Publié le 30 Août 2014
spiritualite
Publié le 29 Août 2014
12ème dimanche après la Pentecôte
" Un homme s'en allait de Jérusalem à Jéricho et il tomba sur des voleurs; ceux-ci le dépouillèrent, le couvrirent de blessures, le laissèrent à demi-mort et s'en allèrent.."
L'appel à la compassion
tellement trop rare à se demander si ça existe!
Il y a une grande différence entre la pure pitié et la compassion.
La pitié commence et finit avec notre propre moi. Et même si elle nous rend sensibles à la souffrance, elle reste fermée sur elle-même, car elle ne produit pas de fruits dans l'action. Le plus souvent, la pitié finit par un soupir ou un haussement d'épaules. La compassion, au contraire, nous pousse à sortir de nous-mêmes.
En effet, non seulement elle nous fait avoir pitié de ceux qui souffrent, mais elle nous fait aussi être avec ceux qui souffrent. Montrer de la compassion, c'est souffrir avec ceux qui sont blessés et qui sont éprouvés, c'est partager leur douleur et leurs angoisses. S'il est vrai que nous ne pouvons jamais entrer pleinement dans la douleur d'une autre personne et que le plus souvent nous demeurons à l'extérieur, tels des spectateurs silencieux du tourment des autres, la compassion nous aide, dans une certaine mesure, non seulement à souffrir avec celui qui souffre, mais aussi à ressentir quelque chose de sa souffrance.
C'est la façon dont Jésus, le Bon Samaritain par excellence, a montré sa compassion: il souffrait avec et dans les personnes auxquelles il vient en aide. Il partageait leur faim, Il éprouve leurs chagrins, Il comprenait leur douleur, Il avait de la compréhension pour les pécheurs et se montrait leur ami, Il était en contact avec les exclus. Jésus a aussi assumé un dos et des épaules pour éprouver la douleur d'être flagellé. «Car nous n'avons pas un grand-prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d'une manière semblable, à l'exception du péché» (Héb 4,15). Quelques siècles avant la naissance du Christ, le prophète Isaïe avait affirmé: «Ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé... Il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison» (Is 53, 4-5).
La compassion ne nous laisse pas indifférents ou insensibles à la douleur de l'autre, car elle appelle la solidarité avec ceux qui souffrent.
La solidarité «n'est donc pas un sentiment de compassion vague ou d'attendrissement superficiel pour les maux subis par tant de personnes proches ou lointaines. Au contraire, c'est la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun; c'est-à-dire pour le bien de tous et de chacun, parce que tous nous sommes vraiment responsables de tous» .
Parfois, nous ressemblons étrangement au prêtre et au lévite qui virent l'homme blessé et passèrent outre, spectateurs silencieux par peur de nous impliquer et de nous salir les mains.
Nous pouvons facilement trouver des parallèles dans la culture contemporaine. Les médias visuels aujourd'hui portent directement dans nos maisons des scènes bouleversantes de guerre et de violence, de famine et de pauvreté, de maladie et de malaise, de catastrophes naturelles comme les inondations et les tremblements de terre. Nous courons le risque de nous endormir dans une culture de regard passif, sans rien faire. Au lieu d'être des acteurs, nous finissons par devenir des spectateurs oisifs.
La compassion nous pousse à nous libérer de nous-mêmes pour rejoindre les autres, ceux qui ont besoin de nous. Elle nous fait sortir de la coquille confortable où nous aimons nous dissimuler et nous pousse à aimer et à servir ceux qui comptent sur notre aide.
La santé ne se réduit pas strictement au bien-être physique ou corporel. Au sens symbolique, la notion de santé prend une signification beaucoup plus large. La réalité est simple et douloureuse: des sociétés, voire des cultures entières sont couchées «de l'autre côte de la route», «blessées», attaquées et appauvries par les contre-valeurs de la sociétés de consommation et du matérialisme, dépouillées de tout ce qu'il y a de meilleur et de plus beau dans la culture humaine. Privées de Dieu, elles Lui sont parfois hostiles, voire indifférentes.
Notre propre culture nous a tellement déshumanisés que nous avons perdu le sens de Dieu.
Au fil des ans, nous avons fait le lit de la non- croyance et nous l'avons nourrie, pour aboutir à une indifférence religieuse, pire que l'hostilité. L'ennemi reconnaît la présence de l'autre, au moins pour nourrir sa violence, mais la personne indifférente, au contraire, ignore l'autre et lui dénie l'existence.C'est bien là l'indifférence et l'insensibilité illustrées par le prêtre et le lévite qui passèrent outre, sans s'arrêter pour prendre soin du voyageur blessé et dévalisé. Telle est la réalité bien présente de notre anticulture de l'isolement et de la banalité, véritable antichambre d'inhumanité.
Mais notre plus grande perversion, c'est de nous exposer à perdre le sens de Dieu.
Car en perdant le sens de la paternité de Dieu, nous perdons nécessairement le sens de la fraternité de l'homme.
Mais, si l'on peut Le nier ou Lui être indifférent, ce qui nous comble d'expérance et d'optimisme, c'est que le Dieu des chrétiens est un Dieu qui ressuscite d'entre les morts, qui ranime et renouvelle, qui redonne l'espérance, car Il renaît glorifié, bien plus réellement que le phénix renaît de ses cendres. C'est précisément vers ces cultures marquées par l'athéisme ou l'indifférentisme religieux, engourdies et dévitalisées, que l'Église, à la suite de Jésus-Christ, Bon Samaritain, doit se tourner, pour leur venir en aide et leur annoncer la Bonne Nouvelle.
C'est là la véritable culture qui, silencieusement, fait appel à notre engagement actif. Quand l'Église, et avec elle la foi chrétienne, entre dans le vif de la culture, le mystère de l'Incarnation se renouvelle. Le Verbe se fait chair et il habite parmi nous. Il devient semblable à nous en toutes choses, excepté le péché. «Sans incarnation point de salut: le Christ n'est pas né dans le néant. Il s'est incarné dans le sein de Marie. Sa vie s'est intégrée au tissu social et culturel qui prévalait en son temps. Comme Verbe de Dieu, Il parlait une langue humaine, une langue spécifique avec un héritage culturel déterminé. Par analogie, les cultures ont été comparées à l'humanité du Christ. Par le mystère de l'Incarnation, c'est de l'intérieur qu'Il a pénétré la culture, il l'a purifiée et réorientée vers Dieu, pour qu'il fût adoré en esprit et en vérité». De même que le Bon Samaritain a rejoint dans sa condition l'homme étendu à terre, blessé et à demi-mort, pour le secourir, ainsi l'Église doit pénétrer ces cultures blessées et malades pour les revitaliser en leur annonçant l'Évangile de la vie.
Le monde dans lequel nous vivons est un océan de souffrance. Je pense aux millions de personnes qui souffrent dans les hôpitaux, dans les hospices et dans les cliniques pour malades en phase terminale. Je me souviens de tout petits enfants, trop petits pour comprendre le mystère de la souffrance, mais assez grands pour en faire (déjà , oh que oui ! ) l'expérience.
Je me souviens de jeunes gens pourtant forts, qui criaient à cause de la douleur insupportable; de personnes âgées très affaiblies luttant et se débattant dans leurs derniers souffles de vie. Je pense aux maladies mentales que bien des gens éprouvent, à la solitude des couples séparés, à l'isolement des orphelins qui n'ont jamais connu la chaleur d'une maison ni les caresses d'une mère ou d'un père, au tourment du drogué, à l'angoisse de ceux qui pleurent la mort d'un être cher, à la souffrance de ceux qui sont seuls.
La souffrance, c'est vraiment notre patrimoine commun.
Mais a-t-elle un sens? Quel est le sens chrétien de la souffrance?
Paul Claudel l'a dit avec concision: «Dieu n'est pas venu pour éliminer la souffrance, mais pour la remplir de sa présence». Jesus n'a pas éliminé la souffrance, il l'a élevée, transfigurée.
Quelle devrait être notre attitude à l'égard de ceux qui souffrent?
«La parabole du bon Samaritain appartient à l'Évangile de la souffrance. Elle indique, en effet, quelle doit être la relation de chacun d'entre nous avec le prochain en état de souffrance.
Il nous est interdit de "passer outre",(
ah bon?) avec indifférence, mais nous devons "nous arrêter" auprès de lui.
Le bon Samaritain, c'est toute personne qui s'arrête auprès de la souffrance d'un autre homme, quelle qu'elle soit. S'arrêter ainsi, cela n'est pas faire preuve de curiosité, mais de disponibilité». Bref, notre compassion, qui nous engage à agir pour venir en aide à ceux qui souffrent, s'accomplit dans la communion, lorsque tout homme et toute femme qui souffrent deviennent mon frère et ma sœur.
Chose étrange et pourtant vraie: la souffrance unit.
Elle nous conduit plus près de ceux qui souffrent, et peut-être plus près aussi de nous-mêmes!
Quand nous sommes abattus, faibles, avec un sentiment d'impuissance, nous percevons avec plus d'acuité, non seulement notre condition de créatures devant Dieu, mais aussi notre solidarité avec l'ensemble de l'humanité.
Nous pouvons oublier ceux avec qui nous avons ri, mais nous n'oublierons jamais ceux avec qui nous avons pleuré!
C'est ce lien qui conduit à la communion. «Il y a quelque chose de la clairvoyance dans l'amour: une capacité de deviner ce qui est caché, de comprendre ce qui n'est pas encore présent, de discerner ce qui doit arriver» .
Mais il est encore une autre Personne avec qui nous entrons en communion chaque fois que nous nous tournons vers les malades et ceux qui souffrent pour les servir. Cette personne n'est nul autre que Jésus-Christ Lui-même. Il nous le dit sans demi- mots: «En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait» (Matt 25, 40). Nous aimons et nous servons le Seigneur, dans la mesure où nous aimons et servons notre prochain, celui qui a besoin de nous.
En dernière analyse, c'est l'amour seul qui compte. Saint Jean de la Croix l'a bien résumé par ces mots décisifs:
«Au soir de la vie, vous serez jugés sur l'amour».
Compassion, engagement et communion récapitulent le message de la parabole du bon Samaritain. C'est la compassion qui nous fait souffrir avec ceux qui souffrent. C'est une entente qui nous conduit à nous engager dans l'amour et le service en faveur des indigents; c'est cet engagement qui suscite une communion d'amour, non seulement avec ceux qui souffrent et auxquels nous venons en aide, mais aussi avec Dieu Lui-même.
cardinal Poupard.
Publié le 29 Août 2014
st Jean-Baptiste, priez pour nous.
bonne fête aux JB..
y avait la messe auj.
Sur quoi se fonde le martyre?
La réponse est simple: sur la mort de Jésus, sur son sacrifice suprême d’amour, consommé sur la Croix afin que nous puissions avoir la vie (cf. Jn 10, 10). Le Christ est le serviteur souffrant dont parle le prophète Isaïe (cf. Is 52, 13-15), qui s’est donné lui-même en rançon pour une multitude (cf. Mt 20, 28). Il exhorte ses disciples, chacun de nous, à prendre chaque jour sa propre croix et à le suivre sur la voie de l’amour total pour Dieu le Père et pour l’humanité: «Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas — nous dit-il — n’est pas digne de moi. Qui veut garder sa vie pour soi la perdra; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera» (Mt 10, 38-39).
C’est la logique du grain de blé qui meurt pour germer et porter la vie (cf. Jn 12, 24). Jésus lui-même «est le grain de blé venu de Dieu, le grain de blé divin, qui se laisse tomber sur la terre, qui se laisse ouvrir, briser dans la mort et, précisément à travers cela, il s’ouvre et peut ainsi porter du fruit dans l’immensité du monde» Le martyr suit le Seigneur jusqu’à la fin, en acceptant librement de mourir pour le salut du monde, dans une épreuve suprême de foi et d’amour (cf. Lumen gentium, n. 42).
Encore une fois, d’où naît la force pour affronter le martyre?
De l’union profonde et intime avec le Christ, car le martyre et la vocation au martyre ne sont pas le résultat d’un effort humain, mais ils sont la réponse à une initiative et à un appel de Dieu, ils sont un don de sa grâce, qui rend capables d’offrir sa propre vie par amour au Christ et à l’Eglise, et ainsi au monde.
Si nous lisons les vies des martyrs, nous sommes étonnés par leur sérénité et leur courage en affrontant la souffrance et la mort: la puissance de Dieu se manifeste pleinement dans la faiblesse, dans la pauvreté de celui qui se confie à Lui et ne place qu’en Lui son espérance (cf. 2 Co 12, 9).
Mais il est important de souligner que la grâce de Dieu ne supprime pas et n’étouffe pas la liberté de celui qui affronte le martyre, mais au contraire l’enrichit et l’exalte: le martyr est une personne souverainement libre, libre à l’égard du pouvoir, du monde; une personne libre, qui à travers un acte unique définitif, donne toute sa vie à Dieu, et dans un acte suprême de foi, d’espérance et de charité, s’abandonne entre les mains de son Créateur et Rédempteur; elle sacrifie sa propre vie pour être associée de manière totale au Sacrifice du Christ sur la Croix. En un mot, le martyre est un grand acte d’amour en réponse à l’amour immense de Dieu.
Chers frères et sœurs, nous ne sommes probablement pas appelés au martyre, mais aucun de nous n’est exclu de l’appel divin à la sainteté, à vivre le haut degré de l’existence chrétienne et cela implique de se charger chaque jour de la croix.
Nous tous, en particulier à notre époque où semblent prévaloir l’égoïsme et l’individualisme, nous devons assumer comme premier engagement fondamental celui de croître chaque jour dans un amour toujours plus grand pour Dieu et nos frères, afin de transformer notre vie et de transformer ainsi également notre monde. Par l’intercession des saints et des martyrs, nous demandons au Seigneur d’enflammer notre cœur pour être capables d’aimer comme Il a aimé chacun de nous.
Benoît XVI
Publié le 28 Août 2014
Photo © Frédéric Pons
« Il est désormais clair et bien documenté que l'agression contre les chrétiens aujourd'hui prend une tournure grave qui menace la présence chrétienne dans plusieurs pays, notamment le monde arabe, et plus particulièrement l'Égypte, la Syrie et l'Irak. Les chrétiens de ces pays sont victimes d'agressions et de crimes odieux qui les poussent à émigrer arbitrairement de leurs pays, dont ils sont des citoyens de souche depuis deux mille ans. Les sociétés islamiques et arabes sont ainsi privées d'une richesse humaine, culturelle, scientifique, économique et nationale importante. Cela est fort douloureux, mais ce qui l'est encore plus reste le silence face à ce qui se produit et l'absence d'une position unifiée au plan régionale de la part des autorités de référence influentes dans le monde, notamment islamiques, spirituelles, politiques, ainsi que la position internationale tiède vis-à-vis de ces événements.
« La grande catastrophe s'est abattue aujourd'hui sur les chrétiens d'Irak, ceux de Mossoul et les treize villages de la plaine de Ninive, ainsi que sur les yazidis et d'autres minorités. Tous ont été déracinés de leurs maisons par ce qui est appelé "l'État islamique-Daech" et ont quitté terrorisés, laissant tout derrière eux. Le sanctuaire de leurs églises, leurs mosquées et leurs lieux de culte a été violé, leurs maisons dynamitées, leurs routes pavées de mines. Leur nombre avant l'exode était de 120 000, et 60 000 d'entre eux sont aujourd'hui déplacés dans le mohafazat d'Erbil et 50 000 dans le mohafazat de Dohouk. Nous exprimons nos remerciements profonds à ceux qui les ont accueillis dans la région du Kurdistan (...) et qui leur ont offert une aide humanitaire, morale, spirituelle et matérielle (...).
« Nous appelons avec insistance la communauté internationale à déployer ses efforts, l'hiver frappant aux portes, afin de leur trouver un logement, les aider à retrouver le chemin de l'école et de l'université, libérer leurs maisons et leurs biens pour qu'ils puissent y retourner en toute dignité, et protéger leurs droits et leur sécurité de citoyens.
« La tragédie humaine qui a frappé les chrétiens d'Irak, les yazidis et les autres parmi ceux qui ont été chassés de leurs maisons devrait pousser la communauté internationale et l'Union européenne, en coordination avec le gouvernement central irakien et celui de la région du Kurdistan à : faciliter le retour des déplacés dans leurs villages et leurs maisons à Mossoul et Ninive, et dispenser la sécurité à ces villages avec des garanties internationales et locales des deux gouvernements de Bagdad et du Kurdistan pour qu'ils ne soient pas évincés de leur terre, et pour que leur identité historique et leur culture glorieuse ne disparaisse pas.
« Les États, surtout arabes et islamiques, ne peuvent pas rester silencieux et sans bouger face à "l'État islamique -Daech", et les organisations terroristes et takfiristes similaires qui portent une atteinte considérable à l'image de l'islam dans le monde. Ils sont appelés à émettre des fatwas religieuses rassembleuses qui interdiraient le fait d'apostasier l'autre, quelles que soit sa religion, sa communauté ou sa croyance, et condamneraient l'agression contre les chrétiens, leurs biens, et leurs églises dans leurs législations nationales. Ils sont également appelés à dynamiser la communauté internationale et les instances pour éradiquer ces mouvements terroristes par tous les moyens autorisés par le droit international.
« C'est là le double devoir de l'Onu, du Conseil de sécurité et du CPI. La communauté internationale est elle aussi responsable du développement de "l'État islamique – Daech" et autres mouvements takfiristes terroristes. À ces deux devoirs s'ajoute la nécessité de faire pression par la force, de la part de la communauté arabe et internationale, sur les bailleurs de fonds de ces groupes, les trafiquants d'armes et ceux qui les entraînent, États et groupes, pour couper les sources de la violence terroriste takfiriste.
« Chrétiens et musulmans ont vécu ensemble durant 1 400 ans. Les chrétiens ont toujours été les vecteurs de la renaissance, des bâtisseurs (...) et ont diffusé une culture de la diversité, de l'ouverture et du respect de l'autre, de la coopération avec lui, ainsi que les valeurs de la citoyenneté, et ont consolidé les libertés publiques et les droits de l'homme. Ils ont vécu dans leurs patries avec sagesse et perspicacité, et ont respecté les autorités politiques et se sont soumis aux Constitutions et aux lois. Ils ont été des citoyens modèles et se sont gagné le respect des rois, des princes et des dirigeants (...).
« En dépit de tout cela, les chrétiens restent attachés à leur terre, leur patriotisme, leur liberté en tant que citoyens de souche dans leurs pays. Ils sont attachés aux valeurs de l'Évangile et aux enseignements du Christ par le biais desquels ils règlent leurs relations avec les autres, notamment leurs frères musulmans, qui vivent avec eux au sein des mêmes nations. Les chrétiens sont attachés au partenariat dans la formation d'une identité nationale sur base de l'égalité et de la coopération avec l'ensemble des composantes de la société, sur base de la diversité dans l'unité, sans aucune distinction raciale ou religieuse. Ils sont attachés au fait de témoigner à travers leurs efforts marqués pour la paix et la stabilité, la consécration des libertés publiques, notamment d'opinion et d'expression, de religion et de croyance. Ils aspirent en permanence au respect de l'autre, et considèrent que la diversité est une source de richesse et un moyen de complémentarité et d'enrichissement mutuel.
« Les solutions doivent résoudre les causes des malheurs des pays du P-O, et parvenir à une paix juste, globale et permanente. Il faut ressouder les liens entre les composantes de ces pays, et œuvrer en faveur d'une réconciliation au sein de la même religion et cesser d'utiliser les extrémistes, les terroristes et les mercenaires, et de les soutenir, les financer et les armer, eux qui commettent des crimes contre l'humanité et Dieu, et au nom de la religion (...).
« Pour permettre aux pays du Proche-Orient de bénéficier d'une paix juste, globale et permanente, ces derniers doivent, avec le soutien de la communauté internationale, séparer la religion de l'État et aller vers l'édification de l'État civil. Ce n'est qu'à ce moment-là que la religion ne régnera plus sur la politique, et que l'autorité politique ne sera plus exploitée au service de la religion et ses intérêts, et le corpus religieux ne pourra plus dominer les exigences de la modernité. L'esprit de corps religieux s'est réalisé par un État propre à lui, mais il ne peut pas assurer sa sécurité, sa stabilité et sa paix, quels que soient ses fonds, ses armes, son influence et ses astuces. L'esprit de corps qui mange ses ennemis finit pas se manger lui-même. Il est donc nécessaire de diffuser la philosophie de l'État moderne fondé sur l'égalité, la justice, le respect de la dignité du citoyen, la liberté d'expression, de culte et de croyance, et la préservation des lieux sacrés et du patrimoine. »

Publié le 27 Août 2014
petit placide
"Le coeur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en Dieu. Tard je t’ai aimée, ô Beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t’ai aimée ! Mais quoi ! tu étais au-dedans de moi, et j’étais, moi, en dehors de moi-même ! Et c’est au-dehors que je te cherchais; je me ruais, dans ma laideur, sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi, retenu loin de toi par ces choses qui ne seraient point, si elles n’étaient en toi."
st Augustin.
Coeur qui a tant rêvé
Ô coeur charnel
Ô coeur inachevé
Coeur éternel
Coeur qui a tant battu
Ô coeur profond
Ô coeur trouveras-tu
Jamais le fond
Coeur qui a tant battu
D’amour, d’espoir
Ô coeur trouveras-tu
La paix du soir
Coeur tant de fois pétri
Ô pain du jour
Coeur tant de fois meurtri
Levain d’amour
Péguy.
Dans cette nuit où nous sommes, il n'est pas un cœur qui ne cherche comme un aveugle. les mains en avant, quelque guide pour éviter les abîmes.
Louis Veuillot.
Publié le 27 Août 2014
rester et « servir mon peuple » malgré la violence –
« Il est normal d’avoir peur », dit l’archevêque, « mais j’ai renoncé à tout pour servir Dieu et son peuple. Je n’ai ni famille biologique ni biens matériels que je puisse considérer comme à moi. Au cas où je perdrais ma vie en défendant les droits des personnes à la liberté de culte et l’unité de l’humanité, je ne laisserais ni veuve ni orphelin. Pourtant, il est vrai que la mort fait peur à tout le monde. »

Publié le 27 Août 2014
Le mauvais génie, cependant, entraînait son fils dans des désordres toujours plus grands, exploitant les facultés étonnantes de sa riche nature pour accroître son arrogance et son orgueil. Mais la grâce, elle aussi, ne cessait de veiller, et plus Augustin sombrait dans les sentiers du vice, plus il lui assurait un terrain favorable. Il eut la sensation du vide; il aperçut le grand abîme de tout coeur humain; il constata que les biens terrestres qu'on y jette ne sont qu'une poignée de pierres qui en couvrent à peine le fond.
L'heure de la grâce était arrivée: " Le coeur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en Dieu."
Ambroise en fut l'instrument. Monique accourut, joyeuse à Milan; elle assista au baptême de son fils, elle en fut témoin de ses propres yeux. Et le baptême fut bien, comme il le devait, le grand évènement de la vie d'Augustin, la conversion. A partir de ce jour, la grâce s'est réellement emparée de son coeur. Augustin accompagne sa mère à Ostie. Elle y meurt. Elle y meurt sans regret, car elle a engendré son fils une seconde fois - au ciel - .
messe 18h30 ![]()
Publié le 27 Août 2014
Elias a 62 ans. Les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient ne cessent d’entendre parler de son histoire depuis leur arrivée à Erbil. Et pour cause ! Elias a échappé à la barbarie djihadiste après s’être éveillé un matin dans une ville devenue fantomatique, dans laquelle les islamistes commençaient à faire régner terreur et fondamentalisme. Le regard du viel homme reste rieur, comme si la grâce divine qui le fit échapper aux monstruosités islamistes n’avait en rien altéré son moral. Pourtant, à quelques heures près, ce chrétien de Qaraqosh n’eût plus eu qu’un choix : l’Islam ou la mort.
Le 8 août 2014, Elias s’éveille à cinq heures du matin. Les rues de Qarasoh sont désertes, le bazar habituellement grouillant de vendeurs et de familles n’est empli que d’une atmosphère mortifère. Rien à l’horizon, pas un voisin. Soudain, une voiture apparît. A son bord des soldats vêtus de noir masquent leurs visages d’une longue barbe et d’un keffieh rouge. Daech a pris Qaraosh. Les voitures prises à l’armée irakiennes commencent à parader avec leurs funestes occupants au son de Allah A Akbar.
Sans autre issue, l’ancien chef de chantiers s’approche des nouveaux maîtres de la ville. La suprise est à la hauteur de l’horreur : les islamistes ont recruté dans leurs rangs des habitants des villages sunnites alentours, des visages connus qui pour certains travaillent dans la ville chrétienne ou s’y rendaient à l’hôpital. Ils viennent des villages de Hmera, Salamia, Shamsiyat, Sumer. L’accueil est étrangement cordial, avant que le piège n’apparaisse dans toute son horreur : les islamistes invitent Elias à appeler ses proches et ses amis, afin qu’ils reviennent avec l’ensemble de leurs biens dans une ville sous le contrôle de l’Etat Islamique en Irak et au Levant.
Les djihadistes connaissent donc parfaitement la ville et s’introduisent rapidement dans les anciens bâtiments officiels. Ils investissent la mairie, l’hopîtal, les maisons. Bientôt de longues files de camions s’égrennent pour vider magasins et fermes. La razzia a commencé. Ce sont donc des soldats de fortune qui tiennent Qaraqosh et déclarent Abou Jasim « prince de la ville », lui qui auparavant habitait un village voisin nommé Tal Agab.
Elias tente une première fois de sortir de la ville en se rendant à pied au checkpoint tenu par les combattants islamistes. On lui refuse la sortie en lui octroyant, par preuve sans doute d’humanité, un panier de vivres récemment pillé dans les échoppes de Qaraqosh. Encore une fois les maîtres de la ville reprennent leur antienne : « Appelez vos amis, qu’ils reviennent s’installer à Qaraqosh. Elias réalise qu’un de ses cousins est lui aussi piégé dans la ville. Il le rejoint et attend chez lui. Tous deux peinent encore à comprendre ce qu’il se passe dans leur ville.
Mais l’EIIL ne tarde pas à éclaircir la situation. Ils visitent à de nombreuses reprises les deux hommes en précisant chaque fois un peu plus leur objectif : qu’ils se convertissent à l’Islam. Leur dernière visite est on ne peut plus explicite, trois djihadistes armés entrent dans la maison en affirmant que d’autres habitants de Qaraqosh ont accepté de changer de religion, et que le visage de l’un deux s’est illuminé. Elias et son cousin tentent de gagner quelques précieuses « heures pour réfléchir ». Les islamistes leur octroient deux jours, mais dans le coeur des deux chrétiens la décision est prise: ils vont fuir.
Le lendemain à huit heures, ils s’échappent par les champs de Qaraqosh cherchant à éviter les grands axes pour préserver leur vie. Un autre ami les a rejoint au dernier moment. Les deux compagnons de fuite d’Elias ont cinquante ans, cinquante ans d’une vie dans la plaine de Ninive qu’ils doivent désormais abandonner pour se protéger de la barbarie de l’EIIL. Après six kilomètres de marche, ils atteignent Kabarle, un village de la minorité Shabeck – des kurdes chiites- entièrement vidé de ses habitants craignant eux aussi le fanatisme de l’Etat islamique. Il fait cinquante degrés quand ils parviennent à Kazakan à deux heures de l’après midi. Ils marchent courbés pour se camoufler de la surveillance islamiste. Quelques réservoirs d’eau trouble leur permettent de rafraichir leur nuque et de s’accorder quelques instants de repos.
La folle évasion doit pourtant se continuer avec la traversée de la rivière Khazr dans un des rares endroits ou l’eau n’atteint que leur poitrine. Les lignes islamistes s’éloignent mais la marche continue. Leurs efforts les mènent jusqu’à Tal Laban, village de la minorité Kakies, lui aussi entièrement abandonné. Une maison ouverte contient un réfrégirateur abandonné dans l’urgence avec des litres d’eau glacée qui sont une bénédiction pour les trois chrétiens. Mais un nouvel écueil se profile : comment atteindre les lignes kurdes sans être pris pour des terroristes ?
Heureusement l’un des trois rescapés parvient à téléphoner au centre de commandement des peshmergas qui les guidera jusqu’aux positions kurdes. Les trois hommes décrivent leur vêtements, brandissent un T-Shirt blanc pour annoncer leur venue. Le calvaire va enfin se terminer après que les forces kurdes aient vérifiés l’ensemble de leurs témoignages et identités. Ils rejoignent Ankawa et l’Eglise de Mar Youssef, conscients d’avoir échappés au pire. Plus tard, Elias apprendra que certains habitant piégés à Qaraqosh furent moins chanceux et que repris par les islamistes, ils perdirent argents et téléphones. Personne ne sait aujourd’hui ce qu’ils sont devenus.
Le viel homme a laissé son sourire disparaitre pour une plus grande gravité. Il ne se voit pas de futur en Irak. Il nous interroge ; comment voulez vous accepter de vivre avec des villages sunnites qui profitent pendant des années des médecins et des structures de Qaraqosh et viennent piller la ville en quelques jours. Comment vivre quand Ammar Hawedy libéré de la prison de Mossoul à l’arrivée de l’EIIL devient l’un des principaux responsables islamistes à Ninive alors qu’il était condamné à mort pour meurtres et enlèvements par la justice irakienne?
Une seule réponse est possible et Elias l’incarne lui même : même au réveil du pire des cauchemars, un chrétien peut avoir la vie sauve guidé par l’espérance.

Publié le 27 Août 2014
me souviendrai du 25 Août ! jamais je n'ai été aussi près de vous.. ! j'en rends grâces au Bon Dieu ! comme quoi !
merci m'sieur..t'as bien eu du mérite, quelqu'un qui n'a pas froid aux yeux..si j'avance encore c'est un peu encore grâce à toi, ce sentiment d'exister en captivité au moins pour quelqu'un.. pas rien.
Publié le 27 Août 2014
Inauguration officielle le dimanche 31 août
1. Une authentique école maîtrisienne pour garçons avec des horaires aménagés pour une formation musicale de haut niveau (2 à 3H par jour) incluant théorie (solfège, cours de piano, 2ème instrument au choix, écriture musicale…) et pratique quotidienne (grégorien, polyphonie, comédies musicales…)
2. Sous forme d’un collège hors contrat, avec une pédagogie spécifique :
horaires adaptés au rythme biologique de l’enfant
effectifs maximaux de 15 élèves par classe, pour un suivi vraiment individualisé
sport quotidien
place importante donnée aux arts et aux activités manuelles (jardinage, bricolage)…
Nous ouvrons dans un premier temps les classes de 6ème à 3ème. Les classes de CM1-CM2 et du lycée ouvriront ensuite au fur et à mesure.
3. Un établissement inséré dans le Diocèse et dans l’Enseignement Catholique, grâce au soutien de l’Évêque et du Directeur Diocésain de l’Enseignement Catholique.
4. Une formation intégrale de la personne, recherchant l’excellence dans les domaines intellectuel, spirituel, humain, artistique et sportif. « Mens sana in corpore sano ».
5. Une maitrise avant tout au service de la liturgie du diocèse, notamment par le chant quotidien des Vêpres au sein du sanctuaire (à 400m de l’Académie) et par le chant régulier de la Messe (dans les formes en usage dans le diocèse, qu’elles soient ordinaire ou extraordinaire).
6. Un internat de semaine (lundi au vendredi) avec transport direct depuis Laon et Paris, permettant d’accueillir les enfants talentueux et motivés de toute la France, indépendamment des ressources financières des parents (bourses possibles jusqu’à 50% des frais de scolarités). Pour garder l’équilibre familial, nos élèves passent les vacances et la plupart des week-ends à la maison.
7. Une spiritualité de la Joie, comme nous y encourage notre Saint Patron et patron de tous les « Pueri Cantores », Saint Dominique Savio : « Ici, nous faisons consister la sainteté à être toujours joyeux ». L’Académie est placée sous la protection de Saint Jean Bosco.
Nous avons l’honneur de vous inviter à l’inauguration de l’Académie Musicale de Liesse le dimanche 31 août 2014 à Liesse Notre Dame (Aisne). En ce jour si attendu, votre présence serait source d’une grande Joie pour nous. Voici le programme de la journée :
10H30 : Accueil et pot de bienvenue
11H00 : Discours d’inauguration
11H30 : Messe solennelle célébrée par Monseigneur Giraud dans la Chapelle de l’Académie
12H45 : Bénédiction puis remise des uniformes aux élèves
13H : Déjeuner-buffet partagé (merci à chacun d’apporter de quoi alimenter le buffet en salé, sucré ou boissons)
14H30 : Présentation des élèves et de leurs familles
15H : Audition de musique (instruments et chants)
15H30 : Présentation des équipes éducative, scolaire et artistique
16H : Départ pour la Basilique
16H30 : Chapelet solennel dans le sanctuaire, devant Notre Dame de Liesse
17H30 : Fin de la journée
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