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Publié le 23 Mars 2010


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Je vous salue, dit l'ange à Marie : Ave. Ecoutez, ô trés douce Vierge Marie, dit saint Bonaventure, écoutez des choses nouvelles, écoutez des merveilles.

Ecoutez, ô ma fille, vous dit votre père David, voyez et prêtez une oreille attentive : Audi, filia, et vide, et inclina aurem tuam (Psal. 44,10). Ecoutez Gabriel, ce glorieux messager.
Ecoutez la manière miraculeuse de votre fécondité; prêtez votre oreille pour un consentement si avantageux. Ecoutez ce que Dieu le Père va vous révéler d'une manière certaine. Voyez comment le Fils de Dieu s'incarnera en vous. Prêtez l'oreille au Saint-Esprit, qui opérera en vous. Puisque vous avez des oreilles pour entendre, écoutez, et dés le commencement de ce que vous devez entendre, écoutez cette salutation nouvelle : Je vous salue, Marie : Ave, Maria.

Que chacun de nous dise donc, et que tous disent : Je vous salue, Marie : Ave, Maria.

 O salutation vraiment gracieuse et vénérable! ô salutation vraiment glorieuse et admirable ! s'écrie le vénérable Béde , autant elle est nouvelle, autant elle convient à la dignité de Marie. Dans cette trés douce salutation sont renfermées cinq merveilleuses sentences, dans lesquelles sont désignées cinq recommandations ou éloges de la Vierge.

O insinuation vraiment douce! car dans cette salutation on voit combien la bienheureuse Vierge Marie est pure, pleine, assurée, digne, utile : trés pure, dis-je, à cause de l'exemption de la faute ; trés pleine par l'abondance de la grâce ; trés assurée à cause de la présence divine ; trés digne par le respect dû à sa personne ; trés utile par l'excellence de celui qui naîtra d'elle. La trés grande pureté de Marie à cause de l'exemption de la faute est bien insinuée lorsqu'on lui dit : Ave, Je vous salue. Car on dit avec raison : Je vous salue, à celle qui n'a jamais encouru le vae, la malédiction de la faute.

 Cela convenait à la Mère de Dieu, d'aprés le témoignage de saint Anselme qui dit:  Il convenait que la conception de cet homme se fit d'une Mère trés pure; que cette Vierge brillât d'une pureté telle, qu'on ne pût trouver son égale au-dessous de Dieu, puisque Dieu le Père se disposait à lui donner son Fils unique qu'il engendre de son cœur, égal à lui, et de le donner de telle manière, qu'il fût un et même Fils de Dieu et de l'homme :

Decebat ut hominis illius conceptio de Matre purissima fieret, ut ea puritate, qua major sub Deo nequit intelligi, Virgo Ma niteret, cui Deus Pater unicum Filium, quem de corde suo œqualem sibi genuit, ita dare disponebat, ut essetunus atque idem Dei et hominis Filius.

Ce nom de Marie a été ajouté non par Gabriel en cet endroit, mais par la dévotion des fidéles et par l'inspiration du Saint-Esprit.

Ave, Je vous salue. 0 mot bon et suave que cet Ave, qui est le commencement de notre délivrance de l'éternel vae, de l'éternelle malédiction!

Que chacun de nous et que tous disent trés dévotement : Je vous salue, Marie, je vous salue, et encore je vous salue, et mille fois je vous salue ! Ave, Maria, ave et ave, et iterum ave, et millies ave.

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 23 Mars 2010

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La belle parole « Voici la servante du Seigneur : Ecce ancilla Domini, » proférée par Marie, après la magnifique salutation de Gabriel, offrit un contraste surprenant, dit saint Bernard, digne de l'étonnement des hommes, de l'admiration des anges, des complaisances de Dieu !

Reconnue pleine de grâce, Marie ne considère que son néant ; comblée de dons, elle ne songe qu'à glorifier le Très-Haut ; et plus elle se voit élevée par grâce, plus elle s'abaisse par humilité. L'ange la salue, la proclame Mère de Dieu; et à peine ose-t-elle s'appeler sa servante : Mater Dei salutatur; et ancillam se nominat.

 C'est cependant le suprême degré de la grandeur de Marie, en qui tout d'ailleurs est grand, extraordinaire et singulier.

Grande est Marie, parce qu'elle est Vierge : Magnum quia Virgo; plus grande elle est encore, parce qu'elle est à la fois et Vierge et Mère : Majus quia Mater
et Virgo; très-grande elle est indubitablement, parce qu'elle est Mère du Dieu qu'elle adore : Maximum quia Mater Dei.

 

Or, serait-il possible de monter encore plus haut?


Oui, Marie s'élève encore au-dessus de cette grandeur; puisque, étant si grande aux yeux de Dieu, elle est moins que rien à ses propres yeux : elle est grande par la vertu des divins prodiges opérés en elle, elle est plus grande encore par le prodige de sa vertu : Sed longe maximum quod talis cum sit, putat se nihil esse.

 

Or, ce fut précisément par ce prodige de l'humilité de Marie que s'accomplit le mystère précieux de notre salut ; de même que le mystère fatal de notre ruine s'était accompli précisément par le prodige de l'orgueil d'Eve.


Marie, dit saint Bernard, en était arrivée au point de plaire au Verbe éternel par les charmes de sa pureté ; mais elle ne le conçut dans le temps que par la confession de son néant; ainsi que le Père céleste l'engendre dans l'éternité par la connaissance de sa propre excellence : Virginitate placuit humilitate concepit. Cette humilité si nouvelle, si singulière, si héroïque, si sublime, donna à la grande parole, articulée par Marie : « Qu'il Soit Fait, fiat, » l'efficacité de restaurer le monde qui avait été également créé par un Qu'il Soit Fait, fiât.

 

Oh ! sainte humilité, que ta force, que ton efficacité, que tes charmes sont grands! Mais que ta nécessité est grande aussi.


De même que le grand mystère de la réparation de l'homme a été accompli par l'humilité, de même aussi on ne saurait en éprouver les fruits que par l'humilité. L'orgueil de l'ancien Adam et de l'ancienne Eve nous avait ouvert l'enfer ; l'humilité du nouvel Adam et de la nouvelle Eve, de Jésus-Christ et de Marie nous a ouvert le ciel : mais comme ces portes bienheureuses ne nous ont été ouvertes que par les mains de l'humilité, ainsi n'y parviendra-t-on que par le sentier de l'humilité.


Jésus-Christ l'a dit : Si nous ne descendons jusqu'à la petitesse, jusqu'à la candeur, jusqu'à la simplicité des petits enfants, il nous sera interdit d'entrer dans le royaume des cieux : Nisi conversi fueritis, et efficiamini sicut parvuli, non intrabitis in regnum cœlorum. (Matth. xvm.) 

Remarquez attentivement celte expression du Seigneur : « Si vous ne vous faites petits enfants, nisi conversi fueritis, » car elle veut dire : Que, comme la Mère de Dieu s'est faite servante; que, comme le Verbe de Dieu s'est fait homme, ainsi l'homme doit se faire petit enfant pour être sauvé.


 

Il existe des hommes superbes, orgueilleux, enthousiastes de leur propre opinion, qui ne supportent qu'en frémissant d'impatience les réprimandes de la censure, le frein de l'autorité ; qui estiment se suffire à eux-mêmes, n'avoir besoin que d'eux-mêmes; qui, tandis qu'ils censurent tout dans les autres, tiennent à être flattés, applaudis, idolâtrés dans tout ce qu'ils disent et font eux-mêmes ; qui se croient et prétendent se faire croire par tous, les seuls savants qui savent tout, les seuls habiles qui remédient à tout, les seuls clairvoyants qui prévoient tout; les seuls infaillibles qui décident parfaitement de tout; eh bien, ces hommes-là, quoique sous les dehors d'une vie régulière et chrétienne, ont une secrète affinité, une sorte de parenté avec Lucifer, père de l'orgueil ; ils ont au fond du cœur d'infernales sympathies pour le vice et l'erreur; ils ont ce levain funeste qui résiste à l'action secrète de la grâce, et qui, corrompant lentement l'intelligence, finit par corrompre aussi le cœur.

 

Et n'est-ce pas là la cause de ces chutes que ne rappelle qu'avec horreur l'histoire ecclésiastique, de tant de martyrs qui, après avoir rendu hommage à la foi de Jésus-Christ par la générosité de leur confession, l'ont ensuite déshonoré par le scandale de leur apostasie ; de tant de sages qui, après avoir défendu l'Église par la splendeur de leur doctrine, ont fini par l'attaquer par les blasphèmes de leurs erreurs : de tant de saints qui, après avoir édifié le peuple chrétien par l'héroïsme de leur vertu, ont fini par l'affliger par la turpitude de leurs vices.

 

 Au contraire, les hommes dociles, humbles, qui, pensant bassement d'eux-mêmes et se défiant de leur propre esprit, de leurs propres lumières, de leurs propres forces, cherchent en dehors d'eux-mêmes la vérité qui les instruise, la force qui les soutienne, le conseil qui les guide, et qui aiment mieux croire que disputer, écouter que discourir, obéir que commander; ces hommes-là, dis-je, quoi qu'il arrive, soit qu'ils tombent dans l'erreur ou dans le vice, finissent enfin par venir à résipiscence et à secouer le linceul de leur mort spirituelle.

 

Au milieu même de leurs désordres, ils appartiennent encore, par une affinité secrète, par un fil imperceptible, à Jésus-Christ, le maître et le modèle de l'humilité ; ils ont des sympathies célestes pour la vérité et la vertu; ils conservent libre le sentier, ouverte la porte du cœur, le sentier, la porte de l'humilité par où peut toujours s'introduire et par où s'introduit effectivement la grâce, qui le convertit, le transforme et s'en rend maîtresse.

 

Et n'est-ce pas là la cause cachée de ces changements, éclatants que rappelle avec admiration et complaisance l'histoire ecclésiastique, de tant de satellites de la persécution idolâtrique, devenus ensuite martyrs de la foi : de tant de partisans de l'erreur, devenus ensuite docteurs de la vérité catholique ; de tant de pécheurs, devenus ensuite des saints.

 

Ah! descendons de la hauteur de notre ambition, des prétentions de notre vanité, de la présomption de notre orgueil ; défions-nous de nous-mêmes, humilions notre esprit et notre cœur devant Dieu et devant les hommes.


C'est le plus beau moyen d'honorer le mystère de ce jour, le mystère par excellence de l'humilité du Fils de Dieu et de la Mère de Dieu. C'est le moyen le plus sûr de conserver la grâce de Dieu si nous l'avons acquise, et de la recouvrer si nous l'avons perdue. C'est la pratique la plus sûre pour vivre en vrais chrétiens ou pour le devenir au plus tôt.


C'est l'escalier royal pour monter au ciel.


Car s'accomplit non-seulement dans le temps, mais encore dans l'éternité, l'oracle de Jésus-Christ : que quiconque s'exalte sera humilié, et que quiconque s'humilie sera exalté : Omnis qui se exaltat hitmiliabitur, et qui se humiliat exaltabitur. (Luc, xiv.)

 

PÈRE VENTURA.

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Rédigé par philippe

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Publié le 23 Mars 2010

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Ave maria gratia plena .



Plusieurs interprètes prétendent que l'ange s'agenouilla en présence de la Vierge, inférieure à lui par nature, mais supérieure à lui en pureté, en grâce, en dignité; et que, dans cette attitude de respect pour celle qui allait devenir la reine des anges et la mère de Dieu, il prononça les paroles : Salut, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous : Ave, gratia plena ; Dominus tecum.


O paroles ! ô salutation ! qui ne sont pas un compliment humain, mais un augure divin, une révélation, une reconnaissance de ce qu'est effectivement Marie ; et tout à la fois une splendide prophétie de ce qu'elle sera dans peu !

 

 Premièrement le mot Ave, dit A. Lapide à la suite de beaucoup de Pères, est ici manifestement allusif au nom d'Eve; dixit Ave; ut alludat ad nomen Evae; car Eve, signifie vitale, vivifiante, madre de' viventi.

De prime abord, dit saint Épiphane, il peut sembler étrange qu'Adam ait donné à sa compagne, après le péché, un si magnifique nom, en l'appelant vivante et mère fortunée des vivants, elle qui déjà avait ouï la terrible sentence qui la condamnait, elle et ses descendants, à mourir, elle qui était devenue mère infortunée des morts : Eva Mater viventium vocata est postquàm audivit : Pulvis es; et mirum est, quod post transgressionem hoc magnum nomen habuerit.

 

Eh bien, non, rien d'étrange en cela, continue le saint docteur, la salutation d'Adam ne fut ni contradictoire, ni vaine, mais mystérieuse et prophétique.

En parlant de cette sorte à sa compagne, il eut en vue Marie ; à la faveur de la divine lumière il connut et prédit que Marie, dont Eve, encore vierge et épouse, était le type et la figure, serait la vraie Mère des vivants; Beata Mater Dei Mariae per Evam significabatur, quae per enigma accepit ut mater viventium diceretur.


Or, Marie ne commence à être la Mère des vivants qu'à l'instant qu'elle conçut l'auteur même de la vie. Ainsi donc l'ange, en disant à Marie : Tu vis, ô Marie! salut, ne lui dit autre chose que ceci : Tu es la vraie Eve. Celle-là fut pleine de crimes, et toi tu es pleine de grâce ; celle-là fut rebelle à Dieu, et toi tu lui es fidèle ; et, à cette heure-ci même, l'ancienne prophétie se vérifie en toi.

 

 Remarquez encore que le mot Ave, qui dans le latin dérive de l'hébreu, et a dans les deux langues la même signification, est le nom d'Eve retourné, ce qui signifie, dit saint Augustin, que la malédiction d'Eve s'est changée par Marie en bénédiction, qu'avec la grâce du Sauveur qu'elle vient nous apporter, et dont elle fut surabondamment remplie, elle effaça la faute d'Eve: Maria impleta est gratia, et Eva evacuatur culpâ. Maledictio Evae in benedictionem mutatur Mariae. (Serm. 18, de Sanct.)

 

C'est aussi pour cette raison que l'ange l'appelle la pleine de grâce par excellence, gratia plena; c'est-à-dire, ainsi que l'explique saint Bonaventure et Maldonat : La créature en qui toutes les grâces et tous les mérites, tous les priviléges et toutes les vertus qui résident en Jésus-Christ comme dans leur source, qui, dans les anges et dans les saints sont comme divisés en petits ruisseaux ; se trouvèrent réunis tous ensemble comme dans un fleuve plus près de sa source, comme dans un océan mystérieux; et dans la plus grande mesure dans laquelle il était possible à une pure créature d'en recevoir : Sicut omnia flumina intrant in mare; sic omnes gratixae quos habuerunt Angeli patriarchae, prophetae, apostoli, martyres, confessores, virgines, in Mariam fluxerunt. (Sanct. Bon., Spec, c. 2.)


Et saint Jérôme dit : « Oh qu'elle est dûment saluée pleine de grâce celle par l'intermédiaire de laquelle la pluie précieuse de la grâce de l'Esprit-Saint s'est répandue abondamment sur la création tout entière ! Bene gratia plena, per quam largo Spiritus Sancti imbre perfusa est omnis creatura. (Serm. de Assumpt.)

 

 Les paroles : Le Seigneur est avec vous, Dominus tecum, signifient que, bien que le Seigneur, par son immensité et sa puissance, soit avec toutes les créatures; que, par sa grâce actuelle qui éclaire l'esprit et excite les cœurs, il soit souvent aussi avec les pécheurs; que, par sa grâce sanctifiante, il soit avec les justes; et que, par  une protection spéciale, il soit avec tous les élus; dans Marie et avec Marie, Dieu est non-seulement de toutes ces manières, mais qu'il y est, en outre, d'une manière plus noble et plus intime.


Ce fut donc, selon saint Augustin, comme si l'Ange lui eût dit : O Marie! le Seigneur est avec vous d'une façon beaucoup plus parfaite qu'en moi ; Dominus tecum magis quam mecum ; puisque vous êtes pleine de grâce, vous êtes pleine de Dieu ; Dieu est en vous et vous êtes en Dieu et avec Dieu ; vous appartenez à Dieu ; vous êtes investie, possédée entièrement de Dieu ; vous êtes toute de Dieu ; aussi est-ce pour cela que vous êtes la créature par excellence à laquelle Dieu est le plus intimement uni, Dominus tecum; et que vous êtes, comme il est dit dans les cantiques, la vraie, la grande, l'unique amie de Dieu: Una est amica mea, una est. (Cant. Iv.)

 

 L'ange, évangéliste des grandeurs et des gloires de Marie, ne s'en tient pas là : mais, après l'avoir proclamée unique devant Dieu, il la proclame unique entre tous les hommes, lui disant : Vous êtes la femme bénie parmi toutes les femmes, Benedicta tu in mulieribus; dans le sens substantif, absolu dans lequel elle avait été appelée la Vierge, la mère des vivants, la femme pleine de grâce, la mère de Dieu, c'est-à-dire, la femme prince, la femme modèle, la femme honneur et gloire de toutes les femmes; qui réunit en elle toutes les vertus, tous les mérites, toutes les qualités, toutes les distinctions de la femme dans ses divers états, et qui ne sauraient se trouver associées dans la même personne ; savoir : la liberté d'esprit de la veuve, le bonheur de la société conjugale, la pureté de la vierge et la fécondité de la mère.

 

Marie a encore été la femme, bénie entre toutes les femmes, parce qu'elle a été la seule qui ait apporté au monde la bénédiction par le moyen du fruit béni de son chaste sein, dans lequel se sont réunies toutes les bénédictions, et en qui devaient être bénies toutes les nations de la terre. (Sen. xxvi.)

 

 Or, que fait Marie en entendant un pareil discours, que répond Marie?


Ah! la nouvelle Eve, choisie pour apporter le remède à la faute primitive, se comporte avec Gabriel tout autrement que ne l'avait fait l'ancienne Eve avec Satan.

Le discours du démon à Eve supposa et exalta dans cette femme imprudente une indépendance de Dieu, un mérite, une excellence qu'elle n'avait pas : Cur praecepit vobis Deus, ut non comederetis de omni ligno paradisi. (Genèse, m.)

Le discours de Gabriel à Marie annonça, dans cette fortunée jeune fille, une grandeur extraordinaire aux yeux de Dieu, un mérite, une excellence réelle, une possession parfaite de la grâce et la plus intime union avec Dieu : Ave gratia, plena : Dominus tecum.

 

Cependant, le langage du mensonge et de l'imposture, au lieu de troubler l'esprit d'Eve, l'enivre d'une stupide complaisance pour elle-même et la remplit d'un orgueil démesuré qui la pousse jusqu'à mettre en doute la véracité des divines menaces, ne forte moriamur.

Au contraire, le langage de la sincérité et de la vérité, qui semblait devoir rassurer Marie et la rendre satisfaite d'elle-même, la trouble, la déconcerte, la fait trembler. Marie se cherche en elle-même et ne s'y retrouve plus.


L'orgueil fit qu'Eve prit un ange des ténèbres, un serpent, pour l'ange de la lumière. L'humilité fit craindre à Marie de rencontrer, dans l'ange véritable de la lumière, l'ange des ténèbres, bien qu'elle fût accoutumée à la vue des anges et à leur société.


Marie se croyait indigne de mériter une si belle et si magnifique salutation, articulée avec un si profond respect.

Au lieu donc de s'y complaire, elle s'épouvante; et ne pouvant comprendre pourquoi elle lui est adressée, ni où elle doit aboutir, elle demeure muette, pensive, agitée : Quae cum audisset, turbata est in sermons ejus; et cogitabat qualis esset ista salutatio. (Luc, 29.)


Ne craignez rien, ô Marie! reprit l'ange, en l'appelant par son nom, pour lui inspirer plus de confiance; vous avez trouvé grâce devant Dieu : Ne timeas, 'Maria, invenisti enim gratiam apud Deum (Luc, 30) ; c'est-à-dire, comme l'explique saint Bernard : « Vous, qui n'avez jamais cherché d'autre mérite, d'autre honneur, d'autre gloire que de plaire à Dieu, vous avez donc trouvé ce que vous avez sans cesse cherché. Vous êtes plus gracieuse, plus chère, plus agréable à son regard divin que tous les saints qui vous ont précédée, que toutes les plus nobles créatures, réunies ensemble. Invenisti quod quaerebas, quod ante te nemo potuit invenire. (Serm. ni, Sup. Miss.)


O riche trésor! ô pierre précieuse que Marie! prévenant l'Évangile, a acheté par l'offrande, par la consécration de tout son être à Dieu : Dedit omnia sua et comparavit eam (Mat.,XXXI), c'est-à-dire qu'elle a obtenu tant de grâce et tant de vertu qu'elle a mérité, comme l'enseignent les scolastiques avec Suarez et Vasquez, la maternité divine, sinon au titre d'une rigoureuse dignité (de condigno), au moins à celui d'une parfaite convenance (de congruo), et pour preuve de cela : « Voici, lui ajoute l'ange, que vous concevrez dans votre sein et enfanterez un fils : Ecce concipies in utero, et paries filium. » (Luc, I, 31.)

 

Avant tout, rappelons ici le grand et magnifique oracle d'Isaïe : « Dieu lui-même vous donnera un prodige : Voici que là Vierge concevra et enfantera un fils : Dabit Dominus ipse vobis signum : Ecce Virgo concipiet et pariet Filium. »

Or l'ange ayant dit à Marie (la Vierge) (ad Virginem) : « Voici que vous concevrez et enfanterez un fils : Ecce concipies et paries filium; » lui ayant répété les paroles mêmes d'Isaïe, ce fut lui dire : « Vous êtes, ô Marie! la Vierge dont a parlé le prophète ; et voici que le grand prodige, jadis promis de Dieu, de la conception et de l'enfantement de la Vierge, s'accomplit aujourd'hui en vous. »

 


L'ange continua encore à dire à Marie : Vous donnerez à votre fils le nom de Jésus. Il sera le Grand, et s'appellera le Fils du Très-Haut : Et vocabis nomen ejus Jesum. Hic erit magnus et Filius Altissimi vocabitur. (Luc-, 31, 32.) Isaïe, lui aussi, avait dit: Il sera appelé Emmanuel : Et vocabitur nomen ejus Emmanuel.

L'ange n'a donc fait encore ici que répéter et expliquer plus clairement les paroles du prophète ; à la différence qu'il s'est servi, dans ce but, de plusieurs mots, tandis que le prophète avait tout dit en un seul. Car Emmanuel signifie Dieu avec nous, ou Homme-Dieu; c'est-à-dire Fils de Dieu et à la fois Fils de l'Homme ; signifie Jésus ou Sauveur des hommes; puisque le Messie n'est Jésus ou Sauveur, et par cela même, le Grand en puissance et en bonté qu'en tant qu'il est Emmanuel, ou Homme-Dieu, ou Dieu avec nous. (Ita A. Lapide, In Isaïam.)

 

L'ange ajouta encore : « Dieu donnera à votre le fils trône de David son père ! Il régnera dans la maison de ]acob, et son règne n'aura d'autres limites que l'univers, d'autre durée que l'éternité : Dabit illi Duminus sedem David patris ejus ; et regnabit in domo Jacob in aeternum, et regni ejus non erit finis » (Luc, 32.)


Ces paroles sont aussi celles qu'a dites Isaïe : Il s'assiéra sur le trône de David, aujourd'hui et pour l'éternité ; et son règne pacifique n'aura pas de fin. Le Seigneur a envoyé son Verbe en Jacob, et il fut recueilli en Israël : Et pacis ejus non erit finis. Super solium David, et regnum ejus sedebit a modo usque in sempiternum. Verbum misit Dominus in Jacob, et cecidit in Israël. (Isaïe, IX.)


O ange saint! quelles obligations ne vous-avons-nous pas! Qu'il est beau pour nous fidèles, d'entendre de votre bouche céleste l'application et l'interprétation de cette magnifique prophétie, fondement et preuve de notre foi !

 

 père Gioacchino Ventura

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Publié le 22 Mars 2010

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0 mon Dieu, vous vous êtes souvenu de moi et vous n'abandonnez point ceux qui vous aiment! Saint Paul dit (Rom., VIII, 28) : Tout tourne à bien à ceux qui aiment Dieu ; et il est écrit dans l'Évangile: Pas un cheveu de votre tête ne tombera sans la permission de votre Père céleste (Matt., X, 30); et ailleurs : Dieu donne la nourriture aux oiseaux qui ne sèment point, qui ne récoltent point; et à la fleur des champs, qui ne file ni ne tisse (Matt., VI, 15), un vêtement plus magnifique que la pourpre des rois. Or, vous êtes à ses yeux plus que des oiseaux et des lis (Matt., X, 31).

Ce qui ne veut pas dire que l'homme doit tout abandonner à la Providence sans prudence et sans travail.


Il doit avoir sa part d'action dans tout ce qui se fait ici-bas, puisque par sa raison il y est le représentant de Dieu, et que l'exercice de sa liberté, qui lui a été donnée à cette fin, lui impose une responsabilité. Ce qui ne veut pas dire non plus que tout doive prospérer aux fidèles serviteurs de Dieu, et qu'ils n'auront jamais rien à souffrir pour son service et l'accomplissement de sa loi. Au contraire ils rencontreront beaucoup d'obstacles, de combats, de tribulations, et c'est justement par là que leur fidélité sera éprouvée et qu'ils attireront la grâce qui viendra les secourir ou les délivrer en son temps. Mais ce qui est certain, c'est que tout ce qui leur arrivera, même leurs plus cruelles infortunes et leurs plus vives douleurs, tournera en définitive à leur plus grand bien, s'ils persistent dans leur voie, et à la plus grande gloire de Dieu, o'est-à-dire à l'accomplissement des desseins providentiels en eux et par eux.

 

Nous en voyons un exemple en Daniel, la plus belle figure peut-être que nous offre l'Écriture sainte, après celles de J.-C. et de sa mère. Dès son adolescence l'Esprit divin s'est emparé de lui et le guide dans ses pensées, comme on le voit dans la délivrance de la chaste Suzanne, que le peuple trompé par les apparences et les ruses diaboliques de deux infâmes vieillards a condamnée à mort. Seul, il parle en sa faveur contre tout le peuple, et il prouve son innocence. A Babylone, tout captif qu'il est, il refuse hardiment d'observer les décrets du roi qui prescrivent l'idolâtrie, et il reste, malgré tout, fidèle au culte du Dieu d'Israël. Il est jeté à cause de cette résistance dans la fosse aux lions qui le respectent, parce que l'Esprit de Dieu qui est en lui les arrête. Cette conservation miraculeuse le met plus que jamais en faveur auprès du roi, qui lui donne une grande autorité ; et la puissance ne l'exalte pas plus que la persécution ne l'avait abattu. Il persiste à combattre l'idolâtrie et à démasquer l'hypocrisie de ses prêtres. Il renverse les idoles, tue le dragon, tourne en ridicule les superstitions du peuple qui, s'ameutant contre lui et contre le roi qui le soutient, le force par leur rébellion et leurs menaces de livrer Daniel à leur fureur.

On le jette de nouveau dans la fosse aux lions, et pour qu'il n'échappe point cette fois à leur cruauté, on ne leur donne point de nourriture pendant plusieurs jours.

Dieu sauve encore de la mort son fidèle Daniel, et sa bonté pour lui va même jusqu'à lui envoyer à manger par un nouveau miracle.

 

Ici encore le dessein providentiel s'accomplit.

Le roi, frappé de cette protection merveilleuse du ciel, et plein de joie de retrouver vivant celui qu'il aime, reconnaît publiquement que le Dieu de Daniel est le Dieu véritable, et décrète que toute la terre doit l'adorer. Ainsi Daniel est sauvé, et le vrai Dieu est glorifié. Mais que d'événements terribles pour arriver à cette fin, et combien Daniel a dû souffrir au milieu de ces péripéties et de ces persécutions!

Tout lui a tourné à bien, sans doute, parce qu'il aimait Dieu de tout son cœur, et ne cherchait que sa gloire. Mais il lui a fallu subir constamment la haine des grands du royaume, jaloux de cet étranger qui avait la faveur du prince, les calomnies et les persécutions des prêtres de Bel et de Dagon, indignés de l'audace de ce misérable Juif, d'un esclave qui ose s'attaquer à leur autorité, démasquer leurs ruses et leur enlever leurs profits avec leur crédit et leur puissance. Il s'est trouvé seul devant le peuple en révolte et demandant sa mort, il s'est vu abandonné du roi, dont la vie était aussi menacée. Deux fois il a été jeté en proie aux lions, et ainsi il a dû ressentir à deux reprises toutes les angoisses d'une mort qui semblait certaine, ou du moins dont aucun secours humain ne pouvait le préserver.

Dieu l'a sauvé à cause de sa fidélité et du courage de son amour ; mais il l'a sauvé à travers les mille tribulations de la plus cruelle épreuve.

 

Telle est la leçon que nous donne cette histoire si terrible et si consolante tout ensemble. Elle nous assure du secours d'en haut en toute occurence et quel que soit le danger, si comme Daniel nous restons fidèles à la cause de Dieu, l'honorant et le servant comme il veut l'être. Mais ne nous imaginons pas qu'il nous épargnera les souffrances, les angoisses, tous les accidents plus ou moins pénibles de la lutte avec les passions humaines coalisées contre la vérité ; lutte inévitable qui doit éprouver notre fidélité, manifester notre courage et justifier notre amour.

 

mr l'abbé Bautin

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Publié le 21 Mars 2010

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Très Saint confesseur du Seigneur, Père et chef des moines, Benoît intercédez pour notre salut et celui de

 

tous.

Parmi les couronnes éternelles des habitants du ciel,

Récompenses de leurs saints combats,

Vous brillez par l'éclat supérieur de vos mérites

O Saint Benoît

 

Une sainte vieillesse est votre ornement de l'enfance;

La volupté n'a aucune emprise sur vous,

Le monde et sa fleur sont pour vous fanés: vous avez

tourné votre âme vers les hauteurs.

 

Très tôt, prenant la fuite, vous laissez patrie et parents,

Pour devenir le fervent habitant des forêts;

Vous matez votre chair, au Christ la soumettez,

En bourreau sans pitié.

 

Pour ne pas vous laisser enseveli dans ces calmes retraites,

Les miracles de vos oeuvres pies vous trahissent;

Votre heureuse réputation se répand à travers le monde

D'un coup d'aile.

+


Dieu éternel et tout-puissant qui avez en ce jour tiré saint Benoît, votre très saint confesseur, de la prison de son corps pour l'élever au ciel, daignez accorder à vos serviteurs qui célèbrent sa fête le pardon de tous leurs péchés, afin que, dans la joie de leur âme, s'associant à sa gloire et à son bonheur, ils aient, grâce à son intercession, part à ses mérites.


 

 

aux premières Vèpres.






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Rédigé par philippe

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Publié le 20 Mars 2010

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saint Benoît priez pour nous !

sainte fête aux Benoît, moines

moniales.

 

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Le motif de la dévotion spéciale que nous éprouvons pour tel saint en particulier, est ordinairement emprunté à ses mérites, qui lui assurent un plus grand crédit auprès de Dieu.

Or, si l'on considère tout ce que la grâce a opéré en saint Benoît, tout ce que saint Benoît a accompli par lui-même et par ses enfants pour l'honneur de Dieu , le salut des âmes et le service de l'Église, on est amené à penser que parmi les amis de Dieu, parmi ceux qu'il a daigné glorifier, il en est peu dont l'intercession semble devoir être plus puissante.


Cette Règle si sainte et si remplie de sagesse, qui seule a régné pendant plus de cinq siècles dans tous les monastères de l'Occident, n'a-t-on pas droit de la considérer comme dictée par l'Esprit-Saint à l'homme choisi pour l'écrire et pour lui donner son nom?

Ces milliers de saints qu'elle a produits, et qui se sont fait gloire d'être les enfants de saint Benoît, ne sont-ils pas autant d'astres qui gravitent dans les cieux autour de ce brillant soleil? Des nations entières conquises sur le paganisme à la foi chrétienne par ses disciples, ne le proclament-elles pas leur Père? Les nombreuses phalanges de martyrs qui saluent Benoît du nom de leur chef, ne lui donnent-elles pas le droit de réclamer une part dans les mérites de leurs combats ? Cette multitude de saints Évêques qui ont gouverné tant d'Églises, cette pléiade de saints Docteurs qui ont enseigné la science sacrée, et combattu les hérésies de leur temps, n'est-elle pas aussi un hommage à celui que tous ont honoré comme leur maître?

Les trente souverains Pontifes, que la Règle bénédictine a donnés à l'Eglise, et dont un si grand nombre ont eu la main dans les mesures les plus importantes pour la défense et l'avantage de la chrétienté , n'attestent-ils pas aussi la haute sagesse du législateur inspiré sous la conduite duquel ils vécurent longtemps dans le cloître? Enfin, tant de millions d'âmes qui, depuis treize siècles, se sont vouées à Dieu sous sa sainte et impérissable institution, ne forment-elles pas autour de sa tête vénérable comme un diadème immortel qui fait l'admiration des élus?

 

Pour tous ces motifs, il semble légitime que le peuple chrétien dans les hommages qu'il rend aux héros de la sainteté, soit engagé à diriger son culte et sa confiance vers le grand Patriarche , autour duquel Dieu semble avoir réuni tout ce qui peut contribuer à nous donner une idée de la gloire immense dont il l'a couronné dans les cieux.

Recourons donc à lui dans nos besoins; il est puissant pour exaucer nos prières, et la bonté toute paternelle qui semble avoir été un des traits principaux de son âme, d'après les récits que saint Grégoire-le-Grand nous a laissés sur son admirable vie, est demeurée, au sein même de la gloire dont il jouit, comme le caractère permanent de son intervention en faveur des habitants de la terre.

 

Il apparut un jour à sainte Gertrude, son illustre fille. Ravie d'admiration dans la contemplation de ses grandeurs, la vierge lui rappela son glorieux trépas, lorsque dans l'église du Mont-Cassin, le vingt-un Mars 543, après avoir reçu le corps et le sang du Seigneur, soutenu sur les bras de ses disciples, debout comme un atblète, il rendit sa sainte âme à Dieu dans une dernière prière. Elle osa alors lui demander, au nom d'une si précieuse mort, qu'il daignât assister de sa présence, au dernier moment, chacune des religieuses qui composaient alors le monastère dont elle était Abbesse. Assuré de son crédit auprès du souverain Seigneur de toutes choses, le saint Patriarche lui répondit avec cette douce autorité dont son langage était rempli dès ici-bas : « Quiconque me rendra hommage pour  la faveur dont mon maître a daigné ho» norer mes derniers moments, je m'engage à l'assister moi-même à l'heure de sa mort. Je serai pour lui un rempart qui  le mettra en sûreté contre les embûches des démons. Fortifié par ma présence,  il échappera aux pièges des ennemis de son âme, et le ciel s'ouvrira pour lui ».

 

Une si précieuse promesse faite par un tel serviteur de Dieu , et garantie par une si noble épouse du Sauveur des hommes, a inspiré aux enfants de saint Benoît la pieuse pensée de composer une prière spéciale selon les intentions de leur Patriarche, à l'effet d'assurer à ceux qui la réciteront, le bienfait qu'il a daigné promettre.

 

Benoît, aimé du Seigneur, s'étant fortifié par la réception du Corps et du Sang de Jésus-Christ, était debout dans l'Eglise, appuyant ses membres défaillants sur les bras de ses disciples. Les mains élevées vers le ciel, il exhala son âme dans les paroles de la prière, et on le vit monter au ciel par une voie couverte de riches tapis et resplendissante de l'éclat d'innombrables flambeaux.

- Vous avez apparu plein de gloire en la présence du Seigneur;

- Et c'est pour cela que le Seigneur vous a revêtu de beauté.

 

"O Dieu qui avez honoré de tant et de si glorieux privilèges la précieuse mort du très saint Benoît; daignez nous accorder, à nous qui honorons sa mémoire, la grâce d'être protégés contre les embûches de nos ennemis, à l'heure de notre mort, par sa bienheureuse présence.

Amen

dom Guéranger  .



Seigneur, ayez pitié

Christ, ayez pitié

Seigneur, ayez pitié

 

Père du Ciel, Seigneur Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, ayez pitié de nous

Esprit Saint, Seigneur Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.

Saint Joseph, priez pour nous.

Saint Benoît, patron de la bonne mort...

Saint Benoît, rempli du Saint Esprit

Saint Benoît, homme de prière.

Saint Benoît, fort dans la foi

Saint Benoît, ferme dans l'espérance.

Saint Benoît, ami des travailleurs

Saint Benoît, consolateur des malheureux,

Saint Benoît, soutien des malades

Saint Benoît, réconfort des pauvres

Saint Benoît, espoir des familles divisées

Saint Benoit, protecteur des enfants.

 

Saint Benoît, de la colère et de la haîne, délivrez-nous

Saint Benoît, de la jalousie et de la calomnie, délivrez-nous.

Saint Benoît, de toutes nos souffrances, délivrez-nous.

 

Seigneur, écoutez-nous.

Seigneur, exaucez-nous.

 

 

Seigneur Dieu, qui avez fait de saint Benoît un guide de vie chrétienne: donnez-nous de préférer votre amour à toute chose et aidez-nous à progresser sur les chemins de Jésus Christ Notre Seigneur. Amen.

 

 

Prions

 

Exaucez dans votre miséricorde et votre bonté les prières que nous vous adressions pour la liberté et l'exaltation de la Sainte Eglise Universelle, notre Mère, pour la conversion des pécheurs, pour la santé des malades, pour la consolation des affligés, pour le salut des vivants, et spécialemen pour nos intentions particulières............................

pour tous ceux qui se recommandent ou sont recommandés à nos prières; pour le soulagement ou la délivrance des défunts, pour nos amis. par Jésus-Christ Notre Seigneur.

 

Amen.

 

O bon Père Benoît, chef et Patriarche des moines, espérance et consolation de tous ceux qui recourent à vous de tout leur coeur, je me recommande humblement à votre très sainte protection. Daignez, en raison de l'excellence de vos mérites, me défendre contre tous les ennemis de mon âme et m'accorder dans l'abondance de votre tendresse, la grâce de la componction et le don des larmes, afin que je puisse pleurer comme il convient et abondamment tant de fautes et d'offenses dont je me suis souvent rendu coupable depuis ma jeunesse contre l'aimable et désirable Seigneur Jésus-Christ, et afin que je mérite de vous louer et de vous honorer dignement.

 

O olivier, ô vigne d'une extraordinaire fécondité dans la maison de Dieu. O vase d'or massif, orné de toutes sortes de pierres précieuses, choisi par Dieu et très agréable à son coeur, enrichi d'innombrables dons de la grâce comme d'autant de diamants étincelants. Je vous prie, je vous supplie, je vous conjure de toute l'ardeur de mon coeur et par tous les désirs de mon âme, Père très bienveillant et doux Maître, de daigner vous souvenir devant Dieu du pauvre pécheur que je suis, pour que, dans sa bonté&, il me pardonne tous mes péchés, me maintienne dans le bien et ne permette pas que quelque malheur m'éloigne jamais de lui. Puisse-t-il, au contraire, m'admettre après vous, ô Père, dans la société des Bienheureux et m'accorder la joie de le contempler; là je goûterai le bonheur éternel avec vous et avec l'immense armée de moines placée sous votre étendard. Daigne m'accorder cette grâce notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ, qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans les sicècles des siècles.

Amen.

 

PRIONS.

 

Nous vous demandons, Dieu tout-puissant, en vertu des mérites et des exemples de notre Bienheureux Père saint Benoît, de ses disciples Placide et Maur, de la Vierge sa soeur scholastique et de tous les saints moines qui ont combattu pour vous dans les rangs de son armée et sous sa conduite, de renouveler en nous votre Esprit-Saint, afin que, sous son inspiration, nous luttions avec vigueur contre la chair, contre le monde et contre le démon. Et puisque la palme de la victoire ne s'obtient que par les fatigues du combat, donnez-nous la patience dans l'adversité, la constance dans les tentations et la prudence dans le danger. Donnez-nous l'éclat de la chasteté, le désir de la pauvreté, le mérite de l'obéissance et la fidélité résolue dans l'observance. Puissions-nous, forts de votre secours et unis par les liens de la charité fraternelle, nous acquitter de notre service avec une commune ardeur et traverser cette vie présente de manière à mériter d'entrer un jour, victorieux et couronnés, dans l'éternelle Patrie pour y être réunis aux phalanges des saints moines. Par le Christ Notre Seigneur.

 

Amen.

 

O saint Patriarche, nous vous invoquons : levez vos bras paternels largement ouverts vers le Très Sainte Trinité et priez pour le monde, pour l'Eglise, et particulièrement pour l'Europe, pour votre Europe dont vous êtes le patron céleste : pour que celle-ci n'oublie pas, ne refuse pas, ne rejette pas l'extraordinaire trésor de la foi chrétienne qui, pendant des siècles a animé et fécondé l'histoire et le progrès moral, civil, culturel, artistique de ses différentes nations ; que, par la vertu de sa matrice chrétienne, elle soit porteuse et génératrice d'unité et de paix parmi les peuples du continent et ceux du monde entier ; qu'elle garantisse à tous ses citoyens la sérénité, la paix, le travail, la sécurité, les droits fondamentaux, comme ceux qui concernent la religion, la vie de famille, le mariage.

 

 Jean-Paul 2

 

 

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 20 Mars 2010

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 En vérité, en vérité je vous le dis : j'étais avant qu'Abraham fût fait.

Amen, amen dico vobis, antequam Abraham fieret, ego sum.

 

 

 

Quelle charité de Jésus-Christ pour les hommes!

Lorsque les hommes lui préparent les supplices les plus cruels, la mort la plus ignominieuse, c'est alors même que, pour les prévenir contre le scandale de sa croix, il s'applique à les convaincre par les preuves les moins équivoques, qu'il est Dieu, et qu'il ne sera livré que parce qu'il le voudra, et au moment qu'il le voudra. Nous l'avons vu, il y a peu de temps, pour affermir la foi de ses disciples, manifester sa gloire à trois d'entre eux sur le mont Thabor, leur découvrir sa grandeur et sa divinité par le concours de divers prodiges mystérieux; leur faire entendre la voix du Père céleste, qui l'appelle son Fils bien-aimé, en qui il met toutes ses complaisances, qui le reconnaît pour sa sagesse éternelle, pour la vérité par essence, en ordonnant de l'écouter et de le suivre; leur faire voir Moïse et Elie qui figurent la loi et les prophètes, s'entretenant avec lui pour marquer qu'il est la fin et le terme de la loi, la lumière, le conducteur, l'objet des prophètes et l'accomplissement des prophéties; leur apprendre enfin, par l'entretien qu'il a avec Moïse et Elie sur ce qu;il doit souffrir à Jérusalem, que loin de se scandaliser de ses souffrances, ils doivent en conclure qu'il est véritablement le Sauveur attendu sous sa loi, promis par les prophètes, désigné par Jes anciennes figures, donné dans la plénitude des temps.

 

Aujourd'hui ce n'est plus à l'écart et à trois disciples seulement, mais au milieu du temple et à tout Israël qu'il expose les preuves de ses perfections, de ses grandeurs, de l'excellence de son ministère, en un mot, de sa divinité.

Il les prouve d'abord par son impeccabilité, en défiant les Juifs de le convaincre du péché; par sa personnalité de Fils unique de Dieu, en l'appelant formellement son Père, qu'il honore, et qui également recherche sa gloire et lui fait justice; par sa qualité de vérité essentielle, de parole éternelle du Père, qui lui donnait droit d'être écouté et d'être cru de ceux à qui il daignait parler, et qui ne pouvaient, sans se rendre coupables, mépriser les vérités qu'il leur annonçait ; par sa mission divine, en disant qu'il est celui dont Abraham a désiré avec ardeur de voir le jour, et dont la vue, seulement en esprit et par l'espérance, l'a comblé de joie.

Enfin, par l'éternité de son existence dans le sein de Dieu en déclarant que, quoiqu'il n'eût paru que depuis peu d'années sur la terre, il était avant qu'Abraham fût fait : Amen, amen dico vobis, antequam Abraham fieret, ego sum.

 

Est-ce sans dessein que l'Eglise, dans ce saint temps, nous met coup sur coup sous les yeux toutes ces preuves des grandeurs, des perfections sublimes de Jésus-Christ?


Non sans doute, mes frères; elle veut que nous nous en occupions d'une manière particulière, avant que d'entrer dans ces jours destinés à nous rappeler les humiliations de ce divin Sauveur.

Conformons-nous donc aux vues de cette mère tendre et si éclairée sur nos besoins.


Il est doux, il est grand, il est consolant de s'occuper de notre divin Sauveur, sous les divers points de vue de sa gloire et de ses abaissements.


Il réunit lui seul le ciel et la terre, Dieu et l'homme, le temps et l'éternité; la vérité que nous devons croire, la majesté que nous devons adorer, la bonté que nous devons aimer, et la grâce que nous devons attendre.


 


dom Sensaric.


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Rédigé par philippe

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Publié le 19 Mars 2010

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La croix, qui fut d'abord la source de la grâce, en est jusqu'à la fin l'écoulement intarissable; elle produit et perpétue tout à la fois les biens et les avantages acquis par la mort de Jésus-Christ.

C'est par la croix que nous sont communiquées toutes les grâces nécessaires pour la conservation et l'accroissement de la justice qui nous unit à Dieu ; la croix et la grâce se réunissent partout. Aussi, dit saint Chrysostome, la croix entre-t-elle dans tout ce que la religion a de plus saint.


Si nous sommes régénérés dans les eaux du baptême, si nous recevons l'Esprit de force dans la confirmation, si nous sommes réconciliés à Dieu dans le tribunal de la pénitence; si nous participons au corps du Seigneur dans l'Eucharistie, on emploie le signe de la croix, pour nous marquer sans doute que toutes les grâces nous viennent de la croix, pour marquer que la croix donne à tous la vie et la sainteté, la fécondité; qu'elle est le lien indissoluble do notre union, de notre alliance avec Dieu ; que c'est le sceau mystérieux dont Dieu marque ses élus, pour les distinguer d'un peuple profane.

 

De là, mes frères, la vénération de tous les chrétiens pour la croix de Jésus Christ, l'image et l'abrégé de merveilles opérées pour notre salut.


Sa seule vue nous trace l'amour de Jésus-Christ et les bienfaits que nous en avons reçus.

Nous nous représentons, en la voyant, l'auteur de la vie qui l'a consacrée par sa mort ; nous nous représentons son sang adorable qui se répand sur nos consciences, pour les purifier des oeuvres mortes; nous nous souvenons qu'en portant Jésus elle nous a tous portés dans ses bras, que nous avo;is pris une nouvelle vie dans son sein, et que nous sommes devenus enfants  de Dieu, parce que nous sommes devenus enfants de la croix.

 

La reconnaissance n'est pas le seul motif de notre culte.


L'union étroite que Jésus-Christ contracte avec la croix nous porte à lui rendre des hommages solennels.

Ce Dieu fait victime ne s'est pas en effet contenté de la porter dans son cœur, et d'aller au-devant d'elle par ses désirs; il l'a gravée dans sa chair, il se l'est en quelque sorte incorporée; partout je vois la croix suivre les destinées de Jésus-Christ, naître avec lui, croître avec ses années, arrosée de son sang dans sa passion, couronnée de gloire dans son triomphe ; remplie de grâce dans son Eglise, destinée à lui servir de tribunal au grand jour de sa justice; en un mot, je ne trouve jamais ni Jésus-Christ sans la croix, ni la croix sans Jésus-Christ.

 


 

N'hésitons donc pas, mes frères, à nous prosterner devant ce bois sacré ; Jésus-Christ ne pourra désavouer nos adorations; il en sera l'objet, et les acceptera pour lui-même. Souvenons-nous, dit saint Augustin, que ce n'est que par un amour digne du sien que Jésus-Christ crucifié se trouve parfaitement adoré.


L'amour est le culte suprême, sans lequel on fléchit en vain les genoux; et l'amour pour Jésus-Christ est imparfait, si l'on ne le préfère à tout, si l'on ne souffre tout pour lui, comme il a tout souffert pour nous. J'avoue qu'il faut pour cela se renoncer soi-même, se refuser nux plus douces impressions du monde, se raidir contre ses penchants, réprimer ses passions, commander aux mouvements de son cœur, se préparer à des combats continuels, s'armer d'une force supérieure pour remporter tant de victoires : mais cette force victorieuse nous la trouvons dans la croix de Jésus-Christ, qui nous associe a ses triomphes.

 

Où sont en effet les tâches que l'exemple d'un Dieu ne soutienne pas?


Lorsqu'on le voit élevé sur une croix, et rassasié d'opprobres, non pour son intérêt, mais pour le nôtre, qui osera se plaindre de l'amertume de son calice? qui trouvera désormais le salut trop cher en comptant le prix que l'a payé Jésus-Christ? Qui pourra refuser le sacrifice du monde entier à celui qui ne nous refuse pas le sacrifice de sa propre vie?


Je suis assuré, disait saint Paul, que ni le ciel, ni la terre, ni la vie, ni la mort, ne pourront me séparer de la charité de Jésus-Christ. (Rom, VIII.) Que la gloire du monde et ses plaisirs me sollicitent, je saurai les mépriser; que les persécutions et les périls me menacent, je suis prêt à les braver; je suis sur d'en triompher. Ainsi parlait cet Apôtre. Où puisait-il cette héroïque fermeté? C'était dans la croix de Jésus-Christ. Je triomphe de tout cela, disait-il, animé par celui qui nous a chéris, jusqu'à se livrer pour nous : Sed in his omnibus suptramut propter eum qui dilexit nos.


Le même objet inspirait le même courage aux martyrs.


Armés de celte pensée: Jésus-Christ a souffert pour nous sur la croix, ils attendaient constamment les supplices qui venaient trop tard à leur gré ; ils n'osaient s'accorder même en passant, des consolations que leur offrait une condition aisée. Le désir empressé de rendre à Jésus-Christ souffrance pour souffrance les dégoûtait de toutes les douceurs de la terre, et leur adoucissait toutes les amertumes d'une vie austère; les persécutions redoublaient leurs forces; les lois de l'humanité oubliées a leur égard, tous les éléments employés a les tourmenter les trouvaient également intrépides. Celte invincible fermeté, c'était Jésus-Christ crucifié, qui non-seulement la leur inspirait par son exemple, mais qui la leur donnait par sa grâce et la vertu de sa croix.


 

Par la croix en effet, Jésus-Christ a reçu le pouvoir de nous communiquer sa constance et de nous associer à ses victoires, II a passé, dit saint Paul, par de rigoureuses épreuves; c'est  pourquoi, conclut l'Apôtre, ii est puissant pour fortifier les siens dans les combats qu'ils ont à soutenir: in quo passus est eis qui tentantur auxiliari , (hebr., II)

 

Sur la même croix où Jésus Christ a pris le pouvoir de nous accorder les secours nécessaires à notre faiblesse, il a puisé les sentiments de compassion qui l'intéressent à nos maux, à nos combats, à nos périls.


Nous n'avons pas un pontife incapable de compatir à nos faiblesses, dit l'Apôtre [hebr , IV), il a voulu s'y soumettre lui-même pour s'en instruire immédiatement; sa propre expérience a pu l'attendrir sur nos douleurs. Les larmes qu'il a répandues lui font partager l'amertume de nos gémissements : en se mettant à notre place, il a jugé de la violence qu'il en coûte pour dompter les sens et la nature, il a mesuré les tentations avec nos forces; il a jugé la-dessus de la nécessité des secours qu'exige notre fragilité; il a préparé des remèdes proportionnés aux besoins; en sorte que nous savons qu'il n'est aucune grâce, aucune consolation, aucun secours, qui ne soit entre ses mains pour nous être distribués à propos ; en un mot, son pouvoir et son amour se sont réunis sur la croix, ils se perpétuent dans son cœur, ils se manifestent selon les circonstances; ils se diversifient selon les besoins, et avec de pareilles armes, la victoire ne nous est-elle pas assurée ?

 

Parcourez donc, mes frères, tous les malheurs qui peuvent vous abattre, tous les objets qui peuvent vous séduire, tous les périls qui peuvent vous alarmer avec Jésus-Christ crucifié, vous allez triompher de tout.

 

Vous êtes surchargés de peines, vous ne respirez que pour souffrir.


Chaque jour annonce quelque nouveau sujet de désolation ; tous les appuis vous sont ôtés et vous laissent seul avec votre douleur et votre accablement?

Mais si tout le reste vous manque les ressources de la croix ne vous manqueront pas; sur la croix , Jésus-Christ a fait une alliance particulière avec les âmes affligées; il s'est engagé à demeurer avec elles par préférence, les afflictions leur deviennent un titre pour l'invoquer avec succès et leur donnent un droit plus authentique aux effusions de sa tendresse et de sa grâce; il a d'ailleurs adouci la croix en la choisissant le premier.


Lorsqu'elle n'avait rien que d'horrible il l'a prise pour lui-même; après l'avoir décorée et consacrée, il vous en fait part comme à ses autres disciples et il s'engage à la porter avec vous.

 

Votre cœur agité par les passions, ne vous laisse aucun repos et ne vous promet de douceur que dans le crime; une tentation ne se dissipe que pour faire place à une autre, et tant d'assauts qui se succèdent ne peuvent après tout aboutir qu'à une défaite humiliante?


Ne la croyez pas, chrétiens, et que Jésus-Christ crucifié dissipe vos alarmes. Ayez confiance, disait-il à ses disciples, parce que j'ai vaincu le monde.

 

Sur la croix il a vaincu le monde pour vous et pour lui comme son ennemi et comme le vôtre; il a mis en vous une force secrète pour clouer à la croix l'amour-propre et la volupté, les plaisirs et les passions ; profitez de vos avantages, consentez à combattre à l'ombre de la croix et soyez assuré de la victoire.


Vos chutes réitérées ont éteint en vous la grâce du Seigneur et fortifié les liens de vos habitudes criminelles; le péché vous est devenu comme nécessaire et toute voie de retour vous est fermée; mais souvenez-vous de ce que vous dit saint Paul, que par sa seule oblation sur la croix Jésus-Christ a tout consommé pour les justes et pour les pécheurs; qu'il a mérité pour vous les prix d'adoption et de liberté; qu'il a rendu sa prière efficace pour les plus indignes, pour les plus inexcusables, pour les plus éloignés du royaume de Dieu ! que l'effet de cette prière s'étend à vous en particulier et proportionnément à vos malheurs.


Faites-le seulement souvenir de son amour.

Souvenez-vous-en vous-même; que la reconnaissance et la foi vous les rendent présents et vous verrez tomber vos chaînes et les voies de la justice s'aplaniront devant vous.


Les crimes que vous retrace votre vie passée sont d'une nature à vous ôter toute espérance ; vous avez à vous reprocher des horreurs qui révoltent et des noirceurs inouïes pour qui l'enfer semble être fait? Comparez-les cependant à Jésus-Christ attaché sur la croix, renferment-ils plus d'énormité que Jésus-Christ n'a de mérite? Est-il d'iniquité sur la terre qu'il n'ait pas noyée dans son sang et qui soit échappée au déluge de grâce sorti de son côté percé?


L'entrée de son cœur est encore libre pour vous; l'amour qui l'a ouvert ne peut consentir à se renfermer : un repentir sincère vous y fera trouver un asile assuré; cherchez-y votre refuge et vous l'y trouverez, si vous le cherchez sincèrement.


Qu'opposerez-vous encore, que la croix de Jésus-Christ ne puisse surmonter?


Sera-ce votre faiblesse et votre fragilité naturelle? Si l'on vous disait de compter sur vous-mêmes, vous auriez raison de trembler; mais si la force de Jésus-Christ est la vôtre, s'il vous l'a transmise par sa croix, si pour en être revêtu, vous n'avez qu'à l'invoquer avec foi, comment pourrez-vous justifier vos alarmes? Or saint Paul vous apprend qu'incapable de tout par vous-même, vous pouvez tout en celui qui vous fortifie, qui est Jésus-Christ.


Serait-ce les esprits de ténèbres?


Eh! que peuvent-ils contre vous après que Jésus-Christ les a publiquement attachés à sa croix? Comment oseront-ils vous attaquer, si vous leur opposez la croix de Jésus-Christ? Non seulement la vertu de la croix les a domptés, mais l'image, le signe seul de la croix les déconcerte et les disperse. En l'imprimant sur notre front, nous nous rendons redoutables à ces ennemis obstinés, nous leur montrons celui qui les a vaincus et le trophée de sa victoire, nous attirons sur nous la protection et la grâce dont sa croix est la source : connaissez-en donc les biens et les avantages.


Sachez donc, mes frères, estimer comme il faut tout ce que vous possédez dans Jésus-Christ crucifié ; connaissez l'abondance et la sûreté des ressources qui vous y sont offertes; recourez-y dans vos peines, dans vos perplexités, dans vos désolations et dans toutes les différentes épreuves qui peuvent affliger votre vie et menacer votre innocence.


Tenez-vous au pied de la croix, réclamez-y Jésus-Christ sans vous lasser, sans vous décourager, sans jamais l'oublier.

Essayez-le ; et si vous n'êtes pas secourus, si rous n'êtes pas soutenus de sa force, si vous ne triomphez pas de tout, dites que nous en imposons a votre crédulité, à moins que votre coeur ne désavoue vos prières et que votre conduite ne démente votre conscience. Car nous ne promettons rien ni à l'obstination ni à l'hypocrisie, nous ne leur promettons ni la victoire dans le temps, ni la gloire dans l'éternité quoique selon les desseins de Jésus-Christ, sa croix nous associe  à ses récompenses et nous introduise dans sa gloire.

 

Jésus-Christ, souverain pontife des biens à venir, dit saint Paul , nous ayant acquis une rédemption éternelle, s'est ouvert à lui-même et à tous les siens l'entrée du sanctuaire véritable, non par un sang étranger, mais par son propre sang. (Hebr., IX.) .


Sa mort est notre bonheur éternel, l'effusion de son sang et l'acquisition de sa propre gloire sont donc pour nous une même chose, et Jésus-Christ les rend inséparables, lorsque la veille de sa mort, il dit qu'il va livrer sa vie pour nous, il va nous donner la vie éternelle. Avant de consommer son sacrifice, il adresse à son Père ses dernières demandes ; et il nous signifie ses dernières volontés; il fait avec son Père et avec nous un traité solennel; il y met les conditions et il les signe de son sang. L'heure est venue où votre Fils va vous glorifier par la croix, daignez le glorifier et sanctifier, et faites que mes disciples et ceux qui m'appartiennent, participent à ma gloire.

Voilà les paroles que Jésus-Christ adresse à son Père, et son Père y souscrit en acceptant son sacrifice.

Ainsi nous pouvons dire qu'il est aussi certain que la gloire de Jésus-Christ nous est acquise par la croix qu'il est vrai que Jésus-Christ est mort pour nous, puisqu'il n'est mort qu'à cette condition.


I! ne s'agit plus, pour obtenir la gloire que Jésus-Christ nous a méritée, que d'observer les conditions qu'il nous a prescrites.


Quiconque veut être mon disciple, qu'il prenne sa croix, qu'il la porte tous les jours, et qu'il me suive.

Voilà le prix auquel Jésus-Chist a mis sa gloire. Tout acquise qu'elle nous est déjà par son sang, il nous traite comme il s'est traité lui-même : il veut que tout soit commun entre nous et lui, et que la croix soit notre partage sur la terre, comme !a gloire sera notre héritage dans le ciel. Nous ne saurions changer les conditions du traité qu'il a fait avec nous : elles sont immuables, le temps ni la coutume ne peuvent nous en dispenser : Jésus-Christ lui-même ne peut ni rétracter ses lois, ni désavouer son exemple, ni ouvrir une autre voie que celle qu'il a suivie.

 

Qui que vous soyez, mes frères, quelque titre qui vous distingue aux yeux des hommes, quelques avantages que vous offre le monde, si vous voulez arriver au terme de la gloire, marchez donc dans le chemin de la croix.


Hélas! sans recourir rnême aux austérités du la pénitence, si nécessaires d'ailleurs à votre fragilité; sans vous prescrire ces mortifications sévères, si fréquentes dans les premiers siècles, et si recommandées dans la vie chrétienne ; vous trouvez des croix à chaque pas, et nous ne demandons presque de votre religion que de les sanctifier par la patience, de les unir à celle de Jésus-Christ, de les offrir en expiation de vos offenses, de les faire valoir comme le prix de votre rédemption qu'on vous met en main.


Dieu les ménage à votre sanctification, n'en perdez pas le fruit.


Si vous n'avez pas lu courage de les choisir vous-même, ayez au moins la soumission de les accepter lorsque Dieu les choisit pour vous.


Que la croix de Jésus adoucisse la vôtre, que son exemple soutienne votre constance, que sa gloire anime vos espérances. Songez que du haut de son trône il est spectateur de vos combats ; que la couronne à la main il voit couler vos larmes qu'il compte vos soupirs, qu'il met les tribulations que vous souffrez pour lui en dépôt dans ses tabernacles éternels, et qu'il ne vous marque aujourd'hui du caractère de ses disciples, que pour vous associer à ses élus dans l'éternité bienheureuse.



Ainsi soil-il.

dom Sensaric.


 

 

 

 

 

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Rédigé par philippe

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Publié le 19 Mars 2010

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Publié le 19 Mars 2010


http://www.traditioninaction.org/religious/religiousimages/A023_ChristCrucified_Closeup.jpg

O mon Christ aimé, crucifié par amour,

je voudrais être une épouse pour votre coeur,

je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer. . .jusqu'à en mourir !

Mais je sens mon impuissance

et je vous demande de me «revêtir de vous-même»,

d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme,

de me submerger, de m'envahir, de vous substituer à moi,

afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre vie.

Venez en moi comme adorateur, comme réparateur et comme sauveur.


Elisabeth de la trinité

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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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