"Mais quand le cerf s’est débarrassé des gros chiens, viennent alors les petits qui courent sous le cerf et le mordillent çà et là. Le cerf ne se garde presque pas de ces petits chiens. Cependant ils le déchiquettent tant et si bien qu’il finit par en faiblir.
De même en va t-il pour l’homme.
Quand il s’est débarrassé et a triomphé des grosses fautes, alors accourent les petits chiens dont il ne se garde pas: camarades de jeu, bijoux, compagnies mondaines, passe-temps, amabilités. Tout cela l’entame çà et là par petits morceaux, c’est-à dire qu’ils éparpillent son cœur et son intériorité, de telle sorte que cet homme finit, comme le cerf, par faiblir dans toute sa vie pieuse, dans la grâce et dans la dévotion. Tout le sérieux pour les choses de Dieu s’évanouit ainsi que tout sentiment de Dieu et toute sainte piété. Tout cela lui fait souvent bien plus de tort que les grandes tentations. Car des grandes il se garde, les tenant pour mauvaises. Mais des petites il ne s’en soucie pas."
aussi hautes sont mes voies au-dessus de vos voies
et mes pensées au-dessus de vos pensées."
Is. 55, 9
plus on vieillit , plus l'expérience quotidienne nous pousse vers d'autres réalités. la vie est souvent si différente de ce qu'on avait espéré. Souffrances morales, corporelles mais qui ont une valeur éducative pour le restant des vieux jours. tout sert à notre perfection, à notre sanctification, le Bon Dieu ne nous demande pas de comprendre et de pénétrer ses plans... Ecce Fiat.. que nous ayons confiance..
... que je ne me décourage jamais devant les difficultés et les croix; donnez-moi la force et la grâce de me sanctifier dans les circonstances où la Providence me place, sans vouloir désirer autre chose. Que toujours votre volonté s'accomplisse en moi.
Dans une France déchristianisée, dans un des pays les plus athée au monde, un nouveau monastère bénédictin a vu le jour ! Quatorze hommes, quatorze frères bénédictins, ont élu pour la première fois leur père abbé ! Le « prieuré Sainte-Marie de La Garde » (Lot-et-Garonne), ayant été érigé en maison autonome avec le titre d’abbaye, l’élection du premier abbé a été présidée par dom Courau (père abbé de Triors), le 18 février dernier, en présence de dom Louis-Marie de Geyer d’Orth (père abbé du Barroux). Le prieur actuel dom Marc Guillot a été élu premier abbé du « monastère Sainte-Marie de La Garde ».
Le Bon Dieu y tenait sans doute que nous ne demandions que le pain du jour.
Nous sommes invités à être pour notre pain aussi exigeants que les gens du monde qui ne mangeraient jamais un croissant de la veille à leur petit déjeuner. Cette demande d'ailleurs ne prend son plein sens que si l'on exprime par le pain quotidien d'abord la grâce de Dieu et cet Esprit-Saint qui ne nous sera pas plus refusé qu'on ne refuse le pain à des enfants qui ont faim.
Mais en demandant cet amour de Dieu, nous devons le demander dans sa qualité de quotidien, nous ne devons demander que la grâce d'aujourd'hui, celle de tout à l'heure. Tout cela se tient d'ailleurs: et le fait que nous sommes des enfants qui demandent, et le fait que Dieu ne donnera à ses enfants que la grâce du moment présent, et le fait qu'il ne vient pas normalement à l'esprit des enfants de demander à manger pour huit jours à l'avance. Cela leur viendrait-il à la pensée que ce serait absurde.
Il n'y a personne qui aille chez le boulanger acheter du pain pour trois semaines. On sait très bien que ce pain deviendrait vite immangeable et l'on fait confiance à la boulangerie qu'elle sera encore ouverte dans trois semaines. Faisons au moins la même confiance à la Providence.Quand nous mangeons, nous savons très bien que ce n'est que pour le jour d'aujourd'hui, et que demain nous recommencerons à avoir faim, et qu'il faudra encore avoir quelque chose à manger, et c'est la santé d'avoir toujours faim. Nous faisons confiance au lendemain qu'il portera sa nourriture à la mesure de notre faim, et les petits enfants, qui ont le plus faim, ne s'en préoccupent même pas. Leurs parents sont là pour avoir ce souci à leur place. De même nous savons très bien que ce que nous avons de la grâce aujourd'hui nous permet tout juste de tenir le coup maintenant. Mais cela suffit. Demain nous aurons une autre grâce à la mesure de notre faim, une force à la dimension de notre tâche.
Avec le Bon Dieu nous aurons toujours table mise. Si nous prions, nous sommes sûrs de ne manquer de rien car nous sommes chez lui. Ce serait une insolence d'être invité par quelqu'un et de lui demander en arrivant chez lui la garantie sur tous les repas que nous devons prendre chez lui.
A la vie, à la mort, nous sommes chez le Bon Dieu, et ce qui le décourage pour ainsi dire à notre égard, c'est que nous nous conduisons bien souvent à son endroit comme des enfants mal élevés.