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Publié le 17 Août 2009

ROME, Lundi 17 Août 2009 (ZENIT.org) -

 

* * *

Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

chers frères et sœurs,


La solennité d'aujourd'hui couronne le cycle des grandes célébrations liturgiques au cours desquelles nous sommes appelés à contempler la rôle de la bienheureuse Vierge Marie dans l'Histoire du salut. En effet, l'Immaculée Conception, l'Annonciation, la Maternité divine et l'Assomption sont des étapes fondamentales, intimement liées entre elles, à travers lesquelles l'Eglise exalte et chante le destin glorieux de la Mère de Dieu, mais dans lesquelles nous pouvons également lire notre histoire. Le mystère de la conception de Marie rappelle la première page de l'histoire humaine, en nous indiquant que, dans le dessein divin de la création, l'homme aurait dû posséder la pureté et la beauté de l'Immaculée. Ce dessein, compromis mais non détruit par le péché, à travers l'incarnation du Fils de Dieu, annoncée et réalisée en Marie, a été recomposé et restitué à la libre acceptation de l'homme dans la foi. Enfin, dans l'Assomption de Marie nous contemplons ce que nous sommes appelés à atteindre à la suite du Christ Seigneur et dans l'obéissance à sa Parole, au terme de notre chemin sur la terre.


La dernière étape du pèlerinage terrestre de la Mère de Dieu nous invite à considérer la façon dont Elle a parcouru son chemin vers l'objectif de l'éternité glorieuse.


Dans le passage de l'Evangile qui vient d'être proclamé, saint Luc raconte que Marie, après l'annonce de l'Ange, « se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée » pour rendre visite à Elisabeth (Lc 1, 39). En disant cela, l'évangéliste veut souligner que pour Marie, suivre sa vocation, de manière docile à l'Esprit de Dieu, qui a opéré en Elle l'incarnation du Verbe, signifie parcourir une nouvelle route et entreprendre rapidement un chemin en dehors de sa propre maison, en se laissant conduire uniquement par Dieu. Saint Ambroise, en commentant la « hâte » de Marie, affirme : « la grâce de l'Esprit Saint ne comporte pas de lenteurs » (Expos. Evang. sec ; Lucam, ii, 19 : pl 15, 1560).


La vie de la Vierge est conduite par un Autre - « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38) -, elle est modelée par l'Esprit Saint, elle est marquée par des événements et des rencontres, comme celle avec Elisabeth, mais surtout par la relation très particulière avec son Fils Jésus. C'est un chemin sur lequel Marie, conservant et méditant dans son cœur les événements de son existence, aperçoit en eux de manière toujours plus profonde le dessein mystérieux de Dieu le Père, pour le salut du monde.

En suivant ensuite Jésus, de Bethléem à l'exil en Egypte, lors de sa vie cachée et de sa vie publique, jusqu'au pied de la Croix, Marie vit son ascension constante vers Dieu dans l'esprit du Magnificat, en adhérant pleinement, même dans les moments d'obscurité et de souffrance, au projet d'amour de Dieu et en nourrissant dans son cœur l'abandon total entre les mains du Seigneur, si bien qu'elle est un paradigme pour la foi de l'Eglise (cf. Lumen gentium, n. 64-65).


Toute la vie est une ascension, toute la vie est méditation, obéissance, confiance et espérance, même dans les ténèbres ; et toute la vie est cette « sainte hâte », qui sait que Dieu est toujours la priorité et que rien d'autre ne doit créer de hâte dans notre existence.


Enfin, l'Assomption nous rappelle que la vie de Marie, comme celle de chaque chrétien, est un chemin d'imitation, à la suite de Jésus, un chemin qui a un objectif bien précis, un avenir déjà tracé : la victoire définitive sur le péché et sur la mort et la pleine communion avec Dieu, car - comme le dit Paul dans la Lettre aux Ephésiens - le Père « nous a ressuscités ; avec lui, il nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus » (Ep 2, 6).


Cela veut dire qu'avec le Baptême nous sommes fondamentalement déjà ressuscités et que nous siégeons dans les cieux en Jésus Christ, mais que nous devons corporellement rejoindre ce qu'il a commencé et réalisé dans le Baptême. En nous, l'union avec le Christ, la résurrection, est inachevée, mais pour la Vierge Marie elle est accomplie, malgré le chemin que la Vierge a dû elle aussi accomplir. Elle est entrée dans la plénitude de l'union avec Dieu, avec son Fils, et elle nous attire et nous accompagne sur notre chemin.


Alors, en Marie élevée au ciel, nous contemplons celle qui, par un singulier privilège, participe corps et âme à la victoire définitive du Christ sur la mort.

« Ayant accompli le cours de sa vie terrestre, elle fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19, 16), victorieux du péché et de la mort » (Lumen gentium, n. 59). Dans la Vierge élevée au ciel nous contemplons le couronnement de sa foi, de ce chemin de foi qu'Elle indique à l'Eglise et à chacun de nous : Celle qui a recueilli la Parole de Dieu à chaque instant est élevée au ciel, c'est-à-dire qu'Elle est elle-même accueillie par le Fils, dans cette « demeure » qu'il nous a préparée avec sa mort et sa résurrection (cf. Jn 14, 2-3).


La vie de l'homme sur la terre - comme nous l'a rappelé la première lecture - est un chemin qui se déroule, constamment, dans la tension de la lutte entre le dragon et la femme, entre le bien et le mal. Telle est la situation de l'histoire humaine : elle est comme un voyage sur une mer souvent tempétueuse ; Marie est l'étoile, qui nous guide vers son Fils Jésus, soleil qui est né au dessus des ténèbres de l'histoire (cf. Spe salvi, 49) et elle nous donne l'espérance dont nous avons besoin : l'espérance que nous pouvons vaincre, que Dieu a vaincu et que, avec le Baptême, nous sommes entrés dans cette victoire. Nous ne succombons pas définitivement : Dieu nous aide, nous guide. Telle est l'espérance : cette présence du Seigneur en nous, qui devient visible en Marie élevée au ciel. « En Elle (...) - lirons-nous dans quelques instants dans la Préface de cette solennité - tu as fait resplendir pour ton peuple en pèlerinage sur la terre, un signe de réconfort et d'espérance certaine ».


Avec saint Bernard, poète mystique de la Sainte Vierge, nous l'invoquons ainsi : « Nous te prions, ô bénie, par la grâce que tu as trouvée, par ces prérogatives que tu as méritées, par la Miséricorde que tu as fait naître, fais que celui qui pour toi a daigné participer à notre misère et à notre infirmité, grâce à ta prière, nous fasse participer à ses grâces, à sa béatitude et à sa gloire éternelle, Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni pour les siècles des siècles. Amen »


(Sermo 2 de Adventu, 5 : PL 183, 43).

 

Benoit XVI

 


 

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Publié le 17 Août 2009





"Familles chrétiennes, vous qui avez la louable habitude de recourir au ministère du prêtre, vous qui souffrez de ne pouvoir le faire autant que vous le souhaiteriez à cause de la pénurie de prêtres, soyez logiques avec vous-mêmes!  Non seulement vous devez prier pour le recrutement sacedotal, mais encore vous devez priez le Seigneur de choisir des futurs prêtres parmi vos enfants. Sans les contraindre ni entraver leur liberté vous devez parler à vos enfants de la beauté et de la grandeur de la vocation sacerdotale ou religieuse. N'ayez pas peur et soyez généreuses, chères familles. Et si le Seigneur exauce votre prière humble et confiante, vous ne tarderez pas à chanter, vous aussi, le Magnificat de Marie."




T.R.P. dom Antoine Forgeot
Père Abbé de Fontgombault.
15 Aoûr 2009.


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Publié le 13 Août 2009






" Prenez votre vol, ô la plus belle des colombes ."


En quoi consiste cette Assomption de Marie qui fait la joie des Anges? Qu'entend la Sainte Eglise lorsqu'elle parle de l'Assomption de Notre-Dame, et quel est le lien de ce mystère avec les autres privilèges de Marie? Cette Assomption a-t-elle impliqué la mort corporelle de Notre-Dame? Quels sont enfin, pour la Sainte Eglise et pour chacun de nous, les fruits du mystère de l'Assomption de Marie?

Pour savoir exactement ce qu'est l'Assomption de Marie, il suffit de relire les paroles par lesquelles le 1er novembre 1950 le Pape Pie XII définissait ce dogme en disant:"

Par l'autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul et par la Nôtre, Nous proclamons, déclarons et définissons que c'est un dogme divinement révélé que Marie, l'Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.

C'est pourquoi, si quelqu'un - ce qu'à Dieu ne plaise - osait volontairement nier ou mettre en doute ce que nous avons défini, qu'il sache qu'il a fait complètement défection dans la foi divine et catholique."

Ainsi fût solennellement défini et proclamé le dogme de l'Assomption de Marie, Vérité contenue depuis le temps des saints Apôtres dans le trésor de la révélation chrétienne. Des témoignages, des indices, des traces multiples de la foi commune de l'Eglise sur ce point se rencontrent au cours des siècles, depuis l'antiquité, et cette même foi s'est manifestée dans une lumière plus vive de jour en jour avant que Pie XII ne la sanctionne par un acte de son magistère extra-ordinaire et infaillible, nous affirmant que ce qui sera l'état de tous les élus après la fin de ce monde et la résurrection générale est l'état de Marie depuis qu'a pris fin le cours de sa vie terrestre.

Soulignant le lien qui existe entre l'Assomption de la Sainte Vierge et son Immaculée Conception, Pie XII l'expliquait ainsi:" Par sa propre mort, le Christ a vaincu le péché et la mort, et celui qui est surnaturellement régénéré par le baptême triomphe, par le même Christ, du péché et de la mort.  Toutefois, en vertu d'une loi générale, Dieu ne veut pas accorder aux justes le plein effet de la victoire sur la mort, sinon quand viendra la fin des temps. C'est pourquoi les corps mêmes des justes sont dissous après la mort, et ne seront réunis, chacun à sa propre âme glorieuse, qu' à la fin du monde. Cependant, Dieu a voulu exempter de cette loi universelle la bienheureuse Vierge Marie. Grâce à un privilège spécial, la Vierge Marie a vaincu le péché par son Immaculée Conception, et de ce fait, elle n'a pas été sujettie à la loi de demeurer dans la corruption du tombeau, et elle ne dut pas, non plus, attendre jusqu'à la fin du monde la rédemption des corps.

Mais n'oublions pas que c'est la Maternité divine qui fonde tous les privilèges de Marie, son Assomption comme son Immaculée Conception. C'est pourquoi saint Robert Bellarmin s'écriait:" Qui pourrait croire, je vous prie, que l'arche de la Sainteté, la demeure du Verbe, le temple de l'Esprit-Saint se soit écroulé? Mon âme répugne franchement même à penser que cette chair virginale qui a engendré Dieu, lui a donné le jour, l'a allaité, l'a porté, soit tombée en cendres ou ait été livrée à la pâture des vers."

De sa Maternité divine découle la parfaite Virginité de Marie, nouveau titre pour elle à être préservée de la corruption. "Comment concevoir, demande un théologien, que la même puissance et le même amour qui furent si jaloux de conserver l'intégrité de la divine Mère avant l'enfantement, dans l'enfantement, après l'enfantement, se soient oubliés jusqu'à la laisser devenir un amas de pourriture? Ne serait-ce pas se démentir soi-même et briser son premier dessein? "

Comme Mère du Christ encore, la sainte Vierge nouvelle Eve auprès du nouvel Adam, a été unie à celui-ci dans son oeuvre rédemptrice et dans sa victoire sur la mort; et il est normal qu'elle partage son sort au ciel, où elle a été élevée dans son corps et dans son âme, et où Reine, elle resplendit à la droite de son Fils, le Roi immortel des siècles.

Mais Marie avant d'entrer en corps et en âme dans la gloire du Ciel, est-elle passée par la mort et a-t-elle été ressuscitée, ou non?

En définissant l'Assomption de Marie, Pie XII n'a pas défini que la Vierge était morte. Pourtant dans la Bulle qui contient la définition de l'Assomption, Pie XII cite une célèbre prière contenue dans un livre liturgique envoyé par le Pape Adrien 1er à  l'empereur Charlemagne, et qui dit:" Vénérable est pour nous, Seigneur la fête de ce jour, en lequel la Sainte Mère de Dieu subit la mort temporelle, mais cependant ne put être humiliée par les liens de la mort, elle qui engendra de sa chair votre Fils, Notre-Seigneur."

Et le savant et pieux Cardinal Baronius qui vécut au XVIème siècle, pouvait écrire:

" L'Eglise catholique n'admet aucun doute sur la mort de la Mère de Dieu; sachant qu'elle avait la nature humaine, elle affirme qu'elle a dubi pareillement la nécessité de mourir, propre à la nature humaine". Citons encore ces paroles de Pie XI:"
Par une prière assidue, faisons de Marie notre médiatrice quotidienne et notre avocate. Et ainsi nous pourrons espérer qu'elle-même, élevée à la gloire du ciel, à l'heure de notre trépas qui fut aussi le sien - car elle aussi fit ce "pas" ayant en elle non pas la grâce de la création, mais  la grâce de la Rédemption qui ne conférait pas l'immortalité corporelle au sens précis du terme, - nous pourrons espérer qu'elle sera notre avocate près de la Bonté et de la Miséricorde divines.

Marie appartient en effet à l'ordre de l'Incarnation rédemptrice, et la mort convenait à sa Maternité divine et à sa maternité de grâce à notre égard. "Dieu voulait, dit saint Alphonse de Liguori, que Marie fût de tout point semblable à Jésus; et comme le Fils était mort, il était convenable que la Mère mourût aussi. En outre, Dieu voulait que la Sainte Vierge mourût, mais d'une mort heureuse et pleine de douceur, afin de donner en elle aux justes une idée de la mort précieuse qui leur est réservée."

"Dieu voulait que la Sainte Vierge mourût, mais d'une mort heureuse et pleine de douceur", que les Pères ont appelée un doux sommeil, une Dormition. Cette mort fut réelle, mais ce fut une mort d'amour, une mort qui n'eut pour cause prochaine que l'amour de Marie pour Dieu, comme l'ont affirmé saint François de Sales, Bossuet et saint Alphonse de Liguori..


La Sainte Vierge est morte, la Sainte Vierge est ressuscitée, la Sainte Vierge a été élevée en corps et en âme à la gloire du Ciel où elle siège à la droite de son Fils. De l'Assomption de Notre-Dame découlent pour nous des fruits abondants de grâce.

Tout en dépendance du mystère du Christ le mystère de Marie s'inscrit en toutes choses comme un prolongement du mystère du Christ, dont il est comme une réplique. La Sainte Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d'une manière mystérieuse par "un même et unique décret" de prédestination, a été et demeure l'associée de son Fils dans chacun des mystères de l'Incarnation Rédemptrice. Et l'Assomption de Marie répond à l'Ascension de Jésus.


En montant au Ciel, Notre-Seigneur nous a préparé la voie pour que nous y montions aussi.

Elevée au Ciel, dont elle est la porte, Marie ne nous a-t-elle pas ouvert plus largement le chemin de l'éternité bienheureuse? Au Ciel, Jésus intercède pour nous; Marie aussi. Du Ciel, Jésus nous envoie des biens divins; Marie, médiatrice de toutes grâces, en est aussi après son Fils et en dépendance de Lui, distributrice.

"Il serait impossible, affirme Léon XIII, de dire tout ce que Marie a ajouté d'étendue et d'efficacité à (son action secourable) lorsqu'elle a été élevée, auprès de son Fils à ce faîte de la gloire céleste qui convenait à sa dignité et à l'éclat de ses mérites. Car de là, selon les desseins de Dieu, elle a commencé à veiller sur l'Eglise, à nous assister et à nous protéger comme une Mère, de sorte qu'après avoir été coopératrice de la Rédemption humaine, elle est devenue aussi, par le pouvoir presque illimité qui lui a été accordé, la dispensatrice de la grâce qui découle de cette Rédemption pour tous les temps."


Dom Roy,
Fontgombault

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Publié le 12 Août 2009





Sainte fête de l'Assomption.


" O Vierge Immaculée, Mère de Dieu et Mère des hommes.

Nous croyons avec toute la ferveur de notre foi en votre triomphale Assomption corps  et âme au ciel, où vous êtes acclamée Reine par tous les choeurs des anges et toutes les phalanges des saints;
et nous nous unissons à eux pour louer et bénir le Seigneur qui vous a exaltée sur toutes les autres créatures, et pour vous offrir l'élan de notre dévotion et de notre amour.

Nous savons que votre regard qui enveloppait maternellement l'humble et souffrante humanité de Jésus sur la terre se rassasie au ciel en voyant l'humanité glorieuse de la Sagesse Incarnée; et que la joie de votre âme à contempler face à face l'adorable Trinité fait tressaillir votre coeur de béatifiante tendresse;

et nous, pauvres pécheurs, dont le corps aloudit le vol de l'âme, nous vous supplions de purifier nos sens, pour que nous apprenions dès ici-bas à goûter Dieu, Dieu seul, dans la beauté des créatures.

Nous avons la confiance que vos regards miséricordieux s'abaissent sur nos misères et nos angoisses, sur nos luttes et nos faiblesses; que vos lèvres sourient à nos joies et à nos victoires, que vous entendez la voix de Jésus vous dire de chacun de nous, comme jadis de son disciple bien aimé: voilà ton fils;

et nous qui vous invoquons comme notre Mère, nous vous prenons, comme Jean, pour notre guide, notre force et notre consolation en cette vie mortelle.

Nous avons la vivifiante certitude que vos yeux qui ont versé des pleurs sur la terre baignée du sang de Jésus, se tournent encore vers ce monde en proie aux guerres, aux persécutions, à l'oppression des justes et des faibles;

et nous, dans les ténèbres de cette vallée de larmes, nous attendons de votre céleste clarté et de votre douce pitié le soulagement aux peines de nos coeurs, aux épreuves de l'Eglise et de notre patrie.

Nous croyons enfin que dans la gloire où vous régnez, "vêtue du soleil et couronnée d'étoiles", vous êtes après Jésus, la joie et l'allégresse de toous les Anges et de tous les Saints;

et nous, de cette terre où nous passons en pèlerins, réconfortés par la foi en la résurrection future, nous regardons vers vous, notre vie, notre douceur, notre espérance; attirez-nous par la suavité de votre voix pour nous montrer un jour, après l'exil, Jésus, fruit béni de votre sein, ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.

Pie XII

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Publié le 10 Août 2009

Dans le ciel nous avons une Mère
 (Benoît XVI)

La fête de l'Assomption est un jour de joie. Dieu a vaincu. L'amour a vaincu. La vie a vaincu. On a vu que l'amour est plus fort que la mort. Que Dieu possède la véritable force et que sa force est bonté et amour. Marie a été élevée au ciel corps et âme: même pour le corps, il y a une place en Dieu.


Le ciel n'est plus pour nous un domaine très éloigné et inconnu.


Dans le ciel, nous avons une mère

Dans le ciel, nous avons une mère.

C'est la Mère de Dieu, la Mère du Fils de Dieu, c'est notre Mère. Lui-même l'a dit. Il en a fait notre Mère, lorsqu'il a dit au disciple et à nous tous: « Voici ta Mère! ».


Dans le ciel, nous avons une Mère.

Le ciel s'est ouvert, le ciel a un cœur.


Le Magnificat

Dans l'Evangile, nous avons entendu le Magnificat, cette grande poésie qui s'est élevée des lèvres, plus encore du cœur de Marie, inspirée par l'Esprit Saint. Dans ce chant merveilleux se reflète toute l'âme, toute la personnalité de Marie.

Nous pouvons dire que son chant est un portrait, une véritable icône de Marie, dans laquelle nous pouvons la voir exactement telle qu'elle est.


Désirer que Dieu soit grand

Je voudrais souligner uniquement deux points de ce grand chant. Celui-ci commence par la parole « Magnificat »: mon âme magnifie le Seigneur, c'est-à-dire « proclame la grandeur » du Seigneur.


Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa vie, soit présent parmi nous tous. Elle n'a pas peur que Dieu puisse être un « concurrent » dans notre vie, qu'il puisse ôter quelque chose de notre liberté, de notre espace vital, par sa grandeur.


Elle sait que si Dieu est grand, nous aussi, nous sommes grands. Notre vie n'est pas opprimée, mais est élevée et élargie: ce n'est qu'alors qu'elle devient grande dans la splendeur de Dieu.


Le fait que nos aïeux pensaient le contraire, constitua le noyau du péché originel. Ils craignaient que si Dieu avait été trop grand, il aurait ôté quelque chose à leur vie. Ils pensaient devoir mettre Dieu de côté pour avoir de la place pour eux-mêmes.


Telle a été également la grande tentation de l'époque moderne, des trois ou quatre derniers siècles. On a toujours plus pensé et dit: « Mais ce Dieu ne nous laisse pas notre liberté, il rend étroit l'espace de notre vie avec tous ses commandements. Dieu doit donc disparaître; nous voulons être autonomes, indépendants. Sans ce Dieu nous serons nous-mêmes des dieux, et nous ferons ce que nous voulons ».


Telle était également la pensée du fils prodigue, qui ne comprit pas que, précisément en vertu du fait d'être dans la maison du père, il était « libre ». Il partit dans des pays lointains et consuma la substance de sa vie. A la fin, il comprit que, précisément parce qu'il s'était éloigné du père, au lieu d'être libre, il était devenu esclave; il comprit que ce n'est qu'en retournant à la maison du Père qu'il pouvait être véritablement libre, dans toute la splendeur de la vie.


Il en est de même à l'époque moderne. Avant, on pensait et on croyait que, ayant mis Dieu de côté et étant autonomes, en suivant uniquement nos idées, notre volonté, nous serions devenus réellement libres, nous pourrions faire ce que nous voulions sans que personne ne nous donne aucun ordre.


Mais là où Dieu disparaît, l'homme ne devient pas plus grand; il perd au contraire sa dignité divine, il perd la splendeur de Dieu sur son visage. A la fin, il n'apparaît plus que le produit d'une évolution aveugle, et, en tant que tel, il peut être usé et abusé. C'est précisément ce que l'expérience de notre époque a confirmé.


Ce n'est que si Dieu est grand que l'homme est également grand. Avec Marie, nous devons commencer à comprendre cela.

Nous ne devons pas nous éloigner de Dieu, mais rendre Dieu présent; faire en sorte qu'Il soit grand dans notre vie; ainsi, nous aussi, nous devenons divins; toute la splendeur de la dignité divine nous appartient alors. Appliquons cela à notre vie. Il est important que Dieu soit grand parmi nous, dans la vie publique et dans la vie privée.

Dans la vie publique, il est important que Dieu soit présent, par exemple, à travers la Croix, dans les édifices publics, que Dieu soit présent dans notre vie commune, car ce n'est que si Dieu est présent que nous pouvons suivre une orientation, une route commune; autrement, les différences deviennent inconciliables, car il n'existe pas de reconnaissance de notre dignité commune.

Rendons Dieu grand dans la vie publique et dans la vie privée.

Cela veut dire laisser chaque jour un espace à Dieu dans notre vie, en commençant le matin par la prière, puis en réservant du temps à Dieu, en consacrant le dimanche à Dieu.

Nous ne perdons pas notre temps libre si nous l'offrons à Dieu. Si Dieu entre dans notre temps, tout notre temps devient plus grand, plus ample, plus riche.


S'imprégner de la Parole de Dieu

Une seconde observation. Cette poésie de Marie - le Magnificat - est entièrement originale; toutefois, elle est, dans le même temps, un « tissu » composé à partir de « fils » de l'Ancien Testament, à partir de la Parole de Dieu.


Et ainsi, nous voyons que Marie était, pour ainsi dire, « chez elle » dans la Parole de Dieu, elle vivait de la Parole de Dieu, elle était pénétrée de la Parole de Dieu. Dans la mesure où elle parlait avec les paroles de Dieu, elle pensait avec les paroles de Dieu, ses pensées étaient les pensées de Dieu. Ses paroles étaient les paroles de Dieu. Elle était pénétrée par la lumière divine et c'est la raison pour laquelle elle était aussi resplendissante, aussi bonne, aussi rayonnante, d'amour et de bonté. Marie vit de la Parole de Dieu, elle est imprégnée de la Parole de Dieu.


Et le fait d'être plongée dans la Parole de Dieu, le fait que la Parole de Dieu lui soit totalement familière, lui confère également la lumière intérieure de la sagesse.

Celui qui pense avec Dieu pense bien, et celui qui parle avec Dieu parle bien. Il possède des critères de jugement valables pour toutes les choses du monde.


Il devient savant, sage, et, dans le même temps, bon; il devient également fort et courageux, grâce à la force de Dieu qui résiste au mal et promeut le bien dans le monde.

Et ainsi, Marie parle avec nous, elle nous parle, elle nous invite à connaître la Parole de Dieu, à aimer la Parole de Dieu, à vivre avec la Parole de Dieu et à penser avec la Parole de Dieu.


Et nous pouvons le faire de façons très diverses: en lisant l'Ecriture Sainte, en particulier en participant à la Liturgie, dans laquelle, au cours de l'année, la Sainte Eglise nous présente tout le livre de l'Ecriture Sainte. Elle l'ouvre à notre vie et le rend présent dans notre vie. Mais je pense également au "Compendium du Catéchisme de l'Eglise catholique", que nous avons récemment publié, et dans lequel la Parole de Dieu est appliquée à notre vie, interprète la réalité de notre vie, nous aide à entrer dans le grand « temple » de la Parole de Dieu, à apprendre à l'aimer et à être, comme Marie, pénétrés par cette Parole. Ainsi la vie devient lumineuse et nous possédons un critère de base pour notre jugement, nous recevons en même temps la bonté et la force.


Marie est élevée corps et âme à la gloire du ciel et avec Dieu et en Dieu, elle est Reine du ciel et de la terre.


Est-elle si éloignée de nous? Bien au contraire. Précisément parce qu'elle est avec Dieu et en Dieu, elle est très proche de chacun de nous.


Lorsqu'elle était sur terre, elle ne pouvait être proche que de quelques personnes. Etant en Dieu, qui est proche de nous, qui est même « à l'intérieur » de nous tous, Marie participe à cette proximité de Dieu. Etant en Dieu et avec Dieu, elle est proche de chacun de nous, elle connaît notre cœur, elle peut entendre nos prières, elle peut nous aider par sa bonté maternelle et elle nous est donnée - comme le dit le Seigneur - précisément comme « mère », à laquelle nous pouvons nous adresser à tout moment.


Elle nous écoute toujours, elle est toujours proche de nous, et, étant la Mère du Fils, elle participe de la puissance du Fils, de sa bonté. Nous pouvons toujours confier toute notre vie à cette Mère, qui est proche de tous. Rendons grâce au Seigneur,  pour le don de la Mère et prions Marie, afin qu'elle nous aide à trouver le bon chemin chaque jour. Amen.




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Publié le 7 Août 2009

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Publié le 3 Août 2009

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Publié le 2 Août 2009










  Comprenons d'abord la grandeur et la sainteté de notre ministère, et connaissons bien quel est le combat auquel nous sommes engagés, en nous dévouant au sublime emploi de la prédication. Quoique si éloignés de la haute sainteté des Apôtres, nous devons cependant continuer leurs travaux, annoncer comme eux le royaume de Dieu, et soumettre tout à l'empire de Jésus-Christ, par la seule vertu de sa parole. Mais il nous importe de ne point ignorer la qualité, les forces, et toute la malice de nos ennemis. Résolus de déclarer la guerre au monde et à l'enfer, attendons-nous à voir le monde entier, c'est-à-dire à tous ceux qui vivent selon l'esprit du siècle présent, s'élever et se déchaîner contre nous. Si nous prêchons contre l'orgueil, la volupté, l'avarice, ceux qui font leurs dieux de la vanité, de leurs plaisirs, de leurs richesses et de tout ce qui flatte leur ambition, se croiront aussi en droit d'attaquer nos maximes et nos discours. Ils décrieront notre vie, et empoisonneront nos intentions. Je ne dis pas assez: Saint Paul nous avertit, que nous avons à combattre, non contre des hommes dee chair et de sang, mais contre les principautés, contre les puissances de ce siècle ténébreux, enfin contre les esprits de malice répandus dans l'air. (Eph 6-12).

C'est à tous leurs traits que nous sommes en butte, dès lors que nous entreprenons de détruire les oeuvres de Satan, le déréglement des moeurs, le libertinage, l'hérésie, l'infidélité. Mais dans notre foi nous trouverons aussi notre force. Assurés d'un secours avec lequel nous pouvons triompher de tout, ne craignons rien sous la protection du Dieu du ciel. Que notre unique soin soit de la mériter, cette divine protection.


" Ne vous appuyez point sur vous-mêmes, sur vos talents, sur vos vertus. Comme nous pouvons tout avec Jésus-Christ, sans lui nous ne pouvons rien. Dans la conversion des âmes ne vous attribuez aucun mérite, ne vous glorifiez de rien, n'attendez rien que du secours d'En-Haut! Et mettant en Dieu seul toute votre confiance, rendez-lui gloire de tout ce qu'il fera par votre ministrère. Humbles et modestes dans le succès, soyez constants dans les adversités, toujours fermes parmi les persécutions. Selon l'avertissement de l'Apôtre, fortifiez-vous dans le Seigneur, et livrez-vous à sa vertu toute-puissante. (Eph 10,11) Revêtez-vous des armes divines pour vous défendre contre tous les efforts de Satan et contre ses artifices; Vous confondrez toute sa malice par une vive confiance en Jésus-Christ.

Que la vérité soit la ceinture de vos reins, que la justice soit votre cuirasse.

A l'orgueil de l'ennemi, il suffit d'opposer une foi vive et parfaite.


....

Aimez surtout la vérité, prêchez-là avec force, avec constance, sans déguisement, sans rien craindre, sans rien espérer des hommes, sans rien perdre de la liberté évangélique, au milieu des souffrances et des vexations les plus iniques. C'est par ce chemin tout semé d'épines que les Apôtres ont marché; c'est par de tels moyens qu'ils ont fait connaître la vertu de Jésus-Christ et qu'ils ont converti les nations.

N'importe que nous ne voyions pas d'abord le fruit que nous attendons de nos prédications. Dieu a ses moments; et Jésus-Christ nous apprend que sa parole est comme le grain de froment que l'on jette en  terre; il porte son fruit, mais il le porte en son temps. Ne prévenons point le temps de Dieu; attendons avec patience et faisons en sorte que les péchés des peuples et les nôtres ne s'opposent pas à ce qu'il a résolu pour le salut de tout.

Je ne vous dirai pas; ce que vous savez comme moi, que la prédication la plus efficace et la plus utile est toujours la sainteté du prédicateur, la pureté de sa vie et la force de ses exemples. Cette vérité que les hommes apostoliques ont toujours regardée comme la première et la plus importante de leurs maximes, vous l'avez déjà mise en pratique, et, en rendant gloire à la grâce de Jésus-Christ, je ne puis que le prier de perfectionner en vous et d'achever son ouvrage.

Ce sera par la ferveur de la prière, par l'assiduité à l'oraison et par les gémissements continuels de nos coeurs que nous l'obtiendrons, cette grâce, dont nous avons besoin dans le pénible exercice de notre ministère. Ne cessons donc pas de prier, le jour, la nuit; dans le travail, dans le repos; dans le secret de la solitude, et dans nos entretiens; que ce saint exercice soit la plus douce de nos occupations. Ce que nous ne pourrons faire par nos discours, nous le ferons par nos prières.

discours de St Dominique de Guzman.


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Publié le 1 Août 2009





Le pape Benoît XVI a rencontré samedi des athlètes participant aux championnats du monde de natation à Rome, et il les a exhortés à se comporter comme des modèles pour les jeunes "dans les sports et dans la vie".



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Publié le 1 Août 2009





... Quels plus vrais chevaliers que ces athlètes de la foi, prenant leur engagement sacré sous forme d'hommage lige, et choisissant pour Dame celle qui, puissante comme une armée (Cant.6.3.9), extermine seule les hérésies dans le monde entier? Au bouclier de la vérité (Ps.90.5), au glaive de la parole (Eph.6,17), celle qui garde en Sion les armures des forts (Cant.4,4) joignait pour ses dévoués féaux le Rosaire, signe plus spécial de la propre milice; elle leur assignait l'habit de son choix comme étant leur vrai chef de guerre, et les oignait de ses mains pour la lutte dans la personne du Bienheureux Réginald.

Elle-même veillait au recrutement de la sainte phalange, prélevant pour elle dans la jeunesse d'élite des universités les âmes les plus pures, les plus généreux dévouements, les plus nobles intelligences; Paris, la capitale de la théologie, Bologne, celle de la jurisprudence et du droit, voyaient maîtres, écoliers, disciples de toute science, poursuivis et atteints par la douce souveraine au milieu d'incidents plus du ciel que de la terre.....


Quel cortège est celui que vous forment vos fils et vos filles sur le Cycle sacré! Accompagné en ce mois même de Rose de Lima et d'Hyacinthe, voilà que dès longtemps vous annonçaient au ciel de la Liturgie les Raymond de Pgnafort, les Thomas d'Aquin, les Vincent Ferrier, les Pierre Martyr, les Catherine de Sienne, les Pie V, les Antonin.

Enfin brille au firmament l'astre nouveau dont la splendeur écarte l'ignorance, confond l'hérésie, accroît la foi des croyants.

O Dominique, votre bienheureuse mère d'ici-bas, qui vous a devancé dans les cieux, pénètre maintenant dans sa plénitude le sens fortuné de la vision mystérieuse quji jadis excitait ses craintes; et cet autre Dominique, gloire de l'antique Silos, au tombeau duquel elle reçut la promesse de votre bénie naissance, applaudit à l'éclat décuplé dont ce beau nom qu'il vous transmit resplendira par vous dans les siècles éternels.

Mais quel accueil surtout vous est fait par la Mère de toute grâce, elle qui naguère, embrassant les pieds du Seigneur irrité, se portait garante que vous ramèneriez le monde à son Sauveur!

A peine quelques années ont passé: et partout l'erreur en déroute pressent qu'une lutte à mort est engagée entre elle et les vôtres; et l'Eglise du Latran, maîtresse et mère a vu ses murs menaçant ruine rafffermis pour un temps; et les deux princes des Apôtres, qui vous avaient dit Va et prêche, applaudissent à la Parole qui de nouveau parcourt la terre et retentit sur toute plage.


...  Votre noble descendance méritera d'entendre toujours de la bouche de Notre-Dame même cet encouragement au-dessus de toute louange:"

Courage, courage, hommes courageux !

Fortiter, fortiter, viri fortes !"


St Dominique, priez pour nous


Dom Guéranger.

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