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Publié le 19 Novembre 2015

 

 

Moine au monastère Saint-Paul, avec des racines iraniennes, nous dit pourquoi Orient et islam ne sont pas synonymes, pourquoi des moines de la Laure de la Trinité-Saint-Serge se rendent sur le Mont Athos et comment on peut vivre quatorze ans entre les murs d’un même monastère sans s’ennuyer

 

Ça ne s’est pas fait tout de suite et ça n’a pas été simple, jugez vous-même : mon père était communiste, et en plus avec des racines musulmanes. C’est pourquoi ma mère avait peur de nous baptiser, mon frère et moi. Jusqu’à notre majorité nous avons grandi incroyants. J’ai reçu le baptême à 22 ans, à Touapsé dans notre église paroissiale de l’Exaltation-de-la-Sainte-Croix la veille de Noël 1990.

J’ai toujours été attiré par la culture orientale — cela vient certainement de mes racines. Aujourd’hui, lorsqu’on dit « Orient », « l’Orient est un problème délicat » les gens, malheureusement, pensent toujours culture de l’islam.

Mais l’Orient c’est avant tout une culture chrétienne, cette culture qui de tous temps a rayonné en Mésopotamie, en Syrie, en Palestine et en Égypte. Du point de vue culturel la région de la Mésopotamie, de la Perse, a toujours été très développée, c’était le centre de la civilisation du Monde antique. Les Grecs, alors, s’en distinguaient très nettement. Si au centre de la conception du monde des orientaux s’est toujours trouvé Dieu (vrai ou faux, mais Dieu) et personne ne pouvait prendre Sa place, au centre du monde chez les Grecs se trouvait l’homme, peut-être déifié (comme Héraclès), mais toujours homme. Bien sûr, les racines de la religion et de la culture chrétiennes sont orientales.

 

Aujourd’hui, les touristes russes qui se rendent dans les stations balnéaires sont convaincus que la culture orientale c’est le paganisme, les pyramides, etc. Alors que c’est en Orient que se sont maintenues de très nombreuses vraies traditions spirituelles. Le peuple juif, par exemple, a été le gardien de profondes traditions spirituelles anciennes.

D’où vient le culte de la mémoire des ancêtres ?

Il vient de la vénération des saintes personnes — ancêtres et patriarches de l’antiquité : Adam, Noé, Abraham, prophètes et justes. Et dans ce culte des ancêtres, il n’y a rien d’extraordinaire. Simplement chez les païens ce culte s’est transformé en culte d’ancêtres déifiés, devenus pour eux des dieux. C’est l’Église orthodoxe qui a gardé les anciennes et authentiques traditions spirituelles de l’Orient. Pour l’essentiel, les Églises locales orientales à population grecque.

J’ai toujours été attiré par cette culture et je voulais apprendre le grec. Après ma tonsure, nous sommes allés, un groupe de moines de la Laure de la Trinité-Saint-Serge, en Terre Sainte où nous nous sommes rendus à la Laure Saint-Sabbas-le-Consacré. C’est là que j’ai pour la première fois été confronté à l’authentique tradition monacale orientale et j’en ai été profondément marqué. En Russie, nous pensions qu’il n’y avait plus de telles règles, qu’on ne pouvait plus les connaître que par les antiques vies de saints et synaxaires.

 

Marie l’Égyptienne, Antoine le Grand…

Oui, et là nous avons vu tout cela de nos propres yeux : les moines qui se lèvent la nuit pour prier, célébrer les offices, qui observent les jeûnes les plus stricts.Et tout autour, le désert.
Comme dans l’Antiquité. Ensuite, je suis allé pour la première fois au Mont Athos, puis une nouvelle fois, et là est apparu mon désir de m’y installer et d’y poursuivre ma vie monacale.

 

Depuis combien de temps êtes-vous au Mont Athos ?

Quatorze ans.

Je suis venu deux fois au Mont Athos, pour deux-trois jours à chaque fois. Bien sûr, cet autre mode de vie, cette autre réalité sont impressionnants. Mais je me prends à penser que j’y suis resté un touriste et que je n’ai vu que le côté extérieur de la vie athonite, même si elle est colorée et romantique. Mais, c’est une chose que de rester deux-trois nuits, de prier, de faire des photos et de rentrer en avion à Moscou et d’y retrouver sa vanité ordinaire.

C’en est une autre de rester définitivement ici. Tout y est mesure, train-train, monotonie, et ça pendant quatorze ans… comment ne pas s’y ennuyer ?


Ce n’est pas ainsi. Nous sommes aussi des hommes, comme vous et moi. Imaginons que je vienne à Moscou pour un mois, votre vie y est aussi monotone. Mais tout chez vous est tromperie, ici tout est stable. Nous avons des jours ordinaires et des jours de fête. Il est vrai que ce ne sont pas des distractions : les jours de fête, les moines prient et combattent encore plus. Parce qu’ici aux jours de fête sont liées les vigiles.

Qui paraissent interminables....

La nuit, les offices durent quelque six ou sept heures.

Effectivement, la vie athonite doit être ressentie. En quoi consiste cette « monotonie » monacale, cette ascèse ? Elles doivent mener l’homme hors du terrestre et le conduire au ciel, l’empêcher de se perdre dans les choses de la terre, comme au théâtre, au cinéma ou à la discothèque où il vit une explosion d’émotions.

Toute notre vie est une succession d’explosions d’émotions et de souffrances. Nous nous occupons aussi de choses à nos yeux utiles, nous écrivons des articles importants, nous donnons des fois un coup de main, nous faisons quelque chose pour la société. Ainsi passe notre vie. Nos reportages seront oubliés, nous-mêmes serons oubliés. Alors pourquoi tout ça ?

 

Sur l’embarcadère, nous avons une cellule où vit un moine qui surveille ce que l’on emporte du monastère sur les bateaux. Autrefois y habitaient deux anciens, deux frères. L’un d’eux, le père Nicéphore, a vécu plus de trente ans au monastère. Avant, il avait travaillé aux États-Unis, et à une cinquantaine d’années il est venu ici et a vécu ses dernières années (une dizaine) dans cette cellule sur l’embarcadère. Quand il est tombé malade (il avait une maladie cardiaque progressive), on l’a pris au monastère. Il gisait à l’infirmerie, gémissait, en fait, il mourait. En tant que prêtre, je lui rendais souvent visite : tous les jours de fête et les dimanches, nous avons l’habitude de porter la communion à nos anciens.

Et une fois il m’a dit : « Papá ! (c’est ainsi qu’en Grèce on dit aux prêtres, c’est-à-dire « père »), Papá, le plus important c’est l’âme, pense à ton âme ! Tout le reste n’est que broutille, ne signifie rien ! »

Cet homme qui quittait le monde (il était né en Grèce, avait vécu aux États-Unis et avait fini sa vie moine au Mont Athos), au seuil de la mort, m’a dit ce que deux mille ans auparavant a dit le Christ : l’homme peut acquérir le monde, mais s’il a perdu son âme, il n’acquerra rien et même se perdra soi-même.

C’est pourquoi la vie au Mont Athos s’est organisée au cours des siècles pour que l’homme, qui par la tonsure a décidé de vouer sa vie à Dieu, vise à l’essentiel : prendre soin de son âme et s’amender.

Oui, dans un certain sens, la vie athonite est monotone, mais quand on se trouve aux côtés de Celui qu’on aime, la vie ne peut pas être monotone.

Même dans le monde, quand on aime une femme, on ne s’ennuie jamais à ses côtés. On est toujours bien auprès d’elle, quelle que soit la vie autour. C’est la même chose pour le moine, se trouvant aux côtés de Dieu, aux côtés du Christ, il baigne dans la joie. Et cette joie, cet élan vers Dieu, embellit la routine de notre vie quotidienne. Le moine ne prête pas attention à ce qu’il mange, à là où il dort. Tout lui est acceptable, beau.

Au contraire, si vous êtes malade et de vilaine humeur, rien ne vous réjouit, même si vous êtes dans un palais et s’il l’on vous donne les mets les plus succulents. Combien est pénible et sans joie l’existence de celui dont l’âme est un enfer et qui a perdu le sens de sa vie.

 

Le vide.

Oui, le vide. D’abord l’homme a tout pris de la vie.

Mais ça, il l’a en quelque sorte payé. Parce que la vie ne donne jamais rien gratuitement. Il l’a payé de ses forces spirituelles, de sa santé spirituelle. Et résultat, il est malheureux.

Il a épuisé les forces de son esprit, de son âme à ces choses qui ne lui ont apporté que dévastation. Il n’a rien érigé.

Si l’homme n’a pas planté un arbre, construit une maison, fondé une famille, il n’a rien fait, il est malheureux… Parce que Dieu a créé l’homme à Son image, de Créateur.

 

SOURCE
 

si un moderno me parlait comme ça, j'irais tout de suite dans son église, à l'église d'à côté. 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 19 Novembre 2015

 

 

 Bienheureux les miséricordieux,
parce qu'ils obtiendront miséricorde. »

(Matth, V, 7)

 

La miséricorde n'est pas la simple charité fraternelle, laquelle étend à tous son effet : la bienfaisance. La charité est universelle, elle fait le bien sans acception de personnes; on peut faire du bien à son supérieur ou à un riche, qui ne sont pas pour autant des « misérables ». Nous distinguons donc déjà la miséricorde d'avec la charité.

La miséricorde n'est point l'aumône. L'aumône est un acte de la miséricorde: une âme miséricordieuse met son activité à faire l'aumône. Nous savons qu'il y a sept espèces de miséricorde corporelle et sept espèces de miséricorde spirituelle. Mais les aumônes corporelles, qui ont pour but le corps, vont très facilement plus loin, jusqu'à l'âme, qui est spirituelle.

La miséricorde n'est pas non plus la simple bonté qui est quelque chose de plus général.

La miséricorde est un sentiment de pitié qui nous est inspiré par la charité, et qui nous incline vers le misérable, vers celui qui manque de tout, soit au point de vue temporel soit au point de vue spirituel.

 

  ah bon? j'ignorais ...

 

Il n'y a pas de miséricorde sans misérables. C'est le misérable qui éveille le sentiment de miséricorde, lequel doit être régularisé par la prudence, et adopté par la charité, pour que l'amour de Dieu en soit le moteur.

La miséricorde est une nuance excellente de la charité fraternelle; c'est en elle que l'amour de nos frères donne son plein; pour être miséricordieux il faut aimer davantage son prochain que pour être simplement bon et charitable.

 

La miséricorde vise toute espèce de misères, physiques, morales ou intellectuelles; elle s'applique à remédier à cette misère, à combler le vide creusé par cette misère. Pour remédier à une grande misère, il faut être riche, puissant, supérieur. Un acte de bienveillance pour une personne agréable est une charité, mais qui n'est pas difficile.

Quand on se trouve en face d'un abîme et qu'on entreprend de le combler, quand on veut aller au secours d'une âme pour la tirer de la misère, c'est un acte de charité spécial et excellent, qui suppose que l'on possède en abondance des trésors de bonté, et, dans son activité, de quoi secourir de grands maux.

 

Pour cette raison, au dire même de saint Thomas, la miséricorde est l'acte le plus propre, le plus spécial de Dieu. En effet, Dieu est l'Etre supérieur par excellence, rien ne lui manque. Quand il regarde vers la pauvre créature, il est incliné à lui venir en aide, parce qu'il est riche, bon: la misère attire le don de la divine surabondance. Tout est misérable pour Dieu, même les anges, si cependant on excepte les anges béatifiés et les saints bienheureux, parce qu'ils sont maintenant comblés, tout a besoin de Dieu. Il faut qu'à toute chose Dieu communique l'être et qu'il subvienne aux besoins de tout ce qui existe. Il convient à Celui qui a créé ce pauvre monde de se pencher vers lui dans un sentiment d'amour, qui est de pure miséricorde.

Toutes nos bontés n'atteignent pas la noblesse de cet Amour qui, n'ayant besoin de rien, s'incline vers celui qui a besoin de tout, pour lui donner tout.

Nous voyons ainsi que la miséricorde diffère de la douceur. La douceur nous fait contenir en nous ce que nous pouvons avoir de fâcheux, de mauvais, de méchant, d'irritable, afin qu'il ne sorte de nous que des actions suaves et bonnes pour le prochain quel qu'il soit.

Elle nous inspire d'abord de nous corriger nous mêmes, de polir nos mœurs et d'apaiser nos passions pour ensuite aller aux autres avec suavité et gagner leurs cœurs. Elle est de règle vis-à-vis de tout le monde.

La miséricorde, au contraire, est une charité qui se propose de venir en aide aux seuls misérables, et de même que la douceur ne suppose pas toujours la misère qui est indispensable à la miséricorde, la miséricorde à son tour n'exige pas toujours la « correction* » intérieure, dont ne peut se passer la douceur.

Adressons-nous à l'Esprit-Saint toutes les fois que nous avons besoin d'être miséricordieux, pour voir juste pour notre intérêt, pour celui des autres; tendons notre voile pour nous mettre sous son action, et n'abordons ni ne poursuivons aucune œuvre de miséricorde, sans avoir recours constamment à son bon Conseil.

 

rp Garrigou Lagrange.

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Publié le 18 Novembre 2015

 

 

 

La bienheureuse Vierge Marie est proclamée ROSE : comme les plants de roses de Jéricho (Siracide 24,14).

Jéricho signifie « lune » et représente l’Église militante laquelle, jusqu’à ce qu’elle se trouve dans ce monde, présente de nombreux défauts. Dans cette Jéricho, c’est-à-dire dans l’Église militante, Marie fut plantée et constituée médiatrice entre Dieu et nous. Nous allons considérer divers aspects de la rose.


D’abord, ses qualités.

 

La rose est, à la fois, chaude et froide.

 

Froide dans ses feuilles, chaude dans sa semence, elle tempère avec la « fraîcheur des feuilles » les passions ardentes, et avec la « chaleur des graines » elle tempère les passions froides. La rose est, de plus, aqueuse et tout humide, c’est-à-dire pleine de rosée, et cette rosée qui demeure cachée à l’intérieur, est éliminée par la chaleur du soleil et du feu. Plus la rose est triturée, plus son parfum exhale la douceur. Enfin, la rose naît au milieu des épines mais elle n’imite pas la nature des épines. De par ces quatre qualités, Marie est comparée à la rose.

 

Quelques-uns sont froids dans l’amour de Dieu. Marie guérit cette froideur, en enflammant leur cœur avec l’amour de Dieu : Il n’aura pas à craindre, pour sa maison, la rigueur de la neige ; tous « les membres de sa famille » sont pourvus d’un double vêtement (Proverbes 21, 21).

La froideur de la neige est celle du cœur, mais contre cette froideur Marie prémunit les membres de sa famille, c’est-à-dire ses fidèles, d’un double vêtement : la charité envers Dieu et envers le prochain. D’autres sont chauds, c’est-à-dire brûlés par le feu de la concupiscence. Mais la bienheureuse Vierge Marie guérit de cette passion, parce qu’elle éteint le feu de la concupiscence en répandant la rosée d’une grâce rafraîchissante : La rosée qui dégage de la chaleur rendra doux (Siracide 43, 23).

 

Marie est tout humide de rosée, c’est-à-dire pleine de l’Esprit Saint, comme l’a dit l’ange : Salut, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ! (Luc 1, 28). Et nous, nous obtenons de Marie la rosée de la grâce divine, lorsque nous l’implorons de nos désirs fervents. Cette émission de chaleur advient aussi bien du soleil que du feu. Soleil est le Christ : Pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de justice (Malachie 3, 20). Le Saint-Esprit est Feu : Je suis venu apporter le feu sur la terre (Luc 12, 49).


Donc, quand nous nous approchons passionnément d’elle, du moment que s’y trouve le Soleil de justice et que Marie l’a accueilli dans son propre sein, nous recevons la rosée de la grâce en vertu du Soleil.

Quand ardemment nous nous approchons d’elle, du moment que le feu de l’Esprit Saint l’a purifiée et enveloppée, alors en vertu du feu nous obtenons d’elle la rosée de la grâce. Et cette ferveur, Marie la provoque en nous, même si elle ne nous en prévient pas : Elle prévient ceux qui la désirent et se montre à eux la première (Sagesse 6, 13).


Marie fut broyée, affligée par des tribulations et plus ces tribulations étaient immenses, plus elle exhalait de doux parfums. Réfugiée en Égypte, d’elle émana le parfum de patience ; lors de la passion de son Fils, elle-même transpercée par l’épée, exhala le parfum d’une foi parfaite ; dans ses autres souffrances, elle exhala l’arôme de la compassion ; lors des vexations causées par les juifs, se répandit le parfum d’action de grâces ; après l’ascension du Christ, dans la souffrance causée par son absence, s’exhala le parfum du saint désir et de la dévotion.


Dans un sillage de parfums si extraordinaires, chacun d’entre nous doit courir, entraîné par le désir et les bonnes œuvres : Entraîne-moi ! Nous te suivrons en courant dans le sillage de tes parfums ! (Cantique des cantiques 1, 3).

 

Marie naquit d’un buisson épineux de juifs mais n’en imita pas les exemples ; c’est pourquoi l’Église chante : « Comme l’épine donne naissance à la rose, ainsi la Judée donna naissance à Marie. » Les juifs sont fiers, Marie est extrêmement humble ; eux sont pleins de mauvaises habitudes, elle, débordante de grâce. Le fait que les juifs soient avides des choses d’ici-bas, et Marie, extrêmement avide de réalités célestes, fit dire à David, son père : Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille, oublie ton peuple et la maison de ton père (Psaume 45, 11).

Marie oublia son peuple et la maison de son père, parce qu’elle n’en suivit par les comportements. Cette rose, en effet, naquit de l’épineuse Ève, mais n’en suivit pas la nature. Bernard de Clairvaux s’exclame : « Ô Vierge, noble bâton de Jessé, grâce à laquelle se récupéra dans la branche ce qui avait été perdu dans la racine ! Ramification d’amertume, Ève ; ramification d’éternelle douceur, Marie. Merveilleuse et abyssale munificence de la sagesse divine qu’un tel bourgeon surgisse d’une presque même racine, une telle fille d’une telle mère, une telle liberté d’une humiliante servitude ; une semblable impératrice d‘une telle prisonnière ; d’une épine si aride, une rose si florissante. »

La rose peut aussi se considérer quant à sa ravissante beauté : elle comble de bonheur la vue, l’odorat, le goût, et le toucher.

 

La bienheureuse Vierge Marie comble notre vue spirituelle par son charme, parce que son visage est tellement plein de grâce : Elle était, en effet, très belle, d’une beauté indescriptible, appréciée aux yeux de tous et on ne peut plus aimable (Esther 2, 15). Elle comble les anges parce que son visage est exceptionnellement délicat : Tous les riches du peuple seront fascinés par ton visage (Psaume 44, 13). Les riches du peuple sont les anges qui plus que tous les autres possèdent la richesse du règne céleste. Et Marie comble de bonheur le Christ lui-même, parce que son visage est on ne peut plus beau : Le roi porte ses désirs sur ta beauté (Paume 44, 12). Montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix, car douce est ta voix et merveilleux ton visage (Cantique des cantiques 2, 14).


Pour ces trois raisons, on dit : Toi, gloire de Jérusalem, toi, joie d’Israël, toi, honneur de notre peuple (Judith 15, 10). Jérusalem signifie « vision de paix » et désigne le Christ qui est notre paix. Israël signifie « homme-qui-voit-Dieu » et désigne l’ange qui toujours voit la face du Père. Notre peuple désigne le genre humain.


Dans le fait même de contempler le visage de la bienheureuse Vierge Marie, le Christ est glorifié, l’ange exulte, le genre humain est honoré.

 

La Vierge Marie comble l’odorat spirituel par l’intensité de son parfum. Le parfum de tes vêtements – c’est-à-dire de tes vertus – est comme celui de l’encens (Cantique des cantiques 4, 11) parce qu’il est un sacrifice agréable à Dieu et affermit notre cœur. De l’odeur de ses vertus, il est écrit : Myrrhe, aloès et cannelle coulent de tes habits (Psaume 44, 9).

La myrrhe, qui est amère, signifie la chasteté, c’est-à-dire la mortification de la chair. L’aloès, qui fait mûrir les tumeurs, signifie l’humilité. La cannelle, qui naît dans l’eau, symbolise la foi qui se manifeste dans le baptême. Et ces trois vertus furent en elle extrêmement odoriférantes. En effet, la chasteté, c’est-à-dire la virginité, parfuma l’ange ; l’humilité, Dieu ; sa foi, toute l’humanité.

 

La Vierge Marie satisfait également le goût spirituel par sa propre suavité : Qui se nourrit de moi aura encore appétit, qui boit de moi aura encore soif (Siracide 24, 21). Marie, en effet, active la mémoire avec de saintes pensées, l’intelligence avec des intentions droites, la volonté avec de pures affections. Le Seigneur nourrit du pain de la prudence, et lui donne à boire l’eau de la sagesse (Siracide 15, 3).

Marie, en effet, nourrit la mémoire avec le pain de vie, quand avec de telles pensées elle l’alimente ; elle nourrit l’intelligence avec le pain de l’esprit, quand elle l’alimente avec de vraies intentions ; elle désaltère la volonté avec l’eau de la sagesse, quand elle la nourrit d’affections délicieuses.

 

La Vierge Marie satisfait le toucher spirituel de sa suavité et de sa délicatesse. Bernard de Clairvaux écrit : « Pourquoi la fragilité humaine devrait-elle trembler pour accéder à Marie ? Tu ne trouveras en elle rien de sévère, rien de terrible. Elle est toute suavité. Et justement parce qu’elle est suave, tu dois aller la chercher et l’entourer de ta dévotion : Rejoins-la, elle t’enthousiasmera, tu seras glorifié par elle quand tu l’auras embrassée (Proverbes 4, 8). Pour tout cela, l’Église chante : « Tu t’es montrée dans toute ta beauté et suavité en prodiguant tes faveurs, sainte Mère de Dieu ». En disant « dans ta beauté », on indique qu’elle satisfait le toucher spirituel ; « tes faveurs » veut dire qu’elle assouvit le goût spirituel ; « sainte Mère de Dieu » indique qu’elle étanche l’odorat spirituel.Et en précisant « Mère de Dieu », on affirme qu’en son sein se trouvait le baume du paradis ; donc Marie fut tout odoriférante.


Marie peut enfin être considérée comme une rose en référence à ses capacités curatives.


En effet, de la rose, on extrait : électuaires , huiles, emplâtres, collyres, et autres produits médicinaux. En particulier, la rose a le pouvoir de soulager quatre maux : elle tonifie l’estomac et le cœur, maîtrise la diarrhée, rend la vue plus claire, éloigne les migraines. De même, la bienheureuse Vierge Marie tonifie le cœur en donnant la charité de Dieu, laquelle grandement fortifie le cœur au point de faire mépriser la mort par le Christ : Car l’amour est fort comme la mort, la jalousie inflexible comme l’enfer (Cantique des cantiques 8, 6). Saint Augustin affirme : « L’amour rend faciles les situations les plus ardues et impossibles. Marie freine l’impétuosité des péchés en donnant cette crainte de Dieu qui fait éviter le péché » : Grâce à la crainte du Seigneur, chaque homme évite le péché (Proverbes 15, 33).


Marie éclaire l’œil de la raison en donnant la connaissance des choses divines, connaissance qui illumine précisément l’œil de l’esprit : Le commandement du Seigneur est lumineux, il illumine les yeux (Psaume 18, 9). Marie redresse la tête, c’est-à-dire la tiède espérance quand elle élève notre fragile espérance aux réalités célestes. Que l’espérance soit la tête de l’âme, c’est affirmé par cet écrit : Prenez l’espérance, heaume du salut (1 Thessaloniciens 5, 8).


Tout cela signifie : Je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la connaissance et de la sainte espérance (Siracide 24, 24) : du bel amour – elle notifie le cœur au moyen de la charité ; de la crainte – elle arrête le flux des vices au moyen de la crainte ; de la connaissance – elle rend limpide le regard spirituel en l’illuminant des réalités divines ; et de la sainte espérance – elle guérit l’âme en lui donnant le réconfort de l’espérance.

 

Bienheureux Jacques de Voragine, dominicain (1228-1298)

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 18 Novembre 2015

 

 

 

 

 

Voulez vous accomplir cette noble aspiration ?

 

Voulez-vous qu'il ne manque pas un seul membre de votre famille au Ciel ? Je vais vous donner une consigne pour y parvenir: priez le chapelet en famille tous les jours de votre vie.

 

La famille qui prie le chapelet tous les jours a la garantie morale de son salut éternel, parce qu'il est moralement impossible que la Très Sainte Vierge, la Reine du ciel et de la terre, qui est aussi notre Reine et notre Mère très douce, cesse tout simplement d'écouter une famille qui l'invoque tous les jours en lui disant cinquante fois avec ferveur et confiance: "Priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort". C'est moralement impossible, mes frères, je l'affirme catégoriquement au nom de la théologie catholique.

La Vierge ne peut pas abandonner cette famille. Elle se chargera de les faire vivre chrétiennement et de leur obtenir la grâce de se repentir s'il leur arrive d'avoir le malheur de pécher.

 

Il est vrai que celui qui meurt en état de péché mortel se condamne, même s'il a beaucoup prié le chapelet au cours de sa vie. Bien sûr. Celui qui meurt en état de péché mortel se condamne, même s'il a beaucoup prié le chapelet.

Ah, mais ce qui est moralement impossible, c'est que celui qui prie beaucoup le chapelet finisse par mourir en état de péché mortel.

La Vierge ne le permettra pas. Si vous priez le chapelet quotidiennement et avec ferveur, si vous invoquez la Vierge Marie avec une confiance filiale, Elle se chargera de ce que vous ne mouriez pas en état de péché mortel. Vous quitterez le péché; vous vous repentirez, vous vivrez chrétiennement et mourrez dans la grâce de Dieu.

 

Le chapelet bien prié quotidiennement est un passeport pour l'éternité, une assurance du Ciel !

Ce n'est pas simplement un dominicain enthousiaste qui vous le dit parce que c'est Saint Dominique de Guzmán qui a propagé le chapelet. Ce n'est pas cela. Je vous le dis au nom de la théologie catholique, mes frères. Priez le chapelet en famille tous les jours de votre vie et je vous assure catégoriquement, au nom de la Vierge Marie, que vous obtiendrez de réunir toute votre famille au Ciel ! Quelle joie si grande de nous réunir à nouveau et de ne plus jamais nous séparer !

 

Antonio Royo Marín, O.P.

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 17 Novembre 2015

 

"Ne vous étonnez jamais d'une part de souffrance qui, après tout, n'est jamais qu'une pressante invitation à nous replier vers Dieu. C'est en lui que se trouvent la force, la consolation, la douceur. Vous ne voudriez pas n'être pas un peu déchirés par les clous de la Croix où votre Epoux est attaché. Courage!

 

Lorsque le Seigneur nous veut à Lui, et lorsqu'il voit que notre âme est assez résolue, il nous rend inhabitable la région où nous vivions jusqu'alors.

 

De guerre lasse, l'âme va vers lui, comme le seul lieu de repos et de paix. Même les hommes semblent entrer dans la conjuration: au fond, ils deviennent les auxiliaires de Dieu. Ils font le jeu du Seigneur. Lorsque ceci est compris, l'âme prend son parti de tout. Elle comprend la jalousie de Dieu et lui sourit à travers ses larmes, ce n'est pas l'indifférence à tout le créé; c'est bien mieux que cela: c'est l'amour de la beauté du Seigneur qui transfigure toute chose, et nous fait aimer tout ce qui nous porte à lui.

 

dom Delatte.

 

... et demain les marchés de Noël, les festivités qui reprendront leurs droits, les décorations qui ne feront que le bonheur des petits, des guirlandes pour cacher bien de la misère, tromper le monde et le bercer dans des rêves inaccessibles, des illusions et des déceptions grandissantes avec un sapin de Noël qui aura bien du mal à s'intégrer dans un décor si peu réceptif à la joie plutôt enclin à la déprime, faisant face aux fins de mois de plus en plus difficiles.

l'ambiance n'y sera peut-être  pas cette année, pas dit; il faut bien s'éclater pour oublier.

augmentant l'angoisse des personnes seules, isolées, comme chaque année, creusant un peu plus l'abîme qui les sépare du monde festif.

Comme tout ce décorum paraitra encore plus superficiel dans ce monde qui a rejeté Dieu, l'incarnation, la Rédemption, le sacrifice de la Croix, de la Messe,

monde du pas d'amalgame, de l'auto-suffisance, de l'auto-satisfaction,  mépris, indifférence, , du chacun chez soi, chacun pour soi,  voué à des lendemains encore pas tristes., qui peut s'en étonner alors de cette spirale de violence? la barbarie n'existe-t-elle pas bien avant tous ces drames. On récolte ce qu'on a semé . et demain on s'installera de nouveau dans son confort, dans son bien être ,  dans son mépris pour l'autre, dans l'idôlatrie de son ego,  de sa petite personne .

une journée de compassion du monde, ou deux sur 365 jours de larmes, de souffrance pour beaucoup

des voisins qui vous rendent visite, prennent de vos nouvelles.. offrent leurs services, .. ah zut ce sont des mormons. ou témoins de zéovie,  ou  des gens qui ne croient souvent en rien, très gentils d'ailleurs. et

les autres? quels autres?

ah si ouf, les oblats de l'Arche, trop sympas, seules relations humaines et  si pleins de gentillesse. 

Parfois, on voudrait faire pareil, prendre l'exil, pour aller où, se confier à qui?

 

Alors demain on pleurera encore sur son sort.

 

 

et demain ... ?

courage !

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 17 Novembre 2015

 

 

(calendrier osb  )

 

le Barroux

 

Chers frères et sœurs,

 

Sainte Gertrude la Grande, dont je voudrais vous parler aujourd'hui, nous conduit cette semaine aussi au monastère de Helfta, où sont nés certains des chefs-d’œuvre de la littérature religieuse féminine latino-allemande. C'est à ce monde qu’appartient Gertrude, l'une des plus célèbres mystiques, seule femme en Allemagne à recevoir l'épithète de «Grande», en raison de sa stature culturelle et évangélique: à travers sa vie et sa pensée, elle a influencé de manière singulière la spiritualité chrétienne. C'est une femme exceptionnelle, dotée de talents naturels particuliers et d'extraordinaires dons de grâce, d'une profonde humilité et d’un zèle ardent pour le salut du prochain, d'une intime communion avec Dieu dans la contemplation et de disponibilité à venir au secours des plus démunis.

 

A Helfta, elle se mesure, pour ainsi dire, systématiquement à sa maîtresse Mathilde de Hackeborn, dont j'ai parlé à l'Audience de mercredi dernier; elle noue des relations avec Mathilde de Magdebourg, une autre mystique médiévale; elle grandit en recevant les soins maternels, doux et exigeants, de l'abbesse Gertrude. De ces trois consœurs, elle puise des trésors d'expérience et de sagesse; elle les élabore dans sa propre synthèse, en parcourant son itinéraire religieux avec une confiance sans limite dans le Seigneur. Elle exprime la richesse de la spiritualité non seulement de son monde monastique, mais aussi et surtout biblique, liturgique, patristique et bénédictin, avec un timbre tout à fait personnel et de façon très communicative.

 

Elle naît le 6 janvier 1256, en la fête de l'Epiphanie, mais l'on ne sait rien ni de ses parents, ni de son lieu de naissance. Gertrude écrit que le Seigneur lui-même lui révèle le sens de ce premier déracinement: «Je l'ai choisie pour ma demeure parce que je vois avec délices que tout ce que les hommes aiment dans cette Elue est mon œuvre propre […] Aussi je l'ai exilée en quelque sorte loin de tous ses parents, afin que personne ne l'aimât à ce titre et que je fusse le seul motif de l'affection qu'on aurait pour elle» (Les Révélations, I, 16).

 

A l'âge de cinq ans, en 1261, elle entre au monastère, comme c'était souvent le cas à l'époque, pour la formation et l'étude. Elle y passe toute son existence, dont elle signale elle-même les étapes les plus significatives. Dans ses mémoires, elle rappelle que le Seigneur l'a prévenue avec une patience compatissante et une infinie miséricorde, en oubliant les années de l'enfance, de l'adolescence et de la jeunesse, passées — écrit-elle — «dans un tel aveuglement, que si vous ne m'aviez donné une horreur naturelle du mal, un attrait pour le bien avec les sages conseils de mon entourage, il me semble que je serais tombée dans toutes les occasions de faute, sans remords de conscience, absolument comme si j'avais été une païenne […]. Cependant vous m'aviez choisie dès ma plus tendre enfance, afin de me faire grandir au milieu des vierges consacrées, dans le sanctuaire béni de la Religion» (ibid., II, 23 ).

 

Gertrude est une étudiante extraordinaire, elle apprend tout ce que l’on peut apprendre des sciences du Trivium et du Quadrivium, la formation de cette époque; elle est fascinée par le savoir et se donne tout entière à l'étude profane avec ardeur et ténacité, avec une réussite scolaire dépassant toutes les attentes. Si nous ne savons rien de ses origines, elle nous dit beaucoup de ses passions de jeunesse: littérature, musique et chant, art de l’enluminure la ravissent; elle a un caractère fort, décidé, immédiat et impulsif; elle dit souvent être négligente; elle reconnaît ses défauts, elle en demande humblement pardon. Elle demande avec humilité conseil et prière pour sa conversion. Certains traits et défauts de son tempérament l'accompagneront jusqu'à la fin, au point de surprendre certaines personnes s'étonnant que le Seigneur lui donne une telle préférence.

 

En tant qu’étudiante, elle se consacre ensuite entièrement à Dieu dans la vie monastique et pendant vingt ans, rien d’exceptionnel n’a lieu: l’étude et la prière constituent son activité principale. En raison de ses qualités, elle excelle parmi ses consœurs; elle fait preuve de ténacité pour consolider sa culture dans divers domaines. Mais, au cours de l’Avent 1280, elle commence à ressentir un dégoût pour tout cela, en perçoit la vanité, et le 27 janvier 1281, quelques jours seulement avant la fête de la purification de la Vierge, vers l’heure des Complies, le soir, le Seigneur illumine ses denses ténèbres. Avec délicatesse et douceur, il calme le trouble qui l’angoisse, trouble que Gertrude voit comme un don même de Dieu «pour renverser la tour de vaine gloire et de curiosité élevée par mon orgueil. Orgueil insensé car je ne méritais même pas de porter le nom et l'habit de la Religion. Toutefois c'était bien le chemin que vous choisissiez, ô mon Dieu, pour me révéler votre salut» (Ibid., II, 1, p. 87).

La vision d’un jeune homme la guide pour démêler le nœud d’épines qui opprimait son âme, en la prenant par la main. Dans cette main, Gertrude reconnaît «les joyaux précieux des plaies sacrées qui ont annulé tous les titres qui pouvaient nous être opposés» (ibid., II, 1, p. 89), et reconnaît Celui qui sur la Croix nous a sauvés par son sang, Jésus.

A partir de ce moment, sa vie de communion intime avec le Seigneur s’intensifie, en particulier au cours des temps liturgiques les plus significatifs — l’Avent et Noël, Carême et Pâques, la fête de la Vierge — même lorsque, malade, elle ne pouvait se rendre au chœur. C’est le même humus liturgique que Mathilde, sa maîtresse, que Gertrude décrit toutefois à travers des images, des symboles et des termes plus simples et linéaires, plus réalistes, avec des références plus directes à la Bible, aux Pères, au monde bénédictin.

 

Sa biographe indique deux directions de ce que nous pourrions définir sa «conversion» particulière: dans les études, avec le passage radical des études humanistes profanes à celles théologiques, et dans l’observance monastique, avec le passage de la vie qu’elle qualifie de négligente à la vie de prière intense, mystique, avec une exceptionnelle ardeur missionnaire.

Le Seigneur, qui l’avait choisie dans le sein maternel et qui l’avait fait participer, dès son enfance, au banquet de la vie monastique, la ramène par sa grâce «des choses extérieures à la contemplation intérieure, des occupations terrestres au soin des choses célestes». Gertrude comprend alors qu'elle était restée loin de Lui dans une région de dissemblance, comme elle dit avec saint Augustin; de s’être consacrée avec trop d’ardeur aux études libérales, à la sagesse humaine, en négligeant la science spirituelle, se privant du goût de la véritable sagesse; elle est conduite à présent à la montagne de la contemplation, où elle se dépouille du vieil homme pour se revêtir de l’homme nouveau. «C'est ainsi que de grammairienne elle devint théologienne, relisant sans cesse les pages divines qu’elle pouvait se procurer, et remplissant son cœur des plus utiles et des plus douces sentences de la Sainte Ecriture. Aussi avait-elle toujours à sa disposition la Parole de Dieu afin de satisfaire ceux qui venaient la consulter et de réfuter toute idée fausse par des témoignages de la Sainte Ecriture employés si à propos, qu'on n'y trouvait rien à objecter» (ibid., I, 1, p. 25).

 

Getrude transforme tout cela en apostolat: elle se consacre à écrire et à divulguer la vérité de la foi avec clarté et simplicité, grâce et persuasion, servant avec amour et fidélité l’Eglise, au point d’être utile et appréciée par les théologiens et les personnes pieuses. Il nous reste peu de son intense activité, notamment en raison des événements qui conduisirent à la destruction du monastère d’Helfta. Outre Le Héraut de l'Amour Divin ou Les révélations, il nous reste les Exercices spirituels, un rare joyau de la littérature mystique spirituelle.

 

En ce qui concerne l’observance religieuse, notre sainte est «donc une très forte colonne de la Religion, un défenseur si zélé de la justice et de la vérité» (ibid., I, 1, ), dit sa biographe.

 

A travers les mots et l’exemple, elle suscite chez les autres une grande ferveur. Aux prières et à la pénitence de la règle monastique, elle en ajoute d’autres avec une telle dévotion et un tel abandon confiant en Dieu, qu’elle suscite chez ceux qui la rencontrent la conscience d’être en présence du Seigneur. Et de fait, Dieu lui-même lui fait comprendre qu’il l’a appelée à être un instrument de sa grâce. Gertrude se sent indigne de cet immense trésor divin, elle confesse qu’elle ne l’a pas conservé et valorisé. Elle s’exclame: «Je vous offre la douleur que j'éprouve [...] de ne m'être pas servie avec soin et révérence des dons que j'avais reçus. Ne m'eussiez-vous donné, en souvenir de vous, à moi si indigne, qu'un léger fil de lin, j'aurais dû le recevoir avec un respect infini» (ibid., I, 5). Mais, reconnaissant sa pauvreté et son indignité, elle adhère à la volonté de Dieu: «j'ai dû combattre mon goût personnel — affirme-t-elle —, et considérer qu'ayant si peu profité de vos grâces, elles ne pouvaient m'avoir été accordées pour moi seule, puisque votre sagesse éternelle ne se trompe en rien. O Dispensateur de tous les biens, qui m'avez comblée gratuitement de tant de grâces, faites au moins qu'en lisant cet écrit, le cœur d'un de vos amis soit ému par votre condescendance, et vous remercie de ce que, pour l'amour des âmes, vous avez conservé si longtemps au milieu des souillures de mon cœur une pierre précieuse d'un tel prix» (ibid., II, 5).

 

En particulier, deux faveurs lui sont plus chères que toutes les autres, comme Gertrude l’écrit elle-même: «La première est l'empreinte que vous avez formée sur mon cœur, par les splendides joyaux de vos plaies sacrées. La seconde est cette blessure d'amour si profonde et si efficace que, (dussé-je vivre mille ans dans le plus complet délaissement), je goûterais sans cesse un bonheur ineffable au souvenir de ces deux bienfaits. Ils me seraient à chaque heure une source suffisante de consolation, de lumière et de gratitude. Pour ajouter à ces faveurs, vous m'avez encore admise à l'incomparable familiarité de votre tendresse, en m'offrant l'arche très noble de votre divinité, c'est-à-dire votre Cœur sacré, pour que j'y trouve mes délices [...]. Enfin vous m'avez donné pour avocate votre très douce Mère la bienheureuse Vierge Marie, me recommandant plusieurs fois à elle avec autant de tendresse qu'en mettrait un époux à confier à sa propre mère l'épouse qu'il s'est choisie» (ibid., II, 23).

 

Tendue vers la communion sans fin, elle conclut sa vie terrestre le 17 novembre 1301 ou 1302 à l’âge d’environ 46 ans. Dans le septième Exercice, celui de la préparation à la mort, sainte Gertrude écrit: «O Jésus, toi qui m’es immensément cher, sois toujours avec moi, pour que mon cœur demeure avec toi et que ton amour persévère avec moi sans possibilité de division et que mon trépas soit béni par toi, afin que mon esprit, libéré des liens de la chair, puisse immédiatement trouver le repos en toi. Amen» (Exercices, Milan 2006, p. 148).

 

Il me semble évident que ces choses ne sont pas seulement des choses du passé, historiques, mais l'existence de sainte Gertrude reste une école de vie chrétienne, de voie droite, et nous montre que le cœur d'une vie heureuse, d'une vie véritable, est l'amitié avec Jésus, le Seigneur. Et cette amitié s'apprend dans l'amour pour Les Ecritures Saintes, dans l'amour pour la liturgie, dans la foi profonde, dans l'amour pour Marie, de manière à connaître toujours plus réellement Dieu lui-même et le bonheur véritable, but de notre vie.

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Rédigé par Philippe

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Publié le 15 Novembre 2015

Rédigé par Philippe

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Publié le 15 Novembre 2015

 

 

 

 

sur l'Arche :

 

Notre arme dans la lutte pour la paix : la musique

. Renforcer l'esprit des personnes - solidarité - 

la grande affaire !

À Saint-Pétersbourg ce soir, toutes  les cloches sonneront .

thank you very much.

 

 

 

Excellence, Monsieur le Président,

 

La nouvelles de la série d’actes terroristes qui s’est produite à Paris m’a profondément affligé. Ces méfaits ont causé la mort et blessé des centaines de personnes. Au nom de l’Église orthodoxe russe, je vous présente, ainsi qu’à tout le peuple français, mes sincères condoléances.

Le terrorisme apporte avec lui des malheurs irréparables, mutile des vies humaines, cherche à semer la peur. Une volonté ferme, surmontant les désaccords existant actuellement et mobilisant les pays et les nations pour opposer une résistance solidaire et courageuse à ce mal, doit lui barrer la voie.

Je prie le Seigneur très-miséricordieux pour le repos des innocents qui sont morts, pour que les blessés se rétablissent rapidement et pour la consolation et la fermeté de leurs familles, de leurs parents et de leurs proches dans l’épreuve qui les frappe.

Agréez, Excellence, Monsieur le Président, mes profondes condoléances.

 

PATRIARCHE DE MOSCOU ET DE TOUTE LA RUSSIE

 

 

"Nous vivons à une époque où le mal et le bien s'affrontent. Cela a toujours été mais a beaucoup augmenté au cours de ces décénnies ; nous demandons à Dieu de vaincre le mal par le bien.  On ne peut utiliser la religion pour justifier la violence Nous sympathisons avec la population française "

Ilia II Géorgie.

 

 

 

 

 

 

 

+

 

 

 

 

R. Libera me, Domine, de morte aeterna,

in die illa tremenda:

Quando caeli movendi sunt et terra.

Dum veneris judicare saeculum per ignem.

 

Délivre-moi, Seigneur, de la mort éternelle,

en ce jour redoutable :

où le ciel et la terre seront ébranlés,

Quand tu viendras éprouver le monde par le feu.

 

 

Tremens factus sum ego, et timeo,

dum discussio venerit, atque ventura ira.

Quando caeli movendi sunt et terra.

Voici que je tremble et que j'ai peur,

devant le jugement qui approche, et la colère qui doit venir

où le ciel et la terre seront ébranlés,

 

Dies illa, dies irae, calamitatis et miseriae,

dies magna et amara valde.

Dum veneris judicare saeculum per ignem.

Ce jour-là doit être jour de colère, jour de calamité et de misère,

jour mémorable et très amer

quand tu viendras éprouver le monde par le feu.

 

Requiem aeternam dona eis, Domine,

et lux perpetua luceat eis. R.

Donne-leur le repos éternel, Seigneur,

et que la lumière brille à jamais sur eux. R.

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 13 Novembre 2015

 

 

Que l'assemblée de tous les fidèles se réjouisse de la gloire de l'auguste père Benoît et de tous ceux qui ont marché sur ses traces; que les choeurs des moines surtout tressaillent d'allégresse, en célébrant sur terre ceux que les saints sont heureux d'avoir pour compagnons dans le ciel.

 

aux premières Vèpres.

 

Rameaux célèbres,

Aidez vos fils; affermissez-nous

Faibles bourgeons

Dans la triste vallée.

+

 

 

 

 

 

Le moine a fidèlement suivi le conseil du Maître, il a "tout quitté", "maison, frères, père, mère et champs", pour l'amour du Maître; c'est pourquoi, au retour du Maître, il aura plus large part que d'autres à sa gloire. Aujourd'hui, il est entré dans la gloire; aujourd'hui "le désir de son coeur" a été comblé, il a été couronné de la "couronne de pierres précieuses".

 

(ps. il est évident que face aux préjudices subis, 'usurpation de fichiers persos, sans liens ) ..  aux demandes de réparation avérées vaines d'y mettre simplement la source du fichier , face  au mépris pour seule réponse à  vos requêtes et vos droits légitimes   nous ne publierons plus rien d'homélies de l'abbaye, désolé ! trop longtemps que ça dure. tous ces gens sans morale, que la leur, on pourrait me faire des excuses, mais j'attends plus rien de ces gens .

il est temps que ça s'arrête. En cela seul le forum catholique a su toujours respecter le petit Placide, à part quelques petites méprises de ma part, mais ils ont su toujours être droit et  je les en remercie.)

 

13 ნოემბერი 100 ათასი ქართველი მოწამის ხსენების დღეა

 

 

y a des surprises inattendues sur l'Arche .

 

 

 

Sainte Gertrude la Grande de notre ordre.

17 Novembre.

 

 

 

 

 

 

14 Novembre: tous les défunts de l'ordre bénédictin.

in memoriam

+

dom François Henry

 

dom Yves Chauveau

 

dom Jean-Michel Barais.

 

et tous nos moines défunts

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 11 Novembre 2015

 

 

 

"Le monastère est devenu le puits de mes larmes.
L'endroit où je défais le maquillage qui masque mes cicatrices."

"Pleurer dans un monastère, c'est déposer dans la prière des hommes silencieux le besoin de consolation de la petite fille qui est en soi.


"Sortir et refermer la porte du monastère, c'est savoir au fond de soi que personne ne comblera jamais le puits sans fond qui est en soi. Qu'on a juste mélangé un peu ses larmes à l'eau d'une source.


Comme si cette eau allait nous purifier, nous rendre féconde, étancher notre soif, nous guérir.

 

"Ouvrir son coeur dans un monastère, c'est comme prendre de la hauteur sur le Mont Saint Odile et voir l'horizon avant le précipice.


" C'est espérer sans savoir.

 

 

Un jour que j'étais arrivée en avance dans la salle de l'abbatiale, je vois un moine qui entre dans la salle et s'y affaire. Il avait noué son scapulaire à l'intérieur de sa ceinture dans son dos. N'ayant pas encore prononcé ses voeux, donc ne portant pas de coule, il avait oublié de remettre son scapulaire correctement et avait défilé dans la procession des vêpres ainsi noué. J'en avais été très surprise et je m'étais dit (novice moi même en quelque sorte...) qu'il s'agissait sans doute d'une sorte Jean-Paul Gaultier monastique. Un moine assis face à lui dans les stalles lui fit un signe lui montrant l'oubli du détail de sa tenue.


Le créateur et couturier Marcel Marongiu dans les années 90 avaient réalisé un défilé de robes noires très longues et moulantes disant que pour lui la personnalité intérieure de la femme se dégageait ainsi beaucoup plus. Est ce qu'on peut dire que les chasubles noires monastiques révèlent la personnalité des moines ? Ces habits sont surtout l'abandon de quelque chose d'eux mêmes pour rejoindre une entité entière qui est la communauté et une unité qui est autant visible qu'invisible, une unité extérieure et intérieure.

J'aime la beauté des coules, des chasubles et des scapulaires. J'aime cette intemporalité des habits monastiques comme j'aime l'intemporalité du noir dans la mode.


Mais ce que j'aime surtout dans les vêtements monastiques ce sont les détails que l'on ne voit pas tout de suite. Ce sont les manches de certains pulls des moines sous leur chasuble qui sont un peu détricotés, c'est le trou d'une chaussette noire aperçue au dos d'une sandale. Ce sont les coins élimés.


Ce sont toutes ces petites blessures d'habits qui donnent envie d'être la couturière de ceux qui par leur vie séparée pourtant m'aident à soigner les blessures invisibles sous mes propres habits.


Etre une petite couturière, la racommodeuse d'habit comme les moines sont les racommodeurs d'âmes. Ils sont mes couturiers invisibles, mais aussi mes garde-forestiers, mes charpentiers, mes guides de montagnes...


Je m'explique.


Il y a des tempêtes qui déracinent les arbres.


Les tempêtes peuvent casser des branches, enlever toutes les feuilles d'un arbre mais l'arbre est toujours là.
Il faut que le tronc soit solide.


Des branches, j'en ai beaucoup perdu. A tel point que je n'avais plus l'impression d'être un arbre dans la tempête, mais d'être un seau au fonds d'un puits, essayant de remonter tant bien mal comme on essaie de remonter à une corde lisse. Mais je suis lourde... et je n'ai plus de forces dans les bras pour porter mon poids sur la corde lisse.

Pourtant comme pour faire avancer une montgolfière, j'ai jeté des sacs de sable trop pesants, pour essayer de remonter vers le ciel, d'aller plus haut pour pouvoir mieux diriger la montgolfière.


C'est toujours au moment où je crois que la tempête est calmée, où le vent est moins froid et moins rude, que la tornade revient là où je ne l'attends pas. Hier, nouvelle grosse tempête dans mon ciel. Puis une autre derrière. Dans la même journée.


L'aberration.


Ce n'est plus du travail de bénédictin que je dois faire, comme dit l'expression populaire...


Je dois faire un travail d'un monastère de bénédictins !


Si on revient à la métaphore de l'arbre, j'ai ressenti un craquement dans le sol, des racines qui ont commencé à ployer... Que faire ? étayer ! Je me suis raccrochée au monastère pour m'étayer.


Avec d'abord le son des cloches comme arc-en-ciel, comme qui dirait "Après la pluie, le beau temps". Dans les larmes et dans le silence après l'office d'hier.


Les psalmodies des moines comme du bois de charpente pour étais.
De la couture la plus fine à l'étaiement le plus solide, les moines stabilisent le monde extérieur et participent à la création du vêtement le plus précieux, celui qui ne se voit pas, celui qui habille le coeur.

 

le goût des monastères.

 

il faut déjà avoir bien souffert être au bout de la souffrance   pour parler comme ça.. on sait ce que c'est. qu'est ce qu'on peut dire puisque personne n'y comprend rien ou n'y a jamais rien compris  ! il faut être passé là dedans pour comprendre .. "personne ne comblera jamais le puits sans fond qui est en soi", j'y ai cru. je me suis bel et bien planté ! le père Henry avait peut-être trouvé la recette; je ne sais pas, je ne sais plus  pour le résultat. on se fait tellement d'illlusions même  et surtout dans la vie monastique. espérant que Dieu regardera d'un oeil miséricordieux ces tentatives désespérées..qui sait! bof on verra ça là-haut...  à mon âge il était temps de le comprendre.

quelle plume ! oui, c'est cela même.  "être un seau au fonds d'un puits, essayant de remonter tant bien mal comme on essaie de remonter à une corde lisse." et quand on a personne, c'est "débrouille-toi"  comme tu peux ! pour ne pas être vulgaire .

merci


 

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Rédigé par Philippe

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