Publié le 31 Mai 2013
spiritualite
Publié le 31 Mai 2013
Publié le 30 Mai 2013
Homélie prononcée
par le Très Révérend Père Dom Jean PATEAU,
Abbé de Notre-Dame de Fontgombault
(Fontgombault, le 30 mai 2013).
Chers Frères et Sœurs, mes très chers Fils,
Corpus Christi ou Fête du Très Saint-Sacrement, Fête-Dieu, tels sont les noms de la solennité consacrée à honorer le mystère de l’Eucharistie, plus particulièrement dans l’adoration de la présence réelle.
En cette année de la foi, la Fête-Dieu peut être l'occasion de considérer le fondement de notre piété eucharistique : la présence réelle et substantielle du Christ glorieux sous les espèces du pain et du vin après la consécration à la Messe et dans le tabernacle. Si l'Eucharistie est le sommet des sept sacrements, puisque c’est l’auteur même de la grâce qui y est reçu, elle exige de nous un acte de foi particulier.
Au cours de la Messe, lorsque le prêtre a prononcé sur le petit morceau de pain qu’il tient dans ses mains la formule de consécration Hoc est enim Corpus meum, c’est toute la substance du pain qui disparaît pour devenir la substance du corps du Christ, désormais présente avec l’apparence du pain. Il en va de même lors de la consécration du vin. L’Église utilise pour qualifier cette transformation unique un mot réservé à cet usage : transsubstantiation.
Sous chacune des espèces du pain et du vin, le Christ est réellement et substantiellement présent en son corps, son sang, son âme et sa divinité.
Ainsi, celui qui communie sous la seule espèce du pain communie à la fois au corps et au sang du Christ. En effet, depuis la résurrection, le corps, le sang et l’âme du Christ ne sont plus séparés ni séparables. La divinité est également présente là où est le corps puisque le Christ est Dieu.
Cette transformation opérée par la consécration est un mystère, quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre. Ce qui ne veut pas dire, quelque chose que nous ne pouvons pas penser ou que nous ne pouvons pas croire. Des doutes peuvent troubler notre piété eucharistique, la foi est là qui nous secourt.
Il est des êtres dont le comportement manifeste la présence de Dieu sous les saintes espèces.
À l’Île-Bouchard, le 8 décembre 1947, premier jour des apparitions de Notre-Dame de la prière, alors que les fidèles sont rassemblés pour le chapelet paroissial et le Salut du Saint-Sacrement, la Sainte Vierge apparaît durant la cinquième dizaine du chapelet à l’une des voyantes. Marie ne dit rien, mais elle disparaît quand Monsieur le Curé apporte le Saint-Sacrement et bénit l’assemblée, puis elle reparaît après la bénédiction.
La multiplication, ces derniers mois, d’actes de vandalisme et de profanation est un signe. Deux hosties consacrées, présentes dans deux lunules, en vue de l'adoration du Saint-Sacrement, ont été dérobées dans une église proche de Fontgombault après que la porte du tabernacle eut été forcée. Un autre tabernacle vide a été démonté de l'autel ; un ostensoir a été très endommagé. La croix sur le couvercle du ciboire a été coupée et les hosties répandues. Ces actes de malveillance manifestent avec clarté l'attaque de notre foi, mais aussi celle de notre Dieu, reconnu implicitement présent dans le Saint-Sacrement.
Durant la Messe, en particulier lors de la communion, en face du Saint-Sacrement exposé, devant un tabernacle, nous exprimons par des gestes, par notre tenue, notre foi en la présence réelle.
Dieu est là réellement et substantiellement présent. Fléchir les genoux, s’incliner en signe d’adoration, cela a un sens. Chez un être doué à la fois d’un esprit et d’un corps, le langage du corps est naturel : il vient compléter celui de l’esprit.
Nous sommes en face d’une personne. Rendons à celle- ci le culte qui lui est dû en esprit et en vérité.
La réaction de certains disciples du Christ à la première annonce de l’Eucharistie a été simple : « Ce langage-là est trop fort ! Qui peut l’écouter ? » (Jn 6, 60) Recevons dans la foi ce don qui dépasse toute espérance.
Le Bienheureux Jean-Paul II a écrit : « L'animation et l'approfondissement du culte eucharistique sont une preuve du re- nouveau authentique que le Concile s'est fixé comme but, et ils en sont le point central. Et cela, vénérés et chers Frères, mérite que nous y réfléchissions spécialement.
L'Église et le monde ont grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l'amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l'adoration, dans la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes et les grands délits du monde. Que notre adoration ne cesse jamais ! »
(Lettre apostolique Dominicæ cenæ du 24 février 1980 , n.3)
Amen.
Publié le 29 Mai 2013
« La raison d’être de l’homme, c’est d’aimer ; son unique besoin, c’est d’aimer ; sa seule force, toute sa joie, c’est d’aimer. Mais c’est pour Vous aimer, Ô Amour Incréé, que l’homme existe ; le besoin qui le presse, c’est Votre Amour ; il devient fort en Vous aimant ; le repos qu’il prend en Vous lui donne seul la vraie joie. Aussi ne cesse-t-il de chercher, tant qu’il ne se trouve à jamais perdu en Vous ! »
Dom Pie de Hemptinne
« Songe à quel honneur tu es élevé, à quelle table tu participes. Ce que les Anges voient en tremblant, ce qu'ils n'osent contempler librement à cause de la Splendeur qui en rayonne, nous en faisons notre nourriture : nous nous y unissons, et nous devenons avec le Christ un seul corps et une seule chair. Il nous nourrit de Son propre sang et, par tous les moyens, nous incorpore à Lui »
(Saint Jean Chrysostome)
Cette source éternelle bien est blottie
Au pain vivant afin de nous donner vie
Mais c'est de nuit
Elle est là criant , vers toute créature
Qui de cette eau s'abreuve mais à l’obscur
Car c'est de nuit
Cette source vive à qui tant me convie
Mon désir, je la vois en ce pain de vie
Mais c'est de nuit
st jean de la croix.
O Sacrement admirable, où Dieu se cache et où notre Moïse à nous se couvre le visage du manteau de ses œuvres, objet de louanges dans toutes nos générations ! Par la vertu des paroles sacrées, instrument de la puissance divine, les substances symboliques sont changées en chair et en sang ; les espèces sacramentelles subsistent sans support, et pourtant nulle loi naturelle n'a souffert violence. Par la vertu de la consécration, un seul Christ, parfait et intègre, se trouve en divers endroits, comme une parole se communique, toujours identique à elle-même.
Quand l'hostie se divise, Jésus s'y trouve comme un même visage dans les fragments d'un miroir brisé. Les fidèles l'offrent à Dieu sous les deux espèces, quoiqu'il soit tout entier sous chacune d'elles, et c'est à bon droit qu'on agit ainsi, car ce sacrement donne aux hommes le double salut du corps et de l'Ame, et il rappelle l'amertume d'une double Passion.
Voici la substance de l'arbre de vie, ô Seigneur Jésus !
O Pasteur et nourriture, prêtre et sacrifice, aliment et breuvage des élus, pain vivant des esprits, remède à nos faiblesses quotidiennes, festin suave, source de tout renouveau ! […]
O table de bénédiction, table de proposition garnie d'une nourriture substantielle ! Table immense où tout est prodige étonnant ! Table plus douce que toute douceur, plus délectable que toute saveur, plus suave que tout parfum, plus magnifique que toute parure, plus succulente que toute nourriture ! Table que le Christ a préparée à ses amis et commensaux, que le père de famille sert à son fils de retour, après le repas de l'agneau symbolique.
Voici le pain, le vrai pain, consommé, mais non consumé, mangé, mais non transformé ; il assimile et il ne s'assimile pas ; il renouvelle sans s'épuiser ; il perfectionne et conduit au salut ; il donne la vie, confère la grâce, remet les péchés, affaiblit la concupiscence ; il nourrit les âmes fidèles, éclaire l'intelligence, enflamme la volonté, fait disparaître les défauts, élève les désirs. O calice de toutes suavités, où s'enivrent les âmes généreuses ! O calice brûlant, calice qui tourne au sang du Christ ; sceau du Nouveau Testament, chasse le vieux levain, remplis notre intime esprit, pour que nous soyons une pâte nouvelle, et que nous mangions les azymes de la sincérité et de la vérité. O vrai repas de Salomon, cénacle de toute consolation, soutien dans la présente tribulation, aliment de joie et gage de la félicité éternelle, foyer de l'unité, source de vertu et de douceur, symbole de sainteté !
Et tu es ici le prêtre, et tu es aussi l'hostie, et les saints Anges sont là présents, qui exaltent ta magnificence et louent ta souveraine majesté. C'est là ta puissance, Seigneur, qui seule opère de grandes choses ; elle dépasse tout sentiment et toute compréhension, tout génie, toute raison et toute imagination. C'est Toi qui as institué et confié à tes disciples ce sacrement où tout est miracle. N'approche donc pas de cette table redoutable sans une dévotion respectueuse et un fervent amour, homme ! Pleure tes péchés et souviens-toi de la Passion. Car l'Agneau immaculé veut une âme immaculée qui le reçoive comme un pur azyme. Recours au bain de la confession ; que le fondement de la foi te porte ; que l'incendie de la charité te consume ; que la douleur de la Passion te pénètre ; qu'un droit jugement t'éprouve.
Approche de la table du Seigneur, de cette table magnifique et puissante, de telle sorte que tu parviennes un jour aux noces du véritable Agneau, là où nous serons enivrés de l'abondance de la maison de Dieu ; là où nous verrons le Roi de gloire, le Dieu des vertus dans toute sa beauté ; là où nous goûterons la Pain vivant dans le royaume du Père, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la puissance et l'empire demeurent jusqu'à la fin des siècles.
Amen.
Saint Thomas d'Aquin
piqûre de rappel anti-moderniste..
Qu’est-ce que le sacrement d’Eucharistie ?
L’Eucharistie est un sacrement qui, par l’admirable changement de toute la substance du pain au Corps de Jésus-Christ et de celle du vin en son Sang précieux, contient vraiment, réellement et substantiellement le Corps, le Sang, l’Ame et la Divinité de Jésus-Christ Notre Seigneur, sous les espèces du pain et du vin, pour être notre nourriture spirituelle.
Y a-t-il dans l’Eucharistie le même Jésus-Christ qui est dans le ciel et qui est né de la très Sainte Vierge sur cette terre ?
Oui, dans l’Eucharistie, il y a vraiment le même Jésus-Christ qui est dans le ciel et qui est né de la Très Sainte Vierge sur la terre.
Pourquoi croyez-vous que dans le sacrement de l’Eucharistie, Jésus-Christ est vraiment présent ?
Je crois que, dans le sacrement de l’Eucharistie, Jésus-Christ est vraiment présent, parce que Lui-même l’a dit et que la sainte Eglise me l’enseigne.
Quelle est la matière du sacrement de l’Eucharistie ?
La matière du sacrement de l’Eucharistie est celle qui fut employée par Jésus-Christ, c’est-à-dire le pain de froment et le vin de la vigne.
Quelle est la forme du sacrement de l’Eucharistie ?
La forme du sacrement de l’Eucharistie consiste dans les paroles employées par Jésus-Christ : " Ceci est mon Corps ; ceci est mon Sang ".
Qu’est-ce donc que l’hostie avant la consécration ?
L’hostie, avant la consécration, c’est du pain.
Après la consécration qu’est l’hostie ?
Après la consécration, l’hostie est le vrai Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ sous les espèces du pain.
Dans le calice avant la consécration, qu’y a-t-il ?
Dans le calice, avant la consécration, il y a du vin avec quelques gouttes d’eau.
Après la consécration, qu’y a-t-il dans le calice ?
Après la consécration, dans le calice, il y a le vrai Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ sous les espèces du vin.
Quand se fait le changement du pain au Corps et du vin au Sang de Jésus-Christ ?
Le changement du pain au Corps et du vin au Sang de Jésus-Christ se fait au moment même où le prêtre, pendant la sainte Messe, prononce les paroles de la consécration.
Qu’est-ce que la consécration ?
La consécration est le renouvellement, par le ministère du prêtre, du miracle opéré par Jésus-Christ changeant à la dernière Cène le pain et le vin en son Corps et en son Sang adorables par ces mots : " Ceci est mon Corps ; ceci est mon Sang ".
Comment l’Eglise appelle-t-elle le miraculeux changement du pain et du vin au Corps et au Sang de Jésus-Christ ?
Le miraculeux changement qui s’opère chaque jour sur nos autels est appelé par l’Eglise transsubstantiation.
Qui a donné une telle puissance aux paroles de la consécration ?
C’est Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même, Dieu tout-puissant, qui a donné une telle puissance aux paroles de la consécration.
Après la consécration ne reste-t-il rien du pain et du vin ?
Après la consécration il reste seulement les espèces du pain et du vin.
Qu’appelle-t-on espèces du pain et du vin ?
On appelle espèces la quantité et les qualités sensibles du pain et du vin comme : la forme, la couleur, la saveur.
Comment les espèces du pain et du vin peuvent-elles rester sans leur substance ?
Les espèces du pain et du vin restent merveilleusement sans leur substance par la vertu du Dieu tout-puissant.
Sous les espèces du pain n’y a-t-il que le Corps de Jésus-Christ, et sous les espèces du vin n’y a-t-il que son Sang ?
Autant sous les espèces du pain que sous les espèces du vin, Jésus-Christ est vivant et tout entier dans son Corps, son Sang, son Ame et sa Divinité.
Sauriez-vous me dire pourquoi Jésus-Christ est tout entier aussi bien dans l’hostie que dans le calice ?
Jésus-Christ est tout entier aussi bien dans l’hostie que dans le calice parce que, dans l’Eucharistie, il est vivant et immortel comme dans le ciel. Par conséquent, là où est son Corps, il y a aussi son Sang, son Ame et sa Divinité ; et là où est son Sang, il y a aussi son Corps, son Ame et sa Divinité, car en Jésus-Christ tout cela est inséparable.
Quand Jésus-Christ est dans l’hostie, cesse-t-il d’être au ciel ?
Quand Jésus-Christ est dans l’hostie, il ne cesse pas d’être au ciel, mais il se trouve en même temps au ciel et dans le Très Saint Sacrement.
Jésus-Christ se trouve-t-il dans toutes les hosties consacrées du monde ?
Oui, Jésus-Christ se trouve dans toutes les hosties consacrées.
Comment peut-il se faire que Jésus-Christ se trouve dans toutes les hosties consacrées ?
Jésus-Christ se trouve dans toutes les hosties consacrées par la toute-puissance de Dieu à qui rien n’est impossible.
Quand on divise l’hostie, divise-t-on le Corps de Jésus-Christ ?
Quand on divise l’hostie on ne divise pas le Corps de Jésus-Christ, on divise seulement les espèces du pain.
Dans quelle partie de l’hostie reste le Corps de Jésus-Christ ?
Le Corps de Jésus-Christ reste tout entier dans toutes les parties en lesquelles l’hostie a été divisée.
Jésus-Christ est-il autant dans la parcelle d’une hostie que dans une grande hostie ?
Dans une grande hostie comme dans la parcelle d’une hostie, c’est toujours le même Jésus-Christ.
Pour quel motif conserve-t-on dans les églises la très sainte Eucharistie ?
On conserve dans les églises la très sainte Eucharistie pour qu’elle soit adorée par les fidèles et portée aux malades quand ils en ont besoin.
Doit-on adorer l’Eucharistie ?
L’Eucharistie doit être adorée de tout le monde parce qu’elle contient vraiment, réellement et substantiellement Notre Seigneur Jésus-Christ.
Publié le 28 Mai 2013
"Ma première Communion me restera toujours comme un souvenir sans nuages. Il me semble que je ne pouvait être mieux disposée...
"Ah! qu'il fut doux le premier baiser de Jésus à mon âme! Ce fut un baiser d'amour! Je me sentais aimée et je disais aussi: "Je vous aime, je me donne à vous pour toujours!" Jésus ne me fit aucune demande, il ne réclama aucun sacrifice. Depuis longtemps déjà, Lui et la petite Thérèse s'étaient regardés et compris... Ce jour-là, notre rencontre ne pouvait plus s'appeler un simple regard, mais une fusion. Nous n'étions plus deux: Thérèse avait disparu comme la goutte d'eau qui se perd au sein de l'océan; Jésus restait seul; il était le Maître, le Roi! Thérèse ne lui avait-elle pas donné sa liberté? Cette liberté lui faisait peur; elle se sentait si faible, si fragile, que pour jamais elle voulait s'unir à la Force divine.
"Et voici que sa joie devint si grande, si profonde, qu'elle ne put la contenir. Bientôt des larmes délicieuses l'inondèrent, au grand étonnement de ses compagnes qui plus tard se disaient l'une à l'autre: "Pourquoi donc a-t-elle pleuré?..." Elles ne comprenaient pas que toute la joie du Ciel venant dans un coeur, ce coeur exilé, faible et mortel, ne peut la supporter sans répandre des larmes.
8 mai 1884]
Publié le 27 Mai 2013
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A ceux qui invoquent la loi, Jésus propose la foi.
Face à l’expérience humaine qui souligne les défaillances et propose des compromis, face à la sagesse de la Loi biblique qui suppose l’inégalité et autorise le divorce,
face à notre histoire affective peut être douloureuse ou encore à faire,
Jésus propose le regard de la foi.
Quel est-il ? Pourquoi est-il nouveau ? En quoi nous rend-il différent ?
1. L’expérience humaine nous partage un regard de sagesse humaine.
Sur la question du mariage, nous constatons une chose : l’homme est faible ; il peine à garder la même femme. C’est un fait solidement validé aujourd’hui. Et nos militaires n’échappent pas à cette difficulté. Les missions lointaines, la vie conjugale fragmentée, les fatigues et les tensions fabriquent des séparations. Il y a là un réalisme presque universel conforté par des sagesses religieuses. Ainsi la Loi mosaïque autorise un acte de répudiation, elle permet le divorce. Le bon sens préside à cette manière de voir et de faire.
Il faut savoir engranger dans nos discours chrétiens ce monde mêlé de bien et de mal, mélangé de courage et de faiblesse. Il faut éviter de proposer une vérité splendide mais irréaliste. Ainsi l’Ancien Testament montre l’homme avec les guerres, les drames, les limites. Et la loi de Moïse est une canalisation de ces énergies pétries de bien et de mal. Ainsi la loi du Talion, œil pour œil et dent pour dent, vise à contenir le mouvement de la vengeance.
Laissée à elle-même, la violence devient démesurée. De même la loi sur le mariage canalise les divorces, elle les règlemente. L’homme ne peut faire n’importe quoi. En cela, elle est juste.
Si nous chrétiens, nous négligeons ce réalisme, on nous accusera d’être dans les rêves. On nous reprochera de ne pas avoir les pieds sur terre. On nous critiquera de nous couper du monde réel. On nous dira que notre parole n’a pas de force et qu’elle ne mord pas sur l’expérience quotidienne. Ainsi, en matière de mariage, on nous pourfendra avec des statistiques d’échec, de divorce, de rupture. Et le monde nous jettera à la figure le manque de miséricorde : « l’Eglise est sans pitié en refusant de marier les personnes divorcées. »
Le Christ ne fait pas mine d’ignorer cette faiblesse humaine.
Il répond d’abord aux pharisiens : « c’est en raison de votre endurcissement qu’il a formulé cette loi. » Il sait mieux que quiconque nos faiblesses, nos trahisons, nos difficultés à franchir la barrière de la durée. Et pourtant, il nous propose autre chose. Mais comment pouvons aller plus loin que cette prudence pleine de réalisme ?
2.
La révélation divine nous dévoile le monde de la grâce
Après avoir noté la dureté de nos cœurs, le Christ ajoute :« ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. »
Il nous ouvre les yeux sur un autre élément. Cet élément, jusque là, n’avait pas été pris en compte : Dieu s’engage à nos côtés. C’est Lui qui unit l’homme et la femme. La foi nous fait voir les choses dans une autre lumière qui complète nos expériences. Il ne suffit pas de dire la faiblesse de l’homme. Il faut aussi voir la richesse de Dieu. Sans négliger la dureté de l’homme, la foi montre aussi l’absolu, la conversion possible et l’engagement de Dieu.
A propos du mariage, la foi désigne le lien indissoluble entre l’homme et la femme, irréversible comme l’est l’amour de Dieu pour chacun de nous. Imaginons que nous cheminions dans une forêt, de nuit. A peine discernons-nous la piste. Les arbres autour apparaissent sombres, plein de maléfices et de dangers. Et puis, au terme de la nuit, le jour vient. Le sentier n’a pas changé mais le regard s’élargit. La lumière révèle la beauté des arbres et les angoisses des ténèbres s’éloignent pour le charme de la futaie.
Ces deux visions s’opposent-elles ? Faut-il choisir entre les deux ou, comme le Christ nous y invite, tenir l’une et l’autre ? Soyons réalistes et croyants !
La raison, fruit de notre expérience, nous dit qu’il est inhumain de marier l’homme et la femme de façon indissoluble. Mais la raison et l’expérience regardent seulement la dureté du cœur. Le mal saute aux yeux, nous le savons. Et c’est vrai que l’Evangile parle aussi des cœurs de pierres. C’est vrai que l’Eglise prolonge ce discours en parlant du péché originel, des péchés, de la convoitise en l’homme. A ne regarder que cela, il faudrait permettre à l’homme et la femme de divorcer. Le monde a les yeux fixés sur le mal et il presse l’Eglise d’abandonner son mariage indissoluble. A regarder sa tragique faiblesse, l’homme ne peut pas avoir confiance en l’autre et en lui-même.
Mais la foi, fruit de la révélation, nous fait aspirer à une fidélité totale. Parce que la foi regarde aussi l’extraordinaire grâce en l’homme. Elle n’exclue pas sa faiblesse mais elle voit aussi sa richesse. La foi lit dans l’homme sa capacité à réagir au don gratuit de Dieu. La foi nous permet d’atteindre le projet de Dieu sur l’homme, souvent caché par les échecs. Elle illumine les dons divins qui l’emportent sur nos misères. Bref, la foi englobe tout et elle pousse l’homme à avoir confiance en l’autre et en lui-même.
La foi n’est donc pas une forme d’inconscience. La foi n’est pas un rêve pour poète. La foi est réaliste mais elle voit plus loin que l’échec. Elle voit les immenses capacités que nos prudences négligent. Elle connaît les possibles rebonds, les résiliences ouvertes. Elle n’enferme jamais l’homme dans son impasse mais elle éclaire toujours l’issue nouvelle. Elle est source d’enthousiasme pour ce qui paraît impossible à l’homme. Ce qui impossible pour l’homme sans Dieu est possible pour Dieu dans l’homme.
Foi et raison. Les deux ailes de l’esprit se combinent pour nous aider à vivre en grand sans vivre au-dessus de ses moyens.
Pour vivre haut sans avoir le vertige.
Pour vivre loin sans avoir la nostalgie.
Apprenons à regarder l’homme, le mariage, avec le regard de la raison et celui de la foi. Ne marchons pas dans ce monde comme si Dieu n’existait pas, comme si nous n’avions pas la foi. La foi nous a ouvert les yeux. Gardons-les ouverts.
mgr Ravel diocèse aux armées
Publié le 27 Mai 2013
Publié le 24 Mai 2013
PRIÈRE POUR LA FAMILLE
composée par Mgr Dominique Rey
Père saint, Toi qui as voulu que ton Verbe éternel naisse sur notre terre et grandisse dans une famille humaine avec tout l’amour d’un père et d’une mère ;
Toi qui nous as montré avec la Sainte Famille combien nos familles sont un bien précieux et un mystère sacré, signes et instruments de l’amour trinitaire ;
Envoie ton Esprit Saint, pour qu’Il donne à chacun d’accueillir la lumière que tu as inscrite en toute créature et dans tout l’Univers avec Sagesse et par Amour ; pour qu’Il ouvre les cœurs à la lumière de l’Évangile ;
Envoie ton Esprit Saint sur toutes les familles, pour que tout enfant ait la joie de grandir dans l’amour d’un père et d’une mère, de se construire dans la complémentarité d’une vraie différence sexuelle, d’être reçu comme un don et désiré comme une personne;
Envoie ton Esprit Saint sur ton Église, pour qu’elle ait la force de témoigner publiquement avec justesse et douceur de l’Évangile de la Vie et de la vérité de l’amour, d’affronter sans crainte même au prix du martyre les forces contraires de la culture de mort ;
Envoie ton Esprit Saint sur les pouvoirs publics, pour qu’ils expriment avec sagesse dans la législation ce qui revient à chacun en toute justice, qu’ils soutiennent davantage les familles fondées dans l’institution du mariage.
O Vierge Marie, Mère du bel amour, prends sous ton manteau protecteur tous tes enfants qui se confient à toi, même ceux qui ne te connaissent pas encore, et surtout ceux à qui il aura manqué l’amour d’un père ou d’une mère !
Saint Joseph, gardien de la Sainte Famille, priez pour nous !
Publié le 24 Mai 2013
O MON DIEU, TRINITé QUE J'ADORE,
Aidez-moi à m'oublier entièrement
pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité.
Que rien ne puisse troubler ma paix,
ni me faire sortir de vous, ô mon immuable,
mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos.
Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice.
O mon Christ aimé, crucifié par amour,
je voudrais être une épouse pour votre coeur,
je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer. . .jusqu'à en mourir !
Mais je sens mon impuissance
et je vous demande de me «revêtir de vous-même»,
d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme,
de me submerger, de m'envahir, de vous substituer à moi,
afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre vie.
Venez en moi comme adorateur, comme réparateur et comme sauveur.
ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter,
je veux me faire tout enseignable afin d'apprendre tout de vous.
Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances,
je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière;
ô mon astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.
Ö feu consumant, Esprit d'amour,
survenez, en moi, afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe :
que je lui sois une humanité de surcroît en laquelle il renouvelle tout son mystère.
Et vous, ô Père, penchez vous vers votre pauvre petite créature,
«couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».
Ö mes trois, mon Tout, ma Béatitude,
Solitude infinie, immensité où je me perds,
je me livre à vous comme une proie.
Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous,
en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.
BSE eLISABETH DE LA TRINITE
Publié le 23 Mai 2013
Vous connaissez, ô Marie, les besoins de ce peuple et de toute l'Eglise. Dissipez les erreurs de l'esprit, Maîtresse de Vérité et Siège de la Sagesse ! Apaisez les erreurs du coeur, en corrigeant les moeurs, en inspirant l'horreur du vice et du péché, l'amour de la vérité, la passion du bien.
Pour que la communauté soit heureuse, obtenez pour chacun la sainte crainte de Dieu, la foi vive au surnaturel, l'espérance des biens qui ne passent pas, la charité qui élève vers le ciel. Obtenez pour les familles, la fidélité, la concorde et la paix. Faites naître ou confirmez chez les dirigeants des peuples la pleine conscience de leur responsabilité, de leur triple devoir à l'égard de la religion, de la morale et du bien temporel à tous.
Et, ô Marie, que votre miséricorde se répande, comme sur'les âmes, sur tous les maux qui affligent ce peuple et toute la famille chrétienne. Prenez pitié des pauvres, des détenus, des persécutés, des malheureux de toute sorte. Salut, ô Marie, Mère des exilés errant ici-bas, vous qui êtes leur vie, leur douceur, leur espérance.
Mère du Divin Amour, conservez, à nous qui sommes vos fils, le feu de cet Amour divin. Avivez-le dans les coeurs fervents. Ravivez-le dans les coeurs tièdes. Rallumez-le dans les coeurs indifférents qui l'ont laissé s'éteindre. Régénérez à la vie de cet Amour, les pauvres âmes qui l'ont perdu par le péché. Et, sur tous ceux qui vous supplient, laissez descendre, Vierge du divin Amour, large et consolatrice, votre Bénédicton maternelle.
PIE XII
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