spiritualite

Publié le 27 Mars 2016

 

"En communion dans le Christ ,  joyeux Alleluia et saintes Fêtes de Pâques"
+ fr Jean Pateau abbé

 

 

 

«Qui nous roulera la pierre?» demandons-nous inquiets. La
pierre du totalitarisme de la culture de mort et de la civilisation
du déchet, la pierre du désespoir, obstacle pour tant d'hommes
sur le chemin vers Jésus, la pierre de nos cœurs où avortent tant d'offrandes, tant de demandes de pardon, où se refroidit, et parfois s'éteint, le feu de la miséricorde

«Je suis ressuscité, et je suis encore avec toi.»
Celui qui est toujours avec nous, celui qui roulera la pierre, c'est le Christ, visage de la Miséricorde de Dieu et pierre angulaire du Royaume à venir, «Royaume de vérité et de vie, Royaume de sainteté et de grâce, Royaume de justice, d'amour et de paix.»

dom Jean Pateau . osb+


vèpres du jour de Pâques .

 

complies du dimanche

 

 

homélies de Pâques - dom Jean Pateau, père abbé de Fontgombault

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 26 Mars 2016

 

À Solesmes, nous vénérons, le lundi de Pâques, la sainte Épine. Exposée dans cet immense reliquaire qu’est le tombeau de Notre Seigneur, la parcelle de la couronne d’épines du Christ est offerte à la vénération de tous ceux qui viennent. La relique est imposée sur la tête du fidèle, tandis que le ministre prononce cette prière : « Que par cette sainte épine, Dieu te libère de tout mal ». Les moines vénèrent la relique après l’office de None, en chantant une antienne grégorienne qui souligne que la couronne d’épine est désormais devenue pour le Christ une couronne royale. Une prière demande que ceux qui vénèrent ici-bas la couronne du Christ méritent d’être couronnés au Ciel avec Lui.

 

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 26 Mars 2016

 

 

 

 

C'était tout juste qu'overblog fonctionne ce week-end.. ! autant prendre les devants.  

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 26 Mars 2016

  le père Henry il était à gauche, et bibi on le mettait en face,  comme par un fait exprès .. que de souvenirs. face au père Abbé, à droite le prieur, à gauche le sous-prieur, quand le père Abbé était prieur, de ces fous rire .parfois. Doit être sérieux maintenant le père prieur. j'y suis pas retourné depuis.

fallait faire attention à pas trop boire ! on était surveillé té ! moi je ne rentrais jamais le dimanche après-midi, sinon les alcootests oulala (faut bien leur expliquer à ces petits orthodoxes dès fois qu'ils aient un russe musicien comme novice, qui sait ! un petit Nikita pour leur prochaine fondation à Moscou  ),

 

 

- Adjutorium + nostrum in nomine Domini

- Qui fecit coelum et terram

- Dominus vobiscum

_ Et cum spiritu tuo .

 

Deus, qui per famulum tuum Moysen, in liberatione populi tui de Aegypto, agnum occidi jussisti in similitudinem Domini nostri Jesu Christi, et utrosque postes domorum de sanguine ejusdem agni perungi praecepisti:  tu bene+dicere et santi+ficare digneris hanc creaturam carnis,, quam nos famili tui ad laudem sumere desideramus.

Per Resurrectionem ejusdem Domini nostri Jesu Christi, qui tecum vivit et regnat in saecula saeculorum.

Amen.

Ô Dieu, qui par votre serviteur Moïse, lors de la libération de votre peuple d'Égypte, avez ordonné de tuer un agneau comme figure de N.S.J.C., et avez commandé de marquer l'un et l'autre jambage des portes des maisons avec le sang de ce même agneau : daignez bénir + et sanctifier + cette créature de chair, que nous désirons consommer à la louange de votre serviteur, par la résurrection du même J.C. N.S., qui vit et règne avec Vous pour les siècles des siècles.

 

 

 

Adjutorium+nostrum in nomine Domini

Qui fecit coelum et terram.

Dominus vobiscum

Et cum spiritu tuo.

 

Oremus

Subveniat, quaesumus, Domine, tuae benedictionis gratia huic ovorum creaturae; ut cibus salubris fiat fidelibus tuis in tuarum gratiarum actione smentibus, ob Resurrectionem Domini nostri Jesu Christi, qui tecum vivit et regnat in saecula saeculorum.

Amen

 

Nous Vous en supplions, Seigneur, donnez votre bénédiction à ces œufs, qu'ils soient pour vos fidèles  une nourriture saine, reçue en action de grâces pour la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Qui vit…


R /. Amen.

 

lle best c'est celui des moines, mais on ne peut pas ramener des plats préparés, ni en commander par internet !  sans compter les gâteaux du jour, rien que d'y penser on se ferait bien moine tiens ! attendre un an pour manger l'agneau pascal, c'est long. dès la sortie de la messe attendre l'heure du repas mais c'est long, oh que c'est long ! combien ont pu souffrir dans ces attentes douloureuses! pire qu'un samedi saint ..

 

 

alalala...

 

bénédiction du pain .

 

 

Orémus.
Domine Jesu Christe, panis Angelorum, panis vivus aetérnae vitae, bene†dicere dignare panem istum, sicut benedixisti quinque panes in desérto : ut omnes ex eo gustantes, inde corporis et animae percipiant sanitatem : Qui vivis et regnas in saecula saeculorum. R/. Amen.

Et aspergatur aqua benedicta.

 

O Seigneur Jésus-Christ, pain des anges, pain vivant de la vie éternelle, daignez bénir ce pain, comme Vous avez béni les cinq pains dans le désert : pour que tous les hommes, en le goûtant, obtiennent la santé du corps et de l'âme, Vous qui vivez…

 

 

Orémus.
Béne†dic, Domine, hos novos fructus N., et praesta : ut, qui ex eis in tuo sancto nomine vescéntur, corporis et animae salute potiantur. Per Christum Dominum nostrum. R/. Amen.

Bénissez, Seigneur, ces fruits nouveaux, N., et accordez le salut du corps et de l’âme à ceux qui les mangeront en votre Saint Nom. Par le Christ notre Seigneur.

 

 

 

Orémus.
Domine Deus omnipotens, cui astat exércitus Angelorum cum tremore, quorum servitium spirituale cognoscitur, dignare respicere, bene†dicere,  et sancti†ficare hanc creaturam olei, quam ex olivarum succo eduxisti, et ex eo infirmos inungi mandasti, quatenus sanitate percépta, tibi Deo vivo et vero gratias agerent : praesta, quaesumus ; ut hi, qui hoc oleo quod in tuo nomine bene†dicimus, usi fuerint, ab omni languore, omnique infirmitate, atque cunctis insidiis inimici liberéntur, et cunctae adversitates separéntur a plasmate tuo, quod pretioso sanguine Filii tui redemisti, ut numquam laedatur a morsu antiqui serpéntis. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum : Qui tecum vivit et regnat in unitate Spiritus Sancti Deus, per ommia saecula saeculorum. R/ Amen.

 

O Seigneur, Dieu Tout-Puissant, Vous devant qui se tient l’armée tremblante des Anges, dont Vous connaissez le service spirituel, daignez regarder, bénir et sanctifier cette huile, que Vous avez tiré des olives, et dont Vous avez ordonné d’oindre les malades, afin qu’ayant recouvré la santé, Ils Vous rendent leurs actions de grâces, à Vous, Dieu vivant et vrai. Nous Vous en prions, faites que ceux qui feront usage de cette huile soient délivrés de toute maladie, de toute faiblesse, des attaques de l'ennemi, et de toutes les adversités qui séparent de Vous votre créature, que Vous avez rachetée par le sang précieux de Votre Fils, afin qu’elle ne subisse jamais la morsure de l’antique serpent. Par le même Jésus-Christ…

 

 

Pour le parisien, il doit y avoir une bénédiction pour la bière nouvelle, mais je ne la connais pas, un rituel spécial .

 le jour de Pâques tout est nouveau, alors on bénit tout ... même le bétail !

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 25 Mars 2016

 

 

On peut dire que le Saint-Suaire est l’Icône de ce mystère, l’Icône du Samedi Saint.

En effet, il s’agit d’un linceul qui a enveloppé la dépouille d’un homme crucifié correspondant en tout point à ce que les Evangiles nous rapportent de Jésus, qui, crucifié vers midi, expira vers trois heures de l’après-midi. Le soir venu, comme c’était la Parascève, c’est-à-dire la veille du sabbat solennel de Pâques, Joseph d’Arimathie, un riche et influent membre du Sanhédrin, demanda courageusement à Ponce Pilate de pouvoir enterrer Jésus dans son tombeau neuf, qu’il avait fait creuser dans le roc à peu de distance du Golgotha. Ayant obtenu l’autorisation, il acheta un linceul et, ayant descendu le corps de Jésus de la croix, l’enveloppa dans ce linceul et le déposa dans le tombeau (cf. Mc 15, 42-46). C’est ce que rapporte l’Evangile de saint Marc, et les autres évangélistes concordent avec lui. A partir de ce moment, Jésus demeura dans le sépulcre jusqu’à l’aube du jour après le sabbat, et le Saint-Suaire de Turin nous offre l’image de ce qu’était son corps étendu dans le tombeau au cours de cette période, qui fut chronologiquement brève (environ un jour et demi), mais qui fut immense, infinie dans sa valeur et sa signification.

Le Samedi Saint est le jour où Dieu est caché, comme on le lit dans une ancienne Homélie: « Que se passe-t-il? Aujourd’hui, un grand silence enveloppe la terre. Un grand silence et un grand calme. Un grand silence parce que le Roi dort… Dieu s’est endormi dans la chair, et il réveille ceux qui étaient dans les enfers » (Homélie pour le Samedi Saint, PG 43, 439). Dans le Credo, nous professons que Jésus Christ « a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers. Le troisième jour est ressuscité des morts ».

 

Chers frères et sœurs, à notre époque, en particulier après avoir traversé le siècle dernier, l’humanité est devenue particulièrement sensible au mystère du Samedi Saint.

Dieu caché fait partie de la spiritualité de l’homme contemporain, de façon existentielle, presque inconsciente, comme un vide dans le cœur qui s’est élargi toujours plus. Vers la fin du xix siècle, Nietzsche écrivait: « Dieu est mort! Et c’est nous qui l’avons tué! ». Cette célèbre expression est, si nous regardons bien, prise presque à la lettre par la tradition chrétienne, nous la répétons souvent dans la Via Crucis, peut-être sans nous rendre pleinement compte de ce que nous disons. Après les deux guerres mondiales, les lager et les goulag, Hiroshima et Nagasaki, notre époque est devenue dans une mesure toujours plus grande un Samedi Saint: l’obscurité de ce jour interpelle tous ceux qui s’interrogent sur la vie, et de façon particulière nous interpelle, nous croyants. Nous aussi nous avons affaire avec cette obscurité.

 

Et toutefois, la mort du Fils de Dieu, de Jésus de Nazareth a un aspect opposé, totalement positif, source de réconfort et d’espérance. Et cela me fait penser au fait que le Saint-Suaire se présente comme un document « photographique », doté d’un « positif » et d’un « négatif ». Et en effet, c’est précisément le cas: le mystère le plus obscur de la foi est dans le même temps le signe le plus lumineux d’une espérance qui ne connaît pas de limite.

Le Samedi Saint est une « terre qui n’appartient à personne » entre la mort et la résurrection, mais dans cette « terre qui n’appartient à personne » est entré l’Un, l’Unique qui l’a traversée avec les signes de sa Passion pour l’homme: « Passio Christi. Passio hominis ». Et le Saint-Suaire nous parle exactement de ce moment, il témoigne précisément de l’intervalle unique et qu’on ne peut répéter dans l’histoire de l’humanité et de l’univers, dans lequel Dieu, dans Jésus Christ, a partagé non seulement notre mort, mais également le fait que nous demeurions dans la mort. La solidarité la plus radicale.

Dans ce « temps-au-delà-du temps », Jésus Christ « est descendu aux enfers ». Que signifie cette expression?

Elle signifie que Dieu, s’étant fait homme, est arrivé au point d’entrer dans la solitude extrême et absolue de l’homme, où n’arrive aucun rayon d’amour, où règne l’abandon total sans aucune parole de réconfort: « les enfers ».

Jésus Christ, demeurant dans la mort, a franchi la porte de cette ultime solitude pour nous guider également à la franchir avec Lui.

Nous avons tous parfois ressenti une terrible sensation d’abandon, et ce qui nous fait le plus peur dans la mort, est précisément cela, comme des enfants, nous avons peur de rester seuls dans l’obscurité, et seule la présence d’une personne qui nous aime peut nous rassurer.

Voilà, c’est précisément ce qui est arrivé le jour du Samedi Saint: dans le royaume de la mort a retenti la voix de Dieu.

L’impensable a eu lieu: c’est-à-dire que l’Amour a pénétré « dans les enfers »: dans l’obscurité extrême de la solitude humaine la plus absolue également, nous pouvons écouter une voix qui nous appelle et trouver une main qui nous prend et nous conduit au dehors. L’être humain vit pour le fait qu’il est aimé et qu’il peut aimer; et si dans l’espace de la mort également, a pénétré l’amour, alors là aussi est arrivée la vie.

A l’heure de la solitude extrême, nous ne serons jamais seuls: « Passio Christi. Passio hominis ».

 

Tel est le mystère du Samedi Saint!

 

Précisément de là, de l’obscurité de la mort du Fils de Dieu est apparue la lumière d’une espérance nouvelle: la lumière de la Résurrection.

Et bien, il me semble qu’en regardant ce saint linceul avec les yeux de la foi, on perçoit quelque chose de cette lumière. En effet, le Saint-Suaire a été immergé dans cette obscurité profonde, mais il est dans le même temps lumineux; et je pense que si des milliers et des milliers de personnes viennent le vénérer, sans compter celles qui le contemplent à travers les images – c’est parce qu’en lui, elles ne voient pas seulement l’obscurité, mais également la lumière; pas tant l’échec de la vie et de l’amour, mais plutôt la victoire, la victoire de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine; elles voient bien la mort de Jésus, mais elles entrevoient sa Résurrection; au sein de la mort bat à présent la vie, car l’amour y habite. Tel est le pouvoir du Saint-Suaire: du visage de cet « Homme des douleurs », qui porte sur lui la passion de l’homme de tout temps et de tout lieu, nos passions, nos souffrances, nos difficultés, nos péchés également – « Passio Christi. Passio hominis » – de ce visage émane une majesté solennelle, une grandeur paradoxale.

Ce visage, ces mains et ces pieds, ce côté, tout ce corps parle, il est lui-même une parole que nous pouvons écouter dans le silence. Que nous dit le Saint-Suaire? Il parle avec le sang, et le sang est la vie! Le Saint-Suaire est une Icône écrite avec le sang; le sang d’un homme flagellé, couronné d’épines, crucifié et transpercé au côté droit. L’image imprimée sur le Saint-Suaire est celle d’un mort, mais le sang parle de sa vie. Chaque trace de sang parle d’amour et de vie. En particulier cette tâche abondante à proximité du flanc, faite de sang et d’eau ayant coulé avec abondance par une large blessure procurée par un coup de lance romaine, ce sang et cette eau parlent de vie. C’est comme une source qui murmure dans le silence, et nous, nous pouvons l’entendre, nous pouvons l’écouter, dans le silence du Samedi Saint.

 

Benoit XVI

 

ad laudes

 

 

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Publié le 25 Mars 2016

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à complies.

 

 

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Publié le 25 Mars 2016

 

 

st Benoît priez pour nos moines .

En union de prières avec toute la

congrégation de Solesmes.

 

 

 

.

 

 

 

Veni, creator, Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.


Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei.
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.

Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.


Accende lumen sensibus
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.

 

Hostem repellas longius
Pacemque dones protinius ;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.

 

Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.

 

Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
Amen.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 24 Mars 2016

 

 

 

 

En union de prières aux intentions

de toute l'Eglise universelle.

Sainte fête au sacerdoce.

 

homélie du Révérend Père Abbé de

Fontgombault

 

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 24 Mars 2016

 

 

 

 

Le Jeudi Saint n’est pas seulement le jour de l’institution de la Sainte Eucharistie, dont la splendeur irradie certainement tout le reste et, pour ainsi dire, l’attire à elle. La nuit obscure du Mont des Oliviers vers lequel Jésus sort avec ses disciples, fait aussi partie du Jeudi Saint ; en font partie la solitude et l’abandon de Jésus, qui, en priant, va vers la nuit de la mort ; en font partie la trahison de Juda et l’arrestation de Jésus, ainsi que le reniement de Pierre ; l’accusation devant le Sanhédrin et la remise aux païens, à Pilate. Cherchons en cette heure à comprendre plus profondément quelque chose de ces événements, car en eux se déroule le mystère de notre Rédemption.

Jésus sort dans la nuit.

La nuit signifie le manque de communication, une situation où l’on ne se voit pas l’un l’autre. Elle est un symbole de la non-compréhension, de l’obscurcissement de la vérité. Elle est l’espace où le mal qui, devant la lumière, doit se cacher, peut se développer. Jésus lui-même est la lumière et la vérité, la communication, la pureté et la bonté. Il entre dans la nuit. En dernière analyse, la nuit est le symbole de la mort, de la perte définitive de communion et de vie.

Jésus entre dans la nuit pour la vaincre et pour inaugurer le nouveau jour de Dieu dans l’histoire de l’humanité.

 

Durant ce parcours, il a chanté avec ses Apôtres les Psaumes de la libération et de la rédemption d’Israël, qui commémoraient la première Pâque en Égypte, la nuit de la libération.

Maintenant, il va, comme il a l’habitude de le faire, pour prier seul, et pour parler comme Fils avec son Père. Toutefois, contrairement à l’accoutumée, il veut avoir à ses côtés trois disciples : Pierre, Jacques et Jean. Ce sont les trois qui avaient fait l’expérience de la Transfiguration – la manifestation lumineuse de la gloire de Dieu dans sa figure humaine – et qui l’avaient vu au centre, entre la Loi et les Prophètes, entre Moïse et Elie. Ils avaient entendu comment il parlait avec tous les deux de son « exode » à Jérusalem. L’exode de Jésus à Jérusalem – quelle parole mystérieuse !

 

L’exode d’Israël de l’Égypte avait été l’événement de la fuite et de la libération du Peuple de Dieu.

Quel aspect aurait eu l’exode de Jésus, où le sens de ce drame historique aurait dû s’accomplir définitivement ? Les disciples devenaient désormais les témoins de la première partie de cet exode – de l’humiliation extrême, qui était toutefois le pas essentiel de la sortie vers la liberté et la vie nouvelle, vers lesquelles tend l’exode. Les disciples, dont Jésus cherchait la proximité en cette heure de tourment extrême comme un peu de soutien humain, se sont vite endormis. Ils entendaient toutefois des fragments des paroles de la prière de Jésus et ils observaient son comportement. Ces deux choses se gravèrent profondément dans leur esprit et ils les transmirent pour toujours aux chrétiens. Jésus appelle Dieu « Abba ». Cela veut dire – comme ils ajoutent – « Père ». Ce n’est pourtant pas la forme usuelle pour la parole « père », mais bien une parole du langage des enfants – une parole d’affection avec laquelle on n’osait pas s’adresser à Dieu. C’est le langage de Celui qui est vraiment « enfant », Fils du Père, de Celui qui se trouve dans la communion avec Dieu, dans la plus profonde unité avec Lui.

Si nous nous demandons en quoi consiste l’élément le plus caractéristique de la figure de Jésus dans les Évangiles, nous devons dire : c’est son rapport avec Dieu. Il est toujours en communion avec Dieu.

Le fait d’être avec le Père est le cœur de sa personnalité. Par le Christ, nous connaissons vraiment Dieu. « Dieu, personne ne l’a jamais vu », dit saint Jean. Celui « qui est dans le sein du Père … l’a révélé » (1, 18). Maintenant, nous connaissons Dieu tel qu’il est vraiment. Il est Père, et cela, dans une bonté absolue à laquelle nous pouvons nous confier. L’évangéliste Marc, qui a conservé les souvenirs de saint Pierre, nous raconte qu’à l’appellation « Abba », Jésus a encore ajouté : Tout est possible pour toi. Toi tu peux tout (cf. 14, 36). Celui qui est la Bonté, est en même temps pouvoir, il est tout-puissant. Le pouvoir est bonté et la bonté est pouvoir. De la prière de Jésus sur le Mont des Oliviers, nous pouvons apprendre cette confiance.

Avant de réfléchir sur le contenu de la demande de Jésus, nous devons encore porter notre attention sur ce que les Évangélistes nous rapportent au sujet du comportement de Jésus durant sa prière. Matthieu et Marc nous disent qu’il « tomba la face contre terre » (Mt 26, 39 ; cf. Mc 14, 35), adoptant ainsi l’attitude d’une soumission totale ; ce qui a été conservé dans la liturgie romaine du Vendredi Saint. Luc, au contraire, nous dit que Jésus priait à genoux. Dans les Actes des Apôtres, il parle de la prière à genoux des saints : Étienne durant sa lapidation, Pierre dans le contexte de la résurrection d’un mort, Paul sur la route vers le martyre. Luc a ainsi relaté une petite histoire de la prière à genoux dans l’Église naissante. Les chrétiens, par leur agenouillement, entrent dans la prière de Jésus sur le Mont des Oliviers.

Devant la menace du pouvoir du mal, eux, parce qu’ils sont agenouillés, sont droits devant le monde, mais ils sont à genoux devant le Père parce qu’ils sont fils. Devant la gloire de Dieu, nous chrétiens nous nous mettons à genoux et nous reconnaissons sa divinité, mais nous exprimons aussi dans ce geste notre confiance qu’il triomphe.

 

Jésus lutte avec le Père. Il lutte avec lui-même. Et il lutte pour nous. Il fait l’expérience de l’angoisse devant le pouvoir de la mort.

Avant tout, c’est simplement le bouleversement de l’homme, ou même, de toute créature vivante, en présence de la mort. En Jésus, au contraire, il y a quelque chose de plus. Il étend son regard sur les nuits du mal. Il voit l’insalubre marée de tout le mensonge et de toute l’infamie, qui vient à sa rencontre dans cette coupe qu’il doit boire. C’est le bouleversement de Celui qui est totalement Pur et Saint face au flot du mal de ce monde, qui se déverse sur Lui. Il me voit aussi et il prie aussi pour moi. Ainsi, ce moment d’angoisse mortelle de Jésus est un élément essentiel dans le processus de la Rédemption.

 

C’est pourquoi, la Lettre aux Hébreux a qualifié d’événement sacerdotal, la lutte de Jésus sur le Mont des Oliviers. Dans cette prière de Jésus, empreinte d’angoisse mortelle, le Seigneur remplit la fonction du prêtre : Il prend sur lui le péché de l’humanité, nous tous, et nous porte auprès du Père.

 

Enfin, nous devons aussi prêter attention au contenu de la prière de Jésus sur le Mont des Oliviers. Jésus dit : « Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Mc 14, 36).

La volonté naturelle de l’Homme-Jésus effrayée face à une chose si énorme recule. Toutefois, en tant que Fils, il dépose cette volonté humaine dans la volonté du Père : non pas moi, mais toi. Par cela, Il a transformé le comportement d’Adam, le péché primordial de l’homme, guérissant ainsi l’homme. L’attitude d’Adam avait été : Non pas ce que tu veux toi, Dieu ; moi-même je veux être dieu.

Cet orgueil est la vraie essence du péché. Nous pensons être libres et vraiment nous-mêmes, seulement quand nous suivons exclusivement notre volonté. Dieu apparaît comme le contraire de notre liberté. Nous devons nous libérer de Lui, – c’est notre pensée – alors seulement nous serons libres.

C’est cette rébellion fondamentale qui traverse l’histoire et le mensonge profond qui dénature notre vie. Quand l’homme s’érige contre Dieu, il s’érige contre sa propre vérité et par conséquent, il ne devient pas libre, mais aliéné par lui-même. Nous sommes libres seulement quand nous sommes dans notre vérité, quand nous sommes unis à Dieu. Alors, nous devenons vraiment « comme Dieu » - non pas en nous opposant à Dieu, non pas en nous débarrassant de Lui ou en Le reniant. Dans la lutte durant sa prière sur le Mont des Oliviers, Jésus a dénoué la fausse contradiction entre l’obéissance et la liberté, et il a ouvert le chemin vers la liberté.

Demandons au Seigneur de nous introduire dans ce « oui » à la volonté de Dieu et de nous rendre ainsi vraiment libres.

 

Amen.

 

Benoît XVI

 

 

 

office des laudes - de lamentatione jeremiae prophetae. 

 

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Rédigé par Philippe

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