles et les besoins de leur époque.

la personnalité de saint Benoît.

Par là-même sommes-nous invités à nous faire de Benoît une impression moins rigide que celle donnée peut-être par ce qui a déjà été dit de sa vie et de son oeuvre.

Les vertus fortes du vieux Romain sont tempérées chez lui par je ne sais quel souffle de liberté et de douceur. Benoît est énergique et certaines anecdotes de saint Grégoire le montrent même irascible, mais il fait preuve pour ses frères de tendresse et de condescendance;

il est très exigeant quant au détachement et n'a pas pour rien pratiqué lui-même les exercices de l'ascèse égyptienne; mais il sait détendre la rigueur de cette discipline par la place faite aux intimités et aux suavités de l'amour divin; il règle minutieusement l'organisation de l'office liturgique, mais s'interdit de fixer limitativement des heures pour la prière personnelle; il fait de l'office un service public, une tâche à accomplir chaque jour, mais évite de lui donner l'aspect d'une corvée monotone et fait preuve dans la distribution des éléments liturgiques d'un sentiment esthétique délicat qui n'hésite pas à enrichir l'austère rite romain d'ornements empruntés à l'Orient et à Milan; aussi qu'on n'aille point demander à saint benoît la classification méthodique et  " les déductions rigoureuses auxquelles les grands scolastiques nous ont habitués. Laissons-lui son allure toute simple et très libre de primitif. "

Mais il ne faudrait pas que la variété même de ces dons et la largeur d'esprit de ces directives fissent perdre de vue en Benoît une personnalité singulièrement forte.

L'obstination avec laquelle il a poursuivi sa perfection personnelle et rompu successivement avec les milieux divers, qui l'avaient l'un après l'autre accueilli ou sollicité, pour assurer la réalisation d'une vocation dont il prenait chaque jour mieux conscience suffirait déjà à révéler un esprit et un caractère exceptionnellement vigoureux. Non moins la netteté de la conception monastique qu'il va proposer de sa propre initiative et qui se substituera rapidement aux règles alors en usage en Occident.

Si l'on recherche les notes dominantes de  cette physionomie morale, on est amené à redire, après saint Grégoire lui même ou d'autres interprètes :

discretio, c'est-à-dire équilibre, sens de la mesure et du possible, pondération; gravitas, avec ce que le mot évoque d'autérité, de calme, de virilité; patientia, qui est libre acceptation de la souffrance, abnégation, petites vertus quotidiennes de fidélité et d'humilité; aequitas dont l'expression n'est pas à chercher seulement dans une Règle qui est un monument de droit, mais dans une vie intérieure attentive aux devoirs envers Dieu; pudor enfin, je veux dire cette réserve dont s'enveloppe une haute vie mystique peu désireuse d'expansion et par là moins attachante que cette d'un François d'Assise, mais peut-être non moins profonde.

Il est vain sans doute de chercher à forcer le secret de la ' montagne  " mystique de saint Benoît, au dernier chapitre de la Règle, désigne à son disciple comme le but à atteindre au-delà d'une Règle qui n'est qu'un "tout petit commencement" et qu'il a sans doute gravie lui-même.

Mais puisque le saint disparait derrière son oeuvre comme le soleil dans son halo, il est plus sûr de chercher à marquer quelle révolution spirituelle cette Règle avait apportée.

(à suivre )

 

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Rédigé par Philippe

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