spiritualite

Publié le 1 Juillet 2013

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"Nous avons toujours à apprendre de notre Mère céleste: sa foi nous invite à regarder au-delà des apparences et à croire fermement que les difficultés quotidiennes préparent un printemps qui est déjà initié dans le Christ ressuscité." onlr

 

Benoît XVI

 

 

 

 

 

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Publié le 1 Juillet 2013

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fête le 11 Juillet

 

 

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"il faut également susciter un renouveau éthique et spirituel qui puise aux racines chrétiennes du continent, autrement on ne peut pas reconstruire l’Europe ».

 

Benoit XVI

 

 

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O bon Père Benoît, chef et Patriarche des moines, espérance et consolation de tous ceux qui recourent à vous de tout leur coeur, je me recommande humblement à votre très sainte protection. Daignez, en raison de l'excellence de vos mérites, me défendre contre tous les ennemis de mon âme et m'accorder dans l'abondance de votre tendresse, la grâce de la componction et le don des larmes, afin que je puisse pleurer comme il convient et abondamment tant de fautes et d'offenses dont je me suis souvent rendu coupable depuis ma jeunesse contre l'aimable et désirable Seigneur Jésus-Christ, et afin que je mérite de vous louer et de vous honorer dignement.

 

O olivier, ô vigne d'une extraordinaire fécondité dans la maison de Dieu. O vase d'or massif, orné de toutes sortes de pierres précieuses, choisi par Dieu et très agréable à son coeur, enrichi d'innombrables dons de la grâce comme d'autant de diamants étincelants. Je vous prie, je vous supplie, je vous conjure de toute l'ardeur de mon coeur et par tous les désirs de mon âme, Père très bienveillant et doux Maître, de daigner vous souvenir devant Dieu du pauvre pécheur que je suis, pour que, dans sa bonté&, il me pardonne tous mes péchés, me maintienne dans le bien et ne permette pas que quelque malheur m'éloigne jamais de lui. Puisse-t-il, au contraire, m'admettre après vous, ô Père, dans la société des Bienheureux et m'accorder la joie de le contempler; là je goûterai le bonheur éternel avec vous et avec l'immense armée de moines placée sous votre étendard. Daigne m'accorder cette grâce notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ, qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans les sicècles des siècles.

Amen.

 

PRIONS.

 

Nous vous demandons, Dieu tout-puissant, en vertu des mérites et des exemples de notre Bienheureux Père saint Benoît, de ses disciples Placide et Maur, de la Vierge sa soeur scholastique et de tous les saints moines qui ont combattu pour vous dans les rangs de son armée et sous sa conduite, de renouveler en nous votre Esprit-Saint, afin que, sous son inspiration, nous luttions avec vigueur contre la chair, contre le monde et contre le démon. Et puisque la palme de la victoire ne s'obtient que par les fatigues du combat, donnez-nous la patience dans l'adversité, la constance dans les tentations et la prudence dans le danger. Donnez-nous l'éclat de la chasteté, le désir de la pauvreté, le mérite de l'obéissance et la fidélité résolue dans l'observance. Puissions-nous, forts de votre secours et unis par les liens de la charité fraternelle, nous acquitter de notre service avec une commune ardeur et traverser cette vie présente de manière à mériter d'entrer un jour, victorieux et couronnés, dans l'éternelle Patrie pour y être réunis aux phalanges des saints moines. Par le Christ Notre Seigneur.

 

Amen.

 

 

 

 

Chers frères et sœurs,

 

Je voudrais parler aujourd'hui de Saint Benoît, fondateur du monachisme occidental, et aussi Patron de mon pontificat. Je commence par une parole de Saint Grégoire le Grand, qui écrit à propos de Saint Benoît : « L'homme de Dieu qui brilla sur cette terre par de si nombreux miracles, ne brilla pas moins par l'éloquence avec laquelle il sut exposer sa doctrine » (Dial. II, 36).

 

 

Telles sont les paroles que ce grand Pape écrivit en l'an 592 ; le saint moine était mort à peine 50 ans auparavant et il était encore vivant dans la mémoire des personnes et en particulier dans l'Ordre religieux florissant qu'il avait fondé. Saint Benoît de Nursie, par sa vie et par son œuvre, a exercé une influence fondamentale sur le développement de la civilisation et de la culture européenne. La source la plus importante à propos de la vie de ce saint est le deuxième livre des Dialogues de Saint Grégoire le Grand. Il ne s'agit pas d'une biographie au sens classique. Selon les idées de son temps, il voulut illustrer à travers l'exemple d'un homme concret - précisément Saint Benoît - l'ascension au sommet de la contemplation, qui peut être réalisée par celui qui s'abandonne à Dieu. Il nous donne donc un modèle de vie humaine comme ascension vers le sommet de la perfection. Saint Grégoire le Grand raconte également dans ce livre des Dialogues de nombreux miracles accomplis par le saint, et ici encore il ne veut pas raconter simplement quelque chose d'étrange, mais démontrer comment Dieu, en admonestant, en aidant et aussi en punissant, intervient dans les situations concrètes de la vie de l'homme.

 

Il veut démontrer que Dieu n'est pas une hypothèse lointaine placée à l'origine du monde, mais qu'il est présent dans la vie de l'homme, de tout homme.

 



Cette perspective du « biographe » s'explique également à la lumière du contexte général de son époque : entre le Ve et le VIe siècle, le monde était bouleversé par une terrible crise des valeurs et des institutions, causée par la chute de l'Empire romain, par l'invasion des nouveaux peuples et par la décadence des mœurs.

 

En présentant Saint Benoît comme un « astre lumineux », Grégoire voulait indiquer, dans cette situation terrible, précisément ici dans cette ville de Rome, l'issue de la « nuit obscure de l'histoire » (Jean-Paul II, Insegnamenti, II/1, 1979, p. 1158). De fait, l'œuvre du saint et, en particulier sa Règle, se révélèrent détentrices d'un authentique ferment spirituel qui transforma le visage de l'Europe au cours des siècles, bien au-delà des frontières de sa patrie et de son temps, suscitant après la chute de l'unité politique créée par l'empire romain une nouvelle unité spirituelle et culturelle, celle de la foi chrétienne partagée par les peuples du continent. C'est précisément ainsi qu'est née la réalité que nous appelons « Europe ».

 



La naissance de Saint Benoît se situe autour de l'an 480. Il provenait, comme le dit saint Grégoire, « ex provincia Nursiae » - de la région de la Nursie. Ses parents, qui étaient aisés, l'envoyèrent suivre des études à Rome pour sa formation. Il ne s'arrêta cependant pas longtemps dans la Ville éternelle. Comme explication, tout à fait crédible, Grégoire mentionne le fait que le jeune Benoît était écœuré par le style de vie d'un grand nombre de ses compagnons d'étude, qui vivaient de manière dissolue, et qu'il ne voulait pas tomber dans les mêmes erreurs. Il voulait ne plaire qu'à Dieu seul ; « soli Deo placere desiderans » (II Dial. Prol. 1).

 

Ainsi, avant même la conclusion de ses études, Benoît quitta Rome et se retira dans la solitude des montagnes à l'est de Rome. Après un premier séjour dans le village d'Effide (aujourd'hui Affile), où il s'associa pendant un certain temps à une « communauté religieuse » de moines, il devint ermite non loin de là, à Subiaco. Il y vécut pendant trois ans complètement seul dans une grotte qui, depuis le Haut Moyen-âge, constitue le « cœur » d'un monastère bénédictin appelé « Sacro Speco ».

 

La période à Subiaco, une période de solitude avec Dieu, fut un temps de maturation pour Benoît. Il dut supporter et surmonter en ce lieu les trois tentations fondamentales de chaque être humain : la tentation de l'affirmation personnelle et du désir de se placer lui-même au centre, la tentation de la sensualité et, enfin, la tentation de la colère et de la vengeance. Benoît était en effet convaincu que ce n'était qu'après avoir vaincu ces tentations qu'il aurait pu adresser aux autres une parole pouvant être utile à leur situation de besoin. Et ainsi, son âme désormais pacifiée était en mesure de contrôler pleinement les pulsions du « moi » pour être un bâtisseur de paix autour de lui. Ce n'est qu'alors qu'il décida de fonder ses premiers monastères dans la vallée de l'Anio, près de Subiaco.

 



En l'an 529, Benoît quitta Subiaco pour s'installer à Montecassino. Certains ont expliqué ce déplacement comme une fuite face aux intrigues d'un ecclésiastique local envieux. Mais cette tentative d'explication s'est révélée peu convaincante, car la mort soudaine de ce dernier n'incita pas Benoît à revenir (II Dial. 8). En réalité, cette décision s'imposa à lui car il était entré dans une nouvelle phase de sa maturation intérieure et de son expérience monastique.

 

Selon Grégoire le Grand, l'exode de la vallée lointaine de l'Anio vers le Mont Cassio - une hauteur qui, dominant la vaste plaine environnante, est visible de loin - revêt un caractère symbolique : la vie monastique cachée a sa raison d'être, mais un monastère possède aussi une finalité publique dans la vie de l'Eglise et de la société, il doit donner de la visibilité à la foi comme force de vie. De fait, lorsque Benoît conclut sa vie terrestre le 21 mars 547, il laissa avec sa Règle et avec la famille bénédictine qu'il avait fondée un patrimoine qui a porté des fruits dans le monde entier jusqu'à aujourd'hui.

 



Dans le deuxième livre des Dialogues, Grégoire nous montre que la vie de Saint Benoît était plongée dans une atmosphère de prière, fondement central de son existence. Sans la prière, l'expérience de Dieu n'existe pas.

 

Mais la spiritualité de Benoît n'était pas une intériorité en dehors de la réalité. Dans la tourmente et la confusion de son temps, il vivait sous le regard de Dieu et ne perdit ainsi jamais de vue les devoirs de la vie quotidienne et l'homme avec ses besoins concrets. En voyant Dieu, il comprit la réalité de l'homme et sa mission. Dans sa Règle, il qualifie la vie monastique d'« école du service du Seigneur » (Prol. 45) et il demande à ses moines de « ne rien placer avant l'Œuvre de Dieu [c'est-à-dire l'Office divin ou la Liturgie des Heures] » (43, 3). Cependant, Il souligne que la prière est en premier lieu un acte d'écoute (Prol. 9-11), qui doit ensuite se traduire par l'action concrète. « Le Seigneur attend que nous répondions chaque jour par les faits à ses saints enseignements », affirme-t-il (Prol. 35).

 

Ainsi, la vie du moine devient une symbiose féconde entre action et contemplation « afin que Dieu soit glorifié en tout » (57, 9). En opposition avec une réalisation personnelle facile et égocentrique, aujourd'hui souvent exaltée, l'engagement premier et incontournable du disciple de Saint Benoît est la recherche sincère de Dieu (58, 7) sur la voie tracée par le Christ humble et obéissant (5, 13), ne devant rien placer avant l'amour pour celui-ci (4, 21 ; 72, 11) et c'est précisément ainsi, au service de l'autre, qu'il devient un homme du service et de la paix. Dans l'exercice de l'obéissance mise en acte avec une foi animée par l'amour (5, 2), le moine conquiert l'humilité (5, 1), à laquelle la Règle consacre un chapitre entier (7). De cette manière, l'homme devient toujours plus conforme au Christ et atteint la véritable réalisation personnelle comme créature à l'image et à la ressemblance de Dieu.

 



A l'obéissance du disciple doit correspondre la sagesse de l'Abbé, qui dans le monastère remplit « les fonctions du Christ » (2, 2 ; 63, 13). Sa figure, définie en particulier dans le deuxième chapitre de la Règle, avec ses qualités de beauté spirituelle et d'engagement exigeant, peut-être considérée comme un autoportrait de Benoît, car - comme l'écrit Grégoire le Grand - « le saint ne put en aucune manière enseigner différemment de la façon dont il vécut » (Dial. II, 36).

 

L'Abbé doit être à la fois un père tendre et également un maître sévère (2, 24), un véritable éducateur. Inflexible contre les vices, il est cependant appelé à imiter en particulier la tendresse du Bon Pasteur (27, 8), à « aider plutôt qu'à dominer » (64, 8), à « accentuer davantage à travers les faits qu'à travers les paroles tout ce qui est bon et saint » et à « illustrer les commandements divins par son exemple » (2, 12). Pour être en mesure de décider de manière responsable, l'Abbé doit aussi être une personne qui écoute « le conseil de ses frères » (3, 2), car « souvent Dieu révèle au plus jeune la solution la meilleure » (3, 3). Cette disposition rend étonnamment moderne une Règle écrite il y a presque quinze siècles ! Un homme de responsabilité publique, même à une petite échelle, doit toujours être également un homme qui sait écouter et qui sait apprendre de ce qu'il écoute.

 



Benoît qualifie la Règle de « Règle minimale tracée uniquement pour le début » (73, 8) ; en réalité, celle-ci offre cependant des indications utiles non seulement aux moines, mais également à tous ceux qui cherchent un guide sur leur chemin vers Dieu. En raison de sa mesure, de son humanité et de son discernement sobre entre ce qui est essentiel et secondaire dans la vie spirituelle, elle a pu conserver sa force illuminatrice jusqu'à aujourd'hui.

 

Paul VI, en proclamant Saint Benoît Patron de l'Europe le 24 octobre 1964, voulut reconnaître l'œuvre merveilleuse accomplie par le saint à travers la Règle pour la formation de la civilisation et de la culture européenne. Aujourd'hui, l'Europe - à peine sortie d'un siècle profondément blessé par deux guerres mondiales et après l'effondrement des grandes idéologies qui se sont révélées de tragiques utopies - est à la recherche de sa propre identité. Pour créer une unité nouvelle et durable, les instruments politiques, économiques et juridiques sont assurément importants, mais il faut également susciter un renouveau éthique et spirituel qui puise aux racines chrétiennes du continent, autrement on ne peut pas reconstruire l'Europe.

 

Sans cette sève qui le fait vivre, l’homme risque de succomber à la vieille tentation de vouloir se racheter tout seul - une utopie qui, comme l'a souligné le pape Jean Paul II, a produit, de diverses manières dans l’Europe du 20ème siècle, "un retour en arrière sans précédent dans l’histoire tourmentée de l’humanité" (Insegnamenti, XIII/1, 1990, p. 58).

 

En recherchant le véritable progrès, écoutons encore aujourd'hui la Règle de Saint Benoît comme une lumière pour notre chemin. Le grand moine demeure un véritable maître à l'école de qui nous pouvons apprendre l'art de vivre l'humanisme véritable.

 

Audience générale du 9 avril : Saint Benoît ROME, Mercredi 9 avril 2008 (ZENIT.org)

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Rédigé par philippe

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Publié le 1 Juillet 2013

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du petit Placide de bon et saint anniversaire. hold on .. !

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 1 Juillet 2013

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JE VOUS SALUE MARIE PLEINE DE GRÄCES

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Rédigé par philippe

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Publié le 30 Juin 2013

dédié pour Nicolas en prison...un ange viendra l'en sortir... le père Henry me parlait souvent de Daniel dans la fosse aux lions... là où on a plus rien ni personne,  "courage, sois un homme!" ... " pas évident tous les jours.

"pour qu'il reste ferme dans ses convictions pacifiques et qu'il ressorte mûri de cette épreuve." .. elle est terriblement longue parfois et peut durer toute une vie. On en est tous là un jour où l'autre.. vouloir rester ferme dans ses convictions. C'est bien dur parfois quand tout nous lâche autour de nous.. 


"laissons désormais le Seigneur nous mener où nous ne voudrions pas aller, mais tout cela pour le suivre." c'est beau.  C'est la nature humaine qui résiste, par peur, par crainte. manque d'abandon à la volonté du Bon Dieu, dans les âges avancés. Quand tout vous réussit, quand vous avez les hautes considérations de la société, quel intérêt! c'est dans la nuit de ces épreuves que nous sommes enfin de compte le plus solidaire des moins que petits,  de ceux qui souffrent, dans la communion des saints.  

 

 

 

 

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Homélie prononcée

par le Très Révérend Père Dom Jean PATEAU,

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

(Fontgombault, le 29 juin 2013).

 

 

Chers Frères et Sœurs, mes très chers Fils,


« Au lever du jour, ce fut grand émoi chez les soldats : qu'était devenu Pierre ? » (Ac 12, 18) La veille, ces hommes l’avaient arrêté sur l’ordre d’Hérode par complaisance pour les Juifs. Pas moins de quatre escouades de quatre soldats avaient été députées à sa garde. Malgré cela, durant la nuit, la veille de sa comparution, l’ange du Seigneur vint le délivrer. « ‘Mets ta ceinture et chausse tes sandales’; ce qu'il fit. Il lui dit encore : ‘Jette ton manteau sur tes épaules et suis-moi.’ Pierre sortit, et il le suivait ; il ne se rendait pas compte que ce fût vrai, ce qui se faisait par l'ange, mais il se figurait avoir une vision. » (Ac 12, 8-9)


Cette question se pose à nouveau aujourd’hui : oui, qu’est devenu Pierre depuis le jour où son frère André lui a fait rencontrer Jésus, depuis le jour où un jeune Rabbi qu’il ne connaissait pas lui avait dit : « ‘Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t’appelleras Képhas’ (ce qui signifie Pierre) » (Jn 1, 42).


La tradition a placé l’appel définitif des disciples au bord de la mer de Galilée, encore appelée lac de Gennésareth, dans le contexte d’une prédication. Jésus enseigne la foule. Il est enserré de tous cotés. Près de lui, quelques pêcheurs lavent les filets auprès de leurs barques. Jésus monte dans la barque de Simon et lui demande de s’éloigner de la terre et de lâcher les filets pour la pêche : «Maître, nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre » (Lc 5, 5). À quoi bon jeter à nouveau les filets ! Pourtant, sans s'arrêter à cette réponse raisonnable, Simon fait acte de foi et obéit : « Sur ta parole, je vais lâcher les filets. » La pêche est abondante.


Sainte Thérèse de Lisieux écrivait à sa sœur Céline : « si toujours tu restes fidèle à Lui faire plaisir dans les petites choses, Lui (il s’agit de Jésus) se trouvera OBLIGÉ de t'aider dans les GRANDES... Les apôtres sans Notre Seigneur travaillèrent toute la nuit et ne prirent pas de poisson, mais leur travail était agréable à Jésus. Il voulait leur prouver que Lui seul peut nous donner quelque chose, Il voulait que les apôtres s'humilient... ‘Enfants, leur dit-Il, n'avez-vous rien à manger ?’ (Jn 21, 3-5) ‘Seigneur, répondit Saint Pierre, nous avons péché toute la nuit sans rien prendre’ (Lc 5, 5). Peut-être que s'il eût pris quelques petits poissons Jésus n'aurait pas fait de miracle, mais il n'avait rien, aussi Jésus remplit bientôt son filet de manière à le faire presque rompre. Voilà bien le caractère de Jésus. Il donne en Dieu mais il veut l'humilité du cœur... » (Lettre 161, 26 avril 1894)


Pierre, devant cette pêche miraculeuse, tombant à genoux dit à Jésus : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » (Lc 5, 8) Le Maître répond alors simplement aux disciples : « Suivez-moi, je vous ferai pêcheurs d’hommes. » (Mt 4, 19)

Au début, Jésus enseigne la foule ; à la fin, Simon et ses compagnons sont appelés à devenir pêcheurs d’hommes, à enseigner à leur tour.

 

 

Par la foi, l’humilité et l’abandon, ils sont devenus dignes de suivre le Christ, d’être apôtres.


Mais comme le chemin sera long entre les bords du lac et l’enseignement que Pierre donnera aux foules de Jérusalem après la Pentecôte et qui le conduira plusieurs fois en prison ! Quelle distance entre ces pêcheurs timorés et les ardents prédicateurs du Christ ressuscité !


La divinité du Christ, Pierre la confessera, en son nom et au nom des douze. À Césarée par exemple, comme le rapporte l’Évangile de ce jour. Après que Jésus se fut enquis de ce que les gens disaient de lui, et qu’il eut entendu la réponse des disciples, il demande ce que pensaient les apôtres. Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Jésus lui répond : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » (Mt 16, 18)

Néanmoins, confesser la divinité du Christ ne suffit pas pour suivre réellement le Christ. Suivre le Christ, c’est faire sienne sa volonté ; Pierre avait beaucoup d’idées... sur Dieu.


Juste après la confession de Césarée, c’est l’incompréhension. Jésus annonce à ses disciples sa Passion prochaine. Pierre écarte l’idée que le Messie puisse souffrir, mourir et ressusciter : « Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! » (Mt 16, 22) La réponse de Jésus est sévère : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! » (Mt 16, 23)


La leçon vaut pour tout disciple du Christ. Le Seigneur est dur pour l’apôtre qui a son programme, pour le disciple dont les pensées ne sont pas les pensées de Dieu.


Pour Pierre, le chemin de purification et d’éducation de l’humilité n’était pas encore achevé et la Passion prochaine lui réservait une terrible épreuve. Suivra-t-il son Seigneur jusqu’au bout ? « Même si tous succombent, du moins pas moi ! » (Mc 14, 29) Pierre est sûr de lui. Jésus lui dit : « ‘En vérité, je te le dis : toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois.’ Mais lui reprenait de plus belle : ‘Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas.’ » (Mt 14, 30-31)


Sainte Thérèse commente : « Je comprends très bien que Saint Pierre soit tombé. Ce pauvre Saint Pierre, il s'appuyait sur lui-même au lieu de s'appuyer uniquement sur la force du bon Dieu... Je suis bien sûre que si Saint Pierre avait dit humblement à Jésus : ‘Accordez-moi je vous en prie, la force de vous suivre jusqu’à la mort’, il l'aurait eue aussitôt. Je suis certaine encore que Notre-Seigneur n'en disait pas davantage à ses apôtres par ses instructions et sa présence sensible, qu'il ne nous dit à nous-mêmes par les bonnes inspirations de sa grâce. Il aurait bien pu dire à Saint Pierre : Demande-moi la force d'accomplir ce que tu veux. Mais non, parce qu'il voulait lui montrer sa faiblesse, et que, devant gouverner toute l'Église qui est remplie de pécheurs, il lui fallait expérimenter par lui-même ce que peut l’homme sans l'aide de Dieu. Avant sa chute, Notre Seigneur lui dit : ‘Quand tu seras revenu à toi, confirme tes frères’. Cela voulait dire : Persuade-les par ta propre expérience de la faiblesse des forces humaines. » (Carnet Jaune, 7 août)


Après la résurrection, sur les bords du lac de Tibériade, Jésus résumera la vocation de tout disciple : « ‘Quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas.’ (...) Ayant dit cela, il lui dit : ‘Suis- moi.’» (Jn 21, 18-19)

Jésus réitère à Pierre la demande du premier jour : “Suis-moi.” Mais sous les mêmes mots se cache pour Pierre un tout autre sens.


La vie de Pierre est une leçon pour chacun des disciples de Jésus, pour chacun d’entre nous. Qu’est devenu Pierre à la suite du Christ ? Que sommes-nous devenus depuis notre baptême ?


Le chemin de Pierre est notre chemin. Suivre Jésus, c’est prendre la voie de l’humilité et de la foi, de l’enfance et de l’abandon. Pendant longtemps, nous avons mis nous-mêmes notre ceinture, laissons désormais le Seigneur nous mener où nous ne voudrions pas aller, mais tout cela pour le suivre.

 


Amen.

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Rédigé par philippe

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Publié le 29 Juin 2013

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Publié le 28 Juin 2013

 

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Mon Dieu donnez-nous beaucoup de prêtres, beaucoup de saints prêtres.

 

Chers frères prêtres,

 

il nous est bon ce soir de nous redire les uns les autres, les uns aux autres, ce que nous sommes. Notre identité sacerdotale. Le ministère ordonné ne peut jamais se réduire au seul aspect fonctionnel parce qu’il se situe au niveau de l’être. Nous le referons au cours de cette messe Chrismale en renouvelant les engagements que nous avons pris au jour de notre ordination.

 

Vous redirez tout à l’heure votre résolution de “vivre toujours plus unis au Christ Jésus, de chercher à lui ressembler en renonçant à soi, de s’acquitter de la mission que l’Eglise vous a confiée en intendants fidèles des mystères de Dieu, d’accomplir votre ministère dans l’obéissance avec désintéressement et charité” (texte de la liturgie).

 

Chers laïcs, témoins de ces promesses réitérées, vous nous les rappellerez. Priez pour nous.

 

Vous nous demanderez d’être pour vous, ce que nous professons devant vous. Vous nous aiderez à être ce que Dieu veut que nous soyons (en nous demandant tout ce que nous pouvons vous donner en tant que prêtre). Car nous sommes aussi façonnés par vos demandes. Vos demandes nous feront devenir davantage prêtre. Alors, exigez de nous d’être des hommes de Dieu, qui parlent de Dieu non seulement dans de pieux discours, mais surtout par l’exemple. Réclamez nous d’être assidus à la prière, des lecteurs attentifs de l’Ecriture. Que la Bible soit notre livre de chevet (plus que la TV).

 

Que nous proclamions sans concessions, ni accommodements l’Evangile de la Vie, l’enseignement de l’Eglise. Sollicitez de nous les sacrements du Salut : l’eucharistie, la confession individuelle, l’onction des malades...

 

Invitez nous à ne pas rester à l’écart de notre monde sans toutefois que nous soyons tentés de nous rendre à lui. Il attend du prêtre un regard de compassion car notre humanité est fragile et blessée. Un regard d’espérance pour lui ouvrir un avenir.

 

Mais surtout, chers frères et sœurs, nous sommes redevables vis à vis du Christ et vis à vis de vous, d’un triple amour.

 

Amour de l’Eglise

 

Le prêtre est un homme, pas simplement “dans” l’Eglise, mais “de” l’Eglise. A juste titre, beaucoup l’identifie à elle. Et toute critique concernant l’Eglise l’atteint en retour. Il souffre avec elle des maux intérieurs à elle. Rien de ce qui la touche ne le laisse indifférent ou détaché. Il a partie liée avec elle. Elle est sa patrie. Sa terre nourricière. Elle a ravi son cœur. Il est prêt à donner sa vie pour elle, comme le Christ l’a fait pour son Corps, car elle est la matière du Royaume qui vient.

 

Il s’enracine dans son sol. Le prêtre est riche de ses richesses. Il apprend d’elle à vivre, et pour elle, à mourir. Grâce à elle, il lit l’Ecriture. Il aime son passé au point qu’il l’assume. Il partage ses attentes, son expérience.

 

A Paris, j’ai connu le drame d’un ami, prêtre, universitaire qui m’avait annoncé qu’il quittait le ministère et qu’il prenait ses distances avec l’Eglise. Au soir de son départ, il me confiait “Désormais, je ne suis plus qu’un professeur, c’est-à-dire, un homme seul”. Réflexion pathétique et si juste d’un homme qui venait de quitter sa Famille, sa Maison, et qui quelque part, se trouvait en situation d’exil et d’errance !

 

Oui, celui qui entend du fond de son être l’appel de Dieu et s’y livre tout entier, comprend alors qu’aucune amitié, qu’aucun amour humain, qu’aucune recherche spirituelle, intellectuelle ou artistique, qu’aucune autre aventure humaine, ou qu’aucun groupement humain ne peut assouvir la soif de communion que l’Eglise a pour vocation d’étancher. Nous sommes faits pour l’Eglise. Toute autre expérience apparaît vite décevante, impuissante à arracher l’homme à une solitude qui se creuse au fur et à mesure et que l’on se refuse ou que l’on se prive de cette communion.

 

En effet, Dieu ne nous a pas fait pour accomplir une destinée solitaire, mais pour être introduits ensemble dans la vie Trinitaire. Et ce rassemblement trinitaire commence ici bas dans l’Eglise.

 

Elle est la mystérieuse extension de la Trinité dans l’histoire des hommes. A elle, nous sommes incorporés par le baptême. Elle nous prépare à cette récapitulation de toute l’humanité en Dieu. Elle nous y fait déjà participer.

 

Cette Eglise “pleine de la Trinité” (Origène), la prêtre la voudrait plus active, plus pure, plus proche de la vie des hommes, des femmes, des jeunes, plus éloignée de toute compromission avec le monde, plus sainte, même si elle l’est déjà car le Christ habite en elle.

Mais, il n’est pas possible de réformer l’Eglise sans commencer par soi, ni sans aimer l’Eglise, ou encore en s’enfonçant dans une critique systématique à son endroit, en s’en prenant à sa doctrine, à sa discipline, à sa hiérarchie. On peut sombrer alors peu à peu dans une dépression, une amertume, et cultiver une aigreur schizophrène : d’un côté se dire serviteur de l’Eglise, et de l’autre la railler ou la condamner.

 

Frères et sœurs laïcs, rappelez-nous cet amour pour l’Eglise qui est constitutif de notre état. Notre mission qui est de vous faire aimer l’Eglise, parce que, nous, on l’aime.


Frères et sœurs, nous sommes redevables d’un deuxième amour : l’Amour de notre monde

 

Cette Eglise que nous aimons n’est pas là pour elle-même, mais pour l’humanité. Elle n’existe dans ses institutions, sa liturgie, sa doctrine que pour que le monde devienne un espace pour Dieu. Elle est le lieu de l’alliance en Jésus-Christ entre Dieu et les hommes ? Au cœur de cette alliance, Dieu offre son amour et reçoit notre réponse.

 

Non, l’Eglise n’existe pas pour elle-même dans l’unique objectif d’élargir son périmètre ou de réaliser sa propre conservation. Elle a reçu du Christ une tâche vis à vis de toute l’humanité. Une responsabilité morale et spirituelle : signifier le Salut de Dieu.

Une Eglise qui ne tournerait qu’autour d’elle-même, s’auto-célébrant, soucieuse d’abord de son image ou de son audience, tombe en décadence, même si elle a de grands moyens, ou une visibilité sociale.

 

C’est pourquoi la fécondité de l’Eglise se mesure au degré de la vitalité en elle de la présence de Dieu, de la disponibilité des communautés chrétiennes à la vie de l’Esprit, de leur fidélité au Christ.

 

Aimer l’Eglise, c’est entretenir la ferveur de sa prière, le zèle de son apostolat, la communion de tous les fidèles en vue d’un monde en attente de salut.

 

La vie d’une communauté chrétienne n’est pas faite seulement de la vie religieuse qui s’y déploie. Frères prêtres, votre paroisse, c’est votre quartier, votre village. Elle est composée de beaucoup de fidèles, croyants ou pas, qui y vivent. Elle est faite des évènements qui façonnent leur histoire, des joies et des détresses qu’ils connaissent, des influences qu’ils subissent. Le quartier ou le village est le lieu où s’exprime et se vit, dans toute sa complexité, sa vérité, son actualité, le mystère de l’être humain.

 

C’est ce monde-ci que le Christ nous invite à aimer, non pas celui que nous pourrions rêver ou imaginer, ou fuir par peur.

 

Frères et sœurs laïcs, apprenez-nous à découvrir et à aimer ce monde dans toute son humanité ou parfois son inhumanité, dans ses réussites ou ses échecs, dans tout ce qu’il porte de meilleur ou supporte de pire, pour y décrypter les « signes des temps », les pierres d’attente, vous qui êtes, par votre vocation, immergés dans ce monde. Aidez-nous à l’aimer de l’amour même du Christ, tel que Dieu le considère. Aidez-nous à le rendre aimable, c’est-à-dire au nom du Christ, d’inscrire en lui la vie du Ressuscité.

 

Aidez-nous à croire en ce monde, aimé par Dieu, qu’il est venu habiter en son Incarnation, relever par sa Rédemption, alors que tant de voix dénoncent la corruption de notre monde ou prédisent sa perte. Aidez-nous à le transformer pour qu’en lui se reflète le visage de Jésus.


Troisième tâche qui nous est assignée : “Aimer notre vocation”

 

Toute l’activité chrétienne se déploie nécessairement sur un fond de passivité. C’est Dieu qui se donne à nous le premier pour que nous puissions nous donner à lui en retour. La vérité du Christ ne pénètre en nous qu’en nous dépossédant nous-même, qu’au prix d’une démission, d’une mort à soi pour vivre en Lui, pour vivre de la dépendance à l’égard du Christ.

 

Notre ordination nous conduit à poser des actes, à prononcer des paroles, à assumer des tâches qui ne sont pas à la hauteur de nos capacités :

 

- pardonner alors que nous nous découvrons nous-même pêcheur,

 

- proclamer le Christ, avec des paroles balbutiantes, si loin de vivre ce que nous prêchons,

 

- rassembler une communauté alors que rien de notre tempérament ou de notre caractère ne nous porte à jouer les animateurs ou que nous ne nous connaissons que si peu de charismes.

 

- en élevant l’hostie, vous dire “Ceci est mon Corps” alors que nos corps sont soumis à la fragilité et au découragement, alors que nous sommes sujets à la lâcheté ou à la suffisance.

 

Notre mission nous projette dans l’ordre de la grâce qui dépasse infiniment nos ressources et nos talents.

 

On n’aime pas sa vocation sacerdotale comme on aime un métier ou une profession y cherchant une réalisation de soi, une reconnaissance morale, un retour sur investissement. On aime son sacerdoce parce qu’on aime le Christ, et que le Christ nous a choisi au-delà de tout mérite et de tout calcul pour manifester sa présence. On aime son ministère parce qu’on trouve Dieu en prêchant, parce qu’en le donnant on le reçoit.

 

Mais cet amour ne nous donne aucun pouvoir sur nos frères. Il ne nous donne pas le droit de les juger, de les utiliser, manipuler.

 

Il nous rend serviteurs inutiles de nos frères, trouvant notre joie unique à leur donner le Christ pour qu’ils s’accomplissent en toute plénitude leur humanité d’enfants de Dieu.

 

En devenant prêtre, nous ne concevons et justifions notre mission que comme un don radical et désintéressé de nous-même.

 

Chers frères et sœurs laïcs, votre amour pour le prêtre que nous sommes, malgré ou plutôt à travers nos imperfections et nos péchés, réveille en nous la grâce insigne que Dieu nous a faite d’être appelé par Lui pour vous appelez à sa suite, envoyé vers vous afin de vous envoyez à votre tour au milieu de vos frères.

 

Votre amitié, votre affection, vos gestes de reconnaissance, votre soutien… seront l’expression sensible de votre amour qui nous aidera à croire à notre appel, à en assumer les exigences spirituelles, affectives, relationnelles, et à ne “jamais nous habituer au Mystère déposé entre nos mains”. (Jean-Paul II)

 

+ mgr Dominique REY  lundi 5 avril 2004

 

 

 

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Publié le 27 Juin 2013

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POUR TOUS NOS  DIACRES ET PRËTRES

 

 


Chers amis, soyez conscients du grand don que les prêtres représentent pour l'Eglise et pour le monde; à travers leur ministère, le Seigneur continue à sauver les hommes, à être présent, à sanctifier.

 

Sachez remercier Dieu, et surtout soyez proches de vos prêtres à travers la prière et votre soutien, en particulier dans les difficultés, afin qu'ils soient toujours plus des pasteurs selon le cœur de Dieu.

 

Benoît XVI

 

 

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Publié le 25 Juin 2013

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« Allez à l'écart... reposez-vous un peu » (Mc 6, 31)

 


Le repos est nécessaire à ceux qui travaillent et supportent « le poids du jour et de la chaleur ». Il apparaît comme une justice qu'ils méritent. Il est dit qu'au terme de son oeuvre, Dieu se reposa et vit que cela était bon : « Au septième jour, Dieu se reposa après tout l'ouvrage qu'il avait fait » (Genèse, 2,1).

 

 

Or, aujourd'hui le repos devient un produit de la société consumériste. Autant celle-ci nous propose de consommer sans modération, autant elle nous vend le repos sans discernement. Comme tous les produits de consommation, il est vendu à ceux qui en ont les moyens et à ceux qui, poussés par l'air du temps, se croient obligés de s'endetter pour s'offrir des rêves souvent illusoires. Il naît ainsi autour du repos une spiritualité perverse. La société de consommation vend le repos comme une échappatoire à notre quotidien et à nos responsabilités : elle offre en fait une illusion. Nous pensons quitter le bruit, nous le retrouvons, nous pensons retrouver le bonheur et nous tombons dans l'artifice. En réalité, nous alimentons le cercle vicieux d'un consumérisme sans âme.

 

 

À l'approche des vacances, dont beaucoup d'entre nous vont bénéficier, la prise de conscience de l'illusion de ces repos factices peut nous rendre perplexes.

 

 

Le repos est en réalité un moment de ressourcement. « Il y a un temps pour tout et un moment pour toute chose sous le soleil », dit l'Ecclésiaste

(Qo 3, 1).

Il apparaît ainsi comme une nécessité et un devoir et ne peut être dissocié du commandement : « Remplissez la terre et dominez-la » (Gn 1, 28). Celui qui commande de travailler « à la sueur de notre front » (Gn 3, 19) est le même qui demande, en Jésus, son Fils : « Allez à l'écart... reposez-vous un peu » (Mc 6, 31). Ainsi, le repos est perçu comme une réalité spirituelle, vécue en communion avec le Créateur qui, après avoir accompli son oeuvre, se repose. Il est institué dans un cycle de mission dont la source est Dieu même. À l'image du Créateur, notre pèlerinage terrestre prend sens : notre travail a besoin du repos comme ressourcement, le repos est lui-même commandé par le travail et les

responsabilités exercées.

 

 

À l'opposé des rêves vendus par la société consumériste, nos temps de détente deviennent des moments d'union profonde dans la foi en Dieu.


Ainsi conçus, ils n'apparaissent plus comme des parenthèses dans nos vies desquelles Dieu serait absent. La vie spirituelle elle-même se nourrit de cet apaisement : la participation à la messe et nos temps de prière prennent un sens nouveau lorsque les encombrements de nos vies sont, un temps, oubliés. Comment Dieu pourrait-il être l'absent de nos vacances, si toute l'année durant, nous avons mis notre foi en Lui et avons obéi à ses commandements ? Notre vie spirituelle des jours de travail nourrit celle des temps de vacances et viceversa.

 

 

Puisse le temps de vacances que nous vivrons être également celui du ressourcement et peut-être de la réconciliation avec Dieu notre Père : en dehors de Lui, nous ne pouvons rien faire (cf Jean 15,5).

 

 

✠ Alain Castet

évêque de Luçon

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Publié le 25 Juin 2013

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La nouvelle évangélisation n'est pas une idée ni un programme : c'est une nécessité que chacun de nous parvienne à connaître plus profondément la personne du Christ et, ce faisant, devienne davantage capable de conduire les autres vers Lui. Pour cela, le meilleur moyen est de commencer par la sainte Liturgie, et si elle n’est pas célébrée correctement de quelque manière que ce soit, ou si je n’y suis pas convenablement préparé, cette rencontre avec le Christ sera entravée, la nouvelle évangélisation en souffrira.

 

C'est pourquoi notre célébration de la liturgie est si importante. Nous devons laisser le plus de place possible à l'action du Christ dans la liturgie, et non pas la limiter. Si je change ou refonde la liturgie de l'Église selon mes propres désirs ou une idéologie subjective, comment puis-je être sûr que ce que je fais est en vérité son oeuvre? Alors que, si je célèbre fidèlement ce que l'Église nous a donné – et que je le célèbre aussi magnifiquement que possible - je puis être assuré de me mettre au service de l'action du Christ, d’être un ministre de ses mystères sacrés et non pas un obstacle sur son chemin (cf. Mt 16, 23). Chacun d'entre nous, ministres ordonnés, religieux et laïcs, est appelé à cette fidélité et à ce respect pour le Christ, pour son Eglise et pour ses rites liturgiques.

 

Et c'est pourquoi la formation liturgique est cruciale. Je dois obtenir « de l'intérieur » en quelque sorte, la conviction que le Christ est en effet à l'œuvre dans les rites sacrés de l'Église. Je dois me plonger dans cette dynamique privilégiée et découvrir ses chemins. Cela m'amènera à la personne de Jésus Christ, encore et encore. Et cela me permettra de porter le Christ aux autres.

 

La formation, la célébration liturgique et la mission de l'Église sont toutes les trois intrinsèquement liées. C'est pourquoi nous sommes ici : pour examiner cette relation et examiner sa signification et son importance pour l'Église au début du XXIe siècle. Si nous le faisons bien, nous construirons vraiment des bases très-solides pour la nouvelle évangélisation.

 

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