Publié le 8 Février 2018





superbe vidéo , trop beau ! muchas gratias. que du bonheur .. plein d'intériorité et de profondeur . splendide, l'Espagne profonde . quelles belles voix de soprano !
« L'homme doit être tout à fait sûr qu'à chaque instant Dieu le regarde du haut des cieux » Saint Benoît
Publié le 8 Février 2018





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Publié le 8 Février 2018


Premier prix au 1er Concours International de Piano de Leganés dans la catégorie A en avril 2017.
Premier prix en catégorie A au Concours International María Herrero de Grenade en juillet 2017
Premier prix en catégorie A au Concours Parque Alameda Jeune Talent organisé à Valladolid en novembre 2017.
Premier prix de la catégorie A du Concours Santa Cecilia organisé par la Fundación D. Juan de Borbón à Ségovie en novembre 2017.
Deuxième prix en catégorie A au concours César Franck à Bruxelles en décembre 2017
muchas gracias Phillippe!


bravo Guillermo ! Felicitaciones !!! du soleil !

Publié le 7 Février 2018

De l'Ancien Testament, saint Thomas retient les deux textes qui sont devenus tout à fait traditionnels, mais plus peut-être par le sens qu l'Eglise y a attaché, surtout en les citant dans la Vulgate, que par celui même qu'ils ont littéralement dans l'Ecriture.
Il est dit dans le psaume Miserere :" J'ai été conçu dans l'iniquité." Et, au livre de Job :" Qui peut rendre pur ce qui a été conçu d'une semence impure? " Evidemment de telles paroles sont pour nous très significatives lorsque nous les lisons et que d'instinct nous les comprenons à la lumière actuelle de la révélation. Mais furent-elles aussi parlantes aux fidèles d'avant le Christ ? Il ne le semble pas.
Que pensait , en effet, l'ancienne vraie Eglise au sujet de la faute originelle? Elle savait d'une manière précise que le premier homme avait péché, et d'une manière déjà moins précise, qu'en péchant ainsi, il avait nui gravement non seulement à lui--même mais à tous les siens. Mais elle ne parait pas avoir soupçonné que le péché d'Adam se fût transmis ni même qu'il pût se transmettre aux générations successives, non seulement par les peines qu'il entraîne mais comme une véritable faute.
Or , c'est pourtant tout l'essentiel: nous n'avons pas qu'à supporter la peine de la première faute, nous avons formellement part à cette faute. Autrement dit, le genre humain n'est pas seulement puni pour la faute de son chef, il est tout entier coupable avec lui. Et cela, ni les écrits inspirés de l'Ancien Testament ni les écrits théologiques des Juifs ne semblent le dire. Ainsi que saint Thomas le fait observer, le livre de la Sagesse nous éloigne plutôt de l'affirmation de cette vérité lorsqu'il dit que " la mort est venue dans le monde par l'envie du diable " , et de même l'Ecclésiastique lorsqu'il juge bon de rappeler que ' le péché a commencé par une femme " . Tout ceci est parfaitement vrai, mais il s'agit d'autre chose.
Assurément l'on possédait le grand texte de la Genèse, portant sentence de condamnation à mort sur l'humanité tout entière. Sentence souverainement révélatrice , qui mérite d'être alléguée en premier lieu , nous déclare saint Thomas, et de laquelle il déduit effectivement une preuve décisive de la faute originelle.
Il est manifeste, par le récit de la Genèse, que la mort n'est pas d'institution divine. Elle est décrétée comme un châtiment: donc pour punir une faute . Cette faute n'est pas le péché actuel puisque même ceux qui ne sont ni coupables ni capables de ce péché ont cependant la peine de mourir. Il y a donc un autre péché que le péché actuel et personnel, un péché qui est inhérent à la nature et que chaque individu y contracte en naissant. C'est à cause de ce péché que nous sommes condamnés à mourir. Cette déduction est rigoureusement juste . Mais pour la tirer des paroles et des faits de la Genèse avec autant de force et d'assurance que le fait notre théologie, il eût fallu aux croyants de l'ancienne Loi une lumière, qui bien probablement, ne leur était pas accordée.
Il est donc vraisemblable que le dogme du péché originel n'a pas fait partie de la révélation ancienne, à moins d'admettre que la Providence ait permis qu'après avoir été inscrit dans la révélation primitive, il se soit effacé au cours des temps. Volontiers même on serait tenté de voir en cette divine réticence, relativement au mystère le plus lourd des origines humaines, un signe délicat de la miséricorde de Dieu.
C'est une idée chère à Pascal et, selon lui, une marque de la vraie religion:
Dieu aurait toujours eu soin de proportionner la connaissance des maux qui nous perdent à celle des remèdes qui nous sauvent, et l'humanité n'aurait bien connu tout le mal que lui a fait son premier père qu'après avoir éprouvé tout le bien que lui fait son rédempteur. Cependant il y aurait sans doute quelque excès à croire que cette même Providence ne se fût pas souciée de préparer les humains à la connaissance d'une vérité les intéressant si profondément.
On peut donc penser que cette intention providentielle se faisait déjà jour dans les données scripturaires que nous avons rapportées . De sorte qu'il est permis de dire que tous ces textes ont réellement une certaine référence au péché originel. C'est cette référence qu'a accentuée la Vulgate et qu'a finalement saisie saint Thomas.
Même dans le Nouveau Testament, on dirait que la pleine lumière ne s'est pas faite tout d'un coup. Notre-Seigneur a ménagé ses vérités. Il ne semble pas voir révélé la déchéance morale et spirituelle de notre nature autrement que d'une manière implicite, en promulguant la nécessité , pour tous sans exception, de la pénitence et d'une véritable renaissance.
" Jésus commence à dire : Faites pénitence, car le règne des Cieux est proche ." Et au docteur d'Israël il fait cette profonde déclaration : " En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s'il ne naît d'en-haut, en peut voir le royaume de Dieu... Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui né de l'esprit est esprit. Ne t'étonne pas si je t'ai dit :" Il vous faut naître d'en haut ..."
Le divin Maître, infiniment discret et miséricordieux, insinue et suggère plus qu'il n'insiste et n'explique , comme s'il craignait de nous accabler par une trop vive révélation de notre misère. C'est pourquoi on est tenté de se demander si le dogme du péché originel a été clairement connu dans l'Eglise chrétienne avant que l'Apôtre y ait insisté, lui , en termes si poignants.
Admirable économie des divines révélations ! Le même à qui il était donné de nous faire connaître " l'insondable richesse " du Christ est aussi celui à qui il aurait été réservé de dénoncer toute la profondeur de notre détresse en Adam. Détail plus émouvant encore, la grandeur de notre condamnation et notre culpabilité dans le premier homme sert à mesurer celle de notre justification en Jésus-Christ.
Pour l'Apôtre , le péché du premier homme c'est le péché par antonomase, on peut dire le péché tout court.
Un pécheur unique, un péché unique, et toute l'humanité englobée comme un seul homme en cet unique péché, voilà sans contredit , la grandiose et tragique vision qui frappe l'esprit de saint Paul.
Il voit dans le cours implacable de la mort la plus formidable attestation du règne du péché et de la pérennité de sa transmission. Là est à ses yeux le signe certain que tous ont péché, que tous sont en faute. Le texte dit littéralement ceci :" Tous meurent parce que tous ont péché." Ou peut-être ceci :" Ils meurent tous, eux qui tous ont péché. " La Vulgate a renchéri sur le sens littéral , en traduisant ainsi :" La mort les a frappés tous (dans celui ) en qui tous ont péché ." Mais cette version ne fait que rendre explicite ce qu'il faut bien qu'il y ait implicitement dans la pensée même de l'Apôtre . Car, si l'on veut qu'il soit dit que tous les hommes ont encouru la sentence et mérité la mort pour cette raison que réellement tous ont péché, il faut qu'il soit vrai et sous - entendu que réellement tous ont existé en quelque sorte dans celui qui a péché. Adam est ainsi le pécheur unique et toute la postérité participe de lui, c'est-à-dire de son péché comme de sa nature.
Mais voici qui est plus étonnant encore . " Adam est la figure de l'autre qui devait venir . " Adam figure et prototype de Jésus-Christ ! L'ancien et le nouveau s'expliquant l'un par l'autre et dans cette comparaison, le second l'emportant magnifiquement sur le premier ! Il ne se peut rien concevoir de plus impressionnant que ce parallèle dont nous sommes en vérité, trop déshabitués.
Universelle, la grâce l'est autant que le péché. " Abondante " , elle l'est bien davantage. Qu'avons-nous en effet ? D'un côté, la faute d'un seul , qui va se perpétuant, se multipliant , et aussi (par les péchés actuels ), s'aggravant, à l'infini, pour n'aboutir qu'à la mort. De l'autre, ce don généreux d'un seul aussi, du seul Jésus-Christ, don venant après une faute si tristement multipliée pour aboutir par la justification au triomphe et au règne de la vie.
- Sur cette réconfortante considération, la pensée de l'Apôtre s'exalte encore. Reprenant et résumant ce qui a été dit, elle s'épanouit dans cette opposition émouvante et lumineuse :" De même que par la désobéissance d'un seul homme la multitude s'est trouvée pécheresse, par la (merveilleuse) obéissance d'un seul la voilà juste.
Il y a encore une autre parole de l'Apôtre que saint Thomas cite avec une véritable complaisance, mais non point tant, celle-ci, au principe qu'au dénouement de sa spéculation. " Ce péché, conclut-il, on peut donc bien l'appeler le péché de la nature puisqu'il est écrit dans l'épître aux Ephésiens: "Nous êtions par nature fils de colère " . Le mot est plein d'à-propos. Sans doute le péché originel n'est pas directement visé dans ce passage. Il est question de " ceux qui vivent dans les convoitises de leur chair et qui accomplissent les volontés de leur chair et de leur coeur . "
C'est cela qui fait encourir la colère de Dieu; or, cela est évidement le péché actuel . Mais certainement , lorsque l'Apôtre ajoute que nous sommes ainsi par "nature" il a indirectement en vue, à la source même du péché actuel et des inclinations perverses qui en sont cause, ce mauvais fond de nature qui n'est pas autre chose que le péché originel.
Le texte revient à dire que nous tous, qui que nous soyons, nous sommes ou êtions pécheurs par nature, et que nous avons ou avions, pour ainsi parler , le péché dans le sang, tandis que, si nous sommes sauvés, c'est uniquement par grâce.
la foi catholique
1° Adam a perdu la sainteté et la justice de son premier état. Il est déchu dans toute sa personne, corps et âme .
2° Il est déchu aussi dans toute sa postérité. Avec lui et en lui tout le genre humain est tombé, ayant part non seulement à la peine mais à la faute du premier père . Car il est vrai que tous les hommes ont péché en Adam.
3° Ce péché unique dans sa source, transfusé en tous par contagion et non par imitation, se retrouve en propre dans chacun. Il n'a d'autre remède que le mérite de l'unique médiateur Jésus-Christ, mérite que le baptême applique aux adultes comme aux enfants.
4° Ce péché originel ,tous les enfants le contractent même ceux qui naissent de parents chrétiens. C'est pour cela que le baptême leur est administré.
5° La grâce de Jésus-Christ conférée dans le baptême, remet réellement le reatus de ce péché et efface tout ce qui est vraiment et proprement péché en lui. Par conséquent, le foyer de concupiscence qui subsiste même chez les baptisés ne doit pas être pris pour le péché originel .
Ainsi, dit Pascal , cette religion apprend aux justes, qu'elle élève jusqu'à la participation de la divinité même, qu'en ce sublime état ils portent encore la source de toute la corruption qui les rend durant toute la vie sujets à l'erreur , à la misère, à la mort, au péché; et elle crie aux plus impies qu'ils sont capables de la grâce de leur Rédempteur.
rp Bernard op +
Publié le 7 Février 2018

Au regard du simple fidèle qui se borne à croire comme aux yeux du théologien qui cherche humblement à comprendre, le péché originel se présente en premier lieu comme une faute transmise, comme un péché communiqué des parents aux enfants et hérité par ceux-ci au même titre que la nature, une sorte de péché commun à la nature entière.
C'est ainsi, qu'il est apparu à saint Paul à qui Dieu a inspiré d'en être le prophète, et à saint Augustin, qui en a été le premier grand théologien. Voilà pourquoi la premier chose à examiner dans un bon traité du péché originel est celle de la transmission, non certes pour mettre en doute un point qui est de foi, mais pour essayer d'y ajuster la pensée.
Ce qui frappe d'abord l'esprit, c'est que nous sommes "pécheurs en masse " , pour employer le mot de saint Augustin. Néanmoins, comme cette généralité n'est pas une abstraction mais une chose qui se répète et s'incarne, pour ainsi dire en chaque individu, il faut bien voir concrètement ce que devient ce péché de l'espèce en chacun des membres qui la composent et qui la perpétuent. C'est là-dessus que saint Thomas apporte le plus d'éclaircissements, dépasse même saint Augustin et fixe, peut-on dire la théologie catholique. Cette question de l'essence du péché originel et de son siège dans l'âme dépend, d'ailleurs , de celle de sa transmission: le genre si singulier de la transmission permet de déterminer la vraie nature du mal et de définir quelles sont en nous les régions les plus infectées. L'importance du désordre étant rendue évidente, il est plus aisé d'en marquer le retentissement pratique et de dire exactement quelles conséquences il a dans la vie spirituelle.
Aucune âme soucieuse de perfection, ne peut se désintéresser de cette théologie du péché originel.
Tout chrétien doit se souvenir que le premier effet de son baptême a été d'effacer la culpabilité qui pesait sur lui. Mais il doit savoir aussi que, même après ce bienheureux sacrement qui a déposé dans son âme une semence divine et tous les germes de l'homme nouveau, le vieil homme ne laisse pas d'être vivace encore et d'imprimer dans la nature des traces multiples de sa persistante activité. La nature, sans cela, ne serait pas si opposée à la grâce. Il faut savoir dans quelles conditions le rite sacré de notre incorporation au Christ nous fait mourir à la vétusté du péché et vivre à la nouveauté de la grâce.
Publié le 7 Février 2018
Publié le 6 Février 2018

La chute de l'homme après la chute des anges . Mais il y a dans l'humanité une si étrange liaison de tous les membres entre eux et à leur chef qu'il a suffi que celui-ci tombât pour entraîner tout le genre humain dans sa chute . Le péché originel , c'est toute notre nature tombée d'un seul coup et viciée dès l'origine en la personne et par la faute du premier qui l'a incarnée et représentée.
Cette faute se perpétue de génération en génération. Elle se transmet à tous les descendants par la force même du lien qui les rattache à leur commune origine. Elle est si radicale et si universelle que les autres fautes n'en paraissent être que l'aggravation et la triste suite. Lorsqu'ils deviennent à leur tour personnellement pécheurs, les autres hommes ne font guère que reproduire, par imitation, en quelque sorte , l'oeuvre néfaste du premier homme. Telle est la puissance du péché originel qu'il engendre à certains égards les péchés actuels.
Le péché de la nature entraîne celui des personnes . De sorte qu'on peut dire que la chute des hommes est virtuellement consommée dans celle du premier. Impossible donc d'étudier le péché sans songer d'abord à celui des origines. Impossible également de regarder le nouvel Adam sans penser à l'ancien. Il faut chercher pourquoi il convenait que le Fils de Dieu assumât l'humaine nature. Or la raison profonde de cette convenance, celle qui constitue le motif même de l'Incarnation, il semble bien que l'Apôtre la tire tout entière du péché originel, puisqu'il dit si nettement que la grande obéissance d'un seul homme fait rentrer la multitude des hommes dans la justice avec autant de force, et plus, que la désobéissance d'un seul les a tous précipités dans l'injustice.
Voilà dressé dans toute sa grandeur le parallèle des deux Adam. A la dimension de la faute on peut mesurer celle du rachat, et réciproquement. Le fait du premier homme doit d'ailleurs être compté , tout comme celui du Christ , au rang des pures vérités de foi qui passent entièrement les investigations de la raison. Le péché originel n'est vraiment connu et ne peut se concevoir qu'à la lumière de la révélation.
Assurément il y a dans le genre humain des signes visibles de faute originelle , et ces signes ne sont pas sans probabilité , dit saint Thomas. L'humanité a dans son ensemble trop de misères à souffrir pour qu'on puisse admettre facilement que c'est là pour elle un état normal, celui même de sa création et de sa première institution.
Misères du corps , dont la principale est la nécessité de mourir, et de ne vivre qu'en s'acheminant plus ou moins rapidement vers la mort. Misères de l'âme , dont la plus désastreuse est la faiblesse de la raison dans la connaissance du vrai, et , par là même, l'extrême difficulté de vivre par l'esprit, l'extrême facilité, au contraire de " s'abêtir ". Ces maux sont tels qu'ils font l'effet d'être un châtiment, une peine. Mais, s'ils sont une peine, ils supposent une faute. Une faute de même envergure que la peine.
Sans doute on peut toujours arguer que toutes ces misères nous sont naturelles et qu'elles sont inhérentes, les unes, à la matière dont le corps est composé, et les autres, à la constitution mi-spirituelle et mi-sensible de l'âme.
Absolument parlant, cela est vrai: tous ces maux sont naturels si l'on ne regarde que la nature de l'homme et qu'on la considère surtout en ce qu'elle a d'inférieur.
Mais , dès que l'on replace cette nature dans le plan de la Providence de Dieu et que l'on s'attache à la dignité de l'âme spirituelle, alors on peut estimer avec assez de probabilité que nous n'avons tant de peine à vivre humainement que parce que nous sommes punis et que , si nous sommes punis, c'est que nous sommes en faute.
Il faut donc que nous demeurions très persuadés que le péché originel est un profond mystère de foi et que la théologie peut seule en parler en connaissance de cause.
Mystère de notre incorporation au premier homme et de notre déchéance en lui, mystère de notre incorporation et de notre relèvement dans le Christ, les deux choses sont liées et s'enchaînent. Sur le témoignage des saintes Ecritures, saint Thomas tient fermement que le péché de l'homme est le motif déterminant de la venue du Fils de Dieu en ce monde. Or le péché de l'homme , c'est toujours et avant tout celui de la nature, le péché de la race entière. Le mal qui s'est fait dès l'origine est immense. A un tel mal le Christ seul pouvait apporter le remède efficace en assumant la nature coupable pour la restaurer en sa divine personne .
Toujours le grand contraste: Adam, Jésus-Christ. Et tout le genre humain contenu dans ces deux chefs. Dans le premier , pour sa perte; dans le second pour sa rédemption.
rp Bernard op +
Publié le 6 Février 2018
Publié le 6 Février 2018

Pour un moine, la mort doit être offerte. Elle est le dernier acte de la vie et le premier pas dans l’aventure de l’éternité. L’offrande ne peut être que consciente. Dans cette perspective, Fontgombault considère que la sédation profonde et continue telle qu’elle est proposée par la loi Léonetti-Claeys est inacceptable et immorale. Pour la communauté, s’il est légitime de pratiquer chez les personnes en phase terminale une sédation brève qui a pour effet de passer un cap, de calmer les angoisses presque insupportables comme celles d’un malade qui présente des difficultés respiratoires, une sédation profonde et continue associée à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, comme le préconise la loi, ne l’est pas : il s’agit d’une forme d’euthanasie que l’artifice de la formulation ne parvient pas à dissimuler.
En 2000, un frère de quatre-vingt-quatre ans a eu un cancer de l’estomac. Après l’opération, qui visait à ôter la tumeur cancéreuse, il est tombé dans le coma. Le moine était sous respirateur artificiel, mais il réagissait à certaines sollicitations de ses frères. Il reconnaissait parfaitement ses visiteurs. Un anesthésiste a pourtant décidé d’arrêter la machine sans prévenir dom Thevenin. Le religieux est mort. Les moines avaient précisé qu’ils souhaitaient être présents au moment de son départ. À l’évidence, il s’agissait de se débarrasser d’un cas perdu d’avance qui surchargeait le service. Le chirurgien n’avait pas non plus été informé de la décision. Fontgombault a exprimé sa colère et sa tristesse. Désormais, les moines sont vigilants. Ils apportent un soin particulier à la rédaction des « directives anticipées » que les établissements hospitaliers proposent de remplir.
Dom Thevenin a accompagné vers la mort une vingtaine de moines. Il n’a jamais été témoin d’agonies spectaculaires. Les moines étaient sereins et apaisés. On peut parler d’étapes progressives. Ils s’abandonnent peu à peu, par paliers, soutenus par la prière de leurs frères. Dans une situation de dépendance, le seuil de tolérance évolue. Le moine accepte des choses qui semblaient impossibles quelques semaines auparavant.
Bien sûr, un père infirmier s’attache au malade. Les liens peuvent être forts. Il doit savoir se protéger.
Parfois, il faut se montrer ferme, comme lorsqu’un moine malade refuse de prendre ses médicaments : « Saint Benoît réclame des soignants de la générosité et une grande patience. Il en donne le motif surnaturel : l’infirmier doit voir le Christ dans ses frères malades et les servir en conséquence. En retour, les malades savent qu’ils sont servis en l’honneur de Dieu. Ils ne peuvent contrister les infirmiers par des exigences superficielles. Le moine en charge des soins n’est pas un domestique. La force de la prière d’un moine tout au long de sa vie aura une influence sur sa manière d’aborder la vieillesse et la mort », témoigne dom Thevenin..
Un moine grabataire garde souvent ses réflexes de bon religieux. Il cherche son chapelet, il se souvient des prières. La formation monastique perdure. Le moine meurt comme il a vécu. Il ne choisit ni sa maladie ni sa souffrance, mais sa mort ressemble toujours à sa vie. Dom Forgeot pense que « plus la vie surnaturelle est forte, plus la familiarité avec l’au-delà est grande, et plus la mort est simple. Pourtant, un criminel qui se repent dans les tous derniers instants partira aussi en paix ».
La mort demande une préparation. Dans les Litanies des saints, on trouve cette demande : « De la mort subite et imprévue, libérez-nous, Seigneur. » Avant les progrès de la médecine, la mort pouvait être rapide et douloureuse. Le moine devait penser et prévoir sa mort. « Nous savons tous que nous allons mourir. Il faut mener une vie en conséquence », affirme dom Forgeot.
en remerciement à mr l'abbé Ph. H. ex aumônier de l'hôpital de Poitiers, pour les services rendus et l'accompagnement dévoué pour tous nos moines.
le petit Placide .
Publié le 6 Février 2018

"je l'attribue au dur labeur surajouté au don de Dieu. "
Lorsque Dominic Fiacco, 12 ans, tend la main pour serrer ses lacets, il est presque temps, comme pourrait le dire son grand-père, de faire sauter les gens de leurs chaises.
Récemment, un lundi soir, le jeune musicien surprenant, vêtu d'une cravate et tenant une fedora, car sa famille s'habille toujours pour l'église, se matérialise dans le grenier du chœur et est suspendue par l'orgue avant un concert instrumental et choral à l'église Saint-Joseph-Saint-Patrick d'Utica. Dominic exsudait l'humilité, mais ces chaussures étaient prêtes à rebondir et glisser sur le pédalier pendant que ses doigts régnaient sur les trois manuels (claviers) dans une interprétation triomphale de la musique de Brahms, Haendel et Bach.
Quand on lui a demandé si ses chaussures s'envoleraient pendant une représentation, il a répondu:
"Ils ne se détacheraient probablement pas, mais les lacets pourraient se détacher. Ce n'est pas encore arrivé." Si c'est le cas, le chœur d'adoration sera prêt à aider. Après que Dominic eut terminé le dernier morceau de la soirée, le ténor Samuel Dickson lui en donna cinq.
Il est phénoménal, dit Dickson. "Il est génial. Il est formidable."
C'est un secret bien gardé ", a dit son grand-père Joe Fiacco, mais, oh, comment cela change. Déjà, Dominique est connu comme l'organiste assistant qui joue pour pas moins de trois messes les week-ends à Saint Joseph-Saint-Patrick, où les représentations ciselées des saints sortent des murs comme attirées par la musique. L'an prochain, Dominic sera le plus jeune organiste à se produire à la célèbre église de la cathédrale Saint Jean le Divin de Manhattan depuis la rénovation du Grand Orgue en 2008.
Ô mystérieux talent !
Le programme du lundi soir à Utica comprenait la chanson O Magnum Mysterium: O Great Mystery. Un mystère terrestre est le talent de Dominique. Certains membres de la famille et parents jouent d'instruments ou s'intéressent à la musique, mais il a, selon les mots de son professeur d'orgue Stephen Best,"un potentiel illimité".
"M. Best a dit que c'est un don de Dieu. C'est aussi simple que ça ", a dit Joe.
Il a ajouté:"Je ne connais rien à la musique. Ma femme a appris à jouer de la guitare et à chanter, mais avoir la capacité de faire ce qu'il fait n'est pas naturel."
Dominique travaille vers la perfection. Il s'est offert un total de neuf sur dix pour les quatre morceaux qu'il a interprétés au concert: la pièce pour piano Sonatine: III de Ravel. Animes et trois pièces d'orgue - How Lovely Is Thy Dwelling Place de Brahms, Hallelujah Chorus de Haendel et Toccata in F Major de Bach. Évaluant leur difficulté, il donna au Ravel, avec ses moments alternés d'intensité et de douceur," peut-être huit "; aux Brahms et au Haendel," cinq "; et à la dernière pièce vivante et majestueuse, la Toccata de Bach," neuf ou dix ". De l'archet que Dominique devait prendre à la fin, le public était du côté du 10.
Il se sent un peu mal à l'aise en s'inclinant, il joue pour la gloire de la musique. Sa personnalité polie contraste avec les sons tonitruants d'orgue qu'il produit. Il aime garder sa musique "lisse et branchée", et il n' y a pas de bombardement dans ses réponses réfléchies aux questions.
Son grand-père pense que Dominic tire sa politesse de ses parents, Pamela et William. Leurs enfants, cinq garçons et une fille, ont entre deux et douze ans. La famille vit dans le village de Pologne au nord-est d'Utica.
Dominique avait demandé à sa mère si elle allait tourner les pages de la partition pour lui au concert de l'église. Pamela m' a dit:"C'était tellement drôle quand il m' a approché:" Maman, tu peux le faire? Ok, on s'entraîne d'abord, OK?" Et quand on sera prêts:"Je t'achèterai une chaise."
Pamela s'est dit que ses efforts en tant qu'accompagnatrice de musique maternelle lui ont valu une note de 7,5.
Ça a marché, dit Dominic.
"C'est un enfant adorable. Il est l'aîné, dit Pamela. Il s'occupe toujours de moi, de toute la famille, des enfants. Il adore lire. Il adore jouer avec ses frères et sœurs plus jeunes." Dominic pense que les pièces de monnaie sont son "passe-temps le plus normal que l'on publie généralement dans un journal", mais il aime aussi les trains.
Une famille classique
Les quatre enfants les plus âgés de la famille sont scolarisés à la maison "dans la tradition classique", a déclaré William dans un courriel.
Les Fiaccos possèdent un orgue électrique et un piano. Respectueux de la compétence de Dominique à l'orgue, dit Guillaume, je l'attribue au dur labeur surajouté au don de Dieu. Je suis fier qu'il joue avec passion. Qu'il ne cesse de jouer avec passion."
Il a ajouté que le jeu des instruments de musique n'est pas comme un cours rigoureux en preuve mathématique. Elle ne concerne pas l'intellect spéculatif... mais la perfection des mouvements musculaires et de la coordination, le développement du sens du rythme et de l'harmonie. …
Actuellement, Dominique pratique trois heures par jour.
Il n'arrête pas de se demander:"Comment un gamin peut faire ça?"
Dominic avait huit ans quand il a commencé à prendre des leçons de Best. J'ai été un peu hésitant car je n'avais jamais enseigné à quelqu'un d'aussi jeune et il n' a pas pu atteindre les pédales ", dit Best," mais j'ai accepté d'essayer, et le reste est de l'histoire ancienne.
Mais je pense qu' à tout âge, le travail acharné, le dévouement et l'amour de la grande musique produiront des résultats. Le jeu de Dominic montre bien qu'il est passionné par l'orgue, et nous sommes très heureux qu'il le soit!"
Publié le 6 Février 2018

La sainte liturgie va nous fait méditer une des pages les plus célèbres du Nouveau Testament, un passage de la première lettre aux Corinthiens que nous appelons l’hymne à la charité. Et parce que dans la prière de l’Église rien ne se fait par hasard mais tout est ordonné avec sagesse et mesure, nous écoutons ce lumineux enseignent alors que nous nous préparons au combat spirituel du Carême.
Dieu nous aime infiniment parce que Dieu est amour. De toute éternité il est communion parfaite, amour réciproque, incréé et partagé, communauté de lumière et de vie, don et accueil. Dieu est amour parce qu’Il est Trinité. À ce sujet, saint Augustin s’exclamait :
« Tu as vu la Charité, tu as vu la Trinité ! »
S’il nous a créés, c’est par amour. Rien ne l’y obligeait. Et c’est encore par amour qu’il a tout mis en œuvre pour nous sauver, pour nous arracher d’une situation de perdition éternelle dans laquelle nous ont plongés la désobéissance en Adam du genre humain.
Et l’œuvre de la Rédemption ne consiste pas seulement à venir nous chercher sur ce chemin de perte et de désespoir. La mission du Christ est de conduire au Père, c’est-à-dire de nous révéler le mystère même de son Père, et de nous faire participer à cette vie divine, à cet amour éternel, à cette charité qui est le mystère même de Dieu.
Voilà pourquoi la charité est bien autre chose qu’un devoir, qu’un commandement, qu’une obligation morale, que nous pourrions traduire ainsi en langage familier : il s’agit, quand on est chrétien, d’être bien gentil. Il ne s’agit pas de cela. Le Christ lui-même nous demande d’être parfaits comme le Père céleste est parfait. Nous sommes tous appelés par vocation divine à devenir ce que nous avons reçu, à vivre à la hauteur du don qui nous a été fait et communiqué. Cela est impossible ? Cela est disproportionné ? Cela est hors de notre portée.
Effectivement. C’est l’œuvre en nous de sa grâce, c’est le don du Saint Esprit, qui est Seigneur, qui est Dieu et qui nous donne la vie¸ la vie même de Dieu, et ce depuis le jour de notre baptême. Si nous avons été baptisés, c’est pour faire un avec le Christ, dans son mystère de vie et de sainteté, c’est pour adopter les mœurs mêmes de Dieu, sa manière de vivre et d’aimer.
Tous les jours et plusieurs fois par jour, nous prions le Pater, et nous demandons : Adveniat Regnum tuum ! Que votre Règne arrive !
Le Catéchisme du Concile de Trente attire notre attention, en commentant cette deuxième demande du Pater, sur les nombreux obstacles qui existent autour de nous mais en aussi en nous, à l’avènement de ce Royaume : notre péché, nos défauts, nos vices, nos compromissions et nos lâchetés, sans compter les sollicitations d’un monde qui s’éloigne toujours plus des vérités de l’Évangile, et les tentations ou les suggestions du Démon.
Cette demande suppose donc que nous prenions le ferme engagement de nous convertir et de lutter contre le mal. Mais ce combat sera d’autant plus efficace et glorieux que nous mettrons au premier rang la charité divine, l’accueil que Dieu nous porte. Voilà pourquoi, il n’y a pas de conversion sans un désir et un esprit de prière.
Que faisons-nous dans la prière sinon tenir nos cœurs prêts à accueillir l’amour de Dieu, amour qui nous est communiqué par la contemplation aimante et reconnaissante de l’œuvre de Dieu et de son mystère ?
Voilà pourquoi il n’y a pas de prière féconde qui ne commence par un solide acte de foi : nous croyons que Dieu nous aime, nous accueillons la Révélation qu’il fait de Lui par son Fils Jésus, nous contemplons l’œuvre de son amour depuis le premier instant de la création jusqu’au retour du Christ dans la gloire au moment de la résurrection finale.
Nous croyons, nous espérons, et donc nous aimons, ou plutôt le Saint Esprit nous est communiqué pour aimer, c’est-à-dire pour prier en nous. Même notre faiblesse n’est plus obstacle, puisque c’est justement au secours de notre faiblesse que vient le Saint Esprit. Mais si nous n’avons pas cet amour, cette charité, cette présence en nous du Saint-Esprit, tout le reste ne nous sert à rien.
La connaissance des vérités surnaturelles, la participation par la foi à la science même des anges et des bienheureux, le don de nous-même par les œuvres de miséricorde, le zèle apostolique et la générosité au service de nos frères, et spécialement des plus pauvres, tout cela doit être en noue le signe, le fruit, le résultat de la charité. C’est ce que la charité produit en nous ou perfectionne en nous.
Vivre de la charité parfaite, voilà donc l’objectif de notre vie, et donc de notre Carême.
Mais c’est aussi cette charité qui est le grand moyen qui nous est donné pour parvenir au bonheur éternel. Tous nos efforts de conversion sont en vue de cette charité parfaite et tout dans l’Église, sa liturgie, ses œuvres missionnaires et éducatives, sa vie et son activité sont au service de la sainteté de tous les fidèles parce que Dieu est vraiment glorifié lorsque ses créatures répondent à leur vocation. Si la vie religieuse occupe dans l’Église une place centrale, c’est justement parce que les consacrés rappellent au monde l’absolu prééminence de Dieu et de son amour.
Alors, mes bien chers Frères, au moment où nous réfléchissons déjà à nos bonnes résolutions de Carême, demandons-nous bien simplement quelle place dans notre vie occupe la charité, c’est-à-dire l’amour de Dieu.
Seul le Christ nous apprend à aimer vraiment, et par là à accomplir la volonté de salut de son Père. Soyons comme l’aveugle assis à proximité de la ville de Jéricho et qui s’écrie avec persévérance et avec confiance : Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! Le Christ seul peut nous rendre la vue, c’est-à-dire nous guérir de notre aveuglément et de notre endurcissement.
Demandons-lui la grâce de nous combler de son amour pour que nous puissions à notre tour être les missionnaires de la miséricorde divine.
Ainsi soit-il.
rp Laurent Marie .