Publié le 1 Juin 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers frères et sœurs, arrêtons-nous ensemble pour contempler le Cœur transpercé du Crucifié. Nous avons entendu à nouveau il y a peu, dans la brève lecture tirée de la Lettre de saint Paul aux Ephésiens, que "Dieu, riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ [...] avec lui Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus" (Ep 2, 4-6).

Etre dans le Christ Jésus, c'est déjà être assis dans les Cieux. Dans le cœur de Jésus est exprimé le noyau essentiel du christianisme; dans le Christ nous a été révélée et donnée toute la nouveauté révolutionnaire de l'Evangile:  l'Amour qui nous sauve et nous fait vivre déjà dans l'éternité de Dieu. L'évangéliste Jean écrit:  "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle" (3, 16). Son cœur divin appelle alors notre cœur; il nous invite à sortir de nous-mêmes, à abandonner nos certitudes humaines pour placer notre confiance en Lui, et, suivant son exemple, à faire de nous-mêmes un don d'amour sans réserve.
 

Les mots du prophète Isaïe – « Vous puiserez de l’eau avec joie aux sources du salut » (Is 12, 3) – qui ouvrent l’Encyclique dans laquelle Pie XII rappelait le premier centenaire de l’extension de la fête du Sacré-Coeur de Jésus à toute l’Eglise – n’ont rien perdu, aujourd’hui, 50 ans plus tard, de leur signification.

 En promouvant le culte du Cœur de Jésus, l’Encyclique Haurietis aquas exhortait les croyants à s’ouvrir au mystère de Dieu et de son amour, en se laissant transformer par lui.  A cinquante ans de distance, continuer à approfondir leur relation avec le Coeur de Jésus, de façon à raviver en eux-mêmes la foi en l’amour salvateur de Dieu en l’accueillant toujours mieux dans leur propre vie demeure pour les chrétiens un devoir toujours actuel.

Le flanc transpercé du Rédempteur est la source à laquelle l’Encyclique Haurietis aquas nous renvoie: nous devons puiser à cette source pour parvenir à la vraie connaissance de Jésus-Christ et expérimenter plus  profondément son amour.  Nous pourrons ainsi mieux comprendre ce que signifie connaître l’amour de Dieu en Jésus-Christ, l’expérimenter en ayant le regard fixé sur Lui, jusqu’à vivre complètement de l’expérience de son amour, pour pouvoir ensuite le témoigner aux autres.  

En effet, pour reprendre une expression de mon vénéré prédécesseur Jean Paul II, « près du Coeur du Christ, le coeur humain apprend à connaître le sens vrai et unique de la vie et de son propre destin, à comprendre la valeur d’une vie chrétienne authentique, à se garder de certaines perversions du coeur, à unir l’amour filial envers Dieu à l’amour envers le prochain.  Ainsi – et c’est la vraie réparation requise par le Coeur du Sauveur – la civilisation du Coeur du Christ pourra être édifiée sur les ruines accumulées par la haine et la violence » (Enseignements, vol. IX/2, 1986, p. 843).

Connaître l’amour de Dieu en Jésus-Christ

Dans l’Encyclique Deus caritas est, j’ai cité l’affirmation de la première lettre de saint Jean: « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru », pour souligner qu’à l’origine du fait d’être chrétien, il y a la rencontre avec une Personne (cf. N° 1).  

Puisque Dieu s’est manifesté de la manière la plus profonde à travers l’incarnation de son Fils en le rendant « visible » en Lui, c’est dans la relation avec le Christ que nous pouvons reconnaître qui est vraiment Dieu (cf. Enc. Haurietis aquas, 29-41;  Enc. Deus caritas est, N° 12-15).  Et encore:  puisque l’amour de Dieu a trouvé son expression la plus profonde dans le don que le Christ a fait de sa vie pour nous sur la Croix, c’est surtout en contemplant sa souffrance et sa mort que nous pouvons connaître d’une façon toujours plus claire l’amour sans limites que Dieu a pour nous:  « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais possède la vie éternelle » (Jean 3, 16). 

Par ailleurs, ce mystère de l’amour de Dieu pour nous ne constitue pas seulement le contenu du culte et de la dévotion au Coeur de Jésus: c’est, de la même façon, le contenu de toute vraie spiritualité et dévotion chrétienne.  Il est donc important de souligner que le fondement de cette dévotion est aussi ancien que le christianisme lui-même.  

En effet, il n’est possible d’être chrétien que le regard tourné vers la Croix de notre Rédempteur, « vers Celui qu’ils ont transpercé » (Jean 19, 37;  cf. Zach 12, 10).  Avec raison, l’Encyclique Haurietis aquas rappelle que la blessure du flanc ainsi que celles qui ont été laissées  par  les clous ont été, pour d’innombrables âmes, les signes d’un amour ayant marqué leur vie d’une façon toujours plus incisive (cf. 52).  Reconnaître l’amour de Dieu dans le Crucifié est devenu pour ces âmes une expérience intérieure qui leur a fait confesser, avec Thomas: « Mon Seigneur et mon Dieu! »  (Jean 20, 28), en leur permettant de parvenir à une foi plus profonde, dans l’accueil sans réserves de l’amour de Dieu (cf.  Enc. Haurietis aquas, 49).

Expérimenter l’amour de Dieu en tournant le regard vers le Coeur de Jésus-Christ

La signification la plus profonde de ce culte de l’amour de Dieu ne se manifeste que si l’on considère plus attentivement son apport non seulement à la connaissance, mais aussi, et surtout, à l’expérience personnelle de cet amour dans le dévouement confiant à son service (cf. Enc. Haurietis aquas, 62).  Evidemment,  expérience et connaissance ne peuvent pas être séparées entre elles: l’une fait référence à l’autre.  Par ailleurs, il faut souligner qu’une vraie connaissance de l’amour de Dieu n’est possible que dans le contexte d’une attitude d’humble prière et de généreuse disponibilité.  En partant de cette attitude intérieure, le regard posé sur le flanc transpercé par la lance se transforme en une adoration silencieuse.

 Le regard vers le flanc transpercé du Seigneur, d’où s’écoulent « du sang et de l’eau » (cf. Jean 19, 37) nous aide à reconnaître la multitude des dons de la grâce qui en proviennent (cf. Enc. Haurietis aquas, 34-41) et il nous ouvre à toutes les autres formes de dévotion chrétienne comprises dans le culte du Cœur de Jésus.

La foi comprise comme fruit de l’amour de Dieu expérimenté est une grâce, un don de Dieu.  Mais l’homme ne pourra expérimenter la foi comme une grâce que dans la mesure où il l’accepte en lui comme un don, dont il cherche à vivre.  Le culte de l’amour de Dieu,  auquel l’Encyclique Haurietis aquas invitait les fidèles (cf. ibid., 72) doit nous aider à nous rappeler constamment qu’Il a pris sur lui cette souffrance volontairement « pour nous », « pour moi ».  Lorsque nous pratiquons ce culte, non seulement nous reconnaissons avec gratitude l’amour de Dieu, mais nous continuons à nous ouvrir à cet amour de sorte que notre vie en soit toujours mieux modelée.  Dieu, qui a répandu son amour « dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (cf. Rom 5,5), nous invite inlassablement à accueillir son amour.  L’invitation à se donner entièrement à l’amour salvateur du Christ et à se vouer à lui
(cf. ibid., 4) a donc pour premier objectif le rapport avec Dieu.  Voilà pourquoi ce culte, totalement adressé à l’amour de Dieu qui se sacrifie pour nous est d’une telle importance  irremplaçable pour notre foi et pour notre vie dans l’amour.

Vivre et témoigner l’amour expérimenté

Celui qui accepte l’amour de Dieu intérieurement est façonné par lui.
L’amour de Dieu expérimenté est vécu par l’homme comme un « appel » auquel il doit répondre. Le regard tourné vers le Seigneur, qui « a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies » (Mat 8, 17) nous aide à devenir plus attentifs à la souffrance et au besoin des autres.

La contemplation adorante du flanc transpercé par la lance nous rend sensibles à la volonté salvatrice de Dieu. Elle nous rend capables de nous confier à son amour salvateur et miséricordieux et, en même temps, elle nous renforce dans le désir de participer à son oeuvre de salut en devenant ses instruments. Les dons reçus du flanc ouvert, d’où s’écoulent « du sang et de l’eau » (cf.  Jean 19, 34) font en sorte que notre vie devienne même pour les autres une source d’où émanent des « fleuves d’eau vive » (Jean 7, 38) (cf. Enc. Deus caritas est, N° 7). L’expérience de l’amour atteinte par le culte du flanc transpercé du Rédempteur nous protège du risque du repliement sur nous-mêmes et nous rend plus disponibles à la vie pour les autres. « Voici à quoi nous avons connu l’amour: Il a livré sa vie pour nous, et nous devons, nous aussi, livrer notre vie pour nos frères » (1 Jean 3, 16) (cf. Enc. Haurietis aquas, 38). 

Benoît XVI

 

 

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Publié le 1 Juin 2023

 

 

  y a même le vent de la Pentecôte! 

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Publié le 31 Mai 2023

 

 

 

nominations 2023 

 

Monsieur l’abbé Philippe-Marie AIRAUD, est nommé prêtre exorciste titulaire. Il demeure prêtre coopérateur à la paroisse « Saint Louis de la Roche sur Yon en Pays Yonnais », aumônier diocésain des étudiants et aumônier général de l’ICES. Il réside à la Roche sur Yon. 

M. l’abbé Carlos Bernardo TERRERA BARLETT, est renouvelé, pour un an, en tant qu’aumônier du monastère des religieuses Victimes du Sacré-Cœur à Chavagnes en Paillers. Il réside à l’aumônerie du monastère de Chavagnes en Paillers.

 

 

 

 

fssp Vendée 

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Publié le 31 Mai 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dédicace frère Thibault osb+ 

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Publié le 30 Mai 2023

 

 

 

 

 

 

ora pro nobis 

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Bénédiction abbatiale du Père Dom Damien THÉVENIN

Abbaye Saint-Paul de Wisques

31 Mai 2023  

Bénédiction abbatiale

 

Le Révérend Père Prieur et les moines de l’Abbaye Saint-Paul de Wisques sont heureux de vous inviter à participer ou à vous unir par la prière à la bénédiction abbatiale

 

du Très Révérend Père Dom Damien THÉVENIN

 

élu septième abbé de leur monastère.

La bénédiction abbatiale lui sera conférée par Son Excellence Monseigneur Olivier LEBORGNE, évêque d'Arras, le 31 Mai 2023, fête de la Visitation, en la cathédrale de Saint-Omer.

 

Messe concélébrée à 14h30, suivie d'un cocktail à l’École Notre-Dame Enclos

Pour faciliter l'organisation, merci d'enregistrer votre participation ici

 

chiffre du mois de Mai : 11 339 

 

 

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Publié le 30 Mai 2023

Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Mai 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

 

homélie dom Jean Pateau - Fontgombault 2023

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Rédigé par Philippe

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Publié le 27 Mai 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

Sainte fête de la Pentecôte 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 26 Mai 2023

 

 

 

 

 

 

 

ora pro nobis .

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Chers amis, quand nous récitons le Credo, nous affirmons : « Je crois en Saint Esprit, qui est Seigneur et qui donne la vie ». L’« Esprit créateur » est la puissance de Dieu qui donne la vie à toute la création et est la source d’une vie nouvelle et abondante dans le Christ. L’Esprit maintient l’Église unie au Seigneur et fidèle à la Tradition apostolique. Il est Celui qui a inspiré les Saintes Écritures et qui guide le peuple de Dieu vers la plénitude de la vérité (cf. Jn 16, 13).

De toutes ces façons, l’Esprit est Celui qui « donne la vie », qui nous conduit au cœur même de Dieu. Ainsi, plus nous permettons à l’Esprit de nous diriger, plus grande sera notre configuration au Christ et plus profonde notre immersion dans la vie du Dieu Un et Trine.

Cette participation à la nature même de Dieu (cf. 2 P 1, 4) se produit à travers les événements quotidiens de la vie dans lesquels il est toujours présent (cf. Bar 3, 38).

Toutefois, il y a des moments dans lesquels nous pouvons être tentés de rechercher la félicité loin de Dieu. Jésus lui-même demande aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » (Jn 6, 67).

Un tel éloignement offre peut-être l’illusion de la liberté. Mais où nous conduit-il ? Vers qui pouvons-nous aller ? Dans nos cœurs, nous savons, en fait, que seul le Seigneur a « les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 67-69). S’éloigner de lui n’est qu’une tentative inutile de nous fuir nous-mêmes (cf. Saint Augustin, Les Confessions VIII, 7). Dieu est avec nous dans la réalité de la vie et non dans notre imaginaire ! Affronter la réalité, et non la fuir, c’est ce que nous voulons ! Pour cela, l’Esprit Saint avec délicatesse, mais aussi avec fermeté, nous attire vers ce qui est réel, vers ce qui est durable, vers ce qui est vrai. C’est l’Esprit qui nous ramène à la communion avec la Sainte Trinité.

L’Esprit Saint a été, de quelque manière, l’oublié de la Sainte Trinité. Une claire compréhension de sa Personne semble presque hors de notre portée. Et cependant quand j’étais encore un petit garçon, mes parents, comme les vôtres, m’ont enseigné le signe de la Croix. J’ai ainsi très tôt compris qu’il y a un Dieu en trois Personnes et que la Trinité est au centre de la foi et de la vie chrétienne. Quand j’ai cru au point d’avoir une certaine compréhension de Dieu le Père et de Dieu le Fils – leurs noms parlaient déjà d’eux-mêmes –, ma compréhension de la troisième Personne de la Trinité restait faible. C’est pourquoi, comme jeune prêtre chargé d’enseigner la théologie, j’ai décidé d’étudier les grands témoins de l’Esprit dans l’histoire de l’Église. C’est en parcourant cet itinéraire que je me suis retrouvé à lire, entre autres, le grand saint Augustin.

Sa compréhension de l’Esprit Saint se développa de manière graduelle ; elle fut un combat. Jeune, il avait embrassé le Manichéisme – l’une de ses tentatives, dont j’ai parlé il y a un instant, de créer une utopie spirituelle en séparant les réalités de l’esprit des réalités de la chair. En conséquence, au début, il était méfiant à l’égard de l’enseignement chrétien sur l’incarnation de Dieu. Et cependant, son expérience de l’amour de Dieu présent dans l’Église le conduisit à en rechercher la source dans la vie du Dieu Un et Trine. Ceci le porta à avoir trois intuitions particulières sur l’Esprit Saint comme lien d’unité au sein de la Sainte Trinité : unité comme communion, unité comme amour durable, unité comme don, donné et reçu. Ces trois intuitions ne sont pas seulement théoriques. Elles aident à expliquer comme l’Esprit agit. Dans un monde où aussi bien les individus que les communautés souffrent souvent de l’absence d’unité et de cohésion, de telles intuitions nous aident à demeurer en syntonie avec l’Esprit et à étendre et à clarifier la nature de notre témoignage.

Avec l’aide de saint Augustin, essayons donc d’illustrer quelques aspects de l’œuvre de l’Esprit Saint. Il observe que les deux mots « Esprit » et « Saint » se rapportent à ce qui appartient à la nature divine ; en d’autres termes, à ce qui est partagé par le Père et par le Fils, à leur communion.

Par conséquent, si la caractéristique propre de l’Esprit est celle d’être ce qui est partagé par le Père et par le Fils, Augustin en conclut que la qualité particulière de l’Esprit est l’unité. Une unité de communion vécue : une unité de personnes dans une relation mutuelle de donation constante : le Père et le Fils qui se donnent l’un à l’autre.

Nous commençons ainsi, je pense, à entrevoir combien cette compréhension de l’Esprit Saint comme unité, comme communion, est éclairante. Une unité vraie ne peut jamais être fondée sur des relations qui nient l’égale dignité des autres personnes. Et l’unité n’est pas non plus simplement la somme totale des groupes à travers lesquels nous nous efforçons parfois de nous « définir » nous-mêmes. En effet, c’est uniquement dans la vie de communion que l’unité se maintient et que l’identité humaine se réalise pleinement : nous reconnaissons notre besoin commun de Dieu, nous répondons à la présence unificatrice de l’Esprit Saint et nous donnons notre vie les uns pour les autres à travers le service.

La deuxième intuition d’Augustin – c’est-à-dire celle de l’Esprit Saint comme amour qui perdure – dérive de l’étude qu’il fit de la Première Lettre de saint Jean, là où l’auteur dit que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 16).

Augustin suggère que ces mots, tout en se référant à la Trinité dans son ensemble, doivent également être compris comme exprimant une caractéristique particulière de l’Esprit Saint. En réfléchissant sur la pérennité de l’amour – « celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu (Ibidem) – Augustin se demande : Est-ce l’amour ou l’Esprit qui garantit le don continuel ? Voici ce qu’il en conclut : « L’Esprit Saint nous fait demeurer en Dieu et Dieu en nous, mais c’est l’amour qui en est la cause. Donc, l’Esprit est Dieu comme amour ! » (De Trinitate 15, 17, 31).

C’est une magnifique explication : Dieu se donne lui-même en partage comme amour dans l’Esprit Saint. Que pouvons-nous savoir d’autre sur la base de cette intuition ? L’amour est le signe de la présence de l’Esprit Saint !

Les idées ou les paroles qui manquent d’amour – même si elles apparaissent sophistiquées ou sages – ne peuvent être « de l’Esprit ». De plus, l’amour a une caractéristique particulière, loin d’être indulgent ou volubile, il a une tâche ou un objectif à accomplir : celui de demeurer. Par sa nature, l’amour est durable. Encore une fois, chers amis, nous pouvons jeter un dernier coup d’œil sur ce que l’Esprit Saint offre au monde : un amour qui dissout l’incertitude ; un amour qui va au-delà de la peur de la trahison ; un amour qui a en soi l’éternité ; le véritable amour qui nous introduit dans une unité qui dure !

La troisième intuition – l’Esprit Saint comme don -, Augustin la déduit de sa réflexion sur un passage évangélique que nous connaissons et aimons tous : la conversation du Christ avec la Samaritaine au bord du puits. Là, Jésus se révèle comme celui qui donne de l’eau vive (cf. Jn 4, 10), qui est ensuite définie comme étant l’Esprit (cf. Jn 7, 39) ; 1 Co 12, 13).

L’Esprit est « le don de Dieu » (Jn 4, 20) – la source intérieure (cf. Jn 4, 14) – qui étanche réellement notre soif la plus profonde et nous conduit au Père. À partir de cette observation, Augustin conclut que le Dieu qui se livre à nous comme un don est l’Esprit Saint (cf. De Trinitate, 15, 18, 32).

Chers amis, examinons encore une fois la Trinité à l’œuvre : l’Esprit Saint est Dieu qui se donne éternellement, comme une source intarissable, il n’offre rien de moins que lui-même. En observant ce don incessant, nous arrivons à voir les limites de tout ce qui périt, la folie d’une mentalité de consommation. consumériste En particulier, nous commençons à comprendre pourquoi la recherche de la nouveauté nous laisse insatisfaits et désireux de quelque chose d’autre. Ne recherchons-nous pas un don éternel ? La source qui jamais ne s’épuisera ? Avec la Samaritaine, nous nous exclamons : « Donne-la moi cette eau : que je n’aie plus soif » (Jn 4, 15) !

Chers jeunes, comme nous l’avons vu, l’Esprit Saint réalise la merveilleuse communion de ceux qui croient en Jésus Christ. Il est à l’origine de notre unité qui se réalise dans l’amour (cf. Catéchisme de l’Église Catholique, 813-4). Fidèle à sa nature de donateur et, à la fois, de don, il est à présent à l’œuvre à travers vous. Éclairés par les intuitions de saint Augustin, faites en sorte que l’amour unificateur soit votre mesure ; que l’amour durable soit votre défi ; que l’amour qui se donne soit votre mission !

Demain, ce même don de l’Esprit sera conféré solennellement à nos confirmands. Je prierai : « Donne-leur l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de connaissance et de piété et remplis-les de l’esprit de ta sainte crainte ». Ces dons de l’Esprit – dont chacun –, nous rappelle saint François de Sales, est une manière de participer à l’unique amour de Dieu – ne sont ni une récompense ni un titre de reconnaissance. Ils sont simplement donnés (cf. 1 Co 12, 11). Et ils exigent de la part de celui qui les reçoit une seule réponse : « J’accepte » ! Nous percevons ici quelque chose du mystère profond qu’est être chrétiens. Ce qui constitue notre foi ce n’est pas en premier lieu ce que nous faisons, mais ce que nous recevons. En effet, il se peut que des personnes généreuses, qui ne sont pas chrétiennes, fassent beaucoup plus que nous. Amis, acceptez-vous d’être introduits dans la vie trinitaire de Dieu ? Acceptez-vous d’être introduits dans sa communion d’amour ?

Les dons de l’Esprit qui agissent en nous, orientent et déterminent notre témoignage. Orientés, de par leur nature, à l’unité, les dons de l’Esprit nous lient encore plus étroitement à l’ensemble du Corps du Christ (cf. Lumen Gentium, 4), en nous rendant davantage capables d’édifier l’Église, pour servir ainsi le monde (cf. Ep 4, 13). Ils nous appellent à participer activement et joyeusement à la vie de l’Église : dans les paroisses et dans les mouvements ecclésiaux, dans les cours de formation religieuse, dans les associations universitaires et dans les autres organisations catholiques. Oui, l’Église doit grandir dans l’unité, elle doit s’affermir dans la sainteté, se rajeunir et se renouveler constamment (cf. Lumen Gentium, 4). Mais suivant quels critères ? Ceux de l’Esprit Saint ! Adressez-vous à lui, chers jeunes, et vous découvrirez la signification véritable du renouvellement.

Ce soir, réunis sous ce merveilleux ciel étoilé, nos cœurs et nos esprits sont remplis de gratitude envers Dieu pour l’immense don de notre foi en la Trinité. Souvenons-nous de nos parents et de nos grands-parents, qui marchaient à nos côtés quand, enfants, ils soutenaient les premiers pas de notre cheminement dans la foi.

À présent, après de nombreuses années, vous vous êtes rassemblés comme jeunes adultes autour du Successeur de Pierre. Être avec vous m’emplit de joie. Invoquons l’Esprit Saint : c’est lui l’artisan des œuvres de Dieu (cf. Catéchisme de l'Église catholique, 741).

Laissez-vous façonner par ses dons ! Comme l’Église accomplit le même voyage avec l’humanité tout entière, de même, vous aussi, soyez appelés à exercer les dons de l’Esprit parmi les vicissitudes de la vie quotidienne. Faites en sorte que votre foi mûrisse à travers vos études, le travail, le sport, la musique, l’art. Faites en sorte qu’elle soit soutenue par la prière et nourrie par les Sacrements, pour être ainsi une source d’inspiration et de soutien pour ceux qui vous entourent. En réalité, la vie ne consiste pas simplement à accumuler, et elle est bien plus que le succès. Être vraiment vivants c’est être transformés intérieurement, c’est être ouverts à la force de l’amour de Dieu. En accueillant la puissance du Saint Esprit, vous pouvez vous aussi transformer vos familles, les communautés, les nations. Libérez ces dons ! Faites en sorte que la sagesse, l’intelligence, la force morale, la science et la piété soient les signes de votre grandeur !

Et maintenant, tandis que nous nous apprêtons à adorer le Saint Sacrement, en silence et en attendant, je vous répète les paroles que la bienheureuse Mary MacKillop a prononcées quand elle venait juste d’avoir vingt-six ans :

« Crois à ce que Dieu murmure à ton cœur ! ». Croyez en Lui ! Croyez en la puissance de l’Esprit d’amour !

 

Benoit XVI 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 26 Mai 2023

 

 

 

 

 

 

 

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