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Publié le 17 Mars 2010

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Il l'établit le seigneur et le maître de sa maison.
Constituit eum dominum domus suae.
Ps. 104



PANEGYRIQUE DE ST JOSEPH
+
SANCTE JOSEPH ORA PRO NOBIS.
sainte fête au Saint Père.


Ces paroles ont été dites de l'ancien Joseph, figure du grand patriarche dont j'entreprends l'éloge.

 

Il y a une grandeur humaine qui consiste dans la possession des biens que ce monde recherche, les honneurs, les richesses, les fortunes éclatantes et tout ce qui peut satisfaire la cupidité : en vain chercherions-nous cette grandeur dans le glorieux saint Joseph.

Il est vrai qu'il est issu d'une longue suite d'aïeux qui ont porté le sceptre de Juda, et qu'il peut compter parmi ses ancêtres les premiers et les plus illustres rois du monde; mais sa famille est tombée dans la pauvreté et le mépris, et il peut dire par avance avec les apôtres : Nous sommes le rebut et la balayure du monde. Étant venu à Bethléem par l'ordre .de l'empereur pour s'y faire enregistrer, il ne trouve pas une maison pour se loger, chacun le rejette, il est forcé d'en emprunter une des bêtes et de se retirer dans une grotte déserte; il faut qu'il subsiste par le secours d'un art mécanique des plus vils et qu'il gagne son pain à la sueur de son front ; en un mot, on ne peut être plus dépourvu de tous les avantages et des qualités qui attirent la considération du monde. Mais il y a une grandeur divine qui consiste dans la possession des biens de la grâce et les marques de l'autorité, de Dieu.

Oh ! que Joseph est grand de cette espèce de grandeur, qu'il est puissant dans le royaume de Dieu, qu'il est riche en grâces et comblé de dons spirituels !

 

Que la foi de ce vrai enfant d'Abraham est vive, que son espérance est ferme, que sa charité est ardente, que son humilité est profonde, que son oraison est sublime, que sa chasteté est angélique, que son obéissance est parfaite et héroïque, et quel éclat de sainteté rejaillit du corps de toutes ses actions ! Mais pour vous marquer encore plus précisément le caractère de notre Saint, ce qui le distingue et l'élève beaucoup au-dessus des autres, considérez la part que le Père éternel lui a donnée dans l'économie de l'Incarnation, cette Œuvre par excellence où la Sagesse et la Toute-Puissance se sont comme épuisées, ce grand mystère caché en Dieu de toute éternité, et révélé dans la plénitude des temps ?

N'est-il pas cet homme privilégié qui a trouvé grâce devant le Seigneur pour être uni par le plus étroit de tous les nœuds à la plus pure, la plus sainte, la plus parfaite des créatures, en un mot à la divine Marie, car ce mot seul est un grand éloge, et renferme un monde entier de merveilles ; il se voit élevé sur les deux plus nobles et les plus sacrées têtes du monde; il transporte l'Arche de la nouvelle alliance selon les différents besoins, il tient en ses mains le dépôt du salut et de la rédemption des hommes, enfin il est appelé, et il est effectivement le père de Jésus, qualité qui l'élève d'autant plus au-dessus des anges, que le nom dont il est honoré est plus excellent que le leur, n'étant appelés que ses ministres.


Joseph a été jugé digne d'une gloire d'autant plus grande que celle de Moïse, que ce législateur n'a eu la conduite que du peuple de Dieu, Joseph est chargé de celle du Fils de Dieu même. Moïse n'a été que simple serviteur dans la maison de Dieu, Moïses in domo tanquam famulus : Joseph y a été établi maître avec une pleine autorité : Constituit eum dominum domus suœ.

Eh! quelles louanges ne seront pas infiniment au-dessous d'un ordre si élevé, et quelle éloquence ne se trouvera comme accablée par l'abondance et la richesse de la matière! Tâchons pourtant de nous renfermer dans les bornes ordinaires, et pour cet effet, après avoir supposé comme un principe incontestable, que Dieu n'appelle jamais à un rang et à un emploi, qu'il ne donne libéralement les grâces et les talents nécessaires pour s'en acquitter dignement, voyons de quelle façon le Père éternel, donnant à Joseph pouvoir et autorité sur son Fils, l'a revêtu de ses propriétés personnelles, ce sera le premier point; et comment en l'établissant chef de Marie, il l'a orné de ses plus rares vertus, ce sera le second, et tout le partage de ce panégyrique. Vierge sainte, vous y êtes intéressée, j'ai lieu de me promettre votre assistance.

 

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PREMIER POINT

 

La plupart des justes qui ont précédé l'avènement de Jésus-Christ ont eu la gloire de figurer quelqu'une de ses actions ou de ses souffrances: vous n'avez pour en être convaincus qu'à jeter les yeux sur Abel égorgé par son frère et sur Joseph vendu par les siens, Melchisédech offrant du pain et du vin au Seigneur, Aaron lui immolant des victimes sanglantes ; regardez Isaac lié sur un bûcher, Jonas enfermé dans le ventre d'une baleine, Moïse faisant sortir les Israélites de l'Egypte, Josué les faisant entrer dans la terre promise, David persécuté et Salomon glorieux ; vous n'avez qu'à considérer ces hommes extraordinaires pour voir en chacun d'eux quelque trait particulier du Sauveur du monde, qui semble les avoir choisis pour faire par avance en leur personne comme un essai de ce qu'il devait lui-même accomplir dans la plénitude des temps.

Or, si ce choix a été si avantageux pour ces serviteurs de Dieu, qu'on ne voie rien en eux de plus auguste que cette glorieuse qualité de figure de Jésus-Christ, que faudra-t-il dire du grand saint Joseph, en qui se trouve non pas l'ombre et le rayon d'une chose qui ne devait arriver qu'après plusieurs siècles, mais la représentation, la figure d'une action présente et subsistante, non la figure d'un Dieu fait homme, c'est-à-dire revêtu de la forme d'esclave, et en cette qualité moindre que son Père, et même inférieur aux anges, avec qui par conséquent il n'est pas étrange que des hommes aient quelque rapport, mais la figure d'un Dieu toujours invisible, toujours impassible et glorieux; enfin, non-seulement quelques traits particuliers qu'il faudrait rassembler pour en pouvoir faire un portrait achevé, mais son image entière, pour ainsi dire, car il représente les propriétés personnelles du Père.

Cet avantage lui est si propre et si particulier qu'il ne peut le partager avec personne. Je m'arrête à trois ou quatre propriétés du Père éternel, dont saint Joseph a reçu une communication plus abondante : il est père et vierge; il met en son Fils toute son affection, il le conduit dans tous les moments et toutes les circonstances de sa vie avec une providence particulière ; enfin il a une puissance et une autorité singulière sur lui.

 

Le Sage, pour nous donner quelque idée de la génération éternelle du Verbe, dit qu'elle est l'effusion toute pure de la clarté du Tout-Puissant, l'éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu ; telle est la génération du Verbe dans le temps. Bien loin d intéresser la pureté de Marie, elle la consacre, il y entre comme dans son temple pour se revêtir de notre chair ; il en sort comme la fleur de sa tige qui l'embellit, ou le rayon qui pénètre un cristal, et le rend tout lumineux.

Or, Joseph est revêtu de la pureté du Père éternel, il est établi le protecteur et le témoin de celle de Marie, il a gardé avec encore plus de fidélité et de respect l'Épouse de son Maître, que l'ancien Joseph n'en eut pour celle de Putiphar, dont il n'était que l'esclave; c'est pourquoi l'abbé Rupert, admirant ces chastes époux, les compare à ces lis mystérieux au milieu desquels l'Époux des Cantiques prend son repos et sa nourriture, si nous n'aimons mieux les comparer aux chérubins qui étendaient leurs ailes sur le Propitiatoire, et se regardaient mutuellement.

 

Et saint Augustin prouve très-solidement que le mariage de Joseph, tout extraordinaire qu'il est, ne laisse pas d'être un véritable mariage, puisque toutes les conditions nécessaires pour le rendre tel s'y rencontrent, jusqu'à la fécondité qui en est la fin et le but.


Il est vrai que Joseph n'a aucune part à cette fécondité, mais c'est cela même qui fait sa gloire, il n'en est pas pour cela un père moins tendre, moins empressé, et, si j'ose m'exprimer ainsi, moins amoureux et moins passionné. Renfermons-nous dans ce qu'en apprend l'Évangile. Faut-il porter l'Enfant Jésus en Egypte ? faut-il le ramener en Judée ? Joseph seul est chargé de cette glorieuse, mais périlleuse commission, toute la part qu'y prend saint Gabriel est d'en donner avis à Joseph. Joseph seul l'exécute ; cependant qu'y avait-il de plus facile à cet archange après l'exemple d'Élie, d'Énoc et d'Abacuc, que de transporter en un moment cette sainte Famille en Egypte, si cette gloire n'était réservée tout entière à Joseph, afin qu'il fît voir en cette rencontre que la tendresse qu'il avait pour son Fils allait jusqu'à le bannir de son pays et exposer sa vie à mille hasards ?

 

Lorsqu'il le perdit au temple de Jérusalem à l'âge de douze ans, oh ! quelle douleur ne sentit-il pas ! que d'alarmes et de pleurs! combien ses entrailles furent-elles émues et déchirées ! de quels traits son cœur ne fut-il pas percé ! Enfin, faut-il nourrir et faire subsister Jésus dans son enfance, et dans un âge plus avancé, Joseph a encore le privilége d'entretenir une si précieuse vie du .travail de ses mains et de la sueur de son front; ses bras ont fourni à tout ce qui était nécessaire à la subsistance du Verbe fait chair : Ad omnia quae opus erant ministrtaverunt manus istae. Heureux travail, fonction sacrée, noble et divine occupation, préférable infiniment à l'action infatigable de l'ange qui fait tourner le soleil : non, il n'y en a pas un dans le ciel qui n'envie votre bonheur et ne soit jaloux de vos sueurs, n'ayant eu cet avantage qu'une seule fois après le jeûne miraculeux du désert.

 

0 Père trop heureux ! qui ne pouvez excéder dans l'amour que vous portez a votre Fils, puisqu'il a un Dieu pour objet, un Dieu, dis-je, qu'il faut aimer avec excès et sans mesure pour le bien aimer : réjouissez-vous de ce que les droits de la nature et de la grâce, de la raison et de la religion se trouvent ici réunis et confondus; abandonnez-vous librement à tous les mouvements et les transports qu'ils vous inspirent, vous n'avez pas à craindre cette funeste division de cœur presque inévitable aux pères selon la chair, qui aiment d'ordinaire leurs enfants d'un amour tout profane et tout païen, et qu'une fausse tendresse aveugle si fort, qu'ils aiment souvent en eux ce qui fait l'aversion et le mépris du reste du monde, qui n'a pas la complaisance de les regarder avec les mêmes yeux. Saint Joseph a travaillé pour Dieu en travaillant pour son Fils, et il s'est amassé par là un trésor incorruptible.

 

Il nous reste à considérer comment la providence du Père éternel se repose sur Joseph de la conduite de son Fils, et comment il le revêt de son autorité sur lui.


Quoique Dieu étant la Sagesse même n'ait plus besoin de celle des hommes pour former ses desseins, et encore moins de leur puissance pour les exécuter, il ne dédaigne pourtant pas de se les associer quelquefois pour être ses coopérateurs dans ses plus grandes entreprises, c'est dans cette vue qu'il a prédestiné saint Joseph !

Vous avez déjà pu remarquer, dans ce que nous avons dit, la vigilance plus que paternelle avec laquelle ce glorieux patriarche s'est appliqué à conserver le précieux trésor de notre éternité , je veux dire à garantir le divin Enfant de ses persécuteurs et a le pourvoir de tous ses besoins : ses yeux sont toujours ouverts pour la conservation de ce dépôt céleste, son cœur est toujours préparé pour exécuter les ordres d'en haut : semblable à ces animaux mystérieux d'Ézéchiel, il ne fait pas un pas et la moindre démarche que par le mouvement de l'Esprit divin, et dans les moments que le Père éternel lui prescrit.

 


 Mais c'est peu que la Providence se décharge sur Joseph du soin de Jésus, voici quelque chose de bien plus surprenant : tout pouvoir lui est donné sur le Tout-Puissant !

Ah ! c'est ici que les expressions me manquent ; eh quoi ! Seigneur, n'avez-vous pas protesté solennellement que vous ne donneriez jamais votre gloire à un autre ? comment donc déposez-vous votre autorité sur votre Fils, ce qui est toute votre gloire, entre les mains de Joseph?

On a regardé comme un grand prodige que le soleil se soit une seule fois, et en une seule occasion, arrêté à la voix d'un homme, et que cet astre soit demeuré immobile à la parole de Josué, et voici le Créateur du soleil et le maître de Josué, qui, durant trente ans, a obéi à Joseph! On admire encore que le patriarche Joseph ait passé de la prison au comble des honneurs, et que l'Egypte entière se soit vouée et soumise à ses lois; mais qu'est-ce qu'une semblable autorité en comparaison de celle que le second Joseph exerce sur le Maître du monde et le Roi des rois?

Joseph commande, Jésus obéit; Joseph donne des ordres, Jésus les exécute.

0 merveille incompréhensible ! cieux et terre, n'avez-vous pas été mille fois étonnés d'un tel prodige? Celui qui, pour me servir des termes de saint Paul, n'a pas cru commettre une usurpation en se disant égal à Dieu, daigne pourtant bien se soumettre à un homme, et se rendre à ses volontés ! En quoi, dit saint Bernard, je ne sais ce que nous devons le plus admirer, ou la soumission de Jésus, ou l'autorité de Joseph; dans l'un j'aperçois une humilité sans exemple, et dans l'autre une puissance sans bornes.

Mais vous n'avez encore considéré qu'une partie de ce grand tableau, c'est l'autorité que Joseph a reçue du Père éternel sur Jésus ; voyons celle qu'il a exercée sur Marie, dont il a été établi le chef, et dont en cette qualité il a reçu une communication abondante de grâces et de vertus. C'est mon second point.

 

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SECOND POINT

 

Nous lisons, au commencement de la Genèse, que Dieu ayant créé le premier homme, et appliqué ses mains, son esprit, ses yeux à former ce chef-d'œuvre: II n'est pas bon, dit-il, que l'homme soit seul, faisons lui une compagne semblable à lui pour l'aider; la même chose se passe dans la réparation de l'homme, excepté que la femme est formée la première. Dieu ayant résolu dans son conseil éternel de revêtir son Fils d'un corps mortel dans le sein d'une pure Vierge, et ce mystère devant être caché aux Juifs et aux démons jusqu'à ce que le salut des hommes eût été opéré sur la croix, Marie est choisie entre toutes les femmes pour être Mère du Verbe fait chair, et Joseph lui est associé pour être son époux et couvrir sous le voile du mariage cette œuvre par excellence : Faciamus ei adjutorium simile sibi.

Oh ! que ces paroles sont glorieuses à Joseph, et l'élèvent non-seulement au-dessus de tous les hommes, mais encore de tous les anges !

Je sais bien que, selon l'ordre établi dans le monde, l'épouse reçoit sa noblesse et sa grandeur de son époux ; mais dans l'ordre établi de Dieu pour ce mariage, arrêté dans le conseil d'en haut, l'époux reçoit tout de l'Épouse ; le chef, de Celle qui lui est soumise ; c'est par le canal et le ministère de Marie que les grâces sont communiquées à Joseph, c'est sur ce beau modèle qu'il se forme et se perfectionne, c'est de cette union qu'il tire toute son excellence, son amour ardent pour Jésus, son zèle infatigable pour le servir, son esprit de prière et de retraite, sa modestie, son recueillement, en un mot toutes ses inclinations divines! Quel mariage fut jamais mieux assorti, et quel époux a jamais été plus favorisé du ciel ?

 

Je n'ai pu vous le représenter revêtu des propriétés du Père éternel, sans faire briller à vos yeux plusieurs traits de ses rares vertus, dont il est redevable à la qualité d'époux de Marie; parcourons les principales qui nous restent, car ce champ est trop vaste et d'une trop grande étendue.

 

Si Marie a plu par la virginité, c'est par son humilité qu'elle a mérité de concevoir.

 

La virginité de la Virginité même a été comme un nard et un parfum précieux qui a fait monter son odeur jusqu'au tronc du Très-Haut, et l'a attiré en ses chastes entrailles; elle éclate de même dans Joseph, et s'y fait distinguer parmi toutes les autres. II effaçait de son souvenir cette longue suite de patriarches, de juges, de rois dont il était issu, ponr ne se regarder que comme un vil artisan, comme un homme de la lie du peuple, ou plutôt le dernier des hommes. Content de sa condition obscure et méprisable qui eut paru insupportable à tout autre, il n'eût pas échangé les instruments de son art avec des sceptres et des couronnes ; mais ce qui est bien plus admirable, il effaçait de sa pensée tant d'actions saintes, tant de vertus dont il était orné, el les richesses spirituelles dont il était comblé, qui le rendaient aux yeux de Dieu et de ses anges plus grand que Salomon,  pour ne s'occuper que de son néant.

 

Oh ! qu'il était petit et vil à ses propres yeux ! qu'il était pénétré de son indignité! Hé! combien de fois, Seigneur, avez-vous vu ce Saint incomparable s'abîmer devant votre majesté souveraine, en vous protestant avec Abraham qu'il n'était que poussière et que cendre, et avec David qu'il n'était qu'un néant et moins qu'un néant devant vous !

Ne fut-ce pas par un effet de ces sentiments dont il était tout pénétré, qu'il voulut se séparer de Marie et quitter une condition qu'il ne pouvait regarder qu'en tremblant (c'est l'opinion d'Origène et de saint Bernard). Il fut tout près de se retirer d'Elle dans la même disposition que saint Pierre conjura depuis Jésus-Christ de s'éloigner de lui, parce qu'il n'était qu'un pécheur, il fallut qu'un ange vînt le rassurer et lui dire : Fils de David, ne craignez point de demeurer avec Marie votre épouse.

Qu'il est fidèle à suivre Jésus dans son exil, ses persécutions, sa vie cachée et inconnue, et peu empressé à prendre la moindre part à la gloire de ses miracles et de ses actions publiques et éclatantes ! qu'il était éloigné de le presser de se manifester au monde avant le temps, à l'exemple de ses autres parents selon la chair, afin de s'attirer de la considération, ou de lui demander une des premières places pour lui ou pour les siens, ainsi que la mère des Zébédées ; il ne se glorifie uniquement que dans les opprobres de Jésus-Christ

 

L'amour de la pauvreté et de l'obéissance, fille de l'humilité, ne se font pas moins remarquer dans tout le cours de sa vie ; il souffre non-seulement avec patience, mais encore avec joie, toutes les incommodités inséparables de son état; bien loin de se croire misérable dans le sein même de la misère, il s'estimait trop heureux de n'avoir pas où reposer sa tête, et bénissait Dieu sans cesse de pouvoir honorer la pauvreté de Jésus, qui, jouissant dans le ciel de toutes les richesses de la gloire, s'est fait pauvre s. pour notre amour.

 

Ne fit-il pas de même à l'exemple de ce Dieu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix? sa nourriture et ses délices furent de faire en toutes choses la volonté du Père céleste. Hésitera-t-il jamais un seul moment d'exécuter ses ordres quoique très sévères et très-rigoureux, comme quand il fallut se lever au milieu de la nuit, passer à travers les satellites d'Hérode, et s'enfuir dans une terre étrangère et idolâtre? que de répliques n'eût pas faites un esprit peu soumis? comment s'en aller sans provision, sans équipage, sans aucuns moyens, chez un peuple harbare, dans la plus rude saison de l'année, avec une vierge faible et un enfant nouveau-né?

 

La même obéissance le lit retourner ensuite en Judée, malgré la crainte qu'il avait d'Archélaûs, fils du tyran, aussi cruel que son père, et aussi prêt à sacrifier toutes choses a son ambition.

0 prompte et parfaite obéissance ! que vous condamnerez un jour nos résistances aux ordres de Dieu, nos murmures et tous les vains prétextes dont nous nous servons pour couvrir notre lâcheté et colorer nos prévarications !

0 divine vertu qui nous pourriez élever, aussi bien que Joseph, à la sublime alliance de Jésus, puisqu'il nous assure dans l'Évangile que quiconque fait la volonté de son Père céleste, celui-là est son père, sa mère, son frère et sa sœur, pourquoi ne faisons-nous pas plus d'efforts pour vous acquérir?

 

Que dirai-je a présent de la grandeur de sa foi ?


elle mériterait seule un panégyrique. Si sainte Elisabeth félicite Marie d'avoir cru : Beata quœ credidisti, n'ai-je pas autant de raison de m'écricr : O Joseph ! que votre foi est grande, vous êtes bien heureux d'avoir cru comme votre Épouse aux paroles de l'ange, d'avoir étouffé tous les soupçons qui pouvaient être injurieux à la pudeur de cette incomparable Vierge.

 

Mais que cette foi me paraît héroïque, lorsque le même ange vint l'avertir de prendre la Mère et l'Enfant, et de s'enfuir sans délai en Égypte ! S'il eût consulté les lumières de l'esprit humain, que n'eût-il pas opposé pour ne pas exécuter un ordre qui paraissait si étrange? Quoi ! Seigneur, eût dit un autre à sa place, cet Enfant miraculeux vient pour sauver les hommes, et il faut qu'on le sauve lui-même ! puisque vous avez tout pouvoir, que n'exterminez-vous ce tyran qui ose s'attaquer à votre Fils ? que ne faites-vous descendre le feu du ciel pour le consumer? que ne le foudroyez-vous du souffle de votre bouche, ou du moins, puisque le cœur des rois est en vos mains, que ne changez-vous le sien en lui inspirant des sentiments de piété et de religion?

Joseph est bien éloigné de former de pareilles pensées et d'écouter de semblables raisonnements, sa foi vive et éclairée lui fait comprendre en un moment ce que plus de trois ans de conversations et d'instructions n'avaient pu faire concevoir aux apôtres mêmes, prévenus comme les Juifs des idées d'un Messie qui viendrait dans la pompe et la magnificence des siècles. Joseph savait que son royaume n'était pas de ce monde, qu'il ne délivrerait son peuple que de la servitude du péché et de ses ennemis invisibles, qui sont les démons; que la voie qu'il tiendrait pour accomplir ce grand ouvrage serait celle des humiliations, de la pauvreté, de la souffrance ; malgré la répugnance des sens et la révolte de la raison, il perce et découvre, à travers les plus profonds abaissements, toute la grandeur et la majesté d'un Dieu.


Que dirons-nous de la mort de Joseph, qui n'est pas moins admirable que sa vie, et où toutes ses vertus semblent briller d'un nouvel éclat?


Cette mort n'a rien de triste et d'affreux, cette nuit n'a rien de sombre et d'obscur, c'est un pilote qui, après une heureuse navigation, baisse peu à peu les voiles de son vaisseau et entre dans le port; regardez-le expirant sans effort entre les bras de Jésus et de Marie, remettant au Père éternel son âme, qu'il lui avait offerte mille fois en sacrilice, et s'endormant du sommeil des justes.


Oh ! que cette mort est précieuse, et quelle ferme dignement le cours d'une si belle vie!

ô mort douce et tranquille, mort charmante et délicieuse! où sont tes horreurs, tes frayeurs, tes alarmes et tes convulsions? n'est-ce pas là mourir plus véritablement que Moïse, in osculo Domini, dans le baiser du Seigneur?

Mais que faites-vous, grand Saint, quand vous mourez de si bonne heure? que pouvcz-vous trouver de plus grand dans le ciel quand il vous serait ouvert immédiatement, que ce que vous laissez sur la terre? quoi! nous avons tant de peine à quitter des parents et des amis qui ne sont que des hommes et des pécheurs comme nous, et vous quittez un Dieu et la Mère d'un Dieu sans regret et sans violence ; en un mot, vous laissez avec joie en ce monde ce que nous allons chercher en l'autre!


Ah! je vois bien ce que c'est, mes frères, et quand je dis que Joseph meurt in osculo Domini, je né dois pas oublier qu'au lieu de ces mots, la Vulgate porte : Jubente Domino, par l'ordre du Seigneur.

En effet, c'est par l'ordre du Père éternel dont il est venu tenir la place pour gouverner sa Famille qu'il quitte le monde ; il y est demeuré autant qu'il a été nécessaire pour sauver la vie du Fils et l'honneur de la Mère, il n'y pouvait rien faire de plus grand que d'être le protecteur d'une telle Vierge et le sauveur du Sauveur des hommes, il peut dire comme lui au Père éternel : J'ai consommé l'œuvre que vous m'avez donnée a faire.

 

Seigneur, que je meure de la mort de ce juste, mais faites auparavant, par votre grande miséricorde, que je vive de la vie de ce juste, c'est-à-dire de la vie de Jésus, car Jésus était sa vie, et il pouvait dire avec autant de fondement que saint Paul : Je vis, non pas moi, c'est Jésus-Christ qui vit en moi ; rendez-nous de parfaits imitateurs de Joseph, comme il a été lui-même un parfait imitateur de Marie, surtout de sa profonde humilité et de son amour pour la vie cachée et inconnue ; que toute notre étude soit de former, de nourrir, de faire croître Jésus-Christ dans nos cœurs et dans le cœur de nos frères, de le garantir de ses persécuteurs par nos prières, nos paroles, nos bons exemples, afin que lorsque nous serons arrivés à ce terrible moment qui décidera de notre éternité, nous nous trouvions remplis de confiance comme saint Joseph, et méritions d'avoir quelque part à la gloire dont il jouit dans l'éternité bienheureuse.

 

Père Bernard Bourrée, prêtre de l'Oratoire.

 

 

 










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Rédigé par philippe

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Publié le 17 Mars 2010




Congrès Théologique

en l’Aula Magna

de l’Université Pontificale du Latran,

jeudi 11 et vendredi 12 Mars 2010

 

« Fidélité du Christ, fidélité du Prêtre »

 

 

Communication de S.E. Msgr. Marc Aillet

Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron

 

 

 

 

À l’origine du Mouvement liturgique, il y avait la volonté du pape saint Pie X, en particulier dans le motu proprio Tra le sollicitudini (1903), de restaurer la liturgie et d’en rendre plus accessibles les trésors pour qu’elle redevienne la source d’une vie authentiquement chrétienne, précisément pour relever le défi d’une sécularisation croissante et encourager les fidèles à consacrer le monde à Dieu. D’où la définition conciliaire de la liturgie comme « sommet et source de la vie et de la mission de l’Eglise ». Contre toute attente, comme les Papes Jean Paul II et Benoît XVI l’ont souvent relevé, la mise en œuvre de la Réforme liturgique conduisait parfois à une sorte de désacralisation systématique, la liturgie se laissant progressivement envahir par la culture sécularisée du monde ambiant et perdant ainsi sa nature et son identité propre : « C’est le Mystère du Christ que l’Eglise annonce et célèbre dans la liturgie, afin que les fidèles en vivent et en témoignent dans le monde » (CEC n. 1068).


Sans nier les fruits authentiques de la réforme liturgique, on peut dire cependant que la liturgie a été blessée par ce que Jean Paul II a appelé des « manières de faire inacceptables » (Ecclesia de Eucharistia n. 10) et que Benoît XVI a dénoncé comme des « déformations à la limite du supportable » (Lettre aux évêques accompagnant le motu proprio Summorum Pontificum). C’est aussi l’identité de l’Eglise et du prêtre qui a été ainsi blessée.


C’est qu’on avait assisté dans les années postconciliaires à une sorte d’opposition dialectique entre les défenseurs du culte liturgique et les promoteurs de l’ouverture au monde. Parce que ces derniers allaient jusqu’à réduire la vie chrétienne au seul engagement social, à l’aune d’une interprétation séculière de la foi, les premiers, par réaction, se réfugiaient dans une liturgie absolue jusqu’au « rubricisme », au risque d’inciter les fidèles à se protéger excessivement du monde. Dans l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, Benoît XVI met un terme à cette polémique et sort de cette opposition par le haut. L’action liturgique doit réconcilier la foi et la vie. Parce qu’elle est la célébration du Mystère pascal du Christ, rendu réellement présent au milieu de son peuple, la liturgie donne une forme eucharistique à toute l’existence chrétienne pour en faire un « culte spirituel agréable à Dieu ». C’est l’engagement du chrétien dans le monde et le monde lui-même qui sont appelés, grâce à la liturgie, à être consacrés à Dieu. L’engagement du chrétien dans la mission de l’Église et dans la société trouve en effet sa source et son impulsion dans la liturgie, jusqu’à être attiré dans le dynamisme de l’offrande d’amour du Christ qui y est actualisée.


Le primat que Benoît XVI entend donner à la liturgie dans la vie de l’Eglise – « Le culte liturgique est l’expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale », confiait-il aux évêques de France réunis à Lourdes le 14 septembre 2008 en assemblée plénière extraordinaire – veut remettre l’adoration au cœur de la vie du prêtre et des fidèles. En lieu et place du « christianisme séculier » qui a souvent accompagné la mise en œuvre de la réforme liturgique, le Pape Benoît XVI entend promouvoir un « christianisme théologal » qui peut seul servir ce qu’il a désigné comme la priorité qui prédomine à cette étape de notre histoire, à savoir : « rendre Dieu présent dans ce monde et ouvrir aux hommes l’accès à Dieu » (Lettre aux évêques de l’Eglise catholique, 10 mars 2009). Où mieux que dans la liturgie, en effet, le prêtre approfondira-t-il son identité si bien définie par l’auteur de l’épitre aux Hébreux : « Tout grand-prêtre [en effet], pris d’entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir dons et sacrifices pour les péchés » (He 5, 1).


L’ouverture au monde souhaitée par le Concile Vatican II a souvent été interprétée dans les années postconciliaires comme une sorte de « conversion à la sécularisation » : cette attitude ne manquait certes pas de générosité, mais conduisait à négliger l’importance de la liturgie et à minimiser la nécessité d’observer les rites, réputés trop éloignés de la vie du monde qu’il fallait aimer et dont il fallait être pleinement solidaire, jusqu’à se laisser fasciner par lui. Il en est résulté une grave crise d’identité du prêtre qui ne percevait plus toujours l’importance du salut des âmes et la nécessité d’annoncer au monde la nouveauté de l’Evangile du Salut. La liturgie est sans conteste le lieu privilégié de l’approfondissement de l’identité du prêtre, appelé à « contester la sécularisation » ; car comme le dit Jésus, dans sa prière sacerdotale : « Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité » (Jn 17, 15-17).



Cela passera sans aucun doute par une observation plus rigoureuse des prescriptions liturgiques qui gardent le prêtre contre la prétention, même inconsciente, d’accaparer l’attention des fidèles sur sa personne : le rituel liturgique que le célébrant est appelé à recevoir filialement de l’Eglise, permet en effet aux fidèles de rejoindre plus facilement la présence du Christ Seigneur lui-même dont la célébration liturgique doit être le signe éloquent et qui doit toujours avoir la première place. La liturgie est blessée lorsque les fidèles sont livrés à l’arbitraire du célébrant, à ses manies, ses idées ou opinions personnelles, voire ses propres blessures. D’où l’importance encore de ne pas banaliser des rites qui, en nous arrachant au monde profane et donc à la tentation de l’immanentisme, ont le don de nous immerger d’un coup dans le Mystère et de nous ouvrir à la Transcendance. En ce sens, on ne dira jamais assez l’importance du silence qui précède la célébration liturgique, tel le narthex intérieur où l’on se déleste des préoccupations du monde profane, même légitimes, pour entrer dans le temps et l’espace sacrés où Dieu va révéler son Mystère ; non moins que du silence dans la liturgie pour s’ouvrir plus sûrement à l’action de Dieu ; et la pertinence d’un temps d’action de grâce, intégré ou non à la célébration, pour prendre la mesure intérieure de la mission qui nous attend, sitôt retourné dans le monde. L’ obéissance du prêtre aux rubriques est encore le signe silencieux et éloquent de son amour pour l’Eglise, dont il n’est que le ministre, c’est-à-dire le serviteur.


D’où l’importance aussi de la formation des futurs prêtres à la liturgie, et spécialement à la participation intérieure, sans laquelle la participation extérieure préconisée par la réforme manquerait d’âme et favoriserait une conception tronquée de la liturgie qui s’exprimerait en termes de théâtralisation excessive des rôles, de cérébralisation réductive des rites et d’autocélébration abusive de l’assemblée. Si la participation active, qui est le principe opératoire de la réforme liturgique, n’est pas l’exercice du « sens surnaturel de la foi », alors la liturgie n’est plus l’œuvre du Christ, mais l’œuvre des hommes. En insistant sur l’importance de la formation liturgique des clercs, le Concile Vatican II fait de la liturgie une des disciplines principales des études ecclésiastiques, en évitant de la réduire à une formation purement intellectuelle : en effet, avant d’être un objet d’étude, la liturgie est une vie, mieux : c’est « passer sa vie à passer dans la vie du Christ » . C’est le bain par excellence de toute vie chrétienne : au sens de la foi et au sens de l’Eglise, à la louange et à l’adoration, comme à la mission.


Nous sommes donc appelés à un véritable « sursum corda ». Le « élevons notre cœur » de la préface introduit les fidèles dans le cœur du cœur de la liturgie : la Pâque du Christ, c’est-à-dire son passage de ce monde vers le Père. La rencontre de Jésus ressuscité avec Marie-Madeleine, au matin de la Résurrection, est en cela très significative : par son « noli me tangere », Jésus invite Marie-Madeleine à « regarder vers les réalités d’en haut », lui reprochant de ne pas encore être monté vers le Père dans son cœur, et l’invitant précisément à aller dire aux disciples qu’il lui faut monter vers son Dieu et notre Dieu, vers son Père et notre Père. La liturgie est précisément le lieu de cette élévation, de cette tension vers Dieu qui donne à la vie un nouvel horizon et par là, son orientation décisive. A condition de ne pas la considérer comme un matériau disponible à nos manipulations trop humaines, mais d’observer, avec une obéissance filiale, les prescriptions de la sainte Eglise.



 

Comme l’affirmait le Pape Benoît XVI dans la conclusion de son homélie en la solennité des saints Pierre et Paul de l’année dernière : « Lorsque le monde, dans son ensemble, sera devenu liturgie de Dieu, lorsque dans sa réalité il sera devenu adoration, alors il aura atteint son objectif, alors il sera sain et sauf ».




 

 

 

 

 

 

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Publié le 17 Mars 2010




"On ne combat pas une idéologie (politique ou religieuse)
 par des atermoiements mais frontalement, par la Vérité.


axel de Boër


"C'est elle qui a amené le régime des hommes de sang,

qui a proclamé le principe de l'insurrection comme un devoir ,


qui a adulé le peuple en l'appelant à une souveraineté qu'il était incapable d'exercer,

qui a détruit la sainteté et le respect des lois en les faisant dépendre non des principes sacrés de la justice, mais seulement de la volonté d'une assemblée composée d'hommes étrangers à la connaissance des lois civiles, criminelles, administratives , politiques et militaires" (et religieuses !!!! )

Tel est l'effet des fautes, et surtout des grandes!

Outre tout le mal qu'elles entraînent, elles ont pour résultat d'ôter le sens

(comme d'ailleurs le sens de l'Eglise... !!!!)

à celui qui les a commises,

à ce point que dans l'agitation qu'elles produisent,

le génie lui-même ne semble plus qu'un enfant en colère.

 

Thiers .

(histoire du consulat et de l'empire)



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Publié le 17 Mars 2010

http://ncss.typepad.com/my_weblog/images/2008/02/26/saint_patrick3.jpg

Je me lève aujourd’hui,

Par une force puissante,

L’invocation à la Trinité,

La croyance à la Trinité,

La confession de l’unité du Créateur du monde.

 

Je me lève aujourd’hui,

Par la force de la naissance du Christ et de Son Baptême,

La force de Sa Crucifixion et de Sa mise au tombeau,

La force de Sa Résurrection et de Son Ascension,

La force de Sa Venue au jour du jugement.

 

Je me lève aujourd’hui,

Par la force de Dieu pour me guider,

Puissance de Dieu pour me soutenir,

Intelligence de Dieu pour me conduire,

Oeil de Dieu pour regarder devant moi,

Oreille de Dieu pour m’entendre,

 

Parole de Dieu pour parler pour moi,

Main de Dieu pour me garder.

 

Le Christ avec moi,

Le Christ devant moi,

Le Christ derrière moi,

Le Christ en moi,

Le Christ au-dessus de moi,

Le Christ au-dessous de moi,

Le Christ à ma droite,

Le Christ à ma gauche,

Le Christ en largeur,

Le Christ en longueur,

Le Christ en hauteur,

Le Christ dans le coeur de tout homme qui pense à moi,

Le Christ dans tout oeil qui me voit,

Le Christ dans toute oreille qui m’écoute.

 

Je me lève aujourd’hui,

Par une force puissante,

L’invocation à la Trinité,

La croyance à la Trinité,

La confession de l’unité du Créateur du monde.

 

Au Seigneur est le Salut,

Au Christ est le Salut,

Que Ton Salut Seigneur soit toujours avec nous.





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Publié le 16 Mars 2010

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"Nous sommes tombés de l'éternité, nous allons à l'éternité. Donnée à la terre avec Adam, ébauchée par les patriarches, instruite par les prophètes, perfectionnée par Jésus-Christ, l'Église s'en va à travers les siècles; et quand le temps ne sera plus, déployant ses ailes, elle s'envolera dans le sein de Dieu, son unique tombeau, comme il fut son berceau."

mgr Mermillon


L'Église a vaincu tous les ennemis connus. Mais se présentât-il dans la suite des siècles des ennemis nouveaux, plus terribles encore que ceux qu'elle a terrassés, plus terribles que tous ceux que nous pourrions imaginer, comme les autres, ils seront vaincus; car l'Église est fondée sur le Christ, la pierre angulaire contre laquelle viendront se briser les portes de l'enfer, l'erreur et le mensonge, la persécution et l'hérésie, la faveur et la disgrâce, toutes les combinaisons de la malice, toutes les puissances du monde ; car le Christ, pierre angulaire, est Dieu, et les trois accidents du temps, le passé, le présent et l'avenir lui appartiennent, et il n'a pu vouloir faire une œuvre d'un jour, et il ne suffit pas qu'il ait établi son Église au milieu des prodiges, qu'il ait entouré son berceau de sa protection divine, qu'il l'ait conservée sans tâche et sans rides pendant les siècles qui se sont écoulés, il lui doit encore l'avenir, quelque long qu'il puisse être ; car l'Église est son œuvre, et son œuvre est la vérité, et la vérité de Dieu demeure éternellement : Veritas Domini manet in œternum.

 

 

« Allez, dit-il à ses apôtres avant de s'élever dans les cieux, allez, enseignez toutes les nations...


Et voilà que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. » Ainsi l'Église vivra et triomphera jusqu'à la fin des temps. Elle accompagnera l'humanité jusqu'à son dernier jour, jusqu'au jugement de Dieu, comme ses ministres accompagnent l'homme jusqu'à son dernier soupir et à sa dernière demeure.

Sans doute, elle aura toujours des persécutions à souffrir, des hérésies à combattre, des pauvres à secourir, des enfants ingrats à convertir et à conduire au ciel, car tel est son travail ici-bas et sa mission divine. Mais aussi elle triomphera de tous les obstacles; nous en avons pour garants la parole impérissable de Jésus-Christ et son sang précieux.

Cette épouse chérie du Sauveur conservera toujours sa puissance contre l'erreur, sa jeunesse féconde et son inaltérable beauté. Elle traversera les siècles sans vieillir, marchant toujours à la tête des peuples, laissant toujours ses ennemis loin d'elle, ou les entraînant de sa main puissante dans sa marche rapide. De tous les gouvernemenls, elle seule sur la terre n'a point à craindre de funeste révolution qui l'anéantisse ; et si quelquefois son auréole semble pâlir, au moment le moins attendu, elle éblouit tout à coup les yeux de ses splendeurs divines.

 

Oh! que vous m'apparaissez belle, Église de Jésus-Christ!


Que je me réjouis de vous appartenir! Vous êtes vraiment le chef-d'œuvre de l'Esprit divin, l'objet des complaisances de la Trinité sainte. La majesté des pontifes siège sur votre front. Votre regard est perçant comme celui des prophètes qui lisent dans l'avenir, et pourtant il y a dans vos yeux quelque chose de doux et de modeste, comme dans le regard des jeunes vierges qui toujours ont vécu à l'ombre des autels. Votre attitude rappelle la contenance des martyrs devant les proconsuls. D'une main, vous pressez sur votre cœur la croix de mon Jésus; de l'autre, vous soutenez cette mystique et délicieuse nourriture qui fait germer les plus belles vertus.

Vous m'apparaissez assise comme une reine pleine de majesté sur un trône de gloire ; à vos pieds, je vois les diadèmes que les rois y ont déposés, les livres de vos docteurs, les palmes de vos martyrs, enlacés aux roses blanches dont vos vierges sont couronnées, et l'ancre du salut, symbole d'espérance. Les anges aux ailes d'or forment votre cortège, les saints des deux Testaments marchent à votre suite, et toutes les nations se pressent sur vos pas.

Votre règne durera autant que les siècles, et lorsque les siècles auront fini leur cours, pour vous un nouveau règne commencera et se prolongera jusqu'au delà de l'éternité.

 

mr l'abbé Destrem

missionnaire.


0 sainte Église de Dieu, vrai chef-d'œuvre de la main divine, vous nous apparaissez encore comme l'épouse de Jésus-Christ, épouse tendre, fidèle, digne de votre divin fiancé.

Lorsque Adam, au paradis terrestre, vit la compagne que Dieu lui donna, il s'écria : Voilà l'os de mes os et la chair de ma chair. Ainsi, Seigneur Jésus, au jardin de la douleur, vous vous êtes endormi d'un mystérieux sommeil, et de votre flanc divin que la lance entr'ouvrit, sortit cette tendre épouse de votre cœur et de votre amour.

Il me semble qu'après dix-neuf siècles d'épreuves et de combats vous lui demandez, comme à saint Pierre : « Église chérie, m'aimes-tu? » Et l'Église vous montre ses docteurs, ses pontifes, vicaires de Pierre, ses prêtres, ses missionnaires, héritiers de l'œuvre et du zèle des apôtres, et vous répond : « Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. »

 

« Encore un coup, Église, mon épouse, m'aimes-tu? » Et l'Église amène aux pieds de l'Agneau les saintes phalanges des vierges immaculées qui entourent ses autels et chantent ses louanges. Elle rappelle à son bien-aimé les brûlants transports, les chastes délicatesses de l'amour divin dans ces âmes pures : « Oui, Seigneur Jésus, vous savez que je vous aime. »

 

« Une dernière fois, Église acquise au prix de mon sang, m'aimes-tu?»

Alors l'Église, rassemblant les restes sanglants de ses légions de martyrs, depuis saint Etienne jusqu'aux glorieux vainqueurs du Japon, présente au divin Crucifié cette armée de héros. « Vous savez, Seigneur, que j'ai donné à votre saint amour le triple témoignage de la doctrine, de la chasteté et du sacrifice ; ah ! Seigneur, vous savez si je vous aime. »

Vous seule, ô Église catholique, êtes l'épouse fidèle du Fils de Dieu, jusqu'à la fin sans rides et sans tache, et toujours digne de votre saint époux.

 

mgr Mermillon

 

 

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Publié le 15 Mars 2010


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Le livre de l'Ecclésiastique parle ainsi de la liberté:" Dieu a fait l'homme au commencement, et il l'a laissé dans la main de son propre conseil. Il lui a toute fois donné des commandements et des préceptes. Si tu veux garder la loi, à son tour elle te gardera. Tu as devant toi l'eau et le feu; étend la main et choisis. Devant l'homme se tiennent la vie et la mort, le bien et le mal; ce qu'il veut, il l'aura". Eccl. XV,14

 

La venue du Christ n'a rien changé à cette consititution primitive et essentielle de l'homme. Elle a seulement multiplié pour lui les moyens de connaître le bien, de le vouloir et de le faire; mais, après comme avant la croix, l'homme reste libre d'accepter ou de rejeter le don divin.

Sans cette liberté, ce n'est pas le mal seulement qui disparait, c'est aussi la vertu; ce ne sont pas seulement les pervers qui se trouvent désarmés, ce sont les saints.

Or, dans le plan divin, "tout est fait en vue des saints, omnia propter electos ."

La liberté aussi est faite pour eux, pour leur grandeur morale et l'accroissement de leurs mérites. Si les aveugles et les méchants se servent de ce pouvoir radical pour aller au mal, c'est leur trahison et leur malignité qu'il faut accuser, et non la sagesse de Dieu qui maintient l'homme, dans la liberté, le point de départ nécessaire de la perfection.

 

Aussi longtemps que la conscience humaine sera libre de choisir sur la terre entre le bien et le mal, aussi longtemps durera la distinction des deux cités dont parle saint Augustin, celle qui bâtit l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi-même, et celle que bâtit l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu.

La première se servira de la liberté pour grandir en Dieu, et accepter de plus en plus la sainteté de l'Evangile; la seconde s'armera de la même liberté contre son auteur, et s'enfuira loin de lui, loin de son Evangile, loin de sa croix, loin de sa grâce et de son Eglise, dans la colère, dans la volupté, dans la négation.

C'est dire qu'aussi longtemps durera le paganisme dans le monde; car qu'est-ce que le paganisme, si ce n'est la liberté humaine entraînée par la concupiscnce du mal et résistant à l'attrait de Dieu?

Dès lors pourquoi vous étonnez-vous de ne pas voir changer le monde en un jour après la venue du Sauveur? Dieu ne se joue pas de la liberté humaine, il ne la violente pas. Ces coups soudains et violents où les hommes croient reconnaître et admirer la force sont trop indignes de la Sagesse éternelle. Rien de tyrannique ni d'imposé ne se montre dans l'oeuvre du Rédempteur.

La liberté de l'homme n'a rien à redouter de lui. Elle est cette fille de Sion à laquelle le prophète annonce que son roi vient, mais dans la douceur et la mansuétude:" Dicite filiae Sion: ecce rex tuus venit tibi mansuetus." Matth. XXI,5

 

Jésus-Christ, Verbe de Dieu, lumière éternelle, source de toute sainteté, vient ajouter au trésor dilapidé des vérités et des vertus naturelles de l'homme, un trésor nouveau et supérieur de lumières et de forces. Mais ce trésor, il le propose au monde, il ne l'impose pas. Il connait l'homme, puisqu'il l'a fait; " Il sait, dit l'Evangile, ce qu'il y a dans l'homme: ipse autem sciebat quid esset in homine" Jo.II,25 , il y voit, construit de sa propre main, ce que Fénelon appelle 'les retranchements de la liberté d'un coeur;" il s'approche donc de lui sans violence, et il lui dit, avec une douceur et un respect dignes de Celui qui est la toute-puissancee infinie:" C'est moi qui suis la voie, la vérité et la vie: Ego sum via, veritas et vita. JO. XIV,6.


Il ne néglige rien, il n'épargne rien pour persuader le monde et le convertir, il ne lui refuse ni les prédictions accomplies de ses prophètes, ni l'incomparable beauté de sa parole, ni l'éclat attesté de ses miracles, ni la sainteté de sa vie et de sa mort, ni les merveilles de sa prédication apostolique, ni le sang de ses martyrs, ni le prodige de la conquête du monde par douze pauvres, ni le prodige continué de la survivance immortelle de son Eglise. Mais enfin il ne fait jamais par là que solliciter la liberté de l'homme par la lumière et par l'amour, c'est-à-dire par la grâce: jamais il ne la contraint ni ne la force.


Les conséquences de ce mode d'action sont faciles à prévoir; un double courant se manifeste et se maintient dans le monde: l'un dans le sens de la libre acceptation de l'Evangile, l'autre dans le sens de la libre résistance à l'Evangile.


On ne peut tracer aucune règle à ces mouvements contraires; chaque conscience est souverainement maîtresse de son choix. On verra la jeunesse se plier au joug de l'Evangile, et la vieillesse le déclarer trop lourd et trop insupportable; on verra des esclaves déclarer le christiannisme trop indigne d'eux, et des rois se glorifier de porter la croix sur leurs couronnes.

On verra le génie d'un Origène, d'un Augustin, d'un Bossuet s'étonner de la grandeur de la doctrine chrétienne et s'en avouer accablés, et dans le même temps l'ignorance et l'idiotisme déclarer qu'ils méprisent cette doctrine et qu'ils ne s'abaisseront pas à l'accepter. C'est la conséquence de la loyauté divine dans le respect de la liberté. Pour ma part, quand je veux me faire une idée de ce respect divin, frère de la sagesse, de la puissance et de la patience éternelles, je considère ces étranges mépris de l'imbécillité pour la science chrétienne. Quel témoignage ils rendent au respect de Dieu pour la liberté de l'homme! et quelle preuve ils apportent à cette vérité: que chaque âme, même la plus chétive, est toute une province indépendante et maîtresse chez soi, que Dieu s'est réservé de gagner par des moyens en harmonie avec l'inviolable constitution humaine, dont il est l'auteur !

On peut dire en ce sens que l'oeuvre du salut recommence pour chacun des hommes. Chaque âme est tout un monde dans lequel et pour lequel doivent recommencer les mystères de la Rédemption. En chacune d'elles se trouve un paganisme, ou tout au moins des restes païens que le soleil évangélique et la grâce de Dieu doivent détruire.


C'est dans ce sens peut-être que le savant Thomassin disait:" Le Christ vient toujours; Christus venit semper."


C'est-à-dire que la destruction du vieil homme païen et la rédemption du monde s'opèrent tous les jours: mais tous les jours aussi se maintient et se défend, par l'abus de la liberté, le paganisme doctrinal, moral et social que le Christ vient toujours détruire.


Ce n'est donc pas la paix après la victoire, c'est la lutte qui doit se voir maintenant et se prolonger sur la terre entre l'homme du mal et l'homme de Dieu.

" Non veni pacem mittere sed gladium. Matt. X 34

 

Mr. l'abbé Henri Perreyre

l'Eglise catholique/.

 

 

 

 

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Publié le 15 Mars 2010

http://www.reproarte.com/files/images/B/brun_charles_le/0143-0151_christus_am_kreuz.jpg


L'amour est une grande chose! car, quand Dieu aime, ce n'est que pour être aimé. Or, s'il aime pour être aimé, c'est qu'il sait que l'amour rend heureux ceux qui l'aiment. O douceur! ô grace! ô force de l'amour!



st Bernard.

"Plus je me suis laissée surpasser par l'amour, et plus la difformité de la mort a été grande, plus je suis aimable à un cœur bien réglé. Mon amour immense se montre dans la grande amertume de mes souffrances , comme le soleil dans son éclat, comme la rose dans son parfum, et comme le feu ardent dans sa chaleur."


bx H. Suso.

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Publié le 15 Mars 2010

"

http://img.over-blog.com/295x300/0/59/16/46/gifs-9/Un-oignon-qui-ne-fait-pas-pleurer.jpg



""Que nous représentent les poireaux et les oignons (qui la plupart du temps nous font verser des larmes lorsque nous en mangeons, sinon les difficultés de la vie présente? En effet les cœurs pervers méprisent le don agréable du repos que nous donne la grâce, et recherchent les voluptés charnelles à travers les chemins douloureux de ce monde, chemins qui sont même semés de larmes."

La vie présente ne s'écoule pas sans douleur pour ceux qui l'aiment ; ils l'aiment cependant, même avec ses larmes. Ils méprisent donc ce qui pourrait leur donner des joies spirituelles, et ils désirent les choses charnelles qui les font gémir ; ils préfèrent le trouble à la tranquillité, la pesanteur à la légèreté, l'âpreté à la douceur, l'inquiétude à la sécurité.

 

 



 S. Grégoire .

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Publié le 15 Mars 2010

http://shambala25.files.wordpress.com/2009/06/hl-louise-de-marillac-2.jpg


« Me mettant en la présence de Dieu pour faire l'oraison sur la visite et le service de nos maîtres, les pauvres malades , il m'est venu en l'esprit que nous avons grand intérêt de bien savoir ce que Dieu veut que nous y fussions, afin qu'il soit éternellement glorifié de ses créatures.

 

« Je me suis proposé, si j'étais assez heureuse pour les visiter, de leur faire entendre que pour faire un bon usage de leur maladie, ils la doivent souffrir comme venant de la main paternelle de notre bon Dieu , qui ne fait rien que pour notre mieux.

Que pour faire que tout ce que nous souffrons lui soit agréable, il lui faut offrir toutes nos douleurs avec celles de son Fils , lui représentant les mêmes souffrances de son Fils, comme nôtres par son amour.

Que ce serait une chose agréable à Dieu, de dire souvent de cœur, ainsi que Notre-Seigneur disait au jardin des Oliviers, que sa sainte volonté soit faite. Qu'ils se doivent disposer à recevoir la grâce de Dieu par les sacrements pour apaiser sa colère, qu'ils ont attirée par leurs péchés, et pour assurer leur salut dans l'incertitude où ils sont de la mort.

S'il y a quelque apparence que leur maladie soit mortelle, j'ai pensé que je devais leur faire faire des actes d'espérance , leur donnant le plus de connaissance de la miséricorde de Dieu que je pourrai ; essayant d'en trouver en eux des sujets, comme des dangers de mort, dont Dieu les a préservés , lors peut-être qu'ils étaient en péché mortel.

Qu'après avoir reçu tant de grâces en leur vie, ils doivent espérer de Dieu une grande miséricorde après leur mort, mais qu'il s'y faut disposer par un vrai regret de l'avoir offensé.

Je voudrais aussi leur pouvoir donner quelque connaissance de la grandeur, de la beauté , et de la charité de Dieu ; de la joie de le posséder éternellement; de la gloire des âmes bienheureuses. Que pourvu que notre ame parte de ce monde dans la grâce et l'amour de Dieu, nous sommes assurés de jouir de toute cette gloire.

Que tous les moments de leur vie où ils ont été sur la terre en la grâce de Dieu, et tous ceux de la maladie présente, leur serviront à cela par les mérites de Jésus-Christ.

 

» S'ils reviennent en convalescence, j'ai pensé que je les devais avertir de remercier Dieu de la santé qu'il leur donne, leur représentant que c'est pour quelque bon sujet qu'il les laisse au monde, et qu'il ne les a pas appelés à lui.

Qu'ils doivent croire que le principal dessein de Dieu est de leur donner encore du temps pour penser à leur salut, et non pas pour vivre , comme si nous n'étions créés que pour vivre un temps sur la terre. Et que puisque la vie de l'âme dure éternellement, il faut bien nous servir de tous les moyens que Dieu nous donne pour la rendre bienheureuse.

Qu'il faut donc prendre une bonne résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses , et de ne l'offenser jamais mortellement.


Qu'un des plus forts moyens que nous ayons pour nous tenir en sa grâce, est la fréquentation des sacrements; et qu'il ne se faut pas croire, quand il se présente des difficultés qui en éloignent.


» Il faut essayer que mon cœur produise pour moi les mêmes affections que je désire leur donner, afin que je parle avec amour, et non par manière d'acquit. •

 

 

Une fille de la Charité servait avec beaucoup de soin et d'affection les malades dans un hôpital. II y avait un Turc parmi eux, et sûrement il n'était pas le plus traitable. La bonne Sœur lui porta un œuf, tout prêt à être avalé; ce brutal le lui jeia rudement au visage, et la mit elle et son linge dans un état qui n'est pas difficile à imaginer. Elle se retire , s'essuie tranquillement, et en fait cuire un second, qu'elle porte au malade. Il le reçoit avec un œil de colère, et en fait le même usage qu'il avait fait du premier. Deux épreuves pareilles auraient sans doute suffi à bien d autres : la vertueuse fille dont il s'agit ne se rebuta point: elle en fit cuire un troisième; et s'étant approchée du lit du mahométan , elle lui dit de ce ton de grâce que donne l'innocence: « Pour celui-ci, vous le prendrez pour l'amour de Dieu. »

Il le prit en effet, l'avala, et rentrant en lui-même : « Non , dit-il, il n'y a qu'une religion divine qui puisse inspirer de pareils sentiments. » Là-dessus il se fit instruire , reçut le baptême, et fut aussi bon chrétien qu'il avait été zélé musulman

 

vie de louise de marillac.

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Publié le 14 Mars 2010

http://www.ompargentina.org.ar/PropagaciondelaFe/domund09/pic/teresita.jpg


                                       Vie mystique de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

 

                                                Juan Gonzalez ARINTERO, o.p.

 

 Tant de choses, déjà, ont été écrites sur la petite sainte de Lisieux, qu'il semble vraiment n'y avoir plus rien à dire. Nous voulons, cependant, la présenter aujourd'hui sous un jour nouveau, en montrant qu'elle a été dans sa vie l'influence des dons du Saint-Esprit, ce qu'ils y ont opéré et peuvent opérer, aussi, en chacun de nous, puisque la sainteté n'est que l'épanouissement de ces mêmes dons dans l'âme fidèle.

 

On s'est souvent demandé par quel merveilleux secret cette heureuse créature, Thérèse de l'Enfant-Jésus, était parvenue en si peu de temps à un tel degré de vie parfaite et sainte. Ne le cherchons pas ailleurs que dans sa constante et prompte docilité à répoondre à la voix de Jésus comme à tous les mouvements de sa grâce divine, et cela jusque dans les plus petites choses. En d'autres termes, dans sa générosité à correspondre, dès son jeune âge aux faveurs et aux desseins de ce "Père des miséricordes" qui la prévint avec tant de bonté. Elle-même nous déclare n'avoir rien refusé au Bon Dieu depuis l'âge de trois ans.

 D'une telle fidélité découla cette amoureuse et absolue confiance en Dieu qui a fait de sa vie une vie unique, toute dirigée et embrasée par l'Esprit d'amour.

 Nous la voyons en effet, dès son enfance, comme toute prise et possédée par ce divin amour, animée d'un ardent désir de la sainteté, avec la confiance, la certitude même d'y parvenir, non par elle-même, mais par la miséricorde de Celui qui - comme le dit le vénérable Louis de Grenade - ne donne ces désirs que pour les réaliser entièrement, si l'on n'y met pas d'obstacle.


 Elle veut, dès lors y travailler, non à moitié mais complètement.


 Où va-t-elle donc diriger ses efforts? sur quel point concentrera-t-elle cette énergie que l'on devine de si belle allure? Ecoutons-là, car c'est ici que se fait le plus vivement sentir l'influence prévenante de l'Esprit de lumière, lui découvrant les secrets du Royaume de Dieu:" Comprenant qu'il m'était impossible de rien faire par moi-même, la tâche me parut simplifiée."


 Parole exquise, d'une étonnante profondeur, écrite plus tard au sujet d'une charge qui lui était confiée, mais qui résume, dès le début, toute sa vie spirituelle, et nous révèle le fond si simple et si vrai de son âme d'enfant, le secret de sa course vers la sainteté.


 Toute jeune, en effet, elle a compris son incapacité, son néant, sa faiblesse; grâce bien rare, croyons-nous, et qu'il faut acheter souvent par une expérience plus ou moins prolongée de sa propre misère. Pour Thérèse, elle attendra tout de Dieu rien d'elle-même. N'est-ce pas parce qu'elle ne peut rien que la tâche lui semble plus facile? Sa forme de sainteté sera donc de se confier et de s'abandonner au Père qui peut tout et qui la conduit. Elle se contentera de lui être fidèle.


 C'est dire que l'influence des dons du Saint-Esprit éclate merveilleusement en son âme.


Ces dons sont, en effet, des grâces surnaturelles, des habitus qui nous rendent propres à recevoir les divines inspirations et à nous y rendre dociles, qui nous font connaître et sentir la bonté de Dieu et nous poussent à Le chercher avec simplicité de coeur, et grande confiance de le trouver. (Sag.1,1).

 La pratique de ces dons constitue la vie contemplative ou, à proprement parler, la vie mystique.


 Contrairement à ceux qui supposent chez Thérèse une "âme purement ascétique" s'écartant à peine de la voie que l'on appelle "ordinaire" - celle des commençants, et dont la plupart sont supposés ne pas à sortir - nous disons, non seulement qu'elle fut mystique dans toute la rigueur du mot, mais qu'elle commença à l'être, par grâce spéciale, dès le premier éveil de la raison.

 Et nous disons, également, que tous les actes de Thérèse, même les plus ascétiques en apparence, ont une certaine teinte mystique, provenant d'un coeur déjà embrasé d'amour de Dieu. Ainsi, sa confiance filiale et son abandon à l'action divine sont tels qu'elle parait tout de suite en plein état passif, dirigée par un instinct supérieur, uniquement possédée par l'Esprit-Saint et enseignée par Lui.


Cet instinct et cette empreinte la mènent sûrement, bien que parfois dans les ténèbres, par le droit sentier que l'amour lui a tracé et qui est la petite voie.


 Thérèse était toujours portée par l'amour.


 " La grande confiance en Dieu de Thérèse", lisons-nous dans l'Esprit de la Sainte (Ed.1924 p.143), naissait spontanément de son ardent amour."

 Cette parole, il faut la dire de toutes ses vertus, de tous ses actes de vertu, par conséquent de sa vie ascétique, qui découlait, en effet, de sa véritable union avec Dieu, de sa vie d'amour, commencée dès l'âge de trois ans, par une attention continuelle à la présence divine et une vigilante fidélité à l'Esprit-Saint.

 Quelques citations montreront, mieux que nous ne saurions le faire, ce qu'était l'amour en Thérèse, et ce qu'il y opérait:

 Ma vie est toute d'amour et de confiance en Dieu, écrit-elle; je ne comprends pas les âmes qui ont peur d'un si tendre ami." Et elle encourage, elle excite celles qui lui sont confiées à la croire et à l'imiter:" J'ai compris jusqu'à quel point votre âme est soeur de la mienne, puisqu'elle est appelée à s'élever à Dieu par l'Ascenceur de l'Amour, et non à gravir le rude escalier de la crainte. Oui, depuis qu'il m'a été donné de comprendre l'amour du Coeur de Jésus, j'avoue qu'il a chassé de mon coeur toute crainte. Le souvenir de mes fautes m'humilie, me porte à ne jamais m'appuyer sur ma force qui n'est que faiblesse mais ce souvenir me parle plus encore de miséricorde et d'amour. Comment, lorsqu'on jette ses fautes, avec une confiance toute filiale, dans le brasier dévorant de l'Amour, ne seraient-elles pas consumées sans retour?"

 

 " Ce qui offense Jésus, ce qui le blesse au coeur, c'est le manque de confiance."

 

 "Je sens en mon coeur des désirs immenses - lisons-nous dans son Acte d'offrande à l'Amour - et c'est avec confiance, ô mon Dieu, que je vous demande de venir prendre possession de mon âme." Elle nous explique ce qu'elle entend par cette prise de possession:" Je demande à Jésus de m'attirer dans les flammes de son amour, de m'unir si étroitement à Lui qu'il vive et agisse en moi. Je sens que, plus le feu de l'amour embrasera mon âme, plus je dirai:"Attirez-moi, plus aussi les âmes qui s'approcheront de la mienne courront avec vitesse à l'odeur des parfums du Bien-Aimé".

 

 "Ce n'est pas parce que j'ai été préservée du péché mortel que je m'élève à Dieu par la confiance et l'amour. Ah! je le sens, quand même j'aurais sur la conscience tous les crimes qui se peuvent commettre, je ne perdrais rien de ma confiance: j'irais le coeur brisé de repentir, me jeter dans les bras de mon Sauveur. Je sais qu'il chérit l'enfant prodigue, j'ai entendu ses paroles à sainte Madeleine, à la femme adultère, à la Samaritaine. Non, personne ne pourrait m'effrayer; car je sais à quoi m'en tenir sur son amour et sa miséricorde. Je sais que toute cette multitude d'offenses s'abîmerait, en un clin d'oeil, comme une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent.

 

"Il est rapporté dans la Vie des Pères du désert, que l'un d'eux convertit une pécheresse publique dont les désordres scandalisaient une contrée entière. Cette pécheresse, touchée de la grâce, suivait le saint dans le désert pour y accomplir une rigoureuse pénitence, quand la première nuit du voyage, avant même d'être rendue au lieu de sa retraite, ses liens mortels furent brisés par l'impétuosité de son repentir plein d'mour; et le solitaire vit au même instant son âme portée par les anges dans le sein de Dieu. Voilà un exemple bien frappant de ce que je voudrais dire, mais ces choses ne peuvent s'exprimer".

 

 "Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l'abandon et la reconnaissance:" Je n'ai nul besoin, dit-il, des boucs de vos troupeaux, parce que toutes les bêtes des forêts m'appartiennent et les milliers d'animaux qui paissent sur les collines; Je connais tous les oiseaux des montagnes. Si j'avais faim, ce n'est pas à vous que je le dirais; car la terre et tout ce qu'elle contient, est à moi. Est-ce que je dois manger la chair des taureaux et boire le sang des boucs? IMMOLEZ A DIEU DES SACRIFICES DE LOUANGES ET D'ACTIONS DE GRACES!"


 "Voilà donc tout ce que Jésus réclame de nous. Il n'a pas besoin de nos oeuvres mais uniquement de notre amour. Ce même Dieu qui déclare n'avoir nul besoin de nous dire s'il a faim, n'a pas craint de mendier un peu d'eau à la Samaritaine. Il avait soif! Mais en disant:" Donnez-moi à boire", c'était l'amour de sa pauvre créature que le Créateur de l'Univers réclamait. Il avait soif d'amour!"

 

 



                                                                                                                                                                                    à suivre .


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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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